Palma Real Motel de Aarón Fernandez : Critique du film

Critique Palma Real Motel

Synopsis : Sur la côte de Veracruz, Sebastian, 17 ans, doit reprendre seul la direction du petit motel de son oncle. Il loue les chambres à l’heure à des couples adultères et des amants de passage. Parmi eux, une belle jeune femme, Miranda, vient régulièrement retrouver un homme marié qui lui fait souvent défaut. Pendant ces heures creuses, Sebastian et Miranda font peu à peu connaissance et laissent s’installer entre eux une troublante complicité.

Lost in Mexico

Comment peut-on faire pour tuer le temps lorsqu’on a 17 ans, et qu’on est responsable du motel de son oncle ? Surtout lorsque le bâtiment en question est un sordide hôtel de passe dans lequel se retrouvent couples illégitimes, amants d’un soir et clients de prostituées. Pas le meilleur endroit pour grandir, donc, surtout à cet âge un peu ingrat où les hormones vous travaillent. On n’est pas sérieux quand on a 17 ans. Pourtant, de ce postulat de départ, Aarón Fernandez parvient à tirer une histoire d’amour désabusée empreinte de douceur et de sincérité, à peine plus qu’une parenthèse désenchantée dans un quotidien morose.

Deux êtres que tout oppose

On retrouve ici le point de départ classique d’un grand nombre d’histoires du même genre. Deux personnages de deux milieux différents, dont on ne sait au final pas grand chose, et que les circonstances vont finir par rapprocher. On pense forcément à Lost In Translation, le chef d’œuvre de Sofia Coppola, même si la différence d’âge est ici inversée. Sebastian, 17 ans, voit donc Miranda, 30 ans, une jeune femme rêvant d’une vie meilleure, se morfondre en attendant son amant. La solitude les rapproche, et leurs corps finiront par s’unir. Ce n’est ni cru, ni sordide. Ce n’est pas particulièrement beau non plus. Ce n’est qu’un simple acte entre deux gens perdus, qui ne savent finalement pas comment tuer ces heures mortes qui sont le titre du film en version originale.

L’ambiance autour du film, la lourdeur de l’atmosphère, et les détails de l’ambiance sont la force du film, qui ne manque pas de bonnes idées, mais peut-être d’un peu de profondeur. Quelques instants de grâce mélancoliques illuminent la pellicule ici ou là, laissant comme une aura de lueur au milieu de la sueur et de la crasse ambiante. On aurait tout de même aimer en savoir plus sur les personnages, non pas leurs motivations, qui se suffisent à elles mêmes, mais leur histoire, leur personnalité, ce que Coppola parvenait à faire en quelques plans et répliques et que Fernandez tente de reproduire sans toujours y parvenir. La plupart des scènes semblent anecdotiques, et font du coup basculer le film et le spectateur hors de l’ornière, avant de l’y renvoyer à nouveau grâce à une séquence mieux maîtrisée.

La fin est belle, presque poétique, déclenchant une vraie émotion par un simple sourire. Et résume tout ce que le film aurait pu être, une lueur d’espoir et de beauté dans un oasis de stupre. Le sujet est fort, et aurait pu donner un grand film. Il ne le sera que par moments, mais ces moments valent largement de découvrir Palma Real Motel.

Fiche technique – Palma Real Motel

Français, Mexicain
2014
Romance, drame
Réalisateur : Aarón Fernandez
Scénariste : Aarón Fernandez
Distribution : Kristyan Ferrer (Sebastian), Adriana Paz (Miranda), Eliseo Lara Martinez (Jacinto)
Directeur de photographie : Javier Moron
Monteur : Ana Laura Calderon
Compositeur : Camilo Froideval
Producteurs : Aarón Fernandez, Christophe Bouffil, Fred Premel
Production : Santa Lucia Cine, Tita Productions
Distributeur : Urban Distribution

Auteur de la critique : Mikael Ying

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