Expendables 3 de Patrick Hugues : Critique du film

Expendables 3 : Un divertissement bourrin et décérébré

Synopsis : Barney, Christmas et le reste de l’équipe affrontent Conrad Stonebanks, qui fut autrefois le fondateur des Expendables avec Barney. Stonebanks devint par la suite un redoutable trafiquant d’armes, que Barney fut obligé d’abattre… Du moins, c’est ce qu’il croyait. Ayant échappé à la mort, Stonebanks a maintenant pour seul objectif d’éliminer l’équipe des Expendables. Mais Barney a d’autres plans… Il décide d’apporter du sang neuf à son unité spéciale et d’engager de nouveaux équipiers plus jeunes, plus vifs et plus calés en nouvelles technologies. Cette mission se révèle rapidement un choc des cultures et des générations, entre adeptes de la vieille école et experts high-tech. Les Expendables vont livrer leur bataille la plus explosive et la plus personnelle…

Et de 3 ! Stallone et tous ses amis repartent pour de nouvelles aventures. Simon West a laissé sa place à Patrick Hugues, réalisateur inconnu en France, seulement auteur d’un western Red Hill. Après un premier opus, beaucoup trop premier degré pour être totalement apprécié, le deuxième s’était plus libéré, rendant le film bien plus jouissif. Cependant, trop d’humour, tue l’humour et si le « Chuck Norris facts » reste une merveille, la plupart du temps le reste était lourdaud. Et c’est avec une optique de mixer les regards que sort ce troisième volet…

Commençant par l’évasion spectaculaire de Wesley Snipes, le film donne tout de suite le ton : l’équipe est en manque d’hommes, désavouée, quasi désespérée, mais continue malgré tout ses missions quasi suicidaires pour le gouvernement. Cependant, dans leur escapade, Barney Ross croise le regard de Conrad Stonebanks, le cofondateur des Expendables, étant passé « du côté obscur » (on ne plaisante pas, la réplique est présente), le temps pour ce dernier de blesser quasi mortellement César (Terry Crews). Barney s’en veutet décide de protéger les « anciens » pour laisser faire les « jeunes ».

Alors, par où devons nous commencer ? Point négatif, positif, très compliqué dans la mesure où le film oscille constamment entre le bon et le mauvais. D’ailleurs, le film en lui même est inégal et constitue le premier faux pas de la saga. Avec un casting quatre étoiles, on était en droit d’attendre beaucoup de ce film, d’autant que Sylvester Stallone l’avait d’écrit comme « Un « The Raid » à la sauce Expendables ». Le temps de stimuler l’attente du public après la hausse de qualité entre le premier et le dernier opus.

Concernant les points négatifs, le film au niveau technique est une véritable catastrophe filmique. Les effets spéciaux ont entre 10 et 15 ans de retard, entre les fonds verts ultra visibles lors de passage en voiture, les hélicoptères saccadés aux dimensions variantes et les plans d’ensemble d’archives des villes, pour un budget assez colossal de 90 millions de dollar, Expendables 3 fait clairement pâle figure face aux autres productions hollywoodiennes.

La mise en scène est clairement inexistante, le film a été réalisé par un homme sans talent, probablement un autre yes man à ajouter à la longue liste. Certes, Quentin Tarantino a déclaré que les scènes d’actions étaient les plus difficiles à tourner, mais quand on se retrouve avec des gros plans de visage pour des scènes de corps à corps, on est à la limite de l’incompétence. Mal filmer des scènes d’actions peut être destructeur pour lesdites scènes et peut atténuer leurs impacts. Heureusement, si la première partie est horrible, la deuxième est bien plus agréable. Et qu’en est-il de la référence à The Raid ? Le spectateur la retrouve dans la deuxième partie, avec un combat ultra efficace et plutôt bien foutu, mais ne vous attendez pas à grand chose.

Ainsi en découle un scénario dont les fils narratifs sont aussi énormes que les monstres de Godzilla, entre les je t’aime moi non plus des membres de l’équipe, ou le raisonnement totalement absurde de Stallone dans le film. Cependant, on s’en moque. Ce qui fait le but d’un film Expendables est le fait de se détendre entre potes et entre amis sans réfléchir. Alors, certes il faut vraiment arrêter de réfléchir, d’autant plus pour celui là, mais le divertissement est assuré et cela devient un produit étrangement regardable, qui se transforme en plaisir coupable plutôt qu’en film détestable.

La distribution fait le boulot et c’est ce qu’on attend d’un Expendables. Même si la tentative d’icônisation des nouvelles recrues est très étrange et entraîne un quasi mépris de celles ci, le plus gros problème demeure que certaines têtes sont véritablement sous exploitées, telles que Jet Li n’apparaissant que 5 minutes pour tirer à la tourelle, ou encore Mel Gibson devenu une armoire à glace pour le rôle, qui a le droit à un combat final indigne. Il y a aussi Schwarzenegger, drôle à chaque réplique, tel un The Rock, qui ne sert malheureusement à rien, dommage car de nouvelles têtes ont réussi leurs apparitions comme Antonio Banderas, hilarant et Snipes, pleins d’humour noir (sans mauvais jeu de mots).

Le fond du film, si on peut parler de fond, résulte en la passation de pouvoirs entre jeunes et vieux, entre les vieux débris et les jeunes pouces. Alors si le travail sur la retraite et le passage de relais est plutôt intéressant dans un film de ce genre, le fait que cette dite passation se fasse avec des jeunes sortis du berceau est plutôt étrange, d’autant que des personnes telles que Jason Statham ou Terry Crews ne sont pas si âgés que cela et il aurait mieux valu établir cette transition entre des adultes plus matures du style Christian Bale, Gérard Butler ou encore Channing Tatum.

Pour conclure, nous vous conseillons Expendables en tant que divertissement bourrin et décérébré : votre cerveau doit être vraiment déposé à l’entrée de la salle pour apprécier pleinement le second degré de ce film. Cependant, l’inégalité se joue au niveau d’une mise en scène clairement inexistante et d’une catastrophe technique, honteuse pour un film avec un tel budget. Si les résultats pour l’instant décevants le permettent, on espère un bien meilleur film et avec de nouvelles recrues, encore plus jouissives.

Fiche technique – Expandables 3

Expendables 3 (The Expendables 3)
États-Unis – 2014
Réalisation: Patrick Hughes
Scénario: Sylvester Stallone, Creighton Rothenberger, Katrin Benedikt d’après: les personnages de: Dave Callaham
Interprétation: Sylvester Stallone (Barney Ross), Jason Statham (Lee Christmas), Arnold Schwarzenegger (Trench), Harrison Ford (Max Drummer), Mel Gibson (Conrad Stonebanks), Antonio Banderas (Galgo), Jet Li (Yin Yang), Wesley Snipes (Doc)…
Date de sortie: 20 août 2014
Durée: 2h07
Genre: Aventure, Action
Image: Peter Menzies Jr
Décor: Daniel T. Dorrance
Costume: Lizz Wolf
Montage: Paul Harb, Sean Albertson
Musique: Brian Tyler
Production: Davis Films, Nu Image, Millennium Films
Distributeur: Metropolitan FilmExport

Auteur de la critique : Louis Verdoux

 

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Louis Verdoux
Louis Verdouxhttps://www.lemagducine.fr/
Louis Verdoux : Lycéen passant en première économique et sociale, j'ai commencé ma passion cinéphilique avec le film Spider-Man de Sam Raimi, devenu mon super héros préféré. Cependant mon addiction au cinéma s'est confirmé avec deux films, The Dark Knight de Christopher Nolan et surtout Drive de Nicolas Winding Refn que je considère encore comme mon film préféré. En si qui concerne mes goûts, je suis quelqu'un de bon public donc je déteste rarement un film et mes visionnages ne se limite à aucun genre, je suis tout aussi bien tenté par Enemy que par Godzilla. Le cinéma est bien plus qu'un art et j'espère vous le faire partager

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