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Creep, la nouvelle comédie horrifique par les producteurs de Paranormal Activity

Creep, la comédie horrifique créée de Patrick Brice produite par Duplass Brothers et par Blumhouse Production débarque sur Itunes le 23 juin et sur Netflix le 14 juillet.

Synopsis : À la recherche d’un travail, Aaron (Patrick Brice), vidéaste optimiste malgré tout, tombe sur une annonce en ligne qui offre 1 000 dollars pour tourner un film en toute “discrétion”. Pauvre en argent mais riche de naïveté, Aaron décide de se lancer. Il se rend à une cabane dans une ville perdue en montagne pour faire la connaissance de Josef (Mark Duplass) qui, atteint d’une maladie en phase terminale, lui demande d’enregistrer une série de films pour son fils à naître. Aaron est d’abord emballé mais plus la journée avance, plus les malaises se succèdent et plus Josef devient étrange et inquiétant…

Avec Creep, Patrick Brice fait ses débuts en tant que réalisateur avec des producteurs de haut-niveau : Jason Blum (Paranormal Activity, Insidious) et Mark Duplass (Safety not guaranteed) dans un jeu intense entre deux protagonistes qui se renverse à chaque instant. Brice remet au goût du jour le Found Footage, essoufflé après Paranormal Activity et Rec et réussit avec son partenaire Duplass, une prestation incroyable.

À propos de son personnage « Josef », Duplass explique : «Nous étions intéressés par le profil psychologique de cette très, très étrange personne. Nous avons été très intéressés par la façon dont vous rencontrez des gens, quand vous ne comprenez pas encore très bien ce qui se passe, mais que vous commencez à percevoir des signes. Pour nous, c’était d’abord un intense contact visuel, avec une grande absence d’espace personnel, bien au-delà de la complicité, peut-être même trop d’amour ici et là. Mais, pour moi, il y a quelque chose de malsain avec les deux gars. Profondément. C’est le concept de qui est le « Creep » (« Sale type » en français) du scénario? »

Diplômé de l’Institut des Arts, des films et vidéos de Californie en 2011, Patrick Brice s’est démarqué avec son film-thèse Maurice. Après la première de Rotterdam, Maurice remporta le Grand Prix du Jury du meilleur documentaire court au Festival de Floride.

Acclamé par la critique et par l’audience à la Première de SXSWC en 2014, Creep est le premier film de Brice en tant que réalisateur, scénariste et acteur. Sa seconde réalisation The Overnight, débutée lors du Festival de Sundance, sera diffusée par la compagnie The Orchad (Plus fort que les bombes) le 19 juin.

Z32, un film de Avi Mograbi: Critique

Le sens du devoir doit-il gouverner la conscience ?

La tentative de « Mea Culpa » d’un soldat israélien ayant tué deux policiers palestiniens, le tout retranscrit par l’intermédiaire de la caméra de l’infatigable Avi Mograbi marque assurément les esprits. Plusieurs réalisateurs ont tenté d’expliquer l’inexplicable, la décision de tuer un semblable, mais la manière utilisée par le réalisateur pour traiter le sujet à la fois d’une manière très professionnelle et comique rend ce documentaire totalement à part. Il apporte notamment plus d’informations à la fois sur les raisons profondes qui pousse un être à « tuer », et d’un point de vue plus global sur l’ensemble du conflit israélo-palestinien.
En effet, encore une fois M.Mograbi parvient à traiter une différente thématique de ce conflit éternel, le comportement de l’armée israélienne, souvent reconnue comme étant la meilleure armée du monde. On découvre notamment les faces cachées de cette organisation militaire, malheureusement souvent exposée aux médias internationaux. Nous sommes également conscient en lançant ce documentaire que l’armée de l’Etat d’Israël est un sujet très sensible, dans un pays que l’on a découvert au travers de ces précédents longs métrages.
Mais, comme toujours avec ce réalisateur et cette capacité d’innovation, et cette manière de rentrer dans le registre de la comédie pour donner un double sens à sa pensée. Avi est capable d’exprimer librement son opinion et faire partager ses convictions. Il serait également logique d’insister sur le fait que ce réalisateur fait parti des meilleurs en termes de réalisation de documentaires actuellement, tant son approche entre la fiction et la réalité est habilement menée. Cette créativité, se distingue dans cette oeuvre, par exemple quand il s’improvise chanteur dans son appartement, dans un réel orchestre ou accompagné d’un pianiste dans son appartement, où encore apparaître cagouler pour son entrée en matière.

Ainsi, pour débuter ce long métrage, Avi Mograbi décide de se déconnecter totalement de la fiction, en invitant le spectateur à découvrir les protagonistes, le soldat et sa femme échangés librement en face de la caméra. On voit notamment des « acteurs improvisés », totalement décomplexés dans leurs échanges face à la caméra ce qui accroît l’intérêt des spectateurs, tant ils peuvent comprendre voire s’identifier dans ces personnages. Cette entrée en matière est à la fois appréciable pour les « connaisseurs », tant le réalisateur tente une nouvelle fois d’innover, mais elle est sans doute un peu trop osée pour quelqu’un qui découvrirait sa filmographie. Cette introduction est également un peu décousue, il est vrai qu’il est très compliqué de suivre clairement la ligne directrice du réalisateur. Mais, lorsque l’on voit M.Mograbi cagoulé, expliquer clairement quel va être l’objet de cette oeuvre, on commence ainsi à être véritablement captivé par cette « oeuvre noire ».
Tout d’abord, on distingue clairement que l’armée Israélienne ne conçoit pas des guerriers mais véritablement des machines de combat. En effet, le soldat interviewé apparaît être une personne déterminée et programmée, avec notamment ce type de citation « chacun se prend pour Chuck Norris« . Ce protagoniste montre également à quel point l’homme est formaté pour devenir une arme fatale prête à accomplir sa mission ultime pour servir les intérêts d’un conflit qui supervisent très souvent de façon superficielle. Mais, l’intérêt de cette oeuvre est de voir comment par l’intermédiaire du septième Art, cette machine peut retrouver son aspect naturel, un être humain.
Par la suite, au cours des échanges, on passe dans plusieurs mondes, un guerrier agressif qui tente de se repentir, un réalisateur s’improvisant chef d’orchestre. Mais tout ces enchaînements peuvent laisser à désirer, et effrayer le plus grand nombre tant il est compliqué de suivre clairement la pensée du réalisateur. On pourrait aussi constater que par moment, certains plans sont totalement manqués, et qu’à vouloir trop innover on finit par gâcher par intermittence un véritable potentiel de création.

Concernant notre cher ex-soldat, on s’aperçoit que ce qui finit par atteindre l’ancien combattant, c’est la répétition des gestes, qui en deviennent une formalité et peu à peu on pourrait dire qu’il s’instaure une brutalité naturelle. A l’image du moment où le soldat avoue avec un calme assez perturbant que « tirer sur des enfants pouvait être un ordre comme un autre ». Le spectateur est ainsi enclin à se demander si il n’est pas normal pour un guerrier et potentiel meurtrier de respecter des ordres irréels, où ôter la vie d’un être n’est plus qu’un simple paramètre.
On pourrait ainsi supposer que les chefs de l’armée israélienne au travers de cette oeuvre, sont les commandants de l’irréels, avec une réelle déconnexion par rapport aux principes de l’humanité, comme si la guerre était un monde sans limite. Par ailleurs, tout cette réflexion provient majoritairement, après avoir pris du recul sur ce documentaire très lent et difficile à supporter. Mais, par la suite, nous sommes en mesure d’établir des analyses plus pertinentes sur la volonté du réalisateur. Par exemple, ce film est typiquement l’oeuvre que l’on se passerait de revoir une deuxième fois.
Le reproche majeur que l’on pourrait faire au réalisateur est sa volonté absolue d’être au plus proche des réalités. Mais, cette volonté de s’astreindre des codes cinématographiques lui fait réellement perdre sa valeur intrinsèque, puisque certains passages sont véritablement trop amateurs. Cependant, cet aspect de réalité permet également au réalisateur de « banaliser la vie d’un meurtrier » que l’on finit rapidement par s’attacher et presque à l’excuser de ses péchés. On vient même à compatir parfois avec ce soldat, lorsque sa femme tentant de comprendre ses gestes « c’est si absurde que je ne trouve pas le mot juste » ou encore « je ne te considère pas comme un assassin mais je ne comprends pas pourquoi tu les as tué ». Au fur et à mesure on comprendre clairement que l’armée c’est la déshumanisation de l’être, où l’homme est arme, et la conscience n’est dictée que par l’ordre.

Même si parfois, l’homme refait surface, et il est assez compliqué d’accepter cette transition. A l’image de ce passage où il affirme avoir été le soir-même des meurtres, à un concert avec ses amis comme si de rien n’était. Comme si il était vidé de tout ses sens, et que le regret pouvait avoir lieu seulement en dehors de son champs d’action professionnel, l’unité israélienne. Mais, on comprend clairement que ce passage est un moment indispensable pour que le soldat puisse extérioriser ce qu’il aurait toujours pensé garder en lui-même.
Par la suite, Avi Mograbi, entraîne le soldat jusqu’au lieu où il a tué deux policiers palestiniens, ce moment est très astucieusement choisi, puisque à la fois cela permet au spectateur de visualiser la scène du crime et au soldat de terminer son Mea-Culpa. A ce moment là, on peut pense régalement que la jeunesse des troupes est aussi un facteur d’influence, puisque toutes les unités sont composées selon ses dires, de jeunes prêts à tout. Ainsi, on pourrait supposer que les armées jouent sur ce critère pour pouvoir manipuler et influencer leurs consciences.
Ensuite, concernant le réalisateur on ne peut que louer sa capacité à créer et à se différencier de ses semblables. Il y a des moments qui sont réellement osés et terriblement efficaces, tel que parler de son film dans son film, lancer les crédits 20 minutes après le début du documentaire et changer les floutages des protagonistes qui suivent l’évolution du Mea Culpea. En effet, au début de ses aveux on retrouve des protagonistes totalement floutés et au fur et à mesure, Avi Mograbi propose un floutage très proche de la réalité, comme si après avoir imploré pardon par le biais du septième art le soldat était redevenu homme, et était en droit de s’affichait tel qu’il est vraiment.
Globalement, cette oeuvre est très compliquée d’accès, de part un rythme très lent et assez pesant volontairement choisit par le réalisateur pour montrer le poids de porter dans sa vie l’âme de deux personnes. Un choix critiquable à première vue tant on finit par se lasser de ses témoignages, mais à la fin de ce documentaire, nous sommes persuadés d’avoir vu quelque chose de grand, avec une énergie « noire » unique. Dans ce documentaire, la conscience du soldat est livrée au grand public, où l’on distingue une culpabilité omniprésente d’avoir été endoctriné de cette manière. En somme, ce documentaire mérite d’être visionné notamment pour sa dimension anthropologique très intéressante et cette mise en scène toujours plus impressionnante.

Synopsis : Un ex-soldat israélien a participé à une mission de représailles dans laquelle deux policiers palestiniens ont été tués. Il cherche à obtenir le pardon pour ce qu’il a fait. Sa petite amie ne pense pas que ce soit si simple, elle soulève des questions qu’il n’est pas encore capable d’affronter. Le soldat témoigne volontairement devant la caméra tant que son identité n’est pas dévoilée. Le cinéaste tout en cherchant la solution adéquate pour préserver l’identité du soldat, interroge sa propre conduite politique et artistique.

Z32 Trailer

Z32: Fiche Technique

Réalisation : Avi Mograbi
Scénario : Avi Mograbi
Photographie : Philippe Bellaïche
Musique : Noam Enbar
Montage image : Avi Mograbi
Montage son et mixage : Dominique Vieillard
Effets spéciaux : Eran Feller
Genre : Documentaire
Durée : 81 minutes
Pays d’origine : France, Israël
Production :
Producteur délégué : Serge Lalou
Coproducteurs : Avi Mograbi
Production déléguée : Les Films d’ici
Coproduction : Le Fresnoy – Studio National des Arts Contemporains
Distribution :
France : Les Films du Losange

Dates de sortie :
Italie : 30 août 2008 (Mostra de Venise)
France : 26 novembre 2008 (Entre vues, Festival international du film de Belfort)2
France : 18 février 2009

Auteur : Adrien Lavrat

Alien, le huitième passager, un film de Ridley Scott : Critique

Comme il y eut un avant et un après (Le) Voyage dans la Lune, il y eut aussi un avant et un après Alien. A la mesure de Georges Méliès véritable initiateur de la Science Fiction, qui définit de son temps les codes du genre, Ridley Scott a nettement contribué à la popularisation de LA créature parfaite, inventée et imaginée par H.R. Giger. Tout droit sorti du plus abyssal des cauchemars, l’extraterrestre bestial et malfaisant est aussi doté d’intelligence et d’une capacité d’adaptation hors pair.
Le réalisateur affiche la volonté de faire frémir son spectateur dès le pré-générique, avec une image sombre, profonde comme le vide spatial, au dessus de laquelle le titre vient se figer telle une engravure dans la pierre. La situation précaire de l’équipage n’aura d’égale que la technologie poussive du Nostromo.

Alien, le huitième passager.

Quinze minutes de prologue s’avèrent nécessaires à l’introduction des lieux et des personnages ; à leur condition autarcique où le café est leur seule source de confort. Déjà un détail cloche avec le fameux titre français : Il y a le 3ème officier Ripley, puis kane, Bret, Lambert, Parker, H, le Capitaine Dallas…et Jones, le chat. Alien serait donc plutôt le neuvième passager…
La bande originale, somme toute simpliste, fait naître très efficacement l’inquiétude. Il suffit de quelques notes souples orchestrées autour des bruitages, pour être immergé dans une ambiance pesante, chargée d’électricité, mais aussi presque onirique par certains plans fixes de l’espace. La musique est, pour ainsi dire, le ciel qui vient à s’assombrir subitement au présage d’un orage violent.

« Minou, minou, minou ?!? »
Le film révèle le ressenti oppressif de la proie ; celui de la petite souris chassée par le chat, lancée dans un affrontement outrageusement inégal. Le huis-clos étouffant se construit avec méthode, Ridley Scott prend le temps d’installer l’hôte dans le vaisseau, pour développer par la suite un récit au rythme exacerbé. Il se sert aussi bien de l’immensité absolue de l’Univers que des conduits étroits de ventilation, pour un maximum d’emprise sur le spectateur.
Au-delà d’une histoire percutante, Alien, le huitième passager est un puis de séquences mythiques. Kane, couché amorphe à l’infirmerie, le visage recouvert de cette répugnante chose arachnoïforme, efface la circonspection pour ne laisser place qu’à la peur. L’infirmerie, décors blancs éclatants, symbole de virginité, est tout à coup occupée d’un mal étrange qui ne demande qu’à se propager. La séquence capte l’attention, accroche par son effet transitoire ; le calme avant l’asphyxie. Kane meurt ; une mort atroce, car Kane n’était que le levier d’une chasse à l’homme sans merci au travers du vaisseau. Une lutte à la vie contre un « organisme hostile » qui semble tout taillé pour la chasse au gros gibier.
Les dialogues mettent en exergue les rôles. L’usure des personnages grandit. La complicité du début se fragmente. Ils permettent à Ripley de gagner en prestance, à l’élever au niveau des personnages emblématiques du Septième Art, sans que la caméra soit égocentrée. Sigourney Weaver dénote par une assurance remarquable, malgré son expérience jusqu’alors limitée à deux long-métrages, dont le premier Annie Hall réalisé par Woody Allen deux ans auparavant. Il sera alors impossible pour quelque réalisateur qu’il soit de penser une suite à ce premier opus sans considérer Sigourney en Ripley.

Les clés de la gloire.
Le film a entre autres reçu l’Oscar des meilleurs effets visuels. Des décors planétaires à la créature, le rendu est incontestablement maîtrisé. Les cadrages et mouvements de caméra sont toujours soignés, tantôt discrets tantôt rapprochés, soyeux ou vifs. La tension monte, effleure seulement l’idée de l’alien pour nous mettre en haleine ; Ridley Scott se garde judicieusement la seconde moitié de la pellicule pour en révéler les traits. Le montage micrométré captive, évite les lenteurs pour ne laisser que le concentré appliqué d’un script travaillé dès sa base.

« Dallas, tu vois quelque chose ? »
Outre son aspect graphique réussi au point de traverser les âges sans difficulté, Alien, le huitième passager ouvre sur une pensée métaphysique encore aujourd’hui ardemment rejetée. S’il marque les esprits, c’est qu’il remet indéniablement sur la table la question de la suprématie des espèces au travers de l’Univers ; évoque aussi la destinée de l’homme sur sa planète mère. Si on pouvait initialement se rassurer, estimant notre intelligence capable de nous tirer de n’importe quelle situation, Alien rappelle que l’humanité est fragile et qu’elle ne connaît encore que très peu de chose sur ce qui l’entoure.

« Culturellement, historiquement ou esthétiquement important ».
Depuis 2002, Alien, le huitième passager est conservé par la Bibliothèque du Congrès américaine et reconnu comme une œuvre majeure de l’histoire du cinéma. Il reste l’une référence du film de Science-Fiction, et sera peut-être même un jour porté au Panthéon du Septième Art, tous genres confondus. Sa corrosivité est légendaire. Son onctuosité magique. Ridley Scott ouvre la voie à 4 franchises logiques, dont Alien 5 prévu pour 2016 ; également à des dérivés tel Alien VS Predator. Mais qui peut se targuer aujourd’hui de connaître toutes les répercussions artistiques de ce film précurseur ?

Synopsis : 2122, au milieu des ténèbres de l’espace interstellaire. Le remorqueur commercial Nostromo retourne sur Terre. Monumental de l’extérieur ; bourré de détails et de recoins lugubres à l’intérieur, il abrite un équipage de 7 personnes, réveillées du sommeil par « Maman », l’ordinateur de bord. Le vaisseau se déroute vers une planète inconnue pour une mission à haut risque.

Alien, le huitième passager: Bande-annonce

Alien, le huitième passager : Fiche technique

Titre original : Alien
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Dan O’Bannon, Walter Hill
Interprétations : Tom Skerritt, Sigourney Weaver, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton, John Hurt, Ian Holm, Yaphet Kotto, Bolaji Badejo, Helen Horton…
Musique : Jerry Goldsmith
Photographie : Derek Vanlint
Décors : Michael Seymour
Montage : Terry Rawlings, Peter Weatherley, David Crowther (version director’s cut)
Production : Gordon Carroll, David Giler, Walter Hill, Ivor Powell, Ronald Shusett
Sociétés de production : Twentieth Century Fox
Sociétés de distribution : Brandywine Productions, Twentieth Century Fox Film Corporation
Budget : 11 000 000 $
Récompenses : BAFTA Awards : Meilleure musique, Meilleure direction artistique / Oscar du cinéma : Meilleurs effets visuels : Festival de Saint-Sébastien : Meilleure photographie et meilleurs effets spéciaux / Saturn Awards : Meilleur film de science-fiction, Meilleure actrice dans un second rôle, Meilleure réalisation / Prix Hogo : Meilleur film.

Genre : Science-Fiction, horreur
Durée :117 minutes
Date de sortie : 12 septembre 1979

Etats-Unis/Grande-Bretagne – 1979

Hans Ruedi « H.R. » Giger » le créateur du design du monstre de Alien est l’inventeur du vaisseau, l’artiste suisse a également participé aux décors du Nostromo et son ambiance peu rassurante. Le Space Jockey dans le vaisseau, où se trouvent les œufs, est également son œuvre.

 

L’instinct de tuer, un film de David Grovic : critique dvd

Histoire grotesque
Il faut dire que le film cumule les maladresses et les fautes de goût (quand ce ne sont pas des fautes cinématographiques). Ça commence par le scénario. L’histoire enchaîne des scènes tellement identiques qu’on a l’impression d’une constante répétition. Jack suspecte quelqu’un, Jack est en danger, Jack se tire du danger, et on recommence.
Pire encore : l’enchaînement entre les deux premières scènes est si abrupt qu’on a l’impression qu’il manque une scène, comme s’il y avait un faux raccord, une erreur de montage.
Le spectateur comprend très vite le ressort principal de film : tous les personnages que rencontre Jack sont suspects. Et le cinéaste essaie ainsi d’implanter une ambiance glauque. Mais c’est tellement convenu et attendu que tout s’effondre. Dialogues stagnants
Parmi les pires points noirs du film, il y a les dialogues. Certaines scènes ont l’air de stagner complètement à cause de dialogues répétitifs et interminables. Quand Jack arrive au motel, il a une conversation avec le gérant au sujet du mode de paiement. On passe ainsi une dizaine de minutes à entendre en boucle le gérant répéter qu’il veut une carte bancaire et Jack insister pour payer en liquide. Si le but était de faire de l’humour, le résultat est un échec : il n’y a que de l’ennui qui se dégage de ce dialogue. Et quand ce n’est pas répétitif, c’est vulgaire, à l’image d’un film qui multiplie les scènes de violence gratuite. Du sang, une image de la femme comme objet sexuel, des propos grossiers, le film multiplie les fautes de goût.

John Cusack
L’essentiel du film, L’instinct de tuer, se déroule donc dans un motel glauque peuplé de personnages suspects. L’image est alors chargée de couleurs au néon bleu ou rouge. Si, à cela, on ajoute la présence d’un personnage de nain, on se croirait presque dans un film de Lynch, mais un Lynch qui aurait perdu son originalité, son univers, son talent pour faire du bas-de-gamme.
Fort heureusement, dans le lot, il y a deux points positifs : les deux interprètes principaux, John Cusack et Rebecca DaCosta. Lui est plutôt crédible en tueur qui ne comprend rien à ce qui lui arrive et qui se trouve réduit à faire ce qu’il fait le mieux : tuer ! Et elle incarne le seul personnage vraiment ambigu du film.
Par contre, il serait temps de dire à Robert DeNiro que faire des mimiques ne suffit pas à avoir l’air d’un parrain dangereux. Il cabotine au maximum et fournit un résultat pitoyable. Qu’est donc devenu le grand Robert DeNiro ?
En conclusion, voilà donc un film qu’on peut se permettre d’oublier ou d’ignorer, tant il ne peut nous proposer qu’une succession de scènes inutiles.

Synopsis : un parrain notoire, Dragna, envoie un de ses tueurs, Jack, récupérer un sac. Sous aucun prétexte le tueur ne doit ouvrir le sac.
Sorti au cinéma américain en février 2014, L’Instinct de tuer ne trouvera pas de salles en France et sort immédiatement en DVD le 4 juin 2015. Il faut dire qu’on est très loin d’un chef d’œuvre.

Fiche Technique – L’instinct de tuer

Titre original : The Bag Man
Date de sortie en DVD ou Blu-ray : 04 juin 2015
Nationalité : États-Unis d’Amérique
Réalisation : David Grovic
Scénario : David Grovic, Paul Conway, James Russo
Interprétation : John Cusack (Jack), Rebecca DaCosta (Rivka), Robert DeNiro (Dragna), Dominic Purcell (Larson), Crispin Glover (Ned), Martin Klebba (Guano), Sticky Fingaz (Lizard)
Musique : Tony Morales, Edward Rogers
Photographie : David Knight, Steve Mason
Décors : Cynthia Anne Slagter
Montage : Devin Maurer, Michael R. Miller
Production : Anthony Mitchell, Warren Ostergard
Société de production : Cinedigm, TinRes Entertainment
Société de distribution : Metropolitan Filmexport
Budget : NR
Genre : thriller
Durée : 108’

Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D, Saison 2 : Critique

En attendant Thanos

Après une première saison bien en dessous de ses promesses, Agents of S.H.I.E.L.D revient pour une saison 2, prête à remettre le paquet pour faire oublier le score d’audience décevant de l’année dernière. Fini la structure « alien of the week » qui avait rendu la série soporifique et ennuyeuse, place à des intrigues multiples qui s’étalent sur plusieurs épisodes, avec de nouvelles têtes qui viennent s’ajouter aux anciennes et de nouveaux enjeux. On retrouve donc Phil Coulson à la direction d’un nouveau S.H.I.E.L.D qui préfère se la jouer discret suite aux événements de Captain America : le soldat de l’hiver, toujours accompagné de ses petits copains casse-cous. Mais malgré toute sa bonne volonté, Agents of S.H.I.E.L.D n’atteint toujours pas le niveau d’excellence que Marvel nous promet depuis deux ans.

Le principal défaut est finalement le même que pour la saison 1, sa longueur. 21 épisodes, avec un final de deux heures, pour une série qui se veut « feuilletonnante » (déployant une intrigue complexe sur une saison), c’est beaucoup trop long. Ainsi, cette nouvelle fournée est clairement divisée en deux parties qui auraient pu être deux saisons différentes. La première décrit la guerre entre le S.H.I.E.L.D et leurs ennemis jurés de l’Hydra, la seconde sert de tremplin aux inhumains, de nouveaux super-héros qui auront leur propre film d’ici 2019 (et dont il sera probablement fait allusion dans les autres films de la franchise). Si les deux axes sont alléchants, ils sont malheureusement traités séparément pour se conforter aux plans à long terme du producteur tout puissant Kevin Feige. L’Hydra est présente pour 12 épisodes et est éliminée en cinq minutes avant le twist de mi-saison qui fait repartir l’équipe vers de nouvelles aventures. Et forcément il en ressort une impression de déséquilibre. L’organisation criminelle qui avait enfin retrouvé son panache et son identité menaçante face à Captain America est à nouveau réduite au rang d’antagoniste bouche-trou. La facilité avec laquelle les héros se débarrassent de leurs ennemis laisse douter de l’intelligence des pontes de l’organisation, ainsi que de la nécessité de remplir une moitié de saison avec, s’ils n’étaient finalement pas le sujet principal de l’intrigue.

Le pivot de cette saison, ce sont donc ces fameux inhumains, des individus génétiquement modifiés par une race extra-terrestre possédant chacun un pouvoir en particulier. Une intrusion un peu rapide d’un pan complexe de la mythologie Marvel qui cache à peine ses ambitions. Le studio n’a pas les droits des X-Men (détenus par la FOX), donc les scénaristes comblent le vide avec ce qu’ils trouvent. Ceux qui cherchaient l’explication à la présence de deux mutants au casting d’Avengers : l’ére d’Ultron sans aucune mention de leurs origines (ils sont les enfants de Magnéto dans les comics) ont leur réponse. Pas de X-men chez Marvel mais des Inhumains. Balancés un peu à la truelle dans cet univers cinématographique déjà bien bancal, ces derniers s’opposent au S.H.I.E.L.D qui souhaite recenser les sur-hommes pour pouvoir les surveiller tandis qu’ils souhaitent vivre en paix loin de la population, dans un temple en Chine où ils apprennent à contrôler leurs capacités exceptionnelles. Certains y voient déjà les prémices de l’adaptation de l’arc Civil Wars (prévu pour Captain America 3), mais il est fort probable que les décideurs de Marvel studio se projettent encore plus loin dans l’avenir et lorgnent déjà sur l’autre cross-over massif des comics : Avengers vs X-men. Mais tant que cette histoire de droits n’est pas réglée, ils assurent leurs arrières avec ce qu’ils peuvent, en changeant çà et là quelques termes techniques (le manoir devient un temple, les origines sont un peu différentes…). Si la situation ne se débloque pas, on aurait probablement une phase 4 culminant sur un film Avengers vs Inhumains. Et c’est tout le soucis de cet arc narratif bourrin, il suffit de gratter un peu le verni des effets spéciaux et des intrigues alambiquées pour révéler les velléités publicitaires d’une série qui restera à tout jamais le mouton noir de cette saga clinquante.

Au-delà de ces considérations générales, cette saison souffre également de sa générosité malsaine. Le dernier arc narratif de l’année dernière qui accumulait de multiples rebondissements avait fait bonne impression sur le public et ça, les producteurs l’ont bien compris. Ainsi la série multiplie les twists et les fausses pistes jusqu’à l’indigestion. Untel trahit untel, mais finalement, non en fait, c’était l’autre, avant que l’on nous révèle que personne n’a trahi personne et que les méchants sont toujours les mêmes. Au milieu de tout ça, le seul vrai traître de la bande, Grant Ward, continue son petit bonhomme de chemin, fonctionnant un peu comme un électron libre, réapparaissant occasionnellement pour rappeler son existence. D’ailleurs Brett Dalton, probablement choisi pour sa belle gueule, se révèle finalement être le meilleur acteur de la bande. En attendant, Agents of S.H.I.E.L.D multiplie les sous-intrigues qui ne mènent à rien et déploie une galerie d’invités prestigieuses pour attirer le sériephile moyen, dont la prestation va du correct (Edward James Olmos, Lucy Lawless) à l’insupportable (Kyle Maclachlan en roue libre totale). Tout cela pour maintenir l’attention du spectateur jusqu’à un final grandiloquent qui conclu tout ça avec une belle morale américaine et un nouveau clin d’œil obscur que ne comprendront que les fans de comics qui sont restés jusqu’au bout.

Malheureusement les personnages restent désespérément fades et les intrigues déçoivent par leurs résolutions convenues. Malgré ses ambitions de série d’espionnage cool et high-tech, la série a oublié un aspect important de ce genre de productions : Le charme. Si Le Prisonnier, Doctor Who et autres Chapeau Melon & Bottes de cuirs étaient des gentlemans, Agents of S.H.I.E.L.D serait le beauf bling-bling qui tente d’épater la galerie en étalant sa maille avec fort peu d’élégance.

Synopsis: Ayant perdu une majeure partie des ses moyens logistiques et de ses agents suite à la révélation de son infiltration par le réseau terroriste Hydra, l’organisation mondiale du maintien de l’ordre, le SHIELD, a été dissoute et est considérée par l’opinion mondiale comme organisation terroriste. Pourtant l’agent Phil Coulson s’est vu confié la tâche par l’ex-directeur Fury de rebâtir le SHIELD. À partir d’une ancienne base secrète  et avec l’aide des agents restés fidèles à l’organisation, il tente de reconstruire l’agence et de stopper Hydra, qui devient de plus en plus puissante, et ce, tout en opérant en totale clandestinité…

Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D : bande-annonce

Fiche technique : Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D

Scénario : Jed Whedon et Maurissa Tancharoen
Distribution : Clrak Gregg, Ming-Na Wen, Brett Dalton, Chloe Bennet, Ian de Caestecker, Elizabeth Henstridge, Nick Blood, Adrianne Palicki…
Musique : Bear McCreary
Chaîne d’origine: ABC
Sociétés de production : Marvel Studio
Genre : Science-fiction, espionnage

Mustang, un Film de Deniz Gamze Ergüven : Critique

Denis Gamze Erguwen, la jeune réalisatrice franco-turc, réalise un film à la fois politique et dénonciateur de la société patriarcale turque sous le ton léger et intime de ces jeunes filles en quête de liberté. Récompensé à la quinzaine des réalisateurs par EuropaCorp Label, le film devient une révélation solaire lors du Festival de Cannes 2015.

Paradis, perversité et patriarche

Au milieu d’un paysage d’Éden, un village reculé de la Turquie, un scandale éclate suite à un jeu innocent entre filles et garçons remettant en cause la virginité des jeunes filles. De quel scandale les accuse-t-on ? Rien de plus que d’avoir volontairement frotté leurs parties intimes contre le visage de jeunes hommes. Suite à ça, elles se retrouvent enfermées tout l’été dans le domicile de leur grand-mère qui devient une usine à jeunes mariées.

Mustang nous montre ces figures parentales attachées  à l’honneur et aux anciennes traditions, dictant la conduite des jeunes filles en fleurs au prix de leur liberté. Certes, des valeurs à respecter mais des règles tout de même illogiques comme le prouve l’une des jeunes filles qui se met à brûler une des chaises du jardin sous prétexte qu’ « elles ont touché nos trous du cul». On les emprisonne contre leur volonté, derrière des barreaux ou par des mariages forcés. L’une après l’autre, elles perdent leur joie de vivre et leur innocence face à l’oppression.

Les vierges indomptables

Mais elles ne sont pas pour autant des victimes silencieuses. Sonay, Selma, Ece, Nur et Lale, unies comme les cinq doigts de la main, s’entraident, se soutiennent et luttent sauvagement. Lale, la plus jeune et la plus farouche des Mustang, est celle qui mène la révolte. Elle est l’héroïne, par son audace, mais aussi son ingéniosité. C’est elle par exemple qui incitera les autres à faire le mur pour assister à un match de foot. Petit rappel du film Hors jeu de Jafar Panahi, où des jeunes filles tentent désespérément d’assister à un match de foot malgré l’interdiction dû à leur condition « fragile » de femmes. À l’image de pouliches que l’on aimerait dompter, elles enfreignent les règles qu’on leur dicte et c’est ce qui rend ce film libérateur.

Contrairement à Virgin suicides de Sofia Coppola qui met en scène le spleen adolescent de cinq jeunes américaines enfermées dans leur cage dorée, Mustang est un cri. Un appelle sauvage mais légitime, à la liberté féminine de ces cinq jeunes filles présentant cinq histoires différentes. Chacune d’elle a son caractère et s’illumine un instant sous la caméra, le temps de goûter (ou non) à la liberté désirée.
Avec un cadrage intime sur ces héroïnes, on s’immisce dans leur quotidien d’ennui, leur jeux et leurs complicités de jeunes sœurs. Des dialogues francs et courageux, comme lorsqu’elles parlent ouvertement entre elles de rapports sexuelles. Ainsi que ce travelling horizontal osé, de la scène de vérification de la virginité d’une des jeunes filles mariées qui n’a pas saigné lors de la nuit de noce.

Un ton léger mais accusateur

L’ambiance passe du sombre au clair, de la comédie à la tragédie. Avec une vision européanisée de la réalisatrice, on prend bien sûr le parti de ces jeunes filles face à l’injustice  et la violence de leur situation mais sans rentrer dans un débat politique ou féministe. C’est un témoignage sincère de la situation encore actuelle des jeunes filles en Turquie, à la frontière de l’Europe.

En partant de sa propre expérience  et d’anecdotes qui se sont réellement passées, la réalisatrice veut pointer du doigt l’hyper sexualisation des corps féminins à l’âge de la puberté dans ce pays divisé entre modernisme et traditionalisme. En prenant comme exemple ce  village reculé où toute attitude de frivolité, où chaque parcelle de corps dénudé est perçue comme de la dépravation et doit être punie. À l’opposé, on nous rappelle qu’une partie de la Turquie, représentée par Istanbul, est encore la seule solution pour accéder à leur liberté.

Synopsis : C’est le début de l’été. Dans un village au nord de la Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant innocemment avec des garçons. La débauche supposée de leurs jeux suscite un scandale aux conséquences inattendues. La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger. Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.

Mustang – Bande-annonce

Mustang – Fiche technique

Réalisateur: Deniz Gamze Ergüven
Interprétation: Günes Sensoy, Doga Zeynep Doguslu, Tugba Sunguroglu, Elit Iscan, Ilayda Akdogan, Ayberk Pekcan
Origine : Turque
Scénario : Deniz Gamze Ergüven, Alice Winocour
Production : Alain Attal, Xavier Amblard
Image : David Chizallet, Ersin Gök
Son :  Ibrahim Gök
Décors : Serdar Yemisçi
Montage : Mathilde Van de Moortel
Musique : Warren Ellis
Durée : 1h47
Récompense: Césars 2016 du meilleur meilleur premier film, du meilleur scénario original, de la meilleure musique originale et du meilleur montage
Sortie le: 17 juin 2015

France, Turquie – 2015

La Haine, un film de Mathieu Kassovitz : Critique

Il y a 20 ans, le film culte de Mathieu Kassovitz sortait en France, tout juste auréolé du prix de la mise en scène au festival de Cannes 1995, puis de recevoir celui du meilleur film aux César en 1996. Le réalisateur a eu l’idée de La Haine, à la suite du décès de Makomé M’Bowolé, un jeune de 17 ans, lors d’une garde à vue, dans un commissariat du XVIII arrondissement de Paris en 1993.

Synopsis : Trois copains d’une banlieue ordinaire traînent leur ennui et leur jeunesse qui se perd. Ils vont vivre la journée la plus importante de leur vie après une nuit d’émeutes provoquée par le passage à tabac d’Abdel Ichah par un inspecteur de police lors d’un interrogatoire.

La banlieue est à vous

En s’inspirant de ce fait divers, Mathieu Kassovitz lève le voile sur la condition banlieusarde. Un sujet rarement traité au cinéma à cette époque. Mais deux décennies plus tard, que vaut le film et surtout, la situation a-t’elle évolué ou régressé ?

Durant 24H, on va suivre Vinz (Vincent Cassel), Hubert (Hubert Koundé) et Saïd (Saïd Taghmaoui), trois jeunes vivant dans une cité de la banlieue Parisienne. On les retrouve après une nuit d’émeutes. Leur ami Abdel Ichah est entre la vie et la mort, hospitalisé suite à une interpellation musclée. Ils représentent la génération « black-blanc-beur », celle de la France multiculturelle, censée être celle d’un pays en pleine évolution, dont le point d’orgue sera la coupe du monde de football de 1998. Mais c’est aussi le portrait d’une population stigmatisée par les médias et les politiques, souvent pointée du doigt, en rejetant sur eux, les travers d’une société, en pleine régression.
En 1995, la France est pourtant en pleine expansion et l’économie se porte bien. Jacques Chirac est président de la république, mais son expression « le bruit et l’odeur », 4 ans auparavant, est révélateur d’un racisme latent, à l’image du FN de Jean-Marie Le Pen, auparavant marginalisé, mais qui grandit lui aussi. C’est dans ce contexte, que sort La Haine, un titre résumant bien l’état d’esprit de ces jeunes, face à l’injustice et la présence des CRS dans leur cité. Le film n’incite pas à la haine, mais au contraire, il tente surtout d’expliquer, comment elle s’est insinuée dans l’esprit de ces jeunes et pourquoi Vinz, veut « buter » un flic. Mais ce sont des mots, une attitude, une manière de se donner une importance, car de la théorie à la pratique, avant d’appuyer sur la gâchette, il y a tout un chemin à parcourir dans sa tête.

On découvre cette cité au travers des yeux de Said, se retrouvant face à un déploiement de CRS. Leur présence n’est pas désirée, les jeunes ont l’impression de subir une occupation. Pourtant, la vie doit continuer, malgré cette précarité. Ils sont sans emplois, vivant de combines et de petits trafics, pour tenter d’améliorer leur quotidien. La cité est une ville dans la ville, avec ses codes et son langage. La nuit d’émeute va tout changer, elle va avoir de multiples répercussions, à commencer par la perte de la salle de sport d’Hubert. Le seul qui avait un projet concret et se retrouve en galère avec ses deux amis. Vinz est la grande gueule du groupe, surtout face à son miroir, où il imite Travis Bickle (Robert de Niro) dans Taxi Driver. Le trio erre du toit des tours, à leurs appartements; où ils vivent en famille; aux aires de jeux, ou l’ennui se faire durement ressentir. Mais il y a cette arme perdue par un policier, élément déclencheur du drame, comme s’il ne pouvait en être autrement, comme si la fatalité était leur destinée. Hubert l’annonçait en ouverture du film, avec ses mots : « Mais l’important, c’est pas la chute, mais l’atterrissage » .Il y a une absence d’espoir, de futur, où les rêves sont proscrits, où le temps s’écoule lentement, au rythme de leurs engueulades.
Ce n’est pas seulement un drame, on retrouve aussi des éléments de comédie, comme cet emprunt au sketch des Inconnus « Manu, tu descends? », où le personnage de Vinz, caricaturé à l’extrême, au point de friser le ridicule. On a parfois le sentiment de se retrouver face à trois nigauds, découvrant Paris, comme s’ils ne sortaient jamais de leur cité. Ce côté plouc, associé à une malchance exceptionnelle, avec cette capacité à toujours attirer « le flic », devient lassante. Cela donne l’impression de se retrouver dans une suite de sketchs, plus ou moins captivants, renvoyant encore aux Inconnus. Une façon de ne pas trop rendre le film oppressant, en essayant de désamorcer le côté dramatique, sans que cela soit vraiment réussi.

Le film donne surtout l’impression d’être une démonstration du talent de Mathieu Kassovitz derrière une caméra, avare d’émotions. Après Métisse, il continue de marcher sur les traces d’une de ses influences, en la personne de Spike Lee. Son premier long métrage est largement inspiré par Nola Darling n’en fait qu’à sa tête, où l’on retrouve déjà Hubert Koundé et Vincent Cassel à la distribution, avec la banlieue en arrière plan. Pour La Haine, il va encore plus loin, en se référençant à d’autres films américains, comme Taxi Driver, Raging Bull, Scarface ou Voyage au bout de l’enfer, entre autres.
C’est techniquement maîtrisé, voir trop, tant cela manque de spontanéité. Mathieu Kassovitz nous abreuve de magnifiques plans, sublimés par le noir blanc, comme ce plan séquence démarrant de la fenêtre d’Hubert Koundé, survolant la cour de la cité, avant de remonter à la fenêtre de Cut Killer, mixant KRS One, NTM et Edith Piaf, pendant que la caméra descend doucement, pour offrir une vue panoramique sur la cité. Sa beauté formelle est indéniable, mais son esthétisme poussé à l’extrême, créer une distance, rendant l’émotion moins puissante.
Il y a aussi cette absence de la femme, l’histoire étant principalement traversée par des visages masculins, en dehors de quelques apparitions furtives. Il en va de même avec la famille. Mathieu Kassovitz a fait le choix de rester dans les pas de ses trois personnages, en les opposant parfois à leurs petites sœurs, où à leurs mères, faisant fi de la figure paternelle inexistante. Comme si la cité était la propriété de ces jeunes hommes, restant au bas des tours, en attendant que le temps passe, ou qu’un événement les sorte de leurs torpeurs.
Vincent Cassel est la révélation du film, sa nervosité est palpable, toujours sur la corde raide, au point de faire de l’ombre à ses deux partenaires Saïd Taghmaoui et Hubert Koundé. Mais on ne peut totalement les dissocier, ils représentent chacun une communauté, une manière de pensée et se complètent, pour le meilleur et pour le pire.

20 ans plus tard, le film n’a malheureusement pas vieilli. Le contrôle au faciès est toujours présent, tournant parfois au drame. L’exemple probant est celui de Zyed Benna et Bouna Traoré décédés en 2005, dans un transformateur EDF de Clichy sous bois. Pourtant la Cour vient de relaxer les deux policiers incriminés dans cette affaire. La justice semble s’évertuer à protéger les forces de l’ordre, au détriment de ses citoyens ou parents, déjà frappés par la perte de leurs enfants. Il en sera de même en 2007, deux adolescents meurent, après un choc avec une voiture de police. Même si un policier fût condamné à 6 mois de prison avec sursis, la sentence reste faible face aux conséquences dramatiques, avec des émeutes en réaction à cet autre fait divers. La liste ne cesse de s’allonger, comme cette année avec le décès suspect dans un commissariat du Xème, d’Amadou Koumé, où celui de Yazid, suite à un accident de la route, impliquant un policier ivre. Non, depuis la sortie du film, rien n’a vraiment changé, les dérives policières demeurent.

A sa sortie, le film pouvait être qualifié de « coup de poing ». Depuis, c’est devenu un film culte, influençant toute une génération et ouvrant une voie à d’autres films parlant de la vie en cité, comme Raï ou Ma cité va craquer. Mathieu Kassovitz a permis à une partie de la population ignorée, de se retrouver sous les feux des projecteurs. Elle incite les médias à ne montrer que le mauvais côté, celui qui est plus vendeur. Une course à l’audimat, au sensationnel, qu’on aperçoit aussi dans le film, qui ne semble pas prêt de s’arrêter. Si le film pose des questions, il ne donne pas vraiment de réponses; laissant plutôt le spectateur se forger sa propre opinion. C’est un instantané de la vie de jeunes de banlieue, dans une société qui ne semble pas vouloir d’eux, les stigmatisant aux travers des émissions, ou la forme prend largement le pas sur le fond.

En début d’année, Matthieu Kassovitz a émis le souhait de réaliser La Haine 2, un projet soutenu par Vincent Cassel, avant qu’il ne se rétracte. Le film n’était peut-être pas fait pour avoir une suite, mais l’actualité pousse à un nouvel éclairage sur les banlieues. Cela permettrait de démontrer, l’absence d’évolution et d’ouvrir à nouveau le débat sur la vie des cités, en évitant de se focaliser sur ses mauvais côtés. Mais tout cela reste à l’état de fantasme….

La Haine : Bande-annonce

Fiche technique : La Haine

Réalisation : Mathieu Kassovitz
Scénario : Mathieu Kassovitz et Saïd Taghmaoui
Interprétation : Vincent Cassel, Hubert Koundé, Saïd Taghmaoui, Karim Belkhadra, François Levantal, Edouard Montoute, Benoît Magimel, Vincent Lindon, Karin Viard, Philippe Nahon, Peter Kassovitz, Bernie Bonvoisin, Zinedine Soualem, Mathieu Kassovitz, Sergi Lopez, Cut Killer, Marc Duret et Valeria Bruni Tedeschi
Musique : Assassin
Photographie : Pierre Aïm
Décors : Giuseppe Ponturo
Montage : Mathieu Kassovitz et Scott Stevenson
Production : Christophe Rossignon, Gilles Sacuto, Adeline Lecallier et Alain Rocca
Sociétés de production : La Sept Cinéma, StudioCanal, Lazennec Productions et Kasso Inc. Prod
Société de distribution : Mars Distribution
Genre : Comédie Dramatique
Durée : 95 minutes
Date de sortie : 31 Mai 1995

France – 1995

San Andreas, un film de Brad Peyton : Critique

Erreur Cataclysmique

Depuis la renaissance des films catastrophes dans les années 90, ceux-ci sont réduits au cinéma qu’à de vulgaires nanars (Le Pic de Dante, Daylight, Armageddon et la majeure partie des films de Roland Emmerich). Souvent invraisemblables et à la gloire de la toute puissance des Etats-Unis ils véhiculent des morales pompeuses et dérangeantes par leurs visions presque candides de la mort et de la destruction à grande échelle. Ces films ont érigés une véritable colonie de clichés devenant même un cahier des charges que s’emploient à suivre à la lettre chaque nouveau film de catastrophes devenant par la sorte de véritables échecs artistiques ambulants. Honnêtement cela fait un moment qu’il n’y a pas eu de bons films de catastrophe, à se demander même si il y en a déjà eu. En tout cas San Andreas fait partie des films qui cumulent tous les poncifs du genre.

Déjà le scénario se montre incroyablement risible et prévisible car il n’est qu’un succession de clichés allant de la blonde un peu stupide qui lit ses sms au volant au riche mégalomane égoïste qui se révélera être une ordure en passant par la bonne famille américaine qui n’hésite pas à se précipiter dans le danger pour sauver son prochain. Honnêtement quand l’on voit qu’ils se sont mis à 6 pour nous pondre un scénario de cette envergure, on peut dire que c’est du génie… On comprend maintenant pourquoi ça va aussi mal à Hollywood. Car il n’y a absolument rien dans ce film, l’écriture des personnages  est de niveau maternelle avec l’habituel trauma familial qui torture le héros et le pousse à se surpasser, la famille recomposée avec la mère qui s’est marié avec un homme riche d’apparence sympathique mais qui se révélera être un salaud égoïste, la fille qui est intelligente, belle et « débrouillarde » et etc. Il y en a même qui sont totalement inutiles au récit et qui ne sont là que pour faire du remplissage comme le professeur qui étudie les séismes et son équipe. De plus la plupart des personnages sont stupides et prennent les pires décisions possibles, seul le héros du film aura un peu de jugeote et encore car quand on n’est pas capable de voir une immense crevasse à moins de 10 mètres sur une ligne droite on ferait mieux de retourner se coucher. Et n’oublions pas de dire aussi que le film est limite raciste car le premier (voir le seul) personnage d’importance qui meurt est asiatique et que lorsque les personnages ont besoin d’appareil électroniques ils vont dans le quartier chinois, niveau stéréotypes insultants le film atteint des sommets.

Dans tout cela on a les acteurs qui surnagent tant bien que mal pour essayer de se montrer convaincant même cela ne fonctionne que rarement. Dwayne Johnson prend trop son rôle au sérieux et en fait donc beaucoup trop, étant constamment à coté de la plaque renforçant le côté nanardesque du film. D’ailleurs ils sont tous plus où moins dans le surjeu notamment Paul Giamatti même si il en ressort une certaine grâce, il s’amuse comme un petit fou et arrive à nous prendre au jeu. Sinon les autres relativement insignifiants à l’image du caméo de Kylie Minogue mais il faut reconnaître qu’Alexandra Daddario s’en sort plutôt bien, elle se montre souvent très juste et elle est sans conteste l’atout charme du film. Elle justifie à elle seule le déplacement.

Il n’y a plus grand-chose d’autre à dire sur le film. D’un point de vue technique les effets spéciaux sont tantôt réussis tantôt très laids, le montage est relativement correct assurant un rythme soutenu et la musique se montre pompeuse et agaçante. Sinon la mise en scène de Brad Peyton est à l’image du reste, c’est-à-dire mauvaise. Que ce soit dans la manière de présenter ses personnages de façon caricaturale (l’introduction du film atteint des sommets de ridicule), l’enchaînement des catastrophes et les moments émotions, le réalisateur en fait toujours trop, se contentant juste de singer le travail déjà bancal d’un certain Roland Emmerich. Seul un plan séquence se montre plutôt bien foutu par sa maîtrise chirurgicale et sa durée.

San Andreas est donc un très mauvais film et il n’y a pas besoin de tergiverser trop longtemps sur lui. Le film fait même office de cas d’école dans tout ce qu’il ne faut pas faire au cinéma, ici rien ne fonctionne que ce soit sur le spectacle ou l’émotion. On est face à un produit fade et incroyablement plat qui en plus se prend terriblement au sérieux et ne mérite d’être vu qu’avec une bande de potes près à relever toutes les imbécillités du film (et il y en a beaucoup) et se marrer un bon coup. Un nanar à l’état pur.

Synopsis : Lorsque la tristement célèbre Faille de San Andreas finit par s’ouvrir, et par provoquer un séisme de magnitude 9 en Californie, un pilote d’hélicoptère de secours en montagne et la femme dont il s’est séparé quittent Los Angeles pour San Francisco dans l’espoir de sauver leur fille unique. Alors qu’ils s’engagent dans ce dangereux périple vers le nord de l’État, pensant que le pire est bientôt derrière eux, ils ne tardent pas à comprendre que la réalité est bien plus effroyable encore…

San Andreas – Bande Annonce Officielle 3 (VOST) – Dwayne Johnson / Alexandra Daddario

San Andreas : Fiche technique

Réalisateur : Peyton Brad
Acteurs : Dwayne  Johnson, Carla Gugino, Alexandra Daddario
Genre : Catastrophe
Date de sortie : 27 mai 2015
Durée : 1h54mn
Titre original : San Andreas

Plus fort que les bombes : le drame norvégien arrive aux U.S.A.

Plus fort que les bombes : une diffusion aux U.S.A. pour le drame familial norvégien présenté à Cannes.

Synopsis : Trois ans après le décès de son épouse, la célèbre photographe Isabelle Reed (Isabelle Huppert), Gene (Gabriel Byrne) parvient tant bien que mal à vivre sa vie auprès de son fils Conrad (Devin Druid), un adolescent introverti. Une exposition des photos d’Isabelle conduit le fils aîné, Jonah (Jesse Eisenberg), à revenir à la maison familiale et à vivre de nouveau avec son père et son frère – ce qui n’était pas arrivé depuis un long moment.

New-York, le 26 mai 2015, la compagnie The Orchad vient d’annoncer l’acquisition des droits de l’exploitation Nord-américaine du drame familial de Joachim Trier : Plus fort que les bombes (Louder than bombs). Avec Plus fort que les bombes, Le réalisateur norvégien de Reprise et d’Oslo, 31 août a poursuivi son ascension jusqu’à la sélection officielle du festival de Cannes.

Le film porte à l’écran Gabriel Byrne (Vikings, Miller’s Crossing, Usual suspects), Jesse Eisenberg (Bienvenue à Zombieland 1 et 2, The Social Network, Insaisissables) et l’actrice française Isabelle Huppert (The Disappearance of Eleanor Rigby, La Religieuse). Le casting est complété par Amy Ryan (Birdman, Evasion, Gone Baby Gone), David Strathairn (Godzilla, Alphas, Good Night and Good Luck) et le jeune Devin Druid. Plus fort que les bombes a été coécrit par Eskil Vogt, le scénariste et réalisateur de Blind, Un rêve éveillé et qui avait déjà collaboré sur Oslo, 31 août.

Au-delà de l’affection et des frictions qui rythme la vie de cette famille en reconstruction, le film montre les réactions de chacun face à cette perte brutale. Aux mêmes instants, les trois protagonistes réagissent différemment aux souvenirs de cette épouse et mère. Plus fort que les bombes observe ces trois hommes qui cherchent un moyen de revivre ensemble et de se réconcilier malgré la perte de cette femme exceptionnelle qui a profondément influencé leur vie. Les disputes, amenées avec un humour surprenant, informent le spectateur sur le parcours des trois personnages et les actes significatifs qui ont changé leur famille pour toujours.

Le site américain Indiewire décrit le film comme « un conte intelligent et mesuré imprégné et complété par les performances de tous [les acteurs]. » tandis que The Village Voice écrit que « Trier a créé une dimension jamais vue jusque là. » Le réalisateur norvégien, Joachim Trier, explique à son tour : « Je suis excité de travailler avec une compagnie aussi innovatrice et visionnaire que The Orchad qui va accompagner notre film auprès des audiences Nord-américaines. Nous avons tourné le film aux U.S.A. donc c’est particulièrement significatif d’avoir trouvé ce célèbre partenaire pour notre diffusion. »

« Plus fort que les bombes est calme, sensible, filmé à la perfection, bonifié par la performance d’un casting prestigieux », ajoute Paul Davidson, vice-président à The Orchads. « Nous sommes absolument motivés par cette histoire non conventionnelle et spirituelle, dont nous allons développer l’audience. »

Plus fort que les bombes est produit par Motlys et Memento film. Du côté américain, se joignent les producteurs Joshua Astrachan de Animal Kingdom, Marc Turtletaub (réalisateur de Safety not Guaranteed) de Beachside et Albert Berger (Nebraska, Retour à Cold Mountain) et Ron Yerxa (Charlie Countryman) de Bona Fide.

PLUS FORT QUE LES BOMBES Extrait du Film # 2 (Cannes 2015)

https://www.youtube.com/watch?v=ziK_EVM3WTg

Mia Madre, un film de Nanni Moretti : critique

Nanni Moretti était de retour à Cannes cette année en compétition officielle avec Mia Madre et ce, quatre ans après Habemus Papam. Le réalisateur mêle ici deux thèmes qui lui sont chers : le cinéma et le deuil, tout cela entremêlé entre fiction et réalité, entre humour et drame.

Synopsis : Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur américain. À ses questionnements d’artiste engagée, se mêlent des angoisses d’ordre privé : sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence. Et son frère, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable… Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ?

Tout sur ma mère 

Un film émouvant récompensé par le prix du jury œcuménique au 68e festival de Cannes. Ce prix, très solennel, a notamment souligné la dimension émotionnelle de l’oeuvre du maître italien, distingué à Cannes d’une palme d’or pour son drame familial La Chambre du fils (2001). Mia Madre a ainsi été reconnu « pour sa maîtrise et son exploration fine et élégante, imprégnée d’humour, de thèmes essentiels dont les différents deuils auxquels la vie nous confronte », a déclaré le jury œcuménique. L’oeuvre est en effet d’une grande sensibilité et d’une belle justesse émotionnelle dans les liens qui unissent une vieille femme au seuil de sa vie et deux générations de femmes, Margherita, personnage central, et sa jeune fille à laquelle la grand-mère transmet tout un héritage intellectuel (elle l’aide à apprendre le latin et peu à peu le goût de la jeune fille pour cette « langue morte » s’affine). Pourtant, à côté de ça, Nanni Moretti, qui se met en scène dans son personnage éponyme, Giovanni, parle aussi de son propre deuil, puisque le réalisateur a perdu récemment sa propre mère. Mais il parle aussi de cinéma et des acteurs, avec le même humour cinglant que dans ses films les plus politiques.

Un portrait croisé de femme et de cinéaste 

En fait, plus qu’avec son propre rôle de frère, Nanni Moretti se met en scène à travers un alter-ego féminin, celui d’une réalisatrice en plein bilan, Margherita, incarnée d’ailleurs par l’actrice Margherita Buy. L’autofiction est une des clef majeur de l’oeuvre de Moretti, qui avec des films comme Journal intime, se pose comme l’un des premiers réalisateurs à avoir porté ce genre très personnel du côté du cinéma. Un genre qui se révèle aussi hautement universel dans le cas de Moretti. En quoi ce personnage féminin lui ressemble-t-il vraiment ? C’est un être souvent en proie au doute, qui râle doucement, empoigne un tournage de manière quasi obsessionnelle. Quand Nanni Moretti fait dire en substance à Margherita (face à des acteurs incrédules) « tu dois jouer ton personnage avec conviction, mais tout en étant à côté, comme un acteur qui joue un personnage », il y a quelque chose d’un plaidoyer, d’une note d’intention. Etre à la fois dans la fiction et dans la destruction de celle-ci « regardez, je suis en train de faire un film, je joue dedans, je suis moi sans être moi », voilà ce que semble dire Moretti à chaque instant. Mais surtout Mia Madre a été écrit dans « l’urgence » de figer la perte de sa mère par un réalisateur épris d’art, du besoin de mettre en scène l’intime. Le film qu’elle est en train de faire parle d’ouvriers en révolte contre des licenciements, à fortiori le film de Moretti parle d’engagement, de désengagement et de la confrontation entre une vie privée devenue chaotique et un travail traversé par une tornade.

Oscillant entre des visites à l’hôpital, pour voir sa mère, et ses journées de tournage, la vie de Margherita ne s’arrête plus et ses angoisses envahissent de plus en plus la vie de la réalisatrice et déséquilibre la vie de ceux qui l’entourent. Elle veut prendre tout l’espace, mais est pourtant confronter à des douleurs, des personnages hauts en couleurs et un frère quasi irréprochable, très discret, incarné par un très sobre Nanni Moretti. Le rôle fort, le rôle le plus « dérangeant », elle varie de la douceur à l’exaspération, c’est donc cette femme qui le tient. Presque noyée jusqu’au cou, son appartement subit un dégât des eaux, Margherita formule des demandes de plus en plus improbables, s’acharne. Cela donne lieu à des scènes délicieuses, comme celle d’un tournage d’une séquence interminable au volant d’une voiture. John Turturo apporte ainsi une dimension burlesque au film, en incarnant un comédien américain qui ne sait pas retenir une seule ligne de texte. Il emmène souvent Margherita au bord de la crise de nerfs.

Une oeuvre simple et sensible, non dénuée d’humour

Le film est aussi une déambulation presque en rêve dans les rues, celle de la mère ou encore celle de Margherita qui s’extirpe d’un cinéma (où est projeté Les ailes du désir de Wenders) pour rencontrer dans une interminable file des visages connus qui la confronte à elle-même par leurs discours. Le film est un véritable torrent d’émotions tant il fait de l’appartement de la mère, formidablement incarnée, un lieu de mémoire, de consécration de la culture, un lieu où toute une vie défile en quelques plans aériens. On y sent toute la puissance d’un lieu chargé d’Histoire(s). Cherchant à atteindre dans cette partie intime du film, une pureté du sentiment, comme celle qu’il avait déjà trouvé dans La Chambre du fils, Moretti parvient à rendre ce drame du deuil et de la fin de vie totalement universel. S’il se met en scène à travers cette histoire, il a aussi choisi d’être lui-même en retrait dans le film. C’est une merveilleuse idée puisqu’à travers cela il est parvenu à mettre sur le devant de la scène deux magnifiques actrices, à écrire deux superbes portraits de femmes. Ce qu’il raconte ici est personnel, bien entendu, mais est traité sans volonté de se mettre en lumière, mais plutôt de parler de la disparition, de l’oubli et de la persistance d’un être dans les vies de ses proches. Les souvenirs sont une pierre angulaire, la fois en l’avenir un trait d’horizon, ils cimentent le film, qui n’oublie jamais d’être drôle et traite de tous les thèmes cités sans fausse note. Nanni Moretti est un véritable funambule de l’autofiction, quelque chose d’un homme modeste qui fait naître les larmes avec la simplicité d’un regard sur la vie qui s’en va et sur celle qui continue, aussi absurde et déboussolée soit-elle.

Mia MadreBande-annonce 

Fiche technique – Mia Madre

Réalisation : Nanni Moretti
Scénario : Nanni Moretti, Francesco Piccolo, Valia Santella
Interprètes : Margherita Buy, Nanni Moretti, John Turturro, Beatrice Mancini
Date de sortie : 23 décembre 2015
Distributeur : Le Pacte

Les Cowboys, un film de Thomas Bidegain : critique

Avec Les Cowboys, présenté à la Quinzaine des réalisateurs cette année à Cannes, Thomas Bidegain passe pour la première fois à la réalisation

Synopsis : Une grande prairie, un rassemblement country western quelque part dans l’est de la France. Alain danse avec Kelly, sa fille de 16 ans. Mais ce jour là Kelly disparaît. La vie de la famille s’effondre. Alain n’aura alors de cesse que de chercher sa fille, au prix de l’amour des siens et de tout ce qu’il possédait. Le voilà projeté dans un monde en plein bouleversement où son seul soutien sera désormais Kid, son fils, qui lui a sacrifié sa jeunesse.

Ce scénariste, célèbre pour sa collaboration avec Jacques Audiard pour des films comme Un Prophète ou Dheepan (palme d’or à Cannes en 2015), planchait depuis bientôt quatre ans sur Les Cowboys, et c’est tout naturellement son envie de travailler avec des acteurs (François Damiens et John C. Reilly entre autres) qui l’a poussé derrière la caméra. Ce tout premier film est une fresque de grande ampleur, l’histoire se déroulant sur une période entre 1994 et 2012, mais aussi un tableau ambitieux : celui d’une famille tout autant qu’un voyage à travers le monde à la poursuite d’une jeune fille convertie à l’islam radical par amour. Sans verser dans le discours anti-fanatique, ni prétendre faire une histoire du Djihad, Bidegain tente de comprendre comment l’histoire de notre 21e siècle et des grandes crises terroristes qui l’ont traversé a pu impacter une famille à l’échelle de la perte d’un être cher. Pas toujours réussi dans son côté intime, le film a pourtant le talent de déplacer des montagnes et de donner à voir une vie entière, sur trois générations, avec beaucoup de force.

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé »

Dans un premier temps, Thomas Bidegain évalue et filme les conséquences d’une disparition sur une famille et plus largement une communauté country comme celle qui ouvre le film et dont les proches de Kelly font partie. C’est donc dans l’intimité qu’il regarde les êtres se demander où est Kelly, commencer à envisager de vivre sans elle. Or, ça n’est pas toujours possible pour cette communauté de Cowboys du dimanche de vivre face au monde, comme ça n’est pas toujours possible pour un père d’accepter de vivre dans sa fille. Le réalisateur confiait ainsi aux spectateurs de la Quinzaine : « C’est absolument une histoire de famille et comment le départ de Kelly les affecte ainsi que la communauté. On a deux solutions, soit s’adapter comme le fils ou ne pas pouvoir s’adapter comme le père. » (retrouvez l’intégralité de la rencontre ici). Non seulement Alain ne s’adapte pas vraiment aux autres, au monde qui l’entoure, mais il ne supporte pas de laisser sa fille partir, même quand il reçoit sa lettre de départ, expliquant ses convictions nouvelles et radicales. Ce choix de se glisser dans l’intimité de la famille, de mener l’enquête auprès d’un père qui se rend à un rendez-vous comme un cowboy irait parler avec un Indien en fait d’abord un grand drame familial, avec des dialogues parfois un peu faux, mais une certaine justesse qui domine dans les situations (séparation, relation père-fils, scènes au sein de la communauté). Ici, la mère semble plus éloignée de « l’instinct maternel » qu’on prête le plus souvent aux femmes (à tort ou à raison, la récente série Disparue jouait, quant à elle, très bien le juste milieu entre les deux parents), elle se détache de la recherche, sachant sa fille perdue, presque froidement, elle éloigne son souvenir. La sensibilité est clairement du côté de François Damiens qui incarne, pour la troisième fois à l’écran, un père qui cherche sa fille (après Suzanne et Gare du Nord).

Pourtant, Thomas Bidegain ne propose pas un simple film familial, mais bien un western version 21e siècle, soit un film qui montre deux personnages persuadés d’être plus ou moins des Cowboys et qui pensent partir à la conquête d’un monde peuplé d’Indiens. Leur quête pour la justice se heurte alors à des lois nouvelles, à des consciences parfois butées et à des croyances à l’impact encore insoupçonné. Ce film est en effet marqué par une rupture essentielle : le 11 septembre 2001. Dans les grands plans larges que propose Bidegain, qui balayent souvent les paysages, on retrouve l’esthétique de la confrontation entre deux peuples, représenté par deux figures de mâles adultes. Ici, il faut des transactions pour communiquer et des traducteurs pour se comprendre. On fume le calumet de la paix, se déplace parfois à cheval. Et Kelly fait figure de prisonnière du désert, mais un désert moderne. Si c’est dans le vrai désert que Alain et son fils Kid vont chercher Kelly, c’est aussi dans les flashs de la radio ou de la télévision qu’ils croient percevoir sa présence (quand on y annonce les attentats du 11/09 ou ceux de Londres).

« Ce n’est pas tant l’histoire d’un père qui cherche sa fille que celle d’un fils qui cherche son père »

C’est en ces termes que François Damiens, qui incarne le père du film, résumait l’enjeu des Cowboys. Car en effet, quand Kelly disparaît, Kid, le deuxième enfant de la famille, est encore très jeune. Il voit sa sœur disparaître, dont il ne garde qu’un souvenir qui vient hanter le film en son cœur, mais aussi son père s’éloigner. Pour ne pas le perdre, il va le suivre dans sa folie, dans ses recherches effrénées, dans sa quête impossible. C’est lui qui tiendra encore longtemps le flambeau par la suite, ne pouvant plus « rentrer chez lui » car persuadé de ne plus avoir d’autre maison que là-bas, à la recherche d’une Kelly disparue pour toujours puisque cette dernière a changé de nom, de mode de vie. Il trouvera d’ailleurs sa propre « prisonnière du désert », sa raison de rentrer, de se poser, de recommencer enfin sa vie. Son « kid » à lui ne sera pas déraciné, mais bercé par une double (voire triple si on compte le country) culture. Le jeune Finnegan Oldfield (déjà très brut et alerte dans Geronimo) joue de son visage et de sa détermination dans ce rôle en équilibre, incarnant un jeune homme en quête d’un père puis de lui-même. Brûlé par le soleil ou apaisé par une femme, il se construit sans terre d’accueil identifiable, mais avec la terre entière comme point d’ancrage.

Un premier film convaincant

Le film de Thomas Bidegain est d’une richesse infinie, il traverse une époque révolue, celle des prémisses de notre monde depuis 2012 (année de la « capture » de Ben Laden). Dans cet ancien monde qu’il filme, tout s’est comme scindé en deux, entre ceux qui croient dur comme fer à leurs convictions, s’opposant à notre mode de vie occidental et ceux pour lesquels une violence comme une peur nouvelles se sont déployées. Nous n’avions pas pris conscience de l’ampleur d’un phénomène que Bidegain observe avec de grands angles, mais à l’échelle toute petite d’une famille décomposée où l’adaptation à un monde nouveau, aussi vaste que complexe, devient l’enjeu majeur. On ne boudera pas non plus le plaisir de retrouver John C. Reilly dans le rôle de l’américain, un intermédiaire précieux pour le jeune Kid. Le film, découpé en chapitres qui sont autant de prénoms, est servi par un montage efficace, une écriture fine et intelligente, qui nous donne la dimension du temps qui passe et des pas de géants que l’homme fait chaque décennie dans sa conquête du monde, sans pour autant l’avoir encore apprivoisé. Mais il a l’arrogance de le croire, voilà bien tout le problème et tout ce que ce film sensible parvient à analyser avec brio.

Bande annonce : Les Cowboys

Fiche technique – Les Cowboys

France
Genre : Drame
Durée : 105min
Sortie en salles le 25 novembre 2015

Réalisation : Thomas Bidegain
Scénario : Thomas Bidegain et Noé Debré
Interprètes : François Damiens (Alain), Finnegan Oldfield (Kid), John C.Reilly (L’américain) …
Photographie : Arnaud Potier
Montage : Géraldine Mangenot
Décors : Thierry Rouxel – François Emmanuelli
Musique : Raphaël Haroche
Production : Les Productions du Trésor
Producteur : Alain Attal
Distributeur : Pathé Distribution
Budget : /
Festivals : Nommé à la Caméra d’Or du Festival de Cannes 2015, Prix Michel d’Ornano au Festival du Cinéma Américain de Deauville 2015

L’année prochaine, un film de Vania Leturcq : Critique

The end of innocence

La présence de Kévin Azaïs au générique de « l’année prochaine » et la dynamique de l’affiche font forcément penser aux « Combattants » de Thomas Cailley. Sauf que la rage semblait émaner des 2 combattants de l’affiche du film de ce dernier,  2 combattants que sont Kevin Azaïs donc, mais surtout Adèle Haenel qui a reçu un césar pour ce rôle, tandis qu’une certaine douceur dessine les contours des deux jeunes filles de l’affiche du film de la belge Vania Leturcq. Cette impression de déjà-vu disparaît heureusement très vite dès les premières minutes de ce nouveau métrage.

Clotilde et Aude sont de jeunes filles modernes, en toute fin de Terminale, belles, fraîches et expérimentant une relation d’amitié fusionnelle. Vivant une vie provinciale dont l’horizon est borné par la sempiternelle rivière qui coule paisiblement, l’une veut s’en contenter tandis que l’autre a les yeux déjà rivés ailleurs.

A 30 ans, la belge Vania Leturcq réalise son premier long métrage. Construit sur le principe de séquences séparées par des ellipses temporelles plus ou moins longues, le film met en exergue des moments forts ou plus simples de la vie de Clotilde, une jeune femme délicate mais déterminée, et de son amie Aude, plus insouciante, plus flamboyante aussi, ainsi que de leur relation tumultueuse aux allures d’histoire d’amour.

La réalisatrice capte très bien le parfum de jeunesse qui constitue l’environnement de ses protagonistes. Ce temps exact où elles naviguent entre l’insouciance de la quasi-enfance, et la gravité des grande décisions, ce moment avant lequel les deux jeunes filles trouvent leur bonheur dans une bataille à la crème au chocolat, et après lequel elles découvrent l’échec ou encore l’humiliation. Vania Leturcq arrive également à bien retranscrire cet  ennui diffus des journées de petite ville passées à ne rien faire, avec cette effrayante certitude du côté immuable des choses.

Il est dommage en revanche que l’arrière-plan familial soit traité plus négligemment. Ainsi, par exemple, le rôle de Bertrand, le père de Clotilde, interprété par l’excellent Frédéric Pierrot, est presque inexistant, donnant même une vague impression de gâchis dans l’utilisation de cet acteur exigeant et chevronné. Ce personnage apparaît pourtant comme une possible clef permettant de comprendre les choix de vie de sa fille Clotilde… De même, on est frustré par le personnage de la mère d’Aude qui plonge dans une neurasthénie suffisamment visible à l’écran pour que cela nécessite une explication qui ne viendra pourtant jamais.

La jeune Jenna Thiam qui joue le rôle d’Aude hérite de la partie peut-être la plus évidente, un personnage pragmatique, presque content de son sort, ne montrant aucune velléité  particulière. Son rêve est simple : un travail dans le sillage du garçon qu’elle aime, peut-être un toit, un bébé, toutes choses que sa mère malheureuse l’enjoint pourtant à fuir. Un rêve que les circonstances ont éloigné pour lui donner à la place un destin dont elle ne sait que faire…

Constance Rousseau, elle, doit forcer sa nature délicate pour figurer Clotilde, une personne dure, ambitieuse, voire calculatrice. Elle est la petite faiblesse du film, car elle ne donne pas la consistance nécessaire à ce rôle qui aurait dû être joué de manière plus intense, ce rôle d’une jeune femme autoritaire qui va jusqu’à s’introduire chez son amie pour y dérober des dessins qu’elle envoie à son insu dans des écoles parisiennes. Mais l’idée de la réalisatrice est peut-être d’apporter cette ambigüité, de suggérer que la plus fragile des deux n’est pas celle que l’on croit…

Quant aux personnages masculins, Kevin Azaïs reprend presque son rôle dans le film « les combattants », un faux dur un peu au ras de la terre, mais qui s’avère être un homme sur qui compter, un personnage qu’il commence à bien maîtriser au travers d’un jeu où il se met en retrait tout en dégageant une présence assez magnétique. Quant à Julien Boisselier qu’on  retrouve avec plaisir après une certaine absence du grand écran, il joue le rôle d’un homme dans la force de l’âge, forcément un peu moins romantique que ceux de son répertoire habituel, un homme un peu plus cynique, qui sait profiter gentiment d’une situation favorable. Julien Boisselier vient compléter un trio d’acteurs masculins tout à fait plaisant à suivre dans un film au fond très féminin.

Enfin, Vania Leturcq a eu l’heureuse initiative de confier la musique à son compatriote Manuel Roland qui a su imprimer une vraie ambiance à son film. Une musique jeune comme les protagonistes, qui accompagne parfaitement leur état d’âme : pop-rock, électro, mais aussi des chansons douces, qu’elles soient en boîte de nuit, au travail ou seules avec elles-mêmes…Une « belgian touch » qui apporte une vraie valeur ajoutée au film.

La mise en scène de Vania Leturcq est encore hésitante, mais prometteuse. Le casting de premier choix est presque un sans faute, malgré quelques lacunes du scénario qui empêchent un plein épanouissement de tous les personnages. La gestion des sauts dans le temps n’est pas très heureuse, apportant quelques problèmes de rythme au film, mais dans l’ensemble, « L’année prochaine » est un film sensible et agréable à voir sur la fin de l’innocence, un sujet toujours intrigant…

Synopsis : Clotilde et Aude ont 18 ans et sont meilleures amies depuis toujours. Leur relation est forte et fusionnelle comme peuvent l’être les amitiés adolescentes. Elle doivent décider ce qu’elles feront l’année prochaine, après le bac. Clotilde choisit de quitter leur petit village pour aller faire ses études à Paris et entraine Aude avec elle. Mais les deux amies vivront différemment leur nouvelle vie….

L’année prochaine: bande annonce

L’année prochaine: Fiche Technique

Titre original : L’année prochaine
Date de sortie : 24 Juin 2015
Réalisateur : Vania Leturcq
Genre : Comédie dramatique
Année : 2014
Durée : 105 min.
Interprétation : Constance Rousseau (Clotilde), Jenna Thiam (Aude), Julien Boisselier (Sébastien), Kévin Azaïs (Stéphane), Anne Coesens (Ariane), Frédéric Pierrot (Bertrand), Aylin Yay (Mme Feirrara)
Scénario : Vania Leturcq, Christophe Morand
Musique : Manuel Roland
Photographie : Virginie Surdej
Montage : Pierre-Yves Jouette
Nationalité : Belgique, France
Producteur : Fabrice Préel-Cléach, Anthony Rey
Maisons de production : Helicotronc, Offshore
Distribution (France) : Chrysalis distribution