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Festival de Dinard 2015 : Toute la programmation

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Festival du Film Britannique de Dinard

C’est ce soir que démarre la 26ème édition du Festival du Film Britannique de Dinard. Cet événement est l’unique en France à célébrer le cinéma outre-Manche. Jean Rochefort est le Président du Jury de cette édition. Il présidera un jury composé d’Emma de Caunes, Mélanie Doutey, Virginie Effira, Bertrand Faivre, Amara Karan, Alexandra Lamy, Bernard Le Coq, Helena Mackenzie, Natalie Dormer, Pierre Salvadori et Noah Taylor. En ouverture, ultime hommage à Pascal Chaumeil avec la projection de Up & Down, où Pierce Brosnan, Toni Collette, Aaron Paul et Imogen Poots vont tenter de trouver un sens à leur vie, le soir du Nouvel An.

La compétition comprendra de nombreuses premières projections publiques françaises. Parmi les sept films en compétition, la rédaction a déjà eu la chance de voir Kill Your Friends en avant-première, et dont vous pouvez relire la critique ici. A l’issue de cette compétition, le jury remettra le Hitchcock d’Or. Le vainqueur succédera à The Goob de Guy Myhill. Mais d’autres trophées seront également remis comme le Prix du Public Première, le Prix du Scénario Allianz, le Prix de l’Image Technicolor, le Prix Coup de Coeur, une Mention Spéciale du Jury et le Prix du Meilleur Court Métrage. Mais Dinard, c’est aussi l’occasion de présenter une salve d’avant-premières. Les dinardais pourront ainsi découvrir avant tout le monde The Lobster de Yorgos Lanthimos (Prix du Jury à Cannes et récent Prix du Public à Strasbourg), Mr. Holmes de Bill Condon (déjà présenté à Deauville) ou encore The Survivalist de Stephen Fingleton (Mention Spéciale à Strasbourg).

Cette édition s’achèvera le 04 octobre prochain avec la projection du film de clôture 45 Years de Andrew Haigh avec Charlotte Rampling, déjà présenté à Berlin et qui avait obtenu les Ours d’Argent de l’Interprétation Masculine et Féminine.

Toute la sélection : 

Film d’Ouverture : Up & Down de Pascal Chaumeil (Grande-Bretagne)

Film de Clôture : 45 Years de Andrew Haigh

Compétition : 

American Hero de Nick Love (Grande-Bretagne, Etats-Unis)

Couple in a Hole de Tom Geens (Grande-Bretagne)

Departure de Andrew Steggall (Grande-Bretagne)

Just Jim de Craig Roberts (Grande-Bretagne)

Kill Your Friends de Owen Harris (Grande-Bretagne)

The Violators de Helen Walsh (Grande-Bretagne)

Les Avants-Premières :

Birthday de Roger Michell (Grande-Bretagne)

Breaking The Bank de Vadim Jean (Grande-Bretagne, Etats-Unis)

Bypass de Duane Hopkins (Grande-Bretagne)

Dough de John Goldschmidt (Grande-Bretagne, Hongrie)

The Ecstasy of Wilko Johnson de Julien Temple (Grande-Bretagne)

Gold de Nial Heery (Irlande)

Hector de Jake Gavin (Grande-Bretagne)

Hide & Seek de Joanna Coates (Grande-Bretagne)

Lapse of Honour de Rayna Campbell (Grande-Bretagne)

The Lobster de Yorgos Lanthimos (Grande-Bretagne, Irlande, France, Grèce, Pays-Bas)

The Lost Honour of Christopher Jefferies de Roger Michell (Grande-Bretagne)

Mr. Holmes de Bill Condon (Grande-Bretagne)

Norfolk de Martin Radich (Grande-Bretagne)

Orthodox de David Leon (Grande-Bretagne)

Still de Simon Blake (Grande-Bretagne)

The Survivalist de Stephen Fingleton (Grande-Bretagne)

 

 

Les Revenants : un retour mitigé

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Trois ans après, le Come-Back est plutôt décevant pour Les Revenants, explications :

Ce Lundi 28 septembre 2015, Les Revenants étaient de retour sur Canal+ mais la chaîne n’a rassemblé que 610 000 téléspectateurs contre les 1,4 million en 2012 ! Trois ans après, il semble que les fidèles de la série se soient essoufflés. 4,8 millions de français lui ont préféré Esprits Criminels sur TF1 et Castle sur France 2. Une grande perte pour Canal+, dépassée par le documentaire sur l’Elysée de France 3 (2,5 millions), Under The Dome sur M6 (1,9 million) et même Super Nanny sur NT1 (634 000) !

Il faut dire que l’attente étaient fort longue entre les deux saisons des Revenants, de quoi perturber un chouia le public. Fabrice Gobert, le créateur de la série, explique ce retard par une écriture longue et approfondie de la nouvelle saison :

« On a réécrit directement après la Saison 1, même un peu avant. Il y avait vraiment l’envie de Canal + d’aller le plus vite possible mais peut-être que cette course, par moment, a joué en notre défaveur parce qu’on a essayé de trouver des choses très très vite et, au fond, le temps qu’on a mis à écrire la Saison 2 était à peu près celui qu’on a mis à écrire la Saison 1. Donc, il y a eu quelque chose peut-être qui a résisté et qui fait qu’on a dû prendre plus de temps que prévu et il y avait beaucoup de choses dans la Saison 1 qui appelaient un développement… »

Si Les Revenants saison 2 compte deux fois moins d’abonnés, Canal+ semble se satisfaire de ces audiences et la série n’a rien perdu de sa superbe. On retrouve cette atmosphère tellement particulière, à la fois mélancolique et oppressante ainsi que des personnages de plus en plus troublants incarnés par des acteurs de talent : Céline Salette (De Rouille et d’Os, L’Apollonide, souvenir de la maison close), Guillaume Gouix (Enragés, La French), Frédéric Pierrot (Marguerite et Julien, Polisse).

Les choses se précisent aussi pour nos Revenants et le danger qu’ils pourraient représenter. La caméra nous laisse entrevoir des décors plus sauvages, tout au bout du chemin, et nous pénétrons cette forêt sombre et inquiétante qui borde la ville et le barrage. De nouveaux personnages font leur apparition et quelques surprises nous attendent ; ceci devrait motiver les curieux d’autant que le mystère autour des « morts-vivants » reste entier…

Quoi qu’il en soit, Les Revenants reviendront lundi 5 octobre sur Canal+ avec les épisodes 3 et 4 !

Rencontre avec Stephen Fingleton pour son film The Survivalist: FEFFS 2015

FEFFS 2015, compétition internationale, rencontre avec Stephen Fingleton pour son film The Survivalist

Synopsis: The Survivalist aborde la question de la survie dans un environnement hostile, sur une terre dévastée et sans ressources. Pour le protagoniste, tout homme est un danger mortel et il n’est plus question que de se nourrir, de subsister, d’assouvir un besoin physique. 

La force de The Survivalist est de créer une expérience unique, tout à fait singulière et immersive. Le jury du FEFFS 2015 ne s’est pas trompé en accordant sa Mention Spéciale, à ce film post-events (et non post-apocalyptique, comme le réalisateur nous le précise ici), dont le naturalisme extrême, pousse encore plus loin le genre hyperréaliste.

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– The Survivalist est un film singulier, une nouvelle proposition. Steven, il y a dans votre film un travail très particulier sur le son, sur l’absence de musique, sur le travail en mono…

Oui, nous avons fait un travail particulier sur le mono dans le film. Dans chaque salle de cinéma, vous avez 6 haut-parleurs, un à droite, un à gauche, un au centre, un qui est en-dessous, et deux au fond. Pour le film, la majeure partie du son venait du centre. C’est ce que je voulais, sauf au début et à la fin, où le son était beaucoup plus large, et venait de l’avant et également de l’arrière.

– Vous ne définissez pas votre film comme un film post-apocalyptique, pourquoi?

Je ne suis pas du tout d’accord avec ce terme post-apocalyptique, je préfère le terme « post-événements ». Ici, il s’est passé quelque chose, mais l’humanité existe toujours, et la vie continue mais sous une forme différente.

– Concernant les nombreux aspects techniques de la survie, est-ce qu’ils proviennent de votre propre réflexion, ou avez-vous fait des recherches ou pris contact avec des spécialistes? La deuxième question : pourquoi le choix du mono?

Oui, j’ai simplement fait beaucoup de recherche, je n’ai jamais été agriculteur, même s’il y a des membres de ma famille qui sont agriculteurs. L‘acteur principal lui, a fait un stage de survie, et il a appris à dépecer le lapin notamment, donc c’est vraiment lui qui le fait dans le film.

C’est vrai qu’il y a beaucoup de techniques très réalistes dans le film, mais plutôt qu’un film vraiment réaliste, je le voulais beaucoup plus figuratif, et on a utilisé toutes ces techniques pour y parvenir.

Pour le mono, il y a beaucoup de raisons, notamment le fait que je trouve que la stéréo, ça sonne faux quelque part, ça vient de tous les sens, on a beaucoup plus de mal à s’immerger dans le film. C’est comme la 3D, ça devrait être beaucoup mieux que la 2D, alors qu’en fait pour un film en 2D, vous êtes beaucoup plus immergés dans l’histoire, et je suis sûr que The Survivalist vous a fait beaucoup plus d’effet que le dernier film en 3D que vous avez vu. La seconde raison réside dans le fait que l’on voulait que tout le monde ait la même expérience dans la salle de cinéma. Que vous soyez assis dans différents endroits de la salle, vous avez ce même son qui vient du centre. En fait, on a réenregistré tous les sons que vous entendez dans le film, et on les a retravaillés pour recréer une atmosphère, pour que ce soit très réaliste. Et bien que ça puisse nous sembler très réaliste, c’est faux, on a tout retravaillé…

– Ma question porte plutôt sur l’histoire. Je voulais savoir si vous parlez de réincarnation, avec le lapin qui disparaît lors de la « crise » de l’héroïne (ndlr: la fille dans le film), et qui réapparaît lors de la mort de sa mère. Une vie doit-elle disparaître pour qu’une autre émerge?

Je n’ai pas de réponse à vous donner. C’est à vous de penser ce que vous voulez. Tout ce que je peux vous dire, c’est finalement que les instincts qui ont poussé la jeune femme à ne pas aller jusqu’au bout, sont les mêmes que ceux ont poussé le lapin à éviter le piège. Nous avons beaucoup d’instincts en commun même avec les lapins, et en fait, on est tous les enfants de survivants. C’est tout ce que j’ai à vous dire.

– Ma question porte sur la temporalité du film. A la fin, nous apprenons que la fille est enceinte de 6 mois. Par contre, nous ne voyons pas les saisons se succéder dans le film. Est-ce un choix volontaire pour accentuer davantage l’impression de survie?

En général, ce genre de film se fait sur un an. Là on n’avait pas le temps, ni les moyens de filmer tous ces changements de saisons. C’est aussi un premier film, et quand on fait un premier film on a uniquement droit à un respect limité. Concernant les acteurs, j’aurais pu avoir des acteurs plus connus et pouvoir filmer les changements de saison, ou bien choisir ces acteurs-là, et sentir les changements de saison dans leurs émotions.

– Votre film m’a fait penser au style de Jame Campion, avec le phallus notamment… (Rires du public)

Bien sûr, vous voyez beaucoup de choses en érection dans ce film. Je suis un très grand fan de Jame Campion, de son travail, de son symbolisme, et de la manière dont elle dépeint la sexualité. Donc oui, il y a un certain nombre de références à son travail.

– L’absence de dialogues passe vraiment très bien, parce que les acteurs sont bons. Il y a certaines scènes où on a l’impression que vous vous êtes empêchés de mettre des dialogues. Pourquoi cette volonté d’en avoir si peu, et pourquoi au final, ne pas les avoir supprimés tous?

Oui en effet, dans les 16 premières minutes du film il n’y a pas de dialogues. De toute façon, le personnage est seul. Dans le script, on a mis très peu de dialogues car ce que ce que l’on voulait, c’était de trouver des moyens de faire interagir physiquement les acteurs, donc par autre chose que la parole… parce qu’à chaque fois que quelqu’un prend la parole dans le film, c’est pour manipuler les autres.. Toute parole est une forme de manipulation

 – Concernant le générique très réussi, et pour le coup totalement abstrait, non pas figuratif, pourquoi avez-vous choisi d’arrêter les dates dans la courbe de croissance de la population. A quelle année situez-vous ce film? Et que signifie la ligne bleue qui rejoint la ligne rouge et qui à un moment donné chute avant la ligne rouge?

Non, je ne vais pas vous dire quand le film se déroule. C’est pour cela que vous ne voyez pas les années sur la courbe au début.

La courbe bleue est une référence à une théorie des êtres: on a une période où l’on exploite trop ses ressources, alors qu’elles sont en train de diminuer, et même au moment où elles commencent à diminuer, la population continue de croître, un peu comme dans le dessin-animé Bip Bip et Coyote, le dessin-animé: quand il tombe de la falaise, il se relève toujours…

– Vous refusez la notion de post-apocalyptique. Mais on a aussi tourné des westerns post-apocalyptiques comme les premiers Mad Max. Est-ce qu’en revanche, le terme de western vous l’accepteriez? Car il y a beaucoup de points communs dans les situations, dans l’atmosphère du film, je pense au film Le vent de la plaine de John Huston par exemple…

Oui, c’est l’histoire d’un homme qui n’a pas de nom et qui joue de l’harmonica (ndlr: rires du public). Moi je voulais plus faire quelque chose à la Sergio Leone, mais on ne m’a pas laissé le faire, on voulait quelque chose d’un peu plus naturel… Mais oui, c’est un western parce que c’est l’histoire de frontières, et toute histoire, qu’elle se déroule dans le passé ou dans le futur, qui a trait à la frontière, et à ce qu’il vient après, est forcément un western.

– Je pensais plutôt à un western tourné par Ingrid Bergman.

Oui, je voudrais bien que soit écrit sur mon affiche, « un film à la Ingrid Bergman ».

Propos recueillis le 25/09/15 lors de la rencontre publique avec Stepen Fingleton, pour son film  The Survivalist.

 The Survivalist a été récompensé au festival de Tribeca  par le juré

Crimson Peak, un film de Guillermo Del Toro : Critique

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En cette belle soirée du 28 septembre, Mia Wasikowska, Tom Hiddleston et le maestro Guillermo Del Toro étaient à Paris, à l’UGC Bercy, pour présenter une des plus grosses attentes de cette fin d’année, le nouveau film du « réalisateur visionnaire », Crimson Peak. 

Synopsis : À la suite d’une tragédie familiale, une romancière en herbe est déchirée entre l’amour qu’elle porte à son ami d’enfance et son attirance pour un mystérieux inconnu. Alors qu’elle tente d’échapper aux fantômes de son passé, elle s’aventure dans une sombre demeure étrangement humaine, qui respire, saigne et se souvient.

Le conte est bon

Avant la projection, les acteurs ainsi que le réalisateur nous ont présenté le projet, et nous ont expliqué à quel point ce film leur tenait à cœur, tant au niveau du plaisir de jouer (Tom Hiddleston s’exprimait en français, Mia Wasikowska en anglais) qu’au niveau de la mise en scène et de la structure du long-métrage. Mais qu’on prenne garde comme l’a si bien dit ce cher Guillermo :  « It’s not a ghost story , it’s a story with ghosts ».

À la suite de cette petite rencontre d’une dizaine de minutes, la projection a enfin pu commencer pour des spectateurs qui se trémoussaient d’impatience et qui n’en pouvaient plus d’attendre. Deux heures plus tard, Crimson Peak s’achevait. Et il s’achevait en laissant un goût amer dans la bouche, un goût de déception. Dans un premier temps, le conseil à prodiguer est de ne pas se fier à la bande-annonce. Crimson Peak n’est en rien un film d’horreur ou d’épouvante, mais un « conte gothique » comme s’amuse à le définir Guillermo Del Toro, ou un conte horrifique. Il est indéniable que l’on retrouve des attributs du film d’épouvante, comme une ambiance particulièrement angoissante et parfois bien glauque, mais les redites de jumpscares nuisent au film. En effet, le schéma de Crimson Peak est classique. Contrastes entre le jour et la nuit, réveil brutal, vagabondage dans une maison déserte… A vous d’imaginer la suite. Mais, malheureusement, le classicisme de Crimson Peak ne se borne pas seulement à son schéma, ce dernier emportant avec lui le scénario. Quel dommage. L’intrigue est rapidement posée et les ficelles se dévoilent comme le vent déplace les feuilles. Tout arrive très vite et le scénario ne fait en rien frémir. Bien que l’intrigue soit parsemée de secrets et de mystères que notre protagoniste principale s’évertue d’éclaircir, Guillermo Del Toro et son scénariste n’en ont pas l’exclusivité, des faits similaires pouvant être retrouvés, que ce soit dans des longs-métrages ou dans des œuvres littéraires comme celles d’Edgar Allan Poe. Guillermo Del Toro nous a passionné, nous a emmené dans des contrées lointaines, mais avec du fond alors qu’aujourd’hui, le seul travail est fait sur la forme.

Mais là, Guillermo Del Toro ne peut échapper à son surnom de « maestro » tant le film est un bonheur visuel. Le Labyrinthe de Pan nous avait déjà convié à parcourir de superbes décors et, une fois de plus, le sens du détail et du travail se font ressentir.

Le réalisateur travaille son décor comme un peintre peint sa toile. Tout y passe, tout est étudié, tant au niveau des couleurs que de la perspective, en passant par les différentes profondeurs de champ. Guillermo étudie avec minutie chacune des pièces de la maison, ces dernières livrant leurs secrets tout au long du film, pour un spectateur qui ne peut qu’être conquis visuellement parlant. La scène finale est, dans la continuité, d’une beauté sans pareil tant le cadre est étudié. Crimson Peak dégage une poésie propre à ces « contes gothiques », une poésie triste et mélancolique dans laquelle vient se fondre une violence inouïe, comme peut l’illustrer la séquence finale, toutefois parsemée de pointes d’humour qui n’échapperont pas aux spectateurs.

Mais que serait un film du « maestro » sans monstres ou créatures fantomatiques ? Il ne faut pas trop en dire, car les découvrir et les aimer, ou non, est le travail de chacun, mais il est intéressant de savoir que les créatures qui parsèment le film sont interprétées par de vrais acteurs et ont été retravaillées en post-production.

Dans la continuité de la critique, il paraît essentiel d’aborder le casting, qui est en demi-teinte. Jessica Chastain nous avait déjà conquis dans de nombreux rôles et il s’avère qu’aujourd’hui, elle récidive en nous suscitant futurs cauchemars et autres angoisses. Son visage, ses expressions, sa gestuelle ainsi que sa voix ne vous laisseront pas de marbre, et vous pétrifieront (peut-être!). Tom Hiddlestion, quant à lui, endosse de nombreux rôles en un seul personnage, allant du beau gosse au traître, en passant par l’inventeur, de génie pour certains, raté pour d’autres. Le bémol se trouve pour notre chère et tendre Mia Wasikowska, cette dernière ayant de quoi laisser perplexe. L’actrice australienne de 25 ans peut émouvoir comme elle peut vous sembler grotesque. Chacun interprétera son personnage d’Edith Cushing, mais son jeu monocorde et plutôt répétitif a de quoi rebuter.

Crimson Peak est donc une légère déception tant les attentes vis-à-vis de Guillermo Del Toro sont grandes et tant chacun de nous attend, dans un coin de son inconscient, un long-métrage qui viendrait égaler, voire surclasser, cette merveille qu’est Le labyrinthe de Pan.

Crimson Peak : Teaser

https://www.youtube.com/watch?t=20&v=dA4xoTLJl_A

Crimson Peak: Fiche Technique

Réalisateur : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro, Matthew Robbins, Lucinda Coxon
Interprétation : Charlie Hunnam, Kimberly-Sue Murray, Emily Coutts, Bruce Gray, Jessica Chastain, Mia Wasikowska, Tom Hiddleston…
Bande originale : Fernando Velázquez
Photographie : Dan Laustsen
Chef décorateur : Thomas E. Sanders
Création de costumes : Kate Hawley
Montage : Cameron McLauchlin, David Peifer
Sociétés de production : Legendary Pictures
Distribution :  Universal Pictures International France
Budget : 55 000 000 $
Genre : Horreur/épouvante
Durée : 119 minutes
Date de Sortie : 14 octobre 2015

Etats-Unis – 2015

Les Rois du monde, un film de Laurent Laffargue : critique

Le dilemme est une vieille question théâtrale, sujet de mille tragédies. Pour son tout premier film Les Rois du monde, le metteur en scène de théâtre Laurent Laffargue présente ce dilemme de manière simplifiée dès le début. Dans une voiture deux hommes avancent quand deux routes s’offrent à eux : laquelle choisir ?

L’art d’aimer 

Après une brève discussion, ils choisissent la voie rationnelle : une boîte aux lettres au bout du chemin indique la présence humaine. Pourtant, en s’aventurant sur ce sentier escarpé, ce n’est pas la rationalité que vont rencontrer nos deux hommes, mais plutôt la rage pure, armée d’une hache. Dans ce rôle, Sergi Lopez (Jeannot) est entier, presque un peu trop par moment. Sa quête ? Chantal (Céline Sallette) qu’il a perdue trois ans plus tôt en allant en prison. Elle ne l’a pas attendu et s’est installée avec le boucher du village (Jacky incarné par Eric Cantona). Le film de Laurent Laffargue se présente donc d’abord comme une tragédie classique. Les hommes y sont présentés comme des « rois du monde », mais qu’on dirait déchus, défaits, perdus. L’ivresse leur donne l’illusion de ce plein pouvoir. Pourtant, à Casteljaloux, on s’affronte aussi au corps à corps, toujours un flingue à portée de main, un peu à la manière des westerns, la classe en moins. Les mots aussi sont des affrontements, ce sont ceux qu’on s’interdit de prononcer, qui déclenchent la fureur ou ceux, sur la scène d’un théâtre, qu’on s’échange ou qu’on vomit au cœur de grands monologues.

Tragédie moderne ?

Laurent Laffargue signe un film étrange, frôlant souvent le ridicule tant les sentiments y sont exacerbés, les hommes remplis de violence et de pastis. C’est une oeuvre hybride presque monstrueuse, tant son éloge du théâtre, de sa force tragique (c’est sur scène que beaucoup de choses se passent) et de son jusqu’au-boutisme (dans le direct de la pièce, on ne revient pas en arrière), un lieu où même le sang est étalé à outrance (comme tous les sentiments), paraît éloignée des enjeux du cinéma. C’est presque une fresque, de nombreux personnages la balaient (on notera les belles interprétations de Romane Bohringer et du toujours aussi génial Guillaume Gouix). Casteljaloux est donc la source de la folie, l’origine monstrueuse de toute cette histoire. Le village a d’ailleurs déjà inspiré par deux fois Laurent Laffargue au théâtre avec Casteljaloux 1 et 2. Finalement, le film est une déclaration d’amour au théâtre (et à Louis Jouvet), comme aux acteurs et à leurs excès. Mais aussi à ce que cet « art vivant » peut apporter de vitalisant au cinéma. Le projet ? « Je rends hommage à ceux qu’on appelle des petites gens. J’ai envie d’en faire des héros », comme l’expliquait il y a quelques années Laurent Laffargue quand il montait la première pièce de cette trilogie.

Une forme hybride et monstrueuse 

 L’autre visage du film,  c’est aussi Chantal, cette femme devenue objet. Elle est pétrie par les mains des deux hommes auxquels elle offre des « je t’aime » sans rien recevoir en retour. Ce n’est pas tant une femme fatale, qu’un objet de convoitise. Pour Jeannot, c’est LA femme qu’il faut posséder avant tout, écarter du monde, c’est sa vierge éternelle alors que Jacky, qui propose une vie fermée, s’indigne que Jeannot ait pu « la baiser avant [lui] ». Chacun veut la garder, la posséder, lui proposer une vie qu’elle n’a pas forcément choisi : « c’est bien pour toi », dit-elle, « pourquoi pour moi ? C’est bien pour nous ». Sur la scène, elle se révèle comme elle est vraiment en creux dans la vie : pleine de désir, mais encerclée par celui des mâles qui l’entourent. Si Laurent Laffargue se contentait de ce schéma, il serait trop simpliste. Pourtant, quelque chose va se créer au-delà d’un simple jeu de « qui a la plus grosse ». Car l’enjeu, c’est aussi partir, fuir la sclérose du village, poser les bonnes questions, avec celle-ci  en exergue : « qu’est-ce que tu attends encore de moi ? » que crie Chantal à Jeannot, comme pour dire qu’elle a déjà beaucoup offert, que c’est terminé. Les Rois du monde ne fait donc que filmer des corps en tension qui tombent et se fuient. Mais derrière ce trio dévastateur, apparaissent de jeunes comédiens, qui construisent eux aussi un trio dangereux qui ne réussira à s’émanciper qu’hors les murs. Laurent Laffargue développe ainsi un art d’aimer, où les mots sont enfin prononcés et libèrent, où le baiser advient comme un instant magique, suspendu. Et tout ça, grâce au théâtre. Une note d’espoir bien dérisoire vue la tragédie qui se joue dehors. Laurent Laffargue déconstruit son titre, puisqu’il met les rois à terre. Les reines aussi.

Le film est donc une déclaration d’amour au théâtre, à sa force archétypale et à sa vision totale du sentiment (que le cinéma accepte mais fuit plus volontiers). La preuve ? Comme Céline Sallette autrefois tomba amoureuse du théâtre en le rejoignant par hasard pour suivre un garçon, une toute jeune fille du film tombe amoureuse au théâtre, sur scène, sous les yeux rieurs de Laurent Laffargue lui-même. Ce sont aussi ces yeux-là qu’il pose sur le film, la dramaturgie étant exacerbée, mais finalement plus complexe qu’il n’y paraît tant le véritable héros, c’est le lieu (entendre le monstre, celui où l’on se croit roi, centre du monde). La simplicité de la forme prend pourtant corps avec une certaine vérité criante : le cinéma a toute sa place ici, tant le corps mis à distance prend toute sa force (on pense au regard troublant de Céline Sallette, à sa danse, à sa fraîcheur détruite). Le montage est souvent très sec et la mise en scène à l’image du film : nerveuse et maîtrisée. Quant à nous, spectateurs, nous sommes les voyeurs de ce monde-là, fascinant et écœurant à la fois.

Synopsis : Casteljaloux, village du sud-ouest de la France. Entre amitié, ivresse et plaisir du verbe, les hommes y sont Les Rois du monde. Mais quand Jeannot sort de prison, il n’a qu’une seule idée en tête : reconquérir Chantal, l’amour de sa vie, qui s’est installée en son absence avec le boucher du village. La tragédie grecque prend alors des allures de western. 

Bande annonce – Les Rois du monde 

Fiche technique – Les Rois du monde

Titre original : Les Rois du monde
Date de sortie : 23 septembre 2015
Nationalité : France
Réalisation : Laurent Laffargue
Scénario : Laurent Laffargue, Frédérique Moreau
Interprétation : Céline Sallette (Chantal), Sergi Lopez (Jeannot), Eric Cantona (Jacky), Guillaume Gouix (François), Romane Bohringer (Marie-Jo)
Photographie : Fabrice Main
Décors : Pierre Moreau
Sociétés de production : Mezzanine Films
Sociétés de distribution : Jour2fête
Budget : NR
Genre : Drame
Durée : 100 minutes

Festival de San Sebastian 2015 : Coquillage d’Or pour l’islandais Sparrows

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Festival International du Film de San Sebastian

Après dix jours de festivités, la 63ème édition du Festival International du Film de San Sebastian s’est achevée hier soir avec la remise des prix. Après une ouverture très-attendue puisqu’il s’agissait de Regression, le dernier Alejandro Amenabar avec Emma Watson et Ethan Hawke, le verdict sur la compétition est tombé. Et c’est l’Islande qui repart avec le prestigieux Coquillage d’Or pour Sparrows. Ce drame islandais suit l’histoire d’Ari, un garçon de 16 ans, qui, après avoir vécu à Reykjavik avec sa mère, retourne chez son père, dans un fjord reculé. Sparrows succède à La Nina de Fuego de Carlos Vermut. Chez les français, trois films ont su s’imposer dans le palmarès final. Évolution de Lucile Hadzihalilovic qui obtient le Prix du Jury et celui de la Meilleure Photographie alors que Joachim Lafosse obtient le Prix du Meilleur Réalisateur pour Les Chevaliers Blancs et les frères Darrieu reçoivent le Prix du Meilleur Scénario pour Vingt et une nuits avec Pattie. Enfin, deux films asiatiques présentés à Cannes ont également obtenu des distinctions :  le Prix du Public pour Notre petite sœur d’Hirokazu Kore-Eda et le Prix Européen à Mountains May Depart de Jia Zhang-Ke (co-production française).

Palmarès du Festival de San Sebastian 2015 :

Coquillage d’Or : Sparrows de Rúnar Rúnarsson (Islande)

Prix spécial du Jury : Évolution de Lucile Hadzihalilovic (France)

Prix du Meilleur Réalisateur : Joachim Lafosse pour Les Chevaliers blancs (France, Belgique)

Prix du Meilleur Acteur : Javier Camara & Ricardo Darin pour Truman (Espagne)

Prix de la Meilleure Actrice : Yordanka Ariosa pour El Rey de La Habana (Espagne)

Prix de la Meilleure Photographie : Manu Dacosse pour Évolution (France)

Prix du Meilleur Scénario : Arnaud et Jean-Marie Larrieu pour Vingt et une nuits avec Pattie (France)

Mention Spéciale : El Apóstata de Federico Veiroj (Uruguay)

Prix Horizontes Latinos : Paulina de Santiago Mitre (Argentine)

Prix du Public : Notre petite sœur d’Hirokazu Kore-Eda (Japon)

Prix du Meilleur Film Européen : Mountains May Depart de Jia Zhang-Ke (France, Chine)

Prix FIPRESCI : El Apóstata de Federico Veiroj (Uruguay)

Toutes les infos du festival sur : http://www.sansebastianfestival.com/in/

 

Rencontre avec Miguel Llanso pour son film Crumbs

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FEFFS 2015, compétition internationale, rencontre publique avec Miguel Llanso pour son film Crumbs

Synopsis: Dans un paysage post-apocalyptique, situé en Ethiopie, Birdy (Daniel Tadesse), passe son temps entre faire la cour à son « oiseau d’amour » Candy (Selam Tesfaye) et ramasser les miettes (« crumbs » en anglais) d’une civilisation révolue, qui ressemblent étrangement à des articles de consommation. Le réveil d’un vaisseau spatial endormi nourrit son rêve de rentrer chez lui. Muni de son épée « une relique estampillée Carrefour » et son « amulette protectrice » une figurine Tortue Ninja, il va se lancer dans une quête surréaliste impliquant des créatures comme des sorcières, des guerriers masqués,  des nazis seconde génération et, le Père Noël…

Crumbs mérite sans doute le prix de l’originalité dans ce cru 2015 de la compétition internationale du FEFFS. Ce film post-apocalyptique inclassable, à forte identité éthiopienne, nous fait voyager entre science-fiction, histoire d’amour et surréalisme, à travers des paysages somptueux d’Ethiopie.

Nous avons eu la chance de croiser le réalisateur de cette œuvre unique, Miguel Llanso, qui nous a dévoilé une partie de la genèse de son œuvre.

Miguel-Llanso-pour-son-film-CRUMBS-Rencontre-publique

– Miguel, comment avez-vous trouvé ces endroits magnifiques que vous filmez, comme la voie de chemin de fer ou les chamois, et tout ça?

Je vivais en Ethiopie en 2008, j’avais un autre travail, je me baladais beaucoup et j’ai remarqué toutes sortes de paysages vraiment beaux. Ce sont ces paysages qui m’ont inspiré pour le film. Il y avait des lieux que je connaissais déjà comme le volcan ou la forêt avec le lac. Par contre, pour le parc d’attraction complètement abandonné, on l’a découvert par hasard, on l’a vu au loin. Apparemment, un arabe avait commencé à construire ce parc à thème au milieu de nulle part et puis finalement le projet a été abandonné. L’histoire se corse… On pensait que le lieu était abandonné, et qu’on allait filmer sans problème, mais des brigands sont arrivés se proclamant propriétaires du lieu, et ont sorti leur Kalachnikov AK 47. Alors on a dit  « ok, on filme pas ». Ils ont répondu, « si, si, vous allez filmez, mais vous allez devoir payer ». Et il y a eu un deuxième groupe de bandits qui est arrivé, encore plus balaises, et ils ont commencé à se battre. Nous étions entre les tirs croisés et on se demandait bien ce qu’on faisait là.

Pourquoi n’avez-vous pas filmé cela?

Nous avions très peurs, donc on n’a pas osé filmer. On s’est dit peut-être qu »il y en avait un qui allait détruire la caméra. Si ça avait été pour tuer le directeur de la photographie ok, mais la caméra pas question! (rires du public). Concernant la gare abandonnée, c’était un don de Robert Mugabe à la ville. Il y avait une cinquantaine de wagons, on ne pensait pas qu’ils n’allaient pas fonctionner puisqu’ils étaient là depuis les années 80. Finalement le système a marché et moyennant 20 euros, on a pu utiliser la locomotive.

– Nous avons beaucoup aimé votre film. Israel (ndlr: Israel Seoane, directeur de la photographie) a fait un travail fantastique. Est-ce lui qui a également composé toute la musique ?

Non, Israel est le directeur de la photographie. C’est un de mes amis José -assez déprimé à l’époque- qui a composé plein de musiques en 2008-2009 chez lui et les enregistraient sur cassettes. Un jour il me les a faites écouter. Je lui ai demandé si je pouvais les utiliser. Il a accepté, ça collait bien…

 – Parlez-vous la langue du film (ndlr: l’éthiopien)?

Non, je ne parle que quelques mots, c’est une langue difficile. C’est mon ami coproducteur Yohannes Feleke, avec qui j’ai déjà collaboré sur 5-6 projets, qui parle cette langue. C’était super utile qu’il soit sur le plateau. Quand je tournais, je n’avais aucune idée de ce que les personnages disaient. Si ça se trouve, ils disaient vraiment n’importe quoi (ndlr: rires du public). Une fois que c’était fini, je demandais à Yohannes : « Alors ça s’est bien passé? Ils ont bien joué? » Et lui il était là sur son téléphone « Ouais, ouais, ça va, ça va ». Je vais le projeter en Ethiopie en octobre, alors on verra bien ce que les gens vont me dire. Si ça se trouve, ils vont me dire « mais ça veut rien dire ton film » ( ndlr: rires du public). De toute façon, je pense que ça ne veut un peu rien dire.

– Comment vous est-il venu l’idée de faire ce film?

L’idée est venue d’un autre projet que j’ai fait avec Daniel (ndlr: Daniel Tadesse Gagano). Son rôle était celui d’un clone d’Hitler. Il se balade dans les bars et tout le monde lui fait « Salut Hitler, ça va? », et se fout de sa gueule. Et du coup avec cette idée d’extraire tout le sens des symboles, ça nous a un peu fait penser à tous ces objets qui sont dans le film, ça nous a donné des idées pour Crumbs. C’est cela que nous voulions aussi explorer dans le film, à savoir comment donner une touche, un sentiment à un paysage, comment donner un sentiment à une personne dès qu’on la rencontre, comment apporter une touche très particulière.

La plupart des acteurs n’était pas des professionnels, c’était simplement des personnes que l’on avait rencontrées comme ça.

– Merci d’avoir créé une nouvelle société en quelque sorte. Avez-vous inventé ou construit des décors, et d’abord essayé d’inventer de toute pièce, un nouveau système de pensée?

Non, l’idée n’était justement pas de créer des choses de toute pièce, ou de les imaginer dès le départ. C’était de prendre une réalité qui était déjà là, et d’en faire quelque chose de complètement différent. Par exemple, tu peux avoir un jardin, et tu peux le filmer de manière à ce qu’il ait l’air plus magique, comme une forêt un peu enchantée. Ce que l’on voulait, c’était justement partir du réel et en faire quelque chose de visuel avec une sensation totalement différente et imaginaire. Quand on parle de la réalité comme ça, on n’a pas besoin de millions pour créer quelque chose de toute pièce. Il y a seulement besoin d’un œil, et de suivre ses envies.

En tout cas, pour la conception, c’est marrant parce qu’on a reçu un prix par le réalisateur du Seigneur des anneaux à Neuchâtel, il nous a dit « l’essentiel n’est pas de construire, l’essentiel est d’avoir un point de vue ».

– J’ai beaucoup apprécié tous les clins d’œil au cinéma que j’ai aperçus dans le film, notamment celui de Once Upon a Time in the West (ndlr: Sergio Leone). Je voulais savoir quelles ont été vos sources d’inspiration?

Je suis en fait très intéressé par les westerns spaghetti, comme ceux de Sergio Leone, mais surtout toutes les comédies tragiques et l’irréalisme, ce cinéma un peu plus méditerranéen, avec des réalisateurs comme Buñuel , Berlanga en Espagne, Vittorio De Sica, Rosselini, Fellini, Pasolini, Marco Ferreri

– Bravo pour votre film qui crée un univers si particulier et si immersif, en raison surtout des deux acteurs principaux, qui comme vous l’avez dit tout à l’heure sont des non-professionnels, et qui débordent de naturel, et donc je voulais savoir comment vous avez mené votre projet avec ces deux acteurs néophytes?

Ce n’est pas tout à fait juste parce qu’en fait, les deux personnages principaux sont des acteurs. Daniel (ndlr: Daniel Tadesse Gagano) a déjà fait une douzaine de films, il travaille surtout pour le théâtre, et Selam (ndlt; Selam Tesfaye) travaille aussi pour le cinéma.

Pour les autres personnages, il faut trouver une façon de les décrire, de les mettre à l’écran. Par exemple pour le personnage du Père Noël, c’était un ancien combattant de la guérilla, et au début quand on a écrit pour lui, pour son personnage on s’était dit qu’on allait en faire une rock star. Mais l’idée du Père Noël est arrivé, alors on s’est dit, on jette le script à la poubelle, on fait ce que l’on veut. Finalement, c’était plus important de le montrer lui, que d’aller au bout de mes idées stupides. De même, pour l’homme du train, on lui avait écrit un très long monologue mais il n’arrivait pas à s’en souvenir. Il faisait des bruits bizarres, donc je me suis dit « si c’est comme ça qu’il est, on va l’accepter comme tel ».

– Comment imaginez-vous les circonstances de l’apocalypse dans le film?

Quand on imagine l’histoire, on voit toujours les choses en grand, on pense aux pyramides en Egypte, les textes présocratiques, …, et c’est pas vraiment fascinant de savoir qu’en quelques clics, on peut avoir accès par exemple à la bibliothèque d’Alexandrie (…)

A mon avis l’apocalypse est déjà là: la mondialisation n’apporte qu’un flot de merdes dans ce monde. Quand vous allez à Addis-Abeba, vous voyez ces paysages magnifiques, qui viennent des années 60, vous passez des heures à boire des cafés avec vos amis et autour vous voyez ces nouvelles constructions, vous êtes alors un peu dégoûté. Quand je suis arrivé à Addis-Abeba, je voulais trouver des vinyles, de la musique traditionnelle éthiopienne, et finalement c’était plus simple de trouver des cd de Beyoncé…

Merci beaucoup Miguel
Propos recueillis lors de la rencontre publique du 22/11/15, avec Miguel Llanso pour son film Crumbs.

Rencontre avec Corin Hardy pour son film The Hallow: FEFFS 2015

FEFFS 2015: Extrait de la rencontre publique avec Corin Hardy pour son film The Hallow (Méliès d’Argent)

Synopsis: Malgré les avertissements, un scientifique, sa femme et son bébé profanent une forêt irlandaise dont ils ne soupçonnent pas les dangers. Très vite, les créatures vivant en ces lieux menacent et attaquent la petite famille.

Amateurs de monstres, réveillez-vous! The Hallow est assurément un film de monstres, réalisé avec brio, et il est certain qu’en matière de spectacle, il y aura de quoi en faire frémir plus d’un. Arachnophobes, éloignez-vous! Il y a un peu de Cronenberg dans tout cela, des grosses bêtes risquent de pénétrer votre joue, voire plus… Des monstres envahissent vos cellules, prennent possession de votre corps, voire de votre âme, de votre famille, ou souhaitent vous déposséder de votre bébé… Le tout, mélangé dans un essai de conte féerique irlandais. Ah non, il ne faut jamais détruire la forêt! Sinon, croyez-nous, l’horreur sera bien là!… Un film qui en fera rire certains, mais frémir bien d’autres, effrayant à souhait…Les festivals sont parfois faits de rencontres détendues. Tel fut le cas avec Corin Hardy, qui entre lancers de T-shirts et échange de cris de monstres avec des spectateurs absolument inspirés en la matière, a conclu d’une manière tout à fait sympathique ce cru 2015 de la compétition internationale d’un FEFFS, à la hauteur de ses ambitions…

–  Qu’est-ce qui intéresse un réalisateur anglais dans le folklore irlandais ?

Quand on veut faire un film d’horreur, on essaie un peu de réinventer la figure du monstre, proposer autre chose que les vampires ou les zombies qu’on a déjà vu mille fois. Je suis originaire d’Angleterre, pas d’Irlande, mais j’ai eu l’impression que le folklore irlandais était plus riche, du coup je m’y suis intéressé et j’ai fait beaucoup de recherches et j’ai essayé de les retranscrire au cinéma de manière très visuelle.

–  Avez-vous été inspiré par certains jeux vidéo et notamment The Last of Us ?

J’ai pas trop le temps de jouer aux jeux vidéos, mais à savoir ça fait huit ans que je travaille sur The Hallow. Le jeu est sorti après, on peut dire que le jeu est un sequel…  Et c’est un jeu génial !

– Avez-vous pensé à faire une suite ?

Tout dépend de vous ! Il faut qu’un film ait été un succès pour qu’on puisse espérer un second opus, mais de manière créative, oui j’ai quelques idées. C’est pour ça que le film se termine de cette manière (rires dans la salle).

– Par rapport à la citation au début du film, est-ce que ce livre Les Invasions de l’Irlande existe véritablement ou vous êtes vous inspiré d’un ancien grimoire que vous avez exhumé ? Et deuxièmement, j’ai vu dans le générique de fin que le bébé avait le même nom de famille que le vôtre. Est-ce votre enfant et si oui, n’avez-vous pas peur de le voir différemment après ce qui s’est passé ?

Alors oui en effet pour la première question, le livre s’appelle The Book of Invasions. Vous pouvez très facilement le retrouver sur Google ou Wikipédia. Certains disent qu’il raconte les origines de l’Irlande, d’autres que ce n’est qu’un ensemble de récits mythologiques, mais après mes recherches je l’ai trouvé très intéressant et voulu l’ancrer dans quelque chose qui existe. Pour le rôle du bébé, à l’écriture je n’avais pas donné tant d’importance à ce personnage, puis arrivé en pré-production il a pris de l’ampleur. On avait commencé à caster des jumeaux de 4 ans. Je suis devenu papa deux semaines avant le début du tournage. Mais c’était compliqué, car il a fallu tourner avec ces jumeaux et les monstres recréés en animatronics et silicone. Et comme il faut compter deux mois pour les équipes des effets spéciaux, elles devaient savoir à quoi ressemble l’enfant. Quand on a commencé à tourner, les jumeaux avaient cinq mois, ce sont les meilleurs acteurs avec qui j’ai eu à tourner, très authentiques. On ne les a jamais mis en danger, ils étaient juste un peu fatigués. Du coup on avait ce bébé en animatronic, un autre et encore un cinquième. Le problème est qu’il a fallu qu’on retourne le début, notamment la scène du ferry, cinq mois après la fin du tournage, mais les jumeaux étaient trop grands, j’ai donc choisi mon bébé qui venait d’avoir cinq mois.

– Est-ce que vous avez eu peur de vos monstres ?

Pas du tout, au contraire, j’adore me balader en pleine forêt et m’imaginer l’apparition de monstres. Ils ne m’effraient nullement. Et pour rebondir sur la question précédente, il est vrai que si on s’attaque à la nature et que vous lui faites du mal, elle viendra se venger à coup de champignons.

– Dans un monde alternatif, les monstres seraient-ils gentils et toi aussi ou vice versa ?

Je pense que si on inversait nos univers, les monstres seraient les gentils et les humains très très très méchants. Vous avez tous vu The Survivalist ? Pour ceux qui ont vu les deux, les visionnages se sont bien enchaînés.

– Concernant les mécanismes de la peur, j’ai trouvé la deuxième partie plus viscérale que la première, qui fonctionne sur l’hommage à tous ces films structurés autour d’un idéal familial, faisait référence à Cronenberg, dont La Mouche, mais qui  fait usage de nombreux jumpscare. Est-ce vraisemblablement un choix et pourquoi ?

Merci d’avoir résumé de cette manière et il est vrai que lorsqu’on se lance dans ce genre, il y a quelques règles à appliquer. J’en ai respecté certaines, mais pas toutes. Mais c’est aussi pour ça qu’on va au cinéma, pour se divertir, manger du pop corn et j’ai pas envie de m’excuser… Sinon j’ai voulu faire un véritable film d’horreur en travaillant sur différents sous-genres, comme au début où on sait pas si ça va glisser dans le surnaturel, le home invasion, etc. Après c’est un peu plus classique, je voulais vraiment m’amuser, mais le plus important est qu’il y a un véritable scénario, une histoire qui tient la route.

– Bravo déjà ! Je suis assez sensible à l’univers sonore et je voulais savoir comment vous avez reproduit les bruits émis par les créatures 

(Imitation du cri de la créature) On s’est beaucoup amusé à recréer un univers sonore en particulier pour les créatures

– On voulait savoir pourquoi vous vous êtes tant intéressé à ce champignon… le cordyceps…

Je voulais trouver un équilibre entre toutes ces histoires de folklore irlandais et quelque chose de plus ancré dans la réalité, de plus scientifique et je suis tombé sur un documentaire sur le cordyceps qui a aussi inspiré le jeu vidéo The Last of Us et oui lorsque vous interprétez toutes ces créatures du film, vous pouvez vous dire que ce sont des monstres du folklore irlandais, mais aussi une conséquence à tout ce qu’on a fait subir à la nature.

– Vous dites que vous vous êtes assez détaché de The Last of Us pourtant l’image finale est quasiment l’écran d’ouverture du jeu, la porte ouverte sur cette nature derrière. C’est peut-être un hasard ou alors c’est quelqu’un d’autre qui a filmé à votre insu. Alors comme petite remarque, lorsque le mec sort de la cabane, il me semble qu’il manque une partie de son maquillage ou alors laissé en post-prod ?

Pour The Last of Us, c’est une coïncidence, je l’ai tourné avant le jeu et de toute façon j’y ai très peu joué. Comme pour le personnage du père… Après peut-être qu’il y a une erreur dans la continuité…

The Hallow : Bande-annonce

FEFFS 2015 : Christopher Lee, des suédoises dépravées et de la drogue

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Les pérégrinations d’un reporter  au FEFFS – Jour de clôture

Ainsi s’achève la huitième édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. Mais quel final pour la journée de samedi ! Une cérémonie de clôture qui n’aurait rien à envier aux Oscars alors qu’au même moment, des festivaliers trépignent à l’idée d’assister à la Nuit Excentrique, synonyme d’euphorie collective et de nanars à gogo. Du lourd pour cet ultime journée ! En excellent orateur que je suis, j’avais réussi à convaincre il y a quelques semaines des amis à venir participer à la Nuit Excentrique avec moi. En effet, il y a trois ans dans ce même festival, j’avais assisté à la Nuit Nanar où des chefs d’oeuvre du mauvais goût s’étaient succédé, faisant passer un moment anthologique à toute une horde déchaînée de spectateurs. Rires, hurlements, sifflets et applaudissements frénétiques avaient animé cet événement nocturne qui m’avait laissé quelques réjouissantes séquelles. Avant de participer à la cérémonie, on décide donc d’aller boire quelques verres et de se mettre dans l’ambiance de cette nuit qui s’annonce jubilatoire. La table est garnie de bières, d’Elsass Cola (véridique !), de bretzels, de tartes flambées et de Riesling. Ouais, on joue l’ambiance locale à l’extrême. On parle de tout sauf de cinéma : Le féminisme, la DP, les jeux vidéos, l’infidélité, les youtubers, des vacances au ski, le chômage et entre deux verres une furieuse envie de monter une association culturelle. On se marre, on gueule, on s’énerve. Je pense qu’on est prêt pour la Nuit Excentrique. Le temps de finir une désaltérante Fischer Ambrée que je me lève et décide d’abandonner quelques heures mes compagnons de bataille pour assister à la cérémonie de clôture. Il faut dire que je suis particulièrement impatient de découvrir le palmarès final.

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Au centre, entouré du jury, Corin Hardy, le réalisateur de The Hallow vient de recevoir le Méliès d’Argent.

Je serai bref concernant le palmarès puisqu’un article a déjà été publié par mes soins sur le sujet et que tout l’intérêt de cet article repose sur la description des films de la Nuit Excentrique. Retour à la cérémonie qui a été particulièrement bonne -plus que l’an passé- avec une ambiance festive des plus charmantes. Une élégante présentatrice est accompagnée d’un batteur et d’un pianiste en costume, et met l’ambiance dans le public. On fait un bilan du festival. C’est toujours aussi positif, avec environ 13 000 billets vendus pour les séances, 5000 personnes à la Zombie Walk et environ 1500 spectateurs pour la séance en plein air des Gremlins au pied de la Cathédrale, la mairie de Strasbourg et Daniel Cohen, le directeur du festival, s’en réjouissent vivement. Selon les premières estimations, le festival aurait touché plus de 25 000 visiteurs sur l’ensemble de ses événements. A nouveau, l’adjoint au maire de la ville fait part de son enthousiasme et évoque le festival comme l’un des événements culturels majeurs de la ville de Strasbourg. Pour l’année prochaine, on promet que ça sera encore plus dingue. Bigger, Better & Crazier. On remercie tous les bénévoles qui ont effectué un travail dingue ainsi que l’ensemble des partenaires du festival. Daniel Cohen avoue être sur les rotules mais n’a jamais été aussi content pour la réussite de son festival. On passe aux récompenses. Les jeux vidéos, les courts animations, les courts français et internationaux. Certains viennent récupérer leur prix et l’ensemble des jury saluent la qualité des différentes programmations. Concernant les longs métrages, Stephen Fingleton vient chercher une Mention Spéciale des mains du jury présidé par Enzo G. Castellari pour The Survivalist. Corin Hardy vient récupérer le Méliès d’Argent pour The Hallow (ci-dessus). The Lobster est le Prix du Public. Et c’est donc The Invitation de Karyn Kusama qui remporte l’Octopus d’Or, le prix majeur de ce festival, et succède ainsi à White God. La cérémonie s’achève sur la projection de Yakuza Apocalypse. Je décide de zapper cette séance pour retourner dans ce chaleureux bar qu’est le Troquet des Kneckes avec mes amis. Ouais, je suis un journaliste gonzo impertinent et désinvolte qui ne pense qu’à passer des bons moments au bar. Mais n’est-ce-pas là ce que font tous les journalistes à Cannes ?

Découvrez ou redécouvrez l’ensemble du palmarès : https://www.lemagducine.fr/feffs-2015-octopus-dor-pour-the-invitation-the-lobster-prix-du-public/

La soirée au bar s’achève tranquillement au bar. La note est aussi salée qu’un Bretzel mais au moins, on part avec le souvenir d’avoir pu profiter de Strasbourg dans son verre et son assiette. Et on est encore loin de s’imaginer ce que va être cette Nuit Excentrique..

En partenariat avec la Cinémathèque Française, la Nuit Excentrique propose ce soir trois films projetés en 35mm. Jean-François Rauger, directeur de la programmation de la Cinémathèque Française fait office de maître de cérémonie et est une figure incontournable des Nuits Excentriques. Sélectionnant chaque film et chaque bande-annonce projetée durant la nuit, Rauger montre son amour pour le cinéma bis avec une auto-dérision dévastatrice. C’est d’ailleurs ces séquences de bande-annonce de mauvais films (L’école du Sexe, Le Manoir Maudit, Il Faut battre le Chinois quand il est encore chaud, etc.) qui étaient les plus hilarantes tant chaque trailer semblait être à la recherche de la quintessence du n’importe-quoi. Jean-François Rauger ira jusqu’à dire que les strasbourgeois sont plus fous et enthousiastes que les parisiens à partir du moment où il prendra conscience de l’ambiance démente et hilare des spectateurs strasbourgeois. Et c’est le cas de le dire tant l’ensemble de la salle a ri aux éclats (même aux larmes). Les vannes ont fusé, les private jokes étaient exclamés à haute voix, les applaudissements pleuvaient et les rires gras et insolents ont donné à cette Nuit Excentrique une saveur unique qu’il faut absolument vivre pour quiconque aime les mauvais films. Cette ambiance collective enlève toute limite et libère notre personnalité la plus vulgaire. Il n’y a que lors de ces séances que les gens (hommes comme femmes) vont s’esclaffer lorsqu’un plan nichon est à l’écran ou lors d’une scène de gore grotesque. C’est ça la particularité de cette Nuit, l’absence de conventions et le retour à des pulsions les plus primaires. On ne cachera pas que certains moments ont pu paraître longs et que certains (comme votre honorable serviteur) ont piqué du nez puisque la Nuit Excentrique dure tout de même jusqu’à 07 heures du matin. Mais bon sang, qu’est ce qu’on s’est marré ! Trève de présentations, jubilons, mes bons !

[LA NUIT EXCENTRIQUE]  Hurlements II

Réalisé par Philippe Mora (Etats-Unis, 1985). Sortie le 28 août 1985.

Synopsis : Un homme enquête sur la mort de sa soeur et découvre qu’elle était membre d’une secte de loups-garous en Transylvanie.

C’est tellement mauvais, pitoyable et grotesque que ça en devient du génie. Le film ultime à voir dans une ambiance collective pareille. 90 minutes de réjouissances et de rires gras, sans oublier ce générique final avec un décompte d’un goût totalement grossier (17 plans nichons). Qu’est-ce-que vient faire Christopher Lee dans cette galère ? L’anecdote dira qu’il s’est excusé auprès de Joe Dante (réalisateur du premier Hurlement) pour avoir joué dans ce film. Quittant sa cape de Dracula, jamais je n’ai vu Christopher Lee aussi végétatif et absent mentalement d’un film. Sa démarche est tellement mécanique qu’on devrait créer un mot pour ce type d’interprétation chez les acteurs. Tout y est gratuit et extrêmement misogyne. C’est crétin du début à la fin. L’expression des autres acteurs du film vend du rêve tant elle relève de la neutralité la plus totale (aucun froncement de sourcil lors de la mythique réplique : « Votre soeur est un loup-garou »). Radicalement inexpressifs, les deux acteurs font office de carpes dans ce film. Et Christopher Lee avec des lunettes futuristes, c’est juste priceless ! Et sur l’échelle de l’improbable, ce n’est que le début pour un film qui va monter crescendo. Dois-je évoquer cette scène où la journaliste demande à son partenaire de la prendre dans ses bras et que lui la prend littéralement à poil ? Complètement génial tant le film n’a plus aucune limite.  Que dire de ce plan à trois avec des loups-garous ? De ces séquences de cultes obscurs ? De l’inceste régnant du film ? Et ce groupe de musique pseudo punko new wave avec un bon son synthé des années 80 qui joue à trois reprises dans le film, c’est génial ! Les types sont partout ; dans l’introduction à Los Angeles, au milieu en Transylvanie et dans le générique final. Ils font des concerts partout et constamment au même endroit que les personnages principaux. Non c’est absolument génial tant ça dépasse les limites de l’improbabilité et du n’importe-quoi. Je déconseille l’expérience seul chez soi, mais si vous êtes un amateur des nanars, je vous recommande, conjure et supplie de voir ce bijou du genre lors d’une Nuit Excentrique ou d’un autre événement du même acabit. Vous ne le regretterez pas ! Il ne m’a suffi que d’un film pour considérer Philippe Mora comme un visionnaire. Assurément mythique !

Note de la rédaction : ★★★★☆  (sur l’échelle du mauvais goût)

[LA NUIT EXCENTRIQUE] Suède, Enfer et Paradis

Réalisé par Luigi Scattini (Italie, 1968). Date de sortie prochainement annoncée.

Synopsis : Une analyse en profondeur de la société suédoise et de son incroyable permissivité dans le domaine des moeurs.

Qu’est-ce-que c’est que ce documentaire dont je n’ai jamais entendu parler ? Un Mondo-movies, que Nanarland s’amuse à qualifer de « Enquête d’action en zone interdite ». Un Mondo, c’est un documentaire d’exploitation qui consiste en un montage d’images d’actualités ou d’archives réunies par un thème commun, généralement racoleur, proposant aux spectateurs d’assouvir leur voyeurisme en matière d’exotisme, de bizarreries, de sexe et de violence. Suède, Enfer et Paradis est un documentaire déroutant qui n’hésite pas à affirmer que l’Enfer sur Terre est en Suède. A en croire le film, la Suède est le pays le plus décadent et le plus sataniste au monde. Ce documentaire s’évertue à faire un portrait de la société suédoise accompagnée d’une voix-off ahurissante qui n’hésite pas à blâmer l’ensemble des protagonistes de ce documentaire. D’après cet honorable (et réactionnaire) Luigi Scattini, la Suède est un pays blasphématoire où…MON DIEU !!!…on trouve des sex shops qui proposent des magazines avec des gens tous nus dedans, des hôtesses de l’air insouciantes placent leurs parents dans des hospices dans lesquels on fait faire de la gym aux vieux et comble du scandale, les femmes travaillent. Ce qu’il faut avoir en tête en regardant ce film, ce n’est pas tant qu’il s’agit d’une représentation de mauvais goût de la Suède mais plutôt du regard de la société italienne sur ce pays libéral. Luigi Scattini est un italien typique de la société italienne catholique et traditionnelle qui voit la Suède comme un pays froid et austère avec des gens dépravés. Le plus bluffant, c’est que ce documentaire est tourné avec le plus grand sérieux du monde, n’hésitant pas à falsifier et fausser toutes ses informations. Un documentaire d’une mauvaise foi incroyable et inconcevable aujourd’hui qui, au-delà de son mauvais goût et des rire qu’il a suscité, interroge sur notre perception des sociétés autre que celles dans laquelle nous naissons. Misogyne, raciste, réactionnaire, gratuit, Suède, Enfer et Paradis s’avère donc être un documentaire d’utilité public sur la perversité de ce pays nordique (ironie). On ressort de ce documentaire hilare et dérouté par le sérieux de cette entreprise d’investigation sociétale.

Note de la rédaction : ★☆☆☆☆   (mais il y a beaucoup de femmes nues)

[LA NUIT EXCENTRIQUE] Comtesse Hachisch

Réalisé par Inconnu (France, 1935). Date de sortie inconnue.

Synopsis : Le capitaine Mario, dit « droit devant », tombe sous l’emprise de la Comtesse Hachisch qui le convainc de transporter de la drogue dans son bateau.

Comtesse Hachisch ne vous dit rien ? C’est normal, il n’existe qu’une seule copie de ce film (conservée par la Cinémathèque) et il n’a été diffusé qu’à très peu de reprises dans le monde entier (pour la première fois à Paris en 2006). Il n’y a pas de générique et donc toute l’équipe du film est inconnu. Mais grâce au travail scientifique des chercheurs de la Cinémathèque, le monde a enfin pu avoir connaissance de l’existence de ce film unique dans l’histoire du cinéma français. Le monde a enfin pu connaître le courage et l’ambition du Capitaine Droit-Devant et apprendre que la « Mariajuana », c’est « la cigarette de la mort ». Il s’agit d’un montage final pourtant il n’est pas étonnant d’apercevoir la fin d’un clap ou l’équipe du film dans de nombreux reflets. Des faux-raccords réjouissants qui ne sont qu’une partie de tous ces beaux moments de nanardise. Le récit du film s’attarde sur le capitaine d’un navire ainsi que son équipe et pourrait être étiqueté de thriller avec de la drogue et des magouilles. Et sinon, je ne sais pas comment décrire autrement ce qui semble être le travail de fin d’étude d’un étudiant en cinéma, passionné par la mer. J’ai mille questions sur ce film. Pourquoi Capitaine Droit-Devant regarde toujours la caméra ? Pourquoi les acteurs sont si mauvais ? Pourquoi des avions tirent sur un bateau sans raisons ? Pourquoi le Capitaine insulte une serveuse de « Carnaval » (!) ? Pourquoi l’humeur des membres de l’équipage est schizophrénique (on le déteste puis on l’adore et on le déteste encore mais on l’aime quand même) ? Pourquoi la femme du Capitaine disparaît sans raison du film ? Pourquoi il y a un chinois, un arabe, un noir et un vieux barbu dans l’équipage (les quotas n’existaient pourtant pas encore en 1935) ? Pourquoi est-ce-qu’une porte ouverte est l’un des plus grands moments de tension du film ? Pourquoi la douane en a tellement rien à foutre des cargaisons de drogue du navire ? Pourquoi est-ce-que le réalisateur n’a pas réalisé de deuxième prise lorsque les acteurs tombent lamentablement ou se trompent dans les dialogues ? Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ? Sans doute parce que Comtesse Haschisch est un film indescriptible et un monument historique dans le monde merveilleux des nanars.

Note de la rédaction : ☆☆☆☆☆  (je ne sais même pas quelle note lui mettre)

Il est 07h00, le soleil est déjà là et le festival s’achève sur une pellicule historique du cinéma français. Il n’en fallait pas moins pour terminer cette sympathique édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. On reprochera néanmoins à la programmation d’avoir été très (trop) inégale notamment concernant les crossovers et surtout les Midnight Movies (seuls Deathgasm et Turbo Kid ont récolté de bonnes réactions). Tout comme la compétition qui a fait s’entremêler de très mauvais films (Emelie, The Corpse of Anna Fritz, Sweet Home) et d’autres plutôt bons mais très peu de films marquants (hormis The Lobster mais qui avait eu les honneurs d’une projection en compétition à Cannes). On est donc sceptique quant au contenu de cet édition mais on reconnaîtra des efforts notables et remarquables sur tout un tas d’événements annexes. J’en profite pour remercier les bénévoles et tout le staff du festival notamment dans leur objectif de me donner un accès à tous les événements. Je remercie la rédaction de CineSeries-Mag pour m’avoir obtenu une accréditation au festival et avoir corrigé l’ensemble de mes articles avant publication. Et je tiens à saluer mon hôte de la semaine ainsi que les différents festivaliers avec qui j’ai passé des moments sympas au bar et dans les salles. C’était éreintant mais extrêmement jouissif. Merci à tous. Salut et à bientôt, les drogués !

Enragés, un film de Éric Hannezo : Critique

Enragés est un remake du Rabid Dogs de Mario Bava, un polar noir comme on en fait plus ou si peu. C’est un film de genre sombre et oppressant qui malmène les nerfs du spectateur en l’entraînant dans la folie des personnages. Enragés.

Synopsis : Après que leur braquage a tourné au cauchemar, une bande de malfrats n’a d’autres choix que de prendre un otage et d’arrêter la première voiture venue. Mais les actes ne sont jamais sans conséquences et les fugitifs vont devoir traverser un Enfer dont ils ne ressortiront pas indemnes.

Un film noir sur fond rouge

Amoureux de cinéma et de films noirs, Éric Hannezo (Infidèles, Mademoiselle C) a voulu recréer cette ambiance authentique dans une adaptation à l’américaine. Un rêve qu’il a réalisé avec beaucoup de passion et de sérieux et c’est un peu pour les mêmes raisons qu’il a choisi ses acteurs. Virginie Ledoyen (Une autre Vie, Ablations), pour son faux-air à la Claudia Cardinale. et Guillaume Gouix (La French, Les Revenants) pour son regard perçant. Lambert Wilson (Suite Française, Barbecue), Laurent Lucas (Piégé, Alléluia), Franck Gastambide (Les Kaïra, Les Gazelles) et François Arnaud (The Borgias, J’ai tué ma Mère) pour leurs visages empreints d’humanité. D’emblée le générique donne le ton avec des images propres et envoûtantes dans des nuances de rouge et noir. On dirait presque une oeuvre d’art où les thèmes du sang et de la folie sont invoqués. Celui de l’Enfer aussi. Le générique rappelle ainsi ceux que Saul Bass a pu réaliser pour les films de Hitchcock et Scorsese : Psychose, Sueurs Froides, Les Nerfs à Vif…avec cette omniprésence du rouge.

Tout au long de l’oeuvre, la couleur rouge est latente et s’infiltre dans les images. Tantôt, elle est suggérée par un objet transitionnel (l’ourson de la petite fille, la fenêtre des toilettes, la cigarette…), tantôt elle inonde l’écran tout entier, flamboiement de colère et de tension à l’image de ces criminels « enragés ». L’ambiance est pesante, étouffante, dans la veine de Sueurs Froides où Hitchcock utilise le filtre rouge dès le générique, dans les cauchemars et le bijou fatal. Elle suggère l’aliénation et la mort, dénouement fatal, inéluctable.

Une spirale infernale

Le braquage des quatre malfaiteurs a très mal tourné et, dés lors, chacun de leurs actes les conduira irrémédiablement à leur perte. Les personnages sont condamnés à sombrer peu à peu dans la paranoïa et la hargne. Enragés nous entraîne dans cette folie dévorante, cette psychose qui envahit les braqueurs, pris au piège d’un cercle vicieux les rappelant à leur sombre existence et à la fatalité. Le spectateur pénètre dans la sphère intime des personnages, vulnérables, filmés de très près avec des plans serrés sur leurs visages, leurs peurs, leur haine. Parfois, nous entrons plus loin, dans leurs pensées, leurs souvenirs suggérés par les flous, les volutes de fumées, et encore et toujours cette couleur rouge, comme s’ils étaient prédestinés à une fin tragique.

Dans Enragés, le public est comme condamné avec eux, à l’intérieur de cette voiture, enfermé dans un huis-clos pesant et étourdissant à la fois. Nous les suivons sans relâche grâce aux alternances de travellings et de plans larges sur la traversé des paysages de France. Éric Hannezo joue avec la caméra et avec nos nerfs. Ce contraste entre les plans serrés dans le véhicule et les plans d’ensemble des paysages accentue l’effet de prison et d’enfermement des personnages.

On pense alors à la scène de la voiture dans Psychose avec des plans rapprochés sur le visage de la conductrice. On retrouve un passage identique dans Les Nerfs à Vif ainsi que des plans serrés successifs sur les mains, les objets et notamment la clef de la voiture. Ainsi, on ne quitte pas les coupables des yeux, et pourtant, il semble que l’essentiel nous échappe. Jusqu’au bout. Mais pourquoi diable le père administre sans cesse des piqûres d’anesthésiant à sa fille ? 

Enragés nous maintient en haleine du début à la fin, même si, on s’en doute, cette fin sera loin d’être heureuse. La mise en scène est parfaite, le scénario ingénieux et les acteurs remarquables notamment Lambert Wilson et Guillaume Gouix. Éric Hannezo nous emmène très loin avec sa voiture et avec peu de décor finalement. Tout se passe au sein du véhicule et dans la tête des personnages, sans voile, sans mensonge, sans tabous. Bref, on a aimé ! Présenté en avant-première mondiale lors de la Séance spéciale du Cinéma de la plage pour Cannes Classics, le film sortira dans les salles ce mercredi 30 septembre 2015.

Fiche Technique :

Titre du film : Enragés
Origine : France
Réalisation : Éric Hannezo
Scénario : Éric Hannezo, Benjamin Rataud, Yannick Dahan
Producteurs : Éric Hannezo, Marc Dujardin, Guillaume Lacroix, Vincent Labrune
Producteurs exécutifs : Marc Vade
Casting : Lambert Wilson, Guillaume Gouix, Laurent Lucas, Franck Gastambide, François Arnaud et Virginie Ledoyen.
Directeur de la photographie : Kamal Derkaoui
Conseillers technique et artistique : Micaël Viger Tom Kan
Décors : Jean-Pierre Carrière
Montage : Arthur Tarnowski
Costumes : Odette Gadoury
Maquillage : Kathy Kelso
Musique : Laurent Eyquem Rob (morceaux additionnels)

Bande-annonce de Enragés :

How To Get Away With Murder, saison 2, épisode 1: critique

Episode 1 Saison 2 It’s Time to Move On (il est temps de passer à autre chose)

Synopsis: Annalise et ses étudiants devront avancer dans leurs vies comme si rien n’était arrivé, mais nos futurs avocats sont toujours sous le choc de la disparition de Rebecca. Seuls Annalise et Frank sont au courant du meurtre de Rebecca et les deux protagonistes seront déterminés à trouver qui est la personne responsable de sa mort. Pendant ce temps-là, l’incroyable professeure en droit pénal prendra la décision de prendre de nouveaux clients, un frère et une soeur accusés d’avoir assassiné leurs parents. Enfin, une ancienne amie d’Annalise la surprendra en l’attendant chez elle, bien déterminée à lui enseigner une leçon.

Si la première saison de How To Get Away With Murder nous a laissé un souvenir indéfectible de quasi-perfection, la barre peut-elle être mise encore plus haut ? Avec ce season premiere, les questions s’enchaînent et certaines réponses peuvent désormais être apportées. Rappelez-vous ce qui s’est passé dix jours avant (dans l’histoire, en réalité comptons six mois), Rebecca gardée captive chez Annalise, car tous les soupçons sur le meurtre de Lila se portaient sur elle, envoie du portable de Michaela un message étrange à un numéro inconnu « Eggs 911 ». Oliver apprend à Connor qu’il est atteint du VIH. Michaela décide de s’émanciper de l’emprise sur sa belle-mère qui voulait le contrôle sur son futur mariage. Résultat, plus de mariage du tout. Frank travaillait pour Sam qui lui a demandé de tuer Lila. Sa position reste donc toujours à élucider. La sœur de Sam, avec qui Rebecca était en contact, semble lâcher du lest à Annalise qui vit toujours un enfer depuis qu’elle a piégé Nate pour protéger Wes concernant le meurtre de Sam. Asher ne se doute de rien sur l’implication de ses camarades et entame une relation avec Bonnie. L’épisode final se termine sur la découverte du corps de Rebecca sous l’escalier de la cave (on a trouvé meilleure cachette en passant), mais si ce n’est ni Frank ni Annalise qui cela peut-il bien être ? Il fallait s’accrocher durant les 15 épisodes, mais la série tenait tellement de l’ordre du génie sur tous les niveaux qu’il n’était pas difficile d’être tenu en haleine sur plus de six mois. Avec ce premier épisode, la saison va-t-elle continuer sur sa même lancée ? CSM vous livre ses craintes, ses doutes et ses espoirs sans SPOILER ALERTS…

L’épisode s’ouvre sur un rappel qui donne relativement la nausée pour celui qui viendrait en cours de route, puis sur le moment fatidique de la mort de Rebecca avec la voix off d’Annalise « Lorsqu’on est sur le point de mourir, on connaît son meurtrier » (ah bon?!) Okay, Bill d’Elia, qui réalise, souligne au fluo un point que Peter Nowalk, à l’écriture, veut que l’on retienne. RRRrra, que cet amphi nous avait manqué ! Les couleurs du temps présent tendent toujours un peu sur le bleu verdâtre, surtout pour les extérieurs. Wes, qui arrive en retard au cours, tient tête à Annalise devant toute la classe. Il doit lui reprocher de ne pas chercher à retrouver Rebecca. Nouvelle affaire*, nouveau personnage du nom de Eve, je vous laisse découvrir l’actrice que j’affectionne pas particulièrement (et c’est un euphémisme), notamment pour son rôles dans Taken... La mise en scène balaie nerveusement pour faire peau neuve sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle, mais on y est habitué. Eve et Annalise se connaissent de la fac de droit. Passé commun qui resurgira et me fera grincer plus de dent que j’en ai vraiment. L’épisode fonctionne sur un Who Dunnit m’as-tu-vu qui se conclue en queue de poisson. Pourquoi laisser le cadavre sous l’escalier ? Parce qu’on voulait laisser penser que… untel pense que… STOP ! OVERDOSE. Michaela est poursuivie par une certaine hantise gay, et ce n’est pas la seule. Les scénaristes aussi. Bon je me suis fait spoilé sur qui avait tué Rebecca (FU**), et je m’apprête à continuer donc arrêtez la lecture si vous n’avez pas regardé l’épisode. Je disais que les scénaristes aussi était poursuivis par la hantise gay, c’est une obsession. Si le personnage de Connor et sa relation fonctionnait, que son sex appeal et que la figure de l’homosexuel était bien plus complexe qu’un simple stéréotype (quoique), Peter Nowalk s’est senti obligé de surfer sur la vague gagnante et rajouter une histoire entre Eve et Annalise, mais WTF ?!! Pourquoi ?! Twist lesbien complètement inutile fait pour choquer. C’est d’une facilité putassière et l’artifice n’en est que plus visible. On se rend compte à présent de l’écriture torturée, des imbrications, du suspense industriel. La conclusion est réussie, si ce n’est un peu grandiloquente, mais c’est du made in Shonda, aucune mauvaise surprise. Le cluedo prend vie et nous est montré l’assassin, reste à savoir le pourquoi du comment. Autre déception, l’univers musical électro qui faisait la force de la série a perdu beaucoup de vigueur. Pourtant, la boite de nuit était propice à une nouvelle exploitation pour une nouvelle jouissance auditive (non simple arrière fond sonore), mais ils ont peut être tout/trop donné. Quoi, ça arrive après l’amour aussi !

How To Get Away With Murder saison 2 inverse les couleurs, le rouge devient noir et on relance les dés. Je prends le colonel moutarde, j’ai toujours pris le colonel Moutarde ! On a l’impression que la machine recycle tout ce qui pétardait précédemment, mais malgré cela, l’intérêt est intact. Malgré le fait qu’on ait enlevé les lunettes à film polarisant et qu’on s’aperçoit du cheveu sur la soupe, on ne peut que continuer à la boire, elle est tiède, mais ça tombe bien je préfère manger froid. On reprend notre souffle la tête hors de l’eau avec l’impression que l’apnée était désagréable, mais n’est pas sériephile qui n’aime pas souffrir un peu… Il suffit une fois de plus de suivre le fil d’Ariane pour sortir du labyrinthe, septique sur la légitimité de sa complexité, mais le moteur est chauffé, il serait dommage de caler.

* et encore des riches (Shonda Shonda Shonda, glamourous ? Ridiculous ! C’est vrai que plus c’est shiny, plus c’est funny IRONIE) avec en prime la diversité ethnique (et de la surenchère de surcroît?!)

Sur les théories du EGGS 911 >>> cliquez ici

How To Get Away With Murder : Titres des épisodes à venir

2) She’s Dying = elle est mourante

Annalise et sa team d’étudiants seront pris de court lorsque des officiers de police judiciaires décideront d’incriminer les richissimes frère et sœur qu’elle représente depuis le season premiere avec un nouveau chef d’accusation. Entre temps, les choses deviendront beaucoup plus compliquées pour Annalise lors du procès de Nate. En effet, notre professeure de droit pénal se fera contre-interroger assez brutalement, pouvant mettre en danger la liberté de son amant.

3) It’s Called the Octopus = On l’appelle la Pieuvre

Lorsque Annalise acceptera de prendre un nouveau client, cette affaire la mènera elle et ses étudiants dans un Club échangiste haut de gamme. À côté de cette nouvelle affaire, notre chère professeure continuera de représenter les richissimes frères et sœurs accusés d’avoir tués leurs parents dont elle a voulu s’occuper dès le season premiere. Cependant, l’affaire prendra une tournure terrible lorsque de nouvelles raisons cachées referont surface. Enfin, Wes fera équipe avec un allié inattendu.

4) Shanks Get Shanked = shanks (jarrets/jambes) – shanked (poignardé avec un couteau fait main ou fabriqué à base d’un morceau de métal aiguisé et un vêtement en guise de manche) > vocabulaire issu de prison) “A court de jambe pour courir” ou “[en prison] les jambes deviennent une arme”

FEFFS 2015 : Octopus d’Or pour The Invitation, The Lobster Prix du Public

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Les pérégrinations d’un reporter au FEFFS 2015 : Palmarès

Beaucoup d’émotions se rencontrent lors d’une cérémonie d’un clôture. D’un côté, les festivaliers sont mélancoliques à l’idée de finir un festival qui les ravit toujours autant, tandis que d’autres voient enfin le bout du tunnel d’une dizaine de jours éreintants et effrénés. Et pas seulement pour les journalistes. Puis, il y a ce moment tant-attendu où, après avoir visionné des dizaines de films, on attend avec impatience les appréciations du jury. Hier, je vous faisais part de mes pronostics pour le palmarès final. Du côté des courts métrages, je reconnaîtrais m’être entièrement trompé (!!!) sur l’ensemble des films appréciés par les différents du jury tandis que le palmarès long-métrage s’est révélé plus consensuel, plus prévisible. Il n’empêche que les films qui le composent font partis de mes coups de cœur de ce festival. The Invitation et The Hallow sont donc les grands gagnants de cette compétition. Pour le premier, il s’inscrit dans l’historique d’un prix qui a déjà récompensé les remarquables Moon, Buried ou White God par le passé. Pour The Hallow, avoir le Méliès d’Argent, c’est la promesse de pouvoir prétendre au Méliès d’Or qui se déroulera dans un prochain festival consacré au cinéma fantastique en Europe (il s’agit régulièrement de Sitges). Pour ceux qui ne connaîtraient pas le principe, le Méliès d’Or est attribué à un film qui a reçu le Méliès d’Argent dans l’un des nombreux festivals de cinéma fantastique en Europe. Cette année, The Hallow devra alors faire face à Goodnight Mommy, Index Zero, Liza the Fox-Fairy, Another Frontier et Men & Chicken pour succéder à Alléluia, vainqueur l’an passé. Enfin, The Survivalist qui obtient une mention spéciale, c’est la preuve d’un film qui agit comme une vraie proposition de cinéma et mérite d’entrer dans l’histoire du festival. Enfin, le public a voté pour The Lobster, somptueux film dystopique avec un Colin Farrel étonnant.

Palmarès du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg 2015 :

LONGS-MÉTRAGES

Octopus d’Or — The Invitation de Karyn Kusama (Etats-Unis)

Méliès d’Argent — The Hallow de Corin Hardy (Royaume-Uni)

Mention Spéciale du Jury — The Survivalist de Stephen Fingleton (Royaume-Uni)

Prix du Public — The Lobster de Yorgos Lanthimos (Grèce, Ireland, Royaume-Uni, Pays-Bas, France)

COURTS-MÉTRAGES

Octopus d’Or — Barrow de Wade K. Savage

Méliès d’Argent — Detector de Floris Kingma

Prix du Jury dans la catégorie Animation — World of Tomorrow de Don Hertzfeldt

Prix du Jury dans la catégorie Made in France — Aquabike de Jean Baptiste Saurel

Mention Spéciale du Jury — Clones de Rafael Bolliger

Mention Spéciale dans la catégorie Animation — Le Repas Dominical de Céline Devaux

Mention Spéciale Court Métrage Made in France — Garçonne de Nicolas Sarkissian

Prix du Jury Jeune — Detector de Floris Kingma

Prix du Public — Detector de Floris Kingma