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L’Idéal, un film de Frédéric Beigbeder : Critique

Synopsis : Octave Parango travaille comme « model scout », c’est-à-dire dénicheur de mannequins, basé en Russie où il mène une vie d’hédoniste. Alors que son employeur commence à lui reprocher son manque de résultat, il est rappelé en urgence à Paris par une multinationale de cosmétique secouée par un scandale médiatique qui l’oblige à se trouver rapidement une nouvelle égérie.

Une fausse suite si édulcorée qu’elle en devient irritante

En 2007, Fredéric Beigbeder publie coup sur coup les romans « 99 Francs » et  « Au secours Pardon », deux récits inspirés de son expérience de publicitaire via son alter-égo littéraire Octave Parango. Aussitôt, Jan Kounen (réalisateur des très foutraques Dobermann et Blueberry) adapte le premier des deux en offrant le rôle principal à Jean Dujardin. Le résultat en fut une comédie satirique dont l’outrance tape-à-l’œil s’accordait bien au propos. Neuf ans plus, Frédéric Beigbeder, qui depuis a réalisé un premier long-métrage (la pseudo-comédie romantique L’amour dure 3 ans, elle aussi tirée d’un de ses romans à tendance autobiographique) décide d’adapter « Au secours Pardon », en en changeant le titre. Octave Parango prend cette fois les traits de Gaspard Proust, déjà personnage principal de son précédent film. En effet, de l’aveu même de l’auteur-réalisateur, L’idéal n’est pas une suite de 99 Francs, mais plutôt « une autre facette du même personnage ». On peut lire dans cette posture une fainéantise d’approfondir la diégèse pour créer un lien entre les deux films mais surtout une certaine crainte de la comparaison qui, quoi qu’il arrive, ne peut lui être que défavorable.

Passer ainsi de Jean Dujardin, qui incarnait de façon très drôle l’insupportable arrogance du personnage, à Garpard Proust, qui capitalise sur l’image d’individu cynique qu’il se donne sur scène mais dont le jeu est beaucoup moins expansif, est la première des nombreuses solutions de facilité qui se multiplieront dans cette réalisation nonchalante. L’autre défaut qui abaisse cruellement le niveau de cette comédie est contenu dès l’une des premières scènes, celle d’un enfant égaré au milieu d’une partouze cocaïnee. Un plan-séquence dont on peut se demander ce qu’elle apporte concrètement au récit, sinon un placement de produit pour Lui -magazine dont Beigbeder est rédacteur en chef. La réponse est facilement trouvable dans le dossier de presse où l’on peut lire que cette scène n’est rien d’autre qu’un souvenir du réalisateur. C’est indéniable : davantage que dénoncer la superficialité de l’univers de la mode, Begbeider ne veut que parler de lui. Le simple fait d’avoir modifié le nom de la société faisant office de titre au film, un ersatz évident de L’Oréal, alors que des films tels que The Big Short (que Beigbeder cite pourtant comme une de ses références !) nomment sans scrupule les entreprises qu’ils pointent du doigt, est symptomatique de la façon dont le nombrilisme de l’auteur va s’accompagner d’une regrettable frilosité dans le traitement de son sujet. En s’efforçant de justifier les vices d’Octave en vue de créer pour lui un semblant d’empathie, plutôt qu’explorer la satire de son contexte et la stigmatisation du système consumériste dans son ensemble comme l’avait fait Kounen, il parait évident que jet-setteur barbu ne cherche qu’à faire excuser son statut d’ex-pubard et de rédacteur d’une revue de charmes.

Formellement aussi, la mise en page fait preuve d’un tel manque de subtilité que son réalisateur en est réduit à cette autre solution de facilité, et à cet effet de mode, qu’est de briser le quatrième mur via des regard caméra pour se montrer explicatif dans la démonstration de son propos. Mais quel propos au fait ? Au vu du plaisir évident qu’il a de multiplier les belles images de superbes femmes dénudées, on doute que Beigbeder soit réellement conscient qu’il essaie de filmer une dénonciation de l’exploitation du physique avantageux de ces mêmes femmes (une industrie qui, rappelons-le une fois de plus, est le principal fonds de commerce de son magazine !). La façon dont Audrey Fleurot ne semble avoir été choisie que pour son sex-appeal en est le meilleur exemple, alors que l’emploi dans le même rôle d’une femme loin des canons de la beauté aurait pu créer un décalage assez sarcastique. De plus, dans les rares scènes où Beigbeder tente des excès visuels, tels que ceux qui surchargeaient 99 Francs, alors son extrême maladresse, ainsi que l’usage d’effets spéciaux vintage purement grotesques, rendent ces passages (en premier lieu, la fameuse fête dans le manoir russe) horriblement kitchs.

Dans l’ensemble, l’humour est lui-aussi mal exploité, souffrant, comme le reste, de ce mélange assez impropre de vulgarité et de consensualité. A noter d’ailleurs qu’un des gags n’est autre qu’un caméo de… Frédéric Begbeder, qui s’octroie à l’occasion la réplique la plus pompeuse de son film. La réunion du duo Proust / Fleurot n’est propice à aucune situation véritablement amusante ni surprenante. Deux autres acteurs parviennent en revanche à apporter un ton plus décalé au scénario : Jonathan Lambert -même son gout pour le transformisme a déjà été vu, vu et revu- mais surtout Camille Rowe, un véritable top model qui joue une caricature de mannequin demeurée enchainant les pires bévues. Le ton très premier degré dans lequel s’empêtre peu à peu le film ira sans surprise trouver son apothéose dans un happy-end mielleux et convenu, à mille lieues de la teneur transgressive que l’on pouvait attendre d’un sujet  qu’il semblait si facile de tourner en ridicule.

Le manque cumulé d’audace, de talent et d’autodérision dont fait preuve Frédéric Beigbeder a pour résultat une comédie insipide, à peine drôle et en aucun cas dénonciatrice de quoi que ce soit de concret. Mais, pire que d’être un film raté passant à côté de son sujet, L’Idéal est clairement une œuvre débordante d’un égocentrisme et d’une hypocrisie parfaitement méprisables.

L’Idéal : Fiche technique

Réalisation : Frédéric Beigbeder
Scénario : Frédéric Beigbeder, Nicolas Charlet, Bruno Lavaine, Yann Le Gal, Thierry Gounaud d’après le roman « Au secours, Pardon » de Frédéric Beigbeder
Interprétation : Gaspard Proust (Octave Parango),  Audrey Fleurot (Valentine Winfeld), Anamaria Vartolomei (Lena), Jonathan Lambert (Carine Wang), Camille Rowe (Monica Pynchon)…
Photographie : Gilles Porte
Montage : Dorian Rigal-Ansous
Costumes : Nadia Chmilewsky
Décors : Stanislas Reydellet
Producteurs : Ilan Goldman, Adrian Politowski, Sylvain Goldberg, Serge de Poucques, Gilles Waterkeyn
Sociétés de production : Légende Films, Orange Studio, Le 12e Art, Nexus Factory, UMedia
Distribution (France) : Légende Distribution
Durée : 90 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 15 juin 2016

France – 2016

Retour chez ma mère, un film de Éric Lavaine : Critique

Synopsis : La faillite de son cabinet d’architecture a mis Stéphanie sur la paille, l’obligeant même à revenir vivre chez sa mère, le temps de retrouver un emploi. Les deux femmes réussissent à faire des efforts pour cohabiter, mais lorsque le reste de la fratrie vient profiter d’un repas de famille, les choses s’enveniment.

Ou comment essayer de se montrer mature avec un pitch de comédie régressive et bon-sentimentaliste.

S’il est une chose que l’on ne peut pas nier à Eric Lavaine, c’est que son expérience à la télévision (H, Les Guignols de l’info…) lui a appris qu’il faut savoir profiter d’acteurs un minimum populaires pour attirer le public. Pas de chance, le caractère trop potache de ses premières comédies lui ont empêché de connaître le succès. Après avoir multiplié des pitchs parfaitement crétins développés par un humour si peu subtil qu’il fleurait souvent le racisme et l’homophobie gratuits, le réalisateur a eu la bonne idée, pour son précédent film, de mettre un peu d’eau dans son vin en partant d’un point de départ ultra-convenu mais toujours parlant (une réunion entre vieux copains) et de faire appel à un casting un peu plus endurable que ses habituels Clovis Cornillac et Franck Dubosc (en l’occurrence Lambert Wilson et Florence Foresti). Même si le résultat souffrait encore d’un manque de finesse, les 1,5 millions de spectateurs ont fait de Barbecue son plus gros succès à ce jour. Lavaine a donc retenu la leçon, et décidé de s’attaquer un sujet davantage convenu et universel, celui de la famille.

Le point de départ est donc des plus banals : Celui d’un retour aux sources, en l’occurrence d’une quadragénaire contrainte de revenir vivre chez sa mère. L’argument vanté par le production est celui de la peinture d’une génération dont l’émancipation et l’indépendance financière sont précarisées par la crise économique, ce qui semble apporter comme un discours anthropologique assez fataliste qui donnerait sens à cette comédie légère. Faut-il y voir un signe de maturité de la part du réalisateur ? Absolument pas, tant la gravité de ce sous-texte sociétal se fera complètement contredire par la niaiserie du happy-end qui viendra conclure le film. Tel sera le problème de l’ensemble du scénario : L’écriture manque de désirs de cinéma : En s’entretenant avec le réalisateur, il apparait évident qu’il s’est contenté  de transposer des anecdotes, personnelles ou rapportées, sans chercher à en exploiter le potentiel comique soit en les exagérant soit, au contraire, en les rendant plus subtiles. Le résultat, mêlé à un montage trop mou, en est une succession de vignettes, forcément rigolotes puisque renvoyant à des expériences que beaucoup de spectateurs ont vécues, mais formant pour la plupart des amorces de sous-intrigues inabouties.

Le duo Alexandra Lamy / Josianne Balasko, au cœur du récit, est paradoxalement celle des interactions entre personnages qui suscitera le moins de ces saynètes amusantes (le meilleur contre-exemple est évidemment celle de la Bande-annonce ci-dessous). C’est la scène centrale du film, celle du repas de famille, qui est fondamentalement le passage le plus drôle du film. A elle seule, cette dispute fratricide légitimerait presque de regarder l’ensemble du long-terme. Evidemment, les personnages secondaires (Mathilde Seigner, Jérôme Commandeur et Philippe Lefebvre) sont caractérisés de façon sommaire par le scénario, mais ce sont les dialogues qui, étonnamment, sont maitrisés, et surtout les interprétations sont parfaitement convaincantes. Un bel exercice de théâtre filmé donc. L’autre réussite de cette histoire est celle de l’inversion des rapports autour de l’intimité sexuelle. Le personnage de Josiane Balasko, une septuagénaire veuve depuis peu de temps, n’osant pas révéler à ces enfants qu’elle a entrepris une nouvelle relation amoureuse (qu’elle avait d’ailleurs déjà entamée du vivant de son mari, une révélation qui écorne maladroitement la sincérité qu’elle peut susciter) prend la place de l’adolescent cachant ses secrets à ses parents. Une façon ludique d’aborder ce tabou qu’est la sexualité des séniors, et qui apporte de la fraîcheur à cette fable gentillette.
Retour chez ma mère est incontestablement la meilleure –ou la moins mauvaise, c’est selon– des réalisations d’Eric Lavaine. Les conflits familiaux sont une source intarissable de situations dans lesquelles il est facile de se retrouver, et cette comédie en joue allégrement pour obtenir un sympathique moment de détente… à passer un soir sur TF1.

Retour chez ma mère : Bande-annonce (qui est davantage un extrait qu’une bande-annonce en fait)

Retour chez ma mère : Fiche technique

Réalisation : Eric Lavaine
Scénario : Eric Lavaine, Héctor Cabello Reyes
Interprétation : Alexandra Lamy (Stéphanie), Josiane Balasko (Jacqueline), Mathilde Seigner (Carole) Philippe Lefebvre (Nicolas), Jérôme Commandeur (Alain), Cécile Rebboah (Charlotte), Didier Flamand (Jean)…
Photographie : François Hernandez
Montage : Vincent Zuffranieri
Musique : Fabien Cahen
Décors : Isabelle Quillard
Producteurs : Vincent Roget, Jérôme Seydoux
Sociétés de production : Same Player, Pathé Production, TF1 Films Production
Distribution (France) : Pathé
Durée : 97 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 1er juin 2016

France – 2015

Warcraft : Le commencement, un film de Duncan Jones: critique

Synopsis : Le pacifique royaume d’Azeroth est au bord de la guerre alors que sa civilisation doit faire face à une redoutable race d’envahisseurs: des guerriers Orcs fuyant leur monde moribond pour en coloniser un autre. Alors qu’un portail s’ouvre pour connecter les deux mondes, une armée fait face à la destruction et l’autre à l’extinction. De côtés opposés, deux héros vont s’affronter et décider du sort de leur famille, de leur peuple et de leur patrie.

Fan-fiction de luxe

Depuis ses débuts, le cinéma n’a jamais reculé devant l’idée d’adapter des œuvres célèbres pour amener un public de plus en plus large dans les salles. Bon gré mal gré, les spectateurs accueillent avec plus ou moins d’enthousiasme ces relectures parfois réussies, parfois infidèles. Le principe fonctionne et semble rentable, donc pourquoi l’arrêter ? Tout y est passé : romans célèbres, théâtre, livres jeunesses, bandes dessinées etc. De quoi donner au cinéma l’arrogance de se placer au dessus des autres arts. Mais depuis quelques décennies c’est la tuile, les réalisateurs et producteurs semblent face à un mur infranchissable. Dernier arrivé dans la courses, le jeu vidéo apparaissait comme la nouvelle poule aux œufs d’ors pour Hollywood, mais résiste toujours à l’hégémonie de la caméra. Les exemples ne manquent pas, donnant toujours plus de frissons aux joueurs. On espérait que Warcraft changerait un peu la donne, il n’en est finalement rien. À peine sorti, le film de Duncan Jones est déjà traité de tous les noms par la critique et les fans de la saga, qui lui reprochent d’être une mauvaise fan-fiction à 160 millions de dollars.

Mérite-t-il ce déferlement de haine ? Oui et non. Objectivement (si l’on considère l’objectivité possible dans une salle de cinéma), ce n’est pas un grand film et les problèmes sont nombreux. Réalisateur de deux films SF minimalistes (Moon et Source Code), Duncan Jones semble rapidement dépassé par son sujet, ne trouvant jamais vraiment l’équilibre entre les multiples registres qu’il convoque (tragique, épique, magique, comique). Ainsi certaines blagues fonctionnent, d’autres tombent à plat. Idem pour les séquences émotions, si certaines lignes narratives sont suffisamment bien construites pour provoquer au final un peu d’empathie, d’autres sont complètement erratiques. Il suffit de voir deux personnages se raconter leur enfance malheureuse au coin du feu pour se rendre compte que l’écriture générale de l’ensemble pâtit finalement d’une volonté de trop en faire. Trop de personnages à mettre en avant, trop de concepts nouveaux à expliquer et surtout un univers entier à ouvrir au spectateur. Clairement Duncan Jones est un cinéaste minimaliste. Dans sa quête de la densité, il se perd en route et échoue à donner l’amplitude nécessaire à ce genre de récit.

Occasionnellement Warcraft trouve le ton juste lors des séquences plus restreintes. Celles où seuls deux personnages discutent, que se soit deux orcs qui parlent de l’avenir ou deux humains qui se charrient. Dès que le réalisateur franchit cette limite, le film devient maladroit. Les grandes séquences de batailles que nous promettaient les bandes annonces apparaissent molles et mal chorégraphiées, à peine rattrapées par un travail du son efficace qui donne aux coups portés la puissance qu’ils n’ont pas à l’image. L’affrontement dans le canyon fait office d’exemple de tout ce qu’il ne faut pas faire. Mauvais dosage entre plans rapprochés et plans larges, figurants mal dirigés frappant dans le vide sans conviction etc. Ce qui nous donnait des frissons dans la trilogie du Seigneur des anneaux nous ennuie ici rapidement, en plus d’être desservit par des effets spéciaux de mauvaises factures (les éclairs lancés par le mage-gardien rappelant les heures de gloire de la 3D isométrique). À la différence des duels, surtout entre orcs, qui retrouvent un peu cette force brute qui fait défaut au reste du film. Manifestement, Jones n’est pas fait pour les grandes fresques cinématographiques.

Ce qui est problématique, car le film ne s’appelle pas World of Warcraft. Peut-être que l’on pinaille mais ça fait toute la différence. WoW, c’est les joueurs qui se déplacent dans un monde dense offrant de multiples possibilité, Warcraft c’est la mise en place de ce monde par un joueur plus ou moins démiurge. Si le réalisateur s’était embarqué dans une adaptation du jeu en ligne, peut être qu’il aurait été plus à l’aise en racontant une histoire à l’échelle d’un ou plusieurs individus qui évoluent et découvrent cet univers (en même temps que le spectateur). Mais le choix s’est porté sur le premier opus de la franchise. Donc des batailles entre peuples rivaux où les personnages (les fameux héros) participent de concert à des enjeux plus grands. Toute la difficulté de l’adaptation est là : mettre en place un univers nouveau tout en collant à l’esprit du matériau d’origine. Et c’est principalement sur ce point que Warcraft : Le commencement échoue, s’arrêtant sur des débats d’états-majors longuets et redondants mais oubliant d’adopter un discours plus général et réfléchi sur les ravages de la guerre ou la nécessité d’une paix entre les peuples. Sans cela, on reste sur une impression de voir défiler à l’écran une longue cinématique de luxe, avant de lancer sa partie.

Le film est-il pour autant à jeter totalement ? Les défauts sont certes légions, mais l’ensemble n’est pas exactement un navet total. Les acteurs tiennent plus ou moins la baraque, et ce malgré l’absence de star quatre étoiles au casting. Quant à la bouillie numérique décriée par beaucoup, si les effets magiques semblent risibles et kitsch, la modélisation des orcs est étonnamment réussie. Au point que l’on ressent finalement plus d’empathie pour ces gros malabars pixelisés que pour les humains en armure clinquante. L’échec de la représentation de ces derniers démontre finalement toute la difficulté d’adapter un jeu qui compensait sa violence sanglante par son esthétique cartoon et sympathiquement kitsch.

Coté scénario, si tout cela manque un peu de philosophie, la trame générale reste tout de même cohérente et offre une bonne base à un divertissement honnête. Et contrairement à ce qu’affirmeront certains, celui-ci ne fait pas honte au jeu. Cela ressemble peut être à de la fan fiction, mais imaginer qu’une adaptation de jeu vidéo au cinéma puisse avoir un script réussi est en soit une utopie. De la même manière qu’un scénario apparaîtra toujours moins riche qu’un roman, la trame d’un jeu sera toujours plus sommaire que celle d’un film. L’essence du jeu vidéo tient surtout dans l’interactivité avec le joueur (le fameux gameplay). Si l’on enlève à celui-ci cette dimension fondamentale, il ne reste plus que le récit, qui est souvent un prétexte, et l’univers beaucoup trop dense pour rentrer dans un seul film. Ainsi ici les fan les plus hardcore regretteront l’absence des gnomes, taurens, mort-vivants, gobelins, ogres, pandas et autres races diverses qui composent l’univers de Warcraft, tout autant que le manque de moutons explosifs (ce qui ajoutait du sel à des parties parfois éprouvantes). Au final le scénario du film n’est pas meilleur ou pire que celui des jeux (prenons du recul et souvenons nous des dialogues miteux de la campagne de Warcraft 3), il est équivalent, et c’est peut être le mieux que nous pouvions espérer.

Warcraft : le commencement est finalement une preuve supplémentaire de l’hermétisme entre deux média. Malgré quelques qualités, l’ensemble est plombé par l’ampleur des ambitions et des attentes qui dépassent le réalisateur. Mais de toute façon, même avec la meilleure volonté du monde, aucun cinéaste n’arriverait à faire oublier qu’il s’agit de l’adaptation d’un jeu, ce qui détruit d’emblée toute possibilité d’immersion.

Warcraft: Le commencement : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=-vwPitt1XMQ

Warcraft: Le commencement : Fiche technique

Réalisation : Duncan Jones
Scénario : Duncan Jones et Charles Leavitt d’après le jeu vidéo Warcraft de Chris Metzen
Interprétation : Paula Patton, Ben Foster, Travis Fimmel, Dominic Cooper, Clancy Brown….
Image : Simon Duggan
Montage: Paul Hirsh
Musique: Ramin Djawadi
Costumes : Mayes C. Rubeo
Décor : Dan Hermansen, Helen Jarvis, Margot Ready et Grant Van Der Slagt
Producteur :  Alex Gartner, Jon Jashni, Charles Roven et Thomas Tull
Société de production : Atlas Entertainment, Blizzard Entertainment, Legendary Pictures et Universal Pictures
Distributeur : Universal Pictures
Durée : 123 minutes
Genre: Heroic-fantasy, Aventure, Guerre
Date de sortie : 25 mai 2016

Etats-Unis – 2016

Elle, un film de Paul Verhoeven : Critique

On pouvait craindre un improbable rape & revenge chabrolien… c’est lorsqu’on se rend compte que l’on à affaire à un mélange – tout aussi improbable – entre Buñuel et Haneke que l’on comprend qu’on est chez Verhoeven !

Synopsis : Michèle Leblanc est une cinquantenaire au fort caractère, à la tête d’une société de jeux vidéo. Un après-midi, un homme masqué pénètre chez elle et la viole. Plutôt que d’avertir la Police, Michèle, incapable de s’assumer en tant que victime, va tenter de le débusquer afin de le manipuler.

Le vice dans la chair

Dix ans. Dix ans déjà qu’on attendait le retour de notre bien-aimé « Hollandais Violent ». Discrédité à Hollywood après les échecs commerciaux successifs des sous-estimés Showgirls et Starship Troopers et du – bien plus oubliable – Hollow Man, Paul Verhoeven avait déjà dû revenir sur ses terres natales pour signer son excellent Black Book en 2006. Mais depuis, en dehors l’exercice nanardesque Tricked en 2012 (qui n’est cependant pas à négliger, dans le sens où il s’agit du premier-long métrage entièrement financé par Crowdfunding), les fans restaient dans l’espoir que le réalisateur néerlandais parvienne à mettre au point le biopic de Jésus sur lequel il travaille depuis si longtemps et à propos duquel il a écrit un livre véritablement passionnant. C’est donc avec une certaine surprise que l’on a appris que son retour sur les grands écrans se ferait via l’adaptation d’un autre ouvrage mais surtout une production franco-française (quoiqu’un peu allemande aussi pour être honnête). Un retour d’autant plus remarqué qu’il fut sélectionné à Cannes, où sa diffusion a pleinement satisfait les critiques.

Elle est donc tiré du roman français au titre tout aussi monosyllabique « Oh… » de Philippe Djian, un auteur dont les écrits ont plusieurs fois été portés à l’écran, notamment dans le déjà sulfureux pour l’époque 37°2 Le matin (Jean-Jacques Beineix, 1985). Après s’être vu refusé d’adapter cette histoire aux Etats-Unis, où elle fut jugée contraire aux codes de la sacro-sainte bien-pensance, Verhoeven s’est donc logiquement tourné vers la France, et en particulier vers Saïd Ben Saïd, ce producteur franco-tunisien qui, en 12 ans, est tout de même passé de Les Dalton au dernier Cronenberg. C’est ensemble qu’ils ont mis au point ce film qui prouve, avant toute chose, que le réalisateur de Total Recall sait s’acclimater au cinéma local, comme il l’a fait en arrivant à Hollywood, sans perdre de son mordant. Car, contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, à aucun moment Verhoeven n’a cherché à faire du cinéma « à l’américaine » et semble avoir parfaitement digérer les codes du cinéma d’auteur hexagonal (photographie terne, plans fixes, décors domestiques…) pour mieux y apporter sa patte anticonformiste. Depuis toujours fasciné par les personnages féminins forts (de celui de Jennifer Jason Leigh dans La Chair et le sang à celui de Carice van Houten dans Black Book, en passant évidemment par Sharon Stone dans Basic Instinct qui lui avait valu sa dernière Sélection à Cannes), le réalisateur a eu un éclair de génie en faisant appel à l’inénarrable Isabelle Huppert, qui d’ailleurs était, de l’aveu de Philippe Dijan, pressentie pour le rôle dès l’écriture du livre.

Débutant par le choc primaire d’une scène de viol, le film nous immerge aussitôt dans l’ambiance malsaine de son récit. Et pourtant, à l’inverse des nombreuses scènes similaires filmées de façon frontale (Orange mécanique, C’est arrivé près de chez vous, Irréversible…), ici l’usage du hors-champs -alors que la caméra se pose sur l’unique témoin de la scène (en l’occurrence, le chat)- et de deux flashbacks, qui en proposeront un déroulement différent, font de cet acte immonde un objet de fantasme laissé aux bons soins de l’imagination du spectateur. Une mise en abyme qui prouve que Verhoeven va s’amuser, tout au long du film, à manipuler le public pour le tenir à distance du moindre repère moral auquel se raccrocher. Pensé à la façon d’un portrait de femme, le personnage interprété par Isabelle Huppert est présente sur chaque plan et apparait comme la quintessence de l’ambiguïté psychologique. Patronne autoritaire embourgeoisée, fille d’un tueur en série en prison depuis 35 ans et d’une cougar botoxée (Judith Magre), mère d’un grand dadais immature dans le déni de l’adultère de sa copine (Jonas Bloquet et Alice Isaaz), divorcée d’un écrivain raté qui s’accroche désespérément à elle (Charles Berling) et maîtresse du mari de sa meilleure amie très naïve (Christian Berkel et Anne Consigny), Michèle est pour ainsi dire un personnage auquel il est bien difficile de s’identifier, ce qui gênera immanquablement les spectateurs habitués à se retrouver dans les héros aseptisés du cinéma hollywoodien.

Mais toute la force du récit repose dans le rapport que cette femme victime d’une agression sexuelle va entretenir avec son auteur. Aussitôt après ce qui aurait dû être pour elle un traumatisme, Michelle prend un bain. Un geste qui peut sembler anodin mais qui illustre très bien  la façon dont elle va s’imprégner de ce viol, représenté à l’écran par une tâche de sang dans la mousse, plutôt que de chercher à en éliminer les traces pour s’en purifier. C’est parce qu’elle refuse d’être traitée comme un vulgaire objet sexuel qu’elle va, dès lors qu’elle sera persuadée que le coupable est dans son entourage et non pas un inconnu désireux de venger sur elle les crimes de son père, se lancer dans un petit jeu de provocations pervers afin de dénicher le coupable pour prendre la main sur cette relation dominant/dominée. Toute une partie du film agréablement dérangeante, pleine de tensions et de défiance des uns envers les autres, faite de jeux de regards et de sous-entendus entre Michèle et les personnages secondaires. Sa famille et ses amis, ainsi que ses voisins. A noter d’ailleurs que le personnage de la voisine bigote (Virginie Efira) a pris plus de place que dans le roman, marque de l’obsession de Verhoeven pour la religion, et en particulier prétexte à placer la réplique, à propos des fêtes de noël « Ce que j’aime c’est le moment de la natalité, c’est là que tout a commencé », qui ne prend son sens que lorsqu’on sait que, dans sa relecture des Evangiles, le Christ est issu d’un viol.

Parce que toutes ces figures caricaturales manquent cruellement de nuances, limitées à leurs vices respectifs au point de les rendre quelque peu grotesques, l’ensemble prend l’allure d’une satire sociale en forme de farce absurde, dont le mauvais goût assumé (exacerbés par les extraits de jeux-vidéo) va susciter des rires honteux. Le manque de subtilité dans la peinture de cette petite bourgeoisie et de ce milieu misogyne, où tout suinte le malsain, devient ainsi vecteur d’un ton décalé qui lui-même va rendre l’amoralité absolue du personnage principal plus perturbante encore. Un équilibre délicat et parfaitement maîtrisé jusqu’à un point de rupture qui fera perdre au dernier acte du scénario le mordant de ce qui a précédé. La révélation de l’identité du violeur va en effet faire déplacer la source du malaise de l’installation d’un doute paranoïaque, dans une atmosphère quasi-hitchcockienne, à celle d’une relation passionnée profondément perverse. Le basculement psychologique qui aura fait passer Michèle de l’état de proie à celui de prédateur pose une inversion des rapports de force sexistes qui est un cheminement récurrent chez Verhoeven (Steppers, Showgirls…) mais qui n’aura, en termes de perversion, jamais été poussé aussi loin que par cette façon d’imaginer une femme tombant amoureuse de son violeur. Un argument éminemment sujet à controverse dans notre société post-féministe. Toutefois, les scènes de viols rapidement expédiées dans la dernière demi-heure mais surtout le fait que la réplique la plus explicite et controversée du roman soit coupée dans le film (« J’ai connu pire avec des hommes que j’avais librement choisis ») circoncisent quelque peu le jusqu’au-boutisme trash et transgressif de la transposition de ces pulsions sadomasochistes.

Quoiqu’il en soit, le mal à l’aise dans lequel est plongé le public par ce récit amoral n’a d’égal  que l’équivoque de ce que représente l’énigmatique et  sulfureuse Michèle, à la fois effrayante sociopathe, porte-étendard d’une génération de femmes fortes et affairistes que rien ne semble ébranler et victime de deux hommes (son père et le violeur) dont les crimes ont bouleversé la vie au point de l’empêcher de se sociabiliser. Un peu les trois peut-être.

Elle : Bande-annonce

Elle : Fiche technique

Réalisation : Paul Verhoeven
Scénario : David Birke d’après l’œuvre de Philippe Djian
Interprétation : Isabelle Huppert  (Michelle), Charles Berling (Richard), Jonas Bloquet (Vincent), Laurent Lafitte (Patrick), Virginie Efira (Rebecca), Anne Consigny (Anna)…
Photographie : Stéphane Fontaine
Montage : Job ter Burg
Musique : Anne Dudley
Direction artistique : Laurent Ott
Producteurs : Saïd Ben Saïd, Michel Merkt
Sociétés de production : SBS Films, France 2 Cinéma, Twenty Twenty Vision
Distribution (France) : SBS Distribution
Récompenses et festival : Compétition officielle à Cannes 2016, Césars 2017 de la meilleure actrice pour Isabelle Huppert et du Meilleur film
Durée : 130 minutes
Genre : Drame, thriller
Date de sortie : 25 mai 2016

France – 2015

Joyeuse Fête des Mères, un film de Garry Marshall : Critique

Synopsis : Chaque année, des millions de familles se retrouvent lors de cette occasion spéciale qu’est la fête des mères. Ce jour-là, les routes de plusieurs personnes vont se croiser…

Bienvenue au pays du kitsch

Après le film sur la Saint-Valentin (Valentine’s Day), le film sur le Jour de l’An (Happy New Year), que manquait-il comme journée spéciale à célébrer ? Noël étant le centre de moults histoires, le réalisateur Gary Marshall, après deux long-métrages choraux (et un Pretty Woman il y a fort longtemps), enchaîne avec son troisième sur le thème de la Fête des Mères. Un sujet fédérateur donc, puisque comme chacun le sait, tout le monde a une maman. Le but ici n’étant bien sûr pas de faire un film de cinéma mais plutôt de ratisser large car la figure de la mère sera déclinée dans toutes ses variables possibles. Après tout, qu’elle soit divorcée, décédée, adoptée ou raciste, on aime tous notre maman. Mais comme ça ne suffit pas, il faut bien sûr rajouter quelques intrigues amoureuses ici et là pour être sûr de n’oublier personne (parce que oui, avant d’être maman, il faut être en couple). Ce n’est pas le sujet principal du film, qui prendra une demi-heure en plus pour conclure toutes ces sous-intrigues qui sont là plus par convention qu’autre chose.

Qui dit film choral dit acteurs connus et la communication du film repose là-dessus. Ainsi, c’est Jennifer Aniston qui tient ce qui pourrait être le rôle principal de cette maman divorcée fantasque, jalouse de la nouvelle belle-mère de ses fils. Jason Sudeikis, lui, est un papa veuf et ne sait pas s’y prendre avec ses deux filles autant dire la figure du papa pas dégourdi déjà essorée à l’extrême. La présence de Julia Roberts est quant à elle totalement injustifiable. Affublée d’une perruque absolument affreuse, elle n’a aucune histoire ou intrigue valable, en bref aucun rôle, n’en déplaise à son toujours éblouissant sourire. Seule Kate Hudson surprend, avec une intrigue qui aurait pu être intéressante. Elle joue Jesse, dont la sœur est homosexuelle et dont les parents sont de parfaits américains attardés et puritains (comprendre par là racistes et homophobes), alors qu’elle-même est mariée à un Indien. Les deux frangines n’ont pas vu leurs géniteurs depuis plusieurs années et cachent ce que sont leurs vies aujourd’hui, jusqu’à ce que les parents débarquent et découvrent la vérité. Oh, mais on assisterait presque à un regard critique sur les Etats-Unis ? Non, il faut être fédérateur, et la grande famille va se recomposer sans aucune raison, puisque c’est bien connu, l’amour n’a ni couleur ni orientation sexuelle. Les motivations haineuses des parents sont balayées en un rien de temps, comme quoi dans la vie tout est simple parfois. Bref Joyeuse Fête des Mères, est lisse, propre, simple et kitsch. Une petite mention à l’actrice Britt Robertson qui sort un peu du lot mais dont l’histoire s’embourbe dans l’inintérêt le plus total.

Il s’agissait aussi d’un film comique. Toutes les blagues sont d’une facilité déconcertante. Ce n’est pas là nécessairement la faute du scénario et des comédiens, mais également de la mise en scène. Il n’y a aucune inventivité, aucune subtilité, la caméra est descriptive et se trouve surplombée d’une musique omniprésente et dégoulinante, bref, tout ce qu’il y a de plus ennuyant. Joyeuse Fêtes des Mères s’inscrit dans cette lignée de films américains sans aucune maîtrise de la mise en scène comme pourrait le faire un Edgar Wright (Shaun of The Dead, Le Dernier Pub avant la fin du monde). Autre chose à reprocher au long métrage enfin, son culturalisme marqué. C’est tout le modèle de vie WASP qui est décrit ici, avec notamment l’élévation de la Fête des Mères au rang de fête majeure et extrêmement commerciale (pour preuve, la sortie du film est décalée en France et aux Etats-Unis, la semaine juste avant ladite fête. L’enjeu marketing en devient évident et nauséabond). A force d’exporter des films américains pour les américains, on viendrait presque à perdre nos spécificités européennes et françaises, au profit d’une mondialisation affreuse. L’évocation par exemple de Liberace* ne dit rien à personne dans la salle et fait tomber à l’eau la vanne et sa chute, laissant un silence de mort régner dans la salle. Joyeuse Fêtes des Mères n’est pas un échec. C’est une franche réussite de ce qui a toujours été son but, faire plaisir. Ça ne marchera qu’avec certains.

Sans intérêt.

*Liberace est un musicien des années 50, connu pour son homosexualité qu’il a toujours caché. Voir le film de Steven Soderbergh Ma vie avec Liberace avec Michael Douglas et Matt Damon. N.A.

Joyeuse Fête des Mères : Bande-annonce

Joyeuse Fête des Mères : Fiche Technique

Réalisation : Garry Marshall
Scénario : Tom Hines, Lily Hollander, Anya Kochoff et Matthew Walker
Interprétation: Jennifer Aniston (Sandy), Julia Roberts (Miranda), Kate Hudson (Jesse), Jason Sudeikis (Bradleyà, Timothy Oliphant (Henry), Britt Robertson (Kristin), Sarah Chalke (Gabi), Shay Mitchell (Tina)…
Image : Charles Minsky
Montage : Bruce Green et Robert Malina
Musique: John Debney
Costumes : Marilyn Vance et Beverly Woods
Décor : Bob Kensinger
Producteur : Brandt Andersen, Howard Burd, Daniel Diamond, Mark DiSalle, Mike Karz, Wayne Allan Rice
Société de production : Rice Films, Gulfstream Pictures
Distributeur : UGC Distribution
Durée : 118 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 25 mai 2016

Etats-Unis – 2016

Grey’s Anatomy Saison 12, une série de Shonda Rhimes : Critique

Le départ de Sandra Oh après dix ans de bons et loyaux services annonçait la fin d’une époque. L’année suivante, la mort du premier rôle masculin joué par Patrick Dempsey, et l’arrivée des personnages de Maggie et d’Amélia permirent une transition. Ainsi, une nouvelle ère commence dans Grey’s Anatomy saison 12.

Synopsis : Un an après la mort de son mari, Meredith revient à Seattle, vivre dans son ancienne maison avec ses enfants, et « ses deux sœurs » Maggie et Amélia. April, de son côté, cherche à reconquérir Jackson, alors que Bailey espère obtenir le poste de chef du service de Chirurgie…

Le début d’une nouvelle ère…

Après How To Get Away With Murder et Scandal, la troisième série du #TGIT Thanks God It’s Thursday s’est terminée le 19 mai.
Finalement, la question est de savoir si la série continue de tenir la route sans son couple mythique.
Revenons à présent sur les éléments qui prouvent que Shonda Rhimes n’a pas encore dit son dernier mot à travers des storylines de qualité où les spectateurs découvrent la nouvelle vie de Meredith.
Ce début de saison est assez classique avec des épisodes traditionnels sans gros rebondissements. La saison 12 se lance dans diverses intrigues plus ou moins bien écrites à partir des épisodes 5 et 6.

L’arrivée de Penny Blake ramène l’ombre de Derek au cœur de la saison. Nous pensons d’abord que l’entrée en scène de la femme responsable de la disparition du Dr Mamour à Seattle est exagérée, surtout qu’il s’agit du nouvel intérêt amoureux de Callie. Le drama pourrait sembler lassant et répétitif mais ce n’est pas le cas, car nous suivons une histoire passionnante et intelligente pour Meredith. Elle se montre forte et sage en décidant de prendre sous son aile cette résidente et en lui apprenant ses méthodes de chirurgie. Cette saison, nous découvrons une Meredith à l’écoute des autres, pour Penny, pour Alex, mais aussi pour les internes, en leur donnant des cours de médecine.
Le personnage de Penny n’a pas su trouver sa place au sein du public, mais il aura au moins l’intérêt de faire évoluer Meredith et d’apporter une storyline permettant, en fin de saison, de remettre en avant l’ancien couple Arizona/Callie autrement que sous l’angle romantique. En effet, Callie, qui veut partir avec Penny à New York, veut emmener sa fille, entrainant un conflit entre les deux mères prêtes à tout pour obtenir la garde, jusqu’au procès où Arizona réussira à récupérer Sofia.

Le personnage de Nathan Riggs arrivé en début de saison, interprété par Martin Henderson, apporte la nouvelle touche séduction en l’absence de Patrick Dempsey. D’abord pressenti par tous les fans comme le nouveau prétendant de notre héroïne, il dispose surtout de nouvelles informations sur le passé d’Owen, cachant toutes ces années l’existence d’une sœur décédée, la femme de Nathan.
Cependant cette histoire est mal amenée et trop étendue dans le temps pour que l’on reste accroché. Owen accepte mal la présence de son ancien ami à l’hôpital, responsable de la mort de sa soeur, nous rappelant (un peu trop) l’ancienne rivalité de Derek et Mark Sloan au début de la série. Heureusement, Nathan est un personnage qui se suffit à lui-même et qui devrait plaire aux spectateurs.
Enfin, le dernier personnage, et non des moindres, qui intègre la distribution est le petit Andrew Deluca, le nouvel interne, permettant d’apporter beaucoup d’humour et de légèreté pour contre balancer tous ces drames, notamment à travers sa relation secrète avec Maggie, dévoilant de nouvelles facettes plus romantiques de son personnage.

L’autre intrigue forte de la saison, en parallèle des histoires de Meredith et ses soeurs, est celle de Jackson et April.
Alors qu’elle est revenue dans l’espoir de recoller les morceaux avec son mari, ce dernier veut absolument être libre et demande le divorce. Nous avons « un avant et un après » dans leur dynamique. D’abord April qui tente comme elle peut de se faire pardonner jusqu’à l’épisode 11 consacré à leur couple et tout ce qu’ils ont vécu avant qu’elle accède à la requête de Jackson en signant les papiers du divorce. Seulement Shonda Rhimes réussit une nouvelle fois à faire vibrer le coeur des fans en laissant un espoir de voir les deux personnages se remettre ensemble avec la nouvelle grossesse surprise d’April. Ainsi, la seconde moitié de la saison nous montre le couple, tentant de communiquer, de trouver un terrain d’entente, pour le bien être de leur futur bébé.

Cette seconde moitié de saison est un tournant pour leur couple qui laisse espérer les fans de les voir se remettre ensemble, mais c’est aussi un tournant pour le personnage de Meredith qui présente aussi un « avant et un après ». D’abord en tant que femme qui essaye de se reconstruire sans l’homme de sa vie, malgré la présence de Penny. Les épisodes 9 et 10 clôturent le deuil de Meredith, laissant la femme vivre et espérer, un jour, retrouver l’amour. Ce 10ème épisode, premier épisode après la pause hivernale, à la reprise de janvier, sera probablement l’un des meilleurs de la saison d’un point de vue technique, réalisé par le célèbre Denzel Washington. Meredith, en froid avec sa sœur Amélia lui rappelant constamment l’absence de Derek, se fait violemment attaquer par un patient en état de choc. La rééducation de Meredith est autant physique que morale : elle se pardonne de continuer son chemin sans son mari et accepte de ne plus l’avoir auprès d’elle.
Par conséquent, à travers la saison 12, nous pouvons voir Meredith comme l’héroïne principale, ce qui nous avait manqué depuis longtemps. Le départ de Patrick Dempsey, bien qu’on le regrette, n’est pas un frein dans l’évolution des personnages et la bonne continuité de la série.

Néanmoins, la saison n’est pas sans défauts. Alors que certains protagonistes comme Meredith, Amélia, Maggie, Andrew, Nathan, Owen, Jackson et April, nous offrent de bonnes histoires, le reste du casting est assez secondaire, ce qui est désolant surtout pour Alex. Son couple n’évolue pas, il est insignifiant. Alors qu’on nous avait habitué à une certaine grandeur dans l’interprétation de Justin Chambers lors des premières saisons, depuis deux, trois ans, nous regrettons énormément le manque d’investissement de son personnage dans la série. Sa relation avec Jo (personnage assez détestable), n’évolue pas et tourne en rond, n’arrivant pas à nous interpeller ou nous intriguer. Nous trouvons le même problème avec Stephanie qui a le mérite d’avoir des storylines professionnelles intéressantes depuis l’année dernière. Mais elle ne développe pas de relations suffisamment fortes avec d’autres personnages pour que l’on veuille suivre son parcours avec celui de sa meilleure amie Jo.

Le final de la saison 12 résout l’ensemble des storylines lancées en septembre dernier. Amélia, qui a eu beaucoup de problèmes avec Meredith, semble avoir enfin trouvé le soutien de sa belle-sœur et l’amour d’Owen en l’épousant. April et Jackson ont eu leur bébé, laissant supposer un potentiel retour du couple pour la saison 13 et, Bailey semble refaire confiance à son mari pour opérer après ses erreurs lors du double-épisode-événement de mars dernier. Nous sommes attristés de voir partir Callie pour New York après une saison où elle était clairement en retrait par rapport au reste du casting, alors qu’il était prévu de retrouver un jour son couple formé avec Arizona.
Pour terminer, même si on apprécie le parcours de Meredith, on a du mal à comprendre la relation « des sœurs » Meredith/Amelia/Maggie qui est très inégale à cause du perpétuel conflit Amélia/Meredith avec toujours la même raison à l’origine de leur rivalité : la mort de Derek, seul point commun qui semble les réunir. Maintenant que les deux ont fait la paix, nous regrettons de voir une nouvelle querelle l’année prochaine entre Meredith et son autre sœur Maggie à cause d’un triangle amoureux.
En effet, la surprise de cette fin de saison (qui n’en est pas vraiment une) fut le rapprochement entre Meredith et Nathan qui ont beaucoup en commun à cause de leur perte respective. Seulement, Maggie semble aussi avoir le béguin pour le chirurgien cardio thoracique, laissant présager un conflit à venir entre les deux filles d’Elise Grey.

Conclusion ? Le pari est réussi, la saison 12 de Grey’s Anatomy parvient à se renouveler dans l’ensemble. Par contre, le départ surprise de Sara Ramirez, qui interprète Callie depuis plus de dix ans, personnage fort apprécié des spectateurs, nous prouve que la série se rapproche doucement de la fin. Il ne reste désormais que quatre acteurs de la distribution d’origine, nous restons curieux de voir jusqu’où comptent aller Shonda Rhimes et Ellen Pompeo pour faire durer la série au-delà de la prochaine saison 13.

La douzième saison de Grey’s Anatomy a réuni, en moyenne, 8 millions de téléspectateurs et un taux de 2,22 sur les 18/49 ans.
La série reviendra en septembre pour une saison 13 sur ABC.

Grey’s Anatomy Saison 12 : Bande-annonce

Grey’s Anatomy Saison 12 : Fiche Technique

Créateur : Shonda Rhimes
Scénario : Shonda Rhimes
Acteurs principaux : Ellen Pompeo, Justin Chambers, Chandra Wilson, James Pickens Jr, Sara Ramirez, Kevin Mckidd, Jessica Capshaw, Jesse Williams, Sarah Drew, Camilla Luddington, Jerrika Hinton, Caterina Scorsone, Kelly McCreary, Jason George, Giaccomo Gianniotti, Martin Henderson
Producteurs : Shonda Rhimes, Betsy Beers, Mark Gordon, James D. Parriott, Tony Phelan
Sociétés de production : ABC Studios, ShondaLand
Format : 24 épisodes de 42 minutes
Diffusion : ABC
Genres : dramatique, médicale
Etats-Unis – 2005

Cannes 2016 : Interview de Paul Lê pour La Vie Rêvée de David L (Marché du Film)

La richesse de Cannes n’est pas juste économique, elle est culturelle et artistique. De la sélection officielle à la semaine de la critique, le baroudeur peut faire un certain nombre de rencontres et de découvertes. Ce qu’a fait lemagduciné au Marché du Film du festival.

Nous avons rencontré Paul Lê, le co-réalisateur, coscénariste et coproducteur via Transkom de La Vie Rêvée de David L, un film qui conte l’arrivée d’un étudiant en droit dans une faculté d’arts, inspiré et même imprégné par les thèmes, des (morceaux de) récits, des éléments de l’œuvre cinématographique et picturale de David Lynch, ainsi que de sa jeunesse. Entre beauté pure de bien des images, poésie, sensualité et pittoresque des corps, mystère et tension, et humour absurde, La Vie Rêvée de David L est un beau premier film, récit initiatique d’un jeune homme à travers la vie universitaire, et de manière métafilmique, le témoin du début de deux cinéastes inspirés, passionnés et ne manquant pas de talents.

Le long métrage multi-récompensé de Paul Lê et Julien Pichard est l’un des nombreux films indépendants qui viennent ici chercher des distributeurs, c’est-à-dire des sociétés qui feront rentrer leur film sur l’un des circuits de diffusion : projection en cinéma ; VOD et site de streaming légal comme Netflix ; diffusion par la vente de dvd et autres supports…

Interview de Paul Lê, co-réalisateur de La Vie Rêvée de David L en hommage à David Lynch

Le film parle de Lynch, ou plutôt s’en inspire pour servir le récit d’un nouvel étudiant dans une fac ?

C’est une vraie fiction dont le point de départ a été Lynch, mais au-delà de ça, c’est vraiment le parcours d’un étudiant en art avec ce qui peut lui arriver. (…) D’ailleurs, le film a été projeté à Paris à des étudiants en arts (…) et on nous a même dit : « vous pouvez pas savoir à quel point vous êtes justes ! ».

Pouvez-nous parler de « l’aventure » du film ?

On fait le film, on prend le temps de le boucler, on a un prix en 2014 (…) mais la production est de 2015 (…) À Santa Monica, on a le prix du jury (…) On va alors à Beverly Hills, on sonne à la port de la maison de Lynch, qui est celle de Lost Highway, on sonne, on nous répond, on se présente : « notre film parle de la jeunesse de David Lynch, venez on a une projection et on a eu le prix ». On a eu le prix le plus important à Las Vegas aussi. (…) Mais le truc le plus zinzin : une rétrospective de son œuvre est organisée à l’université où il a fait ses études… L’école d’art veut notre film, et veut le projeter ! C’était un truc fou… On s’est dit : « La boucle est bouclée » et bien non… Pas encore. Il y a trois semaines de ça, David Lynch est à Paris pour faire quelques plans pour Twin Peaks (NDLR, la saison 3) et pour une exposition. On y va et on le rencontre ! On lui dit : « Nous avons réalisé un film sur vous, votre jeunesse ». Il répond : « Oui oui je sais ». On lui dit : « On vous a envoyé le film, est-ce que vous l’avez reçu ? », et il nous répond – attention, c’est David Lynch qui parle, de manière très spontanée, simple, et directe : « Je l’ai reçu, je l’ai vu, and I liked it ! ». C’est fou non ?! Puis il nous a dit « Good Luck for you ! ». C’était incroyable, d’avoir son approbation… C’était fou. Julien (NDLR, le co-réalisateur Julien Pichard) est aussi tombé sur Lynch.

Comment avez-vous financé le film ?

On a fait du crownfunding, puis on y a mis notre argent, on a eu de l’argent de la famille et des amis… Et on a réussi à payer tout le monde pour le premier long métrage !

Ça a dû surprendre ?

Complètement !

Concernant le tournage ? Combien de temps a-t-il duré ?

On a eu un tournage de trois semaines dont deux à l’école des beaux-arts de Bourge qui nous a très gentiment prêté ses espaces…

Vous avez réussi à trouver un distributeur ici ?

Truc totalement zinzin, je suis avec un distributeur américain, il me dit qu’il est intéressé par le film, il est surpris et intrigué parce qu’on a eu des prix… Mais en France, on (NDLR, un distributeur) nous dit étonné « Vous n’avez pas de distributeur ?! » alors qu’on a fait un long-métrage… Les français ne percutent pas. (…) Quand vous arrivez là avec long-métrage fait en dehors de tout ça, vous êtes quelqu’un de bizarre ! (…) Et là l’américain me parle, intéressé, et à l’écran à côté on voit l’acteur fou, le père (NDLR, interprété par Ray Wise) dans Twin Peaks ! (…) Vous voyez tout semble connecté. (…) On est sur un deuxième (long-métrage), mais on veut lui donner sa chance, et là, on veut rentrer dans le système. (…) On recherche soit un distributeur international, soit un réseau de salles. Et on acceptera toutes les salles de cinéma.

Justement, comment avez-vous réussi à réaliser un tel projet en dehors du système ?

C’est venu comma ça, totalement fou. (…) C’est un mélange de bol, d’abnégation, et ça correspond à la manière dont on veut faire du cinéma, dont on veut faire des films. (…) Attention, si on veut Le Seigneur des Anneaux, il faut de l’argent ! (…) En tout cas, ce qui est important, c’est de l’avoir fait à deux.

Et vous voilà au Marché du Film du festival de Cannes.

Oui, ce qui est génial avec la France, c’est que le festival est le plus grand marché du monde.

Nous remercions Paul Lê pour cet entretien. N’hésitez pas à contacter l’équipe du film pour avoir d’autres informations ou bien même la possibilité de le voir, ou encore si vous pouvez et voulez le faire projeter dans une salle de cinéma avec laquelle vous êtes lié(e)s… En effet, après ce formidable parcours qu’a connu l’équipe du film – on pense particulièrement aux auteurs cinéastes –, on aurait pu croire qu’ils seraient moins accessibles, mais la réalité est restée telle quelle. Paul Lê est modeste, passionné, tout à fait abordable. Enfin, nous n’avons pas fini d’entendre parler de lui et de son collègue Julien Pichard.

La Vie Rêvée de David L : Bande-annonce

Les films cultes ont enfin leur festival à Trouville-sur-Mer

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Le Festival International du Film Culte de Trouville se déroulera du 16 au 19 juin 2016.

Lancé par l’animateur Karl Zéro, cette manifestation culturelle risque très vite de devenir culte et de se pérenniser dans la région qui offre déjà un bel écrin au septième art avec le Festival de Cabourg (8-12 juin 2016) et le Festival du Film Américain de Deauville (2-11 Septembre 2016) malgré l’arrêt du Festival du Film Asiatique de Deauville en 2014.

Le Festival International du Film Culte présentera sept longs-métrages inédits en compétition. Deux prix seront décernés en clôture de festival par le Jury : le Grand Prix du Film Culte de l’Année 2016 et le prix « Aldo Maccione » du Meilleur Réalisateur. Le « Prix Georges Marchais » sera également remis en hommage au plus grand acteur comique français du vingtième siècle.

Une large part du Festival sera consacrée à des rétrospectives et des reprises pour le plus grand bonheur des spectateurs. Tous les amoureux du cinéma participant au Festival pourront se replonger dans sept films inoubliables. 

Un dispositif de vote en ligne sur le site officiel de la manifestation et sur les réseaux sociaux a été mis en place  afin de décerner le Prix du Public du Film Culte Vintage parmi cette liste de trente longs-métrages :

L’Aventure c’est l’Aventure / Battle Royal / The Big Lebowski / C’est Arrivé Près de Chez Vous / La Cité de la Peur /  Citizen Kane / Les Demoiselles de Rochefort / Elephant Man / Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain / Festen / Fight Club / Forest Gump / Freaks / Les Galettes de Pont-Aven / Le Gendarme de St-Tropez / La HaineMassacre à  la Tronçonneuse / Matrix / La Nuit des Morts Vivants / Old Boy / Le Père Noël est une ordure / Projet Blair Witch / Psychose / Pulp Fiction /  Scarface / Le Silence des Agneaux / Tenacious D  / Les Tontons Flingueurs / Usual Suspect / Le Voyage de Chihiro

Un événement à ne pas manquer pour tous les cinéphiles désireux de vivre une expérience mémorable dans les salles obscures à travers cette rétrospective et la sélection de films inédits en compétition. Des animations sont prévues en marge de ces trois jours cultes : des conférences, des rencontres, des expositions et des concerts (musiques de films par le Quator Playmobil).

« Un film devient culte lorsque le public le désigne comme tel. Le culte, c’est le trait d’union entre le populaire et le visionnaire. Notre ambition est d’installer de façon pérenne ce nouveau rendez-vous pour permettre de mettre en lumière davantage de talents, d’audaces, de tons, d’univers dans autant de films sélectionnés parce qu’ils sont inattendus et originaux. » Karl Zéro

Festival International du Film Culte
Trouville-sur-Mer
Du 16 au 19 Juin 2016
Les projections et les séances se dérouleront au Salon des gouverneurs du Casino de Trouville
Place Foch, 14360 Trouville-sur-Mer
Tarif des séances : 4 euros

 

Fargo: Ewan McGregor rejoint le casting de la Saison 3

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Ewan McGregor sera présent au générique de la nouvelle saison de Fargo dans le rôle de deux personnages.

C’est officiel ! L’acteur écossais Ewan McGregor incarnera deux frères que tout oppose : Emmit et Ray Stussy.

Fargo fera son retour sur la chaîne américaine FX en 2017. La série télévisée, directement inspirée par le film culte et éponyme des frères Coen de 1996, une comédie policière à l’humour noir, a été renouvelée pour une troisième saison. L’intrigue se déroule quatre ans après les événements de la première saison. John Landgraf, à la tête de FX, et Noah Hawley, producteur exécutif du programme, ont fait quelques révélations qui vont ravir les fans de la première heure. Il sera possible de voir certains personnages de la première saison faire une apparition remarquée aux côtés d’Ewan McGregor pour ces nouveaux épisodes en 2017.

Ewan McGregor va marquer la saison 3 de son empreinte et endosser les rôles titres de deux frères ennemis. Le premier, Emmit Stussy, est l’archétype du rêve américain. Un self-made-man qui a réussi à bâtir son empire et faire fortune en investissant dans les parkings dans l’Etat du Minnessota. Son frère cadet, Ray Stussy, atteint de calvitie et bedonnant, ne connaît pas la même réussite sociale et financière. La haine et la jalousie, véritables moteurs de Ray, alimentent sa rancœur envers son frère aîné, Emmit, qu’il tient pour principal responsable de tous les maux de son existence.

Le tournage de la nouvelle saison de Fargo devrait débuter à la fin de l’année 2016 pour une diffusion sur les antennes américaines courant 2017.

De quoi faire patienter les cinéphiles impatients de voir Ewan McGregor endosser à nouveau le rôle culte de Mark Renton pour de nouvelles aventures déjantées dans Trainspotting 2.

American Hero, un film de Nick Love : Critique

Synopsis : Melvin est super-héros malgré lui. La trentaine bien entamée, il habite encore chez sa mère et ne vit que pour la fête, les femmes et la drogue. Jusqu’au jour où il réalise que la seule façon pour lui de revoir son fils, que la justice lui interdit d’approcher, c’est d’accepter son destin, et d’exploiter ses super pouvoirs pour lutter contre le crime.

La forme du nouveau film de Nick Love peut repousser autant qu’elle peut intriguer tant elle est singulière. En effet, American Hero s’offre aux spectateurs comme un faux documentaire durant lequel on suit Melvin, père désabusé privé de la garde de son fils, qu’il tente par tous les moyens de retrouver. Tout au long du métrage, les protagonistes s’adressent aux spectateurs et n’hésitent pas à transgresser les « règles » cinématographiques en effectuant de nombreux regards caméra qui en déstabiliseront plus d’un. Il s’agit ici d’un parti pris technique et esthétique auquel on adhère, ou non. La mise en scène, sous des airs simplistes, et travaillée et réfléchie, les acteurs jouent avec la caméra et sont parfaitement dirigés.
Aussi, d’un point de vue technique, on ne peut que penser à Birdman d’Alejandro Iñárritu car de la caméra disparait. A de nombreuses reprises, les jeux visuels avec les miroirs sont tellement bien truqués que s’en est déstabilisant. La caméra est comme un repère pour le spectateur, et la voir s’évaporer de l’image de fait qu’accentuer le fait que les personnages s’adressent directement au spectateur.
Leurs pérégrinations des deux hommes travers la ville tournent en rond, mais elles ne sont que le reflet du quotidien de deux grands ados, potes depuis un bon bout de temps et qui refusent de grandir.
Fêtes, alcool et drogues a outrances sont des faits anodins pour eux mais sont aussi de réelles échappatoires pour ne plus être confrontés à leur quotidien. Alors que Melvin traverse une passe difficile d’un point de vue familial, Lucille se remet difficile de ses blessures de guerre qui l’ont cloué dans un fauteuil roulant. Car hormis les excès et les pouvoirs de Melvin, qui pourraient rappeler Hancock, American Hero s’intéresse à des faits ayant marqué l’histoire des Etats-Unis, tout cela en lien avec l’histoire de Melvin, bien évidemment. Nick Love n’hésite donc pas à critiquer ouvertement Bush et ses stratégies concernant les entrées en guerre des États-Unis, mais aborde aussi les ravages engendrés par l’ouragan Katrina, un des ouragans les plus puissants de l’histoire des États-Unis, ayant coûté la vie à plus de 1 800 personnes et ayant causé d’importants dégâts matériels, comme en témoigne une des personnages du film, nous montrant l’ampleur des dégâts.

Toutefois, on pourra regretter un scénario un peu simple. Beaucoup d’idées foisonnent mais peu aboutissent, la durée du film donne presque l’impression d’être une contrainte que Nick Love s’est imposée. Le propos du père cherchant son fils se mêle de manière avec l’univers de super-héros, même s’il s’agit là d’un univers modéré tant les frasques héroïques sont assez rares. Le réalisateur joue avec nombre de lieux-communs, car derrière cette trame principale se pose aussi les questions du rapport familial compliqué avec un adulte vivant toujours chez sa mère, ou encore les règlements de compte liés à la drogue. Cependant, ces derniers donnent naissance à de très bonnes scènes, tantôt palpitantes, tantôt très drôles, desquelles on tire entière satisfaction. Mais tous ces petits bémols se font vite oubliés grâce à l’interprétation de Stephen Dorff qui est au maximum et qui nous fait part d’une folie qu’il est bon de voir. L’acteur américain se lâche et nous offre des scènes jouissives qui ne peuvent que donner le sourire, comme celle du Gospel. Qu’il est bon de voir des acteurs prendre autant de plaisir à jouer et à prendre des libertés que certains jugeraient indécentes. Eddie Griffin est lui aussi très bon, son personnage étant plus perspicace sur sa situation, du à son fauteuil roulant. Émane des deux acteurs une réelle complicité et un plaisir de jeu réjouissant.

Si quelques imperfections scénaristiques viennent un peu noircir l’ensemble, American Hero séduit par des acteurs au mieux de leur forme, une mise en scène murement réfléchie et des effets spéciaux réussis. Il faudra que le spectateur s’adapte à la structure narrative choisie par Nick Love, mais une fois accommodé, impossible de ne pas prendre un certain plaisir devant le film.

American Hero : Bande-annonce

American Hero : Fiche Technique

Réalisateur : Nick Love
Scénario : Nick Love
Interprétation : Stephen Dorff, Eddie Griffin, Luis Da Silva Jr., Christopher Berry, Yohance Myles, Andrea Cohen, Raeden Greer…
Photographie : Simon Dennis
Montage : Richard Graham
Musique : Lorne Balfe
Direction artistique : Forest Fagan
Producteurs : Allan Nilbo, James Richardson, Nick Love
Sociétés de production : Vertigo Films
Distribution (France) : Chrysalis Films
Durée : 88 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 8 juin 2016

France – 2016

Cannes 2016 : Interview de Paul Schrader (Dog Eat Dog, Taxi Driver)

Interview Paul Schrader : le grand cinéaste s’est prêté au jeu des questions-réponses pour LeMagduCiné

Le scénariste-réalisateur Paul Schrader est venu à Cannes présenter son film Dog Eat Dog, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs. CineSeriesMag a réussi à obtenir une interview exclusive du Roi Schrader, l’auteur de Taxi Driver, Raging Bull, La Dernière Tentation du Christ, entre autres, réalisateur et scénariste de Blue Collar (1978), d’Hardcore (1979), American Gigolo (1980), La féline (1982), d’Affliction (1998), ou encore du récent The Canyons (2014) qu’il a réalisé sans en avoir écrit le scénario.

Merci pour ce film. Hier, après la projection, vous avez dit que ce film était une « blague », une farce…

Eh bien… Je suppose que si on doit raconter une blague, ça n’est pas très drôle, non ?! Vous savez… Il n’est pas à prendre au sérieux… C’est très difficile de prendre ce film au sérieux. J’ai essayé de faire une « crime-comedy », pour… vous savez… Cette  époque particulière et difficile que nous vivons, et il me semblait que c’était le genre de film que nous devions faire.

Dans ce film, il y a des éléments difficiles, durs, il y a les policiers qui tuent des innocents… C’est un film très critique contre l’Amérique, ses armes, non ?

Oui, je le pense, mais je pense qu’il serait faux de le prendre comme un film sur l’état. Évidemment nos films, nos vies sont quelque part politiques (…) mais c’est plus un film à propos des films que sur la société.

À propos de l’utilisation de la couleur, hier vous avez dit vouloir faire quelque chose de différent des autres films mais au début du film vous utilisez la couleur de manière homogène…

Oui ! Il y a la pièce rose et la salle de bain bleue. Puis ça vient au noir et blanc. Et à la fin du film, c’est à nouveau complètement une couleur fantaisiste.

Mais pourquoi êtes-vous revenu à une utilisation de la couleur plus réaliste dans la majorité du film ?

Je ne sais pas, je veux dire… J’ai juste essayé de faire quelque chose d’intéressant… Je ne sais pas… Peut-être que j’ai fait ça pour proposer autre chose !

Je ne sais pas si je peux vous poser cette question, mais allons-y : Quel a été le budget du film ?

Eh bien ! C’est une question difficile parce que dans le monde d’aujourd’hui, les banques s’effondrent… Donc certaines personnes vous diront que le budget était de sept millions, mais c’était probablement plus bas (…) mais le film a coûté sept millions.

C’est un budget très bas.

 Oui, c’était le pari, nous avons tourné le film en vingt-trois jours.

C’est un film très indépendant.

Oui en effet !

Nicolas Cage devait jouer le personnage fou.

Oui, je veux dire… La première fois que j’ai terminé le script, j’ai dû lui envoyer, je pensais qu’il allait vouloir jouer Mad Dog mais il voulait jouer Troy. Alors Willem a dû jouer Mad Dog.

Et avec Willem Dafoe, comment cela s’est-il passé ?

Eh bien j’ai fait un certain nombre de films avec lui, et je le connais. Nous sommes amis. Alors… Donc… Je l’ai envoyé à Nic’ parce que je voulais retravailler avec lui après la mauvaise expérience que nous avons eu (NDRL : la dépossession de leur film The Dying of the Light – La sentinelle –, par les studios en 2014), puis j’avais besoin d’un second acteur. Une combinaison de Nic’ et Willem me paraissait être bonne.

Quand vous faites un long-métrage, vous réalisez toujours un film de genre, un thriller, un film policier… Je pense à Affliction, à The Canyons… Mais derrière le genre, il y a un discours sur les fantasmes de l’Amérique.

Oui, je veux dire… L’Amérique, de manière extraordinaire, a construit un bloc après la deuxième guerre mondiale parce qu’il était vraiment le seul pays qui s’est tenu debout après la guerre. Nous avions tout l’argent, nous avions toutes les industries, nous avions toutes les machines, et on est juste passé au-dessus du monde. Et beaucoup de gens pensaient que c’était parce que nous étions meilleurs mais ça n’était pas la raison, c’était juste que tous les autres attendaient leur tour. Quand les autres pays se sont relancés, l’Amérique a juste laissé tomber. Les gens ont commencé à se mettre en colère, les gens pensaient que c’était la faute de quelqu’un.

Vous avez dit faire un film sur le cinéma. The Canyons en parlait aussi. Quel est votre but ? De détruire le fantasme du cinéma et de nous ramener à sa réalité ?

Je ne suis pas sûr que ce soit dans cet esprit. Évidemment, je fais des films à propos des films, à propos de ma propre vie, et c’est difficile pour moi de faire un film en oubliant les références, de voir un film sans me mettre à penser à d’autres. (…) Mais The Canyons a été un film sur «l’après-cinéma». Il était pensé pour l’Internet, c’est pourquoi nous avons eu des cinémas vides. Et les créanciers ont juste dit que c’était là que le film n’allait pas être montré. Donc, c’est pourquoi il y avait de ça dans le film.

Vous allez faire un nouveau film avec Nicolas Cage ?

Non non non, je ne pense pas. Le prochain avec qui je veux travailler est Ethan Hawke.

Ce sera un thriller ?

Non, ce sera un film à l’opposé de celui-là (NDLR, Dog Eat Dog), ce sera un film très introspectif, un film silencieux. Ce sera un film du genre de Birdman. Nous allons complètement dans une autre direction.

Pour revenir à Dog Eat Dog, vous vouliez faire une comédie ?

Eh bien je ne pensais pas aller jusque là. C’est devenu de plus en plus exagéré. Je ne l’avais pas écrit comme une comédie. C’est marrant vous voyez… Ces gars…

Vous avez été complètement libres à la réalisation, au montage aussi, vous avez fait tout cela avec votre instinct, votre instinct de folie mais vous avez dû le réfléchir aussi.

Eh bien, vous devez planifier, vous ne pouvez évidemment pas faire un film spontanément. Vous devez construire des décors, vous devrez trouver des lieux… Mais j’ai réuni une jeune équipe de nouveaux dans le cinéma, afin d’avoir cette sorte de sensibilité autour de moi.

Après avoir présenté le film, vous nous avez paru complètement libre, déchaîné !

Oui, vous ne savez certainement pas combien de « bottages de cul » ont été commis !

Et vous revoilà à Cannes, quarante après Taxi Driver

Oui ça fait du bien, d’avoir cette grande rédemption après cette mauvaise expérience (NDLR, The Dying of the Light), et c’est agréable d’être ici, vous savez.

Et maintenant ?

Après ces derniers jours, je serais content de ne rien faire ! Si on m’y autorise.

Alors merci à vous !

Merci à vous !

         Notre entretien avec le Roi Paul Schrader prit fin sur ces remerciements réciproques. Aussi, si vous ne connaissez pas beaucoup ce génial cinéaste, nous vous conseillons de vite de le découvrir.

Mais qu’Avez-vous fait à Solange ? : un 3ème remake de film d’horreur pour Refn

Avec Mais qu’Avez-vous fait à Solange ?  Refn crée un trio de remakes de films d’horreur !

Passionné de séries B, Nicolas Winding Refn vient d’ajouter un troisième film d’horreur à sa liste de remakes : Mais qu’Avez-vous fait à Solange ?  rejoint ses productions Maniac Cop et Witchfinder General.

Après, Maniac Cop et Witchfinder General, le réalisateur de The Neon Demon vient de signer la production du remake de Massimo Dallamano Mais qu’Avez-vous fait à Solange ? Ce film de 1972 est un grand classique du genre giallo, un thriller à l’italienne, à la croisée du policier et du slasher avec une touche d’érotisme (en italien « giallo » signifie jaune, en référence à la couleur des couvertures des romans policiers). Le célèbre Psychose d’Alfred Hitchcock constitua l’une des principales sources d’inspiration de ce genre très prisé entre 70′ et 80′. On citera pour exemples les films de Lucio Fulci comme L’Emmurée Vivante, La Longue Nuit de l’exorcisme ou Les Salopes vont en enfer ainsi que de nombreuses réalisations de Dario Argento tels que Ténèbres et Les Frissons de l’angoisse.

Basé sur le roman d’Edgar Wallace Les Deux Épingles (The Clue of the New Pin), Mais qu’Avez-vous fait à Solange ? est l’un des meilleures films du genre giallo connu pour sa bande-originale par Ennio Morricone qui a aussi créé la musique des Salopes vont en enfer. Refn décrit le film de Massimo Dallamano comme « un giallo italien absolument incroyable. Un des grands, grands films d’horreur de l’époque. »

Mais qu’Avez-vous fait à Solange ? décrit l’enquête sur le meurtre d’une jeune étudiante d’un lycée catholique de Londres. La victime a été violée et sauvagement mutilée, un long couteau enfoncé dans le vagin. Scotland Yard suspecte alors Enrico, un professeur italien qui a une liaison avec une élève…

Féru de giallo et de séries B, Nicolas Winding Refn a compilé 10 000 affiches de films de ce cinéma typique des années 70′ dans son ouvrage intitulé « L’art du regard ».

Mais qu’avez-vous fait à Solange ? : Bande-annonce