From Dusk till Dawn saison 2 : critique série

C’est la grande mode du moment : adapter en série télé des plus ou moins grands films qui ont marqué le cinéma, comme Fargo ou Bates Motel. Une Nuit en Enfer est de ceux-là. La série From Dusk till Down reprend l’histoire du film de Robert Rodriguez dans les grandes lignes mais en pénétrant plus en profondeur dans la psychologie des personnages et dans les détails et la diégèse qui font toute la magie de l’histoire.

Synopsis: Nos personnages sont séparés dans leurs mondes : Santanico et Richie sont dans la région de Houston, et y vivent comme Bonnie et Clyde. De leur côté, Seth et Kate cherchent à faire profil bas au sud de la frontière, tandis que le flic Freddie est de retour chez lui et tente de protéger sa famille. Enfin, Carlos et Scott quittent finalement le Titty Twister avec de nouvelles ambitions. Tous seront forcés de s’unir contre une nouvelle menace plus grande qu’ils ne pouvaient le concevoir.

Notamment, la relation entre nos deux frangins desperados et les dessous du cartel de vampires chicanos. Dans la saison 1, on suivait le film de plus près mais déjà avec quelques variantes. Après un braquage sanglant commandité par le dénommé Carlos, les frères Gecko faisaient route vers le Mexique et atterrissaient au Titty Twister (Comprenez téton tortillé et tout ce qui va avec évidemment…).Dans ce bar de routiers aux inscriptions lumineuses Open Dusk till Dawn, la prêtresse Santánico (sculpturale Eiza Gonzales) les attendait en jouant des hanches. Ou plutôt, elle attendait véritablement Richard, totalement envoûté, pour qu’il la libère.

Ambivalence des personnages :
Là où le film faisait passer Richie, joué par Tarantino, pour un pervers psychotique et un peu limité, la série fait de lui un point central, un personnage clef vers lequel concourent tous les autres. Pas étonnant donc que, dans From Dusk till Dawn saison 2, un duo d’enfer se forme entre le jeune Gecko et Santánico Pandemonium. Elle-même mettant en quelques sortes les personnages de la série à l’épreuve et faisant éclater les vérités de chacun au sein du bar et du labyrinthe. La vampire est d’ailleurs la voix-off du générique et le fil d’Ariane de l’histoire.
Dans la série comme dans le film, tout n’est pas forcément ce qu’il y paraît, des vilains au cœurs tendres jusqu’aux flics torturés en passant par la petite famille catho bien proprette. Tous ont un côté sombre plus ou moins prononcé que les plus jeunes vont combattre dans From Dusk till Dawn saison 2. Paradoxalement, Carlos et Santánico vont révéler des caractéristiques positives voire bénéfiques. Si celles-ci sont de courte durée pour Carlos, on se demande si la diva est une vraie victime ou grande manipulatrice ? Est-elle bonne ou mauvaise ? Est-elle la déesse sauveuse nommée Kisa ? Toujours est-il que la belle a de sacrés pouvoirs et de grandes ambitions. Notamment celle de détruire l’assemblée de Culebras dominée par les Neuf Seigneurs de la Nuit avec à leur tête le redoutable Amancio Malvado (Esai Morales, La Bamba).
Avec l’aide d’un Richard Gecko (Zane Holtz) métamorphosé et autrement plus charismatique, y parviendra-t-elle ?

Savant mélange ou bazard monstre ?
From Dusk till Down saison 2 prend encore des distances par rapport à la trame de départ « bad boys vs mafia de vampires » d’autant que les personnages désormais moteurs étaient censés mourir dans le film. Au début de la saison, les survivants évoluent séparément et mènent chacun leur propre guérilla. Du coup, on ne sait plus trop à quel saint se vouer ni où le showrunner veut nous emmener. Et c’est finalement aux côtés du couple sulfureux que forment Richie et Santánico que le spectateur trouve de quoi se mettre sous la dent. On suit alors le combat des presque gentils vampires contre les vrais méchants Culebras : un Malvado plus cruel que jamais et son fidèle mais non moins barbare « Régulateur » (Danny Trejo). Ça écorche, ça saigne, bref ça ne fait pas dans la dentelle avec ces deux-là.
Du côté des vrais gentils, le Ranger Gonzales est tiraillé entre la voie de la raison et celle de sa destinée tandis que les deux jeunes Fuller cherchent celle de la rédemption. Alors que Kate choisit de jouer les justicières façon Buffy contre les Vampires, son frère lui semble se prendre pour un ninja – ce qui est d’autant plus cliché qu’il est d’origine asiatique. On l’aura compris, la saison 2 jongle parfois maladroitement avec le gore, l’humour lourdeau et les accents de série B ! Et si cette recette parvient à nous arracher quelques sourires ici et là, la plupart du temps on s’ennuie. Il faudra attendre l’épisode 5 pour renouer avec le climat rock n’roll de la première saison dans les retrouvailles du duo Gecko.

Malgré tout, on pourra dire que le récit tient la route dans From Dusk till Dawn saison 2. L’ambiance sombre saupoudrée d’hémoglobine et de sensualité est toujours de mise et les répliques cinglantes jouent avec l’humour noir et l’esprit bon enfant. Les images sont propres et esthétiques, dans des teintes foncées de rouge et d’ocre et la musique de Carl Thiel (Machete Kills, Planète Terreur, Sin City) est détonante comme à son habitude. Les personnages aussi imparfaits qu’attachants ont vraiment de la « gueule » et D.J. Cotrona aka Seth Gecko ne rate pas une occasion pour dévoiler ses pectoraux. La touch Rodriguez est bien là et c’est d’ailleurs avec beaucoup de plaisir qu’on retrouvera en prime l’acteur fétiche du réalisateur (et le nôtre !) : Danny Trejo (Machete Kills, Desperados) dans un rôle de bourrin qui lui va à merveille.

Fiche Technique : From Dusk till Dawn saison 2 :

Genre  : Horreur
Développé par Robert Rodriguez
Casting : D. J. Cotrona, Zane Holtz, Eiza Gonzalez, Jesse Garcia, Madison Davenport, Brandon Soo Hoo, Wilmer Valderrama, Don Johnson, Jake Busey, Esai Morales, Danny Trejo, Briana Evigan
Musique : Carl Thiel
Origine : U.S.A.
Nombre de saisons : 2, saison 3 en production
Nombre d’épisodes : 10 par saison
Producteurs exécutifs : Robert Rodriguez, Carlos Coto, Cristina Patwa, John Fogelman
Durée : 45 minutes
Compagnies de production : Sugarcane Entertainment, FactoryMade Ventures, Rodriguez International Pictures
Distribution : Miramax, Entertainment One, Netflix, Amazon, Original network El Rey
Première : 11 mars 2014

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Kristell Guerveno
Kristell Guervenohttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne enseignante férue d'histoires et de films en tout genre, j'adore partager mes passions et faire rêver mon entourage. Avant de me consacrer à l'éducation, j'avais étudié les lettres et le cinéma.

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