Barbecue, un film d’Eric Lavaine : Critique

Barbecue : une comédie à la saveur mi-sucrée, mi-acidulée

Synopsis : Pour ses 50 ans, Antoine a reçu un cadeau original : un infarctus. A partir de maintenant, il va devoir « faire attention ». Or, Antoine a passé sa vie entière à faire attention : attention à sa santé, à ce qu’il mangeait, attention à sa famille, à accepter les travers de ses amis, et à avaler de trop nombreuses couleuvres… Désormais, il va adopter un nouveau régime. Mais en voulant changer sa vie, on change forcément celle des autres… 

Eric Lavaine réalise son cinquième long métrage, après Poltergay, Incognito, Protéger et Servir et Bienvenue à bord, le réalisateur revient avec un film lorgnant du côté  de Le Cœur des Hommes de Marc Esposito et Les petits mouchoirs de Guillaume Canet avec une pléiade de personnages en pleine interrogation sur le chemin que leurs vies devraient prendre…

Barbecue est une comédie douce-amère avec des remises en questions, des bilans, et cela commence avec l’attaque cardiaque du personnage de Lambert Wilson (Antoine) qui, à l’aube de ses 50 ans, décide de changer de comportements et de vivre pleinement une existence jusqu’à présent bien trop lisse…

Et quoi de mieux qu’un Barbecue pour commencer cette nouvelle vie avec sa bande d’amis qu’il connait depuis 20 ans dans la région des Cévennes pour des vacances? Mais avoir une bande d’amis que l’on connait depuis tant d’années, c’est aussi des prises de tête, des secrets, des jalousies mais aussi de franches rigolades entre ce groupe d’amis.

Eric Lavaine réalise là une comédie intimiste, un tournant dans sa carrière, sur un univers de copains qui se voient depuis près de 20 ans. Pour interpréter cette bande d’amis, il fait appel à une brochette d’acteurs populaires composée principalement d’humoristes comme Florence Foresti, Jérôme Commandeur et Franck Dubosc, déjà présent dans ses deux films précédents, mais également des acteurs tels que Lambert Wilson, Guillaume De Tonquédec, Lionel Abelanski ou encore Sophie Duez.

Le récit, même s’il est parfois prévisible, joue de certains personnages un peu plus colorés, qui rehaussent un scénario souvent convenu. Bonne surprise, Frank Dubosc joue la sobriété dans le rôle de l’ex-mari jaloux d’une Florence Foresti qui, à l’inverse, fidèle à elle-même mais dont les répliques font d’elle le personnage le plus drôle du film. Il y a aussi Guillaume De Tonquédec (vu dans Le Prénom) qui incarne à merveille Yves, un gars agaçant qui adore faire des blagues. Dans l’ensemble, les acteurs sont bons (surtout Lambert Wilson), certaines scènes sont plutôt cocasses comme celle du « Château Pétrus » et les paysages juste magnifiques.

Bien sûr on est dans la parodie de caractères avec l’ex-femme chiante, le beauf toujours heureux, le séducteur en pleine crise, le dépressif largué, mais cela reste léger, frais un film sans prise de tête.

Une comédie française rafraîchissante à la saveur mi-sucrée mi-acidulée parfaitement mise en scène où la plupart des répliques mordantes font mouches avec des pistes de réflexions sur le couple, les amitiés, la vie, ses bonheurs et ses aléas. Barbecue est typiquement le genre de film qui s’engage à donner le sourire. Un Feel good movie, à voir entre potes…ou pas.

Barbecue : Bande-Annonce

Fiche technique : Barbecue

Réalisation : Eric Lavaine
Scénario : Eric Lavaine, Héctor Cabello Reyes
Interprétation : Lambert Wilson (Antoine), Florence Foresti (Olivia), Franck Dubosc (Baptiste), Guillaume de Tonquédec (Yves), Lionel Abelanski (Laurent), Sophie Duez (Véronique), Jérôme Commandeur (Jean-Michel), Lysiane Meis (Laure), Valérie Crouzet (Nathalie)…
Photographie : François Hernandez
Monteur : Vincent Zuffranieri
Budget : 10 M€
Production : Etienne Mallet, David Gauquié, Franck Elbase, Nicolas Lesage, Julien Deris
Distribution : StudioCanal
Durée : 98 minutes
Genre : Comédie
Sortie en salle : 30 avril 2014

France – 2014

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.