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Anatomie d’un chef d’œuvre ou l’éternelle question du 7ème art ?

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Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre cinématographique ?

Pulp Fiction, Apocalypse Now, Taxi Driver, Le Lauréat, 2001, l’Odyssée de l’Espace, Citizen Kane sont des œuvres qui bien que sortis durant des décennies différentes, empruntant des thématiques radicalement opposées et ayant connu des succès divers sont unies par un lien, un lien très fin à l’orée du mysticisme pour certains puristes tant celui-ci relève d’un raisonnement objectif la plupart du temps. Car quel est ce lien ? Quel est le lien pouvant rapprocher un polar noir aux punch-lines endiablées, un trip dans la chaleur étouffante du Vietnam, une critique sociale aux odeurs de brûlot, une romance interdite des 60’s, un pilier de la SF entre métaphysique et philosophie et un film des années 40 ?

apocalypse-now-chef-d-oeuvre

Ce lien, mis à part que tous les films cités soient américains, relève du critère d’appréciation de ces œuvres, considérées par beaucoup comme des chefs d’œuvre !

Chef d’œuvre ? Mais qu’est-ce donc cela ? Un terme galvaudé utilisé par beaucoup de pseudo-critiques sur internet, entre autre, pour caractériser une œuvre les ayant comblés au plus haut point ? Une œuvre ayant su au mieux utiliser les acteurs, le scénario, le réalisateur dont elle est affublée ? Une œuvre pour cinéphiles assaillie par des critiques dithyrambiques ? Ou l’amalgame encore trop fréquent avec l’étiquette de films cultes dont est affublé la quasi-totalité des films ayant une portée aussi bien sociale que comique des années encore après leurs sorties, tels que Fight Club ou La Grande Vadrouille pour ne citer qu’eux ?

Fight-Club

A question difficile, réponse difficile. Car plus qu’une simple question, la notion de chef d’œuvre est également une définition. D’aucuns diront qu’elle représente simplement la meilleure œuvre de son auteur, d’autres pourront dire qu’elle est la meilleure représentation d’un mouvement artistique, et même certains tels qu’Ernest Hemingway le qualifieront comme l’image d’un « livre dont tout le monde parle et que personne ne lit ».

Mais, il semblerait qu’après des siècles de disettes quant à savoir la définition exacte d’une telle expression, Victor Hugo est le dramaturge qui s’en est sans doute rapproché le plus. Selon lui, les chefs-d’œuvre ont un niveau, le même pour tous, l’absolu. Une fois l’absolu atteint, tout est dit. Cela ne se dépasse plus. L’œil n’a qu’une quantité d’éblouissement possible.

Mais si tel est bien le cas, qu’est-ce que l’absolu ? Une utopie ? Une réalité ? Et quand bien même ça le serait, comment l’atteindre ? Comment le toucher du doigt ?

Serait-ce la question que se sont posés respectivement Leonard de Vinci, le sculpteur David, Picasso, Wagner, Buñuel, Truffaut, lorsque des œuvres aussi variées que Guernica, La Joconde, La Chevauchée des Walkyries ou Les 400 Coups étaient sur le point d’être conçues ? Serait-ce dans cette optique que ces œuvres, mondialement reconnues aujourd’hui ont été élaborées ?

citizen-kane-chef-oeuvre-rosebudCar, la notion de chef d’œuvre est irrémédiablement liée à l’ambition. Une ambition qui habite chaque artiste, prêt à faire le meilleur, prêt à transcender son style dans ses traits de pinceaux, ses notes de musiques ou ses mouvements de caméra pour donner au monde une œuvre énorme, dantesque se rapprochant de cet absolu cher à Victor Hugo.

Mais la rigueur est de mise, tant résoudre la solution d’une question millénaire aux relents philosophiques, ne s’obtient pas que par les citations d’un dramaturge aussi talentueux soit-il.

Car le cinéma, bien qu’étant un art très jeune (les frères Lumières ont breveté leur première machine en 1895) dispose de l’étonnante faculté de compiler à lui seul tous les autres arts connus que ça soit la musique, la littérature, l’architecture, la photographie ou les arts de la scène. Pour les plus réfractaires, il suffit de demander l’importance de la musique au regretté Sergio Leone ou celle du texte à Quentin Tarantino pour vous faire une idée de l’interaction existant au sein même du cinéma, art jugé à tort comme commercial et qui peut se révéler bien plus exaltant et intéressant qu’une virée au château de Versailles.

Forcément, cette masse culturelle qu’englobe le 7ème art implique que la notion de chef d’œuvre regroupe une pluralité de critères à prendre en compte, comme si un film se résumait à un puzzle, où chaque art est une pièce qui doit parfaitement s’imbriquer dans l’autre pour former une mouture proche de la perfection.

Et proche est le bon mot. Car la perfection est une utopie et n’existe pas. De fait, même les chefs d’œuvres sont imparfaits. Que ça soit le rythme, l’histoire, le cadre, le chef d’œuvre n’est pas universel, et sera ainsi haï comme adoré par bon nombre de gens. De fait, un chef d’œuvre n’est pas une œuvre ayant fait consensus, sans quoi des œuvres telles que Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu, ou Transformers 4 pourraient l’être à très juste titre.

Serait-ce alors une œuvre répondant à des critères précis ? Un film qui inlassablement après les années conserve la même grandeur, la même saveur, la même aura, alors que d’autres films de la même époque finissent aux oubliettes ?

her-sharknado-affichesMais avant tout, ne serait-ce pas simplement la qualité d’un film de coller parfaitement aux attentes qu’il génère ? Her, dernier film de Spike Jonze narrant avec émotion et réalisme la vision d’un futur où le contact social a presque disparu, donnait ainsi à voir exactement ce qu’il promettait ; à savoir une œuvre profonde, belle, touchante, triste et étonnamment introspective à l’heure où les smartphones et les nouvelles technologies envahissent notre quotidien et nous asservissent littéralement.

Dans un registre tout autre, le désormais célèbre DTV Sharknado, contraction de shark aka Requin et Tornado aka Tornade, promettait un divertissement décomplexé, tourbillonnant dans un flot de niaiseries et d’absurdités que même Uwe Boll n’oserait pas filmer. Et pour cause, voir une tornade de requins se diriger sur une ville côtière n’est pas franchement quelque chose de très intelligent et surtout de rationnel ! Pourtant, ce film est encore une fois ce qu’il propose ; à savoir un divertissement WTF en mode brain-off movies, teinté d’un profond élan d’héroïsme, de connerie et de tension made in USA.

Doit-on comprendre alors que les nanars, dans lesquels se place allègrement Sharknado et sa suite appelée sobrement Sharknado 2, peuvent aussi bien être considérées comme des chefs d’œuvres que des films tels que Le Parrain ou Apocalypse Now ? Là est toute la question. Car un chef d’œuvre est comme dit précédemment, la meilleure œuvre de son auteur ou bien la meilleure œuvre de son genre. Ainsi, on peut aisément classer Apocalypse Now, Platoon ou Voyage au Bout de l’Enfer au rang de chef d’œuvres, tant ces derniers en plus de proposer un divertissement, rendent compte de la sauvagerie de la guerre, et du rôle qu’elle peut jouer sur la santé physique et mentale des personnes y participant. Pourtant, à l’inverse de Sharknado, ces films sont réalisés pour transmettre un message, transmettre une émotion, transmettre quelque chose qui dépasse le statut de film qu’ils revêtent. Ainsi, la réelle chose qui distingue les chefs d’œuvres aux bons films est leur capacité à s’effacer, à effacer leur statut d’œuvre, et à devenir quelque chose de plus grand, de plus fort, de plus mémorable qu’un simple film. Une image ? Une pensée ? Quelque chose d’inoubliable ? Un condensé de ces 3 choses apparaît peut-être comme la chose la plus appropriée tant les chefs d’œuvre sont rares.

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Ainsi, peu surprenant de voir que des films tels que ceux cités auparavant ont eu la faveur de se voir nommer chef d’œuvre, tant de par des partis pris de mise en scène, des ambiances, des dialogues, ceux-ci ont su dépasser leur statut de film et devenir une œuvre caractéristique d’une époque, d’un état d’esprit ou d’un message. Prenez la réplique endiablée de Samuel L. Jackson citant Ezéchiel avant de sèchement refroidir un voleur dans Pulp Fiction ; les frasques du lieutenant Kilgore dans Apocalypse Now lançant des cartes à jouer sur des soldats vietnamiens morts et déclarant apprécier l’odeur du napalm au petit matin, la réplique devenue culte de Robert de Niro contemplant sa glace et lançant le fameux Are you talkin to me ? dans Taxi Driver.

Ces moments de grâce que le 7ème art a su nous offrir depuis sa création, ces moments ou le spectateur trop heureux de profiter de moments jouissifs teintés de cynisme que le film lui donne, ces moments ou le spectateur sent qu’il assiste à quelque chose d’unique, de majestueux, sont ainsi les marques du chef d’œuvre. Des marques qui ne sont soumises à aucunes règles, aucunes procédures, aucune recette. Des marques qui à l’instar de la chance ne peuvent être forcées.

Ce qui fait qu’un chef d’œuvre puisse être considéré comme tel est aussi sa propension à disposer de nombreuses pistes de compréhension. Comme le dit ainsi Jean-Pierre Richard, écrivain et critique français : « le chef-d’œuvre, c’est justement l’œuvre ouverte à tous les vents et à tous les hasards, celle qu’on peut traverser dans tous les sens ». Ainsi, les chefs d’œuvres sont des œuvres donnant à voir selon les jours, l’humeur, la culture des personnes la regardant un sens nouveau. Ainsi, Inception, La Grande Aventure LEGO, Platoon figurent dans cette liste tant la fin du thriller SF de Nolan laisse le spectateur face à plusieurs sens possibles, le film d’Oliver Stone apparait à la fois comme un film sur la sauvagerie et la renaissance et La Grande Aventure LEGO comme un film bourré de références ou un simple film pour enfant.
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Mais ce qui assurément demeure la marque des chefs d’œuvres est sans doute la dose d’inspiration qu’ils fournissent aux cinéastes d’aujourd’hui. Que ça soit un plan, un objet, le nom d’un personnage, une musique, ou bien un accessoire, les chefs d’œuvres sont la race de films qui quelque que soit leur date de sortie, continuent d’inspirer les cinéastes de tout poil, biberonnés par ces œuvres et souhaitant plus tard leur rendre hommage. Le Lauréat (The Graduate) de Mike Nichols sorti en 1967 possède ainsi un plan d’ouverture montrant Dustin Hoffman, pas encore sur les feux de la rampe, dans un aéroport se mouvant à la vitesse d’un tapis roulant, n’effectuant aucune mimique, aucun geste. 30 ans plus tard, un certain Quentin Tarantino, cinéaste reconnu pour ses références nombreuses et variées choisira d’ouvrir son Jackie Brown de la même manière, avec Pam Grier, sur un tapis roulant regardant au loin comme elle le ferait devant une journée monotone qui s’offre à elle. On pourra citer aussi l’influence qu’a eu Steven Spielberg sur Bryan Singer (X-Men Days of Future Past, Walkyrie), qui avec son mythique Les Dents de la Mer donnera au réalisateur de The Usual Suspects, le nom de sa boite de production Bad Hat Harry (ndlr : il s’agit d’une réplique prononcée par Roy Scheider).

De fait, résumer et définir ce qui est sans doute l’un des plus forts sujets à controverse dans des débats de cinéphiles, reste et restera, sans doute une question insoluble, le genre de questions à laquelle le monde ne souhaite pas la réponse, tant celle-ci casserait le mythe, casserait l’éternelle inconnue qui veut que tel film sera un chef d’œuvre et tel film un navet, et casserait la dynamique qui veut que personne, ni même Spielberg, ni même un étudiant de cinéma lambda n’est à l’abri de réaliser un chef d’œuvre.

Ainsi un chef d’œuvre consiste en un mélange savamment orchestré de chance, d’ambition et d’intelligence. 3 conditions essentielles pour faire un film qui peut asseoir la domination d’un réalisateur sur un genre bien précis ou bien le cantonner au succès de son meilleur film.

Mais comme le dit si bien Jean-Luc Godard : Quand on va au cinéma, on lève la tête, quand on regarde la télévision, on la baisse. Preuve effarante, que la chance joue pour beaucoup dans le processus d’élaboration des chefs d’œuvres tant regarder le ciel et attendre une intervention divine ou quoique ce soit d’autre est peut-être l’ingrédient unique pour faire et donner au monde des œuvres immortelles !

 

Palma Real Motel de Aarón Fernandez : Critique du film

Critique Palma Real Motel

Synopsis : Sur la côte de Veracruz, Sebastian, 17 ans, doit reprendre seul la direction du petit motel de son oncle. Il loue les chambres à l’heure à des couples adultères et des amants de passage. Parmi eux, une belle jeune femme, Miranda, vient régulièrement retrouver un homme marié qui lui fait souvent défaut. Pendant ces heures creuses, Sebastian et Miranda font peu à peu connaissance et laissent s’installer entre eux une troublante complicité.

Lost in Mexico

Comment peut-on faire pour tuer le temps lorsqu’on a 17 ans, et qu’on est responsable du motel de son oncle ? Surtout lorsque le bâtiment en question est un sordide hôtel de passe dans lequel se retrouvent couples illégitimes, amants d’un soir et clients de prostituées. Pas le meilleur endroit pour grandir, donc, surtout à cet âge un peu ingrat où les hormones vous travaillent. On n’est pas sérieux quand on a 17 ans. Pourtant, de ce postulat de départ, Aarón Fernandez parvient à tirer une histoire d’amour désabusée empreinte de douceur et de sincérité, à peine plus qu’une parenthèse désenchantée dans un quotidien morose.

Deux êtres que tout oppose

On retrouve ici le point de départ classique d’un grand nombre d’histoires du même genre. Deux personnages de deux milieux différents, dont on ne sait au final pas grand chose, et que les circonstances vont finir par rapprocher. On pense forcément à Lost In Translation, le chef d’œuvre de Sofia Coppola, même si la différence d’âge est ici inversée. Sebastian, 17 ans, voit donc Miranda, 30 ans, une jeune femme rêvant d’une vie meilleure, se morfondre en attendant son amant. La solitude les rapproche, et leurs corps finiront par s’unir. Ce n’est ni cru, ni sordide. Ce n’est pas particulièrement beau non plus. Ce n’est qu’un simple acte entre deux gens perdus, qui ne savent finalement pas comment tuer ces heures mortes qui sont le titre du film en version originale.

L’ambiance autour du film, la lourdeur de l’atmosphère, et les détails de l’ambiance sont la force du film, qui ne manque pas de bonnes idées, mais peut-être d’un peu de profondeur. Quelques instants de grâce mélancoliques illuminent la pellicule ici ou là, laissant comme une aura de lueur au milieu de la sueur et de la crasse ambiante. On aurait tout de même aimer en savoir plus sur les personnages, non pas leurs motivations, qui se suffisent à elles mêmes, mais leur histoire, leur personnalité, ce que Coppola parvenait à faire en quelques plans et répliques et que Fernandez tente de reproduire sans toujours y parvenir. La plupart des scènes semblent anecdotiques, et font du coup basculer le film et le spectateur hors de l’ornière, avant de l’y renvoyer à nouveau grâce à une séquence mieux maîtrisée.

La fin est belle, presque poétique, déclenchant une vraie émotion par un simple sourire. Et résume tout ce que le film aurait pu être, une lueur d’espoir et de beauté dans un oasis de stupre. Le sujet est fort, et aurait pu donner un grand film. Il ne le sera que par moments, mais ces moments valent largement de découvrir Palma Real Motel.

Fiche technique – Palma Real Motel

Français, Mexicain
2014
Romance, drame
Réalisateur : Aarón Fernandez
Scénariste : Aarón Fernandez
Distribution : Kristyan Ferrer (Sebastian), Adriana Paz (Miranda), Eliseo Lara Martinez (Jacinto)
Directeur de photographie : Javier Moron
Monteur : Ana Laura Calderon
Compositeur : Camilo Froideval
Producteurs : Aarón Fernandez, Christophe Bouffil, Fred Premel
Production : Santa Lucia Cine, Tita Productions
Distributeur : Urban Distribution

Auteur de la critique : Mikael Ying

Le Capitaine Flam ressuscité

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Interview du jeune réalisateur David Guivant

Genèse d’effets visuels par des passionnés fauchés 

Du fin fond de l’univers, à des années et des années-lumière de la Terre, veille celui que le gouvernement intersidéral appelle quand il n’est plus capable de trouver une solution à ses problèmes, quand il ne reste plus aucun espoir : Le Capitaine Future.

Cela vous évoque un souvenir d’enfance peut-être ?

Afin de rafraîchir votre mémoire, CinéSériesMag vous invite à découvrir le générique de série TV, pilote du nouveau projet Captain Future du jeune réalisateur Néo-Calédonien DAVID GUIVANT, inspiré des romans d’Edmond Hamilton, ainsi que du dessin Japonais animé culte, Capitaine Flam.

Le court-métrage est une suite logique de l’aventure et se déroule cinq ans après les événements des romans et des dessins animés. Il ne s’agit donc pas d’un remake.

Captain Future Tv Show (Pilot Episode – Director – Conceptual Artist and vfx)

CAPTAIN FUTURE FILM 2014 ( PILOT EPISODE OPENING CREDITS ✰ WEB TV SERIES ✰ FAN MADE ) from DAVID GUIVANT on Vimeo.

CSM a eu la chance de dialoguer avec ce jeune réalisateur prometteur, afin de mieux appréhender la réalisation de son teaser et la genèse de ses effets spéciaux. Voici une discussion édifiante:

1) Bonjour David, peux-tu nous présenter brièvement ton parcours artistique ?

david-guivant-realisateur-captain-future« Bonjour, Je suis David Guivant, je viens de Nouvelle-Calédonie. Je suis un ancien enseignant en Arts Appliqués avec une formation de Graphic Designer à Singapour et ensuite à Brisbane.

J’ai réalisé à l’époque 1999-2005 des tradings cards de G.I. Joe, Transformers, XXX, GEN 13, 4 fantastiques, Starman et Birds of Prey. J’espère pouvoir travailler un jour pour des studios de cinéma comic books, animés, mangas, jeux de rôles et trading cards.

J’ai toujours été fasciné par les effets spéciaux. En 2006, j’ai achevé un court-métrage indépendant, une adaptation personnelle de la Bande Dessinée L’Invincible Iron Man TV Show, diffusé sur le net en Décembre 2007 (sorti 4 mois avant la version de Jon Favreau, tourné sur les quais de Nouméa et dans une mezzanine)

Le succès de la saga Star Wars m’a incité par la suite à réaliser avec mes amis : George Lucas : Legend of The Force, relatant le rencontre entre 2 légendes du cinéma, Spielberg et Lucas, ainsi que Prime of the Jedi, une suite fictive (tourné à Yaté, Fort Tereka / Nouville, Mont-Coffin, Mont venus…)

Après une incursion dans Star Wars, je suis passé à l’univers de Marvel. Grace à Invincible Iron Man et un début de Captain Future Capitaine Flam, j’ai pu intégrer la Digital Animation & Visual Effects school, à Universal Studios / Orlando. Durant ma formation, j’ai pu participer à 2 projets : Anthro du réalisateur Aristomenis Tsirbas, et Star Wars the Solo Adventures mettant en scène Chewbacca ; Han Solo a gagné le prix du meilleur court-métrage animé au concours de Fan films à Celebration V, la plus grosse convention de Star Wars de la planète, dont le juge était le grand George Lucas lui-même !

Suite à cette aventure, j’ai eu l’opportunité d’enseigner le dessin, la peinture ainsi que le logiciel After Effects à l’institut Universitaire Polytechnique de Singapour. Je viens juste d’achever Captain Future. »

2) Depuis quand remonte ta passion des mangas japonais? Lesquels ont bercé ton enfance, t’ont le plus inspiré ?

captain-future-man-of-tomorrow« Je suis un grand fan de dessins animés Japonais depuis ma plus tendre enfance. J’ai bien sûr grandi en regardant Récré A2, le Club Dorothé dans les années 80s avec le Capitaine Flam, Goldorak, Albator, Judo Boy, Saint Seiya, Dragon Ball, L’empire des 5, Cobra, etc…  Effectivement, le Capitaine Flam est celui qui m’a le plus inspiré. Tous ces dessins animés diffusés sur notre seule et unique chaîne TV en Nouvelle-Calédonie, nous ont ouvert les yeux sur un autre monde.

Ensuite les années 90s et quelques voyages culturels vers le Japon (grâce à mon père), m’ont fait découvrir qu’il y existait une myriade de mangas et dessins animés. J’ai découvert Appleseed, Gundam, PatlaborBubblegum Crisis, Ad Police, Macross, Madox-01, Megazone 23, Venus Wars, Akira …. Pour en citer quelques uns. J’adore les avions de chasse donc on va dire Macross reste au top ! Bubblegum Crisis aussi reste un de mes préférés, par Shinji Aramaki : j’ai découvert de superbes designs de Mecha ainsi que des histoires plus mûres que ce que nous offraient les dessins animés Américains destinés à un public plus jeune. »

3) D’où t’est venue cette idée originale de « ressusciter » le Capitaine Flam ? Un projet de long-métrage peut-être ?

captain-future-captain-flam« Après notre aventure dans une galaxie très lointaine et Marveliene, mes amis et moi, étions aussi intéressés par l’univers des dessins animés Japonais ainsi que les tokusatsus. (Sharivan, Shaider, GabanKamen rider )

Une compagnie de publicité espagnole avec des moyens plus conséquents, avait fait un petit coup de publicité en réalisant un fan film Albator, ainsi que les Italiens avec GoldorakPersonne d’autre n’avait fait Capitaine Flam. A notre tour, les Français de montrer notre savoir faire. Nous avons fait des recherches et sommes tombés sur Capitaine Flam.fr dont le webmaster Pascal Refloch avait compilé une vaste somme d’information sur le personnage et ses diverses origines. A notre grande surprise, nous avions découvert que Capitaine Flam s’appelait en faite Captain Future et qu’il était adapté librement des romans pulp Américains.

La Toei s’etait inspiré de Robert Redford pour le visage de Captain Future, tout comme Cobra avec Belmondo. Les vaisseaux eux même aussi inspirés par 2001 l’Odyssée de l’espace, sans oublier Star Wars d’où le costume de Flam similaire aux Stormtroopers. J’ai justement pu rencontrer la Toei lors du festival D’Annecy en 2012, où j’ai pu leur montrer quelques séquences de Captain Future. Ils ont trouvé cela très sympa.

Je ne pouvais pas adapter Flam sans ignorer le matériel original, or il se trouve que Captain Future possède des looks aussi diversifiés selon les pays dans lesquels il a été publié.

Mon projet est donc une suite logique dont les aventures se déroulent 5 ans après les événements décrits dans les romans ainsi que les dessins animés.

Ma version du Capitaine Flam, bien qu’une suite (Captain Future) est plus proche du roman original, avec un petit clin d’œil au dessin animé Japonais de notre enfance. J’ai conservé certaines couleurs pour les costumes. Dans le roman Joan est brune, je l’ai gardé en blonde comme dans le dessin animé. Le vaisseau original, Le Comet, est similaire à celui qui est dans le roman.

Effectivement comme le réalisateur Français Alexandre Aja qui projette de réaliser un film de Cobra, j’aimerais bien que ce projet devienne un jour un long métrage. Pour l’instant mes Fan Films à but non lucratifs sont programmés bientôt pour une projection à divers festivals et conventions. »

4) Quelles sont les difficultés que rencontre un jeune réalisateur pour émerger, se faire connaître ? Tu nous as spécifié que tu avais réalisé ces courts-métrages sans budget. N’est-ce pas parfois difficile voire décourageant ?

partie-2-effets-visuel-captain-flam« Ne possédant aucun budget pharaonique ou de matériel professionnel, les cinéastes amateurs voulant captiver l’attention des studios dans le but de décrocher un emploi dans le milieu cinématographique, font généralement des courts-métrages eux mêmes comme Steven Spielberg (avec le court-métrage Firelight) à ses débuts, avant de décrocher un poste à Universal Studios pour réaliser un épisode de Columbo. D’après son complice George Lucas, « Steven pouvait faire voler des avions à hélices qui se déplaçaient plus vite que la vitesse de la lumière comme des vaisseaux« …

Effectivement lorsqu’on habite en Nouvelle-Calédonie, il n’y pas grand monde qui vous prend au sérieux, même après avoir déjà réalisé quelques courts-métrages dont Star Wars et Iron ManIl ne faut pas se décourager et avoir foi en DIEU. Mes projets sont en général des courts-métrages à but non lucratifs réalisés sans aucun budget mais avec le cœur à l’ouvrage et beaucoup de passion !

Le tournage s’est déroulé  entièrement en Nouvelle-Calédonie en 2008 au Lycée Blaise Pascal dans une salle d’histoire/géo transformée en plateau de cinéma pour l’occasion. Beaucoup d’humour et de rigolade lors de cette aventure, avec un caméscope mini dv et un budget de 750 Euros de ma poche et celle du Sculpteur Abel Lasserre qui a fabriqué l’armure du Capitaine Flam, et auparavant celle de Boba Fett sur mon projet Star Wars Prime of the Jedi.

court-metrage-captain-futureL’acteur Paul Lasserre, qui fut le premier homme à interpréter Tony Stark en live dans mon court-métrage Iron Man, troque son armure de vengeur contre celle du Capitaine Flam. Abel Lasserre est également de retour dans le rôle de l’androïde Otho et s’est rasé le crane pour incarner fidèlement le personnage. Frédéric Lasserre, nouveau venu, incarne le Marshal « Starwolf » Ezra, chef de la police intergalactique, croisement entre un Jack Palance et un Lee Van Cleef futuriste. Le Capitaine Flam est aussi entouré son fils adoptif Ken (Loup Paolo Courdent) sa douce amie Joan Randall (Tehani Jeandot), la Comtesse Cydonia (Valentine Ollivaud), la Princesse Inana (Ophélie Matkovic) ainsi que la reine Thiamat (Nania Turpin).

Nous avons fait la connaissance aussi d’autres personnes, tous fans de dessins animés Japonais (Récré A2 + Club Dorothée) dont Julien, Nathanael, Françoise, Eric, Gilbert, Kenny, Patrice…. tous les assistants qui sont venu se greffer à notre équipe.

5) Concernant les effets spéciaux notamment, lorsque l’on utilise les moyens du bord pour tourner, on est obligé d’être malin et futé. Peux-tu nous livrer quelques astuces de tournage, quelques anecdotes rigolotes, qui t’ont permis de faire des économies et de mener ton projet à terme ?

« Nous avions voulu le faire façon Tokusatsu avec un costume et une armure physique  (Façon X-OR) qui a été bel et bien fabriquée. Mon ami Sculpteur Abel Lasserre qui a autrefois fabriqué une armure de Boba Fett et Dark Vador, s’est attelé à la tache.

effets-visuel-partie-1-captain-flamLa post-production a été entièrement réalisée en 2D (aucune 3D n’a été utilisée), suivant les traces du réalisateur Kazuaki Kirya (Casshern, Goemon), où le monde réel et le manga se fusionnent entre eux. Les logiciels Photoshop et After Effects sont utilisés pour les trucages.

On a soigneusement étudié les épisodes de San Ku Kai, X-or et lors de mes voyages à l’étranger, j’ai pu ramener quelques storybooks de Kamen Rider 555(achetés dans les Kinokuniya bookstores de Singapour), pour pouvoir créer notre propre armure du Capitaine Flam. Par contre, nous nous sommes heurtés aux mêmes problèmes que toutes les armures, les mouvements restent très limités pour l’acteur. Pour le tournage nous avons donc opté pour une combinaison de plongée (appartenant à l’acteur lui même) recouverte de morceaux de feuilles brillantes.  Pour la lampe façon Iron Man sur son torse, j’ai pris un tuperware collé sur son torse. Le costume de Mala a été fait avec du tissus bordeaux, pour la partie cuir ; notre costumière Marie-Thérèse qui a l’habitude de faire des costumes pour ses enfants cosplayers, a tout simplement découpé une petite partie de son canapé (façon Tokusatsu fauché)

Le monde de Captain Future est entièrement composé de textures organiques. Notre savoir faire limité sur les tokusatsus m’a poussé de voir du côté de l’Amérique ! Pourquoi pas combiner le savoir faire de plusieurs cultures ? Après tout, l’équipe de George Lucas a elle même utilisé des pommes de terre pour les astéroïdes de l’Empire Contre Attaque ! Pourquoi pas nous? Une boule de glace vanille sert de planète, les astéroïdes dans un des plans, sont en faite des nuggets de poulet ; des crêpes fabriquées maison, servent de texture pour les paysages déserts et lunaires de la base spatiale du Capitaine Flam. L’effet d’hyper espace est obtenu en appliquant un flou radial (en mode Zoom) sur des feuilles de salades. Mon ami Alain Weihsbach photographie de nombreux insectes et m’a refilé quelques unes de ses photos dont les textures composent l’armure de la Princesse Inana. Le look final de nos héros intègre divers éléments comme des morceaux de moulinets de pêche, ainsi que des morceaux de caméscopes. (moulinets achetés dans un magasin de pêche à Shimbashi au Japon). Il faut savoir qu’en Nouvelle-Calédonie, nous aimons beaucoup la chasse, la pêche, la plongée sous marine… Notre environnement nous offre des paysages adéquats pour ce genre d’activités surtout notre magnifique lagon bleu qui nous offre du poisson frais. En utilisant le moulinet de pêche de ma mère pour la confection de l’armure digitale de Flam, je rends hommage à mes parents ainsi qu’à la Nouvelle-Calédonie en quelque sorte. Finalement je me suis senti faire du Tokusatsu mais de façon digitale !

Voilà donc quelques astuces qui démontrent comment on peut réaliser un mini court-métrage sous forme de teaser pour un budget dérisoire, sans crowd funding, tout en rendant hommage à notre dessin animé d’enfance ainsi qu’à l’auteur original. »

6) Dans ton teaser, David, il n’y a pas de dialogues. Est-ce un choix délibéré ou plutôt une contrainte ?

« Effectivement, on n’a pas les moyens adéquats, ni une équipe pour la bande son. Il faut rappeler aussi que nous sommes en Nouvelle-Calédonie, où il y a plus de poissons dans l’eau que d’habitants sur cette île. Rassembler des gens autour d’une passion et d’un projet de cette envergure relève plus du miracle que de l’exploit !

Une des personnes de l’industrie Américaine qui passe en revue nos démos à la Digital Animation and Visual Effects School et qui est aussi un des juges dans la catégories Effets Visuelles lors des Academy Awards nous dit toujours que c’est mieux de réaliser un fan film sous forme de générique d’ouverture de série tv pilote ou bien une bande annonce (teaser) qui espérons le, pourra captiver l’attention des studios pour en faire un long métrage.

C’est aussi plus attrayant pour un artiste digital aussi de bosser sur des séquences diversifiées qu’offre le format du teaser ou générique de série Tv. D’ailleurs, beaucoup de recruteurs de grands studios coupent le son lors du visionnage de ces démos.

Quand on est seul pour assurer toute la post-production des formats très courts sont les bienvenus. »

7) Enfin quels sont tes projets futurs, tes prochaines aventures, tes envies de réalisation ?

Mon projet suivant est déjà entamé : une adaptation de Module d’Action Secrète Kommando (M.A.S.K de D.C Comics), dessin animé culte des années 80. Le tournage s’est achevé en février 2012, au cas où la prophétie Maya se réaliserait? La sortie devrait avoir lieu en 2016. Les séquences de M.A.S.K seront réalisés avec After Effects et bien évidement le logiciel Nuke !

«  Un grand Merci David ! »

« Un grand merci à CSM d’avoir pu me donner la possibilité de promouvoir un échange culturel en partageant quelques réalisations par des passionnés de ciné, séries TV et dessins animés en provenance du Pacifique Sud. C’est un honneur d’avoir pu montrer à vos lecteurs que l’on peut réussir à adapter (dans la mesure du possible) en live des comics et dessins animés Japonais cultes. Et venez nous rendre visite en Nouvelle-Calédonie !  »

Autres projets du réalisateur DAVID GUIVANT :

– Projet Iron Man :

ANTHRO Du réalisateur Aristomenis Tsirbas ( Mechwarrior et Battle for Terra)

– ✧ CAPTAIN FUTURE VFX 2014 ✧ LES EFFETS VISUELS DE CAPITAINE FLAM ✧

✧ CAPTAIN FUTURE VFX 2✪14 ✧ from DAVID GUIVANT on Vimeo.

– STAR WARS the Solo Adventures

http://vimeo.com/14167844

Tradings cards

Birds of Prey Lithographs

http://vimeo.com/16165092

Transformers Lithographs

http://vimeo.com/16165009

Widevision Trading Cards

http://vimeo.com/16164708

Comic Books Trading Cards

http://vimeo.com/16165587

– Vous pourrez retrouvez les Fan Films de David, à but non lucratif, programmés bientôt pour une projection à divers festivals et conventions:

• Tri-Cities International Fantastic Film 2014 Festival (Washington)

• Gameplay 2014 (Belgique)

• StarGeek Universe 2 (Lyon)

• Shore Leaves 2014 (Baltimore)

• Le Salon de Geeks (2014)

• Salon du Jouet 2014 (Basillac)

• Fed con 2014 (Allemagne) présenté par le journaliste Robert Vogel

• Annecy Off 2014

• Malta Comicon (2014)

 

 

 

 

Rabbit Hole de John Cameron Mitchell : Critique du film

Rabbit Hole aborde un sujet casse gueule par excellence, qui peut engendrer des films répugnants et tire larmes, la mort étant souvent traitée de façon manichéenne.Tout ceci dans le but de nous guider vers un torrent d’émotions factices où la notion d’analyse et de compréhension est prohibée au profit du spectaculaire.

Synopsis : Huit mois après la disparition de leur fils, Becca et Howie redonnent peu à peu un sens à leur vie. Howie tente de nouvelles expériences, tandis que Becca préfère couper les ponts avec une famille trop envahissante. Contre toute attente, elle se rapproche du jeune homme responsable de la mort de leur enfant. Cette relation étrange va permettre à Becca d’être enfin en paix avec elle-même. 

Quel rapport entretien t’on avec la mort d’un proche ?

Celui ci évite pourtant tous ces écueils et nous livre quelque chose de profondément émouvant, grâce à une mise à distance salutaire et nécessaire. Ce couple qui a perdu son enfant quelques années auparavant dans des circonstances tragiques (il se fait renverser par un adolescent en voulant suivre le chien qui traversait la route), s’efforce de surmonter cette douleur, chacun à sa manière. Becca, interprétée par Nicole Kidman, qui retrouve là un rôle à la hauteur de son immense talent, après plusieurs choix de carrière plutôt douteux, pense pouvoir surmonter cette épreuve en intériorisant cette souffrance et en s’interdisant toute notion de plaisir, par culpabilité. Howie (Aaron Eckhart, subtil et bien plus à son aise dans ce genre de rôle que dans les grosses productions, exception faite de The Dark Knight), pense au contraire pouvoir survivre en gardant en souvenir tout ce qui pourra lui rappeler cette période heureuse de sa vie.

Quel rapport entretien t’on avec la mort d’un proche ? Tel est le vrai sujet du film. Sa force est de refuser toute explication facile et il ne donne à aucun moment raison à telle ou telle approche. Il se contente juste de suivre ce cheminement personnel face à la mort, à travers l’histoire de chaque personnage et celle de leur proche. Tout juste pourrait t’on lui reprocher, pour ne pas céder à cette émotion facile, d’être par instant un peu trop lumineux et en même temps austère, dans sa façon d’aborder cette thématique d’un point de vue trop analytique. Néanmoins, il convient de souligner le traitement fin et courageux de ce sujet délicat, qui justifie à lui seul, la vision du film.

Fiche technique – Rabbit Hole

Titre : Rabbit Hole
Titre québécois : Trou noir
Réalisation : John Cameron Mitchell
Scénario : David Lindsay-Abaire, d’après sa propre pièce, Rabbit Hole
Interprétation: Nicole Kidman (Becca), Aaron Eckhart (Howie), Dianne Wiest (Nat), Tammy Blanhard (Izzy), Sandra Oh (Gabby), Jon Tenney (Rick)…
Photographie : Frank G. DeMarco
Montage : Joe Klotz
Musique : Anton Sanko
Production : Nicole Kidman
Distribution : Lionsgate
Pays d’origine : États-Unis
Format : 35 mm
Genre : Drame
Durée : 91 minutes

Auteur de la critique : Le Cinéphile Dijonnais

 

Musique : Nos étoiles contraires – La BO

Musique : Nos étoiles contraires

the-fault-in-our-stars-etoiles-contraires-musiqueLa musique dans un film est un personnage, une peinture sonore, elle créée l’ambiance d’un film, et apporte le frisson émotionnel… Dans le film Nos Étoiles Contraires (ou The Fault In Our Stars en v.o) adapté du roman du même nom de John Gree et réalisé par Josh Boone, dont c’est  le second film, le premier étant Stuck in Love, la musique illustre ici un amour touchant, sincère et tendre.

On retrouve Ed Sheeran avec “All Of The Stars”, dont ce n’est pas la première incursion dans le cinéma, puisqu’en 2013, il a composé pour le film, Hobbit: La Désolation De Smaug, la chanson I See Fire. Une BO à la tonalité mélancolique et aux sons envoûtants. Dans la BO du long métrage qui sortira en salles le 20 août prochain, les artistes suivant participèrent également : Jake Bugg – Simple As This, Grouplove – Let Me In, Birdy –Tee Shirt, Kodaline – All I Want, Tom Odell – Long Way Down, Charli XCX – Boom Clap, STRFKR – While I’m Alive, Indians – Oblivion, The Radio Dept. – Strange Things Will Happen, Afasi & Filthy – Bomfallerella, Ray LaMontagne – Without Words, Birdy – Not About Angels, M83 – Wait, le groupe a lui aussi déjà participé à la BO de films, il a composé entre autres StarWaves pour le film Oblivion, Birdy & Jaymes Young – Best Shot et la jeune chanteuse Lykke Li, une voix incroyable dans une ballade avec No One Ever Loved.

Nos étoiles contraires dont voici la critique en avant-première, est porté par Shailene Woodley et Ansel Elgort (tous deux à l’affiche de Divergente), ils interprètent Hazel Grace et Gus, deux adolescents hors-normes, partageant un humour ravageur et le mépris des conventions. Leur relation est elle-même inhabituelle, étant donné qu’ils se sont rencontrés et sont tombés amoureux lors d’un groupe de soutien pour les malades du cancer.

Voici quelques chansons illustrant Nos étoiles Contraires

Ed Sheeran – All Of The Stars

The Radio Dept.- Strange Things Will Happen

Indians – Oblivion | The Fault In Our Stars

The Fault In Our Stars I Charli XCX – Boom Clap

M83 – Wait

Birdy – Not About Angels

The Fault In Our Stars I Lykke Li – No One Ever Loved

La musique est composée par Mike Mogis & Nathaniel Walcott (Bright Eyes) dont voici un morceau intitulé simplement Okay

Soundrack list Nos étoiles contraires

1. Opening Titles – 2. Hazel Intro – 3. Hazel Checkup – 4. Hazel and Gus Intro-Staring – 5. Always – 6. Young Hazel Montage – 7. Cold Hands – 8. The Thing About Pain – 9. Letter to – an Houten – 10. Okay – 11. Hazel X-Ray – 12. Funky Bones – 13. Surprise – 14. Hazel Emergency – 15. Doctor Says No – 16. One Sad Swingset – 17. Thanks for Understanding – 18. Mom and Hazel – 19. I Love You – 20. Disappointment – 21. Anne Frank House – 22. The Kiss – 23. Love Making – 24. Christmas Tree – 25. Buying Eggs – 26. Ambulance – 27. Funky Bones 2 Pt. 1 – 28. Funky Bones 2 Pt. 2 – 29. Isaac Eulogy – 30. Hazel Eulogy – 31. The Great and Terrible 10.

 

 

Le Rôle de ma vie de Zach Braff : Critique du film

Il y a déjà une décennie, Zach Braff, essentiellement connu pour son rôle de médecin déjanté dans l’excellente série Scrubs, se révélait au monde comme un superbe réalisateur, dans Garden State. Dix ans après, le revoilà derrière la caméra pour son second film, Le Rôle de ma vie. Ce dernier aura mis du temps à voir le jour, et a même dû compter sur le soutien de ses fans via une campagne de crowdfunding sur la plate-forme Kisckstarter. Beaucoup de temps et d’effort, donc, pour un réalisateur qui a déjà acquis le statut de culte en un seul film.

Synopsis : Pour sauver son couple, renouer avec son frère et rassembler toute sa famille autour de son père qui vient de tomber malade, Aidan devra tour à tour changer de mode de vie, délaisser son rêve de comédien et partir à l’aventure de la vie d’adulte. Entre Los Angeles, le désert californien et ses propres rêves, saura-t-il trouver le véritable rôle de sa vie ?

Garden State 2 : 10 ans après

Car à travers Garden State, Zach Braff avait su faire preuve d’une grande sensibilité dans sa mise en scène, créant un univers poétique et absurde, empreint d’une certaine nostalgie de l’enfance. Le Rôle de ma vie, en ce sens, pourrait être la suite des aventures d’Andrew Largeman, le personnage principal. Le film est à nouveau centré sur un acteur raté tentant désespérément de s’accrocher à ses rêves, et qui a du mal à se faire à sa vie d’adulte responsable. Le thème de la famille est cette fois au cœur du scénario, ainsi que celui de la construction de l’identité. Et l’on retrouve une nouvelle fois le père absent.

On pourrait craindre un goût de réchauffé, mais il n’en est rien. Braff parvient à conserver son univers et à le développer à travers ce père de famille, confronté à la maladie de son propre père et donc à sa place dans cette famille sur trois générations. Le réalisateur a grandi, son propos a pris en maturité, mais son écriture reste toujours aussi fraîche et empreinte d’une humour délicieusement absurde. On regrette toutefois quelques longueurs dans le scénario, qui s’égare parfois et semble chercher son propos vers la fin du film, se perdant dans des sous-intrigues qui nuisent au rythme de l’ensemble.

Pour son grand retour à la mise en scène sur grand écran, Zach Braff retrouve l’empreinte qui avait tant marqué les spectateurs dans Garden State. Rien de particulièrement novateur à la réalisation, mais une ambiance toujours aussi légère. Il prête une nouvelle fois ses traits au personnage principal, auquel il imprime une nouvelle fois sa personnalité. Tel Woody Allen, il se crée ainsi un avatar sur pellicule, qui n’est à chaque fois jamais le même, sans être toutefois différent. Braff sait aussi s’entourer, et son duo avec Kate Hudson fait merveille, tant l’alchimie entre les deux rayonne à l’écran. Il a également fait appel à quelques uns de ses amis, et c’est avec plaisir que le fan de Scrubs verra apparaître quelques visages familiers.

Sans atteindre la force émotionnelle ou la maîtrise d’un Garden State auquel il sera immanquablement comparé, Le Rôle de ma vie confirme Zach Braff comme un réalisateur à l’univers très personnel, riche en émotions et doté d’un humour léger et décalé. Il est juste regrettable qu’il ne soit pas plus souvent sollicité. Vivement 2024.

Fiche technique – Le rôle de ma vie

Comédie – Américain – 2014
Réalisateur : Zach Braff
Scénariste : Zach Braff, Adam Braff
Distribution : Zach Braff (Aidam Bloom), Kate Hudson (Sarah Bloom), Mandy Patinkin (Saul Bloom), Josh Gad (Noah Bloom), Joey King (Grace Bloom), Pierce Gagnon (Tucker Bloom)
Directeur de la photographie : Lawrence Sher
Monteur : Myron Kernstein
Compositeur : Rob Simonsen
Producteurs : Zach Braff, Adam Braff, Michael Shamberg, Stacy Sher
Production : Worldview Entertainment, Double Feature Films
Distributeur : Wild Bunch Distribution

Auteur de la critique : Mikaël Yung

Lucy, un film de Luc Besson : Critique

Lucy : Un millefeuille de références totalement décousu !  

Quelques mois seulement après Malavita, adaptation du roman de Tonino Benacquista transformé en hommage complètement raté à tout un pan de la filmographie mafioso-scorsesienne, Luc Besson est de retour avec un « scénario » de son propre cru : Lucy ; ou l’histoire d’une étudiante pris au piège par des narcotrafiquants coréens, la forçant à transporter une drogue expérimentale dans son abdomen, et qui va la voir se disséminer dans son organisme, lui donnant ainsi accès à la totalité de ses facultés cérébrales.

Drogue expérimentale ? Faculté cérébrales accrues ? Les plus cinéphiles remarqueront sans doute aisément la trame du récent Limitless de Neil Burger, porté à l’écran par le fringuant Bradley Cooper, qui lui aussi transposait dans un thriller énergique et énigmatique, le destin d’un homme ordinaire voyant ses facultés cérébrales et intellectuelles se développer considérablement après ingestion d’une mystérieuse drogue. 

Bien qu’empruntant la même thématique SF à la fois délirante et terriblement attirante, Limitless et Lucy ne disposaient pas des mêmes attentes, ou des mêmes ambitions.

Car là ou Neil Burger proposait une adaptation libre du roman The Dark Fields d’Alan Glynn tout en y insérant quelques touches de suspense pour en faire un polar cérébral, Luc Besson, grand mogul de l’entertainment hexagonal qu’il ne sert plus de présenter, espérait avec Lucy opérer son grand retour au cinéma en proposant la quintessence de son style, partagé entre son irrépressible désir d’entertainment et sa volonté d’y inclure des histoires aux ramifications et relents philosophiques, intimistes ou personnelles.

Et après s’être égaré à la télévision (No Limit ; New York Taxi) ou dans l’écriture de scénarios aux finitions douteuses (Taken 23 Days To KillBrick Mansions), Besson, personnage assez contradictoire car souhaitant insuffler à ses films une profondeur et une palette d’émotions digne de films indépendants et une jouissance digne de superproduction américaine, s’est entichée de Lucy, femme vouée à devenir la prochaine âme torturée se sacrifiant sur l’autel des éloges panégyriques féminins dressés par ses soins.

Une héroïne, qui fidèle à ses productions précédentes telles que Nikita, Jeanne d’Arc ou Le 5ème Elémentest présentée d’entrée comme faible, de par son statut de femme mais également de par son statut d’étudiante, personne devant encore apprendre avant de prendre son envol et apparaissant comme coincée sous un giron invisible la préservant de la difficulté du monde dans lequel elle évolue. L’absence de renseignement sur les matières étudiées par cette jolie blonde tend d’ailleurs à prouver que Besson, préfère encore une fois s’intéresser au statut des personnes qu’il met en scène, avant d’en dévoiler leurs facettes. En atteste le choix purement improbable de placer Bruce Willis comme héros alors même qu’il n’est qu’un simple chauffeur de taxi dans Le 5ème Elément.

Jeune étudiante un brin fêtarde et fréquentant les mauvaises personnes, la Lucy de Besson, clin d’œil évident à la Lucy, premier fossile féminin découvert par une bande de paléontologues biberonnés au Beatles, soulignant au passage l’aspect quasi matriciel et canonisant de l’hommage qu’il rend à la gente féminine, est jetée sans ménagement dans une intrigue déployée rapidement où un hommage poussif et (trop) appuyé à 2001, l’Odyssée de l’Espace sert d’entame à un film, qui dès son ouverture et les nombreuses bandes annonces présentées, se veut comme le plus abouti de son auteur.

Souhaitant relever le challenge de faire cohabiter dans un seul et même film action et philosophie, tout en cherchant à expliquer de manière concrète et succincte l’Histoire de l’univers et l’évolution de l’homme, Besson, face à la durée de son long-métrage relativement courte, vulgarise au maximum son propos quitte à délivrer un propos erroné, cliché et terriblement banal, là où une dose d’intelligence, et de maturité aurait pu donner la crédibilité sur laquelle s’appuyer pour renforcer la cohérence du film.

Convoquant aisément les origines du monde retranscrites dans le trip spatial que constitue 2001, l’Odyssée de l’Espace et l’aspect théologique et philosophique de The Tree of Life, Besson tente d’atteindre le coté métaphysique que son sujet aux relents théologiques peut contenir, sans pour autant y réussir au vu de sa volonté d’y adjoindre un volet action, qui en plus d’être très mal réalisé, affaiblit grandement la portée du film tant son rôle reste discutable à la bonne avancée du récit et efface le rôle occupée par celle qui donne son nom au film, Lucy.

Effacée, et troquant sa démarche envoûtante pour celle d’un robot déshumanisé, Scarlett Johansson apparaît ici comme la plus froide et inintéressante des femmes passées sous le scope bienveillant de Besson. La faute à un traitement émotionnel et humain quasi inexistant et préférant s’attarder sur les « pouvoirs » dont elle hérite après sa transformation. Dommage que ce gain de capacités ne s’effectue au détriment de ses capacités humaines, tant la voir en action, à la fois surprise et consciente de ses capacités, aurait été sans nul doute la meilleure preuve d’amour de Besson pour la figure féminine.

Voulu comme la renaissance de son auteur après des années de disette, Lucy apparaît davantage comme le reflet d’épuisement de son réalisateur, qui après avoir conjugué à outrance ses plus gros succès, cherche à les reproduire à défaut de posséder le talent ou l’imagination nécessaire pour y arriver.

Lucy : Bande-annonce

Synopsis: A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

Lucy : Fiche Technique

France – 2014
Réalisation: Luc Besson
Scénario: Luc Besson & Co.
Interprétation: Scarlett Johansson (Lucy), Morgan Freeman (Professeur Norman), Choi Min-sik (Mr Jang), Amr Waked (Pierre Del Rio), Pilou Asbæk (Richard), etc.
Genre: Science-fiction, Action
Date de sortie: 6 août 2014
Durée: 1h29
Image: Thierry Arbogast
Décor: Hugues Tissandier
Costume: Olivier Beriot
Son: Stéphane Bucher
Montage: Julien Rey
Musique: Éric Serra
Producteur: Luc Besson, Christophe Lambert, Virginie Besson-Silla
Production: EuropaCorp, TF1 Films Production
Distributeur: EuropaCorp Distribution

 

Winter Sleep, de Nuri Bilge Ceylan : Critique du film

En cinq films sélectionnés à Cannes, Nuri Bilge Ceylan a raflé 5 prix, dont la palme d’or pour Winter Sleep. Avec un tel historique, on peut facilement imaginer que le réalisateur ait constamment la pression de bien faire, et même de succomber à la recherche de la sur-performance, au risque de s’éloigner de son propos artistique initial.

Synopsis : Aydin, comédien à la retraite, tient un petit hôtel en Anatolie centrale avec sa jeune épouse Nihal, dont il s’est éloigné sentimentalement, et sa sœur Necla qui souffre encore de son récent divorce. En hiver, à mesure que la neige recouvre la steppe, l’hôtel devient leur refuge mais aussi le théâtre de leurs déchirements…

Le seigneur des steppes

De fait, ce film peut être qualifié de magistral à bien des égards. Il raconte l’histoire d’un homme ambivalent, Aydin, qui dans une des premières scènes, se fait « caillasser » la voiture par le fils d’un autre homme auprès de qui il vient réclamer des arriérés de loyer. Plus exactement, son intendant Hidayet se soumet à cette basse besogne, tandis que lui reste à l‘écart. Aydin semble interloqué par l’incident. Lui un homme simple, dont le plaisir dans ce matin hivernal est d’aller ramasser des champignons, et de les proposer pour le petit déjeuner aux clients de son cossu hôtel troglodytique de la Cappadoce. Il ne comprend donc pas un tel ressentiment. Du moins est-ce la sensation que le film procure.

Pourtant, sous ces dehors faussement magnanimes, envers ses locataires, ses clients, sa belle et jeune femme qui essaie de se rebeller contre son emprise, Aydin est en fait une personnalité ambiguë, à la fois généreux et intransigeant, sûr de son droit, compréhensif mais composant sans problème avec une conscience de classe. Du désarroi, donc face aux réactions qu’il suscite, mais de la condescendance aussi. Un personnage pas forcément héroïque, pas détestable non plus.

Le film est esthétiquement proche de la perfection. Ce qui frappe en premier sont les images splendides, boostées par une nature ultra-généreuse, la Cappadoce magnifiquement filmée en hiver, en plans larges et étourdissants, en légère plongée, sous la neige, selon les habitudes de Nuri Bilge Ceylan qui déclare aimer filmer la neige par dessus tout. La steppe anatolienne et les chevaux sauvages sont sublimés par le réalisateur, et même les simples scènes d’intérieur éclairées au feu de bois sont remarquables.

Puis il convient de souligner la qualité des dialogues, certes largement inspirés par Tchekov (dont 3 nouvelles ont servi de matériau à ce scénario co-écrit avec son épouse), qui apportent au film beaucoup de dynamisme dans leur succession, ce qui ne laisse aucune place au risque de l’ennui, malgré une durée de film qui fait peur a priori, et un rythme assez languissant, le film n’étant émaillé d’aucune scène d’action. La mise en scène enfin, est d’une fluidité et d’une maîtrise totales, tant aucune scène, aucun décor, aucune parole ne sont laissés au hasard.

Et pourtant, en terme d’émotions, le film n’arrive pas à créer le sublime qu’on serait en droit d’attendre avec un tel niveau de perfection. Certes, la beauté elle-même du film est un vecteur d’émotions, mais on reste à la marge de l’histoire de cet homme. Même les deux personnages féminins, l’épouse Nihal et la sœur Necla ne parviennent pas à nous émouvoir vraiment, leur motivation et la place qui leur est laissée ne sont pas très claires finalement… Peut-être que le « sleep » du titre se traduit par un engourdissement et une torpeur généralisés des personnages qui du coup, ont du mal à convaincre.

Cependant, le jury du festival de Cannes a sans doute pris la bonne décision en attribuant cette palme d’or. Au travers de son discours, le film fait réfléchir sur bien des thématiques. Ces 196 minutes de dialogues presque ininterrompus sont, dans leur majeure partie, axées sur des interrogations entre les différents personnages dont la profondeur est réelle. Ceylan aborde par exemple la violence de classe et son caractère inéluctable, à travers cette très belle scène où le jeune garçon qui a lancé la pierre sur sa voiture, est emmené un peu de force par son oncle (un religieux) chez Aydin pour demander pardon. Aydin lui tend la main d’une manière un peu joueuse, voire moqueuse, pour recevoir une sorte de baiser d’allégeance. Le jeune garçon s’évanouit alors, dans un refus inconscient de l’oppression, déjà une révolte qui ne dit pas son nom.

De même, le film évoque l’éthique comme dans cette longue conversation entre Aydin et sa sœur Necla, l’attitude à adopter face du mal, afin d’emmener le « malfaisant » à un repentir quasi spontané… Il relate également la responsabilité morale d’une figure qui se veut tutélaire comme celle d’Aydin, (auto) érigé en Seigneur de ces lieux, la conduite il devrait tenir par rapport à ses « sujets » … Des sujets importants, traités par les personnages et le réalisateur sur un mode plutôt grave.

Winter Sleep est beau, et est intelligemment construit, ce qui justifie pleinement sa palme d’or.

Fiche technique – Winter Sleep

Winter Sleep (Kış Uykusu)
Turquie – 2013
Réalisation: Nuri Bilge Ceylan
Scénario: Nuri Bilge Ceylan, Ebru Ceylan
Interprétation: Haluk Bilginer (Aydin), Melisa Sözen (Nihal), Demet Akbağ (Necla), Ayberk Pekcan (Hidayet), Serhat Mustafa Kılıç (Hamdi), Nejat İşler (Ismail)…
Date de sortie: 6 août 2014
Durée: 3h16
Genre:
Image: Gökhan Tiryaki
Décor: Gamze Kuş
Son: Andreas Mücke-Niesytka, Thomas Robert, Benoît Gargonne, Lars Ginzel
Montage: Nuri Bilge Ceylan, Bora Gökşingöl
Production: Zeynofilm
Distributeur: Memento Films Distribution

 

Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D., Saison 1 – Critique de la série

Critique : Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D., Saison 1

Synopsis : Après les événements survenus à New York avec les Avengers, l’agent Phil Coulson, qui a survécu à la blessure que lui a infligé Loki, retourne au sein de l’organisation mondiale du maintien de l’ordre, le S.H.I.E.L.D. (Strategic Homeland Intervention, Enforcement and Logistics Division). Il réunit alors une équipe d’agents, extrêmement bien entraînés, afin de s’attaquer aux affaires qui n’ont pas encore été classées ayant trait à l’étrange et à l’inconnu.

Dessine-moi un super-agent

Joss Whedon est un touche-à-tout : co scénariste du film Toy Story, pour lequel il a été nommé pour l’Oscar du Meilleur Scénario Original – et créateur de la série culte Buffy contre les Vampires, il a varié les genres et les styles. De la sitcom (Roseanne) à la science-fiction (Alien, la résurrection) en passant par le film d’animation (Atlantide, l’empire perdu), cet homme talentueux a pris des risques tout au long de sa carrière, et cela a payé. Pas à pas il a gravi les échelons et, avec son Avengers, a réussi à marquer les esprits en proposant une version moderne et créative du film de super-héros. Dès lors, le film deviendra le troisième plus grand succès commercial de l’histoire du cinéma, avec 1,5 milliards de dollars de recettes mondiales. Les studios Marvel ont provoqué un vrai tournant dans sa carrière, et il n’est pas prêt de s’arrêter là. De surcroît, après un rapide retour au film indépendant avec son adaptation moderne de la pièce de Shakespeare Beaucoup de Bruit Pour Rien, Whedon se voit offrir la chance de créer une toute nouvelle série dans l’univers Marvel : Agents of S.H.I.E.L.D.

Diffusée depuis septembre dernier sur la chaîne américaine ABC, la série n’a récolté que de bonnes audiences durant toute l’année. Mais pourquoi ? Retour sur un succès prémédité.

Le récit de Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D. commence quelques temps après la bataille de New York – survenue dans le film Avengers. Depuis, le monde entier se sent comme écrasé par les super-héros ; la population se sent inférieure à ces êtres surnaturels sur tous les points. Mais l’originalité de la série réside dans le fait que l’intrigue ne se concentre pas bêtement sur des super-héros, mais plutôt sur ceux qui les créent, ou qui les ont créés, et essayent de les protéger ; ce sont les vrais héros. Et c’est là où la série puise sa force, puisqu’elle n’a dès lors plus aucune limite. Joss Whedon crée une suite directe à son film : il est donc intéressant de constater le total changement d’ambiance entre les deux univers. Le réalisateur établit – notamment dans le premier épisode – une comparaison fascinante du monde avant et après Avengers.

Au départ, ces agents du gouvernement nous paraissent assez antipathiques : de ce fait, Whedon brouille les pistes et rejette un peu la faute sur ces antihéros atypiques. Avec beaucoup d’humour noir, il dénonce une Amérique trop surveillée, qui empêche les gens de s’épanouir. Évidemment, on sent l’influence d’Orwell sur le style du scénariste. Joss Whedon est un vrai conteur : subtilement, il réussit à moderniser le roman dystopique de l’auteur britannique, en y apportant toute la magie des films Marvel. 

Dans les films que nous ont pondus les studios Marvel ces dernières années, il nous manquait toujours quelque chose : on sentait les réalisateurs comme freinés dans leur élan, condamnés à réaliser des films sur des super-héros aux univers pas forcément intéressants, contraints de se contenter de deux heures pour satisfaire le spectateur. Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D. réussit là à repousser les limites du genre et étale son histoire sur une vingtaine d’épisodes (pour l’instant) de 40 minutes chacun. En livrant certains épisodes stressants ou tristes, et d’autres teintés d’humour, la série explore de nombreuses facettes de l’univers filmique, tout en gardant son unicité. Whedon multiplie les références aux films Marvel (Iron Man 3, Captain America 2, Avengers, Spider-Man) mais fait aussi des allusions à la société américaine d’aujourd’hui. On voit tout de suite plus de liberté, et la série parvient à mêler des éléments des différents films à l’intrigue principale de chaque épisode. Un vrai travail sur les relations entre les personnages est d’ailleurs mis en place, et contribue ainsi au dénouement de certaines enquêtes. Jonglant entre science-fiction et série policière, MAOS propose un patchwork de premiers épisodes indépendants – comme de petites nouvelles tirées d’un recueil – pour ainsi recoller les morceaux du puzzle, qui constituent la trame de l’histoire principale.

Entre mythe et réalité

À partir de l’épisode 8, la série prend une toute autre dimension. Whedon, après avoir présenté un panorama détaillé de l’univers, se focalise enfin sur ses personnages. Tandis que cet épisode situe son histoire quelques instants après le final de Thor : Le Monde des Ténèbres, on découvre de nouvelles facettes de nos personnages. Ils nous étaient inconnus, parfois hostiles, mais Ward, Coulson, May ou encore le « couple » de scientifiques Fitz-Simmons, sont devenus peu à peu plus profonds et attachants. La série ne se compose pas bêtement d’une suite d’enquêtes paranormales : tout au long de son récit elle fait évoluer ses personnages, dans un voyage onirique entre mythe et réalité, dans lequel tout le monde peut devenir un héros. Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D. rend tout de suite le surréaliste réaliste, le rêve possible. La magie, les mythes, tout devient réel, logique, appartient à la science. Le créateur de Buffy nous propose une réelle fouille archéologique dans les confins de ce gigantesque monde de « super-héros ». Dès le premier épisode, on plonge dedans, pour ne plus en ressortir. La sensualité et la prestance de Chloe Bennett, le second degré de Clark Gregg, et le charisme de Iain De Caestecker et de Elizabeth Henstridge, rendent le spectacle encore plus agréable. Effets spéciaux transcendants, humour cinglant, casting hors-pair, scènes d’action et une petite touche de suspense : MAOS détient la recette du succès, cette première saison est un spectacle inouï, et très (ré)créatif.

Fiche technique – Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D.

Titre original : Agents of S.H.I.E.L.D.
Réalisation : Joss Whedon (pilote)
Scénario : Maurissa Tancharoen, Jed Whedon et Joss Whedon, d’après les personnages créés par Jack Kirby et Stan Lee
Direction artistique : Roland Rosenkranz et Alex Hajdu
Décors : Melissa M. Levander
Costumes : Ann Foley et Betsy Heimann
Montage : Joshua Charson, Paul Trejo et Debby Germino
Musique : Bear McCreary
Production : Garry A. Brown
Société de production : ABC Studios et Marvel Television
Société de distribution : ABC
Pays d’origine : États-Unis
Format : couleur – 35 mm – 1,78:1 – son Dolby numérique
Genre : super-héros, action, science-fiction
Durée : 45 minutes

Auteur de la critique : Etan Conway

 

Locke de Steven Knight – Critique

Film-concept rempli d’idées, Locke parvient à force de talent à garder le spectateur enfermé pendant 85 minutes dans les 6m2 d’un 4×4 BMW. On ne niera pas une pointe d’inquiétude lorsque, quelques minutes après le début, on comprend qu’on ne sortira pas du tout de cette voiture dont on suivra le parcours en temps réel. Huis-clos réduit à l’habitacle d’un véhicule, les défis techniques et narratifs étaient impressionnants et parfaitement relevés par Steven Knight, qui parvient à composer avec les contraintes de son sujet.

Synopsis : Ivan Locke a tout pour être heureux : une famille unie, un job de rêve… Mais la veille de ce qui devrait être le couronnement de sa carrière, un coup de téléphone fait tout basculer…

L’art de téléphoner au volant

Locke est un synopsis basique, qui suit du début à la fin un homme au volant de sa voiture, Ivan Locke en l’occurrence, qui va devoir au long de ce trajet, gérer un gigantesque chantier de construction, son licenciement, un accouchement et son divorce à venir. Très étrangement, ces problèmes qui seraient ceux de M. Toutlemonde, captent le spectateur pour une raison qui semble évidente avec le recul : Locke gère tout depuis le téléphone de sa voiture et entre chacun d’entre eux, on se retrouve seul avec lui, dans ses moments de silence et de réflexion, ces moments où l’on peut tenter de lire ses regards et ses gestes. Puis il y a ces sujets qui restent en suspens, attendant une réponse au prochain appel, il y a aussi ces limites du téléphone, cette impuissance que Locke semble ressentir parfois lorsqu’il ne peut rien faire de plus, coincé avec nous dans sa voiture.

Simple et complexe

Techniquement, le film est un paradoxe : simple et plein de morceaux de bravoure. Simple parce-que filmer une voiture (totalement en caméra embarquée) de l’intérieur (parfois de l’extérieur) aussi longtemps, limite énormément le champ des possibilités, la mise en scène s’en trouve presque muselée. Morceaux de bravoure parce-que Steven Knight parvient malgré cela à installer une ambiance loin de toute lassitude, il exploite au maximum les angles de prise de vue à sa disposition, les champs et contrechamps qu’il peut travailler et joue énormément sur les reflets. Résultat : l’atmosphère protectrice de la nuit et de cette voiture enveloppe le spectateur sans qu’il s’en rende compte, le plongeant dans une sorte de torpeur où il se blottit pendant que Locke se débat.

Un seul acteur, quel acteur !

Tom Hardy (Mad Max : Fury Road) est Ivan Locke, il est le seul est unique acteur présent à l’écran, les autres ne l’étant que par la voix. Avoir la pression à ce point ne doit pas être aisé à maîtriser et c’est peu dire qu’il s’en tire plus que bien, acceptant sans broncher que la caméra vienne disséquer les moindres traits de son visage, les moindres expressions d’émotion. Voilà un film qui vous pose un acteur, qui vous forge une carrière et vous donne un nom qui résonne à l’oreille du cinéphile. Tom Hardy se fait tout en retenue, refuse l’exubérance et montre qu’il n’y a pas meilleur acteur que celui qui joue à être vrai. Car si un acteur doit sembler naturel, on doit malgré tout toujours sentir qu’il s’agit d’un jeu, au risque de tomber dans l’ennui d’une prestation trop réaliste.

Driving music

Locke est avant tout une atmosphère, celle de la nuit, moment privilégié de l’existence où tout devient intime et apaisant, Dickon Hinchliffe l’a parfaitement compris par sa partition toute en retenue, évitant l’écueil de la « driving music » et des grands standards que Locke aurait pu écouter à la radio. La bande-originale est discrète, fonctionnant par petites touches qui viennent discrètement appuyer un regard, un cri ou une larme, lorsque Locke comprend que la vie si brillante qu’il a connue jusqu’ici est sur le point de s’éteindre.

Un autre cinéma

Dire que Locke est un tour de force est loin de la réalité, il vient proposer du neuf loin des sentiers rebattus, avec un acteur qu’on verra bientôt dans des blockbusters. Steven Knight respecte à la lettre les codes théâtraux : unités de temps, de lieu et d’action, lorgnant même vers le temps réel de 24 Heures Chrono. Il invite le spectateur à prendre les mêmes risques que lui, s’asseoir devant un film qui ne ressemble à rien de ce qu’il a pu voir jusque là et élargir ainsi son chant de vision cinématographique. Si en passant il peut se prendre d’affection pour Ivan Locke, qui voit son monde s’écrouler en un peu plus d’une heure, alors le créateur aura comblé l’admirateur.

Fiche Technique – Locke

Britannique, Américain
Réalisateur : Steven Knight
Scénariste : Steven Knight
Genre : Thriller
Distribution : Tom Hardy (Ivan Locke), Olivia Colman, Ruth Wilson, Andrew Scott, Ben Daniels, Tom Holland, Bill Milner, Danny Webb, Alice Lowe, Silas Carson, Lee Ross, Kirsty Dillon…
Directeur de la photographie : Haris Zambarloukos
Monteuse : Justine Wright
Producteurs : Paul Webster, Guy Heeley
Production : IM Global, Shoebox Films
Distributeur : Metropolitan Filmexport

Auteur de la critique : Freddy M.

Black Storm, de Steven Quale : Critique du film

Après Pompéi en début d’année, place à un film catastrophe un peu plus contemporain. Au pays des clichés narratifs, Black Storm s’ajoute allègrement avec la seule volonté d’offrir quelques frissons à un public affamé d’un genre assez rare au cinéma (quand ce n’est pas Asylum et ses potes qui les produisent à la chaîne pour la télévision).

Et en ce sens, Black Storm réussit pleinement sa mission : celle de proposer un déluge de sensations et d’effets-spéciaux époustouflants. Annoncé implicitement comme un ersatz de Twister, Black Storm est un film tempétueux convaincant et (es)soufflant sur le plan visuel, bien au-dessus de toutes les sorties Direct-to-Video faisant la part belle aux dérèglements climatiques. Entre tous les blockbusters du mois d’août, Black Storm se cale timidement dans la programmation mais ravira les fans nostalgiques de Twister et Le Jour d’Après.

Après avoir réalisé le cinquième volet de la saga Destination Finale et accessoirement supervisé les effets-spéciaux d’Avatar, Steven Quale persiste dans la veine d’un cinéma catastrophe et entreprend de réaliser ce projet de vrai-faux remake de Twister à l’aube où les Etats-Unis subissent depuis plusieurs années des tornades toujours plus dévastatrices. La bonne idée du Monsieur -qui s’avérait d’abord déroutante- est d’aborder le point de vue exclusif des héros -petits hommes face à l’immensité de la Nature- par le biais d’une mise en scène caméra à l’épaule et parfois found-footage. A nouveau (cf. Chronicle), le procédé ne tient pas sur la longueur et le réalisateur doit avoir recours à de très nombreux plans fixes extérieurs pour bien faire prendre conscience de la grandiloquence des tempêtes qu’il filme.

Black Storm : Une tornade tellement puissante qu’elle en a dévasté le scénario

Tout comme le fait que même dans les moments les plus difficiles, il y a toujours une personne présente pour filmer. Un peu grotesque. Mais il ne s’agit là que de rechigner et finalement, ce choix délibéré d’impliquer le spectateur fonctionne à un certain niveau et on s’imagine que le film pourrait être une formidable vitrine pour une expérience en 4D. Black Storm est un film dont la communication a toujours mis l’accent sur le frisson que provoque le visionnage de l’impact de la Nature sur la civilisation. En témoigne le dernier trailer qui captait les réactions des gens devant les films ainsi que les différents tweets post-projection. Pas de mensonges sur la marchandise, ce qu’on est venu voir, c’est de la pure destruction urbaine par Dame Nature et du coup, de quoi est capable Steven Quale en termes d’effets-spéciaux et d’intensité pour nous faire frissonner.

Si les CGI et fonds verts se ressentent quelques peu, il serait mensonger de dire que le film n’est pas impressionnant et qu’on s’en prend plein les mirettes. Un véritable déluge s’abat sur cette petite ville des Etats-Unis et chaque séquence va toujours plus loin. Steven Quale s’égare parfois allègrement dans quelques moments crépusculaires pour notre plus grand plaisir, notamment par le biais de ce passage au-dessus des nuages, loin de la tempête, au plus près du soleil … avant de retomber brutalement sur la terre ferme et ravagée. Un bref instant de poésie au pays des tornades dévastatrices. Mais des quatre-vingt-neuf minutes que le film dure, on retiendra ces quelques séquences d’apocalypse notamment l’impressionnante destruction d’un aéroport, performance visuelle implacable.

Pour donner un sens à ces effets spéciaux, le scénariste John Swetnam nous gratifie d’une galerie de personnages plutôt caricaturaux renforcés par des séquences prévisibles et une terrible impression de déjà-vu. Un fils en conflit avec son père qui partira à sa recherche, un garçon amoureux, une mère loin de sa fille pour le travail, un documentariste obnubilé par la captation de la moindre image d’une tornade et enfin deux rednecks débiles qui veulent faire le buzz sur Youtube. Quatre points de vue s’offrent nous afin tour-à-tour de nous plonger dans le drame familial, la romance, la tragédie et la comédie lourdingue. Très concrètement, on n’est vraiment pas loin de Twister en ce qui concerne le ton du film, entre drame et humour.

Deux têtes d’affiches viennent se greffer au casting de Black Storm à commencer par le trop-rare Richard Armitage (Thorin dans les Hobbit) qui joue un directeur adjoint d’un lycée et père de famille strict ainsi que Sarah Wayne Callies que les amateurs des séries Prison Break et The Walking Dead reconnaîtront allègrement. Strict minimum au niveau des performances tant elles s’avèrent lisses et sans personnalité. Il faut dire qu’un scénario aussi vide et caricatural ne plaide pas en leur faveur. Par moment, le film s’égare dans quelques réflexions de comptoirs sur l’écologie, le devoir de l’homme de protéger sa planète, la solidarité et les générations futures. C’en est tellement naïf que ça en devient touchant.

Black Storm est donc le film catastrophe impressionnant et décérébré qu’on attendait. Une expérience qui ne peut que se faire au cinéma pour profiter pleinement des sensations proposées. Si le scénario est d’un vide abyssal, Black Storm a néanmoins le mérite de proposer des effets-spéciaux dantesques et il faut reconnaître que l’on aura dû attendre longtemps avant de se voir proposer une réactualisation de Twister aussi efficace. On n’a qu’à dire que ce Black Storm sera le plaisir coupable de ce mois d’août. Et c’est déjà bien suffisant (et très bien payé).

Synopsis: En une journée, la petite ville de Silverton est dévastée par une multitude de tornades sans précédent. Les habitants sont désormais à la merci de ces cyclones ravageurs et meurtriers, alors même que les météorologues annoncent que le pire est à venir… Tandis que la plupart des gens cherchent un abri, d’autres se risquent à se rapprocher de l’œil du cyclone pour tenter d’immortaliser en photos cet événement exceptionnel.

Fiche Technique: Black Storm

Titre originale: Into the Storm
U.S.A
Réalisation: Steven Quale
Scénario: John Swetnam
Interprétation : Richard Armitage (Gary), Sarah Wayne Callies (Allison), Matt Walsh (Pete), Max Deacon (Donnie), Nathan Kress (Trey), Alycia Debnam Carey (Kaitlyn), Arlen Escarpeta (Daryl)
Genre: Catastrophe
Durée: 1h29
Image: Brian Pearson
Décor: David Sandefur, Brana Rosenfeld
Costume: Kimberly Adams-Galligan
Montage: Eric A. Sears
Musique: Brian Tyler
Producteur: Todd Garner, John Swetnam, Richard Brener, Walter Hamada, Dave Neustadter, Jeremy Stein, Bruce Berman, Sean Robins
Production: Broken Road Productions, New Line Cinema, Village Roadshow Pictures
Distributeur: Warner Bros France
Festival: Prix du Meilleur Montage Son au Golden Trailer Awards 2014

Auteur de la critique : Kévin List

 

Young Ones, de Jake Paltrow : Critique du film

Critique du film Young Ones de Jake Paltrow

Synopsis : Dans un futur proche et violent, l’eau est devenue rare. Elle suscite la convoitise. Dans ce contexte hostile, Ernest Holm vit avec ses enfants Jerome et Mary. Si son fils est admiratif de lui, sa relation avec sa fille, Mary, est beaucoup plus conflictuelle. Ernest tente tant bien que mal de protéger sa ferme et sa famille des bandits. Il espère par ailleurs que ses terres seront à nouveau fertiles. De son côté, Flem Lever fréquente Mary en secret et veut à tout prix récupérer les terres d’Ernest.

L’eau, aussi rare, qu’un scénario

L’eau se fait rare, elle est convoitée, comme les terres fertiles, en attendant le retour des pluies. Ernest Holm (Michael Shannon) est propriétaire d’une des rares terres encore fertiles, il les protège, avec l’aide de son fils Jerome (Kodi Smith-McPhee). Sa fille, Mary (Elle Fanning) est en conflit avec lui, tout en étant amoureuse de Flem Lever (Nicholas Hoult), qui convoite celle-ci et ses terres. Un conflit s’engage entre Ernest Holm et Flem Lever, pour prendre le contrôle de l’eau.

Une tendance se dessine de plus en plus dans le cinéma hollywoodien, l’absence d’un scénario. Certes, c’est une production internationale, loin des majors US, mais elle reste entre les mains d’un réalisateur américain, doué à la caméra mais pas dans l’écriture. Une double casquette, que l’on retrouve de plus en plus dans les autres productions (comme James Gunn pour Les Gardiens de la galaxie).

A partir de là, comment rendre le film intéressant et captivant ? Pas évident et cela va le pénaliser du début à la fin. La trame est classique : la fille aime le mauvais garçon, le père ne veut pas de cette relation, un conflit naît entre eux, qui va au-delà de cette liaison, jusqu’au drame. Le scénario décousu, finit par devenir assommant. Le film en pâtit et devient de moins en moins passionnant. L’histoire étant finalement banale, malgré un contexte différent.

Le film se découpe en trois chapitres : Ernest Holm, Flem Lever et Jerome. On a trois points de vue différents, mais uniquement masculins, la femme étant reléguée à un rôle de potiche. Un choix intéressant dans son découpage, mais gênant en mettant de côté Elle Fanning, qui n’apporte absolument rien, tout comme sa mère Aimee Mullins. En se focalisant sur son trio masculin, Jake Paltrow décide de faire un film d’hommes. Mais même là, il n’y arrive pas. Tout comme dans le rapport père/fils, malgré un début prometteur, il se perd rapidement dans des facilités, qui laisse perplexe.

Le casting reste son point fort, avec l’affrontement Nicholas Hoult/Kodi Smith-McPhee. On attendait Michael Shannon, mais les deux jeunes prennent le dessus sur ce dernier. Certes, Michael Shannon reste un bon acteur, mais se contente de faire le minimum ; sa folie semble disparue, à ce rythme-là, il risque de devenir un acteur quelconque en cédant aux stéréotypes d’Hollywood, en affinant son physique, rendant son jeu transparent.

La révélation Kodi Smith-McPhee offre un peu de fraîcheur dans ce film qui en manque cruellement, au sens propre, comme au figuré. Ce n’est pas un débutant, il était déjà émouvant dans The Road (2009) et on peut actuellement aussi le voir dans La planète des singes : l’affrontement. Il semble un peu simplet au début, avant de faire preuve de maturité, par la force des événements. Nicholas Hoult surprend avec un rôle plus adulte, bien loin des grosses productions, dans lesquels il se complaît, en traînant sa tête de jeune premier. Il étend son registre et vole la vedette à Michael Shannon, ce qui n’est pas une mince affaire. Le robot a son importance. Il est la cause du conflit et il sera encore au milieu de ceux qui vont s’ensuivre. Il est aussi, le seul élément futuriste du film, celui qui donne son côté science-fiction.

Une version plus soft que The Rover, autre film d’anticipation dans un monde désertique et violent. Un cinéma pessimiste, qui est le reflet d’un monde en crise, au futur incertain. Intéressant dans sa démarche, décevant dans la forme et le fond.

Fiche technique – Young Ones

2014 – Royaume-Uni, Afrique du Sud et Irlande
Réalisation : Jake Paltrow
Scénario : Jack Paltrow
Distribution : Nicholas Hoult, Kodi Smith-McPhee, Michael Shannon, Elle Fanning, Aimee Mullins, Christy Pankhurst, Alex McGregor, Robert Hobbs, David Butler, Andy McPhee
Direction artistique : Sharon Lomofsky
Décors : Emilia Roux
Costumes : Diana Cillers
Montage : Matt Mayer
Musique : Nathan Johnson
Photographie : Giles Nuttgens
Son : Julian Slater
Production : Michael Auret et Tristan Lynch
Sociétés de production : Quickfire Films, Spier Films et Subotica Entertainment
Sociétés de distribution : Potemkine Films, Screen Media Films et Signature Entertainment
Genre : Science-fiction
Durée : 90 minutes
Date de sortie française : 13 août 2014

Auteur : Laurent Wu