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The Homesman, un film de Tommy Lee Jones : Critique

The Homesman : Road-Movie des Grandes Plaines 

Synopsis : 1855. Trois femmes sont chassées de leur village. Jugées « folles », elles sont confiées à Mary Bee Cuddy, une pionnière – forte et indépendante – venant du Nebraska. Durant le voyage vers l’Iowa, où les trois femmes trouveront refuge, Mary Bee Cuddy sauve Georges Biggs de la mort par pendaison, à condition qu’il lui rende service en retour. Ce rustre vagabond accepte alors de participer au voyage des quatre femmes.

Vitrine d’un cinéma intellectuel qui s’attire toujours autant de détracteurs au fil des ans, Cannes demeure également le bastion d’un classicisme poussé à son firmament, qui tel un membre du jury, agit sur le choix (souvent répétitif) des potentiels récipiendaires à la Palme d’Or (Cronenberg, Dardenne) et l’absence manifeste de films audacieux au sein de la Compétition. Ou sont-ils les Fahrenheit 9/11, les Pulp Fiction, les Sin City et autre films, qui tout en montrant une véritable envie de cinéma, laissait transparaître une originalité assumée ? Une question qui hante chaque année ce Festival, toujours en quête de preuve parvenant à légitimer son statut de Mecque du cinéma mondial.

Au milieu du cru 2014, composé de drames sociaux emplis de démence et de réalisme tels que Maps to the Stars ou 2 Jours 1 Nuit, de biopic tels que Saint-Laurent, ou de films de réalisateurs en fin de course tels que L’Adieu au Langage de Jean-Luc Godard, figure un film qui a lui seul, parvient à nous faire espérer que la veine créatrice et originale de la Croisette ne s’est pas tari : The Homesman !

2ème réalisation du vétéran Tommy Lee Jones (l’agent K de Men In Black), The Homesman cherche à assumer cette originalité dès sa tag-line en dépeignant selon cette dernière « le vrai visage du mythe américain », loin de la vision enjouée que John Wayne et consort nous ont donné il y a 60 ans avec gunfight et poursuite au galop à outrance et opère de manière implicite une certaine continuité filmique par rapport au précédent film de son réalisateur, 3 Enterrements.

Il est clair que ces deux œuvres présentent des similitudes. Malgré un changement d’époque et de lieu, Lee Jones reste fidèle à une vision d’un monde sombrant dans la folie et l’acharnement. Des sols désertiques du Nouveau Mexique aux Grandes Plaines du Nebraska, de 1855 à aujourd’hui, Lee Jones cherche à établir que la nature de l’homme et ici plus majoritairement de la femme reste condamnée à la violence, la solitude, et la démence et ce, quelque que soit le morceau d’Histoire choisie.

Toutefois, afin de transmettre ce même constat, Lee Jones n’hésite pas à véhiculer d’autres thématiques, plus adéquates à sa vision de l’Ouest, notamment par le biais d’une mise en scène qui voit apparaître une platitude entremêlée d’âpreté, une démence caractérielle faisant office de violence et un humour noir empli de cynisme remplaçant la terreur vengeresse type Western.

Pourtant, Lee Jones livre un film dont l’originalité n’égale jamais la beauté. En préférant s’attarder sur son tandem composé par Hilary Swank, entre fermeté, autorité et ton monolithique et lui-même, entre complexité, humanité et malice, à la place du nid de coucou qu’ils transportent, Lee Jones passe presque à côté de son sujet. En cons »quence, la vision originale que son sujet pouvait véhiculer se retrouve noyée dans un amas de normalité représentée ici par la présence du révérend qui veille sur ses ouailles, de brigands violeurs, d’Indiens farouches et chose un peu plus surprenante, de restaurateurs odieux.

Des restaurateurs qui par leur mépris donneront au film sa meilleure scène ; scène parvenant à conjuguer l’originalité attendue tant sur le papier que sur la pellicule où plus que jamais, Lee Jones pourra justifier de son air de chien battu.

Tel un grain de sable dans l’engrenage, Lee Jones parvient lors de cette scène, à casser la dynamique amorphe d’un monde en proie au doute, aux préjugés et au mépris en laissant éclater sa violence trop souvent contenue au cours d’un film qui malgré l’originalité contenue dans son scénario, ne parvient pas à la retranscrire de manière efficace sur la pellicule ! The Homesman est un Raod-Movie des plaines qui pêche par son approche trop classique.

The Homesman : Bande-annonce

The Homesman : Fiche Technique

Réalisation: Tommy Lee Jones
Scénario: Tommy Lee Jones, Kieran Fitzgerald, Wesley Oliver d’après: le roman homonyme de: Glendon Swarthout
Interprétation: Tommy Lee Jones (Georges Briggs), Hilary Swank (Mary Bee Cuddy), David Dencik (Thor Svendsen), William Fichtner (Vester Belknap), Grace Gummer (Arabella Sours), John Lithgow (Révérend Alfred Dowd)…
Image: Rodrigo Prieto
Décor: Wendy Ozols-Barnes
Costume: Lahly Poore
Son: David Bach
Montage: Roberto Silvi
Musique: Marco Beltrami
Producteur: Javelina Film Company, EuropaCorp, Ithaca
Production: Brian Kennedy, Luc Besson, Peter Brant
Distributeur: EuropaCorp Distribution
Durée: 2h02
Genre: Historique, Drame
Date de sortie: 18 mai 2014
USA – 2014

Blackout Total de Steven Brill : Critique du film

Blackout Total :  Un After Hours dopé aux oestrogènes !

Synopsis : Meghan, présentatrice télé, a passé une sale journée. Elle vient de se faire larguer par son fiancé, n’a pas obtenu la promotion qu’elle convoitait… Pour lui remonter le moral, ses copines l’emmènent faire la fête toute la nuit. Mais le lendemain matin, elle se réveille dans le lit d’un parfait inconnu, sans argent, ni téléphone portable. Elle apprend également qu’elle est de nouveau en lice pour décrocher le boulot de ses rêves. Arrivera-t-elle à temps à la chaîne de télé pour passer une audition ?

Après avoir épuisé jusque dans ses moindres recoins les thèmes du mariage (Serial Noceurs, Un Grand Mariage) de la camaraderie policière (Very Bad Cops, Bad Boys) ou du road-movie (Paul, Thelma et Louise), les studios américains ont bien vite compris que la recette du succès d’une comédie repose sur sa modernité et sa capacité à aborder des phénomènes de sociétés courants au sein de son scénario.

Et après l’orgie prénuptiale de Very Bad Trip, et celle dégénérée de Projet X, on attendait de voir comment les scénaristes américains allaient exploiter le filon de ces soirées arrosées, pouvant provoquer, si l’alcool est consommé sans modération, un blackout total ! Et pourtant, bien que les deux films précédemment cités apparaissent comme des sources d’inspiration majeures, il y en a un, moins connu qui dessine la trame du film en lui-même : After Hours (ndlr : film de Martin Scorsese sorti en 1985) !

Car, à la vue de Blackout Total, difficile de ne pas constater l’étonnante ressemblance avec ce dernier tant ces deux films dépeignent, la même épopée que doivent traverser leurs personnages, à la suite de trop nombreuses mésaventures dans une ville devenue bien vite inhospitalière lorsqu’on ne possède ni argent, ni moyen de transport, ni pièce d’identité. Et à l’heure où Scorsese choisissait la jungle urbaine new-yorkaise comme lieu de pérégrination de son protagoniste, Steven Brill, le réalisateur, opte pour la tentaculaire cité de Los Angeles et décide, à l’heure ou l’essor féministe bat son plein sur Hollywood (Gravity, Zero Dark Thirty), de doter son film d’un personnage principal féminin.

Et a bien des égards, cette décision féministe constitue la seule originalité du film tant celui-ci accumule les clichés, de façon souvent maladroite. Entre des policiers bornés, peu compréhensifs et débiles, une bande de copine qu’on ne souhaiterait pas voir, des gamins obsédés par les seins, la coiffure blonde laissant présager bon nombre de blagues vaseuses et l’implantation des 3 tabous de l’Amérique (Sexe-Drogue-Alcool) dans son scénario, les comiques de situations présents déçoivent la plupart du temps non pas pour leur efficacité mais plus pour leur originalité.

En même temps, dur, dur de passer derrière un mastodonte de la trempe de Scorsese sans éviter les écueils me direz-vous. Il n’empêche que le réalisateur tout en délivrant ce divertissement insère de manière certes peu discrète à travers un dialogue, une satire sur le rôle des médias, préférant s’attarder sur les embouteillages et la pérégrination d’une femme en robe jaune p*** que sur des réels enjeux d’ordres internationaux tels que la tenue d’un G8 ou un incident diplomatique.

Des médias qui, en l’affublant du statut de présentatrice phare, arrivent à prouver que la réussite est possible aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Et voir cette bouffée d’oxygène sociale et comique au milieu de ce monde d’hommes est quelque peu encourageant et permet d’espérer que les 5% de réalisatrices américaines et le trop faible nombre mondial ont du potentiel qu’il serait grand temps d’exprimer.

Allez les filles !

Fche Technique : Blackout Total

Titre original : Walk of Shame
Nationalité : USA
Réalisateur : Steven Brill
Scénariste : Steven Brill
Interprétation : Elizabeth Banks (Meghan), James Marsden (Gordon), Gillian Jacobs (Rose), Sarah Wright (Denise), Ken Davitian (le chauffeur de taxi), Alphonso McAuley (Pookie)…
Genre : Comédie
Date de naissance : 2014
Date de sortie en salle : 21 mai 2014
Durée : 1h37
Budget : 15 millions $

Joe de David Gordon Green : Critique du film

Joe : Chronique de l’Amérique profonde sur fond de rédemption

Synopsis : Dans une ville du Texas, Joe Ransom essaie d’oublier son passé d’ex taulard, en adoptant une vie ordinaire. Bucheron le jour, alcoolique la nuit, il a enfin l’occasion de pouvoir expier ses fautes lorsque Gary, un gamin de 15 ans cherchant du travail, arrive en ville. Cherchant la rédemption, il va le prendre sous son aile…

Hollywood va mal ! Simple constat avant-gardiste ou réelle souffrance ? Difficile de répondre dans l’immédiat, mais la surabondance de films vantant les mérites de l’Amérique profonde, loin de la prospérité et des paillettes, fait plus peser la balance pour la seconde option. Killer Joe, Les Brasiers de la Colère, Mud, Prince of Texas, Crazy Heart, tous incarnent chacun à leur manière cette volonté qu’a Hollywood depuis quelques années de revenir aux sources de son cinéma, à savoir un cinéma authentique et sincère, qui, souillé par une décennie de blockbusters et le flot d’impersonnalité et de formatage qu’ils drainent, parait comme mourant.

Un cinéma qui loin de l’aspect léché, formaté et scintillant d’Hollywood, se permet d’aborder de manière frontale des questions et des sujets forts tels que la pauvreté, la délinquance, la violence, le tout emballé dans une âpreté sans égal. Et Joe, s’inscrit de manière durable dans cette logique tant ce dernier ne diffère finalement que très peu des œuvres citées auparavant.

Joe apparaît comme le récit d’un monde, crasseux, agonisant et désarticulé. Un monde ou errent sans âmes et sans but des humains, s’adonnant aux plaisirs et aux pulsions les plus basses et qui ne cherchent qu’à survivre et espérer de plus beaux lendemains. Dans cette errance, remplie de whisky, balles de fusils et maison close, se télescopent deux personnages radicalement différents, mais qui vont être unis par la même volonté de changement : Joe, être rustre, rongé par le remords et la frustration en quête de rédemption et Gary, qui à la croisée des chemins oscille entre un père alcoolique et violent ou une figure paternaliste, emplie de bienveillance et d’estime, représentée par Joe.

Au milieu de ce purgatoire grandeur nature aux couleurs du Texas, David Gordon Green, le réalisateur cherche par de nombreuses astuces, à doter son long-métrage d’une identité propre afin d’estomper sa mise en scène un peu trop scolaire et l’aspect trop prévisible de ses scènes, qui rassemble bien évidemment la vie des deux protagonistes, leurs limites et leurs retrouvailles placées sous le sceau de la camaraderie et de l’estime mutuelle.

Dans ce domaine, le réalisateur dégaine un atout non négligeable en la personne de Nicolas Cage. Neveu de Francis Ford Coppola qui a osé établir sa carrière sans « piston », Cage est surtout connu pour avoir littéralement sombré depuis 2006 et l’infâme Ghost Rider. Raillé de toutes parts, et limité à camper des rôles dans des DTV² tous plus impersonnels les uns que les autres, son vécu parait ici comme salvateur dans la mesure où comme son personnage, celui-ci est au bout du rouleau et espère la rédemption due après autant d’année de disettes.

Empli de sobriété, et d’une classe folle, Cage parvient à montrer de la meilleure manière possible à ses détracteurs que jadis, du temps de Leaving Las Vegas (1995) et de son Oscar du Meilleur Acteur, il était un acteur respecté, influent et talentueux.

Toutefois, il ne demeure pas le seul atout de cette fresque rurale car à l’instar du duo Joe-Gary, un autre personnage entre en scène en la personne du décor. En plaçant avec autant d’intelligence que de minutie et sincérité des décors, des sons, des couleurs, des textures miteuses, usées, le réalisateur parvient à insuffler à son film, le cadre nécessaire.

Entre des bars miteux, des routes abandonnées, des villes crasseuses et des maisons insalubres, le décor confère au film ce sentiment d’usure, de rouille, de vieillesse, essentiel pour attester de l’agonie dans lequel ses protagonistes évoluent. Malgré une fin prévisible, les émotions demeurent sincères et sans égales. Entre émotion, colère, haine, et sincérité, Joe s’annonce comme l’une des plus belles surprises de cette année 2014 et démultiplie les attentes de voir Nicolas Cage assurer son come-back dans d’autres films aussi inspirés.

 

Fiche Technique : Joe

États-Unis – 2013
Réalisation: David Gordon Green
Scénario: Gary Hawkins d’après: le roman homonyme de: Larry Brown
Interprétation: Nicolas Cage (Joe Ransom), Tye Sheridan (Gary Jones), Gary Poulter (Wade Jones), Ronnie Gene Blevins (Willie Russell)…
Date de sortie: 30 avril 2014
Durée: 1h57
Genre: Drame
Image: Tim Orr
Montage: Colin Patton
Musique: David Wingo, Jeff McIlwain
Producteur: Lisa Muskat, David Gordon Green, Christopher Woodrow, Derrick Tseng
Production: Worldview Entertainment, Dreambridge Films, Muskat Filmed Properties, Rough House Pictures
Interprétation: Nicolas Cage (Joe Ransom), Tye Sheridan (Gary Jones), Gary Poulter (Wade Jones), Ronnie Gene Blevins (Willie Russell)…
Distributeur: Wild Side Films, Le Pacte

Note: DTV ou Direct-to-DVD Films sortant directement à la vente et à la location sans exploitation en salles , on les appelle également « films de second marché », par opposition au « premier marché » (l’exploitation en salles) et au « troisième » (la diffusion télé).

 

Maléfique, un film de Robert Stromberg : Critique

Maléfique, l’histoire revisitée à l’esthétique baroque, teintée de noirceur, met en valeur la méchante la plus charismatique de Disney. Un lifting pelliculé plutôt bien ficelé, porté à bout d’ailes par une superbe Angelina Jolie.

Synopsis : Maléfique était une très belle jeune femme au cœur pur, qui menait une existence idyllique dans le paisible royaume de la forêt, jusqu’à ce qu’un jour, une armée d’humains menace l’harmonie de son univers. Maléfique devient alors la protectrice la plus acharnée de son pays, mais une terrible trahison fait d’elle une femme au cœur de pierre. Jurant de se venger, elle affronte au cours d’une grande bataille le roi des hommes, et lance sa malédiction sur sa petite fille, Aurore, qui vient de naître. Mais tandis qu’Aurore grandit, Maléfique réalise que la jeune fille est la clé de la paix dans le royaume – et celle de son propre bonheur… 

« Bonjour Mocheté »

Robert Stromberg, oscarisé par deux fois pour les cadres enchanteurs d’Avatar de James Cameron et Alice au pays des merveilles de Tim Burton, revisite le conte culte La Belle au bois dormant (lui-même inspiré des frères Grimm qui eux-mêmes s’inspirèrent de Perrault). Il réalise avec Maléfique, son premier long-métrage. Une réécriture axée autour des motivations de la fée Maléfique, actualisant ainsi le dessin animé de 1959 de Disney, pour en faire un conte à la fois poétique, enchanteur et sombre.

Conter la face cachée de l’histoire de la belle au bois dormant, à travers les yeux de la méchante, est incontestablement l’aspect le plus réussi de ce conte. Ce film montre avant tout la rédemption de Maléfique, une jeune fée gardienne du royaume des créatures magiques, qui perd ses ailes suite à une trahison amoureuse et se transforme en une sorcière vengeresse et… maléfique. Incarnée par une Angelina Jolie magnétique, avec des cornes diaboliques, un sourire narquois, et un « Bonjour Mocheté » derrière lequel se cache un véritable sentiment d’amour…

Une évolution que les studios Disney avaient entamée avec la magnifique animation, La Reine des Neiges, en parlant de l’amour fraternel. Ici Paul Dini à qui l’on doit le scénario de la série Batman des années 1990 et Linda Woolverton, ne parlent  pas d’histoire d’amour entre une princesse ou un prince, mais d’un baiser d’amour sincère…D’ailleurs, le prince Philippe, malgré la performance assez réussi de Brenton Thwaites n’est qu’un accessoire : il n’a plus autant d’importance, il est même presque totalement inutile…

Maléfique, c’est la performance ensorcelante d’Anjolina Jolie, mais aussi Robert Stromberg, qui crée un univers graphique pouvant passer en un instant d’une scène onirique au cauchemardesque. On voit dans cette œuvre tout le talent d’un décorateur. Les paysages traduisent les émotions de Maléfique, son désir de vengeance, sa peine, son amour pour la petite Aurore… Une princesse maudite dès sa naissance et confiée par son père, le roi Stephane joué par Sharlto Copley (District 9) à trois fées, plutôt drôles bien que fort peu dégourdi. Aurore grandit, accompagné de l’ombre de Maléfique et de son corbeau, interprété par Sam Riley, jusqu’à devenir cette princesse à l’aube de ses 16 ans… Une princesse qui voit en Maléfique, « sa protectrice, sa marraine », et qui sera aussi, celle qui rendra ses majestueuses ailes, symbole de sa force et de sa liberté, à la mythique et sublime sorcière-fée.

Maléfique est un superbe long métrage, avec des scènes de vol époustouflantes, en particulier au début et à la fin du film, des scènes de batailles épiques pouvant faire penser au Seigneur des anneaux, un magnifique dragon et une myriade de créatures fantastiques. La bande son est, elle aussi digne de ce nom : James Newton Howard qui a également composé la musique de la saga Hunger Games, accompagne parfaitement les scènes clefs… Malefique est un instant enchanteur grand public qui vous emportera à coup sur…

Maléfique : Bande-annonce

Maléfique : Fiche technique

Titre original: Maleficient
Réalisation: Robert Stromberg
Scénario: Linda Woolverton, Paul Dini d’après La Belle au bois dormant de Charles Perrault, Jacob et Wilhelm Grimm
Interprétation: Angelina Jolie (Maléfique adulte), Ella Purnell (Maléfique jeune), Elle Fanning (Princesse Aurore), Brenton Thwaites (Prince Philippe), Juno Temple (Thistlewit), Sharlto Copley (le roi Stéphane), Sam Riley (Diaval), Imelda Staunton (Knotgrass)…
Direction artistique: David Allday, et Robert Cowper, Elaine Kusmishko, Paul Laugier, Frank Walsh, Ashley Winter
Image: Dean Semler
Costume: Anna B. Sheppard
Montage: Chris Lebenzon, Richard Pearson
Musique: James Newton Howard
Producteur: Joe Roth, Scott Michale Murray
Production: Miller Roth Films, Moving Pictures, Walt Disney Pictures
Genre: Fantastique
Durée: 97 minutes
Date de sortie: 28 mai 2014

États-Unis – 2014

 

X-men : Days of Future Past de Bryan Singer : Critique du film

X-men : Days of Future Past : Un cocktail épique, grandiose…

Synopsis : Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants.

X-men : Days of Future Past mélange deux époques, il est la suite du dernier spin-off Wolverine mais aussi la suite d’X-men first Class. Le film commence après « Wolverine : Le Combat de l’Immortel« , on est en l’an 2023 et les tensions entre humains et Mutants sont presque apocalyptiques.

X-men : Days of Future Past, c’est d’abord une intrigue diablement bien ficelé bien que l’on puisse tiquer sur certaines incohérences, dans l’œuvre écrite par Chris Claremont et John Byrne, c’est Kitty Pride (Ellen Page) qui remonte le temps pour prévenir les X Men d’un génocide à venir, ici c’est Logan alias Wolverine que Magneto et Charles décident d’envoyer dans le passé (en 1973) pour que ce dernier empêche Mystique de tuer Bolivar Trask, le créateur des sentinelles et de convaincre les versions jeunes de Charles et Magneto de s’allier…

Ce nouveau X-Men très attendu n’est pas une déception, l’histoire se déroule dans un univers enrichi par deux époques, celles du passé et celles du futur… On retrouve le très attendu Bryan Singer aux commandes de la franchise des mutants deux ans après, the first class de Matthew Vaugh. Une réalisation grandiose, avec des scènes d’actions maîtrisées et des effets spéciaux spectaculaires, même si par rapport aux précédents opus, cet épisode manque un peu de punch, de rythme certainement dû à sa longueur… Cependant X-men : Days of Future Past malgré quelques défaut est un très bon cocktail, avec une superbe mise en scène où l’on retrouve tous les acteurs originaux de la première trilogie et ceux du « Commencement » pour un combat contre le temps et les Sentinelles : des robots capables d’ingérer les pouvoirs des mutants et d’attaquer en fonction du mutant à tuer.

Reprendre les commandes d’une saga après 14 ans était un exercice périlleux pour Bryan Singer et pas de doute il n’a rien perdu de son sens de la mise en scène, avec des moments impressionnants comme la scène la scène de l’évasion de Magneto aidé par Quicksilver, incarné par Evan Peters, la petite révélation d’American Horror Story.

S’appuyant sur un script dense, le réalisateur jongle tel un mécanicien avec les temporalités passé et futur, avec une préférence pour le passé, l’ambiance des débuts des années seventies est parfaitement exploitée et tranche avec le côté sombre du futur, un peu plus confuse et visuellement moins bien réussit. L’exploit dans ce nouvel opus, consiste certainement à mettre en place un univers cohérent, basé sur des thèmes comme l’espoir, la différence, la vengeance à l’heure où beaucoup de films de super-héros déçoivent, X-men : Days of Future Past est un film qui fait mouche. L’action s’entremêle à l’humour au milieu de scène grandiose sur une musique idéale qui s’accorde parfaitement à l’image, sans doute un des meilleurs X-men car pour une fois, nous avons une histoire, une denrée rare depuis quelques temps à Hollywood.

Côté casting, c’est une brochette de comédiens aussi talentueux les uns que les autres, avec James McAvoy toujours aussi bon, Michael Fassbender impressionne en livrant une interprétation grandiose de Magneto, Hugh Jackman reprend pour la septième fois son rôle avec la même pointe ’humour et d’agressivité et les petits nouveaux dont, Evan Peters, Anna Paquin, Omar Sy …

Au final, X-men : Days of Future Past livre une trame narrative intéressante, un vrai film de science-fiction aux dialogues intelligents, enrichissant son univers grâce aux nouveaux venu, Bryan Singer réussit le challenge même si on peut toujours reprocher certaines incohérences que l’on espère voir se gommer dans le prochain opus et justement rester jusqu’à la fin pour regarder la scène post-générique du prochain opus intitulé X Men Apocalypse !

Fiche Technique : X-men : Days of Future Past

États-Unis, Grande-Bretagne – 2014
Réalisation : Bryan Singer
Scénario : Simon Kinberg, Matthew Vaughn, Jane Goldman
Interprétation : Hugh Jackman (Logan alias Wolverine), James McAvoy (Charles Xavier), Michael Fassbender (Erik Lehnsherr jeune alias Magneto), Jennifer Lawrence (Raven alias Mystique), Patrick Stewart, (Charles Xavier vieux alias Professeur X), Ian McKellen (Erik Lehnsherr vieux alias Magneto), Halle Berry (Tornade), Ellen Page (Kitty Pryde alias Shadowcat)…
Genre : Action, Aventure, Fantastique, Science fiction
Date de sortie : 21 mai 2014
Durée : 2h12
Budget : 250 000 000 $
Décor : Gordon SimImage : Newton Thomas Sigel
Costume : Louise Mingenbach
Montage : John Ottman
Musique : John Ottman
Production : Twentieth Century Fox Film Corporation, Dune Entertainment, Marvel Entertainment, Bad Hat Harry Productions, The Donners’ Company, Marv Films
Distributeur : Twentieth Century Fox France

 

La Chambre Bleue de Mathieu Amalric : Critique du film

La Chambre Bleue ou l’art du faux-semblant

Synopsis :

Dis- moi Julien, si je devenais libre, tu te rendrais libre aussi ? – Tu dis ?…
Un homme et une femme s’aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s’échangent quelques mots anodins après l’amour.
Du moins l’homme semble le croire.
Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots.
« La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après-coup. »
Que s’est-il passé, de quel crime est-il accusé ?…

Quatre ans après le burlesque Tournée, présenté à Cannes en compétition officielle et, couronné du prix de la mise en scène en 2010, Mathieu Amalric revient sur la Croisette avec La Chambre Bleue, présenté dans la catégorie « Un Certain Regard » au Festival de Cannes 2014. Son cinquième film est une adaptation d’un ralop de Georges Simenon, La Chambre Bleue paru en 1964. Un court récit, une heure et quart, ce film commence comme dans un Godard :

– Julien, tu m’aimes ?
– Dis Julien, tu… ?
C’est Esther qui pose ces questions à Julien, son amant, qu’elle connait depuis l’adolescence, tous deux poursuivent dans une chambre d’hôtel aux couleurs ocre et azur, un amour adultérin, fou et passionnel.

Co-écrit avec l’actrice Stéphanie Cléau, qui interprète également son amante, la chambre bleue est mise en scène comme un beau croquis élégant, pictural, conté à la façon d’un puzzle en 4 séquences, l’amour filmé comme une Origine du monde, le crime, l’enquête et le procès.

Un bel exercice de style dans le genre rétro, interprété comme une pièce de théâtre avec de belles scènes sensuelles. Dans cette pièce azuréenne qui accueille l’amour adultérin de Julien et Esther, les corps jouent une symphonie sexuelle, décrit par Simenon comme un « plaisir total, animal, sans arrière-pensée » … Particulièrement, la scène d’ouverture évoque une magnifique esquisse onirique, une peinture où se mêlent deux corps face à une fenêtre dévoilant un paysage orageux…
Un film étrange, entre thriller Hitchcockien et univers Lynchien, fondé sur de perpétuels allers et retours, avec une réflexion bien menée sur les méandres de la mémoire de Julien. Entre fantasme et réalité, on assiste à un jeu ou les apparences, et les coïncidences peuvent faire d’un homme parfaitement innocent le coupable parfait.

Ce polar raffiné et intimiste est habillement monté, même si le procédé consistant à mélanger la vie des accusés avant et après leur arrestation n’est pas une idée novatrice. Pourtant Mathieu Amalric réussit à nous accrocher en créant une atmosphère intense où le spectateur se retrouve dans la posture du juré d’assises. Sous la forme d’un huis clos, cette lente descente aux enfers happe le spectateur dans les dédales d’une histoire troublante, saisissante et réaliste.

Doté d’interprètes parfaits, (entre autres le comédien Laurent Poitrenaux qui incarne un juge d’instruction très crédible), et d’une réalisation parfaite pour ce genre de film basé sur un fait divers, les plans sont très beaux et le cadrage très carré du 1:33 permet d’être au plus près des personnages, tout en renforçant l’ambiance angoissante, le côté mystérieux… Mathieu Amalric signe là une œuvre toute en nuances menée comme une enquête policière à l’ancienne où le doute persiste jusqu’au dénouement final à la Chabrol. La Chambre Bleue est une œuvre immersive, obsédante, aux dialogues incisifs. Cette surimpression du Passé, sa musique feutrée d’Hetzel renforce cette romance tragique tortueuse…

« Devant le Juge » La Chambre bleue Extrait

Fiche Technique : La Chambre bleue

France – 2013
Réalisation: Mathieu Amalric
Scénario: Mathieu Amalric, Stéphanie Cléau
d’après: le roman homonyme de: Georges Simenon
Interprétation: Mathieu Amalric (Julien Gahyde), Léa Drucker (Delphine Gahyde), Stéphanie Cléau (Esther Despierre), Laurent Poitrenaux (le juge d’instruction), Serge Bozon (le capitaine de gendarmerie), Blutch (le psychologue)…
Date de sortie: 16 mai 2014
Durée: 1h15
Genre : Policier, Drame, Thriller
Image: Christophe Beaucarne
Montage: François Gédigier
Musique: Grégoire Hetzel
Producteur: Paulo Branco
Production: Alfama Films
Interprétation: Mathieu Amalric (Julien Gahyde), Léa Drucker (Delphine Gahyde), Stéphanie Cléau (Esther Despierre), Laurent Poitrenaux (le juge d’instruction), Serge Bozon (le capitaine de gendarmerie), Blutch (le psychologue)…
Distributeur: Alfama Films

Note : Le rôle à l’écran du dessinateur Blutch, en psy de prison. Il a aussi conçu l’affiche du film, comme celles des trois derniers films de Resnais.

 

Godzilla : Musique d’Alexandre Desplat

Musique Godzilla : un conte de terreur, d’espoir et de courage…

La filmographie du compositeur français varie  cela passe par des films indépendants, des séries ( The Queen , Le discours du roi )ou encore des films de fantasy comme   » Harry Potter et le Reliques de la Mort: Partie 1 et  Partie 2 ) en passant par les film de Terrence Malick (L’Arbre de Vie ), Wes Anderson ( Fantastic Mr. Fox, Moonrise Kingdom ), Monuments Men en 2014 … Remportant  six nominations aux Oscars et  trois César, le légendaire Desplat a composé la bande originale du remake de Godzilla version 2014 de Gareth Edwards.

Découvrez la partition d’Alexandre Desplat

Godzilla Titre d’ouverture

Cette bande originale reflète les émotions du film, comme dans un conte de terreur, on trouve dans cette partition tous les éléments de flûte japonaise et de piano sombres… La piste d’intro, Godzilla, définit une atmosphère de frissons avec beaucoup d’éléments émotionnels tout au long de l’enregistrement des titres comme avec «Vegas Aftermath» et «Let Them Fight »  capture cette essence qu’est le sentiment de désespoir après l’attaque de Godzilla sur la ville de San Francisco, puis il a les titres de l’album qui décrivent la lendemain de l’attaque (Ford Rescued en particulier).

Playlist du film Godzilla

1 Godzilla! 00:02:08
2 Inside the Mines 00:02:25
3 The Power Plant 00:05:49
4 To Q Zone 00:02:55
5 Back to Janjira 00:05:59
6 Muto Hatch 00:03:13
7 In the Jungle 00:01:59
8 The Wave 00:03:04
9 Airport Attack 00:01:47
10 Missing Spore 00:03:57
11 Vegas Aftermath 00:03:22
12 Ford Rescued 00:01:23
13 Following Godzilla 00:02:01
14 Golden Gate Chaos 00:02:51
15 Let Them Fight 00:01:38
16 Entering the Nest 00:03:01
17 Two Against One 00:04:15
18 Last Shot 00:01:58
19 Godzilla’s Victory 00:03:02
20 Back to the Ocean

Écoutez toute la composition…

 

Godzilla de Gareth Edwards : Critique du film

Godzilla de Gareth Edwards : Jouissif, spectaculaire, esthétique

Synopsis : Godzilla tente de rétablir la paix sur Terre, tandis que les forces de la nature se déchaînent et que l’humanité semble impuissante…

Dix ans après l’incroyable « Godzilla Final Wars » de Ryuhei Kitamura, Gareth Edwards, (un réalisateur remarqué par Hollywood grâce à son premier film Monsters), signe le Godzilla version 2014. Pour les 60 ans du plus célèbre des monstres japonais, Gareth Edwards à la tête d’un budget pharaonique de 200 millions de dollars relève le défi, grâce à une mise en scène magnifique et un visuel bluffant.

Filmé du point de vue des hommes au sol, ce qui permet d’adopter le regard des humains de voir leurs sidérations face à la réalisation dans l’univers physique de leurs cauchemars. Axer ainsi le film sur les personnages permet de nous faire ressentir la crainte face à ses monstres gigantesques. Ce parti-pris range ce film se range plutôt dans la catégorie drame que celle des films catastrophes avec des thèmes assez intéressant comme celui de l’homme contre la Nature, les politiques nucléaires et les mensonges des gouvernements.

Godzilla dont le scenario a été écrit notamment par Max Borenstein (Le Septième fils) est un film réalisé dans la pure tradition de la mythologie des anciens Kaiju, on retrouve les combats titanesques entre monstres, des scènes de destruction, de chaos sublimés par une superbe photographie apocalyptique de Seamus McGarvey (The Avengers).

Une véritable claque visuelle, des décors majestueux accompagné d’une musique signée Alexandre Desplat oppressante, notamment la scène du parachutage, un moment clé du film mais aussi pendant le générique début et de fin.

Parlons du géant lézard mythologique au design parfait, ce géant de 108 mètres est dévoilé par bribes, en commençant par son dos, ensuite sa queue, puis son énorme patte jusqu’à son apparition dans cette scène à Hawaii ou l’on découvre enfin le monstre et son cri mythique. Un suspense parfaitement orchestré, alliant une direction artistique magnifique et une mise en scène bluffante. 16 ans après l’échec d’Emmerich, Gareth Edwards redonne ses lettres de noblesse au fameux monstre radioactif.

Une réalisation prenante et esthétique, le film contient des scènes impressionnantes voir fascinantes, tout en prenant le temps d’installer tout un univers avec des personnages et de l’émotion. Chaque apparition de Godzilla distille une incroyable puissance, même les Muthos ne parviennent à dompter cette force de la nature, une preuve que les effets spéciaux accompagnés d’une bonne direction artistique peuvent faire un blockbuster intelligent.

Une direction qui ne s’arrête pas aux combats entre les divinités du cinéma japonais, les acteurs sont eux aussi parfaitement dirigés, la première partie du film est porté par l’excellent Bryan Cranston qui s’impose dans le monde du cinéma grâce au chef d’oeuvre Breaking bad, ensuite Ken Watanabe (Inception) est toujours aussi bon, le seul bémol dans ce casting est Aaron Taylor-Johnson, ce dernier a du mal à faire passer de l’émotion, son jeu est aussi lisse que son personnage bien trop caricatural.

Prendre le point de vue de l’humain pour la caméra amplifie le caractère gigantesque du monstre, sa grandeur…Même si cette nouvelle version épique de Godzilla n’est pas exempt de défauts : scenario parfois bancal, rythme un peu trop lent, Godzilla n’en reste pas moins un bon spectacle audio-visuel, esthétique même si on aurait aimé voir ce côté fun que l’on retrouve dans Pacific Rim.

Fiche Technique : Godzilla

États-Unis – 2014
Réalisation : Gareth Edwards
Scénario : David S. Goyer, Frank Darabont, Max Borenstein, Drew Pearce, Dave Callaham
Interprétation : Aaron Taylor-Johnson (Ford Brody), Bryan Cranston (Joe Brody), Ken Watanabe (Dr Serizawa), Elizabeth Olsen (Elle Brody), David Strathairn (Amiral Stenz), Juliette Binoche (Sandra Brody)..
Genre : Action, Aventure, Science-fiction
Date de sortie : 14 mai 2014
Durée : 2h03
Budget : 215 000 000 $
Photo : Seamus McGarvey
Décor : Owen Paterson
Costume : Sharen Davis
Son : Erik Aadahl
Montage : Bob Ducsay
Musique : Alexandre Desplat
Producteur : Thomas Tull, Jon Jashni, Dan Lin, Roy Lee, Brian Rogers, Mary Parent
Distributeur : Warner Bros France

Le Dernier Diamant, un film de Eric Barbier : Critique

Le dernier diamant : Pierres précieuses, luxe et crime

Synopsis : Simon, un cambrioleur en liberté surveillée, accepte de monter sur le plus gros coup de sa vie: Le vol du « Florentin », un diamant mythique mis en vente aux enchères par ses propriétaires. Pour réussir, il devra approcher Julia, l’experte diamantaire, pour qui la vente constitue un enjeu personnel et familial considérable. Au-delà d’un casse particulièrement osé, Simon entraînera Julia vers un destin qu’elle n’aurait pas pu imaginer.

Huit ans après l’excellent thriller Le Serpent, le réalisateur Eric Barbier revient avec un polar, une Arnaque à la Française, à la saveur bien particulière puisqu’il repose sur l’organisation du casse du siècle.

Dans le dernier diamant, Eric Barbier, le réalisateur conte une histoire mêlant polar, thriller, et romance dans une ambiance de polar à la française, avec un vrai couple cinéma, glamour à souhait.

On retrouve dans ce thriller le flegmatique Yvan Attal et Bérénice Bejo, l’actrice avait gagnée le prix d’interprétation féminine au cours du festival de Cannes en 2013 pour Le Passé d’Asghar Farhadi avant d’être oscarisée pour The Artist.

Le Dernier Diamant se veut un Ocean Eleven à la française, avec son histoire de casse du siècle. Une pierre précieuse unique, le « Florentin » diamant de couleur jaune pâle (126 facettes sur neuf côtés), est mis aux enchères dans un hôtel d’Anvers. Simon (Yvan Attal), cambrioleur invétéré en liberté surveillée se voit proposer l’affaire de sa vie, celle de voler le diamant hors norme et hors de prix. Pour que le casse se déroule sans anicroche, Simon doit gagner la confiance de Julia ( Bérénice Béjo ), l’experte diamantaire, qui a reprit le flambeau de cette vente après le mystérieux décès de sa mère.

Sur un script classique, Eric Barbier nous livre un film en trois temps, la préparation, le casse, et la trahison…Les deux premiers tiers sont plutôt bien ficelés, la partie préparation du braquage est assez intéressante à suivre, détaillé et soigné, cette partie est basée sur une sorte de jeu de piste. L’épisode du casse lui-même est assez époustouflant, on arrive à croire que les voyous sont de vrais policiers, malgré quelques invraisemblances (comme le temps qu’il faut pour percer un coffre). Par contre, la dernière partie est assez clichée, on tombe dans le règlement de compte avec une fin assez expédiée, toutefois Le Dernier Diamant reste un film efficace avec de bonnes montées de stress et une romance qui se fond facilement dans l’histoire.

Eric Barbier signe un polar instaurant une atmosphère assez sombre avec coup bas et manipulation, un très joli couple en vedette, secondés par de grands rôles avec des « gueules » comme Jean-François Stévenin, Antoine Basler et Jacques Spiesser. Bref un thriller honnête, qui ne manque pas de panache, surprenant par moment, on passe un assez bon moment de cinéma…

Note : Le diamant Le Florentin existe  bel et bien mais il a disparu depuis 1922….

Le Dernier Diamant : Bande-annonce 

Le Dernier Diamant : Fiche technique 

Réalisation : Éric Barbier
Scénario : Éric Barbier, Trân-Minh Nam, Marie Eynard
Interprétation : Yvan Attal (Simon), Bérénice Béjo (Julia), Jean-François Stévenin (Albert), Antoine Basler (Scylla), Jacques Spiesser (Pierre Neuville), Annie Cordy (Inès de Boissière), Michel Israel (Jacques Galley), Issaka Sawadogo (Omar)…
Musique : Renaud Barbier
Photo : Denis Rouden
Décor : Pierre Renson
Costume : Sabrina Riccardi
Son : Nicolas Tran Trong
Montage : Jennifer Augé
Producteur : Aïssa Djabri, Farid Lahouassa
Production : Vertigo Productions
Distributeur : Océan Films
Genre : Thriller
Durée : 108 minutes
Date de sortie : 30 avril 2014

France/Luxembourg/Belgique – 2014

Last Days of Summer de Jason Reitman : Critique du film

Last Days of Summer de Jason Reitman, un huis-clos sensuel et envoûtant

Après plusieurs comédies (JunoIn the Air, Thank you for smoking) aux tons mordants et cyniques, le réalisateur Jason Reitman nous plonge dans la moiteur estivale d’une Amérique des années 80. Avec Last Days of Summer, une adaptions du best-seller de Joyce Maynard « Labor Day », le jeune cinéaste réalise un superbe drame intimiste, à mi-chemin entre le thriller et la romance en retraçant quatre jours de l’enfance d’Henry (Gattlin Griffith). L’histoire nous est contée par Henry (Tobey Maguire adulte), une voix qui s’efface au fil de l’intrigue pour laisser place à cet huis clos entre ses 3 âmes perdus. Le scénario semble de prime abord plutôt simple, un évadé Franck Chambers, (rôle interprété par Josh Brolin) au passé trouble séquestre chez eux, un jeune adolescent qui tente d’aider sa mère, Adèle, une femme brisée de l’intérieur qui n’ose plus sortir de chez elle.

Last days of Summer nous offre une magnifique fable à fleur de peau dans la petite ville provinciale de Shelburne Falls dans le Massachussets. Au fil de l’histoire l’ambiance oppressante, l’atmosphère morose fait place à la lumière. Progressivement ce fils qui celui qui assumait tous les rôles, à l’âge où on se pose des questions sur les filles notamment, retrouve un père en la personne de cet évadé qui joue au base-ball, bricole et cuisine avec lui. Durant ce long week-end le jeune adolescent verra sa mère Adèle sortir de sa torpeur pour s’éveiller à nouveau à la vie…

Un superbe film ou la mise en scène permet de voir lentement l’espoir renaitre dans cette maison au contact de cet homme, par des regards, des gestes, des expressions, toute une palette d’émotions est transmise aux spectateurs à grâce au merveilleux jeu de kate Winslett… Elle est simplement époustouflante dans ce rôle de mère renaissant aux sentiments d’amour, tout son talent s’exprime sans avoir besoin de paroles nécessairement… Dans ce triangle à 3 personnages, une famille se recompose autour de cet homme que l’on apprend à connaitre au travers de flashbacks.

Last days of Summer est un beau film, d’une sensualité électrique baignant dans une magnifique lumière mordorée, embellie par une musique communicative composée par Rolfe Kent. Même si la réalisation est très académique, le jeu d’acteurs de haut vol envoûte, Josh Brolin (Franck Chambers) interprète un homme en cavale toutes en fêlures, quant au jeune Gattlin Griffith, son jeu est exceptionnel, un acteur à suivre.

Last Days of Summer brille non seulement par son interprétation, mais aussi grâce à une mise en scène sobre et élégance. Un instant de cinéma à l’ancienne évoquant par moment Sur la route de Madison de Clint Eastwood. Un film émouvant à voir en VO…

Synopsis : Lors du dernier week-end de l’été, Frank, un détenu évadé, condamné pour meurtre, oblige Adèle et son fils Henry à le cacher chez eux. 
Très vite, la relation entre le ravisseur et la jeune femme prend une tournure inattendue. Pendant ces quatre jours, ils vont révéler de lourds secrets et réapprendre à aimer…

Fiche technique : Last Days of Summer

Titre original : Labor Day
Réalisation : Jason Reitman
Scénario : Jason Reitman
D’après le roman Long Week-End de : Joyce Maynard
Interprétation : Kate Winslet (Adele), Josh Brolin (Frank), Gattlin Griffith (Henry),Tobey Maguire (Henry adulte), Maika Monroe (Mandy), Clark Gregg(Gerald), James Van Der Beek (Officer Treadwel), J.K. Simmons (Mr
Jervis)…
Genre : Drame, Romance
Date de sortie : 30 avril 2014
Durée : 1h51
Photo : Eric Steelberg
Décor : Steve Saklad
Costume : Danny Glicker
Montage : Dana E. Glauberman
Musique : Rolfe Kent
Production : Mr Mudd Productions, Right of Way Films, Indian Paintbrush
Distributeur : Paramount Pictures France

« The Amazing Spider Man 2 : Le Destin d’un Héros » : Critique du film

The Amazing Spider Man 2 : Romance et Duels

Spider-Man, alias Peter Parker, créé chez Marvel par Stan Lee et Steve Ditko en 1962, est dans le comics à l’origine un geek doué, malingre, orphelin qui suite à une morsure d’araignée radioactive devient le héros légendaire que l’on connait…Deux ans après le premier volet de la franchise « Amazing Spider-Man », le réalisateur Marc Webb revient pour un reboot avec The Amazing Spider-Man : le destin d’un Héros.

Le deuxième volet de la saga arachnéenne est bien meilleur que son prédécesseur, avec une histoire plus fidèle au Comics, des méchants plus stylisés et en plus le film révèle comment Peter a perdu ses parents et le mystère Oscorp permet de mettre en place les Sinister Six.

De toute évidence Marc Webb a pris de l’aisance, les scènes de combats sont plutôt bien ficelés, donnant de vrais sensations de vertiges et surtout le film sait alterner scène d’action et des instants d’émotions digne de sa comédie « (500) jours ensemble ».

La relation entre Peter Parker et Gwen Stacy (Emma Stone) est certainement la partie la plus réussie du film, elle incarne avec justesse le rôle, l’actrice est magnétique, crédible, l’alchimie passe entre les acteurs. Andrew Garfield même si son jeu reste très classique, son interprétation est plus bien authentique que celle de Tobey Maguire, bien trop inexpressif. Enfin pour dans ce second opus, on assiste à des scènes de voltiges bluffantes, les mouvements sont fluides, Spiderman-man bouge naturellement et les ralentis, les arrêts d’images, les gros plans s’intègre parfaitement dans ce ballet virevoltant. Le tout est renforcé par une 3D en général de bonne qualité.

Les supers méchants sont plutôt bons, Dane DeHaan éclipse Andrew Garfield, il faut dire qu’il interprète à merveille son rôle d’Harry Osborn/Bouffon Vert, par contre pour Jamie Foxx (Electro) même si l’acteur est très bon, son personnage est risible, on a affaire à un espèce de psychopathe qui d’un coup penche vers le côté obscure sans véritable explication.

The Amazing Spider-Man 2 est un spectacle assez bien emballé, avec des combats époustouflants et une scène dramatique, celle ou Gwen meurt, comme dans les comics on ne saura jamais si c’est Peter qui l’a tué ou le bouffon vert, mais la scène n’en est moins magnifique. Un blockbuster plutôt bien fait avec des duels, des cascades, un méchant charismatique comme on aimerait en voir plus souvent chez Marvel et le légendaire humour de l’homme araignée. Ce second volet sans être transcendant reste un film divertissant avec une musique dans l’ambiance bien que l’on puisse une fois de plus reprocher aux blockbusters américains de ne pas savoir conter une vraie histoire.

En effet ce second volet est assez bien ficelé mais comme d’habitude on ressort avec la sensation qu’il manque quelque chose… Bien sur les belles scènes d’actions et les effets visuels bien faits sont importants, mais ce qui fait vraiment un succès c’est le don de raconter une histoire sans se perdre en chemin et ce reproche est aussi valable pour The Amazing Spider-Man : le destin d’un Héros. En attendant les prochains épisodes et le spin-off consacré aux Sinister Six, on peut espérer que les supers héros made in Sony, pourront trouver de bons scénaristes…

Synopsis : Ce n’est un secret pour personne que le combat le plus rude de Spider-Man est celui qu’il mène contre lui-même en tentant de concilier la vie quotidienne de Peter Parker et les lourdes responsabilités de Spider-Man. Mais Peter Parker va se rendre compte qu’il fait face à un conflit de bien plus grande ampleur. Être Spider-Man, quoi de plus grisant ? Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros, bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côté de Gwen. Mais être Spider-Man a un prix : il est le seul à pouvoir protéger ses concitoyens new-yorkais des abominables méchants qui menacent la ville. Face à Electro, Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui. Au retour de son vieil ami Harry Osborn, il se rend compte que tous ses ennemis ont un point commun : OsCorp.

Fiche technique : The Amazing Spider-Man : Le Destin d’un Héros

Titre original : The Amazing Spider-Man 2
D’après le comic Marvel
Réalisateur : Marc Webb
Scénaristes : Alex Kurtzman, Roberto Orci, Jeff Pinkner
Interprététation : Andrew Garfield (Spider-Man/Peter Parker), Emma Stone (Gwen Stacy), Jamie Foxx (Electro/Max Dillon), Dane DeHaan (Green Goblin/Harry Osborn), Colm Feore (Donald Menken), Felicity Jones (Felicia), Paul Giamatti (Aleksei Sytsevich) and Sally Field (Aunt May).
Genre : Action, Aventure, Fantastique
Date de sortie : 30 avril 2014
Durée : 2h 21
Directeur de la photographie : Dan Mindel
Musique : Hans Zimm et The Magnificent Six, avec Pharrell Williams et Johnny Marr
Costumes : Deborah L. Scott
Superviseur des effets visuels : Jerome Chen
Pays : États-Unis
Budget : 200 000 000 $

Barbecue, un film d’Eric Lavaine : Critique

Barbecue : une comédie à la saveur mi-sucrée, mi-acidulée

Synopsis : Pour ses 50 ans, Antoine a reçu un cadeau original : un infarctus. A partir de maintenant, il va devoir « faire attention ». Or, Antoine a passé sa vie entière à faire attention : attention à sa santé, à ce qu’il mangeait, attention à sa famille, à accepter les travers de ses amis, et à avaler de trop nombreuses couleuvres… Désormais, il va adopter un nouveau régime. Mais en voulant changer sa vie, on change forcément celle des autres… 

Eric Lavaine réalise son cinquième long métrage, après Poltergay, Incognito, Protéger et Servir et Bienvenue à bord, le réalisateur revient avec un film lorgnant du côté  de Le Cœur des Hommes de Marc Esposito et Les petits mouchoirs de Guillaume Canet avec une pléiade de personnages en pleine interrogation sur le chemin que leurs vies devraient prendre…

Barbecue est une comédie douce-amère avec des remises en questions, des bilans, et cela commence avec l’attaque cardiaque du personnage de Lambert Wilson (Antoine) qui, à l’aube de ses 50 ans, décide de changer de comportements et de vivre pleinement une existence jusqu’à présent bien trop lisse…

Et quoi de mieux qu’un Barbecue pour commencer cette nouvelle vie avec sa bande d’amis qu’il connait depuis 20 ans dans la région des Cévennes pour des vacances? Mais avoir une bande d’amis que l’on connait depuis tant d’années, c’est aussi des prises de tête, des secrets, des jalousies mais aussi de franches rigolades entre ce groupe d’amis.

Eric Lavaine réalise là une comédie intimiste, un tournant dans sa carrière, sur un univers de copains qui se voient depuis près de 20 ans. Pour interpréter cette bande d’amis, il fait appel à une brochette d’acteurs populaires composée principalement d’humoristes comme Florence Foresti, Jérôme Commandeur et Franck Dubosc, déjà présent dans ses deux films précédents, mais également des acteurs tels que Lambert Wilson, Guillaume De Tonquédec, Lionel Abelanski ou encore Sophie Duez.

Le récit, même s’il est parfois prévisible, joue de certains personnages un peu plus colorés, qui rehaussent un scénario souvent convenu. Bonne surprise, Frank Dubosc joue la sobriété dans le rôle de l’ex-mari jaloux d’une Florence Foresti qui, à l’inverse, fidèle à elle-même mais dont les répliques font d’elle le personnage le plus drôle du film. Il y a aussi Guillaume De Tonquédec (vu dans Le Prénom) qui incarne à merveille Yves, un gars agaçant qui adore faire des blagues. Dans l’ensemble, les acteurs sont bons (surtout Lambert Wilson), certaines scènes sont plutôt cocasses comme celle du « Château Pétrus » et les paysages juste magnifiques.

Bien sûr on est dans la parodie de caractères avec l’ex-femme chiante, le beauf toujours heureux, le séducteur en pleine crise, le dépressif largué, mais cela reste léger, frais un film sans prise de tête.

Une comédie française rafraîchissante à la saveur mi-sucrée mi-acidulée parfaitement mise en scène où la plupart des répliques mordantes font mouches avec des pistes de réflexions sur le couple, les amitiés, la vie, ses bonheurs et ses aléas. Barbecue est typiquement le genre de film qui s’engage à donner le sourire. Un Feel good movie, à voir entre potes…ou pas.

Barbecue : Bande-Annonce

Fiche technique : Barbecue

Réalisation : Eric Lavaine
Scénario : Eric Lavaine, Héctor Cabello Reyes
Interprétation : Lambert Wilson (Antoine), Florence Foresti (Olivia), Franck Dubosc (Baptiste), Guillaume de Tonquédec (Yves), Lionel Abelanski (Laurent), Sophie Duez (Véronique), Jérôme Commandeur (Jean-Michel), Lysiane Meis (Laure), Valérie Crouzet (Nathalie)…
Photographie : François Hernandez
Monteur : Vincent Zuffranieri
Budget : 10 M€
Production : Etienne Mallet, David Gauquié, Franck Elbase, Nicolas Lesage, Julien Deris
Distribution : StudioCanal
Durée : 98 minutes
Genre : Comédie
Sortie en salle : 30 avril 2014

France – 2014