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All Is Lost, un film de J.C. Chandor: Critique

Le scénario met doublement l’acteur à l’épreuve, Robert Redford, alors âgé de 77 ans. Seul personnage du film, seul à avoir la lourde tâche de captiver le spectateur, il doit occuper l’espace et le temps, 106 minutes en l’occurrence. 106 minutes seulement…mais 106 minutes intenses, même lorsque la réalisation flirte avec le contemplatif. Car contemplatif, sans conteste, est le métrage de Jeffrey C. Chandor.

Synopsis : Tout est perdu. Très loin de La Croisière s’Amuse, le Virginia Jean est en pleine avarie. Le navigateur se réveille. Son bateau prend l’eau. On pourrait s’attendre à voir son visage devenir écarlate, mais il  reste stoïque, maître de lui-même. Assez pour que l’on comprenne que le matelot navigue sur les flots depuis déjà très longtemps. Méthodique, il cherche à réparer. L’océan est rude; si rude que même les gouttes de pluie sur la peau sont une bénédiction.

En cela réside le tour de force du film. Mettre sur pieds un paradoxe palpitant. D’un côté le huis clos qui naît de l’exiguïté de la cabine; de l’autre l’opposition de la voile, symbole de liberté, au désert hostile qu’est l’océan. L’immensité absolue au milieu de laquelle chacun est vulnérable. La navigation est une passion viscérale. Un amour complexe, presque inexplicable qui pousse le navigateur à la retraite vers le grand large, se confronter à lui-même pour s’apprivoiser.

Le film prend aux tripes, mais au lieu de serrer les dents, la mâchoire inférieure se relâche. L’image et la lumière nous immergent dans une sorte de mélancolie tapageuse, une beauté cruelle, un rêve pétrifiant où les sentiments contraires se bousculent.

On pourrait reprocher à la direction artistique le manque de plans larges, de diversité ou de mouvement, de plans séquences sur les paysages. Mais qu’y aurait-il d’autre à montrer dans ce contexte, qu’une étendue invariablement bleue ? La caméra mise sur le réalisme et préfère se concentrer sur le personnage, montrer son génie marin, montrer la lutte contre les éléments…montrer l’épreuve ultime, salvatrice, qu’est venu chercher l’explorateur. Elle reflète les réactions de l’être face à l’adversité à la manière du savant fasciné par sa petite souris, et n’oublie jamais de ponctuer le récit de quelques touches d’ironie. On pourra ainsi s’émerveiller de l’exemplarité de cet homme qui, assommé par les pénibilités, met 60 minutes à tout juste fredonner un timide: « merde, fait chier » au lieu d’exploser de colère.

Avec un script condensé sur 30 pages seulement, et un budget de 9 000 000$, l’acteur et le réalisateur ont su tout deux laisser vivre leur créativité; dans ses improvisations, expressions et postures, Robert Redfort est littéralement époustouflant. Sa gueule burinée colle trait pour trait au personnage.

Pourtant le film n’a pas su convaincre le public français. A peine 75.000 entrées au cinéma. On  attendait un raz-de-marée promotionnel bien mérité pour ce drame particulièrement intimiste. Peut-être la distribution avait-elle sous-estimé son budget de campagne ? Peut-être a-t-il souffert de En Solitaire de Christophe Offenstein, sorti un mois plus tôt, bien que très différent ? Peut-être faisait-il très beau en ce mois de décembre ?

Malgré cela All Is Lost reste un long-métrage réussi.  J.C. Chandor signe une introspection touchante, qui vente avant tout la sagesse de l’homme expérimenté. Un film qui suscite l’empathie et procure du plaisir; en somme une belle séance ciné.

All is Lost Bande Annonce VOST

Fiche Technique – All Is Lost:

Réalisation: J.C. Chandor
Scénario: J.C. Chandor
Direction artistique : John P. Goldsmith

Décors: Marco Niro
Costumes: Van Broughton Ramsey
Montage:
Musique: Alexandre Ebert
Sociétés de production: Universal Pictures International

Distribution: Robert Redford

 

 

 

Avengers 2 – Age Of Ultron : Musique B.O Du Film

 Avengers 2 – Age Of Ultron – La B.O./Trame Sonore/Soundtrack

The Show Must Go On

Pas de doute, pour composer une telle bande-originale, il fallait deux super-héros de la musique de film, deux compositeurs ayant fait leurs preuves et ayant compris ce que doit être une partition grandiloquente et spectaculaire. C’est chose faite avec le duo Danny Elfman/Bryan Tyler. Le premier ne se présente plus, non seulement parce qu’il est le compositeur attitré de Tim Burton. Mais aussi parce qu’il a su sortir de ce carcan, en composant des bandes-originales de films telles que  Real Steel, Men In Black 3 ou encore American Bluff. Le second moins réputé, a fait parler de lui sur la trilogie Expendables ou, plus récemment, sur Fast And Furious 7.

Alors soyons franc, cette bande originale n’apporte absolument rien de neuf dans le paysage, certains y critiqueront les fameux « pouiiiin pouiiiin… » (entendez par là : des cuivres omniprésents) de rigueur dans ce genre de film. Mais quand même, que c’est bon que ce genre de film s’assume et revendique jusqu’au bout son aspect entertainment, qu’il se dote d’une musique toute aussi dédiée à satisfaire le spectateur fan de grandiose, d’action et de manichéisme. Bref, une bande originale ancrée dans son registre et qui remplit son contrat haut la main : faire revivre le film à chaque fois qu’on l’écoute.

Sortie : 28 avril 2015

Distributeur : Marvel Music

Durée : 78’

Tracklist :

1. Avengers : Age Of Ultron Title 0’44

2. Heroes  2’07

3. Rise Together 2’24

4. Breaking And Entering 3’04

5. It Begins 2’43

6. Birth Of Ultron 3’06

7. Ultron-Twins 4’14

8. Hulkbuster 4’33

9. Can You Stop This Thing ? 1’04

10. Sacrifice 2’42

11. Farmhouse 4’03

12. The Vault 2’58

13. The Mission 2’48

14. Seoul Searching 2’48

15. Inevitability-One Good Eye 5’08

16. Ultron Wakes 1’43

17. Vision 3’48

18. The Battle 4’25

19. Wish You Where Here 1’37

20. The Farm 1’14

21. Darkest Of Intentions 2’27

22. Fighting Back 2’33

23. Avengers Unite 1’08

24. Keys To The Past 1’49

25. Uprising 2’32

26. Outlook 2’39

27. The Last One 2’14

28. Nothing Lasts Forever 1’58

29. New Avengers – Avengers : Age Of Ultron 3’10

Rétro Coen, The Barber : L’Homme Qui n’Était Pas Là – Critique du film

The Barber, l’Homme Qui n’Était Pas Comme Les Autres

M.Thornton, le coiffeur atypique de l’institut Coen

Ce film noir des frères Coen a réellement sa place parmi les meilleurs films des années 2000. La capacité de surprendre constamment le spectateur rend cette œuvre véritablement captivante et agréable à suivre. On distingue également un choix très habile de la part des réalisateurs, l’utilisation du noir et blanc absolument parfaite, comme pour rendre ce film encore un peu plus classique dans l’histoire du cinéma.

Cependant, l’introduction ne laisse pas pressentir une telle capacité à nous absorber dans cette histoire, on s’attend à un film américain ordinaire avec un dénouement classique. Et c’est notamment grâce à cette introduction qui, à première vue paraît anodine, que l’on finit par être stupéfait par la suite des événements toujours plus incohérents par rapport à la situation initiale de notre fameux coiffeur.

L’intrigue est la réelle qualité de cette œuvre pleine d’intensité, elle prend de plus en plus de dimension au fur et à mesure de l’évolution du film. Mais, si on l’on est autant captivé par le déroulement de la situation, c’est surtout grâce à la prestation grandiose de M. Thornton. Un acteur qui rentre à la perfection dans la peau du personnage. Celui-ci nous fascine, nous émeut et finit même par nous terroriser devant son flegme à toute épreuve.

Nous pourrions également qualifier cette œuvre comme étant « froidement drôle » (le moment du vaisseau spatial). Bien souvent dans ce long métrage l’hypocrisie humaine est parfaitement retranscrite. Des scènes du quotidien, où tout le monde peut facilement s’identifier, qui en font également un film que l’on pourrait qualifier d’humaniste. Où l’innocence naturelle est assujettie à des controverses inespérées.

Enfin, si nous devions trouver d’éventuels défauts à cette œuvre dans son registre on pourrait dire que, la surenchère du drame où des choses impensables viennent s’accumuler, finit par créer l’effet inverse chez le spectateur. Le choix de l’épouse de notre coiffeur également, est sans doute beaucoup moins habile, une prestation beaucoup moins convaincante que celle de notre acteur principal. De plus, le fait que notre coiffeur finisse par « chérir » une « enfant » est également un peu téléphoné. Les circonstances et la scène de l’accident sont aussi un peu grotesques.

Pour conclure, on pourrait dire que ce film est indéniablement un film à ne pas manquer, c’est vraiment une œuvre susceptible de toucher tout type de public. C’est une œuvre humaine, parfaitement orchestrée par des frères Coen vraiment inspirés.

Synopsis : Durant l’été 1949, dans une petite ville du nord de la Californie, Ed Crane soupçonne sa femme Doris de le tromper avec son patron. Un jour, il fait la rencontre d’un voyageur de commerce qui lui propose de faire fortune. Pour cela, Ed devra s’exercer au chantage et aux pratiques les plus illicites.

The Barber : l’homme qui n’était pas là – Bande annonce

The Barber : Fiche Technique

Titre original: The Man Who Wasn’t There
Réalisation: Joel Coen
Scénario: Joel & Ethan Coen
Distribution: Billy Bob Thornton, Frances McDormand, James Gandolfini, Scarlett Johansson & Richard Jenkins
Directeur de la photographie: Roger Deakins
Décors: Dennis Gassner
Montage: Tricia Cooke, Joel & Ethan Coen
Musique: Carter Burwell
Société de distribution: Focus Features
Budget: 20 millions de dollars
Pays: U.S.A. & Royaume-Uni
Durée: 116′

Auteur : Adrien Lavrat

Ça, Il Est Revenu : Le Clown Du Remake Incarné Par Will Poulter

Ça, Il est revenu le clown horrifique de Stephen King, de retour au cinéma

La mini-série « Ça » de Tommy Lee Walace, tirée du roman éponyme de Stephen King en 1990 et diffusée en France en 1993 sous le titre « Il est revenu », est de retour pour un remake 25 ans après !

Cary Joji Fukunaga, réalisateur de Sin Nombre et Jane Eyre, débutera le tournage de l’oeuvre en deux parties cet été. C’est le résultat d’un long processus qui a vu naître plusieurs scénarios. « Je suis sur ce projet depuis 5 ans. » a confié Fukunaga, le premier réalisateur de la première saison de True Detective.

D’ores et déjà, le monstrueux clown de « Ça » nommé « Grippe-Sou » (la terreur de toute une génération qu’incarnait à l’époque Tim Curry) sera repris par le jeune acteur de 22 ans, Will Poulter (Le monde de Narnia : L’Odyssée du Passeur d’Aurore, Les Miller et Le labyrinthe). D’après l’équipe du film, Poulter serait « the prefect guy ».

Le contexte et l’époque seront certes différents mais, le public retrouvera avec frissons et plaisir, l’histoire et l’esprit de la version originale : une bande de gamins aux prises avec un clown-tueur !

En décembre dernier, le Maître de l’horreur, Stephen King lui-même, avait d’ailleurs donné son aval à Fukunaga, après la lecture du script de David Kajganich et Chase Palmer :

« Que Dieu soit avec vous ! Ceci est LA version que le Studio doit réaliser ! ».

 

Rétro Coen : O’Brother – Critique du film

Les frères Coen s’essaient au genre du road movie avec O’Brother, comédie loufoque sur trois losers à la recherche d’un magot imaginaire.

Bien plus qu’un film comique, les deux réalisateurs proposent ici une adaptation moderne de deux classiques de la littérature : si la référence à L’Odyssée d’Homère est pleinement assumée, on devine à travers le nom du personnage principal, Ulysses, l’hommage au chef-d’œuvre éponyme de James Joyce. D’apparence simple, O’Brother multiplie donc les couches de lecture et chaque nouveau personnage annonce une nouvelle étape de l’odyssée des trois prisonniers.

Une réinvention de la mythologie grecque

« C’est sans doute la version de L’Odyssée d’Homère la plus pourrie qui ait jamais été proposée. Elle est fondée sur tout ce que la culture populaire recrache de cette histoire et que nous avons assimilée à notre façon », confiaient les frères Coen au magazine Les Inrockuptibles en 2010, date de sortie du film. En réalité, O’Brother est loin d’être une version « ratée » du classique de la littérature : il s’agit au contraire d’une réécriture moderne et décalée d’un récit épique et ultra-sérieux. L’Odyssée pour les nuls en quelque sorte, mais agrémentée d’une bonne dose d’humour.

O’Brother raconte le voyage initiatique de trois prisonniers qui, las de casser des pierres sur le bord de la route, s’enfuient dans les terres arrides et hostiles du Mississipi. Le problème, c’est qu’ils sont enchaînés les uns aux autres, donc contraints de rester ensemble. L’analogie avec L’Odyssée homerienne est lancée dès la scène d’ouverture : ces prisonniers qui font penser aux Daltons des Lucky Luke sont en fait des galériens qui tapent sur la pierre comme ils rameraient en mer, aidés par le rythme des chants et les fouets de leurs geôliers. Seulement, loin de l’Antiquité et autres guerres de Troie, nos trois évadés tentent de survivre dans le Mississipi profond des années 1930.

Du coup, le film se fait l’adaptation moderne d’une épopée antique. Un pari osé et potentiellement dangereux que les frères Coen manient avec brio et justesse, créant un film hybride aux multiples inspirations, du western au fantastique en passant par la comédie musicale. Dans leur périple, les trois compagnons croiseront la route du cyclope, des venimeuses sirènes, Ulysses voudra reconquérir sa Penny – Pénélope – (Holly Hunter) qui a déjà trouvé un nouveau prétendant. Ces figures mythologiques sont ici ressuscitées à la sauce Coen : Ulysses Everett McGill (George Clooney), chef de la bande, est sans conteste le plus charismatique des trois. À l’image du héros grec, il est beau, rusé et fort tandis que ses compagnons de voyage sont faiblards et pas très futés. Il fait croire à ses co-détenus qu’un énorme trésor est à la clé, avant de leur avouer que ce dernier n’a jamais existé : l’objectif d’Ulysses, comme dans L’Odyssée, et de retrouver son foyer, sa femme et ses enfants.

La route est semée d’embûches pour notre trio loufoque : John Goodman dans la peau d’un prospecteur borgne incarne la terrifiante figure de Polyphème, le cyclope, les sirènes se métamorphosent en laveuses dénudées, aux chants ensorceleurs. Ils ne sont pas encore arrivés à Ithaque, nos trois galériens…

O’Brother, c’est le huitième film des frères Coen et la première collaboration avec George Clooney. Deux ans après The Big Lebowski, les deux acolytes continuent à creuser le genre parodique et affichent leur attachement au mélange des genres et des tons. Ici, ils font se rencontrer la culture du Deep South américain et l’épopée homérique, apportant une nécessaire liberté adaptation : l’arme d’Ulysses n’est plus sa force hors norme mais sa voix, grâce à laquelle il regagne le cœur de sa belle. Bref, O’Brother est un conte ensoleillé et offre une B.O. absolument addictive – à l’image du tube Constant Sorrow des Soggy Bottom Boys (Les Culs Trempés).

Synopsis : Dans le Mississipi, à l’époque de la Grande Dépression, trois prisonniers s’échappent de prison. À leur tête, le gentil et beau-parleur Ulysses est entouré du simple d’esprit et optimiste Delmar et du râleur et sanguin Pete. Ulysses a convaincu ses compagnons auxquels il était enchaîné de s’évader pour retrouver le magot d’un braquage de banque s’élevant à un million deux cents mille dollars. Ils se lancent alors dans un long périple à travers l’État du Mississippi, traqués par le shérif Cooley.

O’Brother : bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=meCZ5hWNRFU

O’Brother : Fiche Technique

Date de sortie : 30/08/2000
Titre original O Brother, where art thou ?
Réalisé par  Joel Coen
Avec : George Clooney, John Turturro, Tim Blake Nelson, John Goodman, Holly Hunter, Chris Thomas King, Charles Durning, Michael Badalucco, Wayne Duvall, Ray McKinnon, Daniel von Bargen, Stephen Root, Frank Collison, Ed Gale, Royce D. Applegate
Genre : Comédie , Aventures , Musical
Nationalité États-Unis, Royaume-Uni, France

Naruto The Last, Un Film De Tsuneo Kobayashi : Critique

Un film pour les conclure tous

Si vous n’avez rien compris à ce synopsis, vous pouvez directement arrêter la lecture de cet article : Naruto the last ne s’adresse pas à vous. Contrairement aux films Marvel qui sont toujours suffisamment indépendants les uns des autres pour pouvoir être vus séparément (même si cela devient de plus en plus difficile), Naruto the last est là pour conclure provisoirement l’histoire, après 72 volumes papier et plus de 500 épisodes de la série animée. Si le film commence par un résumé des luttes entre clans ninjas dans un noir et blanc inspiré du manga très élégant, et si de nombreuses séquences clés seront revisitées, cela n’a pas pour but de rendre le film plus accessible, mais au contraire de réveiller les souvenirs des fans, auxquels le film s’adresse directement.

Le titre Naruto the last n’est pas innocent puisqu’il s’agit de la conclusion de la partie Shippuden, avant de changer de génération avec Naruto Gaiden. On y retrouve les personnages principaux, un peu plus vieux et devenus importants dans la société. Naruto notamment, n’est plus le jeune fou des débuts du manga, mais est devenu une présence rassurante et aimée de tous.

Plus particulièrement, le film s’intéresse à un événement survenu lors de la bataille contre Pain : la déclaration d’amour de Hinata envers Naruto. Un moment poignant qui n’a bizarrement eu que très peu d’effets sur la suite de la série, comme si cela n’était pas arrivé. On sait que les Japonais distinguent assez radicalement mangas destinés aux filles (Shojo manga) basé sur la romance et mangas destinés aux garçons (Shonen manga) basés sur la baston et l’amitié, mais enfin il était difficile de ne pas ressentir de frustration concernant ce point. Pour pouvoir passer à la nouvelle série consacrée au fils de Naruto et à la fille de Sakura, il fallait bien y revenir pour en proposer une conclusion satisfaisante, ce qui est le but de ce très romantique Naruto the last.

Please notice me Naruto Senpai

L’héroïne de ce film est donc tout autant Hinata que Naruto. Aussi amoureuse que timide, on la retrouve affairée à tricoter une écharpe pour Naruto, réplique de celle qu’il avait abîmée lorsqu’il avait pris sa défense étant enfant, moment où elle avait compris qu’il serait l’homme de sa vie. Toutefois rien n’est simple : Naruto n’est plus un paria mais le héros du village, sollicité de toutes parts. Heureusement pour elle, le caractère de Naruto va favoriser son plan : s’il est prêt à se sacrifier pour la survie des autres, il n’a aucune idée de ce qu’est l’amour.

Tout pourrait continuer ainsi dans le non dit le plus total quand arrive Toneri, rival en amour dont la proposition de mariage a pour arrière pensée un plan de destruction du monde dont Hinata est la clé.

Cette arrivée va accélérer les relations entre Naruto et Hinata de plusieurs manières :

1 – en lui opposant un rival, Naruto va-t-il ressentir une certaine jalousie ?

2 – échouant à capturer Hinata, Toneri va finalement capturer sa sœur Hanabi, ce qui va amener Hinata et Naruto à partir en mission et donc à passer beaucoup de temps ensemble.

3 – Surtout, en partant à la poursuite de Toneri, le groupe composé de Naruto, Hinata, Shikamaru, Sakura et Sai, va devoir traverser une grotte où d’énormes bulles de savon permettent de revivre certains moments importants de leur vie. Naruto va non seulement voir qu’Hinata a toujours été auprès de lui, mais qu’il a aussi toujours compté pour elle.

La romance entre Naruto et Hinata se développe alors d’une manière étonnamment shonen : pour faire face à un ennemi puissant, Naruto va découvrir son amour comme il apprendrait une technique : c’est d’ailleurs en unissant leurs chakras que les deux finiront par vaincre le méchant.

Réflexion et destruction

Naruto the last est un film au rythme étrange : à l’aspect comédie romantique plombé par la timidité pathologique des deux héros s’ajoute une structure extrêmement répétitive. Les spectateurs de la série sont habitués à la réutilisation de séquences entières, qui permettent aux non assidus de pouvoir suivre et au Studio Pierrot d’avoir moins à animer, mais l’on ne s’attendait pas à retrouver cela dans un film. Ces répétitions ralentissent le rythme d’une histoire qui met longtemps à démarrer, même si elles gagnent en intérêt en cours de route. De simple retour sur des événements que nous connaissons déjà, elles dévoilent peu à peu d’autres facettes, revenant sur le passé pour dire ce qui était alors passé inaperçu. A l’image du manga, où toute action dépendait de la compréhension des événements passés, le film est basé sur les malentendus : méchant qui pense poursuivre la volonté du Rikudo, Hinata qui pense que Naruto ne l’aime pas à cause de l’écharpe qu’il porte, Naruto qui pense qu’Hinata suit Toneri de son plein gré… C’est en découvrant la vérité que nos héros pourront se retrouver.

Si ce parti-pris est théoriquement intéressant, il semble inadéquat dans le contexte d’un film qui se voudrait haletant. Entre les répétitions, les genjutsus, le château en image de synthèse, et les ennemis en forme de poupées diaphanes on a parfois l’impression d’être dans un mix de Naruto et de l’oeuvre contemplative et onirique de Mamoru Oshii.

Une direction artistique qui disparaît pour la bagarre finale, où l’on retrouve une pyrotechnie et un sens de la destruction digne de la puissance développée par Naruto au cours de ses aventures. Ce duel final est malheureusement rendu moins épique par le fait que Toneri a du mal à exister en tant que menace crédible : après des volumes entiers de guerre contre les quelques membres de l’Akatsuki aux capacités incroyables, on a du mal à croire qu’un ennemi sorti de nulle part puisse tout remettre en cause. Naruto n’est pas un manga où les ennemis se succèdent, mais un manga qui approfondit peu à peu les personnages : il était par conséquent presqu’impossible d’introduire un ultime méchant dans un film censé conclure l’histoire.

Fly me to the moon

Avec son rythme lent et labyrinthique et son action finalement assez peu convaincante, Naruto the last n’est pas un grand film. Malgré cela, il n’est pas envisageable qu’un vrai fan de Naruto puisse le rater, parce qu’il propose une conclusion somme toute très satisfaisante à la relation Naruto – Hinata. Le méchant est fade, Hinata a toujours autant de mal à se battre, les autres membres de la mission sont un peu relégués au second plan, sans parler d’un Sasuke uniquement de passage pour nous montrer ses beaux yeux, mais on oublie tout quand nos héros finissent par comprendre leurs sentiments, accompagnés lors de notre séance par les applaudissements d’une salle en délire. Il sera difficile aux fans de contenir leur émotion lors du générique de fin et de la séquence qui le suit (ne partez pas trop tôt!), et c’est au fond tout ce qui compte : une belle histoire d’amour et de destruction, une romance shonen qui fait pleurer les gros durs.

Synopsis : Deux ans après la grande guerre ayant opposé les villages ninjas enfin unis à l’armée de clones de l’akatsuki, le village de Konoha a retrouvé la paix et Naruto en est devenu l’idole : les jeunes l’admirent, les filles l’entourent et l’ensevelissent sous les cadeaux.

A l’écart, Hinata continue à le regarder de loin, hésitant à lui offrir l’écharpe qu’elle a pourtant tricoté avec amour pour lui. L’arrivée d’un mystérieux sélénite, héritier du Rikudo venu demander la main de l’héritière du clan Hyuga, va montrer à Naruto qu’il est plus difficile de comprendre ses sentiments que de maîtriser le rasengan.

 Fiche technique : Naruto the last

Réalisateur : Tsuneo Kobayashi
Genre : Animation / Manga / Shonen
Année : 2014
Date de sortie : 13 mai 2015
Durée : 01h52
Musique :  Yasuharu Takanashi, Yaiba
Scénario : Maruo Kyozuka d’après et sous la supervision de Masashi Kishimoto
Nationalité : Japonaise
Character design et Direction d’Animation : Masashi Kishimoto, Tetsuya Nishio, Hirofumi Suzuki
Maisons de production : Aniplex, Dentsu, Shueisha, Studio Pierrot Co. Ltd., TV Tokyo, Toho Company
Distribution (France) : Eurozoom, Kana Home Video

La Promesse d’Une Vie, un film de Russel Crowe : Critique

40 ans après ses débuts comme acteur dans la série australienne Spyforce, Russel Crowe fait ses premières armes derrière la caméra avec ce long métrage, The Water Diviner traduit en La Promesse d’Une Vie pour la version française.

40 années au compteur, 25 comme acteur de cinéma. Il s’est donné le temps de travailler son sujet : La Grande Guerre, peu traitée sur le grand écran avec une centaine de films seulement. Mais quel déclencheur conduit un réalisateur en herbe à aborder un chapitre si sérieux ?

L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont combattu aux côtés de la France à Gallipoli pour libérer le détroit des Dardanelles de la marine britannique et démobiliser les troupes ottomanes qui se battaient contre les Russes dans le Caucase. Aujourd’hui encore, cet épisode revêt une importance particulière pour les australiens et les néo-zélandais. L’A.N.Z.A.C. Day (Australian and New Zealand Army Corps) est célébré chaque année le 25 Avril. Si le titre original se déchiffre sans peine, son adaptation francophone révèle facilement l’une des clés du métrage, au mépris du travail artistique déployé.

Sur le fond, le récit est particulièrement documenté, ponctué de références pour respecter au plus juste la chronologie. À la mesure du diptyque Mémoires De Nos Pères/Lettres d’Iwo Jima de Clint Eastwood, Russel Crowe s’affaire non sous l’angle du patriote effarouché, mais avec l’œil et le cœur de l’humaniste, qui rend hommage à son pays et à l’ennemi tout aussi valeureux. On ressent d’emblée un film très personnel, très intimiste, qui s’articule autour de deux thèmes conjoints : la guerre et le drame. La guerre, c’est les idéaux qui s’affrontent et les tranchées qui se creusent. Le drame, le traumatisme d’une violence inouïe, difficilement appréciable si des Maurice Genevoix (Ceux de 14, publié chez Flammarion) n’avaient pas tenu de journaux. C’est l’opposition invraisemblable entre l’insouciance des jeunes soldats d’alors et ces inconnus morts par bataillons entiers. C’est le prisme familial qui éclate et avec lui la question absolue qu’est la vie.

Sur la forme, Russel Crowe concrétise ses idées en optant pour le bipartisme linguistique. Cela lui donne l’avantage de placer les protagonistes sur le même pied d’égalité, partageant la présence face à la caméra, leur permettant enfin de se mouvoir en personnages, puis en personnes qui s’épaulent les unes les autres. Le tournage dans des conditions extrêmes, en plein désert par 49,5 °C, ne l’a manifestement pas refroidi. Pioche à la main ou vêtu de noir, l’acteur métamorphose un Joshua malmené par les éléments. Russel Crowe a su tirer parti de ses collaborations avec Ron Howard, Michael Mann et de ses multiples récidives avec Ridley Scott. Dans une interview pour la promotion du film, il confiera avoir profité de son expérience d’acteur et retenu tous les codes de la réalisation. Les prises de vues montrent l’immensité de la nature sans jamais oublier sa rudesse. On s’immerge dans les villes et marchés de la Turquie d’époque. Pourtant, les plongées, les plans larges, les travelings et les quelques flashbacks qui donnent un certain rythme, ne surprennent ni ne suffisent à forger le caractère de la pellicule. La trame du romantisme académique semble, au contraire, vouloir encore s’imposer, occasions de quelques situations convenues ou faciles.

Malgré quelques embuches, malgré des prises de risques avec le volet historique que l’on ne retrouve pas forcément côté narration, Russel Crowe transforme l’essai. Le film est sincère et reste intéressant. Les décors sont riches et soignés, la B.O. épouse l’image pour quelques superbes séquences emplies de sagesse. Il convient de saluer son réalisateur pour s’être attaqué à un sujet encore aujourd’hui douloureux, à l’heure du centenaire où la communauté internationale espère la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie.

Synopsis : Joshua Connor a le don de trouver l’eau qui se cache dans les entrailles du désert australien. Cette eau, précieuse, presque divine, lui permet de donner à boire à ses bêtes. C’est ce même don qui l’aidera à retrouver ses 3 fils disparus sur le champ de bataille.

La Promesse d’Une Vie : bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=Wok-Ssq-WY8

Fiche Technique – La Promesse d’Une Vie

Titre original: The Water Diviner
Réalisation: Russel Crowe
Scénario: Andrew Anastasios & Andrew Knight
Décors: Chris Kennedy
Costumes: Tess Schofield
Montage: Matt Villa
Musique: David Hirschfelder
Sociétés de production: Fear Of Ogd Films & Hopscotch Features
Distribution: Russel Crowe, Olga Kurylenko, Jai Courtney, Jacqueline Mckenzie, Yılmaz Erdoğan

 

Rétro Coen : The Big Lebowski – Critique du film

Une femme kidnappée et une demande de rançon qui peine à arriver à son destinataire… L’intrigue semble faire directement écho à celle du précédent film des frères Coen, sauf qu’à la différence du village enneigé où avait lieu l’action de Fargo, la ville est ici présentée dès le générique d’ouverture comme perdue dans un lointain désert. Le plan de la boule de poussière poussée par le vent nous faisant pénétrer dans Los Angeles est même directement rattachable aux codes visuels du western. Mais la véritable différence entre les deux films vient de la caractérisation des personnages, car là où les habitants de Minneapolis semblent difficilement dissociables sous leurs énormes parkas, c’est l’hétérogénéité des habitants de L.A. qui caractérise The big Lebowski.

De la bouche des frères Coen, l’écriture du scénario se voulait être une parodie de film noir, dans laquelle la notion d’anti-héros serait poussée à son paroxysme. L’influence du maitre du genre, Raymond Chandler, est particulièrement frappante dans le personnage qui va enclencher le périple du personnage principal : Le milliardaire handicapé, pris en étau entre deux femmes fortes, n’est effectivement pas sans rappeler le commanditaire de Philip Marlowe dans Le grand sommeil. Sauf qu’au lieu d’un détective expérimenté, le héros est ici parfaitement incompétent et maladroit. Jeff Lebowski, surnommé Le Duc, accumule les accidents avec une nonchalance sans limite. Cet ancien hippie interprété par Jeff Bridges est devenu une figure mythique mais, encore une fois, ce sont les relations conflictuelles qu’entretiennent l’ensemble des personnages hauts en couleurs qui font du film une comédie irrésistible.

Walter Sobchak est, à l’instar du Duc, un homme figé dans les années 60, et en particulier dans son traumatisme de la guerre du Viêt-Nam (et, accessoirement, de son divorce), mais bien qu’il soit en totale contradiction avec l’idéologie pacifique du Duc, ils forment tous les deux un duo complémentaire mais toujours aussi peu efficace, face à des évènements qui leur échappent complètement. À côté de notre héros et ce vétéran borderline, incarné par un John Goodman irréprochable, l’équipe de bowling est complétée par un acteur, lui-aussi habitué à l’univers des frères Coen, Steve Buscemi, en garçon effacé condamné au silence – soit l’exact opposé de son rôle bavard dans Fargo. Et face à eux, un autre comédien bien connu des amateurs du duo de réalisateurs, John Turturro qui, dans sa brève mais non moins remarquable apparition dans un look improbable, incarne un homosexuel hispanique -accusé, à tort ou à raison de pédophilie-, qui nous livre, sur la reprise d’Hotel California des Gipsy Kings, une inoubliable chorégraphie. Le déroulement de l’intrigue en soi est un élément mineur dans l’appréhension globale du long-métrage, car il ne permet finalement que de faire le lien entre tout un panel de figures souvent décalées et anachroniques, telles que Maude (Julianne Moore), une féministe aux velléités artistiques, le cow-boy sans nom (Sam Elliott), faisant office de narrateur, les nihilistes allemands (menés par Peter Stormare) ou bien encore un détective privé (Jon Polito), qui est lui-même –de par leur voiture commune- un clin d’œil au personnage interprété par M. Emmet Walsh dans Blood Simple.

Mais certains personnages (à commencer bien sûr par Saddam Hussein qui apparait dans un des rêves du Duc) sont également des images de leur époque. C’est notamment le cas des deux milliardaires qui se partagent la même femme. Jeffrey Lebowski (David Huddleston), en vieux traditionnaliste qui, sous couvert de bonnes actions, détourne l’argent de la fondation familiale, est en effet radicalement opposé à Jackie Treehorn (Ben Gazzara), un parvenu ayant fait fortune dans l’industrie du porno, et particulièrement prévenant à l’égard de la jeune et insouciante Bunny (Tara Reid), mais ils représentent, aux yeux des frères Coen, les deux faces d’un système capitaliste cynique et manipulateur.

L’impossibilité pour tous ces protagonistes extravagants -dont il serait trop long d’achever la liste ici- de cohabiter sereinement reflète bien l’idée, récurrente chez les Coen, que la société moderne souffre d’un lourd problème de communication et de névrose commune. Les gags qui découlent de cette écriture, aussi farfelue que désenchantée, prennent le pas sur le déroulement classique de la narration, au point de réussir à nous faire accepter l’absence de dénouement concret à l’intrigue.

La bande originale, à laquelle a immanquablement participé Carter Burwell – qui collabore avec les deux réalisateurs depuis leurs débuts –, est accompagnée de musiques aussi éclectiques que la palette de personnages (de Mozart à Bob Dylan en passant par Kenny Rogers), mais aussi les chorégraphies dignes des grandes comédies musicales de Broadway qui illustrent les rêves du Duc, sont autant d’arguments qui ont permis à cette étude sociologique de la bêtise humaine de se faire, au fil des années (car n’oublions pas qu’il fut mal reçu à sa sortie), son statut de film culte et incontournable.

Synopsis : 1991, Los Angeles. Un fainéant féru de bowling est victime d’une agression par des gros bras qui le prennent pour un milliardaire portant le même nom que lui, et pendant laquelle son tapis est souillé. Désireux d’obtenir réparation, Jeffrey Lebowski va chercher à rencontrer son homonyme qui, victime d’une demande de rançon, va lui offrir une mission à accomplir. Dès lors, rien ne se passera comme prévu.

The Big Lebowski : Bande-annonce

The Big Lebowski : Fiche technique

Réalisation : Joel & Ethan Coen
Scénario : Joel & Ethan Coen
Interprétation: Jeff Bridges, John Goodman, Julianne Moore, Steve Buscemi, David Huddleston , Philip Seymour Hoffman, Ben Gazzara, Tara Reid, David Thewlis…
Musique : Carter Burwell
Photographie : Roger Deakins
Montage : Joel & Ethan Coen, Tricia Cooke
Production: Ethan Coen
Société de distribution : PolyGram Film Distribution
Genre : comédie
Durée : 117 minutes
Date de sortie : 22 avril 1998

Etats-Unis – 1998

Sherlock, Saison 1 à 3 – Critique De La Série

Synopsis : Ancien soldat traumatisé par la guerre en Afghanistan, John Watson s’installe chez Sherlock Holmes, détective consultant doté d’une grande intelligence et « sociopathe de haut-niveau » selon ses propres mots. De cette rencontre va naître une complicité tant professionnelle que personnelle et une succession d’aventures fantastiques.

Une équipe bien rodée

Avec la saga de Guy Ritchie, la série britannique Sherlock de Mark Gatiss et Steven Moffat sortie en 2010 contribue à moderniser l’image de Sherlock Holmes en le transposant dans le Londres contemporain et en jouant sur le rythme et les ralentis. Crée par Sir Arthur Conan Doyle en 1887, Sherlock Holmes incarne tout un univers d’intrigues, de raisonnement et de logique dont seul le héros possède la clef. Le détective et son acolyte de Docteur, immortalisé par la fameuse réplique « Élémentaire, mon cher Watson ! », ont inspiré bon nombre d’adaptations et de créations littéraires et cinématographiques mais force est de constater que cette version « so british » est l’une des plus fidèles. Les créateurs de la série Sherlock, scénaristes de Docteur Who, sont de véritables passionnés et possèdent un style bien à eux. Habitués tous deux des adaptations de romans classiques pour la télévision, Moffat est, quant à lui, le réalisateur de l’étonnante série Jekyll.

L’univers « Holmésien »

La réussite de la série Sherlock tient dans sa conformité avec l’histoire et les personnages de Conan Doyle. D’emblée, le spectateur avéré arrive en terrain familier avec une introduction semblable à celle du premier chapitre d’Une étude en rouge. Les descriptions de Watson et Holmes sont soigneusement respectées : on retrouve en John Watson ce médecin militaire, abîmé par la guerre en Afghanistan et Sherlock Holmes est ce même passionné de sciences, grand et élancé, vif et intelligent, violoniste à ses heures, qui évolue dans un monde à part. Pour des raisons de santé publique et pour rendre le conte plus moderne, la pipe est rayée du scénario et Holmes se shoote aux patchs de nicotine. Il profite aussi des technologies nouvelles ce qui donne un aspect fascinant à la série, presque surnaturel.

Rapidement, le duo emménage à l’adresse mythique du 221, Baker Street et leurs aventures peuvent commencer. Les épisodes mémorables qui ont fait le succès de Sherlock tel que Le Chien des Baskerville, Son dernier coup d’archet et Un scandale en Bohème – où apparaît la dangereuse séductrice, Irène Adler – sont remis au goût du jour.

L’inspecteur Lestrade, Mme Hudson et Moriarty font aussi partie du décor.

Des acteurs sur mesure

La prestation et le charisme de Benedict Cumberbatch (Star Trek into Darkness,The Imitation Game) font véritablement revivre Sherlock Holmes et Martin Freeman (Le Hobbit) est plus que crédible dans le rôle de Watson. Les deux acteurs étaient d’ailleurs les premiers choix de la production.
De l’avis de la productrice, Sue Vertue : «Benedict était le seul que nous pressentions pour le rôle de Sherlock. Une fois que Benedict est entré en scène, nous avons assisté à une réelle alchimie avec John Watson et je pense que ceci est palpable dès leur apparition à l’écran… »

Observation, intuition et raisonnement font de Sherlock Holmes une redoutable « machine » d’investigations que Cumberbatch interprète avec justesse.
Toutefois, son partenariat avec Martin Freeman et l’évolution du personnage de Watson mettent les deux héros de Sherlock sur un pied d’égalité.

Un héros avec ses faiblesses

Dans Sherlock, la personnalité de John Watson a été explorée pour donner de l’envergure au personnage, un plus grand rôle au sein de l’équipe et une influence positive sur Sherlock Holmes.
Tandis que l’oeuvre de Conan Doyle décrit Holmes comme un surhomme, un être asexué et froid, la bienveillance de Watson rend le détective plus humain, plus sensible. En témoignent les nombreux secours de Sherlock Holmes à son égard et la surprenante transition entre les saisons 2 et 3. Watson avouera pour la première fois qu’ils sont « meilleurs amis ».
Moffat ne voulait pas de cette inaptitude sociale pour le personnage et Cumberbatch d’ajouter : « Bien que Sherlock essaye de se convaincre qu’il n’est pas humain, il l’est. »
Entre autres qualités humaines, Holmes n’est pas insensible aux atouts de la très sensuelle Lara Pulver (MI-5). Après la saison 2, le corps et les mensurations de la jeune femme n’ont plus aucun secret pour lui. À maintes reprises, le détective ira même jusqu’à user de ses charmes auprès de la gent féminine.
Sherlock Holmes n’est qu’un homme, n’en déplaise aux puristes !

Couronnée de succès, la série Sherlock a reçu de nombreuses récompenses aux Emmy Awards 2014 pour ne citer qu’eux.
Pour l’heure, le public attend avec impatience la saison 4 que les créateurs annoncent déjà comme la « saison la plus surprenante et la plus choquante » de la série.

Sherlock: Trailer de la saison 3

Sherlock : Fiche Technique

Série britannique créée par Steven Moffat et Mark Gattis d’après l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle

Diffusée sur BBC depuis le 25 Juillet 2010

Casting : Benedict Cumberbatch, Martin Freeman, Lars Mikkelsen, Marik Gatis, Andrex Scott, Una Stubbs, Lara Pulver, Vinette Robinson, Louise Brealey, Rupert Graves…

Daredevil, Saison 1 – Contre Critique De La Série

Ce n’est pas aujourd’hui que le diable sortira de sa boite.

Voici donc la fameuse série Marvel diffusée sur Netflix sensée mettre tout le monde d’accord et redonner au justicier de Hell’s Kitchen toute son ambivalence. Oui, cette série est sombre et violente et oui c’est plus regardable que le film de Mark Steven Johnson, certes…Mais cela suffit-il pour passer sous silence tout ses défauts ? Non, car la fameuse bouse avec Ben Affleck date tout de même de 2003, une époque où le genre super-héroique n’était pas véritablement pris au sérieux par les producteurs, il était donc le produit d’une époque où les X-Men de Singer et Spiderman de Sam Raimi faisait partie des anomalies surprenantes. Depuis, le genre a fait son chemin dans l’esprit des spectateurs, pour le meilleur et pour le pire. Aujourd’hui, le super héros se doit d’être sombre et torturé, sans cesse pris dans un conflit moral face à des forces qui le dépasse. C’est la mode, la tendance du moment, la norme sur laquelle s’aligne la majorité des productions estampillés « comics ». Daredevil ne devrait donc pas être jugée par rapport à son prédécesseur (faire pire aurait été en soit un exploit) mais bien à l’aune des ses contemporains.

En retournant cette échelle de valeur, il devient alors plus facile de trouver des défauts, et ce qui frappe en premier lieu, c’est le manque d’originalité de l’ensemble. Du générique « crépusculaire » style Black Sails ou The Leftovers représentatif de la génération HBO aux développement des personnages, tout sonne préfabriqué, monté en kit pour convaincre rapidement que Daredevil est un projet viable capable d’attirer un public mature. C’est donc parti pour une succession d’effusions de sang, d’os brisés et d’intrigues sordides à base de trafic de drogues et d’êtres humains. Sauf qu’il ne faut pas tout confondre, malgré ce qu’essayent de nous faire croire les séries d’aujourd’hui, violence et sexe ne sont pas des signes de maturités, c’est même complètement l’inverse. La maturité est justement la capacité de réfléchir, de dépasser ses pulsions primaires par la raison et la logique, deux prérequis qui brillent par leur absence dans le caractère des protagonistes. De la violence d’accord, mais avec du fond s’il vous plaît !

En l’état, la série ne présente que des archétypes grossiers qu’elle tente de nous faire passer pour des êtres humains en multipliant le pathos. Matt Murdock est aveugle, élevé par son père, abandonnée par sa mère. Papa est gentil, donc le petit Matt devenu grand aura une morale infaillible. De l’autre coté du spectre caractériel, nous avons Wilson Fisk, caïd de la pègre qui règne d’une main de fer sur la ville, élevé par un père violent et surprotégé par sa mère. Papa est méchant donc Wilson sera brutal et égocentrique (et en plus petit il était gros). Rien que là on touche déjà au cliché le plus répandu dans l’histoire des super-héros : le rôle déterminant des parents et sa dichotomie nauséabonde : Si ton père s’occupe de toi, tu sera un héros, si ta mère te couve trop, tu sera un méchant. Citons comme exemple au hasard, Batman et le Pingouin, l’un adulant son père (on ne sait jamais rien de sa mère) et l’autre sur-protégé par sa mère. Pareil pour Thor et Loki, le premier élevé par papa, droit et vertueux, le second apprécié par maman, donc fourbe et sournois… Rien de nouveau sous les étoiles, et c’est un peu embêtant vu que les 13 épisodes de la série ne fonctionnent que sur cette opposition Fisk/Murdock, mais quand les pommes sont déjà pourrie dans le panier…

Dans ce duel d’ego, Dardevil est celui qui s’en sort le mieux, grâce à une interprétation plutôt mesurée de Charlie Cox (Stardust) qui n’en fait jamais trop, bien qu’il semble calquer son jeu sur celui de Ben Affleck, y apportant quelques modifications subtiles et bienvenues. En revanche de l’autre coté du ring c’est une catastrophe. L’excellent Vincent d’Onofrio (Full Métal Jacket, Men in Black) offre une performance pitoyable. Rarement observer un acteur de ce standing cabotiner n’aura été aussi gênant. Fini le règne de Wilson Fisk le génie du crime, le manipulateur et tacticien brillant… Admirons Fisk l’animal, Fisk l’abrutit, Fisk le gamin égoïste….L’acteur semble toujours en décalage avec son personnage. Il trimbale son physique de nourrisson géant avec la grâce d’un hippopotame et y applique une voix qui ne colle jamais. Il hurle quand il est content, chuchote quand il s’énerve, respire à contre-temps, semble près à exploser dès que quelque chose l’emmerde. Le personnage n’a plus aucune complexité et sa stratégie se résume à ça : Quelqu’un pose problème, il le tue. Simple, efficace mais pas vraiment mature. Tout suspens est donc désamorcé puisque que l’on finit par le saisir le malabar, et on comprend rapidement qu’il finira par tuer tout ses partenaires. Encore une façon pour Marvel de nous faire miroiter une intrigue complexe avant de la réduire dans sa dernière ligne droite à un seul antagoniste. Il faut admettre l’évidence, en ce moment, Marvel et les méchants, ce n’est pas vraiment l’amour fou. Surtout lorsque les acolytes Wesley et Leland (alias le Hiboux) se révèlent infiniment plus charismatiques, bien que sous employés. En comparaison Malcolm Merlyn dans Arrow, dont le projet d’urbanisme novateur était tout aussi explosif, passait pour un antagoniste formidable.

C’est tout le problème de Dardevil, elle ne surprend jamais et souffre trop de la comparaison avec ses aînées. Les scènes d’actions sont molles et cèdent à l’esbroufe facile (un plan séquence sympathique mais bien en dessous de celui de Old Boy), tandis que les personnages n’évoluent jamais. Marvel maintient sont statu quo, avec opposition caricatural entre le bien et le mal, sans jamais tenter quelques zones de gris. Hell’s Kitchen* n’est plus la cuisine de l’enfer mais un pot pourri de clichés ronflants : Le mafieux d’origine italienne qui écoute de la musique classique, l’avocat intègre qui vient réparer la plomberie chez ses clients, le vieux maître aveugle qui sort de la philosophie de comptoir à tour de bras… Marvel devrait se rappeler que ce n’est pas toujours dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupe.

Ici, notre critique pour Daredevil.

* Hell’s Kitchen est d’ailleurs aujourd’hui l’un des quartier les plus huppé de New York.

Synopsis: Matt Murdock est avocat. Aveugle depuis l’enfance suite un accident, il a su développer ses autres sens de manière spectaculaire au point d’en faire des pouvoirs. Aujourd’hui, ces pouvoirs vont l’amener à combattre Wilson Fisk, parrain de la mafia locale.

Fiche Technique – Daredevil

Création : Drew Goddard et Steven S. DeKnight
Producteurs éxécutifs : Dan Buckley, Jim Chory, Steven S. DeKnight, Alan Fine, Peter Friedlander, Drew Goddard, Allie Goss, Kris Hennigman, Cindy Holland, Stan Lee, Jeph Loeb, Joe Quesada
Réalisation : Drew Goddard et Steven S. DeKnight
Scénario : Drew Goddard (épisode pilote)
Direction artistique : Toni Barton
Décors : Loren Weeks
Costumes : Kevin Draves
Photographie : Matthew J. Lloyd
Montage: Jonathan Chibnall, Monty DeGraff, Michael N. Knue
Musique : John Paesano
Casting : Laray Mayfield et Julie Schubert
Sociétés de production : ABC Studios et Marvel Television
Sociétés de distribution : Netflix
Pays d’origine : États-Unis
Langue originale : anglais
Format : couleur – 1,78:1 – son Dolby Digital – HDTV
Genre : super-héros, action, science-fiction
Format : 50 min

 

Deadwood – Saison 1-3 : Critique De La Série

Cocksucker!

Le western est un genre tombé en désuétude, après avoir été une mine d’or pour le cinéma hollywoodien des années 30 à 60. A travers de nombreux classiques : le train sifflera trois fois, La chevauchée fantastique ou Règlements à OK Corral. Il vantait l’héroïsme de l’homme, en créant le mythe du cow-boy. Une image bien loin d’une triste réalité, la conquête de l’Ouest se faisant sur les cadavres des indiens. Deadwood brise cette version édulcorée, en étant plus proche du cinéma des années 70, celui de Sam Peckinpah ou Clint Eastwood, inspiré du western spaghetti de Sergio Leone. Ils vont insuffler un réalisme et une cruauté, en démystifiant la belle Amérique.

Deadwood a réellement existé. La série s’inspire de faits réels, en faisant intervenir des figures légendaires, comme Wild Bill Hicock (Keith Carradine) ou Calamity Jane (Robin Weigert). On va découvrir cette ville en construction, ou règne l’anarchie, sous la coupe du tenancier d’un bar et bordel, Al Swearengen (Ian McShane). Un homme avide de pouvoir, ne reculant devant rien, pour rester maître des lieux.
Divers hommes viennent s’installer dans cette ville, la plupart espérant faire fortune en trouvant de l’or, d’autres en fuyant leur passé. C’est un monde d’homme, ou les femmes sont principalement des prostituées. Elles sont les objets de ces mâles sales et vulgaires. Elles évoluent dans un univers ou règne la violence. Sauf une femme, Alma Garret (Molly Parker), propriétaire d’une mine d’or prospère et devenant le centre de divers complots, pour prendre possession de son bien. Une femme de bonne famille, qui détonne en ce lieu sordide.

L’action se déroule presque uniquement dans la ville de Deadwood. On oublie les grands espaces et les longues chevauchées, sauf à de rares occasions, comme dans le pilote réalisé par Walter Hill. Il en va de même pour les indiens, qui sont plus évoqués, que présents. Cela donne l’impression de se retrouver devant une immense pièce de théâtre, ou les mots se font plus entendre que les coups de feu. On croise divers personnages, ou chacun à son importance, selon les multiples intrigues.
Cette quasi-absence d’actions, ne pénalise pas le rythme de la série. Au contraire, elle est ambitieuse dans sa construction, dans le développement des personnages et dans l’évolution de cette ville. L’anarchie ne peut perdurer, on ne peut vivre continuellement dans la boue et sans infrastructures économiques. La société va se mettre en place doucement, avec un maire factice, mais surtout avec un shérif, un centre postal ou un journal, entre autres. Même si l’alcool, le sexe et le jeu, restent la principale sources de revenus, avec surtout la présence d’hommes seuls vivant au sein de cette ville. Rome ne s’est pas fait un jour, il en va de même pour Deadwood.

Dans cette ville, ou la violence règne dans la crasse et la sueur. Les manigances sont légions, avec toujours le même but : l’argent et donc le pouvoir. Al Swearengen va devoir affronter divers hommes, Cy Tolliver (Powers Boothe) et George Hearst (Gerald McRaney), pour rester au sommet. Comme dans une partie d’échecs, chacun avance ses pions, faisant preuve d’un esprit machiavélique. Mais Al Swearengen reste le plus fascinant de tous, grâce à l’interprétation de Ian McShane, récompensé par un golden globe en 2005. C’est un anti-héros, mais au sens le plus infect du terme. Il ferait presque passer Tony Soprano pour un enfant de chœur. Il inspire la crainte, en faisant rarement preuve d’une once d’humanité.
C’est sombre et la lumière se fait rare. La moindre faiblesse est aussitôt exploitée, la pitié n’a pas lieu dans cette ville décadente. On est vraiment loin de l’image d’épinal des westerns d’antan. Les Etats-unis est une terre d’immigrés et les différentes nationalités, sont représentées dans cette ville. Les irlandais, les juifs, les polonais, les chinois et autres ethnies, se côtoient en participant à l’histoire de ce pays, pour le meilleur et surtout le pire. Comme les cochons de Mr Wu (Keone Young), particulièrement prisés par leurs propensions à manger tout et n’importe quoi.

Dans Deadwood, ce sont les fondations des USA, qui se mettent en place sous nos yeux. Le capitalisme sauvage, les jeux de pouvoir, le racisme ou la place de la femme, dans une société machiste. Le rêve américain est une chimère, de la poudre aux yeux, ou peu d’élus vont faire fortune, mais ou les désillusions sont nombreuses. La religion a aussi une grande place, mais elle en prend aussi pour son grade, avec ses représentants, tombant souvent dans la folie. L’alcool et l’opium n’aidant pas à garder l’esprit sain, mais permettent d’oublier leurs conditions de vie. Les habitants sont exposés à toutes les maladies, en l’absence d’hygiène et ou seul un médecin (Brad Dourif) tente de garder ceux-ci, en bonne santé. Décidément cette ville est aussi bien un repaire pour brigands, que de microbes. La vie de famille est difficile, les enfants sont rares, comme la culture et l’éducation, c’est l’argent avant tout.

L’univers de Deadwood est sombre. Elle fait partie des séries prestigieuses de la chaîne HBO, avec ses exigences scénaristiques et une distribution, à la hauteur de la qualité des dialogues. Elle n’a que trois saisons, la faute à un casting prestigieux, ne permettant pas de réunir tout le monde à la même période. On va retrouver la plupart d’entre-eux dans d’autres séries, comme Timothy Olyphant (Justified), Molly Parker (House of Cards), Dayton Callie (Sons of Anarchy), Anna Gunn (Breaking Bad), Paula Malcomson (Ray Donovan), entre autres. Ian McShane continuant sa carrière cinématographique, après cette parenthèse cathodique, dans Pirate des caraïbes 4, Hercule ou John Wick. Le créateur David Milch n’a depuis, pas renoué avec le succès, en manquant de chance avec Luck, en collaboration avec Michael Mann, avec le décès de trois chevaux, qui causèrent l’arrêt de la série, avec pourtant Dustin Hoffman, Dennis Farina et Nick Nolte au casting.

Synopsis : À la fin des années 1870, la petite ville de Deadwood, située dans le Dakota du Sud, est devenue un endroit sans foi ni loi où se retrouvent tous ceux que la fièvre de l’or a attirés dans les Black Hills. On y croise plusieurs personnalités historiques, telles que Wild Bill Hickok (Keith Carradine), Calamity Jane (Robin Weigert), Seth Bullock (Timothy Olyphant), Al Swearengen (Ian McShane) et George Hearst (Gerald McRaney).

Deadwood : bande-annonce

Fiche technique : Deadwood

Deadwood – USA
Années : 2004-2006 (3 saisons – 36 épisodes)
Créateur : David Milch
Réalisateurs : Walter Hill, Ed Bianchi, Daniel Minahan, Davis Guggenheim, Gregg Fienberg, Mark Tinker, Steve Shill, Alan Taylor, Michael Engler, Michael Almereyda, Timothy Van Patten, Daniel Attias, Adam Davidson et Tim Hunter
Distribution : Timothy Olyphant, Ian McShane, Molly Parker, Brad Dourif, W. Earl Brown, John Hawkes, Paula Malcomson, Dayton Callie, Leon Rippy, William Sanderson, Robin Weigert, Sean Bridgers, Bree Seanna Wall, Jim Beaver, Jeffrey Jones, Kim Dickens, Powers Boothe, Titus Welliver, Anna Gunn, Garret Dillahunt, Keone Young, Gerald McRaney, Brian Cox, Sarah Paulson, Stephen Tobolowsky et Keith Carradine
Genre : Western
Producteurs : David Milch, Gregg Fienberg, Kathryn Lekan et Scott Stephens
Musique : Reinhold Heil et Johnny Klimek
Productions : HBO, CBS Paramount Network Television, Red Board Productions et Roscoe Productions

Daredevil, Saison 1 – Critique De La Série

La série Daredevil produite par Netflix vient allègrement écrabouiller le pathétique film qui avait fait de Ben Affleck un galérien du cinéma. Autant le dire tout se suite, certains fans genre « fondamentalistes » vont crier au scandale et peut-être auront-ils raison.

Mais si on prend cette série pour elle-même, sans faire de comparaison hasardeuse, il faut l’admettre : la réussite est totale et livre une œuvre aux qualités proches des séries les plus exigeantes du moment, avec en prime un côté défouloir primitif, excellent pour évacuer les trop-pleins hormonaux.Daredevil.

L’A.D.N. Marvel

Sans aller jusqu’à dire que Daredevil a toutes les qualités des séries les plus en vue, on peut tout de même la rapprocher des plus cérébrales d’entre elles. Que les fans de Marvel qui espèrent retrouver de l’humour, du héros sans peur et sans reproche, toujours prompt à sauver la veuve et l’orphelin et qui vole aux riches pour donner aux pauvres, que ceux-là passent leur chemin. Le Daredevil de Netflix n’est pas un énième pantin manichéen, auquel on attribue quelques soucis existentiels pour lui donner de la profondeur façon : «Mais que faire de mon slip rouge ? Dois-je le mettre sur ou sous mon collant bleu ? ». Ce Daredevil-là messieurs dames, se rapproche beaucoup de Batman et en particulier de la version Nolan de l’homme chauve-souris. Comme lui, sa voix devient grognement quand il revêt son costume de nuit, comme lui il a appris à se battre…et encaisser. Comme lui, l’homme normal devient une bête une fois costumé.

Lâchez la bête !

Oui ce Dardevil-là (traduisez par exemple par: « trompe-la-mort ») est une bête, un fauve noir qui rôde la nuit pour traquer plus bestial que lui, et lâcher dessus des déluges de coups de pied, de poings et de tête. En cela d’ailleurs, les scènes de combats sont ahurissantes de violence, de fluidité, de rapidité et de beauté chorégraphique. D’autant que ce Daredevil n’est pas encore tout à fait lui, puisqu’il se balade toujours en pull à col roulé et bonnet noir trop grands pour lui. C’est appréciable que, pour une fois, le costume de notre super-héros ne tombe pas comme une vérité divine, mais est l’aboutissement logique du fait que, comme il est un homme normal, il en a un peu marre des points de suture à chaque fois qu’il va tataner du bandit.

Grosse baleine

Parlons-en du bandit : une grosse baleine ! Car pour les plus fins connaisseurs, ils ne pourront  s’empêcher de se dire qu’ils ont déjà vu ce Wilson Fisk quelque part. Puis l’étincelle jaillira, ils iront faire un tour sur internet et se verront confirmer que ce Wilson Fisk n’est autre que ce pauvre « Grosse Baleine » de Full Metal Jacket, qui fait un usage si particulier des toilettes lorsqu’il ne peut plus supporter son instructeur. Vincent D’Onofrio, puisque c’est de lui qu’on parle, prometteur à l’époque est ici incroyable, terrifiant même. Il passe comme une lettre à la poste du dangereux parrain de la drogue à l’amoureux transi face à une Vanessa (délicieuse Ayelet Zurer) magnétique. Mais n’oublions pas Matt Murdock himself, interprété avec force biceps mais pas que, par un excellent Charlie Cox, mi-gendre idéal mi-démon de minuit.

Uppercut

Netflix frappe encore, cette fois avec toute la conviction d’un Daredevil qui mériterait de passer au contrôle anti-dopage tant l’E.P.O. ne semble pas bien loin. C’est du Marvel sans être tout à fait du Marvel, les codes sont bien présents, mais on y retrouve ce qui marque le monde des séries américaines depuis plus d’une dizaine d’années maintenant : l’exigence. On ne se moque plus du téléspectateur messieurs dames ! Il veut du pain et des jeux, il veut du sang bref, il en veut pour son argent et, il faut croire qu’avec Daredevil, il a payé une sacrée belle somme !

Ici, notre critique contre Daredevil

Synopsis: Matt Murdock est avocat. Aveugle depuis l’enfance suite un accident, il a su développer ses autres sens de manière spectaculaire au point d’en faire des pouvoirs. Aujourd’hui, ces pouvoirs vont l’amener à combattre Wilson Fisk, parrain de la mafia locale.

Fiche Technique – Daredevil:

Création : Drew Goddard et Steven S. DeKnight
Producteurs éxécutifs : Dan Buckley, Jim Chory, Steven S. DeKnight, Alan Fine, Peter Friedlander, Drew Goddard, Allie Goss, Kris Hennigman, Cindy Holland, Stan Lee, Jeph Loeb, Joe Quesada
Réalisation : Drew Goddard et Steven S. DeKnight
Scénario : Drew Goddard (épisode pilote)
Direction artistique : Toni Barton
Décors : Loren Weeks
Costumes : Kevin Draves
Photographie : Matthew J. Lloyd
Montage: Jonathan Chibnall, Monty DeGraff, Michael N. Knue
Musique : John Paesano
Casting : Laray Mayfield et Julie Schubert
Sociétés de production : ABC Studios et Marvel Television
Sociétés de distribution : Netflix
Pays d’origine : États-Unis
Langue originale : anglais
Format : couleur – 1,78:1 – son Dolby Digital – HDTV
Genre : super-héros, action, science-fiction
Format : 50 min