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Cannes 2015: The Lobster, Mia Madre, Remise Du Prix France Culture

Chronique Cannes 2015: The Lobster, Mia Madre…

Ce samedi 16 mai marque la 4e journée du festival de Cannes, mais les premiers pas de Cineseries sur la Croisette. Au programme des rencontres, la course aux invitations et deux films en compétition, tout ça en plus du soleil et de la joie d’une toute première fois. C’est en effet une découverte pour Cineseries que Cannes en vrai ! Récit de cette première journée en deux films et une remise de prix.

Ce matin à 11h, France Culture remettait son premier prix Cinéma des étudiants à Jean-Charles Hue pour « Mange tes morts« . On vous en parlait il y a moins d’un mois, le film a été choisi par des étudiants parmi cinq films. Le réalisateur était présent ce matin pour recevoir sa récompense et échanger avec les étudiants. CineSeries l’avait particulièrement remarqué pour sa forme sans concession, au cœur d’une communauté peu représentée au cinéma et pour son côté récit d’émancipation où un jeune garçon vivait sa dernière nuit avant son baptême chrétien. Plutôt décalé. On comptait aussi Aderamanne Sissako parmi les personnalités présentes. Le réalisateur a été récompensé d’un prix de Consécration. Son dernier film, Timbuktu avait tout autant marqué CineSeries que les Césars qui l’avaient fortement récompensé en février dernier.

« The Lobster » : les aventures de Colin Farrell en homard

Après les mondanités, CineSeries a eu l’occasion de voir « The Lobster » de Yorgos Lanthimos grâce aux « Séances du lendemain ». Une très belle surprise que ce film de science-fiction sélectionné en compétition officielle et dont les échos sont très bons depuis sa diffusion hier soir. Le film prend le temps de construire un univers parallèle où tout semble commun, mais où, en réalité, des hommes et des femmes sont changés en animaux s’ils ne trouvent pas l’amour au terme d’un étrange séjour à l’hôtel.

Au coeur d’une mise en scène léchée, le réalisateur pose des questions essentielles sur nos choix, nos rencontres et l’animalité qui réside en l’homme. C’est ici par un tout simple point commun, parfois incongru, que les couples se forment. Basculant peu à peu dans une forme d’angoisse, toujours savamment dosée, le film se démarque tout autant par son rythme et sa musique que par ses acteurs. On est plongé dans cet univers où Colin Farrell surprend, loin de ses rôles habituels. A ses côtés, la plupart des « seconds rôles » et parfois grands noms du cinéma (Rachel Weisz, Ariane Labed, Léa Seydoux, Michael Smiley) sont également remarquables. Un vrai plaisir de cinéma virtuose et intelligent à la fois !

Changement total de décor et de registre avec la seconde séance de la journée, le dernier film de Nanni Moretti, « Mia Madre« , écrit suite au drame personnel du réalisateur: la perte de sa mère. Comme à son habitude, Moretti mêle l’intime et le cinéma avec un John Turturro très en forme et dont le rôle, très drôle, offre une véritable respiration au film. C’est ça l’art du réalisateur italien, sélectionné en compétition officielle, parler de nos drames intimes avec rigueur et humour au sein d’une mise en scène, tantôt classique, tantôt inventive poussant jusqu’à la mise en abîme avec un plateau de « cinéma social » filmé en même temps que la vie des personnages. A ce jeu là, Margherita Buy, femme en pleine crise de nerf, mais aussi en plein bilan s’en sort à merveille. Le film finit même par toucher en plein coeur, tout en laissant l’espace à ses personnages de penser au lendemain malgré la perte qu’ils viennent de subir. L’analyse psychologique de Moretti est toujours aussi fine. Un vrai régal de mieux en mieux rythmé au fil des séquences. Le réalisateur revient au style « journal intime » de ses débuts, se démarquant un peu de ses derniers films, notamment « Habemus Papam » . Ici, il mêle de nouveau le réel et la fiction avec beaucoup de dérision et d’émotion.

Starfighter 2 Verra-t-il Le Jour ?

En 1984, Starfighter (The last Starfighter), tout premier film réalisé avec une partie en images de synthèse fait sa sortie. Il raconte l’aventure d’un jeune homme, Alex Rogan, accro au jeu vidéo Sarfighter qui se révèle être un simulateur de vol pour recruter les pilotes d’un vaisseau de combat interstellaire. Alex sera recruté par une race Alien pour combattre une armada extra-terrestre et sauver l’univers.

Le scénario de Johnathan Betuel est original et visionnaire, et les moyens mis en œuvre par Nick Castle sont extraordinaires : 20 minutes de scènes spatiales entièrement virtuelles, un exploit pour l’époque !

Les acteurs aussi sont assez prometteurs notamment Will Wheaton (Stand by Me, Star Trek : la nouvelle génération, The Big Bang Theory) et Catherine Mary Stewart (Le Droit à l’Amour).

Pour autant, à sa sortie, Starfighter fait un flop. Le film a le malheur de sortir en même temps que trois grosses productions : Ghostbusters, Indiana Jones et le Temple Maudit et Les Gremlins. Et il passe inaperçu.

Plus tard, Starfighter deviendra un de ces films qui, en sortant en vidéo puis en DVD, se trouve une nouvelle existence et devient le symbole de toute une époque, un film culte.

L’idée d’un second Starfighter émerge rapidement. En 2010, la rumeur d’un remake se répand puis, suite à des complications liées aux droits d’auteur, elle tombe dans l’oubli.

En novembre 2014, suite à la bande-annonce modernisée réalisée par Tim Gonzales, Seth Rogen pense à refaire Starfighter. Malheureusement, les droits du film sont presque impossibles à acquérir. D’après Seth Rogen, Steven Spielberg lui-même ne parviendrait pas à les obtenir.

Mais récemment, le scénariste Jonathan Betuel, qui travaille sur la suite du film, a exprimé son optimisme à Yahoo quant à sa sortie prochaine :

« Nous sommes impliqués dans toutes sortes de choses concernant la prochaine étape et je travaille dessus en ce moment. Beaucoup de choses sont en train de se passer et seront bientôt révélées au grand jour. C’est compliqué, c’est énorme, c’est un privilège et cela va être pris en charge. C’est agréable de travailler avec une équipe qui veut que le projet démarre. Je pense que l’histoire mérite de continuer. »

Allegiance, Une Série De George Nolfi: Critique

Erreur de timming

Si la série Allegiance avait été produite dans les années 80, le succès aurait probablement été au rendez-vous et elle n’aurait pas été déprogrammée dès le sixième épisode, pour agoniser dans les limbes d’internet. Mais le public est exigeant de nos jours, il demande toujours plus de qualité et que chaque nouvelle série soit potentiellement cette série mythique qui enterrera la précédente. Allegiance vise malheureusement à côté de la cible…à côté de toutes les cibles en fait et parvient péniblement à tirer un maigre chaland de quelques spectateurs égarés.

Syndrôme 9/11

Il y avait un potentiel pourtant, bien sûr il s’agit d’une énième histoire de terrorisme qui réchauffe une nouvelle fois les attentats du 11 septembre 2001. Mais cette idée d’une famille d’espions transfuges, victimes et prisonniers de leurs passés, présageait de mieux que ça. Alors quelle idée que d’être allé nous placer cette éternelle « doctrine » de la haine de la Russie ? Car, même si le contexte politique s’y prête, même si les Russes de la série ne sont pas tous caricaturaux, cette recette accouche d’un plat qu’on a bien assez savouré et qui finit par écœurer.

Du sang !

Puis c’est trop propre tout ça, ça sent le terrorisme de salon. Il y a des héros qui souffrent, c’est vrai. Mais le public a pris goût à l’ignoble, à la monstruosité sans limites de Homeland, au cynisme arrogant de House Of Cards. Car en fin de compte, voilà le problème d’Allegiance, c’est que la morale est sauve. Que les gentils, même s’ils sont un (tout petit) peu ambigües, sont bien identifiables et identifiés. On se salit les mains, mais on sait tout de suite que c’est pour la bonne cause. Les scénaristes n’amènent pas le spectateur à remettre en cause ses valeurs morales. La morale ici, est prémâchée pour rendre tout ça bien digeste, que rien ne reste sur l’estomac.

Platitude

Jusque dans la mise en scène on ressent cette absence de proposer quelque chose, de remuer les tripes du spectateur. Là où les séries les plus ambitieuses se donnent les moyens du cinéma, Allegiance est plat. Alors là aussi c’est propre, tout roule sans anicroche, mais que c’est ennuyeux une mise en scène sans audace, sans un montage qui prend des risques, sans aucune imagination pour les transitions. C’est dommage, parce-que ce seul élément aurait pu suffir à décupler l’intérêt pour Allegiance.

Et molitude

Même chose pour les acteurs en fait, plutôt bons dans l’ensemble, mais cantonnés à des rôles très balisés. Des rôles qui ne leur ont certainement pas permis de proposer quoi que ce soit aux metteurs en scène. Que dire de Gavin Stenhouse (American Horror Story) dans son rôle de petit génie qui nous fait croire que l’intelligence rendrait associable, limite autiste. Hope Davis (Cœurs Perdus En Atlantide, L’Expérience Interdite) et Scott Cohen (L’Echelle De Jacob, Love Et Autres Drogues) qui jouent ses parents semblent ne même pas profiter de leur expérience. On joue, mais on joue peu. Margarita Levieva (La Défense Lincoln, Toy Boy) de son côté est belle, très belle. Quoi d’autre ? Rien… Finalement c’est Morgan Spector qui s’en tire le moins mal. Même si son jeu d’espion russe est un peu appuyé, c’est bien lui qui laisse le moins indifférent.

The Sound Of Silence

L’indifférence est le mot qui colle le mieux à la peau de cette série, tellement inoffensive. Les personnages sont beaux et propres sur eux, les méchants sont très cruels les gentils, des victimes évidentes. Rien de louche dans cette série, rien qui vient déranger, ce qui explique peut-être son échec. Nous sommes dans des sociétés qui, même si elles ne trouvent pas les réponses, sont en train de se poser beaucoup de question. Même si on ne s’attend pas à ce que les séries d’aujourd’hui apportent des réponses, on aimerait au moins qu’elles nous les posent, ces questions. Mais du côté d’Allegiance, silence radio…

Synopsis: Alex est un  petit génie, décoré de l’armée et recruté par la C.I.A. comme analyste. Ce qu’il ne sait pas c’est que ses parents sont d’anciens espions soviétiques qui vont être « réactivés » par les services secrets russes? pour préparer un terrible attentat contre les U.S.A.

Trailer – Allegiance

Fiche Technique – Allegiance 

Création : George Nolfi

Pays : U.S.A.

Diffuseur : NBC

Format : 13 épisodes de 42’

Distribution : Scott Cohen, Hope Davis, Margarita Levieva, Gavin Stenhouse & Alexandra Peters

Cannes 2015 : Orson Welles À l’Honneur

Retour sur un géant, découvrez l’homme derrière le mythe, celui dont Jean Cocteau vantait la force « sauvage et désinvolte » Orson Welles est mort il y a trente ans, et il aurait eu cent ans cette année.

Célébré à Cannes, dans la sélection Cannes Classics avec 3 films: « Citizen Kane », « Le troisième homme » et « La dame de Shangaï » (avec Rita Hayworth qui deviendra sa femme) et deux documentaires « l’Autopsie d’une légende » de d’Elisabeth Kapnist projeté ce mercredi 14 mai à 13h00 et « This is Orson Welles » de Clara et Julia Kuperberg (le 20 mai à 19h). Diffusé sur TCM Cinéma, le 21 mai à 19h45, le cycle Orson Welles a commencé depuis le 7 mai et continuera chaque jeudi soir jusqu’au 28 mai.

This is Orson Welles de Clara et Julia Kuperberg

TCM Cinéma explore le personnage énigmatique, l’ange déchu d’Hollywood, Orson Welles, à travers une interview rare d’Orson Welles et les témoignages exclusifs de ses admirateurs et ses proches. Martin Scorsese, Henry Jaglom, sa fille ainée Chris Welles ou encore ses amis de longue date, Peter Bogdanovich et le critique Joseph Mc Bride nous livrent un portrait intime de celui qui fit voler en éclat toutes les règles du cinéma américain.

Du scandale de La Guerre des Mondes, aux années RKO jusqu’à son exil en Europe, Orson Welles revient avec humour et émotion sur ses erreurs, ses réussites, ses débuts sur scène ou son apprentissage du cinéma.

Fiche technique du film documentaire : This is Orson Welles
Format Documentaire 53’
Chaîne TCM Cinéma
Coproduit par TCM Cinéma / Wichita Films
Ecriture, réalisation, montage Clara et Julia Kuperberg
Image de Peter Krajewski / Mike Nolan
Production TCM Cinéma Falko Jahn / Philippe Touzery
Directrice de production USA – Casting Susan Michals

Orson Welles : La filmographie

1941 : Citizen Kane
1942 : La Splendeur des Amberson (The Magnificent Ambersons)
1942 : It’s All True (inachevé)
1943 : Voyage au pays de la peur (Journey into fear) avec Norman Foster
1946 : Le Criminel (The Stranger)
1947 : La Dame de Shanghai (The Lady from Shanghaï)
1948 : Macbeth
1952 : Othello (The Tragedy of Othello: The Moor of Venice)
1955 : Dossier secret ou (Mr. Arkadin/Confidentiel Report)
1957 : Don Quichotte (inachevé)
1958 : La Soif du mal (The Touch of Evil)
1962 : Le Procès (The Trial)
1965 : Falstaff – Chimes at Midnight
1968 : Une histoire immortelle (The Immortal Story)
1970 : The Deep (inachevé)
1972 : The Other Side of the Wind (inachevé)
1973 : Vérités et Mensonges (F for Fake)
1978 : Filming Othello
1984 : The Dreamers (inachevé)

Cannes 2015 : Les Films Sélectionnés En Avant-Première À Paris

Reprise des films présentés au Festival de Cannes dans la région parisienne

Glamour, tapis rouge, champagne et paillettes, c’est officiel, le Festival de Cannes est lancé. Chaque année, le lancement des festivités s’accompagnent des habituelles difficultés pour les festivaliers à voir les films des différentes sélections. Sans compter que peu de films présents à Cannes ont pour le moment une date de sortie officielle. Qu’à cela ne tienne, en parallèle du festival, c’est Cannes qui vient à vous. De mai à juin, quatre cinémas de la capitale seront les théâtres de projections cannoises exceptionnelles. Une bonne manière de combler les attentes des cinéphiles parisiens.

Les films de la Sélection Officielle

Dans le IXème arrondissement, c’est le Gaumont Opéra qui aura comme chaque année les honneurs de projeter du 22 au 24 mai une quinzaine de films de la compétition. Dheepan de Jacques Audiard, Youth de Paolo Sorrentino, Tale of Tales de Matteo Garrone et Sea of Trees de Gus Van Sant ont déjà été confirmés dans cette programmation éphémère. Peut-être que certains spectateurs auront les honneurs de découvrir en avant-première la future Palme d’Or.

Plus d’informations sur : Cinemapathegaumont

Les films Un Certain Regard

A peine le temps de se remettre de la fin du festival que le Reflet Médicis sera le lieu de projections des films de la sélection Un Certain Regard. Situé dans le Vème arrondissement, ce cinéma indépendant projettera les films de cette sélection du 27 mai au 02 juin. Programmation encore à définir mais An de Naomi Kawase et Je suis un soldat de Laurent Larivière ont déjà leur billet d’entrée pour le Reflet Médicis.

Plus d’informations sur : Reflet Cine

Les films de la Quinzaine des Réalisateurs

Du côté du Ier arrondissement, le Forum des Images est le partenaire officiel de La Quinzaine des Réalisateurs. Du 28 mai au 07 juin prochain, l’intégralité de la sélection y sera diffusée. L’occasion de voir avant tout le monde Trois Souvenirs de ma Jeunesse, le nouveau Arnaud Desplechin, Mustang de Deniz Gamze Ergüven ou Les Mille et une Nuits de Miguel Gomes.

Plus d’informations sur : Forum des images

Les films de La Semaine de la Critique

Enfin la Cinémathèque Française sera le point d’accueil de la sélection La Semaine de la Critique. L’ensemble de la sélection aura les honneurs d’y être projetés du 03 au 08 juin, avec une session pour les courts métrages le 06 et 07 juin.

Plus d’informations sur : Cinematheque

Sans oublier que depuis mercredi, vous pouvez déjà retrouver en salles La Tête Haute d’Emmanuelle Bercot et Mad Max : Fury Road de George Miller en salles.

D’ici le début de l’été, d’autres films de la sélection cannoise auront également droit à une sortie nationale. En ce qui concerne la sélection officielle, La Loi du Marché de Stéphane Brizé sera en salles dès le 19 mai. Isabelle Huppert et Gérard Depardieu seront réunis pour Valley of Love devant la caméra de Guillaume Nicloux d’ici le 17 juin prochain. Autre prétendant à la Palme d’Or, le conte fantastique de Matteo Garrone intitulé Tales of Tales pourra être visible dans les cinémas nationaux à partir du 01 juillet.

Du côté de la Quinzaine des Réalisateurs, le nouveau film d’Arnaud Desplechin débarquera sur les écrans à partir du 20 mai. Une semaine plus tard, c’est le nouveau film de Philippe Garrel, L’Ombre des Femmes, qui sera dans les salles obscures. Quant à l’épopée des Mille et Une Nuits de Miguel Gomes, elle sortira le 24 juin. Enfin hors-compétition, le dernier Pixar, Vice Versa de Ronnie del Carmen et Pete Docter illuminera les yeux des petits et des grands le 17 juin prochain.

Avec ça, vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous a pas prévenu. Bon festival !

The Red Road, Une Série d’Aaron Guzikowski: Critique

La série The Red Road diffusée sur Sundance Chanel sortira en DVD le 27 mai 2015.

Série américaine en six épisodes diffusée sur Sundance Chanel depuis février 2014, The Red Road nous conduit sur les chemins sombres et mystérieux des montagnes Ramapo, une chaîne de forêts des Appalaches située au sud de New-York.

The Red Road est un thriller noir crée par Aaron Guzikowski (scénariste de Prisoners) et Bridget Carpenter (producteur exécutif de Parenthood). La série décrit les tensions entre une tribu amérindienne, inspirée de la tribu des Ramapough, et la communauté d’une petite ville fictive du New Jersey.

Quand la réalité rencontre la fiction

The Red Road s’inspire d’un incident dramatique survenu en 2006 : le décès par balle d’Emil Mann, un jeune indien Ramapough, tué par un garde forestier alors qu’il faisait du VTT. Pour autant, ce n’est pas tant le récit de cette triste histoire qui inspira le réalisateur mais plutôt la civilisation des Indiens Lenapes Ramapough.

« Je vivais à côté de cette zone et je n’avais pourtant aucune idée de la situation que connaissaient les Ramapough. » explique Guzikowski à propos de la Compagnie Ford Motor et de la peinture toxique qu’elle déversait sur le territoire indien. « C’était incroyablement intéressant pour moi, alors j’ai commencé à réfléchir à la possibilité d’écrire quelque chose qui se passerait à cet endroit. (…) Je voulais rendre l’histoire authentique, je voulais que ça sonne vrai. »

Et pour que l’histoire de The Red Road « sonne vrai », Guzikowski loue les services d’Automn Wind Scott, un Ramapough à la présidence de la Commission du New Jersey sur les Affaires des Indiens d’Amérique. Le réalisateur n’hésite pas non plus à montrer que la communauté indienne n’est pas reconnue par le gouvernement fédéral en insistant sur le manque d’égard dont la police fait preuve.

Mais à trop vouloir gagner en réalisme, la série se perd parfois dans des longueurs qui altèrent le récit, l’action et le suspense. Les tableaux se multiplient, le spectateur s’ennuie, perd le fil. Fort heureusement, le cadre et les décors invitent au voyage.

Un théâtre mystérieux

Les décors verts et sauvages sont tout simplement magnifiques et contribuent à rendre l’atmosphère de la série ténébreuse et énigmatique. Pour se faire, The Red Road a été tournée dans la région d’Atlanta, dans la Montagne de Pierre (Stone Mountain) en Géorgie. Les personnages, troubles et ambivalents, recèlent des secrets qui ne manquent pas de piquer notre curiosité. Le scénario est complexe et fascinant et les acteurs sont talentueux. Outre Jason Momoa et Martin Henderson, on retrouve dans le casting Lisa Bonnet qui interprétait Denise dans The Cosby Show et Tom Sizemore (La Chute du Faucon Noir).

Par certains aspects, l’ambiance dans The Red Road rappelle celle des séries telles que Twin-Peaks de David Lynch ou Top of the Lake de Jane Campion qui explorent les nuances et les recoins obscurs d’une ville isolée et de ses habitants. Les plans généraux des paysages forestiers et du lac avalent la petite ville perdue et la musique inquiétante de Daniel Licht (compositeur de Dexter) transporte le spectateur dans ce monde aux portes de l’irréel.

Mais là encore, le spectateur peut regretter cette sensation de déjà-vu et, en ce sens, la série manque un peu d’originalité.

Synopsis: Alors que le policier de la ville de Walpole, Harold Jensen (Martin Henderson, Secrets and Lies) tente d’apaiser les tensions entre les habitants et les indiens de la communauté voisine, des disparitions inquiétantes surviennent dans la région.

Dans ce rôle de protecteur et justicier, l’agent Jensen s’oppose à un indien de la tribu, Phillip Kopus (Jason Momoa, Aquaman et Khal Drogo dans Game of Thrones), récemment sorti de prison. Impliqué dans des trafics de drogues, Kopus représente une double menace car il est lié par le passé à l’épouse de Jensen (Julianne Nicholson, New York Section Criminelle).

Lorsque cette dernière, alcoolique et schizophrène depuis la mort étrange de son jumeau plusieurs années auparavant, renverse un jeune indien, la colère monte au sein du le clan. Kopus conclut alors un pacte avec Jensen et fait taire les témoins. Quel sera le prix de ce marché ?

Trailer – The Red Road

Fiche Technique –  The Red Road:

2014 – 6 épisodes
Créateur : Aaron Guzikowski et Bridget Carpenter. Pilote réalisé par James Gray

Distribution : Jason Momoa, Martin Henderson, Tom Sizemore, Julianne Nicholson, Kiowa Gordon, Allie Gonino, Tamara Tunie

Musique : Daniel Licht

Producteur : James Bigwood, Avram Kaplan, Ed Tapia

Producteur exécutif : Bridget Carpenter, Sarah Condon, Aaron Guzikowski

Genre : Drame, Thriller

Écrit par le scénariste de Prisoners et porté par James Gray (La Nuit nous appartient), réalisateur du pilote, The Red Road est un polar intense sous haute tension. Le casting prestigieux, Jason Momoa (Game of Thrones), Martin Henderson (The Ring), Julianne Nicholson (Un été à Osage County) et Tom Sizemore (La Chute du Faucon Noir), vous invite dans les montagnes Ramapo où les apparences sont souvent trompeuses.

Une seule règle : n’ayez confiance en personne !

Le the-red-road-saison1-serie-Sundance-Chanel27 Mai en coffret 2 DVD

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Format image : 1.78, 16/9ème compatible 4/3

Format son : Français & Anglais DTS 5.1

Sous-titres : Français

Durée : 6 épisodes de 43 min env

 

Mad Max: Fury Road, Un Film De George Miller: Critique

Mad Max: Fury Road, un trip halluciné aussi jouissif que grandiose !

Synopsis: Ancien policier de la route, Max Rockatansky (Tom Hardy) erre désormais seul au volant de son bolide (une Ford Falcon XB 351) dans un monde dévasté où les clans de cannibales, les sectes et les gangs de motards s’affrontent dans des déserts sans fin pour l’essence et l’eau.

Devenu autant un fantasme de cinéphiles sur pattes qu’un phénomène en devenir depuis le lancement de sa promotion délirante, à mi-chemin entre démonstration de talent et bras d’honneur aux blockbusters actuels, Mad Max, Fury Road en imposait avant même sa sortie. Il faut dire que son auteur George Miller, confiné dans une strate faite de reconnaissance par ses pairs, mais d’ignorance de son public, éprouvait pour la première fois le besoin viscéral de rappeler sa place au sein de la profession, au sein également de ce microcosme délirant qu’est Hollywood, d’où n’émanent aujourd’hui que des franchises marqueteuses au potentiel et à l’ambition interchangeables. Une place qui, à l’aune des années 1980, pouvait se qualifier d’incontestable, tant le monsieur, chantre de l’image et du montage ridiculisait carrément les productions américaines de l’époque niveau ambition et maîtrise. Mais qui restait à prouver à l’époque où le blockbuster était désormais à la portée du premier venu. Et, à force de voir ce cinéaste exceller dans tout ce qui lui est passé sous la main: du film fantastique (Les Sorcières d’Eastwick) au film d’animation (Happy Feet), on commençait à se dire que le cinéma, c’était pour lui comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Et ce constat somme toute enfantin, retrouve sans surprise tout son sens à la vue du rendu de ce Mad Max Fury Road.

Une chevauchée des Walkyries sous acide.

« Il faut tourner chaque film comme si c’était le dernier » George Miller a bien retenu les leçons d’Ingmar Bergman. Cristallisant dans une introduction démentielle tous les composants du mythe: allant du logo de la Warner a moitié effacé par la rouille, aux cris en passant par la figure de l’infatigable Max, vu de dos (rappel subtil au premier film), Miller semble comme attiré par l’irrépressible idée de vouloir condenser tout le passif de sa, déjà très riche, saga dans un seul film, renforçant de lui-même l’idéal propre à cette dernière que celle de jouer et incarner jusqu’au bout la différence et les extrêmes. Et inutile de dire qu’en agitant ce souffle nostalgique et un montage de tous les diables où Tom Hardy castagne à tout va, Miller parvient à transformer l’essai et à donner au public ce qu’il était venu chercher, à savoir une démonstration de cinéma. Littéralement. Pourtant, juger le film sur sa seule introduction serait omettre que Miller ne souhaite pas simplement montrer qui est le patron, il souhaite avant tout montrer que c’est lui le patron.

Car tel un roi qui regagne son trône après 30 ans d’absence, le film cherche avant tout à convaincre d’une chose, celle de montrer sa domination sur le reste du cinéma/monde (la frontière est floue). Et sur ce postulat, Miller y parvient de brillante manière, en dressant une allégorie à peine voilée de l’industrie actuelle. La référence est subtile (quoique), mais personnifier un désert est somme toute couillu, et encore plus quand Miller le fait lui qui, en se faisant dérouler son film dans ces étendues désertiques parvient, outre le fait de restituer l’A.D.N. de sa franchise, à qualifier le niveau de la production actuelle. Autrement dit, vide, sèche, plate ou un bras d’honneur monumental à tous ces pontes d’Hollywood, brassant des milliards certes, mais n’offrant pas un tel niveau de plaisir et d’extase, aisément comparable à une ligne de la meilleure colombienne.

Car, autant règlement de compte envers le système, que volonté de rassasier ses fans de la première heure, Miller assure le spectacle et innove de bout en bout. Plus question ici de disséquer la mythologie punko-dégénérée de l’univers madmaxien comme l’avaient été ses trois premiers films, mais davantage de décliner cet univers rongé par la sauvagerie et l’omniprésence de bandes motorisées. Non dénué de sens ce choix artistique et scénaristique, semble ainsi d’une utilité confondante quand on le compare au rôle tenu par la saga d’origine, ayant bien malgré elle amené le cinéma hollywoodien et par extension, celui de divertissement, vers des oripeaux de standardisation. Au final, Mad Max Fury Road, autant pied de nez envers la profession se mue en une sorte de démarreur de luxe de tout un pan du cinéma aka celui du divertissement, sensé en quelque sorte montrer la voie et faire sortir de leurs zones de conforts nombres de films types Avengers ou Batman, préférant user de ressorts psychologiques post-modernes, en lieu et place de l’ingrédient universel d’un divertissement : sa capacité à faire sortir du quotidien.

Le retour d’un génie

Et là encore, la maestria est de rigueur. Usant d’une intrigue d’une simplicité paradoxale, tant le nombre de thèmes traités est riche, allant scruter autant le thème du mythe (cher à Miller) que celui de la place de l’Homme dans la société, le tout couplé à une vision résolument féministe, Fury Road sort des sentiers battus en permanence et se joue d’ailleurs des conventions et autres règles préexistantes. Jamais il ne sera vu pareilles cascades, parfois défiant les lois de la physique ou celle du danger le plus extrême, jamais il ne sera vu un pareil rythme n’épargnant pas le spectateur, obligé de rester scotché à son siège pour épouser la route et la vitesse de ce convoi, filant à tombeaux ouverts deux heures durant, jamais il ne sera vu pareil dégénérescence et minimalisme de la production, prenant le contre-pied des productions actuelle en jouant la carte de l’épure au maximum…

Car, aussi bruyant et référentiel que peut l’être Fury Road, le film affiche une quiétude verbale rare. « Dans le silence on peut dire bien des choses ». Là encore, Miller a révisé ses classiques et Michelangelo Antonioni en prime, tant le metteur en scène australien, fidèle à son habitude de conteur minimaliste, prend la tangente des productions actuelles et use d’un langage verbal assumé par le corps. Ainsi, jamais un film n’aura ainsi su véhiculer autant de peur, de tension, de stress, ne serait-ce que par l’œil démoniaque d’un méchant, le sourire carnassier d’un quidam ou le regard empli de détermination de Furiosa, campé par Charlize Theron, LA révélation du film.

Véritable hybride entre western, postapo, opéra rock, musique et minimalisme, Fury Road se paie aussi le luxe de supplanter, si ce n’est écraser la concurrence au gré de son ambition somme toute démesurée, que celle de respecter son spectateur en lieu et place de le teaser à outrance, comme se complaît à le faire l’écurie Marvel. Lui offrant ce que le cinéma a vu de mieux depuis … Mad Max 2 en terme de maitrise, d’action et de montage, Fury Road s’affirme alors comme une sorte d’alternative frondeuse pour un cinéma différent.

Autant nihiliste que profondément honnête, la vision du divertissement de George Miller semble ainsi à des années lumières de ce que Hollywood a érigé en hit, à savoir une tripotée de blockbuster boursouflés et désincarnés, portés par des acteurs souvent à la réputation fallacieuse. Car, malgré le peu de paroles allouées à chacun, Fury Road se démarque du lot par l’intensité de jeu des acteurs. Autant Tom Hardy, dont le mutisme et la violence contenus en lui, suffisent pour lui attacher l’étiquette de badass que Charlize Theron, dans un rôle de femme forte et inébranlable, Fury Road résume certes ses personnages à des archétypes assez simplistes, ne cédant ainsi pas aux longueurs obligées pour leur développement, mais les éprouve tellement psychologiquement et physiquement parlant, que leurs simples pérégrinations dans cette contrée hostile terrassée par le soleil et les douilles, suffisent à les faire exister et ce sans demi-mesure puisque Miller, passé maitre dans la direction d’acteur, parvient à laisser flotter l’impression que ce Fury Road n’en compte pas.

Blockbuster massif ou giga film d’auteur (c’est selon), Mad Max, Fury Road s’impose alors d’emblée comme étant l’un des divertissements les plus réussis de tous les temps et ce sans forcer, tant la simplicité et la technique allouées à cette vaste entreprise désarçonnent de générosité et de supériorité.

Un chef d’œuvre assurément !

Bande Annonce – Mad Max:Fury Road

Mad Max – Fury Road : Fiche Technique

Réalisation: George Miller
Scénario: George Miller, Brendan McCarthy & Nick Lathouris
Distribution: Tom Hardy, Charlize Theron, Nicolas Hoult, Riley Keough & Zoe Kravitz
Musique: Junkie XL
Production: Doug Mitchell, Goerge Miller & P.J. Voeten
Société de production: Kennedy Miller Productions
Société de distribution: Warner Bros.
Budget: 150 millions de $
Pays: Australie, U.S.A.
Récompenses : Oscars 2016 du meilleur montage son, du meilleur mixage son, du meilleur montage, des meilleurs décors, des meilleurs maquillages, des meilleurs costumes
Durée: 120′

Stalker, Une Série De Kevin Williamson : Critique

Un stalker, c’est un harceleur. Une fois que l’on sait cela, le reste de la série est une évidence. Stalker, c’est une série policière racontant les enquêtes d’une brigade de la police de Los Angeles consacrée à poursuivre les harceleurs.

Synopsis : à Los Angeles, la brigade de police dirigée par le lieutenant Beth Davis est chargée de retrouver des harceleurs, qui vont parfois jusqu’aux menaces de mort. La brigade accueille un nouveau détective venant de New York avec son passé trouble…

Schéma répétitif

La série est produite et les épisodes sont invariablement écrits par Kevin Williamson, scénariste de Scream. D’ailleurs, les premiers épisodes font penser au fameux film de Wes Craven : un personnage, une femme généralement, téléphone à un(e) ami(e) pour lui dire qu’elle sent une présence malveillante, qu’elle a l’impression qu’on la suit, qu’on l’observe, etc… Et là, un personnage, tout de noir vêtu pour bien montrer que c’est un méchant, le visage caché, apparaît de façon plus ou moins violente selon les cas. Bien entendu, il fait nuit. Bien entendu, victime et harceleur sont seuls dans la rue, dans l’immeuble, dans la maison, etc…

Le reste est une enquête policière tout ce qu’il y a de plus banal. Les héros arrivent, ils interrogent les suspects, la victime se fait encore harceler deux ou trois fois, puis on trouve le coupable et on l’arrête à temps. La série fonctionne sur un schéma très répétitif : les mêmes actions, au même moment. Et, hélas, les mêmes coupables, que l’on devine assez vite.

Fausse angoisse

La série mise beaucoup sur deux aspects. Le premier, c’est l’angoisse.

Les réalisateurs tentent de recycler les techniques des pires films d’horreur. Les attaques se déroulent souvent la nuit, dans des endroits déserts. De façon presque systématique, le harceleur éteint les lumières de la maison ou de la pièce. La musique se fait angoissante. On voit une ombre qui se faufile en arrière-plan ou qui apparaît subitement derrière le personnage, dans le reflet d’un miroir ou autres détails du genre.

La réalisation mise aussi beaucoup sur les « jump scare », les effets de surprise dus à l’apparition soudaine d’un personnage. La série cherche à nous faire peur, à nous faire sursauter. Le problème, c’est que ces effets, rendus systématiques, perdent leur intérêt tant ils sont attendus. Et la volonté d’angoisser le spectateur tombe à l’eau.

Personnages formatés

Le second aspect, ce sont des personnages qui se veulent originaux.

La patronne, c’est Beth Davis (Maggie Q, actrice de films d’actions qui se traîne paisiblement dans cette série). C’est le type « femme forte qui cache un lourd secret », secret qui sera dévoilé progressivement au fil des épisodes.

À ses côtés, nous avons Jack Larsen, interprété par Dylan McDermott, que le scénario essaie de nous présenter comme un « bad guy » qui espionne une femme blonde dès les premiers épisodes. Bien entendu, l’honneur sera sauf, mais on n’a jamais vraiment eu peur.

Les autres personnages sont des faire-valoir, bien habillés, bien coiffés, et dépourvus du moindre intérêt, des ombres sans épaisseur.

Perry

Le seul intérêt de cette série, c’est la présence de Perry. Nous le rencontrons dès le premier épisode. C’est un étudiant psychologiquement instable qui harcèle ses camarades. Il va jeter son dévolu sur Beth et tout faire pour se rapprocher d’elle. Il constitue une sorte de fil rouge qui va unir les épisodes décousus de cette trop prévisible série. On va le suivre en train de préparer son plan.

En conclusion, Stalker est une série certes peu désagréable, qui peut se regarder comme un divertissement innocent, mais qui est d’une grande banalité, d’une grande absence d’ambition et qui échoue totalement à nous angoisser. C’est sûrement la raison de son échec commercial, puisque la série est interrompue suite à la première saison (20 épisodes en tout et pour tout).

Bande Annonce – Stalker

Fiche technique – Stalker

Une saison, 20 épisodes
Créateur, producteur exécutif et scénariste : Kevin Williamson
Réalisateurs : Liz Friedlander, Kevin Bray, Jeff Thomas T. et Fred Toye
Monteurs : Rosanne Tan, Tom Costain, Chi Chung Yoon et Rob Seidenglanz
Musique : John Frizzell
Production : Warner Bros Television, Outerbanks entertainment
Société de distribution : CBS
Avec Dylan McDermott (Jack Larsen), Maggie Q (Beth Davis), Mariana Klaveno (Janice Lawrence), Victor Razuk (Ben Caldwell), Erik Stocklin (Perry), Eion bailey (Ray Matthews), Warren Kole (Trent).
Année de production : 2014
Format : 20 épisodes de 42′

Loin De La Foule Déchainée: Musique, Bande Originale

Loin De La Foule Déchainée – La B.O./Trame sonore/Soundtrack

Musique Classique

Loin De La Foule Déchainée, qui sortira le 3 juin prochain, s’annonce comme une grande et belle romance dans la lignée des grandes références du genre comme Hollywood en a le secret. Du coup la bande originale composée par Craig Armstrong (Time Out, Gatsby Le Magnifique) s’inscrit dans cet héritage des grandes histoires d’amour, faites de drames, de déchirements et d’injustices propres au genre. Si Craig Armstrong s’inspire d’une certaine tradition musicale, ce n’est pas en singeant ce qui a déjà été fait.

C’est un classicisme assumé qui règne sur cette musique, presque de la « grande » musique de film. Les violons sont bien entendu de sortie une fois n’est pas coutume, sans rien de péjoratif. Bref c’est beau, souvent émouvant et, même si ce film n’atteint pas les sommets du genre que peuvent être Autant En Emporte Le Vent ou d’une autre manière Sur La Route De Madison, il aura le mérite d’avoir trouvé, avec cette bande originale, la voie de ses illustres prédécesseurs.

Bande Originale – Loin De La Foule Déchainée

https://www.youtube.com/watch?v=DrNZ-lYFM48

Sortie : 17 avril 2015

Distributeur : Sony Classical

Durée : 57’

Tracklist :

1. Opening 4’40

2. Jerusalem The Golden 1’56

3. Corn Exchange 1’27

4. The Great Misunderstanding 2’25

5. Spring Sheep Dip 2’19

6. Oak Returns 2’18

7. Let No Man Steal Your Thyme 2’06

8. Never Been Kissed 3’01

9. Hollow In The Ferns 3’39

10. Batsheba And Troy Wedding 3’06

11. Dribbles Of Brandy 1’10

12. Swiss Boy 1’50

13. Fanny And Troy 4’05

14. Troy Swims Out 1’17

15. O Come O Come Emmanuel 2’47

16. Boldwood Variation 2’32

17. Michael Turner’s Waltz 1’47

18. Jenny Lind Polka 1’52

19. Time Moves On 1’08

20. Oak Leaves 1’11

21. Bathsheba And Oak Unite 1’36

22. End Credits 2’08

23. Let No Man Steal Your Thyme 2’33

24. Far From The Madding Crowd Love Theme 3’43

The Corner, Une Série De David Simon : Critique

Cette mini-série est l’adaptation du livre-enquête écrit par David Simon et Ed Burns The Corner: A Year in the Life of an Inner-City Neighborhood.

Le premier est aussi à la création, mais avec David Mills, ce sont deux journalistes de la ville de Baltimore, lieu où se déroule les faits. Ils nous relatent le quotidien de Lafayette Street, un ghetto noir au début des années 90, à travers la vie de la famille McCullough détruite par la drogue.

Synopsis : La vie quotidienne des habitants de La Fayette Street à Baltimore, un quartier défavorisé rongé par la drogue qu’on vend en plein jour et la violence. DeAndre McCullough, âgé de quinze ans, vit avec sa mère Fran, une toxicomane, comme son père Gary.

Growing Up In The Hood

Charles S. Dutton est à la réalisation. Il ouvre et ferme chaque épisode en s’adressant à la caméra, ou en faisant intervenir des gens du quartier, en les interrogeant sur leurs vies. Cela confère un côté documentaire, en nous plongeant au plus près de cet enfer sur Terre. L’histoire est réelle, ce qui la rend encore plus effrayante. Les acteurs se mêlent à cette communauté, accentuant le réalisme des événements. Dès sa première apparition, Charles S. Dutton, rappelle qu’il n’y avait que cinq prisons dans l’état du Maryland, avant que la drogue envahisse les rues. Maintenant, elles sont au nombre de 28 et pourtant, les coins de rues n’ont pas disparu, le problème est toujours là. La répression n’étant pas une solution, mais un pansement, sur un problème plus profond.

On va faire la connaissance de Gary McDonnough (T.K. Carter), un homme sans emploi, vivant dans le sous-sol de ses parents et dont le quotidien se résume à trouver l’argent, pour s’offrir sa dose de crack. Par le biais de flashbacks, on découvre son passé, tout comme celui du quartier, où la vie semblait plus agréable. Il avait une bonne situation, une maison, une femme et un fils, avant de tomber dans la drogue. Ce fléau venu des tours, avant d’envahir les rues et détruire familles et vies. « Une vie de chien », c’est comme cela que Gary parle de lui. Il écume les maisons abandonnées et décharges, pour trouver du cuivre et le revendre, tout en pensant à d’autres moyens d’avoir des dollars dans ses mains, avant que cela finisse dans ses veines. De l’argent difficile, pour une vie, qui l’est tout autant.

En le suivant dans les rues de Baltimore ouest, où se côtoient les dealers et drogués, on découvre la dure réalité de ses habitants. Ils sont abandonnés à leur sort. En-dehors des descentes de police quotidiennes et des blancs venant prendre leurs doses de coke, personne ne s’aventure dans leurs quartiers. Les coins de rues sont aux mains des dealers, des points stratégiques convoités par les locaux, comme par ceux venant de New York. Chaque jour, une bagarre ou un coup de feu se fait entendre, pour s’approprier le coin ou le garder. C’est une guerre sans fin, la police semble impuissante face aux profits générés par la vente de la drogue, où les vendeurs sont des adolescents. L’argent facile est attractif, une manière d’améliorer leurs vies, d’aider leurs parents, de vivre au lieu de survivre. Mais avec autant de dollars dans les mains, ils prennent le pouvoir face à leurs parents, souvent aux chômages. Ils ont grandi trop vite, ne respectent ni l’autorité parentale, ni policière. Ils ont quitté l’école, le dollar est devenu le seul moteur de leurs vies.

Dans chaque épisode, on va découvrir un nouveau membre de la famille McDonnough. DeAndre McCullough (Sean Nelson) est le fils, pris entre le désir de s’en sortir et celui de l’argent facile. Il n’a aucun repère, ni exemple. Ses parents sont des drogués, il est seul face à la rue et pour un adolescent, comment résister aux tentations, que ce soit les filles ou les dollars ? Pour la police, c’est un dealer et rien d’autre. Alors que c’est avant tout un être humain, avec ses qualités et ses défauts. Il y a du talent dans ses mains, on le découvre à travers ses écrits. Il n’est pas le seul, mais dès le départ, les dés sont pipés.

Mais en ce lieu de perdition, il y a le centre social de Mlle Ella (Tyra Ferrell), un endroit où les enfants et adolescents peuvent échapper, temporairement, à la difficulté de leur quotidien. Elle porte sur eux un regard rempli de tendresse, une femme forte qui a foi en eux et tente de les éloigner de la rue, par le sport et les arts. Tout le monde la respecte, enfants comme adultes. Elle a choisi de rester dans le quartier, de se battre pour eux et non, contre eux. Une différence énorme, en ne les stigmatisant pas, mais en essayant de faire ressortir le meilleur de chacun. Ils ne sont pas nés dealers, drogués ou gangsters, ils le sont devenus par défaut, choix ou influences. Elle est la lumière, dans l’obscurité de leurs vies, une main tendue. Mais on en revient toujours au même point, comment lutter contre le dieu dollar ?

Fran Boyd (Khandi Alexander) vient compléter ce sombre tableau. Une mère tiraillée entre la drogue et ses fils, voulant leur réussite, mais aussi sa dose de crack. Son passé commun avec son mari Gary McDonnough, où leur vie était heureuse, ou du moins confortable, resurgit parfois, apportant un peu de couleur dans la grisaille de leur présent. Au fil des épisodes, on découvre comment ils en sont arrivés là et comment le quartier a évolué. Cette descente aux enfers est liée à la dégradation de Baltimore ouest, devenant un ghetto noir, dans un pays soit disant évolué. Une situation dont ils ne semblent pouvoir s’échapper, ni leurs familles, ni leurs amis, ne les aident, bien au contraire. C’est une spirale sans fin, ils ne peuvent faire confiance à personne. Les arnaques et humiliations font parties de leur quotidien, seule la drogue leur permet d’oublier leur condition de vie inhumaine.

Baltimore se bat avec Washington pour le titre, peu glorieux, de capitale du crime. Les récents événements avec le décès de Freddie Gray et les émeutes qui ont suivi, démontrent la violence qui règne dans cette ville, qu’elle soit des mains de la justice, ou pas. Un constat effrayant de la condition de vie des noirs aux États-unis, dont The Corner montre la face cachée, celle d’une population abandonnée comme la ville, d’un combat sans fin face à la drogue et ses ravages.

En tant que journalistes et policiers, ils mettent leur expérience au service de l’histoire, en faisant une étude sociologique de cette ville et de ses habitants. La qualité de la série a été récompensée par trois Emmy Awards en 2000 : meilleure mini-série, meilleur réalisateur pour Charles S. Dutton et création pour David Simon et David Mills. Pourtant, elle reste confidentielle, malgré sa grande qualité, on s’attache à ces personnes, on ressent leurs douleurs, en espèrant un avenir meilleur pour eux, c’est très fort émotionnellement et humainement.

Trailer – The Corner

Fiche technique – The Corner:

The Corner – USA
2000 – 6 épisodes
Créateurs : David Simon et David Mills
Réalisation : Charles S. Dutton
Distribution : T.K. Carter, Khandi Alexander, Sean Nelson, Clarke Peters, Glenn Plummer, Toy Connor, Maria Broom, Corey Parker Robinson, Tyra Ferrell, Delon Browne, Neko Parham, John Epps et Brian O’Neill
Musique : Corey Harris
Producteurs : David Simon, David Mills et Robert F. Colesberry
Productions : HBO, Blown Deadline Productions et Knee Deep Productions
Genre : Drame

Cannes 2015: Sorrentino Et Kore Eda Dans Le Sillon De Leurs Aînés

Cannes 2015: une ère moderne avec des airs d’antan

La seconde quinzaine du mois de mai a la jolie tendance d’attirer l’attention sur la France. Avant l’ocre de la terre parisienne, c’est vers le tapis rouge cannois que tous les regards se dirigent. Encore une fois, les pieds les plus fameux du cinéma mondial le fouleront, les robes et les paillettes le sublimeront. Mais si cette carpette sublime confère au festival un costume connu de tous, l’âme de ce rassemblement réside bel et bien dans la célébration des films de tout temps et de tous lieux.

Et alors que la section Classique du cru 2015 met à l’honneur des figures de références des cinémas italiens et japonais (Visconti, Mizoguchi, Fukazaku); il est intéressant de remarquer qu’en parallèle, dans la sélection officielle, des cinéastes tels que Paolo Sorrentino et Hirokazu Kore Eda apparaissent en porte étendard d’une tradition cinématographique qu’ils incarnent et respectent, tout en la réinventant. Leurs films sont des hommages, mais surtout, indépendamment de leurs maîtres, gravés dans le contemporain et la modernité.

La Grande Bellezza, farandole « Fellinienne » revisitée

La Grande Bellezza, il y a 2 ans de cela, magnifiait déjà les contraires, faisant s’entrechoquer les gloires du passé et la décrépitude du présent, virevoltant dans le temps et dans les doutes d’une ville et d’un homme essoufflés. Fellini n’était pas loin, tout prêt même; La Dolce Vita (Palme d’or en 1960) résonnait en couleur. Et, même si Anita Ekberg n’était plus là, le film s’ouvrait sur une fontaine, « D’Ell Acqua Paula » cette fois. Avec cette même quête de réponse et de finalité, plongée dans un mysticisme antique. On peut imaginer Tony Servillo en figure plus âgée de Marcello Mastroianni, homme de lettre, homme de femmes, tiraillé par la société, sur laquelle ils portent un regard de dégoût admiratif. On retrouve les mêmes danses vertigineuses, chaudes, ce même culte de l’image pour les vestiges, les statues, et les corps. Ce même regard posé sur les élites: aristos comme intellos, tous participent à la déchéance, celle-ci contrebalancée par une morale religieuse et spirituelle en perte de vitesse. Le tout capté par une caméra dont on ne sait pas vraiment si elle est vivace ou langoureuse, mais qui nous invite dans les méandres d’une société en crise. Deux films absolument lyriques, mais ancrés dans un réel questionnement des mœurs et des esprits. Fellini et Sorrentino, deux cinéastes alarmés mais peut-être aussi un peu envoûtés par leur époque et la ville dans laquelle ils vivent. Deux metteurs en scène géniaux pour capter la puissance et la fragilité des hommes, la beauté et la futilité des choses.

Still Walking, poème « Ozuesque » sur la famille

Still Walking (2008), un des plus beaux films de Kore Eda, mais pas sélectionné à Cannes comme avaient pu l’être Nobody Knows ou encore Tel Père Tel Fils il y a deux ans, n’est pas sans rappeler Voyage à Tokyo (1953) de Yasujiro Ozu. Les deux Japonais explorent littéralement la famille, exhibant avec délicatesse les blocages générationnels et émotionnels communs à tous. Tout est dit sans vraiment le dire, tout est montré sans vraiment le faire, c’est un cinéma fin où l’on lit entre les lignes, c’est un cinéma silencieux où l’on entend les plaintes. Deux films, de proximité spatiale et d’éloignement temporel, où la mort n’est jamais très loin. Ozu comme Kore Eda rapprochent leurs protagonistes pour mieux les séparer. Chez le premier les parents visitent les enfants, l’inverse chez le second. De notre œil d’Européen, il est d’autant plus intéressant d’observer cette société radicalement différente sur la forme, mais étrangement similaire sur le fond, avec cette même bataille quotidienne pour l’expression de soi et la compréhension des autres. Deux films qui puisent leur force dans leur sujet, mais aussi dans l’habileté de leur mise en scène qui, en douceur, parvient à dépeindre la famille, mouvante et nostalgique.  La maison ne peut alors qu’être le théâtre du récit, et bien que ce ne soient pas des huis clos, le poids des murs se fait sentir. La fixité et la patience des plans entretiennent le père, le fils, la mère, la fille dans leur tourmente. Et tout ou presque relève de l’ordinaire: les dialogues, les personnages, l’intrigue. Mais cette banalité importe puisqu’elle contraste avec ce qui n’arrive pas à ressurgir, le dialogue, la confession, le sentiment. Kore Eda s’affirme dans son temps en décrivant une famille moderne, recomposée, où la filiation n’est pas biologique, et où le remariage dérange les traditions.

On comprend pourquoi les deux réalisateurs sont appréciés à Cannes, ils s’inscrivent pleinement dans la culture de l’image et du sujet de cinéastes pionniers. Il ne reste plus qu’à espérer que les films qu’ils nous présenteront soient à la hauteur de ce qu’ils sont et de ceux qu’ils revisitent.

 

La Tête Haute, un Film d’Emmanuelle Bercot : Critique

Bienvenue chez les chtis

Un an plus tôt, le festival de Cannes s’ouvrait sur une démonstration, formelle comme thématique, de ce que le cinéma pouvait engendré de plus clinquant et pompeux avec un Grâce De Monaco terriblement décevant. Après ce flop artistique et commercial, la programmation cannoise prend, à l’occasion de sa 68ème édition, sa réputation d’étalage bling-bling à contre-pied, en débutant par un modeste film social signé par une réalisatrice française. Finis les palais royaux monégasques, place aux centres de rééducation du Nord-Pas-De-Calais. Une initiative d’autant plus louable que la parité au sein de l’industrie cinématographique est, comme l’aura d’ailleurs prouvé le discours d’ouverture de Lambert Wilson quelques minutes avant cette première mondiale, devenue un enjeu capital. La tête haute n’est toutefois pas une petite production qui avait fondamentalement besoin d’être diffusée en festival pour jouir d’une promotion vendeuse, la seule présence de Catherine Deneuve y pourvoyait. C’est d’ailleurs la seconde fois qu’Emmanuelle Bercot dirige l’ancienne star des Parapluies de Cherbourg, puisque sa présence dans le très remarqué Elle s’en va, neuf mois plus tôt, avait été considérée par certains comme un « renouveau » à sa longue carrière. Cette fois, l’actrice prête ses traits à une juge pour mineurs à Dunkerque pleine de détermination.

Quelque part entre Mommy et Bronson

Mais, contre toute attente, Catherine Deneuve n’est ni le personnage principal, ni l’interprète la plus remarquable du long-métrage. En plus d’un Benoit Magimel plus authentique que jamais en instituteur paternaliste et d’une Sarah Forestier, pas crédible pour deux sous en mère irresponsable et physiquement repoussante, le casting tourne autour d’un jeune acteur qui porte littéralement le film sur ses épaules. Rod Paradot est une révélation pleine de promesses permise par un casting sauvage, puisqu’il a été repéré alors qu’il était en plein C.A.P. menuiserie en Seine-Saint-Denis. Pour incarner Malony, cet adolescent perturbé, le jeune acteur fait preuve d’une énergie qui rend plus saisissantes encore ses fêlures intérieures. Impossible, en voyant ce jeune garçon survolté, de ne pas penser à celui du dernier film de Xavier Dolan, d’autant que Rod Paradot a le même regard qu’Antoine-Olivier Pilon. Mais la différence vient du fait que, plutôt qu’une prise en charge maternelle au Canada ici, en France, le garçon est entre les mains des services sociaux. Les rouages de cet encadrement judiciaire sont décrits avec un sens du réalisme qui n’a rien à envier au Polisse de Maïwenn, mais dont le scénario ne fait que répéter le même schéma : passage devant le juge, mise en institution, sortie avec de bonnes intentions, récidives, passage devant le juge… Après deux ou trois cycles, le film aurait pu se clore mais la répétition semble, comme la violence interne du personnage, intarissable.

Un plaidoyer pour l’étatisme sociétal

Alors que la question de l’éducation de nos jeunes est au centre du débat public, la vision de La Tête Haute interroge très clairement sur le traitement que méritent les délinquants jugés irrécupérables. Si le film avait pris fin à mi-parcours, nous épargnant des redites irritantes mais laissant Malony dans sa situation sans avenir, il aurait s’agit d’un constat d’échec terriblement fataliste sur les capacités de la justice à éviter aux délinquants de plonger dans la spirale des récidives et de la criminalité. Difficile, durant les cent-vingt minutes, de savoir comment Bercot va réussir à clore son film, puisque ce message négatif semble, dès le début, ne pas être son objectif. Tandis que le parcours de Malony accumule les rabâchages et les clichés, la naissance d’une histoire d’amour annonce vers quelle note positive la réalisatrice va diriger son happy-end. Mais la conclusion outrageusement mielleuse du film (qui elle-même fait écho à la scène d’ouverture d’ailleurs) va se terminer sur un plan de fin d’un drapeau bleu-blanc-rouge flottant au vent, qui rend indiscutable la complaisance de la réalisatrice envers les institutions françaises, pour ne pas dire sa volonté d’apologie du travail du ministère de la justice.

Privé du moindre effet de mise en scène et pas toujours bien filmé, La Tête Haute profite d’une réalisation crue qui participe au sentiment de réalisme brut que dégage son histoire. Mais, plus que son esthétique rudimentaire ou sa bande originale lourdaude, le nouveau film d’Emmanuelle Bercot est surtout ankylosé par une narration rébarbative et par une morale des plus consensuelles. Heureusement, la présence d’une Catherine Deneuve majestueuse et la révélation électrisante de l’excellent Rob Paradot nous rappellent que, s’il avait duré deux fois moins longtemps, nous aurions assisté à un grand moment de cinéma.

Synopsis : Dès ses six ans, l’avenir du jeune Malony est placé entre les mains d’une juge pour enfants qui l’éloigne de sa mère, incapable de l’élever seule. Dix ans plus tard, il est devenu un délinquant multirécidiviste que les multiples passages devant la justice n’ont pas su calmer. La juge et l’éducateur qui se chargent du dossier vont devoir redoubler d’efforts pour remettre Malony sur le droit chemin avant qu’il n’atteigne la majorité.

La Tête Haute: Bande Annonce

La tête haute: Fiche Technique 

Réalisation : Emmanuelle Bercot
Scénario : Emmanuelle Bercot et Marcia Romano
Interprétation : Rod Paradot (Malony), Catherine Deneuve (la juge), Benoît Magimel (Yann), Sarah Forestier (Severine)
Photographie : Guillaume Schiffman
Montage : Julien Leloup
Producteur : Denis Pineau-Valencienne et François Kraus
Maisons de production : Wild Bunch et France 2
Distribution (France) : Wild Bunch Distribution
Récompenses: Césars 2016 du meilleur espoir masculin pour Rod Paradot et Meilleur acteur dans un second rôle pour Benoit Magimel
Durée : 120 min
Genre : Drame
Date de sortie : 13 mai 2015

France – 2015