L’instinct de tuer, un film de David Grovic : critique dvd

Histoire grotesque
Il faut dire que le film cumule les maladresses et les fautes de goût (quand ce ne sont pas des fautes cinématographiques). Ça commence par le scénario. L’histoire enchaîne des scènes tellement identiques qu’on a l’impression d’une constante répétition. Jack suspecte quelqu’un, Jack est en danger, Jack se tire du danger, et on recommence.
Pire encore : l’enchaînement entre les deux premières scènes est si abrupt qu’on a l’impression qu’il manque une scène, comme s’il y avait un faux raccord, une erreur de montage.
Le spectateur comprend très vite le ressort principal de film : tous les personnages que rencontre Jack sont suspects. Et le cinéaste essaie ainsi d’implanter une ambiance glauque. Mais c’est tellement convenu et attendu que tout s’effondre. Dialogues stagnants
Parmi les pires points noirs du film, il y a les dialogues. Certaines scènes ont l’air de stagner complètement à cause de dialogues répétitifs et interminables. Quand Jack arrive au motel, il a une conversation avec le gérant au sujet du mode de paiement. On passe ainsi une dizaine de minutes à entendre en boucle le gérant répéter qu’il veut une carte bancaire et Jack insister pour payer en liquide. Si le but était de faire de l’humour, le résultat est un échec : il n’y a que de l’ennui qui se dégage de ce dialogue. Et quand ce n’est pas répétitif, c’est vulgaire, à l’image d’un film qui multiplie les scènes de violence gratuite. Du sang, une image de la femme comme objet sexuel, des propos grossiers, le film multiplie les fautes de goût.

John Cusack
L’essentiel du film, L’instinct de tuer, se déroule donc dans un motel glauque peuplé de personnages suspects. L’image est alors chargée de couleurs au néon bleu ou rouge. Si, à cela, on ajoute la présence d’un personnage de nain, on se croirait presque dans un film de Lynch, mais un Lynch qui aurait perdu son originalité, son univers, son talent pour faire du bas-de-gamme.
Fort heureusement, dans le lot, il y a deux points positifs : les deux interprètes principaux, John Cusack et Rebecca DaCosta. Lui est plutôt crédible en tueur qui ne comprend rien à ce qui lui arrive et qui se trouve réduit à faire ce qu’il fait le mieux : tuer ! Et elle incarne le seul personnage vraiment ambigu du film.
Par contre, il serait temps de dire à Robert DeNiro que faire des mimiques ne suffit pas à avoir l’air d’un parrain dangereux. Il cabotine au maximum et fournit un résultat pitoyable. Qu’est donc devenu le grand Robert DeNiro ?
En conclusion, voilà donc un film qu’on peut se permettre d’oublier ou d’ignorer, tant il ne peut nous proposer qu’une succession de scènes inutiles.

Synopsis : un parrain notoire, Dragna, envoie un de ses tueurs, Jack, récupérer un sac. Sous aucun prétexte le tueur ne doit ouvrir le sac.
Sorti au cinéma américain en février 2014, L’Instinct de tuer ne trouvera pas de salles en France et sort immédiatement en DVD le 4 juin 2015. Il faut dire qu’on est très loin d’un chef d’œuvre.

Fiche Technique – L’instinct de tuer

Titre original : The Bag Man
Date de sortie en DVD ou Blu-ray : 04 juin 2015
Nationalité : États-Unis d’Amérique
Réalisation : David Grovic
Scénario : David Grovic, Paul Conway, James Russo
Interprétation : John Cusack (Jack), Rebecca DaCosta (Rivka), Robert DeNiro (Dragna), Dominic Purcell (Larson), Crispin Glover (Ned), Martin Klebba (Guano), Sticky Fingaz (Lizard)
Musique : Tony Morales, Edward Rogers
Photographie : David Knight, Steve Mason
Décors : Cynthia Anne Slagter
Montage : Devin Maurer, Michael R. Miller
Production : Anthony Mitchell, Warren Ostergard
Société de production : Cinedigm, TinRes Entertainment
Société de distribution : Metropolitan Filmexport
Budget : NR
Genre : thriller
Durée : 108’

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Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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