Festival de Deauville : Dixieland de Hank Bedford

Festival de Deauville épisode 4: Thug life et punk rock

Dixieland de Hank Bedford

Premier film de cette 4ème journée de compétition: Dixieland de Hank Bedford, a sans doute reçu l’accueil le plus chaleureux de la part du public depuis le début du festival. Un retour compréhensible, légitimé par la force du sujet et la tendresse des images de Bedford, car le réalisateur délivre un premier film assez poignant avec pour toile de fond la jeunesse délinquante du deep south de l’Amérique. Un projet très modeste, tourné en moins de 3 semaines, et qui rejoint le corpus désenchanteur que nous propose le festival de Deauville depuis 3 jours. Après avoir démystifié Los Angeles (Tangerine), la figure du shérif (Cop Car), exposé crûment la vie des indiens d’Amérique (Les chansons que mes frères m’ont apprises); attaqué de pleine face le tout Hollywood (Day out of days) et la classe aisée des Etats-Unis (I smile back), la sélection continue de casser les mythes, mais cette fois avec une vision bienveillante.

Lorsque Kermit, joué par Chris Zylka (The Leftovers), sort de prison après un séjour de « quelques années« , c’est en homme endurcit que retrouve sa mère, mais surtout bien décidé à ne pas replonger dans son business, s’interdisant tout nouveau séjour derrière les barreaux. Dans cette optique de réinsertion, il continue pourtant de traîner avec ses vieux potes dont CJ, interprété par R.J. Mitte (Breaking Bad), et de fréquenter les clubs malfamés. Il y fera d’ailleurs une rencontre salutaire, une danseuse qui habite dans le mobile-home voisin, une femme longiligne qui sied parfaitement à son corps sculptural parsemé de tatouages. Une femme dont la mère est malade et qui ne peut pas payer les factures… Or Kermit sait où trouver l’argent; saura t-il trouver la force de rester sur le droit chemin ?

Vous pouvez retrouver les deux acteurs aux côtés du réalisateur et sous le micro du journaliste d’Indiwire, Nigel Smith, qui discutent sur l’importance du silence durant le tournage qui contribue au naturalisme du film. >>>


Green Room de Jeremy Saulnier

Pour ce deuxième film en compétition aujourd’hui, les enfants de moins de 16 ans étaient priés de ne pas assister à la séance. On le comprends mieux lorsque l’on sort de la salle… Le cinéaste Jeremy Saulnier, avec son troisième long métrage n’a pas peur de faire gicler le son et de briser les os. En piégeant un groupe de punk rock dans un concert organisé par un groupuscule de néonazies très flippant, le réalisateur crée une ambiance tout à fait adéquat pour son film d’horreur, dans lequel même le dialogue est devenu une arme de poing, mais qui effraie surtout grâce à ses images violentes… Un film sans grand intérêt ou peut-être pour voir Professeur Xavier aka Patrick Stewart dans un rôle à contre emploi. Malgré pourtant un premier accueil à Cannes chaleureux…

 

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.

Le Passage : Sur la corde de l’humanité

Entre thriller haletant et drame humaniste, le premier long"métrage de Brandt Anderson plonge le spectateur au cœur de la crise des réfugiés syriens. "Le Passage" est une œuvre chorale, tendue et bouleversante dont la maitrise narrative ouvre sur une émotion absolue.
Grégoire Lemaître
Grégoire Lemaîtrehttps://www.lemagducine.fr/
Étudiant en histoire de l'art et passionné d'images en tout genre (qu'elles soient picturales, photographiques, ou filmiques) j'écris pour le plaisir de partager les œuvres qui m'ont marqué. Mon coeur balance entre l'ésotérisme de cinéastes comme Herzog ou Antonioni (pour ne citer qu'eux), l'audace de réalisateurs comme Wes Anderson ou Bertrand Bonello, et les grands noms made in U.S.A. Je voue également un culte sans failles à Audrey Hepburn. Dernièrement mes plus grands frissons viennent du petit écran, notamment avec The Leftovers, Rectify ou The Americans.

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.