Godzilla de Gareth Edwards : Critique du film

Godzilla de Gareth Edwards : Jouissif, spectaculaire, esthétique

Synopsis : Godzilla tente de rétablir la paix sur Terre, tandis que les forces de la nature se déchaînent et que l’humanité semble impuissante…

Dix ans après l’incroyable « Godzilla Final Wars » de Ryuhei Kitamura, Gareth Edwards, (un réalisateur remarqué par Hollywood grâce à son premier film Monsters), signe le Godzilla version 2014. Pour les 60 ans du plus célèbre des monstres japonais, Gareth Edwards à la tête d’un budget pharaonique de 200 millions de dollars relève le défi, grâce à une mise en scène magnifique et un visuel bluffant.

Filmé du point de vue des hommes au sol, ce qui permet d’adopter le regard des humains de voir leurs sidérations face à la réalisation dans l’univers physique de leurs cauchemars. Axer ainsi le film sur les personnages permet de nous faire ressentir la crainte face à ses monstres gigantesques. Ce parti-pris range ce film se range plutôt dans la catégorie drame que celle des films catastrophes avec des thèmes assez intéressant comme celui de l’homme contre la Nature, les politiques nucléaires et les mensonges des gouvernements.

Godzilla dont le scenario a été écrit notamment par Max Borenstein (Le Septième fils) est un film réalisé dans la pure tradition de la mythologie des anciens Kaiju, on retrouve les combats titanesques entre monstres, des scènes de destruction, de chaos sublimés par une superbe photographie apocalyptique de Seamus McGarvey (The Avengers).

Une véritable claque visuelle, des décors majestueux accompagné d’une musique signée Alexandre Desplat oppressante, notamment la scène du parachutage, un moment clé du film mais aussi pendant le générique début et de fin.

Parlons du géant lézard mythologique au design parfait, ce géant de 108 mètres est dévoilé par bribes, en commençant par son dos, ensuite sa queue, puis son énorme patte jusqu’à son apparition dans cette scène à Hawaii ou l’on découvre enfin le monstre et son cri mythique. Un suspense parfaitement orchestré, alliant une direction artistique magnifique et une mise en scène bluffante. 16 ans après l’échec d’Emmerich, Gareth Edwards redonne ses lettres de noblesse au fameux monstre radioactif.

Une réalisation prenante et esthétique, le film contient des scènes impressionnantes voir fascinantes, tout en prenant le temps d’installer tout un univers avec des personnages et de l’émotion. Chaque apparition de Godzilla distille une incroyable puissance, même les Muthos ne parviennent à dompter cette force de la nature, une preuve que les effets spéciaux accompagnés d’une bonne direction artistique peuvent faire un blockbuster intelligent.

Une direction qui ne s’arrête pas aux combats entre les divinités du cinéma japonais, les acteurs sont eux aussi parfaitement dirigés, la première partie du film est porté par l’excellent Bryan Cranston qui s’impose dans le monde du cinéma grâce au chef d’oeuvre Breaking bad, ensuite Ken Watanabe (Inception) est toujours aussi bon, le seul bémol dans ce casting est Aaron Taylor-Johnson, ce dernier a du mal à faire passer de l’émotion, son jeu est aussi lisse que son personnage bien trop caricatural.

Prendre le point de vue de l’humain pour la caméra amplifie le caractère gigantesque du monstre, sa grandeur…Même si cette nouvelle version épique de Godzilla n’est pas exempt de défauts : scenario parfois bancal, rythme un peu trop lent, Godzilla n’en reste pas moins un bon spectacle audio-visuel, esthétique même si on aurait aimé voir ce côté fun que l’on retrouve dans Pacific Rim.

Fiche Technique : Godzilla

États-Unis – 2014
Réalisation : Gareth Edwards
Scénario : David S. Goyer, Frank Darabont, Max Borenstein, Drew Pearce, Dave Callaham
Interprétation : Aaron Taylor-Johnson (Ford Brody), Bryan Cranston (Joe Brody), Ken Watanabe (Dr Serizawa), Elizabeth Olsen (Elle Brody), David Strathairn (Amiral Stenz), Juliette Binoche (Sandra Brody)..
Genre : Action, Aventure, Science-fiction
Date de sortie : 14 mai 2014
Durée : 2h03
Budget : 215 000 000 $
Photo : Seamus McGarvey
Décor : Owen Paterson
Costume : Sharen Davis
Son : Erik Aadahl
Montage : Bob Ducsay
Musique : Alexandre Desplat
Producteur : Thomas Tull, Jon Jashni, Dan Lin, Roy Lee, Brian Rogers, Mary Parent
Distributeur : Warner Bros France

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