Accueil Blog Page 703

L’ennemi de la classe : sortie DVD le 19 Janvier 2016

0

L’ennemi de la classe : sortie DVD le 19 janvier 2016

Synopsis : Les relations entre les étudiants et le nouveau professeur d’allemand, Robert, sont extrêmement difficiles. Il est autoritaire et froid et compte bien montrer dès le départ à sa classe qui est aux commandes. Le professeur ne fait preuve d’aucune compassion envers ses élèves. Quand une de ses élèves se suicide, ses camarades de cours accusent le professeur. L’escalade des provocations ne fait alors que commencer, laissant les autres enseignants dépassés par les événements et les élèves face à toutes leurs violentes contradictions.

[Extrait] Avis de la rédaction sur L’ennemi de la classe au moment de sa sortie en mars 2015 : « La force du film est qu’il ne cherche pas à prendre position en faveur de l’un ou de l’autre côté. Le film oppose la réflexion à l’émotion. D’un côté, une froideur clinique qui veut tout définir (et faire définir), maîtriser, analyser et, de l’autre, des élèves en pleine ébullition, qui réagissent avec leurs tripes et s’encouragent à aller toujours plus loin. L’effet de groupe, autre parallèle avec La Vague, est également une des facettes qu’analyse Rok Bicek avec talent. Son film décortique donc un système de l’intérieur, entre au cœur d’un monstre froid. Il offre quelques scènes très fortes, comme lorsque les élèves installent des bougies dans toute l’école jusqu’à la salle des professeurs ou encore quand la meilleure amie de Sabina, plus détachée du groupe de rebelles, lit sa dissertation dans laquelle elle s’interroge sur l’acte de sa copine disparue (…) Rok Bicek réalise un premier film sur le fil. Quelque chose entre la grâce de comprendre et la force de l’émotion. « Apprendre n’est pas savoir, vouloir n’est pas pouvoir ». C’est une des premières choses qu’explique Richard à ses nouveaux élèves. Son erreur aura été de les mépriser un peu au début, de ne pas chercher à les écouter. Il faut les deux tensions pour faire un homme : l’envie de comprendre, la joie de ressentir ». Retrouvez la critique en intégralité ici. Et retrouver notre concours pour gagner des DVD du film l’ennemi de la classe.

L’ennemi de la classe :  sortie en DVD le 19 janvier 2016 chez Rimini Editions

Slovénie / Couleur / 1h52 / Format cinémascope / 16/9 compatible 4/3 / Version originale sous-titrée / Son 5.1

Le DVD contient des suppléments dont deux courts métrages du réalisateur, Rok Bicek :

  • La Chasse aux canards, 2010 (durée 23 minutes, VOST)
  • A day in Venise, 2009 (durée 19 minutes)
  • Reportage et interviews autour de la remise du Prix 2014 du Parlement Européen
  • Film Annonce

L’ennemi de la classe a reçu le prix du public au festival « Premiers plans » d’Angers et a été dans la shortlist final du prix « Lux » en 2014.

Le film a également reçu un bon accueil de la presse lors de sa sortie en mars 2015, quelques extraits :

 » Beau film Slovène qui recueille et fait grandir la parole » – TouteLaCulture
« La réflexion face à l’émotion, une tension palpable, plein de subtilité, un film à découvrir. » – Culturebox
« Rok Bocek réalise un sans-faute. Il pose les questions et a toutes les réponses. Si la démonstration est impérieuse, le film, lui, est impétueux, notamment grâce à sa bande d’ados composite et enragée. » – Première

 

Fiche Technique – L’Ennemi de la classe

Slovénie – 2014 / Titre original : Razredni sovraznikn
Date de sortie française : 4 mars 2015. Sortie DVD le 19 janvier 2016
Drame de Rok Bicek
Scénaristes : Nejc Gazvoda, Janez Lapajne, Rok Bicek
Interprètes : Igor Samobor (Richard), Natasa Barbara Gracner (Zdenka), Tjasa Zeleznik (Sasa),  Voranc Boh (Luka), Jan Zupancic (Tadej), Doroteja Nadrah (Mojac),Špela Novak  (Spela), Pia Korbar (Marusa)…
Directeur de la photographie : Fabio Stoll
Montage : Rok Bicek et Janez Lapajne
Producteurs : Aiken Veronika Prosenc, Janez Lapajne
Distributeurs : Paname Distribution

 

Paris-Willouby, un film de Quentin Reynaud et Arthur Delaire : Critique

Vendu comme un road-movie ensoleillant, Paris-Willouby, premier long métrage d’un duo inconnu, cumule maladresses, lourdeurs scénaristiques et clichés indigestes. La bande annonce ouvre l’appétit sur des répliques subtiles avec un humour très podalydèssien et surtout des personnages attendrissants.

Synopsis : Les Guilby Lacourt forment une famille recomposée typique de notre époque. Entre père, belle-mère, petite sœur, frère, demi-sœur, ou encore demi-oncle, ils ont parfois du mal à s’y retrouver ! Un soir, ils apprennent la mort d’un grand-père avec qui ils ont coupé les ponts depuis une dizaine d’années. Fatalement voués à cohabiter le temps d’un long voyage pour se rendre à son enterrement, ils vont tous très vite devoir s’adapter au concept du « vivre ensemble » dans l’espace exigu de la voiture familiale. Pour le meilleur et pour le pire !

Cette famille, on a envie de la connaître. Mais même Chantal Lauby, Alain Chabat, Dominique Farrugia et feu Bruno Carette étaient plus efficaces. Stéphane De Groodt s’est érigé en timide comique intellectuel avec ses sublimes discours, entre l’impertinence d’un Le Luron et la complexité d’un Devos, dans l’émission Canal feu « Le Supplément ». So 2015 ! Isabelle Carré est relayée aux personnages réservés, fragiles et sensibles depuis Se souvenir des belles choses de Zabou Breitman qui l’a révélée au grand public/jour grâce à un César en 2002 (malgré 18 longs métrages). Alex Lutz, transformiste de talent, campe ici un contre-rôle qui frise le ridicule tant l’excès est mal maîtrisé. Car c’est en effet dû à un défaut de maîtrise que l’ensemble ne peut qu’amuser quelques ménagères quinquagénaires en mal de divertissement (elles se croyaient dans leur salon à commenter VÉRIDIQUE).

Les acteurs, en roue libre et mal dirigés, ne peuvent composer suffisamment, faute d’écriture. Ils ne peuvent donc que se replier sur ce qu’ils savent faire le mieux. Alex Lutz domine le trio, malgré un personnage trop peu reluisant et méprisable: le beau-frère, se voulant artiste, insouciant, un peu rockeur, dragueur, qui squatte le temps de rebondir. Isabelle Carré fait du Isabelle Carré et Stéphane de Groodt fait du Stéphane de Groodt. Le fils Lacourt théâtralise un peu trop. La jeune Prune (enfant de cette nouvel union Guilby Lacourt et jouée par la fille Audiard), vide d’empathie, est une coquille creuse trop bien domptée. Personne n’est à blâmer si ce ne sont les deux réalisateurs qui manquent cruellement d’engagement, de volonté et de force de proposition. L’histoire écrite à six mains ne s’élève guère plus haut d’un cliché sur la famille recomposée et suivra donc, linéairement, sans aucune originalité, le schéma habituel : 1) introduction conflictuelle 2) événement perturbateur 3) péripéties 4) dénouement après léger climax dramatique 5) situation finale de la famille qui s’est réconciliée. Et de ce fait, couplé à une réalisation automatique sans ambition qui relève plus de l’exercice universitaire, le film dans son ensemble ne peut que s’écrouler sous sa meilleure définition « PONCIF d’une comédie française » à la sauce Little Miss Sunshine. Lumière terne en voiture venant écraser les visages, fond vert à peine visible, plan séquence à la netteté imparfaite, musique omniprésente qui semble vouloir compenser le creux. Les crises s’enchaînent et aucun personnage n’est développé au-delà du niveau de zéro. Écouter du Lara Fabian, ne pas manger de viande, la crise de l’adolescence… Les caractères sont gratuits et rien ne vient contrebalancer ces facilités. Sans oublier une homophobie latente, car le jeune fils est souvent considéré comme une « tapette » sans raison apparente.

Le rire est d’autant plus jaune que l’essai est visible et le voyage mal maîtrisé. La petite Prune sort des fourrés et s’arrête pour contempler le vide. Son oncle, Alex Lutz, plutôt que d’ouvrir le pas, car sachant le départ de la voiture imminent, reste fixe en attendant la réplique de la jeune comédienne et ainsi nous apprenons la légende des vaches perdues. Léger et tendre, ça s’arrête là. Ce MacGuffin prétexte, métaphore de l’absence de communication dans la famille, n’amuse plus. La résolution sur les quais, après la pire maladresse scénaristique (peut-on m’expliquer comment une fillette peut se rendre à la gare à pied tandis que la famille entière à voiture semble mettre plus de 10 minutes pour rejoindre les abords routiers?!), apparaît être vulgaire, car aucune subtilité ne se dégage des intentions de réalisation. Un troupeau de vaches traverse le cadre en amorce et la famille est bouche bée. L’ex-future copine de l’oncle est arrivée à Willouby en train, car Prune a envoyé un texto avec le portable de l’oncle – qui lui même ne vérifie pas la destination avant de monter dans le train ! – et tout le monde est rivé sur le téléphone en haut parleur pour assister à la réconciliation du jeune couple. Risible ou pitoyable ?

Manque de respect profond pour le spectateur ou pour la profession ? Les deux jeunes réalisateurs pondent cet exercice déjà vu revu et rerererevu sans y apporter la moindre intelligence ou subtilité de ton, ambition artistique. A défaut, les moins cinéphiles peuvent s’attendrir et crier « C’est mignon! » Non, la colère monte, car tandis que de véritables cinéastes en devenir s’évertuent de trouver quelques billets pour un film travaillé et à plusieurs niveaux de lecture, Paris-Willouby, fade et superficiel film de famille, a reçu un véritable budget et une distribution ! D’autant plus attristant lorsque l’on voit le message personnel « à mon papa magique » en ouverture…

Paris-Willouby: Bande Annonce

[Fiche technique] Paris – Willouby

Réalisation: Quentin Reynaud et Arthur Delaire
Distribution: Isabelle Carré, Stéphane de Groodt, Alex Lutz, Joséphine Japy, Solal Forte, Aminthe Audiard
Scénario: Quentin Reynaud, Arthur Delaire et …
Musique: Gush
Montage: Anita Roth
Photographie: Yannick Ressigeac
Costumes : Emmanuelle Youchnovski
Producteur: Xavier Rigault et Marc-Antoine Robert
Production: 2.4.7 Films
Distribution: Mars Distribution
Durée: 83 minutes
Genre: Comédie dramatique
Dates de sortie: 20 janvier 2016

 

Le Calendrier des Blockbusters bouleversé pour 2017 !

0

La nuit dernière, nous apprenions que l’épisode VIII de la saga Star Wars était repoussé de sept mois dans le futur, pour une sortie nouvellement fixée au 15 décembre 2017 (au lieu du 26 mai). Conséquence directe à ce changement majeur, les sorties cinématographiques des grandes majors sont chamboulées.

Évidemment, vous l’aurez compris, les changements concernent avant tout Disney, qui prépare sa gamme de longs métrages pour 2017. Le premier changement majeur concerne la suite de la saga Pirates des Caraïbes. Le cinquième épisode, intitulé Dead Men Tell no Tale prend ainsi la place du Space Opera pour le 26 mai 2017. Suite à cela, Le Re-Reboot de Spider-Man, réalisé par Jon Watts (l’excellente surprise Cop Car) et interprété par Tom Holland, tissera sa toile dans les salles à partir du 7 Juillet 2017, soit trois semaines avant sa date de sortie initiale, c’est à dire le 28 juillet 2017. Pour finir le jeu des chaises musicales, le Reboot du film culte Jumanji, réalisé par Jake Kasdan (Bad Teacher) passe de Noël 2016 au 28 Juillet 2017.

Se pose ainsi la question de savoir ce qu’implique ce changement de date pour le deuxième épisode de la Postlogie. Suite aux propos de James Cameron, Avatar 2 devrait sortir au même moment outre Atlantique, se retrouvant confronté, huit ans après son ainé, face au huitième épisode d’une des plus grandes saga de tous les temps. Cependant, sans spéculation abusive, on peut se dire que le tournage n’ayant pas débuté pour ce dernier, la date sera sans doute repoussée, d’autant que la Fox ne se risquerait pas à affronter le mastodonte aux grandes oreilles. De plus, on pourra souligner qu’il affrontera sans grand doute le prochain Spielberg, appelé Ready Player One, film de science fiction geek, ainsi que les Croods 2, suite de l’excellent film d’animation de 2013.

 

 

Une programmation assez corsée pour Star Wars, qui souhaiterait ainsi faire de décembre, son mois de prédilection. Néanmoins, on doute que cela puisse apporter grand chose sur le plan commercial, si ce n’est de surfer sur le succès du septième épisode, qui culmine déjà à près de 1,9 milliards de dollars de chiffres d’affaires.

The Revenant, un film d’Alejandro González Iñárritu: Critique

Le succès critique et public de Birdman, Oscar du meilleur film en 2015, a placé Alejandro González Iñárritu dans une telle vague de popularité qu’il fait de son nouveau film, avant même sa sortie, un des grands favoris aux Oscars, alors que jamais un réalisateur n’a remporté  deux fois de suite la statuette du meilleur film.

Synopsis: Dakota, 1823. Un groupe de trappeurs est en expédition sur les territoires indiens pour y braconner des peaux d’animaux. Quand l’un d’entre eux est sauvagement attaqué par un grizzli, ces acolytes sont contraint de l’abandonner sur place. Après avoir vu son fils assassiner sous ses yeux impuissants avant d’être laisser pour mort par un traitre, il choisira de le traquer à travers les terres sauvages. Grâce à sa volonté et malgré ses blessures, sa quête de vengeance lui fera dépasser ses limites.

 Man Versus Wild

La hype autour de la performance de Leonardo DiCaprio aura elle aussi relancé la sempiternelle polémique autour de son absence de reconnaissance de la part de l’Académie. Dans la peau du trappeur Hugh Glass, il est certain que l’ancien play-boy de Titanic et de La Plage quitte sa zone de confort pour se plonger dans une prestation d’une intensité qu’il n’avait jamais atteint jusqu’ici. Mais qu’en est-il du film lui-même ?

Depuis ses débuts, Iñárritu a montré son immense talent pour deux choses en particulier : d’abord les films choraux, grâce à sa collaboration avec le scénariste Guillermo Arriaga (21 grammes et Babel se sont imposés comme des références dans le domaine), et ensuite les longs plans séquences, Birdman étant lui-aussi devenu un modèle en la matière. La nouvelle prestation qu’il nous propose à l’occasion de son sixième long-métrage ne repose sur aucun de ces deux procédés cinématographiques, mais Iñárritu ne s’aventure pas pour autant en terrain inconnu. En choisissant d’adapter le roman éponyme de Michael Punke – dont s’est accaparé Hollywood dès sa sortie en 2002 mais dont la difficulté d’adaptation a fait jeter l’éponge à bon nombre de réalisateurs–, le réalisateur mexicain a refait appel au chef opérateur de son précédent film, Emmanuel « Chivo » Lubezki. C’est ce dernier qui a imposé que le film soit intégralement filmé en lumières naturelles, rendant le tournage beaucoup plus long et difficile que prévu, au point d’en faire exploser le budget. Mais le résultat est payant : la beauté avec laquelle le directeur de la photographie (qui a fait ses preuves chez Alfonso Cuarón et Terrence Malick) filme les décors est d’une magnificence éblouissante. Il suffit de voir la bande-annonce pour s’en convaincre. Dans le domaine du western, le goût pour le contemplatif est de plus en courant mais il atteint ici un niveau inégalé… au point d’en venir à vampiriser tout le film, comme ça a avait pu être le cas du récent McBeth dont la forme écrasait littéralement le fond.

Dans l’ouverture du film, une scène de combat entre trappeurs et indiens profite ainsi d’un plan-séquence d’une fluidité exceptionnelle. Une scène d’une maitrise formelle bluffante, suivie de peu par la scène déjà culte de l’attaque de l’ours, une pure réussite en termes d’effets spéciaux. Cependant, le film semble tirer ses meilleures cartes dans cette première demi-heure, la suite étant bien plus pauvre en fulgurances visuelles. L’usage du grand angle et les mouvements à 360° sur lesquels le premier acte joue beaucoup se raréfient de plus en plus, au point qu’ils ne se ressentent plus que dans l’effet de déformation des visages filmés en gros plan. Rien d’innovant donc. En même temps que les effets de caméra s’aplanissent, le pouvoir immersif et la tension du film s’amoindrissent peu à peu. Un comble pour le projet qui repose à tel point sur sa puissance sensorielle et le partage de la souffrance vécue par son héros. Le travail du mixage son réussit toutefois à maintenir une impressionnante ambiance oppressante (d’où la nécessité de voir le film en salles !), le tout accompagné par une musique, très discrète mais toujours très juste pour rythmer les montées d’adrénaline, signée par le toujours irréprochable Ryuichi Sakamoto, qui nous prouve une nouvelle qu’il sait adapter sa maestria à tous les univers.

Alors que l’on avait pu reprocher (pas nous, mais certaines mauvaises langues) à Birdman d’être pompeux et élitiste dans son propos, ou encore à Biutiful d’être misérabiliste, Iñárritu a fait ici le choix d’un scénario minimaliste. Sur un schéma parfaitement identique à ce que son ami Alfonso Cuarón a fait avec son Gravity, il imagine un survival en solitaire, et donc forcément très peu dialogué. Et les problèmes s’avèrent au final exactement les mêmes dans les deux cas : un manque d’empathie pour le personnage principal et une absence de point de vue rédhibitoire. Au vu du grand nombre de longs passages scénaristiquement vides, pendant lesquels Iñárritu semble préférer se regarder filmer que d’explorer ses personnages, ou de scènes oniriques, où l’influence de Malick devient frappante (c’est chez lui qu’a été débauché la majorité de l’équipe de la direction artistique), il apparaît comme évident que le film n’a finalement rien à raconter, et ne cherche à s’étirer que pour rendre plus tangible la performance de son acteur. Les scènes de rêve qui, justement, se multiplient d’une façon assez maladroite, au point que la dimension mystique qu’elles sont sensés apporter finit par atteindre une lourdeur digne d’un Bluberry. Et, de la même façon que la mise en scène Gravity assimilait le périple en apesanteur de Ryan Stone à une nouvelle naissance, l’allégorie est ici beaucoup plus appuyée par un nombre incessant de symboles à l’enfantement. Si encore la traversée du désert (du personnage comme de la narration) était ponctuée par davantage de moments impressionnants, le récit de Hugh Glass aurait pu être plus captivant. Or, les quelques cascades –par ailleurs presque toutes présentes dans la bande annonce– et le réalisme que les impressionnants maquillages procurent aux stigmates physiques du héros ne suffisent pas à rendre palpitantes l’ensemble des 2h30. Et ce n’est pas la conclusion, un peu trop bâclée et moralisatrice, bien loin du jusqu’au-boutisme que l’on pouvait en attendre, qui nous permet de penser que nous avons bien fait d’endurer tout ce qui a précédé pour en profiter.

Revenons à la question qui semble davantage intéresser le public que la représentation de la transformation d’un homme mortel en créature assoiffé de sang sur lequel l’hostilité du monde ne semble plus avoir d’emprise : la prestation de DiCaprio. Il apparait évident que ce cher Léo a accepté l’exercice pour démontrer une bonne fois pour toutes qu’il n’avait plus rien à prouver en tant qu’acteur. Loin des interprétations assez bavardes qu’avaient pu être ses récents rôles chez Scorsese, Eastwood, Tarantino ou Baz Luhrmann, et grâce à une performance brutale et viscérale, il fait ressortir toute la bestialité qui est en lui et casse ainsi son image trop souvent lisse. Cette preuve de bravoure, loin d’être inintéressée, a beau être convaincante, elle a tout de même la limite de ne faire ressortir qu’une seule et unique émotion du début à la fin : la douleur. Pour ce qui est des émotions plus « dramatiques », que l’on pourrait résumer au deuil et à la volonté de vengeance, il faut compter sur les scènes de rêve et de flashbacks pour les faire transparaitre, mais dans ces passages force est de constater que DiCaprio est terriblement inexpressif. Et à côté de l’extrême et indiscutable souffrance que DiCaprio réussit à donner à son personnage, il y aussi des acteurs secondaires qui méritent d’être remarqués. Le premier d’entre eux parmi ce beau panel de gueules burinés est incontestablement Tom Hardy qui lui aussi, dans une prestation plus physique que dialoguée, fait preuve d’une présence qui transcende la part animale que peut dégager sa carrure. Un choix de casting évident tant sa silhouette fait du combat final un écho évident à celui contre l’ours deux heures plus tôt. Il serait également dommage de ne pas mentionner Will Poulter, en jeune aventurier victime de sa naïveté, et Domhnall Gleeson, en capitaine inflexible, tous deux impeccables.

La virtuosité de la mise en scène d’Iñárritu, la somptuosité des images assurée par Chivo et le jeu soutenu de DiCaprio font de The Revenant un film d’aventure de très bonne facture, mais ces arguments positifs sont contrebalancés par un certain nombrilisme, un sur-symbolisme et une vacuité thématique. Une équation qui empêche à cette quête de vengeance d’atteindre la grâce du grand film qu’il aurait pu être. Iñárritu, qui jusque-là signait un film tous les deux ou trois ans, aurait sans doute dû prendre un peu de recul  avant de se lancer dans cette fable radicale sur l’opposition intrinsèque de l’Homme et de la Nature.

The Revenant – Bande-annonce

The Revenant – Fiche technique

Réalisation : Alejandro González Iñárritu
Scénario: Alejandro González Iñárritu, Mark L. Smith
D’après l’œuvre de : Michael Punke
Interprétation: Leonardo DiCaprio (Hugh Glass), Tom Hardy (John Fitzgerald), Will Poulter (Bridger), Domhnall Gleeson (Andrew Henry)…
Image: Emmanuel Lubezki
Costumes: Jacqueline West
Montage: Stephen Mirrione
Musique: Ryuichi Sakamoto
Producteur(s): Keith Redmon, Steve Golin, David Kanter, Alejandro González Iñárritu, Arnon Milchan, James W. Skotchdopole, Megan Ellison, Mary Parent…
Production: RatPac Entertainment, New Regency Pictures
Distributeur: Twentieth Century Fox France
Date de sortie: 24 février 2016
Durée: 156 minutes
Récompenses: Golden Globe 2016 du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur, Oscars 2016 du meilleur réalisateur, du meilleur acteur pour Leonardo DiCaprio et de la meilleure photographie
Genre: Western, aventure, drame

Etats-Unis – 2016

La Belle Saison : sortie DVD et Blu-Ray le 19 Janvier 2016

0

La Belle Saison : sortie DVD et Blu Ray

Synopsis : 1971. Delphine, fille de paysans, monte à Paris pour s’émanciper du carcan familial et gagner son indépendance financière. Carole est parisienne. En couple avec Manuel, elle vit activement les débuts du féminisme. Lorsque Delphine et Carole se rencontrent, leur histoire d’amour fait basculer leurs vies.

L’avis de la rédaction au sujet du film : Un gouffre rare d’intelligence, de sensibilité grave, à l’image d’un des derniers plans du film ou le regard déboussolé de Cécile de France (Carole) plonge vertigineusement dans la bouche sombre d’une sortie de tunnel de gare de province (toutes les gares en sont dotées !) comme pour interroger l’inconnu. Plus qu’une belle saison faite de fenaisons, d’orages tant climatiques que sentimentaux ou de réunions agraires lourdes de soupçons, Catherine Corsini nous fait tour a tour, sourire, apprécier, décoder, découvrir ou pleurer, avec une justesse bluffante… Lire la suite de l’article ici.

La Belle Saison : sortie DVD le 19 janvier 2016 chez Pyramide Vidéo

DVD 9 – Zone 2 – PAL – Format image scope (16/9 compatible 4/3) – Couleur – Son stéréo et 5.1 – Version originale française – Durée du film 100 min – Audiodescription et sous-titrage pour sourds et malentendants disponibles.

BD 50 – Zone B – Format image Scope (16/9 compatible 4/3) – couleur – image haute définition 1920 x 1080 p – DTS HD master audio stéréo et 5.1 – encodage MPEG4/AVC – Version originale française – durée du film : 105 min – Audiodescription et sous-titrage pour sourds et malentendants disponibles.

Le film contient des Bonus :
– LA BELLE SAISON, UN FILM EN TANDEM : Entretien avec la réalisatrice Catherine Corsini et la productrice Elisabeth Perez (24 min)
– SCÈNES COUPÉES (24 min)

Fiche technique : La Belle Saison

Réalisation : Catherine Corsini
Scénario : Catherine Corsini, Laurette Polmanss
Musique originale : Grégoire Hetzel
Image : Jeanne Lapoirie
Montage : Frédéric Baillehaiche
Décors : Anna Falguères
Costumes : Jürgen Doering
Production : Élisabeth Perez
Studios de production : Chaz Productions, France 3 Cinéma, Artémis Productions
Distribution : Pyramide Distribution
Pays : France
Langue : français
Format : couleur
Cadrage : 2,35:1
Durée : 105 minutes
Budget : environ 4 millions d’euros
Date de sortie : France : 19 août 2015

Casting : Cécile de France, Izïa Higelin, Noémie Lvovsky, Kévin Azaïs, Laetitia Dosch, Benjamin Bellecour, Sarah Suco, Natalie Beder, Calypso Valois, Jean-Henri Compère, Bruno Podalydès.

478, le prochain Schwarzy !

0

Avec le thriller 478, Arnold Schwarzenegger renoue avec les films d’action !

Action ? Oui, mais pas trop selon DeadLine qui précise que le film sera « moins un film d’action qu’une oeuvre au caractère subtil ». Quoi qu’il en soit, après en avoir ému certains et déçu d’autres avec le drame horrifique Maggie, Schwarzy se tourne à nouveau vers les thrillers. Dans 478, il incarnera un père de famille qui perd femme et enfant dans un accident d’avion. Dans cette tragédie, un contrôleur aérien (Scoot McNairy, Batman v Superman, Gone Girl) est mis en cause et placé en garde à vue. Rongé par la douleur, le personnage de Schwarzenegger n’aura d’autre choix que de venger leur mort. Dans sa folie, il sera confronté à la femme du contrôleur, interprétée par Maggie Grace de la saga Taken. On imagine déjà le thriller psychologique et le héros tiraillé entre la colère, la justice et la morale.

Réalisé par le britannique Elliott Lester (Blitz, Nightingale) d’après le scénario de Javier Gullón (Enemy), 478 sera produit entre autres par Darren Aronofsky et Scott Franklin qui ont travaillé ensemble sur Noé, Black Swan et Requiem for a Dream. Le film est déjà en pré-production dans l’Ohio.

Au plus près du soleil : sortie DVD

0

Au plus près du Soleil : sortie DVD et VOD 

Synopsis : Sophie, juge d’instruction, auditionne un jour Juliette, pour des faits d’abus de faiblesse sur son amant. Elle se rend compte après enquête que la prévenue est la mère biologique de l’enfant qu’elle a adopté. Loin de se dessaisir de l’affaire, Sophie s’acharne contre cette femme. Olivier, son mari, désapprouve son attitude et entre en relation avec Juliette sans lui révéler sa véritable identité. Mais la jeune femme découvre qu’Olivier est le mari de sa juge. Elle ne comprend pas ce qu’il cherche, lui ne peut plus lui révéler la vérité…

L’avis de la rédaction au sujet du film :  Au plus près du soleil brosse le portrait d’une société à plusieurs vitesses, on n’est en effet pas tous du même monde comme le précisent tour à tour Juliette (Mathilde Bisson sublimissime) et Olivier (Olivier Gadebois en bluffant clone de Maitre Dupont Moretti) tel un « dramatique de répétition ». De façon non exhaustive (hélas, tant de sujets ne sont dans ce film qu’effleurés) Au plus près du soleil aborde le prix à payer de ne pas avoir ou de ne pas savoir enfanter… La suite de notre critique ici.

Au plus près du soleil : sortie DVD et VOD le 16 janvier 2016

Langue : Français / Audio : Dolby Digital 5.1 / Format image : 2.35, 16/9 compatible 4/3 / Durée : 1h43 / Couleurs

Fiche Technique : Au plus près du soleil

Genre : Drame
Origine : Français
Réalisateur : Yves Angelo
Casting :
Sylvie Testud : Sophie
Grégory Gadebois : Olivier
Mathilde Bisson : Juliette
Zacharie Chasseriaud : Léo
John Arnold : Pierre
Pascal Ternisien : l’accusé
Thomas Doret : le fils de l’accusé
Rodolphe Congé : un ami du dîner
Durée : 103 mn.

From Dusk till Dawn saison 2 : critique série

C’est la grande mode du moment : adapter en série télé des plus ou moins grands films qui ont marqué le cinéma, comme Fargo ou Bates Motel. Une Nuit en Enfer est de ceux-là. La série From Dusk till Down reprend l’histoire du film de Robert Rodriguez dans les grandes lignes mais en pénétrant plus en profondeur dans la psychologie des personnages et dans les détails et la diégèse qui font toute la magie de l’histoire.

Synopsis: Nos personnages sont séparés dans leurs mondes : Santanico et Richie sont dans la région de Houston, et y vivent comme Bonnie et Clyde. De leur côté, Seth et Kate cherchent à faire profil bas au sud de la frontière, tandis que le flic Freddie est de retour chez lui et tente de protéger sa famille. Enfin, Carlos et Scott quittent finalement le Titty Twister avec de nouvelles ambitions. Tous seront forcés de s’unir contre une nouvelle menace plus grande qu’ils ne pouvaient le concevoir.

Notamment, la relation entre nos deux frangins desperados et les dessous du cartel de vampires chicanos. Dans la saison 1, on suivait le film de plus près mais déjà avec quelques variantes. Après un braquage sanglant commandité par le dénommé Carlos, les frères Gecko faisaient route vers le Mexique et atterrissaient au Titty Twister (Comprenez téton tortillé et tout ce qui va avec évidemment…).Dans ce bar de routiers aux inscriptions lumineuses Open Dusk till Dawn, la prêtresse Santánico (sculpturale Eiza Gonzales) les attendait en jouant des hanches. Ou plutôt, elle attendait véritablement Richard, totalement envoûté, pour qu’il la libère.

Ambivalence des personnages :
Là où le film faisait passer Richie, joué par Tarantino, pour un pervers psychotique et un peu limité, la série fait de lui un point central, un personnage clef vers lequel concourent tous les autres. Pas étonnant donc que, dans From Dusk till Dawn saison 2, un duo d’enfer se forme entre le jeune Gecko et Santánico Pandemonium. Elle-même mettant en quelques sortes les personnages de la série à l’épreuve et faisant éclater les vérités de chacun au sein du bar et du labyrinthe. La vampire est d’ailleurs la voix-off du générique et le fil d’Ariane de l’histoire.
Dans la série comme dans le film, tout n’est pas forcément ce qu’il y paraît, des vilains au cœurs tendres jusqu’aux flics torturés en passant par la petite famille catho bien proprette. Tous ont un côté sombre plus ou moins prononcé que les plus jeunes vont combattre dans From Dusk till Dawn saison 2. Paradoxalement, Carlos et Santánico vont révéler des caractéristiques positives voire bénéfiques. Si celles-ci sont de courte durée pour Carlos, on se demande si la diva est une vraie victime ou grande manipulatrice ? Est-elle bonne ou mauvaise ? Est-elle la déesse sauveuse nommée Kisa ? Toujours est-il que la belle a de sacrés pouvoirs et de grandes ambitions. Notamment celle de détruire l’assemblée de Culebras dominée par les Neuf Seigneurs de la Nuit avec à leur tête le redoutable Amancio Malvado (Esai Morales, La Bamba).
Avec l’aide d’un Richard Gecko (Zane Holtz) métamorphosé et autrement plus charismatique, y parviendra-t-elle ?

Savant mélange ou bazard monstre ?
From Dusk till Down saison 2 prend encore des distances par rapport à la trame de départ « bad boys vs mafia de vampires » d’autant que les personnages désormais moteurs étaient censés mourir dans le film. Au début de la saison, les survivants évoluent séparément et mènent chacun leur propre guérilla. Du coup, on ne sait plus trop à quel saint se vouer ni où le showrunner veut nous emmener. Et c’est finalement aux côtés du couple sulfureux que forment Richie et Santánico que le spectateur trouve de quoi se mettre sous la dent. On suit alors le combat des presque gentils vampires contre les vrais méchants Culebras : un Malvado plus cruel que jamais et son fidèle mais non moins barbare « Régulateur » (Danny Trejo). Ça écorche, ça saigne, bref ça ne fait pas dans la dentelle avec ces deux-là.
Du côté des vrais gentils, le Ranger Gonzales est tiraillé entre la voie de la raison et celle de sa destinée tandis que les deux jeunes Fuller cherchent celle de la rédemption. Alors que Kate choisit de jouer les justicières façon Buffy contre les Vampires, son frère lui semble se prendre pour un ninja – ce qui est d’autant plus cliché qu’il est d’origine asiatique. On l’aura compris, la saison 2 jongle parfois maladroitement avec le gore, l’humour lourdeau et les accents de série B ! Et si cette recette parvient à nous arracher quelques sourires ici et là, la plupart du temps on s’ennuie. Il faudra attendre l’épisode 5 pour renouer avec le climat rock n’roll de la première saison dans les retrouvailles du duo Gecko.

Malgré tout, on pourra dire que le récit tient la route dans From Dusk till Dawn saison 2. L’ambiance sombre saupoudrée d’hémoglobine et de sensualité est toujours de mise et les répliques cinglantes jouent avec l’humour noir et l’esprit bon enfant. Les images sont propres et esthétiques, dans des teintes foncées de rouge et d’ocre et la musique de Carl Thiel (Machete Kills, Planète Terreur, Sin City) est détonante comme à son habitude. Les personnages aussi imparfaits qu’attachants ont vraiment de la « gueule » et D.J. Cotrona aka Seth Gecko ne rate pas une occasion pour dévoiler ses pectoraux. La touch Rodriguez est bien là et c’est d’ailleurs avec beaucoup de plaisir qu’on retrouvera en prime l’acteur fétiche du réalisateur (et le nôtre !) : Danny Trejo (Machete Kills, Desperados) dans un rôle de bourrin qui lui va à merveille.

Fiche Technique : From Dusk till Dawn saison 2 :

Genre  : Horreur
Développé par Robert Rodriguez
Casting : D. J. Cotrona, Zane Holtz, Eiza Gonzalez, Jesse Garcia, Madison Davenport, Brandon Soo Hoo, Wilmer Valderrama, Don Johnson, Jake Busey, Esai Morales, Danny Trejo, Briana Evigan
Musique : Carl Thiel
Origine : U.S.A.
Nombre de saisons : 2, saison 3 en production
Nombre d’épisodes : 10 par saison
Producteurs exécutifs : Robert Rodriguez, Carlos Coto, Cristina Patwa, John Fogelman
Durée : 45 minutes
Compagnies de production : Sugarcane Entertainment, FactoryMade Ventures, Rodriguez International Pictures
Distribution : Miramax, Entertainment One, Netflix, Amazon, Original network El Rey
Première : 11 mars 2014

Suicide Squad: Bande annonce et affiche du film DC Comics !

0

Dans le calendrier de la Warner Bros, Suicide Squad fait à la fois office d’exception et d’évidence. Adapté du comics éponyme, le long métrage rentre dans la longue liste des adaptations cinématographiques du 21e siècle. Issu donc du genre super-héroïque, Suicide Squad se démarque néanmoins des superproductions balourdes par une ironie noire des plus efficaces et l’utilisation de couleurs flashy étonnamment belles. Ainsi, après une bande annonce littéralement désastreuse pour sa production Batman v Superman, la Warner Bros a voulu rassurer les fans de la première heure comme les néophytes, tout d’abord par la sortie de deux affiches aux tonalités macabres et grotesques.

Par la suite, la célèbre major a dévoilé la nouvelle bande annonce du long métrage et le moins que l’on puisse dire, c’est que la réussite est au rendez vous. Arborant une photographie somptueuse chromée au fluo, le long métrage ne lésine par sur l’humour noir, sans pour autant tomber dans l’ironie facile ou la futile vulgarité. En ressort une très bonne impression, celle d’attendre un long métrage qui saura nous divertir, tout en possédant sa propre identité artistique. Ainsi, dans un Hollywood rempli à ras bord de projet plus commun les uns que les autres, la venue d’un tel projet est plus que réjouissant. Vivement le 3 Août prochain pour savourer un film qui s’annonce grandiose.

Suicide Squad : Bande-annonce

Hommage à Ettore Scola (1931-2016)

0

Ciao, maestro !

On croyait que l’hécatombe 2016 n’allait concerner que les stars musicales (désolé si j’en choque certains, mais malgré tout le respect que j’ai pour lui, je ne considère pas David Bowie comme une « star du cinéma ») mais une news tombée dans cette soirée du 19 janvier nous rappelle que les grands noms du 7ème art peuvent aussi être touchés.

Âgé de 84 ans, Ettore Scola avait signé son dernier film il y a seulement trois ans, avec un excellent documentaire sur son ancien ami Federico Fellini. Et pourtant, cette légende du cinéma italien, née le 10 mai 1931 à Trevico, n’était pas prédestinée à être un réalisateur de renommée internationale puisque c’est en publiant de courtes histoires drôles et des caricatures dans un magazine spécialisé, parallèlement à ses études en droit, qu’il rencontre Fellini, lui aussi rédacteur dans ce magazine. C’est ce dernier qui le pousse à écrire des scénarios, qui connaissent rapidement le succès grâce notamment au talent de Dino Risi qui réalise, entre autres, les comédies Le Fanfaron (1961) et Les Monstres (1964). Il s’impose dès lors comme un des maîtres de cet humour noir qui caractérise le cinéma italien post-néoréaliste.

C’est en 1964 qu’il décide de réaliser son premier film, et grâce à sa notoriété dans le milieu il dirige déjà des stars locales tels que Vittorio Gassman puis plus tard Ugo Tognazzi, Marcello Mastroianni ou encore Bertrand Blier et Michel Simon. En 1974, sa popularité devient internationale grâce au très émouvant Nous nous sommes tant aimé puis, à peine deux ans plus tard, avec ce sommet d’humour noir qu’est Affreux, sales et méchants (qui d’ailleurs remporte le prix de la mise en scène à Cannes). Deux films qui à eux-seuls sondaient avec une justesse déconcertante les contradictions de la société italienne et ses démons.

En 1977, Ettore Scola signe également Une journée Particulière, où il réussit à impliquer une irrésistible romance entre Sophia Loren et Marcello Mastroianni dans un contexte historique des plus néfastes. A côté de ces œuvres devenues incontournables, il continue à percer dans le domaine de la comédie, qu’elle soit romantique ou satirique, en participant au film à sketchs Les Nouveaux Monstres (1977), et en réalisant La Terrasse (1980), Passion d’amour (1981) ou encore Macaroni (1985).

En 40 ans de carrière, ce maître de la comédie romantique aura signé une quarantaine de films qui sont à présent entrés dans la grande histoire du cinéma italien. Ettore Scola est indéniablement un des derniers maîtres de cette grande époque qui nous a quitté. Puisse-t-il reposer en paix au Panthéon des cinéastes.

Extraits de Le Bal de Ettore Scola, un film virtuose qui étudie l’évolution de la société à travers la danse:

Scream Queens Saison 1: Critique série

0

Les trois premiers épisodes de Scream Queens n’étaient pas franchement emballants. Malgré un début en fanfare, le concept semblait déjà s’épuiser. Il restait toutefois dix épisodes au nouveau délire de Ryan Murphy pour développer un peu ses intrigues tordues, ses personnages niais et éventuellement surprendre le spectateur optimiste qui sommeille en chacun de nous.

Synopsis : Grace Gardener fait sa rentrée sur le campus de l’université Wallace. Elle souhaite se rapprocher de sa défunte mère en rejoignant la sororité des « KKT » (Kappa Kappa Tau) dirigée par Chanel Oberlin. Mais au cours d’un test d’initiation pour rejoindre la sororité, un mystérieux tueur déguisé en la mascotte de l’université attaque et tue l’une des candidates. À la suite de cet événement, l’université est frappée par une série de meurtres qui pourrait être liée à un crime horrible qui a eu lieu au sein des « KKT » en 1995, soit vingt ans auparavant.

Pop ! Goes my heart…

Sauf que ce cher Ryan semble pris dans une spirale infernale de non-créativité, se dédiant corps et âme à des intrigues prétextes qui débouchent sur des créations boursouflées par un esprit postmoderne outrancier et qui atteint rapidement ses limites narratives et esthétiques.

Des références pour cinéphiles et sériephiles endurcis, la série en regorge. Des plans subjectifs démocratisés par Carpenter dans Halloween à la fameuse scène de douche de Hitchcock rejouée par Jamie Lee Curtis (fille de Janet Leigh, la première victime de Norman Bates), chaque détail narratif ou visuel fonctionne en forme de clin d’œil adressé au spectateur. L’univers de Scream Queens semble entièrement bâti sur une certaine idée de la pop culture. Les couleurs sont pétantes, les costumes chatoyants, les acteurs sont beaux et séduisants, et les références contemporaines fusent (les délires de Joaquin Phoenix par-ci, Karl Lagerfeld par-là). L’auteur se permet même une référence à Jean Luc Godard, et faire ça aux States, il fallait oser. Partant de là, Ryan Murphy aurait pu créer une œuvre télévisuelle néo-Pop Art, mélangeant toutes les influences de la culture populaire, du film d’horreur à la comédie teen, pour déboucher sur un objet aussi singulier qu’incisif. Ça aurait pu marcher si le showrunner n’avait pas oublié que la pop s’apprécie dans l’instant court, comme un flash. L’image « Pop » se doit d’imprimer une idée rapidement dans le cerveau, elle ne se ressent pas dans la durée mais éclate comme un bulle (d’où le « pop »). C’est pareil pour une œuvre audiovisuelle, si elle veut être ainsi, elle ne doit pas durer plus que de raison. Et si Scream Queens avait duré le temps d’un film de 1h20 ou 1h30 en condensant son propos, à l’instar du Kaboom de Gregg Araki (2010) qui réussit son coup avec une démarche similaire, l’ensemble aurait été beaucoup plus agréable, et nous aurait peut-être épargné quelques absurdités (les cours d’analyse filmique présentés sont d’une grande idiotie).

Seulement voilà, Ryan Murphy (ou la FOX) voulait treize épisodes et rapidement la durée se fait sentir. Le péripéties sont à rallonge, les scénaristes multiplient les fausses pistes qui ne dupent personne, puisque le concept annonce d’entrée de jeu que la vraie révélation ne viendra qu’à la toute fin, et les dialogues tentent de combler le vide par des blagues parfois réussies, mais souvent lourdes ou hors de propos. A force de diluer dans le temps une tension comique qui ne peut marcher que sur une durée concise, la série perd de vue ses objectifs et se concentre sur des sous-intrigues aussi stupides qu’inutiles sur lesquelles viennent se greffer des personnages auxquels on a bien du mal à croire. Car en plus de rater cette esthétique du choc, nécessaire à toute œuvre grand public qui se voudrait incisive, Murphy perd également de vue la colonne vertébrale vitale de toute œuvre feuilletonante : la progression narrative.

Raconter une histoire de tueur en série est une chose, mais si les personnages impliqués n’évoluent pas, n’apprennent rien ou ne changent pas, le format série devient inutile. Du début à la fin, Chanel (Emma Roberts), la pétasse de service, reste telle quelle, de même que son antagoniste Grace qui reste naïve d’un bout à l’autre. Et si éventuellement le caractère d’un personnage change, c’est en dehors de toute logique. Ainsi la doyenne apparaît aux premiers abords manipulatrice, puis psychotique, avant de passer par le stade de l’adulte compréhensive, pour redevenir psychopathe, amorale et experte en arts martiaux. Clairement les scénaristes sont dépassés, ne savent plus où ils vont et essayent de sauver les meubles par des saillies burlesques et trash afin de détourner l’attention d’un spectateur qui sent son sourcil gauche se lever de plus en plus haut. Pendant ce temps, les acteurs sont livrés à eux-mêmes, en roue libre totale, et déploient des efforts considérables pour faire exister des personnages que le showrunner n’a même pas pris le temps de définir correctement. Défile alors une succession de performances parfois très agaçantes, comme Niecy Nash en agent de sécurité qui appuie sa black attitude de façon trop caricaturale ou Abigail Breslin en mode hystérique incontrôlable. Tout le monde tire la grimace pour sauver la série du désastre et au milieu de cette épuisante mascarade, seul Glen Powell (Chad le beau gosse) et Jamie Lee Curtis (Munsh la doyenne) tirent leur épingle du jeu. Le premier se révèle hilarant avec son visage parfait capable de balancer les énormités les plus grossières sans broncher, la seconde, ex-muse de Carpenter, nous rappelle avec plaisir l’actrice de talent qu’elle est, et surtout fait preuve d’une puissance comique dévastatrice qui n’a rien à envier aux meilleurs personnages de cartoons. Ils sont les seuls que l’on prend plaisir à revoir, ce qui rend le final d’autant plus frustrant, étant donné que ni l’un ni l’autre n’ont finalement d’influence véritable sur la trame principale.

Désastre aussi bien artistique que public, Scream Queens est plutôt mal partie. A moins que les scénaristes ne se retroussent les manches et ne décident de modifier la structure de la série. S’ils font le choix de l’anthologie (comme pour American Horror Story), un changement de lieu, des personnages mieux développés et une écriture moins soumise à la référence pop directe pourraient bien sauver une série qui possède un certain potentiel, mais souffre des ambitions limitées d’un créateur à l’ego surdimensionné. Sauf que la saison 2 annoncée ne présage rien de bon, en nous promettant de nouveaux personnages dans… un hôpital psychiatrique, ou comment tenter de surfer sur le succès d’American Horror Story en reprenant les mêmes éléments… A croire que le cœur n’y est plus.

Fiche technique: Scream Queens

Titre original: Scream Queens
Genre: Comédie horrifique
Création: Ryan Murphy, Brad Falchuk, Ian Brennan
Production: 20th Century, Fox Television, Prospect Films
Ryan Murphy Productions, Brad Falchuk Teley-Vision
Acteurs: Emma Roberts, Jamie Lee Curtis, Skyler Samuels,Keke Palmer,Abigail Breslin, Lea Michele
Musique: Mac Quayle
Pays d’origine: États-Unis
Chaîne d’origine: Fox
Nb. de saisons: 1
Nb. d’épisodes: 13
Durée: 42 minutes
Diff. originale: 22 septembre 2015 – en production

Legend, un film de Brian Helgeland : la Critique

Synopsis : Londres, les années 60. Les jumeaux Ronnie et Reggie Kray – tous deux incarnés par Tom Hardy –, célèbres gangsters du Royaume-Uni, règnent en maîtres sur la capitale anglaise. A la tête d’une mafia impitoyable, leur influence parait sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie, Frances – interprétée par Emily Browning –, incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable.

Double ration de Tom Hardy pour un seul et bon film

            Lors du Arras Film Festival, nous avons découvert en avant-première le nouveau film du scénariste – ici pour la première fois réalisateur – Brian Helgeland, Legend. Mais qu’apporte le scénariste de Green Zone, Mystic River, Complots et L.A. Confidential entre autres et réalisateur de Payback au récit de grandeur et de chute du gangster ? Si la femme était un élément important dans Casino (1995) et The Goodfellas (Les Affranchis, 1990) du cinéaste Martin Scorsese, les films n’en restaient pas moins narrés par des personnages masculins. Si Helgeland est un homme, et a donc aussi un regard masculin, c’est un personnage féminin, Frances Shea – qui deviendra la femme de Reggie –, qui narre le récit du film.

            La place première de la femme dans le film apporte une toute autre vision du récit gangster-ien. Il ne s’agit pas de la montée et de la disgrâce de ceux-ci dont l’appétence de pouvoir les a détruit. Loin de là, les frères Kray, s’ils ont su agrandir leur empire, sont restés modestes. Le premier problème est l’impossibilité de Reggie de se détacher de travail, pour se concentrer sur l’amour de sa vie, Frances. En perdant sa femme (je vous laisse le plaisir de découvrir de quel genre de perte il s’agit), Reggie ne peut plus avancer. Comme il est dit dans le film, elle était la seule personne à pouvoir le comprendre. C’est à cause de son amour fou pour Frances que sa chute sera inévitable, mais pas que.

            En effet, le deuxième problème de Reggie, décidemment le personnage masculin principal, concerne son frère, Ronnie. On disait peu avant que Reggie ne réussissait pas à se détacher de son métier de gangster, ce dernier est incarné en la personne de Ronnie, son jumeau ne cessant d’affirmer son homosexualité – très difficilement acceptée dans les années 60’s – et son titre de gangster. Si le film est une histoire d’amour, celle-ci est double : amoureuse, entre Reggie et Frances ; et fraternelle, avec Reggie et Ronnie.

            « Pourquoi as-tu fait ça ? » dit Ronnie à Reggie qui vient de littéralement massacrer à coup de couteau un personnage devant bien d’autres personnes, en pleine fête. « Parce-que je ne peux pas te tuer » lui répond Reggie. Et c’est de tout cela qu’il s’agit dans le film, de l’amour et de la haine fraternelle, du sentiment familial peut-on dire, qui lie les jumeaux à la vie et à la mort, et les condamnera forcément à leur chute. Non pas juste parce qu’ils sont frères, mais parce que si Reggie est un business man agressif dira-t-on, son frère Ronnie est psychologiquement – et peut-être plus – souffrant. « Taré », « siphonné » dira Reggie à propos de son frère dont il a forcé la sortie d’un hôpital psychiatrique de haute sécurité, à coup de pot de vin et de menaces. Cette libération du frère jumeau souffrant au début du film annonce la fin du premier qui au fond ne cherche qu’à vivre une vie familiale avec sa femme.

            Si cette dernière le pense incapable d’arrêter son « métier » car l’aimant trop, il semble que la fin l’ait fait avoir tort. Si l’existence du couple amoureux agrandissait Reggie, celle du duo fraternel le gangrénait. Une ambivalence formidablement interprétée par Tom Hardy, qui en a incarné une autre, celle des frères. En effet l’acteur a véritablement livré une performance en incarnant les deux frères Kray. Les plans les contenant à deux frisent la schizophrénie tant l’acteur réussit à créer deux entités différentes avec un même corps, mais deux gestuelles, deux verbiages et deux champs d’actions formidablement différents et subtils. Mais comme dit précédemment, Reggie a plus d’importance, il faut toutefois noter qu’il y a une certaine explication logique à cela : il est l’amant, le mari de la narratrice, celui par qui toute son histoire a commencé et s’est terminée. Remarquons aussi la formidable prestation d’Emily Browning, d’une beauté pure hallucinante – jamais surexposée, sexualisée –, et d’une justesse dans son rapport à Hardy, on regrettera cependant certains de ses dialogues clichés du film de genre, emplis de cynisme ridicule – et paradoxaux vu l’état du personnage alors qu’elle dit cela – du type: « Dieu ne nous a pas demandé à choisir entre plusieurs vies lorsqu’il nous l’a imposée, on a juste eu le choix sur la manière dont on la vit. »

            C’est là que le bat blesse, lors de ces moments de reprises de poncifs sur-usés du genre. Comme dans les deux films cités de Scorsese ou encore dans son « autre » film de gangster Le Loup de Wall Street (2013), on trouve un usage remarquable de la musique. Mais à l’inverse des films du maître, l’usage qu’en fait Helgeland est remarqué non pas pour son incroyable disposition à créer des grands moments de cinéma ou encore des ambiances « parfaites » avec la musique, mais pour sa surabondance. En effet, le réalisateur de 42 (2014) a une bande-son beaucoup trop riche. Si les compositions originales de Carter Burwell sont superbes, l’usage des musiques pré-existantes est exagéré. Comme dans un catalogue, elles sont presque citées pour le pur plaisir ou alors pour appuyer un propos – Chapel of Love des Dixie Cups sera ainsi utilisée lors du mariage de Reggie et Frances, hormis l’aspect pop et alors « cool » qui s’en dégage, était-ce nécessaire ? À quoi sert-elle hormis comme couverture de l’action ?

https://www.youtube.com/watch?list=PL3YxWGyM8zz80HFobA6scx_SuOGPyrIVC&v=rTq7w8P6_2I

               De plus, la réalisation d’Helgeland est intéressante, à contre-courant des montages hyper-cutés qui tendent à envahir les écrans de cinéma et de télévision depuis une dizaine d’année. Le réalisateur de Payback et scénariste de cinéastes-auteurs confirme sa touch et propose une réalisation soignée, posée et aussi en mouvements purs dans des plans parfois très longs et d’une grande maitrise que Robert Zemeckis n’aurait pas boudé. De plus, Helgeland a pensé la mise en scène en image de Tom Hardy et Tom Hardy, comme dit plus haut. Mais ne pourrait-on pas penser qu’Helgeland est plus un bon faiseur inspiré en terme de réalisation et davantage un auteur-scénariste ?

            Enfin, Legend est un film de gangster qui à l’inverse d’autres plus récents – Gangster Squad (Ruben Fleischer, 2013) par exemple –, tendent à défaire les légendes de ces grands bandits pour tenter de les comprendre, eux et leurs époques, qui, encore aujourd’hui en 2015, ne cessent de nous fasciner. On notera qu’en même temps, malheureusement ou heureusement, le film continue à les construire, ces épopées et tragédies modernes nées dans le sang de ses « héros ».

Legend : La bande annonce

Legend : Fiche Technique

Réalisation : Brian Helgeland
Scénario : Brian Helgeland, d’après l’œuvre de John Pearson
Casting : Tom Hardy, Emily Browning, Paul Anderson, Christopher Eccleston, Colin Morgan, Taron Egerton, David Thewlis, Chazz Palminteri
Directeur de la photographie : Dick Pope
Décors : Tom Conroy, Crispian Sallis
Costumes : Caroline Harris
Montage : Peter McNulty
Musique : Carter Burwell
Production : Working Title Films, Anton Capital Entertainment, Cross Creek Pictures, Studio Canal
Distributeur (France) : Studio Canal
Durée: 2 h 11
Date de sortie: 20 janvier 2016