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Big Bang Theory : les photos du mariage de la saison 9

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Voici en exclusivité les photos du mariage de Penny et Leonard et des révélations sur la saison 9 de Big Bang Theory :

Le Showrunner Steve Moralo s’est confié à THR (The Hollywood Reporter) à propos de ce qui était enfin prévu pour le couple incorrigible dans la saison 9 qui sera diffusée le 21 septembre sur CBS. Autant dire que pour les fans de Big Bang Theory, le moment tant attendu est enfin arrivé. Les premières photos ont été dévoilées hier sur THR.

La neuvième saison de la comédie nerd de Chuck Lorre, Bill Prady et Steve Molaro reprendra à Las Vegas et verra enfin le mariage de Leonard (Johnny Galecki) avec Penny (Kaley Cuoco-Sweeting). Mais ça ne veut pas dire que tout sera simple maintenant que Penny est au courant du baiser échangé entre Leonard et une autre femme lors de son expédition en Mer du Nord (fin de la saison 6). Au sujet des révélations du mariage, Moralo explique au Hollywood Reporter : « Chuck et moi en avons longtemps parlé et ma crainte c’était que ça commence comme s’il ne s’était rien passé. Ça n’aurait pas été un message positif et nous n’avons pas envie que les fans pensent encore  » Et voilà, ils vont encore nous mettre des bâtons dans les roues et ne rien faire « . Il y a tellement de possibilités pour l’histoire après ça qu’on a décidé de mettre le public au courant (du mariage, ndlr). »

Voici donc les premières photos exclusives de la saison 9 de Big Bang Theory et de l’union de Penny et Leonard, bien partie pour être le mariage le plus compliqué et maladroit jamais vu encore.
« C’est la saison 9  et Leonard s’est acharné à chaque minute depuis trois saisons, ajoute Moralo au sujet de ce couple pour qui l’heure a sonné. Et malgré Penny et tous ses problèmes d’engagements, et ses prises de têtes « Est-ce qu’on qu’on va emménager ensemble ou non ? Qu’est-ce qu’on va faire ? », eh bien, ça y est, ils vont le faire (se marier, ndlr). »

Dans son interview, Moralo explique ensuite ce qui va arriver aux deux jeunes mariés et comment Mandy (Melissa Tang), la fameuse « copine » que Leonard a embrassé, viendra tourmenter les premiers temps de leur union et notamment leur nuit de noces qui  « promet d’être un sacré challenge » pour Leonard. D’autant que « d’une certaine façon, Sheldon (Jim Parsons) et Leonard sont « toujours mariés » », ajoute le showrunner amusé.

Knight of cups, un film de Terrence Malick : critique

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Une chose est sûr, la dernière œuvre du réalisateur, Knight of cups, ne fera pas consensus. Elle divisera tout du long que l’on se rappellera d’elle, elle vivra sans doutes des années heureuses dans l’esprit de certains, et tombera rapidement dans l’oubli dans celui des autres.

Un ballet avec le vide

Le vide, un mot qui définit bien ces deux heures. A première vu il n’y a rien de bien intéressant dans le vide, puisqu’il n’y a rien; un espace incolore, inodore, sans substance. A première vu on ne peut que s’ennuyer devant le vide. Comme l’atteste cet évidage constant de la salle ce soir. Mais il ne faut pas se précipiter tête baissée dans le trou béant que nous tend malicieusement Terrence Malick. Car le cinéaste nous propose comme souvent une expérience, une sensation, à travers la quête de Rick (Christian Bale).

Rick fréquente les hautes sphères de la côte Ouest des États Unis, gagnant beaucoup d’argent dans une industrie du cinéma asphyxiante, il se laisse vivre entre la ville des anges et la ville du vice, submergé par des nymphes venu des contrées hideusement riche de la mode et du cinéma. Ou en tout cas c’est ce qu’on a compris du scénario. Malick, comme sur The Tree of Life, ne s’embarrasse pas de quelconque lisibilité scénaristique, il déroule simplement ces bribes de souvenirs, ces morceaux de vies, les dispersant sous formes de chapitres. Des chapitres où chaque acteurs de la vie de Rick tient le rôle principal:  le frère (Wes Bentley), le père (Brian Dennehy), l’ex épouse (Cate Blanchett), l’amante (Natalie Portman). Un rôle partagé évidement avec Christian Bale, qui navigue, ou plutôt flotte le visage hagard, sur un espace déserté par toute profondeur émotionnelle et spirituelle.

L’Allégorie de la perle

Tout commence par une histoire, la légende d’un prince envoyé par son père chercher une perle, mais dans sa quête il perd soudainement la mémoire et s’endort. C’est peut-être dans ce faux sommeil que l’on retrouve Rick, dans une léthargie largement partagée par toute une civilisation. Une masse qui perd ses valeurs, la tête dans le guidon. Finalement Terrence Malick prêche durant deux heures, mais ne tombe jamais dans le prosélytisme. On retrouve d’ailleurs les mêmes éléments que dans The Tree of life: cette même ouverture sur le ciel, largement symbolique, la même texture d’image (toujours dirigée par le grand maitre du moment, Emmanuel Lubezki), et puis évidement les voix off, si chères au cinéaste. Autant d’éléments qui conduisent vers une ambiance similaire à sa palme d’Or de 2011, mais qui laisse un goût définitivement autre car plus nocturne, plus urbain, plus toxique dans un sens. Une agitation dans laquelle la perle serait une solution, ou du moins un moyen d’élévation; c’est toujours avec ce discours biblique en filigrane que Malick guide son personnage et son audience. Une démarche qui curieusement n’oppresse pas, puisque c’est toujours vers la libération que l’intrigue nous mène. C’est dans cette expérience du rien et du tout que nous sommes plongés, balancés par sa caméra qui ondule toujours autant, qui ne s’arrête jamais. Car si il y a quelque chose de sacré chez le Texan, il se trouve dans le mouvement et dans la continuité des choses, dans son obsession du devoir vivre. Rick côtoie un entourage venimeux, entretient des relations compliquées avec les membres de sa famille, et pire encore ne trouve pas l’amour. Alors face à ce tableau sinistre, Terrence Malick propose de partir à la recherche de cette perle, mais sans doute que cette recherche est déjà la perle.

Le film, Knight of Cups peut paraître brumeux malgré l’extrême clarté des plans larges, et la lévitation des plans serrés; tout comme le bilan final qui peut en être tiré. Au dessus de l’universalité des sujets traités, c’est toujours l’intime qui triomphe et Terrence Malick s’amuse de ces oppositions, comme il s’amuse sans doute à nous faire dire j’aime/j’aime pas à la fin de ses films. Et peu importe le camps qui nous a choisi à la fin de son œuvre, on salut toujours le fait d’avoir été scotché ou dégouté.

Knight of Cups : Bande-annonce

Knight of Cups : Fiche technique

Réalisateur : Terrence Mallick
Scénario : Terrence Mallick
Interprétation : Christian Bale (Rick), Natalie Portman (Elizabeth), Cate Blanchett (Nancy), Wes Bentley (Barry), Brian Dennehy(Joseph), Antonio Banderas (Tonio)…
Photographie : Emmanuel Lubezki
Montage : Geoffrey Richman et Keith Fraase
Musique : Hanan Townshend
Directeur artistique : Ruth De Jong
Producteurs : Nicolas Gonda, Sarah Green, Ken Kao et Daniel Newman
Sociétés de production : Dogwood Films, Waypoint Entertainment
Distribution : Metropolitan FilmExport
Durée : 118 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 25 novembre 2015
Etats-Unis – 2015

 

Interview de Dan Schaffer, scénariste de Doghouse et The Scribbler

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Interviews Français et VO de Daniel Schaffer, auteur, scénariste de Doghouse et créateur de The Scribbler :

Dan Schaffer (Daniel de son prénom) est un illustrateur et auteur de Bandes-dessinées et de romans graphiques britannique connu depuis 2000 pour sa saga DogWitch. Quatre ans plus tard, dan-schaffer-author-the-scribblerdans ce qu’il nomme sa plus sérieuse phase artistique, il écrivait The Scribbler pour illustrer les dangers de la pensée mécanique dans un monde organique. En 2010, il travaille en tant que scénariste pour le film Doghouse, réalisé par Jake West (Razor Blade Smile) et en 2014, Dan Schaffer écrit le scénario du film à succès The Scribbler, réalisé par John Suits. Rencontre avec cet auteur Visionnaire. (Daniel Schaffer is an english illustrator and author of comic stories known for the series Dogwitch since 2000. Four years later came what Schaffer considers to be a more serious phase in his artistic direction with The Scribbler meant to illustrate the dangers of mechanical thinking in an organic world. In 2010, he worked as screenwriter on the movie Doghouse directed by Jake West and in 2014, Dan Schaffer wrote the script of the successful The Scribbler directed by John Suits.) 

The Scribbler : « un truc astucieux et sympa »

Cineseries-Mag : The Scribbler a été adapté au cinéma et vous avez travaillé sur le film en tant que scénariste. C’est fantastique de voir vos personnages prendre vie ! Espériez-vous cela pour votre roman ? Cineseries-Mag : The Scribbler had been adapted for the cinema and you worked on the movies as scriptwriter. It’s fantastic to see your characters come to life ! Did you wish this for your book ?

Dan Schaffer : C’était formidable que cela arrive mais ce n’était pas vraiment le plan. Je ne travaillais pas sur un film en parallèle lorsque j’ai écrit The Scribbler et donc séduire le plus grand public n’a jamais été une priorité. Ce grand film de super-héros ne s’est pas profilé antérieurement et donc, le roman graphique est sorti dans un espace culturel complètement différent. C’est (le film, ndlr.) assez abstrait par moment, il y a plus de psychologie, c’est davantage une allégorie horrifique qu’une histoire de super héros. C’est ce que j’appelle une « histoire réticente de super-héros » ; tous les éléments du super-héros sont présent mais ils sont tous contrariés ou détournés d’une certaine façon. John (le réalisateur) a apporté ces éléments en première ligne pour le film avec mon accord, et j’adore sa version du film. Je lui ai donné un scénario qui était compliqué, difficile à tourner et pas particulièrement vendeur et il a réussi à en faire un truc astucieux et sympa.
Dan Schaffer : It was nice when it happened but it was never really the plan. I wasn’t working in film back when I wrote The Scribbler so appealing to a mainstream film audience was never a priority. The big superhero film thing hadn’t happened back then either so the graphic novel came out of a completely different cultural space. It’s quite abstract in places, more of a psychological, metaphorical horror story than a superhero story. It’s what I call a « reluctant superhero story, » all the superhero motifs are there but they’re all turned on their heads or subverted in some way. John (the director) brought those elements to the forefront for the film which was fine with me, I love his film version. I gave him a script that was complicated, difficult to film and not particularly marketable and he managed to make something slick and cool out of it.

CSM : Dans le film The Scribbler, Katie Cassidy est un peu différente du personnage Suki du livre (elle est tout le temps en culotte par exemple) tandis que Michelle Trachtenberg et Garret Dillahunt ressemblent vraiment à Alice et Hogan. Avez-vous participé au casting et aux costumes du film ? In The Scribbler, Katie Cassidy is a little bit different from the character Suki (always in underwear for example…) while Michelle Trachtenberg and Garret Dillahunt really look like Alice and Hogan. Did you have any say in the casting and the costumes on the film ?

Dan Schaffer : John a tourné le film à Los Angeles alors que j’habite à Londres. Je n’ai donc pas été impliqué dans le tournage hormis quelques conversations avec les acteurs à propos de leurs personnages.
Je pense que Katie pimente le style de Suki. Elle est très Glamour et élégante d’habitude mais elle est capable de tout saccager à la perfection. Michelle était vraiment méconnaissable, mais elle a dû jouer à sa façon malgré ces cheveux hirsutes. Et je pense que Garret a
laissé pousser sa barbe pour le rôle et du coup il ressemblait vraiment au Hogan de la BD. Ce mec est sérieusement sous-évalué, il est pourtant l’un des meilleurs acteurs qui travaille à Hollywood. Je l’embaucherais pour tous mes films si je pouvais.
John shot the film in LA and I live in London so I wasn’t involved in the shoot apart from a few conversations with the actors about their characters. I think Katie rocked the Suki style. She’s so glamorous and stylish usually but she does « messed up » really well. Michelle was almost unrecognisable and had to act her way out from under all that hair, but she’s always brilliant. I think Garret grew his beard for the role so he’d look more like the comic book Hogan. That guy is seriously undervalued, he’s one of the best character actors working in Hollywood. I’d cast him in everything if I could.

Qu’en est-il de la machine qui brûle les personnalités siamoises ? Avez-vous aidé à la dessiner ? What about the Siamese Burn Module ? Did you help to design it ?

Seulement dans le fait que les designs du film sont basés sur les dessins
du roman graphique et dans les descriptions du script. L’équipe artistique du film a réalisé tout le boulot. Je pense qu’ils ont fait un travail remarquable. Mais des pauvres âmes ont dû passer des heures et des heures à écrire sur tous les murs (dans l’appartement de Suki, ndlr) !
Only in as much as the film’s designs are loosely based on the drawings in the graphic novel and descriptions in the script. The art department on the film handled all that stuff. I think they did a remarkable job. Some poor soul must have spent hours and hours scribbling over all those walls!

Dogwitch : « probablement mon meilleur scénario »

Le public a pu vous voir avec Jake West ( Doghouse) au Festival FrightFest Film de Londres il y a deux semaines. Est-ce qu’on doit s’attendre à un autre film ? The community could have seen you with Jake West (Director for Doghouse) at the London FrightFest Film Festival two weeks ago. Does that mean we can expect another movie ?

Jake est un très bon ami alors nous essayons de nous retrouver à chaque fois que nous le pouvons. Ce n’est pas toujours facile de synchroniser nos emplois du temps étant donné que Jake réalise beaucoup de documentaires et que je suis parfois fatigué par mon travail d’auteur de Bandes-dessinées. Mais nous avons toujours une tonne de projets sur le feu alors, sait-on jamais, l’un d’eux nous rassemblera peut-être un jour.
Jake’s a good friend of mine so we try to get together whenever we can. It’s not always easy to get our schedules to synchronise as Jake makes a lot of documentaries and I’m sometimes tied up with comic book work, but we’ve always got a couple of projects simmering away so, you never know, one of them might come together at some point.

Pensez-vous que nous pourrons voir votre célèbre personnage, Violet de Dogwitch à l’écran ?  Do you think we could see your famous comic character DogWitch on screen ?

C’est plutôt mal parti. J’ai écrit une adaptation scénaristique et ce doit être mon meilleur scénario, mais le film est tombé dans une fourchette de budget qui n’existe plus depuis l’effondrement du marché de l’industrie du film il y a quelques années. Le marché du DVD s’est effondré avant que celui du VOD ne s’étende assez pour combler les lacunes et il en résulte que plus personne ne fait de film à budget médium car ils ne peuvent pas garantir le retour financier qui couvrirait le coût de la production. Ainsi, soit ils ne produisent que des blockbusters à gros budgets avec un budget marketing épique et une garantie d’audience, soit ils font des films à petits budgets. Il n’y a pas d’entre-deux. Il est donc peu probable que quiconque veuille mettre une centaine de millions de dollars dans Dogwitch. Le seul moyen de le produire serait de réécrire le scénario pour qu’il puisse être tourné modestement, ce que je pourrais faire mais je n’en ai pas le temps et, de toute façon, je ne suis pas sûr de vouloir compromettre l’histoire. Peut-être qu’un jour je le ferai, si quelqu’un me le propose, ou peut-être que le marché remontera et que les gens recommenceront à produire des budgets médiums. Je connais plein de gens qui veulent travailler sur Dogwitch et j’ai les réalisateurs idéals qui attendent. C’est juste une question de temps. Nous n’attendons plus que le lancement pour nous aligner.
It’s pretty unlikely. I’ve written a screenplay adaptation and it might be my best script, but the film falls into a budget range that hasn’t existed since the bottom fell out of the film industry a few years ago. The DVD market collapsed before the VOD market had expanded enough to fill the gap, and the result of that is nobody makes mid-budget films anymore because they can’t guarantee a financial return that will cover the cost of the production. So they only make mega budget blockbusters with an epic marketing budget and guaranteed audience or they make low budget films. There’s nothing in between. It’s unlikely that anyone would chuck a hundred million dollars at Dogwitch so the only way to get it made would be if I rewrote the script so that it could be filmed cheaply, which I could do but I haven’t had the time and I’m not sure how much I’d be willing to compromise the story anyway. Maybe one day I’ll do it if someone asks for it, or perhaps the market will swing back and people will start making mid-budget films again. I know a lot of people who want to work on a Dogwitch film and I’ve got the perfect directors lined up, it’s just all about the timing. We need the stars to align.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? J’ai entendu parlé de The Turn et de The Godless mais ces films ne sont pas arrivés en France. What are you working on at the moment ? I’ve heard about The Turn and The Godless but this movies are not screening in France.

Il ne faut pas donner trop d’importance à ce qui est dit sur IMDB, ce n’est pas tout-à-fait exact. En fait, je travaille de nouveau sur des comics depuis l’année dernière. J’ai un roman graphique édité par 1First Comics dont la sortie devrait être annoncée bientôt de façon officielle. Je travaille aussi sur une autre série de bandes-dessinées avec un autre artiste et je viens de commencer à dessiner un nouveau roman graphique que je devrais avoir fini l’année prochaine. J’essaye aussi de faire publier un roman mais ça s’avère difficile car il est complètement et absolument impubliable ! Et au milieu de tout cela, j’ai vendu trois scénarios supplémentaires donc, avec un peu de chance, l’un d’eux devrait entrer en production cette année.
I wouldn’t pay too much attention to what it says on the IMDB, it’s not very accurate. I’ve actually been working back in comics for the last year. I’ve got a graphic novel coming out from 1First Comics that should be announced officially sometime soon. I’m also working on another comic series with another artist and I just started drawing a new graphic novel which I should finish sometime next year. I’m also trying to get a novel published but that’s proving difficult as it’s so completely and utterly unpublishable! In between all that I sold three more screenplays so, hopefully, at least one of those will get into production this year.

Alors finalement, Dan Schaffer : auteur ou scénariste ?  Then, Dan Schaffer : Author or Screenwriter ?

Tout cela et rien à la fois, j’imagine. Je ne sais pas vraiment ce que je suis. Je me lève juste chaque jour et j’improvise.
All and none of the above, I guess. I don’t know what I am, I just wake up everyday and wing it.

Dan Schaffer, conseils aux jeunes scénaristes : « envoyez chier les règles » !

Merci beaucoup pour cet entretien ! Avez-vous quelques derniers conseils pour les jeunes scénaristes ? Thanks a lot for this “interview” ! Do you have some advices for every young scriptwriters ?

Merci de m’avoir interviewé. J’ai deux portions de conseils pour les jeunes scénaristes.
Premièrement, envoyez chier les règles et faites quelque chose de frais, votre propre voix est quelque chose d’unique et de valeur, ne les laissez pas l’étouffer. Soyez intéressant, prenez des risques. Les fameux « Trois actes » permettent de structurer un travail mais vous pouvez les ignorer, le schéma narratif est une ancienne théorie machiste basée sur la culture de la compétition et de la coopération, ça fonctionne parce que le théâtre met en scène des conflits et que c’est un monde d’hommes. Trouvez un meilleur moyen de le faire, créez davantage de rôles principaux féminins, y compris des personnages Lesbiens, Gay, Bi ou transexuels (LGBT) dans des postures primordiales, et pas des rôles tertiaires et pathétiques, faites-en un personnage complexe et important voire principal. Ne soyez pas excessif mais faites au moins effort pour passer le Bechdel Test (test visant à démontrer que les œuvres scénarisées sont centrées sur les personnages masculins, ndlr.), lisez de la littérature féministe et apprenez comment et pourquoi le monde du film est un véritable « Festival de la Saucisse » puis faites quelque chose pour changer ça. Et, le plus important, écrivez ce qui vous intéresse, ayez un sujet, un point de vue, donnez une raison d’exister à l’histoire au-delà de faire du fric pour un producteur.
Deuxièmement, ignorez tout ce que je viens de dire ou vous risquez de ne pas avoir de carrière. Faites en fonction de ce qu’on vous dit, écrivez ce qu’ils veulent que vous écrivez, suivez les règles, lisez « Save The Cat » (livre de Blake Snyder sur l’écriture d’un scénario, ndlr.), assurez-vous que votre élément déclencheur intervient entre la page 10 et la page 12, mettez les fins d’actes au bon endroit et surtout, assurez-vous que vos cinq pages d’ouverture ont une accroche génial sinon le lecteur ne prendra jamais le script. Votre première audience sera l’assistant de l’assistant de l’assistant du producteur. Vous devrez franchir tous les obstacles pour amener votre scénario en haut de la chaîne, vers le feu vert. Cela peut prendre un long moment, parfois quelques années, ça peut mettre à mal votre patience et aspirer tous les espoirs de votre âme mais, quelle que soit la voie que vous choisirez, ne baissez pas les bras. Et ne travaillez pas gratuitement petit salopiauds ! Ce n’est pas étique et cela rabaisse la valeur de chacun d’entre nous.
Thanks for interviewing me. I have two opposing pieces of advice for young scriptwriters. Firstly, fuck the rules and do something fresh, your own voice is unique and worth something, don’t let it get assimilated, be interesting, take risks, the three act structure works but you can subvert it, it doesn’t always have to be the « hero’s journey », the hero’s journey is an ancient male construct based on a culture of competition over cooperation, it works because drama is all about conflict and it’s a man’s world, but find a better way to do it, write more female leads, include positive LGBT characters in all mainstream work, and not as a tertiary-one-trick-joke but as a complex major character or a lead, don’t be exploitative, make at least some kind of effort to pass the Bechdel-Wallace test, read feminist literature and learn how and why the film world is a sausage fest and then do something to change it. Most importantly, write like you care, have a theme, a point of view, a reason for the story to exist beyond making money for a producer. Secondly, ignore everything I just said or you won’t have a career. Do as your told, write what they want you to write, follow the rules, read Save the Cat, make sure your inciting incident is between pages ten and twelve, put the act breaks in the right place and, most of all, make sure your opening five pages have an awesome hook or the script reader will never get past them. Your first audience is the producer’s assistant’s assistant’s assistant. You have to jump through all the necessary hoops to get your script up the chain toward the green light. This can take a long time, sometimes years, it can challenge your patience and suck all the hope out of your living soul but, whichever way you decide to play it, don’t give up. And don’t work for free you little bastards, it’s unethical and it lowers the value of all of us.

Festival de Deauville: Janis Joplin, sa vie racontée au cinéma dans un documentaire

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Festival de Deauville épisode 5: Malick, babysitting, et rock star

En attendant la projection en avant première de Knight of Cups nous avons quitté les sentiers de la compétition afin de vivre l’hommage rendu à Terrence Malick, et la meilleur façon de le faire c’était sans doute d’aller applaudir The Tree of life dans la salle du casino de Deauville. Quoi de mieux qu’un cinéma déserté pour apprécier l’œuvre mystérieuse et solaire du cinéaste Texan ? Car c’est devant des travées vides, ou presque, que l’orchestre a joué, faisant de la salle une nef au parfum sacré et mystique. Un film d’une puissance et d’une beauté rare qui joue avec le micro et la macro, l’ancien et le contemporain, avec une texture inédite. Incontournable.

Alors évidement Mr Malick ne posera sans doute jamais le pied à Deauville. Il ne l’avait même pas fait à Cannes pour sa palme d’Or (2011), l’homme ne s’exprime pas ou peu, mais sa brève filmographie dis tellement, que l’hommage s’impose naturellement. Hier c’était Citizen Kane qui était proposé au CID de Deauville, longtemps auréolé du titre du « meilleur film de tous les temps », l’œuvre majeure d’Orson Welles en version restaurée annonçait à merveille l’oeuvre majeure de Terrence Mallick. Deux monuments, deux films incomparables si ce n’est dans leur puissances et leurs quêtes insatiables de l’amour. Des hommages qui font offices électrochocs face à une sélection qui peine à nous convaincre, malgré les très bonnes prestations  de Chloé Zhao (les chansons que mes frères m’ont apprises) et Sean Baker (Tangerine).

Emelie

10ème film en compétition et premier long métrage du réalisateur Michael Thelin, Emelie nous plonge dans une soirée qui tourne au désastre suite à l’engagement un peu hasardeux d’une babysitteuse. Le réalisateur nous lâche en conférence que son objectif premier était de nous faire très peur. Objectif atteint partiellement. Il s’inspire d’une histoire d’enfance à laquelle il a combiné plusieurs fait-divers, en naitra une intrigue diabolique qui effraiera quiconque laisse ses enfants dans les mains d’une inconnue. Mise à part une tension réelle, et quelques sursauts, ce premier film se cantonne dans son genre, et n’apporte pas grands choses de nouveaux. A noter que le film aurait pu tomber dans une comédie très cynique, très noire, mais le cinéaste reste dans les rails du thriller. Un résultat honnête, mais pas dans la course au titre.

Janis

Pour conclure aujourd’hui,  dans le cadre des documentaires de l’oncle Sam: Où l’on parle de Lumet, McQueen, Hitchcock, Truffaut, Welles;  et donc beaucoup de cinéma, il y avait en cette fin d’après midi, une projection sur chanteuse: Janis Joplin. Et les profils mythiques de ces années là font souvent de bons documentaire, on pense à Sixto Rodriguez ou Jimi Hendrix. Celui ci ne déroge pas à la règle, Amy Berg délivre un excellent documentaire sur la première femme rock star de son temps. Entre son mal être de jeunesse, ses déboires avec la drogue, sa voix inimitable, la réalisatrice retrace la vie mouvementée de cette jeune femme plein d’idéaux. Le tout évidemment recouvert de ses plus belles chansons, un atout non négligeable.

True Detective Saison 2, Série de Nic Pizzolatto : Critique

Fort du succès quasiment unanime de la première saison de True Detective, aussi bien sur les critiques élogieuses et les très bonnes audiences, il était clair que HBO et Nic Pizzolatto n’allaient pas en rester là. Étant une anthologie, il fallait prendre avec cette deuxième saison un nouveau départ.

Avec un nouveau casting, une nouvelle intrigue et de nouvelles ambitions. Pour autant l’ensemble reste une série donc elle se devait aussi de garder une cohérence avec la saison 1 sans pour autant en être dans la redite. En offrant donc une nouvelle atmosphère tout en gardant le sel de l’ancienne. C’est d’ailleurs le principal problème des anthologies, l’inégalité entre les histoires et les saisons car parfois les attentes sont trop élevées. Ce qui généralement engendre la déception face à un public exigeant qui cherche le frisson de la première histoire tout en étant fasse à quelque chose de nouveau.

Il est donc très vite clair que l’errance et les défauts de cette saison, car il y en a beaucoup, ne sont pas les seules raisons de son échec critique. Mais le public, éternel insatisfait, est aussi en grande partie responsable car il était évident que cette saison ne serait pas aussi fascinante et maîtrisée que la première. Il fallait s’y attendre et être préparé pour pleinement profiter des belles pépites que Pizzolatto nous a encore offert même si celles-ci sont moins évidentes au premier coup d’œil. Tout le monde l’attendait au tournant en raison de son succès et rares sont ceux à avoir offert une chance à cette saison. Il faut dire que narrativement celle-ci possède de nombreux problèmes. Elle met beaucoup de temps à se lancer, le premier épisode étant assez bancal dans l’introduction de son univers ainsi que dans l’exposition de ses personnages. Dans la première saison, en 15 minutes, tout était dit, on était happé dans un univers fascinant qui n’allait plus nous lâcher. A présent, il faut attendre toute la première heure avant que l’intrigue ne commence vraiment, l’introduction n’étant qu’une présentation caricaturale des personnages, de leurs démons et de leurs histoires.

Ensuite, ça s’améliore drastiquement avec un second épisode qui semble prendre des décisions couillues, même si cela est immédiatement déconstruit dans un troisième épisode qui reprend le chemin peu intéressant du classicisme. Le problème étant que Pizzolatto suit le cheminement de la première saison, il reprend les mêmes codes, ceux que les gens attendaient tombant parfois dans la facilité comme avec l’explosion finale de l’épisode 4 pour nous renvoyer à celle de l’épisode 4 de la saison précédente. Sauf que la scène à bien du mal à se justifier sur le plan narratif, faisant office de diversion et semblant au final très gratuite. Comme pour l’histoire précédente, l’épisode 5 joue la carte de l’ellipse évitant toute notion de développement psychologique ainsi que les traumatismes qui auraient pu en découler. Puis, arrive la carte de la facilité au sein de cet épisode répétitif et lourd qui plonge régulièrement dans la prévisibilité. Celui-ci est de loin le moins bon de la saison. Les trois derniers sont bien plus aboutis, même si l’épisode 6 possède quelques problèmes liés au passif d’un des personnages. Néanmoins l’intrigue autour du meurtre et de la conspiration décolle vraiment après avoir été qu’une diversion pendant la majeure partie de la saison. D’ailleurs ça n’a jamais été le fort de T.D., l’intrigue était toujours au second plan, au profit des personnages et ici on ne déroge pas à la règle. La finalité de celle-ci et sa résolution se révélant assez simple et attendue, surtout si on est familiarisé avec les écrits de James Ellroy, dont s’inspire le showrunner.

L’intérêt viendra des personnages, mais ceux-ci, étant plus nombreux que dans la première saison, sont inégalement traités. Seuls deux sortiront vraiment du lot à savoir Ray Velcoro (Colin Farrell) et Frank Semyon (Vince Vaughn) qui arrivent à sortir de leurs stéréotypes pour avoir une profondeur plus intéressante, même s’ils sont tous deux obsédés par des histoires familiales qui tournent très vite en rond et peine à captiver. Tandis que Paul Woodrugh (Taylor Kitsch) et Ani Bezzerrides (Rachel McAdams) mettent énormément de temps à devenir pertinents et sont très caricaturaux. Lui n’étant que brillant dans l’action, ses démons étant peu intéressants et mal gérés surtout sur la fin. Tandis que pour elle son histoire se révèle être anecdotique même si elle prend sens dans l’aspect symbolique de la saison. Les personnages sont donc moins attachants que ceux de la première saison étant moins charismatiques pour la plupart mais aussi construit avec beaucoup de défauts d’écritures. Ils ne seront pas aidés par les dialogues parfois bien trop sur-écrits tombant parfois dans le ridicule et l’auto-parodie involontaire. C’est un autre défaut de cette histoire, celui de se prendre trop au sérieux en ne disposant pas de petites touches d’humours comme on avait pu en voir en saison 1. En dépit de leurs défauts, tout les personnages sont campés par d’excellents acteurs, même si Rachel McAdams manque parfois de substance au début et que Taylor Kitsch est sous exploité malgré le fait qu’il se révèle très intense. Par contre Vince Vaughn crée la surprise dans un rôle sérieux et complexe, il se montre impérial et très juste dans chaque aspects de son personnage, tandis que la saison est dominée par un excellent Colin Farrell qui se montre généralement brillant dans ce rôle de looser magnifique et dépressif. Les autres acteurs ne sont pas en reste et offrent de très bonnes prestations avec, en tête, la solaire Kelly Reilly.

Mais tout compte fait, en plus des erreurs d’écritures, le plus dérangeant dans cette saison est sa mise en scène. Voulant prendre plusieurs réalisateurs pour une même saison, il manque la patte artistique d’un cinéaste pour venir contrebalancer le style parfois excessif de Pizzolatto. Dans la saison 1, il y avait un juste milieu entre les délires narratifs et la virtuosité de la mise en scène. Cary Joji Fukunaga avait réussi à apporter son propre style en créant une atmosphère unique, palpable et passionnante. Pour cette nouvelle enquête, avoir William Friedkin aux commandes aurait été idéal. Son style nihiliste et viscéral se serait marié à merveille avec la série, car ici la réalisation se montre au mieux, peu inspirée et au pire totalement insignifiante voire ratée. Justin Lin, qui s’occupe des 2 premiers épisode, montre une nouvelle facette de son travail, prouvant qu’il peut être un metteur en scène posé. Mais il brille surtout par son manque d’idées et offre un travail générique, malgré une très belle photographie, qui sera le point fort du show sur ce point. Après certains réalisateurs arrivent à tirer de très bonnes choses du script , Janus Metz arrive à créer quelques images fortes, très lynchienne dans l’épisode 3, la fusillade de l’épisode 4 est plutôt bien troussée même si relativement classique tandis que le montage final de l’épisode 7 se montre bien pensé et fait tomber l’histoire dans une allégorie justifiée et une poésie macabre. Sinon, l’épisode 8 possède de très beaux moments, notamment dans les derniers instants où la saison très urbaine cède le terrain à la nature qui reprend ses droits. Cela offre une très belle symbolique et apporte un certain sens à la saison. D’ailleurs, celle-ci à une certaine tendance à répéter certains lieux et certaines scènes, même si cela peut devenir agaçant, c’est plutôt astucieux dans ce que Pizzolatto veut nous raconter. Et bien évidemment la saison possède aussi des plages musicales enivrantes et diablement bien employées, surtout les scènes avec la chanteuse Lera Lynn dans le bar.

Avant de conclure et de poser un bilan, il est important de se pencher sur ce que le créateur voulait vraiment accomplir ici. Ce sera donc une zone spoilers que vous devrez passer si vous n’avez pas vu la série. Que raconte donc cette deuxième saison de True Detective ? Et bien c’est tout simplement une mise en application des théories de Rust Cohle de la première saison. Le temps qui forme une boucle infinie et qui se répète, d’où la répétition des mêmes scènes encore et encore, que ce soient les scènes dans le bar ou les scènes intimes des personnages qui jouent toujours sur le même sujet et les mêmes dialogues. Pour Ray, la garde de son fils et pour Frank, les problèmes avec sa femme de concevoir. Ces freins s’étendent encore au-delà. Il en va ainsi également pour les problèmes d’Ani avec sa sexualité débridée ou encore l’homosexualité refoulée de Paul. Parfois, on à l’impression que certaines scènes se ressemblent mais c’est entièrement voulu. On retrouve le discours sur la futilité de Rust, les personnages étant bloqués dans un rêve, vivant sans arrêt les mêmes événements. Leurs destins sont scellés d’avance. Ceci est bien souligné par le rêve prémonitoire de Ray au début de l’épisode 3. Au final, c’est une histoire sur « être une personne », comme disait Rust, au sein d’un monde à la dérive, corrompu et donc dérisoire. L’errance prend ainsi une part capitale. Le bar prend d’ailleurs la forme d’un purgatoire, des limbes et la saison est très empreinte de la mythologie grec. Comme pour la saison 1 qui était l’Odyssée de Rust Cohle, ici on est face à une tragédie avec la représentation allégorique des cercles de l’enfer, présente dans la Divine Comédie de Dante. Cette histoire est donc avant tout mythologique, comme pour la saison 1 c’est la plus vieille des histoires, le bien contre le mal. Comme le précise un des personnages, il s’agit du monde que l’on mérite, et certains ici ne le méritaient pas. Non pas parce qu’ils sont mauvais mais parce qu’ils aspirent à mieux. En cela, certains personnages accepteront leurs conditions, leurs natures et ainsi trouveront une place dans ce monde, comme pour Bezzerides qui continue son errance, qui au final disparaît dans la foule, anonyme, avec son enfant continuant à jouer cette triste comédie alors que les personnages masculins ont succombé à toute cette histoire, car ils refusaient leurs natures et voulaient plus, en fuyant leurs passés et ce qu’ils sont. Frank agit par orgueil, voulant avoir plus que les autres et c’est ce qui cause sa perte, Ray par colère et par amour volant faire face aux injustices et être un bon père ou encore Paul qui par honte de sa sexualité s’est construit un monde de frustration où il cherche un semblant de « normalité ». Ils trouveront une forme de salut par leurs morts et symbolisent tout ce que la saison voulait nous dire, nous ne sommes pas plus fort que la fatalité et qu’au final « rien n’est jamais vraiment fini », le combat étant sans fin et nous dépasse. La saison se montre donc symboliquement très forte et Pizzolatto garde une cohérence absolue sur sa série, le tout étant magistralement pensé et les saisons se répondant à merveille. Comme avec la thématique du père, chacun des personnages ne peuvent être de bons pères, soit par des mensonges (Paul), soit par des frustrations (Ray) ou soit par l’incapacité de concevoir (Frank). Rust et Marty reflétaient aussi ça et ici tout prend encore plus de sens. Cette incapacité à être des pères en raison de l’incommunicabilité, Ray ne pouvant envoyer à son fils son dernier message. Comment être pères alors qu’il est difficile d’être responsable de soi-même ? Au final True Detective raconte une histoire simple et universelle, elle parle en vérité d’hommes et de transmissions.

En conclusion, cette deuxième saison de True Detective se révèle être des plus réussie. Même si elle possède énormément de défauts sur sa narration et sur sa forme, elle fait preuve d’un certain savoir-faire. Mais il est juste dommage qu’il faille beaucoup trop se référer à la première saison pour pleinement la saisir. Nic Pizzolatto reste très clairement un homme intelligent et qui sait où il va même si cela tend à un certain autisme dans l’écriture qui se fait au détriment du spectateur. Il est donc peut être difficile d’entrer dans la saison, surtout au début assez laborieux mais après ça, la série offre de très beaux moments de télévision à la symbolique forte et imparable. Cette donc une saison très autistique et bien plus complexe que la première pêchant souvent par excès de zèle et manquant cruellement de la vision d’un cinéaste fort pour contrebalancer la personnalité imposante du showrunner. Néanmoins l’ensemble se montre cohérent, intelligemment écrit et brillamment interprétés, ce qui est déjà pas mal. Surtout que True Detective garde son statut de très bonne série et se paye le luxe d’être encore une des séries la plus intéressantes du moment.

The World We Deserve

True Detective Saison 2 : Extrait

Synopsis : Dans la ville fictive de Vinci, près de Los Angeles, un homme d’affaires, Ben Caspere, est retrouvé mort sur une aire d’autoroute, le corps mutilé. L’État réunit alors une unité spéciale pour enquêter sur les circonstances de sa mort : Ray Velcoro, un policier corrompu au service d’un mafieux local, Frank Semyon, cherchant à se repentir mais ayant perdu tout son argent avec la mort de Caspere, Antigone « Ani » Bezzerides, une femme policier hantée par son passé, et Paul Woodrugh, un policier à moto, vétéran de guerre pris dans un scandale sexuel. Les quatre personnes vont découvrir peu à peu l’ampleur de l’affaire, mêlant politiciens véreux, policiers corrompus et cartels autour d’un projet de voie ferroviaire traversant toute la Californie.

Fiche Technique : True Detective Saison 2

Scénario : Nic Pizzolatto
Réalisation : Justin Lin
Colin Farrell : Ray Velcoro, Vince Vaughn : Frank Semyon, Rachel McAdams : Antigone « Ani » Bezzerides, Taylor Kitsch : Paul Woodrugh, Kelly Reilly : Jordan Semyon, Michael Irby : le détective Elvis Ilinca, Abigail Spencer : Alicia, Leven Rambin : Sophia, Lolita Davidovich : Nancy Simpson, James Frain : Jeff Hunt, Riley Smith (en) : Steve Mercie, Adria Arjona (en) : Emily, Michael Hyatt (en) : Katherine Davis, Yara Martinez (en) : Andrea, Christian Campbell : Richard Brune, Jon Lindstrom (en) : Glenn Ellinger, Emily Rios : Gabby Behenna, Ronnie Gene Blevins (en) : Stan, Timothy V. Murphy (en) : Osip Agranov, Afemo Omilami : le chef de la police Holloway, Chris Kerson : Nails, C. S. Lee : Richard Geldof, Rick Springfield : Dr Pitlor, Ashley Hinshaw : Lacey Lindel, W. Earl Brown : le détective Teague Dixon, David Morse : Eliot Bezzerides

Critique True Detective Saison 1

La vanité, un film de Lionel Baier : critique

Une scène, cocasse à plusieurs titres, résume assez bien l’esprit de la Vanité, le nouveau film du suisse Lionel Baier, qui nous a servi dans un passé très récent une comédie assez loufoque avec ses Grandes Ondes (à l’Ouest).

La vie et rien d’autre

Vers la fin du film, Konstantin Treplev, l’un des personnages au doux patronyme tchékovien (éclatant premier rôle pour l’helvéto-bulgare Ivan Georgiev), est un prostitué qui reçoit à grand bruit ses clients dans l’une ou l’autre des chambres de ce motel proche de Lausanne, un jeune russe friand de métaphores approximatives (il est doux comme un mouton, vous êtes en train de vous vider comme une oie,…). Sans doute pour tuer le temps entre deux rendez-vous, il a appris à connaître par cœur les mauvaises copies des tableaux accrochés au mur : ici, les Ambassadeurs de Hans Holbein. Accroupi par terre derrière David Miller, le personnage principal, il montre à ce dernier le mystère de « la vanité » en anamorphose cachée dans le tableau. La position, les dialogues, les circonstances dans lesquelles se déroule la scène, tout est drôle. Du non-sens distillé à petites doses toutefois, et qui prend presque à chaque fois le spectateur comme par surprise.

Car le film commence de manière assez grave. David Miller donc (Patrick Lapp, parfait dans ce rôle d’un personnage pince-sans-rire et flegmatique), un élégant senior que l’on découvre à la réception d’un motel miteux bâti dans les années 70, sur le modèle des constructions de la Route 66. David et sa femme défunte, architectes tous les deux, ont construit ce motel où, très vite, des indices nous montrent que David est revenu pour participer une « procédure » de suicide assisté : rasé de près, propre comme un billet neuf aurait dit son jeune voisin, David jette tout à la poubelle : produits de toilette, rasoir, brosse à dents…Un terrible voyage sans retour prend forme sous nos yeux. David attend Espe(ranza), une senior elle aussi, interprétée avec beaucoup de sensibilité par Carmen Maura. C’est elle qui sera à la manœuvre si on ose dire, assistée de Treplev, enrôlé presque de force comme témoin, une obligation légale dans cette mort programmée. Rien évidemment ne se passera comme prévu.

Le dispositif de la Vanité est à l’opposé de celui des grandes Ondes : les 3 acteurs sont enfermés dans une chambre pendant presque toute la durée du film, dans une mise en scène assez théâtralisée ; alors que dans son précédent film, les protagonistes prenaient la route à bord d’une pittoresque combi VW jusqu’au Portugal. Le réalisateur opte pour un traitement plus ramassé, sans jamais étouffer ni son film, ni ses personnages, ni par conséquent ses spectateurs. Le rire qu’il provoque, essentiellement par son sens aigu des dialogues, efface cette sensation de huis-clos qui aurait pu s’installer, d’autant plus que ce huis-clos est ponctué de petites respirations (des « pauses clope » dans la neige, source de petites saynètes supplémentaires), permettant même un caméo de Lionel Baier, qui apparaît brièvement comme l’un des clients de Treplev.

Le choix de suivre ces 3 personnages est une bonne idée de la part du cinéaste : il apporte trois fois plus de sel à l’histoire, en la parsemant de petites bribes de leurs propres vies, de petites touches légères, des confidences qui caractérisent les protagonistes sans jamais alourdir l’ensemble.

Même si la Vanité est assez prévisible, avec des ficelles assez voyantes, le traitement de Lionel Baier en fait un film très plaisant à regarder, plein de références amusantes : Tchékov et sa Mouette, Hitchcock et sa douche… Une vraie émotion circule entre les trois personnages, puis par ricochet vers le spectateur. Aucun sentimentalisme cependant dans la Vanité, seulement l’humanité au travers de son instinct de survie, de son instinct grégaire, de son trop-plein d’amour qui ne demande qu’à se fixer à gauche et à droite. Un film qui réussit à faire oublier la maladie de david Muller pour ne laisser apparaître que leur contentement d’être ensemble et d’être en vie. Une anti-vanité, en quelque sorte.

Synopsis: David Miller veut en finir avec sa vie. Ce vieil architecte malade met toutes les chances de son côté en ayant recours à une association d’aide au suicide. Mais Espe, l’accompagnatrice, ne semble pas très au fait de la procédure alors que David Miller tente par tous les moyens de convaincre Tréplev, le prostitué russe de la chambre d’à côté, d’être le témoin de son dernier souffle, comme la loi l’exige en Suisse. Le temps d’une nuit, tous trois vont découvrir que le goût des autres et peut-être même l’amour sont des sentiments drôlement tenaces…

La vanité : Bande annonce

La vanité : Fiche technique

Titre original : –
Date de sortie : 02 Septembre 2015
Réalisateur : Lionel Baier
Nationalité : Suisse, France
Genre : Comédie dramatique
Année : 2015
Durée : 75 min.
Scénario : Lionel Baier, Julien Bouissoux
Interprétation : Patrick Lapp (David Miller), Carmen Maura (Esperanza), Ivan Georgiev (Konstantin Treplev)
Musique : –
Photographie : Patrick Lindenmaier
Montage : Jean-Christophe Hym
Producteur :Estelle Fialon, Frédéric Mermoud, Agnieszka Ramu, coproducteurs : Yaël Fogiel, Laetitia Gonzalez
Maisons de production : Bande a Part, Les Films du Poisson, Radio Télévision Suisse (RTS), SRG SSR idée suisse
Distribution (France) : Happiness distribution
Récompenses : –
Budget : NR

Festival de Deauville : Dixieland de Hank Bedford

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Festival de Deauville épisode 4: Thug life et punk rock

Dixieland de Hank Bedford

Premier film de cette 4ème journée de compétition: Dixieland de Hank Bedford, a sans doute reçu l’accueil le plus chaleureux de la part du public depuis le début du festival. Un retour compréhensible, légitimé par la force du sujet et la tendresse des images de Bedford, car le réalisateur délivre un premier film assez poignant avec pour toile de fond la jeunesse délinquante du deep south de l’Amérique. Un projet très modeste, tourné en moins de 3 semaines, et qui rejoint le corpus désenchanteur que nous propose le festival de Deauville depuis 3 jours. Après avoir démystifié Los Angeles (Tangerine), la figure du shérif (Cop Car), exposé crûment la vie des indiens d’Amérique (Les chansons que mes frères m’ont apprises); attaqué de pleine face le tout Hollywood (Day out of days) et la classe aisée des Etats-Unis (I smile back), la sélection continue de casser les mythes, mais cette fois avec une vision bienveillante.

Lorsque Kermit, joué par Chris Zylka (The Leftovers), sort de prison après un séjour de « quelques années« , c’est en homme endurcit que retrouve sa mère, mais surtout bien décidé à ne pas replonger dans son business, s’interdisant tout nouveau séjour derrière les barreaux. Dans cette optique de réinsertion, il continue pourtant de traîner avec ses vieux potes dont CJ, interprété par R.J. Mitte (Breaking Bad), et de fréquenter les clubs malfamés. Il y fera d’ailleurs une rencontre salutaire, une danseuse qui habite dans le mobile-home voisin, une femme longiligne qui sied parfaitement à son corps sculptural parsemé de tatouages. Une femme dont la mère est malade et qui ne peut pas payer les factures… Or Kermit sait où trouver l’argent; saura t-il trouver la force de rester sur le droit chemin ?

Vous pouvez retrouver les deux acteurs aux côtés du réalisateur et sous le micro du journaliste d’Indiwire, Nigel Smith, qui discutent sur l’importance du silence durant le tournage qui contribue au naturalisme du film. >>>


Green Room de Jeremy Saulnier

Pour ce deuxième film en compétition aujourd’hui, les enfants de moins de 16 ans étaient priés de ne pas assister à la séance. On le comprends mieux lorsque l’on sort de la salle… Le cinéaste Jeremy Saulnier, avec son troisième long métrage n’a pas peur de faire gicler le son et de briser les os. En piégeant un groupe de punk rock dans un concert organisé par un groupuscule de néonazies très flippant, le réalisateur crée une ambiance tout à fait adéquat pour son film d’horreur, dans lequel même le dialogue est devenu une arme de poing, mais qui effraie surtout grâce à ses images violentes… Un film sans grand intérêt ou peut-être pour voir Professeur Xavier aka Patrick Stewart dans un rôle à contre emploi. Malgré pourtant un premier accueil à Cannes chaleureux…

 

Festival de Deauville: Day out of days de Zoe Cassavetes, Tangerine de Sean Baker

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Festival de Deauville – Episode 3: Los Angeles, transsexuelles, et Iphone 5

Day out of days (Zoe R. Cassavetes – 2015)

Troisième jour de compétition à Deauville, Zoe Cassavetes nous emmène à L.A. dans une ville qui, selon ses mots, n’abrite plus beaucoup de vraies femmes. C’est avec une authenticité forte qu’elle dresse le portrait d’une actrice quarantenaire qui peine autant dans sa vie professionnelle que personnelle. La réalisatrice (fils des célèbres John et Gena Rowlands! oui oui) nous propose avec son second long métrage, une immersion assez profonde dans les méandres d’un Hollywood cruel. Une histoire incarnée merveilleusement par Alexia Landeau qui interprète une actrice, Mia Roarke. Le procédé danse avec une mise en abyme difficilement évitable, l’actrice l’avoue elle même, les frontières entre fiction(s) et réalité(s) sont poreuses. De cette introspection, il en sort une interrogation qui nous touche au cœur : « Sommes nous prisonniers(-ères) de nos choix ? ».

Zoe-cassavete-Day-out-of-days-alexia-landeau-conference-festival-deauville

Résonne à ce titre plusieurs influences dans l’histoire de Cassavetes, l’inévitable Sunset Boulevard de Billy Wilder, qui parmi les premiers, a traité des pièges du milieu, de ce vieillissement qui attend dans l’embuscade, de cet oubli quasi-fatal auquel bon nombre d’artistes sont confrontés. Sans oublier récemment, Sils Maria d’Olivier Assayas avec cette même intention de capter l’intériorité d’une actrice qui n’a d’autre choix que de trouver son salut dans sa maturation. L’américaine soigne son image, lui conférant une apparence presque clipesque (un petit air de Coppola), et elle s’attarde sur Mia, égérie d’une génération ballottée par son temps. Un temps qu’elle semble subir de plein fouet. Et pourtant elle refuse le botox, et persévère en continuant les auditions. Pour Alexia Landeau, ce projet concerne « le deuxième acte de la vie d’une femme« . Une femme, dont le métier l’a beaucoup exposé dans sa jeunesse. Le film s’ouvre d’ailleurs sur cette étoile montante. Elle vient de tourner un grand film et sort avec l’acteur principal. Ce à quoi elle répond à la question suivante : Quels sont vos rêves pour votre vie dans dix ans ? Et il est amusant de voir que lorsque la même question est posée en conférence de presse à l’actrice, c’est la même réponse qui nous est apportée. Les aspirations se ressemblent en effet, de même pour les obstacles, et Cassavetes (junior) cerne bien ce combat contre ses propres décisions. Qui ne s’est jamais posé la question en regardant en arrière « Et si ?« . Mais c’est bel et bien vers l’avenir que le film se tourne, vers le champ des possibles; car la fin est ouverte, une volonté de la réalisatrice, pour crier que ce n’est pas fini. Il reste des opportunités de carrière pour Mia, et il existe des alternatives d’expressions à la comédie. Une virée à la fois personnelle et universelle dans le monde d’Hollywood qui traverse le temps en laissant parfois ce qu’il crée, à quai.

Pour les plus curieux qui s’accommodent de la langue de Shakespeare >>> un entretien de la réalisatrice à l’occasion de sa participation au L.A. Film Festival 2015

Tangerine (Sean Baker – 2015)

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Los Angeles, L.A pour les intimes, était décidément à l’honneur aujourd’hui, puisque le jeune Sean Baker y plante également sa caméra pour son 5ème film. A vrai dire? il n’y plante que son Iphone (5S) puisqu’il y était contraint pour des raisons économiques. Sans a priori, le résultat est saisissant ! Le réalisateur nous explique que le petit rectangle d’Apple a permis d’installer une intimité avec les actrices qui tournaient pour la première fois, alors qu’une grosse caméra aurait sans doute dénaturer l’ambiance qu’il voulait instaurer. A savoir, un film très urbain, inscrit dans les années 2010, inscrit dans l’air du réseau social, de l’information en direct, de l’immédiateté. Il parvient à réellement saisir de ce Los Angeles invisible, caché, sous-terrain en y exposant ses rues, ses ruelles, ses bars, ses prostitués, ses caïds. Le film est une boule d’énergie, centré sur une journée d’une transsexuelle qui sort de prison et cherche à retrouver la fille avec laquelle son mec l’a trompé. Dynamique et coloré, Sean Baker nous en met plein les oreilles et finit en silence. Un silence qu’il aurait souhaité pour tout son métrage, nous confie-t-il, dès le début du projet, mais il finira par le bourrer de hip-hop dément et de classique vociférant en postproduction. Résultat: la copie finale est fougueuse et endiablée. Il nous immerge littéralement dans la vie quotidienne de ces prostitués transsexuelles.

En faisant exploser les couleurs (alors qu’il nous avoue avoir voulu naïvement les désaturer au début) dans ce Los Angeles à la veille de Noël, Baker place ses actrices dans un cadre quasi-surréaliste, mais dans un souci d’attraper la réalité, et de l’exposer à une Amérique de plus en plus transphobique. En jonglant avec la comédie et le drame, le cinéaste touche juste, et malgré quelques essoufflements, le film conclue avec force cette petite incursion dans un milieu où la misère côtoie la haine, dans ses rues sales où les filles s’entraident.

Rappel Articles sur le Festival de Deauville

Jour 1: Keenu Reeves

Jour 2: Orlando Bloom

Le transporteur : Héritage, un film de Camille Delamarre : Critique

Un parking, une Audi noire, une bande de voyous au Quotient Intellectuel de bulot et notre Transporteur qui, ni une ni deux, les met tous K.O, tel était le début du film Le Transporteur 2. C’est évidemment celui du reboot de la saga : Le Transporteur : Héritage. De quoi désappointer les fans qui avaient déjà vécu la scène en mieux avec le charismatique Jason Statham (Le Transporteur 1, 2 et 3).

Bolide, gonzesses et bastonnades 

Le Transporteur : Héritage offre au public des images impeccables et très bien cadrées ainsi que les performances de l’acteur principal surentraîné Ed Skrein et de sa doublure toulousaine Arnaud Péries. Le film montre aussi quelques scènes incontournables des films d’action. Des femmes-liannes enjôleuses, dangereuses et dénudées font partie du décor et, évidemment, le héros séduira rapidement la plus belle d’entre-elles. Quant aux cascades, en veux-tu en voilà, elles sont parfaitement mises au point par Michel Julienne qui avait travaillé sur Le Transporteur 3 et participe à la série Le Transporteur.

À ce propos, le réalisateur Camille Delamarre (réalisateur de Brick Mansions, monteur sur Le Transporteur 3) nous a confié quelques informations lors de la sortie nationale au cinéma EuropaCorp ce samedi:

« On travaille avec une équipe technique de professionnels comme l’équipe de Michel Julienne qui connaissent bien leur métier et effectivement on apprend à bourlinguer dans les grandes règles de sécurité parce qu’on roule dans des voitures à 180 Km/h et ça reste des cascades donc on protège tout le monde. Ed (Skrein), c’est quelqu’un qui était très motivé par ce rôle du Transporteur ; il s’est donné à fond et s’est entraîné plus que beaucoup. Il a passé des journées en salle d’entraînement à apprendre par cœur toutes les chorégraphies. Il tenait vraiment à faire tous ses combats lui-même. On avait des doublures pour prévoir une action plus particulière ou dangereuse mais en fait, c’était plus facile pour moi car j’avais un comédien qui voulait faire les combats tout seul, qui a donné tout ce qu’il avait sur le plateau et qu’on pouvait filmer de face. »

Un goût de trop-peu :

L’intrigue est somme toute assez banale : des prostituées veulent se venger de leur proxénète (thème utilisé dans The Seasoning House, Revanche ou de façon plus large dans Rosario et Taken). Peu de suspense et de tension pour un maximum de bagarres. Les scènes de poings n’en finissent pas, elles manquent un peu d’hémoglobine et ne sont qu’une pâle copie des combats du très viril Jason Statham.
Dans Le Transporteur : Héritage, deux passages sortent toutefois un peu de l’ordinaire : la scène de la voiture dans l’aéroport et celle de la bagarre avec des tiroirs. À contrario, lorsqu’il s’agit de dangers ou de blessure mortelle, la désillusion est grande comme pour la scène où l’une des filles, gravement blessée est sur ses deux jambes dès le lendemain, en pleine forme, prête à combattre. Pas très crédible donc.

Le spectateur aurait apprécié d’en voir plus notamment dans la scène où Ed Skrein se bagarre pendant que sa voiture roule…à 2 km/h à peine ! On se demande alors où est le danger et quel est l’intérêt d’une telle scène. Quel intérêt de voir les actrices s’exciter et piailler dans cette voiture qui avance à peine et d’entendre le héros leur dire d’une voix autoritaire : « Surtout, ne touchez à rien ! » ?
Malgré un casting très “sexy” avec Ed Skrein (Northmen, Kill your Friends et le beau Daario Naharis qui sert la Khaleesi dans Game of Thrones), la superbe Noemi Lenoir (Astérix et Cléopâtre), l’exotique Gabrielle Wright (Everly, Nomads) et la très élégante Loane Chabanol (Apprenti Gigolo, Puzzle), Le Transporteur : Héritage manque de piment et l’intrigue peine à décoller. Le film reste quand même un bon divertissement aux scènes d’action de haut niveau.

Synopsis : Frank Martin, le Transporteur spécialisé en colis Top-secrets, est associé malgré lui à un braquage organisé par des anciennes hôtesses qui mènent une vendetta contre la Mafia Russe. Ces quatre femmes fatales détiennent son père qu’elles menacent de tuer si Franck ne les aide pas.

Fiche Technique : Le transporteur : Héritage

Titre original : The Transporter : Refueled
Réalisation : Camille Delamarre
Scénario : Luc Besson, Bill Collage, Adam Cooper

Acteurs : Ed Skrein, Ray Stevenson, Lenn Kudrjawizki, Loan Chabanol, Gabriella Wright, Tatiana Pajkovic, Wenxia Yu, Anatole Taubman, Noémie Lenoir, Samir Guesmi, Mikael Buxton

Sociétés de production : EuropaCorp, Fundamental Films
Pays d’origine : France, Chine
Genre : Action
Durée : 95 minutes
Sortie : 9 Septembre 2015

Le Transporteur 4 : Héritage, Bande-Annonce :

Le Tout Nouveau Testament de Jaco Van Dormael: contre-critique

La critique de ma camarade lors du dernier festival de Cannes avait noté 4/5 le dernier ovni du belge fantaisiste. A la sortie de la salle, un sentiment d’écœurement, de profonde incompréhension, mais surtout de colère m’habite. Métaphore symbolique du cliché belge ou réelle navrance désespérante ? Réponse.

Pitch : Le film est, d’après le réalisateur, un « conte surréaliste » autour du personnage de Ea (Pili Groyne). Une gamine de douze ans qui a des idées bien arrêtées sur Dieu: « Dieu existe. Il habite à Bruxelles. C’est un salaud. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai douze ans. Pour me venger j’ai balancé sur Internet les dates de décès de tout le monde… »

Le point de départ est alléchant. L’annonce prometteuse. C’est avec une bande-annonce (ne vous y fiez jamais, ce n’est jamais l’oeuvre du réalisateur ni de la production, mais de la distribution) détonante, à la fois dérangeante et hilarante que je m’installe dans la salle obscure, pour la dernière séance de ce dimanche soir en province, habitée de 5 pèlerins qui semblent avoir perdu leur chemin.

Passé l’introduction, je suis vite dépassé par un pseudo-humour démiurge qui se joue du contemporain sur une recontextualisation historique (ex: Adam et Eve en plein Bruxelles vidée de sa population, une autruche au rayon fruits et légumes…). J’attends patiemment que vienne l’étincelle. Tandis que la jeune actrice théâtrale hérisse le poil par sa fausse naïveté plus qu’elle n’attire compassion et tendresse, le reste de la distribution défile comme au cirque, emporté par un récit abscons et une photographie précieuse indigeste. Où le cinéaste veut-il nous mener ? Sur quelle pente descend-t-il ?

Les six Évangiles distraient à la manière d’une comptine absurde et nous endorment pour mieux nous bercer d’un message creux sur la foi et le bonheur à deux (dois-je voir le célibat comme une certaine forme d’aliénation, de déclin?). Les différents peintures « arrêts-sur-image » flamandes subliment le vide in-existentialiste. Après insulter les références poétiques, naïves et sensibles d’un Jean-Pierre Jeunet, amoureux de ses personnages, maintenant perverti par le système hollywoodien (mais ceci est un autre débat), Jaco Van Dormael cumule réflexions carambar, descriptifs longuets de personnages creux et sentimentalisme niais. « La vie c’est comme une patinoire, on tombe souvent »… Jaco doit avoir vu Forrest Gump plus de mille fois (tout comme moi). On retrouve Didier De Neck (Toto le héros), Pascal Duquenne (Le Huitième jour), Serge Larivière (Mr. Nobody), mais qu’il est loin le temps de ces trois pépites!

La composition est travaillée, mais la mise en scène guindée vient anéantir tout effort de crédibilité et d’empathie. Certaines séquences sont clipesques et n’apportent absolument rien au récit. Oui Jaco tu as réalisé des clips (Elodie Frégé et Indochine), pas de quoi s’en vanter. L’effet est souligné, appuyé et répété au point de donner la nausée. Le thème d’Aquarium extrait du « Carnaval des Animaux » de Camille Saint Saens (montée des marches cannoises!) et Dance of the Knights de Prokofiev soulèvent l’estomac et titillent notre bile ou le nerf auditif. Ralentis, effets inversés, travelling latéral, flous nets sur une absence de perspective… De plus, les acteurs pourtant très bons sont tirés vers le bas à coup de trop grande fausse pudeur tire-larme et les genres ne sont pas respectés. Benoît Poelvoorde ne cesse de crier (le contraire nous aurait étonné), Yolande Moreau continue de passer pour la ménagère ahurie au regard vitreux, Catherine Deneuve en riche épouse délaissée et François Damiens le sempiternelle dom juan maladroit (La Délicatesse) ou vilain sadique (Dikkenek)… La comédie devient pathétique et le rire jaune. Le fantastique de pacotille n’est même pas assumé jusqu’au bout. Vient le film catastrophe (c’est le cas de le dire), la référence à l’animalus d’Harry Potter, la hache de Nicholson dans Shining, la thématique du transgenre, la cause des sans-papiers, la publicité pour les machines à laver (oui autre secteur bien connu du réalisateur belge), la pédophilie, le voyeurisme, la maltraitance des enfants, le handicap, le mariage contrarié, le terrorisme… Et ce n’est que le début !

Le générique défilant est composé sur de la broderie, hobby de la mère déesse, et élément de résolution sur un humour à la Jacques Tati (doit-on y voir une quelconque cause féministe ?). Le kitsch se rajoute à la longue liste. Autant de productions et co-productions (donc un budget surévalué), de critiques élogieuses et un box office époustouflant (plus de 50 000 la première journée) pour cette masturbation cinématographique et je pèse mes maux. Jaco ressemble physiquement à Luc Besson, doit-on y voir un signe ? « Regardez ce que je sais faire (et mal en plus!) avec tous mes beaux amis« . Preuve que le cinéma condescendant, quelque soit sa nationalité, flirte avec le copinage incestueux et le cirage de pompe (pour ne pas dire autre chose).

Les lumières se rallument et la salle est vide. Ah non, un homme dort au dernier rang. La voix de la raison !

https://www.youtube.com/watch?v=HezBj-b4N2s

* Pardonne moi Jaco pour cette familiarité (je ne suis qu’à demi sincère, vous l’aurez compris)

** Dans la série, « films à sortir de salle avant la fin » : Les Misérables, the musical… A vous de la compléter !

Le Tout Nouveau Testament : Fiche Technique

Date de sortie : 2 Septembre 2015
Nationalité : Belgique, France, Luxembourg
Réalisation : Jaco Van Dormael
Scénario : Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig
Interprétation : Benoit Poelvoorde (Dieu), Yolande Moreau (Déesse), Catherine Deneuve (l’apôtre Martine),
François Damiens (l’apôtre l’assassin), Pili Groyne (Ea), Serge Larivière (l’apôtre l’obsédé sexuel) …
Musique : An Pierlé
Son : Dominique Warnier
Photographie : Christophe Beaucarne
Décors : Sylvie Olivé
Montage : Hervé De Luze
Production : Jaco Van Dormael (producteur), David Claikens, Jérôme de Béthune, David Grumbach, Philippe Logie, Daniel Marquet, Olivier Rausin, Frank Van Passel, Patrick Vandenbosch, Alex Verbaere et Arlette Zylberberg (co-producteurs).
Sociétés de production : Terra Incognita Films, Climax Films (Belgique), Après le déluge (France), Juliette Films (Luxembourg), Caviar Antwerp (Belgique) …
Sociétés de distribution : Le Pacte
Budget : 8 555 500 € (estimé)
Genre : Comédie, Fantastique …
Durée : 113 minutes

I smile back, Cop Car: Festival de Deauville – films en compétition

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Festival de Deauville, épisode 2: dépression, échecs, et course poursuite

Films en Compétition: Cop Car, I smile Back

Première projection au CID de Deauville, le soleil est revenu, mais le ton n’a pas changé; toujours grave. Troisième film en compétition, et deuxième long métrage de son auteur Adam Salky: « I smile back » suit la lutte de Laney Brooks (Sarah Silverman) contre ses addictions et ses démons. Un combat acharné mais perdu d’avance pour la jeune et jolie mère qui a pourtant tout pour elle.

Il y a quelque chose d’American Beauty dans son traitement de la classe aisée américaine, mais on est loin de sa puissance et de sa justesse. Tenaillée par la vodka et la cocaïne, envenimée par son adultère, Laney remonte la pente pour ne tomber que de plus haut. Un drame dérangeant, qui exhibe une dépression puis une résignation violentes. Malgré son efficacité, le film se contente trop de ce qu’il montre et ne dit pas grand chose, affichant une certaine pauvreté scénaristique qui empêche le film de nous souffler; alors que le sang et les larmes fonctionnaient plutôt bien.

Réalisation : Adam Salky
Production : Richard Arlook |Mike Harrop |Brian Koppelman |David Levien
Scénario : Paige Dylan |Brian Koppelman
Interprètes prinipaux : Mia Barron (Susan), Josh Charles (Bruce Brooks), Clark Jackson (Mr. Odesky), Terry Kinney (Dr. Page), Thomas Sadoski (Donny), Chris Sarandon (Roger), Sarah Silverman (Laney Brooks)
Image : Eric Lin
Montage : Tamara Meem
Musique : Zack Ryan

Dans la foulée, c’est encore un second film qui est mis à l’honneur par la compétition: Cop Car de Jon Watts. Avec Kevin Bacon en shérif véreux, dépossédé de sa voiture par deux gamins, après laquelle il court. Une projection étrange car rythmée trop souvent par les rires, alors que le film n’a priori pas vocation à faire rire. Mais il y a de la farce et du furious dans ce film, alors parfois le burlesque prend le dessus sur le thriller et cela nuit au rythme mis en place, par ailleurs très intéressant. Car avec un Kevin Bacon d’une sauvagerie inouïe dans son costume terreux traquant deux enfants délicieusement dépassés par la situation qu’ils ont créée, le film agit en étau qui se resserre autour des gamins et du spectateur. L’intrigue s’alourdit au fur et à mesure que l’on découvre ce que l’on est en droit d’attendre d’une voiture de flic magouilleur, et s’assombrit alors que l’humour reste assez inexplicablement présent. Jon Watts, en maîtrise, signe un film court mais très intense.

Cop Car: Bande-annonce

Réalisation : Jon Watts
Production : Sam Bisbee |Andrew Kortschak |Cody Ryder |Alicia Van Couvering
Scénario : Christopher D. Ford |Jon Watts
Interpetes princiaux: Kevin Bacon(le shérif Kretzer), James Freedson-jackson (Travis), Camryn Manheim (Bev), Hays Wellford (Harrison), Shea Whigham (l’homme)
Image : Matthew J.lloyd |Larkin Seiple
Montage : Megan Brooks |Andrew Hasse
Musique : Phil Mossman

Il y avait une avant première prometteuse aujourd’hui de par son sujet,  son réalisateur, et de son acteur, c’était Le Prodige de Edward Zwick. Le cinéaste à qui on doit notamment Blood Diamond et Les insurgés, revient cette année avec un biopic sur Bobby Fischer, le légendaire joueur d’échecs interprété par Tobey Maguire. Un résultat réussi, qui intéresse voire passionne, car c’est avant tout dans le théâtre de la guerre froide que se déroule sa rivalité mythique avec le Russe Boris Spassky (Liev Schreiber). Voulant soigner son soft power c’est tout un pays qui va finir derrière ce jeune originaire de Brooklyn rongé par la folie ; et c’est le monde entier qui se plonge dans une confrontation qui a tout d’une guerre cachée. Et plus Bobby s’approche du titre, plus il s’éloigne de la raison, sur les plages californiennes des beachs boys, la success story sombre dans la paranoïa, car le prodige flaire le complot à chaque murmure, voit des micros dans le moindre objet. Évidemment c’est un biopic, alors on n’échappe pas à certaines règles du genre et il y a de petites lignes à la fin du film. Mais Edward Zwick parvient réellement à instaurer une ambiance pesante, et la moindre partie d’échecs est filmée comme un match de boxe, comme une finale de coupe du monde. Tobey Maguire campe parfaitement son personnage, dans tous ses paradoxes (son aversion pour les juifs, alors qu’il est lui même juif…), dans toutes ses émotions, ses doutes, son assurance, son don…

Les Premières: Films d’ouverture du festival de Deauville

Le Prodige (Pawn sacrifice) : Bande-annonce

Réalisateur: Edward Zwick
Scénario : Stephen J. Rivele, Steven Knight, Christopher Wilkinson
Interprètes principaux : Tobey Maguire, Peter Saarsgard, Liev Schreiber
Musique : James Newton Howard
Durée : 1h54
Sortie : 16/09/2015

 

Festival de Deauville: Conférence de Presse Orlando Bloom

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Deauville épisode 2: Orlando Bloom à l’honneur du festival

La venue de l’acteur britannique était sans doute l’événement le plus attendu à Deauville cette année. Orlando s’est fait désirer, et il est apparu, une fois n’est pas coutume, sans costume de pirate, sans costume d’elfe.

Orlando-bloom-inaugure-sa- cabine-Festival- Deauville
Orlando Bloom a inauguré sa cabine lors du 41e Festival de Deauville.

Comment expliquez vous que votre filmographie soit majoritairement composée de films costumés ?

Je ne sais pas trop, je suis né à Canterbury dans le Kent (Angleterre), c’est un lieu chargé d’histoire; enfant j’étais habitué à son immense cathédrale, c’est une terre de tradition, peut être que votre réponse s’y trouve.

Avec du recul, comment analysez vous toutes ces sagas auxquelles vous avez participé ?

Avoir la chance de participer à des projets d’une telle envergure c’est forcément une opportunité incroyable. D’autant plus que quand j’ai été casté pour Le seigneur des anneaux, je sortais à peine de mes études. C’est un cadeau de pouvoir travailler avec un réalisateur comme Peter Jackson, ou un acteur comme Ian Mckellen, qui sera présent cette semaine. Mais j’ai eu la chance d’être au bon moment, au bon endroit je pense, c’était incroyable pour lancer ma carrière, mais maintenant je dois évoluer.

Deauville célèbre le cinéma indépendant, quelle relation entretenez vous avec ce dernier ?

Je suis très honoré d’être ici à Deauville, d’autant plus que j’admire beaucoup le cinéma français, ses auteurs, ses acteurs, et son public ! Il a un niveau d’appréciation incomparable, et c’est très important pour le cinéma indépendant. Mais c’est un milieu difficilement pénétrable, vous seriez surpris ! Même s’il prend de plus en plus d’importance aujourd’hui.

Auriez vous imaginé avoir une cabine à votre nom ici, d’ailleurs qu’allez vous en faire ?

Je pense que je vais acheter un sac de couchage, et y dormir ! A vrai dire nous avions une plage et une cabine similaire sur notre plage dans le Kent, c’est amusant de savoir que j’ai la mienne ici maintenant.

Vous avez récemment tourné avec un cinéaste français, Jérôme Salle, à l’occasion du film Zulu, comment cela c’est il passé ? Souhaitez vous tourner de nouveau avec un réalisateur français ?

C’était un tournage spécial, c’était le premier film en anglais pour Jérôme, et en plus il avait lieu en Afrique du Sud, il y avait donc plusieurs challenges. C’était une collaboration intéressante pour moi, Jérôme est venu me voir, et il m’a dit que c’était une petite production, avec un petit budget, mais que nous avions le final cut ! C’était à la fois nouveau et encourageant pour moi.

J’aime beaucoup Jacques Audiard, notamment « un prophète« , j’adorerais collaborer avec lui, n’importe quel rôle, un petit, un grand !

Vous venez du théâtre, pourriez-vous y retourner ?

Oui, le théâtre est un cadeau, j’y reviendrai avec plaisir, notamment dans une pièce contemporaine ! Aujourd’hui j’ai un fils, forcément cela sédentarise un peu, je pourrai rejoindre une formation.

Vous citez Jacques Audiard, aimeriez vous tourner avec d’autres réalisateurs ?

Je ne fais pas de liste, je ne voudrai pas me fermer de portes. Mais j’admire le travail de David Fincher.