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Alice De l’autre côté du miroir, un film de James Bobin : Critique

En pleine tempête, Alice tente de redresser la barre. Non, ce n’est pas une métaphore quelconque mais bien la première scène du film, qui a un arrière-goût de Pirates des Caraïbes.

Synopsis : Retour au Pays des Merveilles pour Alice ! Le Chapelier Fou fait appel à son amie pour retrouver ses parents, persuadé qu’ils ne sont pas morts. Pour mener à bien cette mission, Alice va devoir faire appel à un puissant outil : la Chronosphère, jalousement gardée par le Temps.

L’Éternel Retour

Étrange similitude entre Elizabeth Swann et Alice Kingsley. Toutes deux capitaines, toutes deux ont un rapport avec la Chine… on s’attendrait presque à voir surgir Jack Sparrow. Mais non, nous ne sommes pas dans la bonne histoire. Disney tient à innover. On l’a vu avec Star Wars 7, mais également avec les super-héros ou encore les multiples adaptations live de ses dessins animés désormais has been. La machine est en marche, prêt à nous délivrer ses produits formatés. Il faut dire que les plats micro-ondés se vendent toujours aussi bien, même si tout le monde sait que ce n’est pas vraiment ce qu’il y a de meilleur, loin de là. Alors, roi du réchauffage, Disney tient tout de même à changer l’emballage, puisque le papa du premier opus, sorti il y a six ans, à savoir l’ancien génie Burton (qui lui nous sert un plat réussi sur trois, se laissant aller un peu trop sur la sauce par moment), n’est plus derrière la caméra (mais pas trop loin derrière puisqu’il est producteur). Le nouveau chef-tambouille de Alice De l’autre Côté du Miroir se nomme James Bobin. Si son nom ne vous dit rien, vous en entendrez très certainement parler très prochainement, avec son prochain chef d’œuvre : MIB 23, le fameux crossover entre Men in Black et 21 Jump Street (autant vous dire qu’à CinéSéries-Mag, on l’attend de pied ferme). Mais parlons du film, et trouvons des choses à dire.

Pas question d’aborder la question de l’adaptation de l’œuvre de Lewis Caroll puisque ce film comme le précédent la piétine sans considération et l’assume joyeusement. Alice revient donc au Pays des Merveilles guidée par Absolem (l’occasion d’entendre les derniers éclats de voix d’Alan Rickman). Elle découvre un monde où le Chapelier Fou est nostalgique de ses parents, tués par le Jabberwocky (qui ne parle pas dans ce film-ci, mais nous pensons à Christopher Lee qui en assurait le doublage). La seule solution pour Alice est de remonter le Temps, dans un but incertain puisqu’elle ne doit pas modifier le passé sans quoi le monde est perdu (classique). Nouveau venu dans la famille, la personnification du Temps, interprété par Sacha Baron Cohen (grand copain de James Bobin), est l’occasion non seulement de faire tout un tas de jeux de mots sur le sujet (plaisants au début, ils deviennent très vite pénibles) mais également d’essayer d’entamer une réflexion sur le temps et la portée de nos actes. Alice et ses amis vont ainsi naviguer entre le présent et le passé et on découvrira le passé trouble des gens du Pays des Merveilles, à savoir le Chapelier mais également celui des deux sœurs Mirana et Iracebeth, respectivement Reine Blanche et Reine Rouge.

Il y a des différences dans l’histoire et dans le schéma narratif par rapport aux autres films, dire le contraire serait mentir. Mais tout est prévisible car on connaît déjà la morale et la fin de l’histoire. Il n’y a aucune émotion puisque les scènes de tensions ou d’inquiétudes sur l’avenir des personnages tombent à l’eau et deviennent pesantes. Le jeu des comédiens est lui, plutôt bon, et ceux qui évoqueront le sur-jeu et la caricature seront dans le vrai, puisque c’est bien la caractéristique principale de ce monde merveilleux. Le meilleur rôle revient à Helena Bonham Carter en Reine Rouge, encore une fois à l’aise malgré sa grosse tête. En parlant de tête, celle du Chapelier Depp ne se montre pas trop, et c’est tant mieux. Les décors respectent l’imagerie visuelle du film de Burton, tout comme la musique (toujours composé par Danny Elfman) qui reprend les mêmes thèmes. Au passage, la 3D est trop peu exploitée, si tant est qu’elle n’ait jamais eu un intérêt. Le seul bon moment du film est celui, vers la fin, de la poursuite à travers la Mer des Souvenirs, visuellement prenante mais trop courte.

La scénariste de Mulan et de Maléfique (et du Alice de 2010) a pensé à distiller des leçons à tirer de ce long-métrage. Elle dépeint une Alice féministe, affirmée dans le monde masculin. Malheureusement, cette problématique est distillée dans seulement trois scènes (respectivement au début, au milieu et à la fin), trop peu intégrée au récit pour ne pas être bateau. L’autre leçon, celle de croire en ses rêves, à cœur vaillant rien d’impossible et j’en passe. Il y a quelque chose de prophétique dans ce film, qui en filigrane évoque la mort et les rêves perdus. Dommage que l’ode à la rêverie voulue par Disney ne soit qu’une perte de temps. Il nous faut répondre à la question que tout le monde se pose : Alice De l’autre côté du miroir est-il meilleur ou moins bon que Alice au Pays des Merveilles ? Cela revient à comparer deux boîtes de conserve. Jean-Pierre Coffe nous aurait dit « Peu importe, c’est de la merde ». Alors non, nous n’utiliserons pas de tels mots pour qualifier le film. Simplement, le long-métrage de James Bobin ressemble aux autres films Disney, pas totalement. La seule différence réside dans ce qu’il y a d’écrit sur la boîte de conserve, et dans vos préférences de goût à la rigueur. Au final, elles auront toutes la même saveur.

Alice De l’autre côté du miroir : Bande-annonce

Alice De l’autre côté du miroir : Fiche Technique

Réalisation : James Bobin
Scénario : Linda Woolverton d’après l’oeuvre de Lewis Caroll
Interprétation : Mia Wasikowska (Alice), Johnny Depp (Le Chapelier), Helena Bonham Carter (La Reine Rouge), Anne Hathaway (La Reine Blanche), Sacha Baron Cohen (Le Temps)
Image : Stuart Dryburgh
Montage: Andrew Weisblum
Musique: Danny Elfman
Costumes : Colleen Atwood
Décor : Dan Hennah
Superviseur des effets spéciaux : Neil Corbould
Superviseur des effets visuels : Ken Ralston
Producteur :  Tim Burton, Joe Roth, Suzanne Todd et Jennifer Todd
Société de production : Walt Disney Pictures, Tim Burton Productions, Roth Films, Team Todd
Distributeur : Walt Disney Studios Distribution
Durée : 113 minutes
Genre: Fantastique, Fantasy
Date de sortie : 1er juin 2016

Etats-Unis – 2016

A war, un film de Tobias Lindholm : Critique

Le conflit afghan étant l’un des rares dans lesquels s’est impliqué le Danemark en ce début de millénaire, il n’est pas étonnant qu’il soit devenu, après les très bons Brothers (Susanne Bier, 2004) ou encore Armadillo (Janus Metz Pedersen, 2010), également le contexte choisi par Tobias Lindholm en s’attaquant au film de guerre.

Synopsis : Claus Michael Pedersen est à la tête d’une équipe de patrouilleurs de l’armée danoise postée en Afghanistan. Bien que tourmenté par l’idée de ne pas savoir quand il reverra sa famille, il reste un soldat consciencieux. Le jour où son équipe tombe dans un traquenard, il est contraint de recourir à un soutien aérien. Une décision qui lui vaudra d’être trainé devant les tribunaux, accusé d’avoir accidentellement tué  des civils.

D’autre part, on peut remarquer que depuis une dizaine d’années, et en particulier le succès de Démineurs (Kathryn Bigelow, 2008), la tendance de ce genre si calibré est de confronter le quotidien de ses héros sur le champ de bataille et au sein de leur famille, insistant ainsi davantage qu’auparavant sur le traumatisme du retour à la vie civile. Le schéma narratif qu’adopte le réalisateur est dès lors sans véritable surprise : une première moitié sur le front, une seconde à la maison. Mais A War ne se contente pas, comme American Sniper ou Du sang et des larmes, d’illustrer la façon dont son personnage peut acquérir son statut de « héros de la patrie » en réussissant à cumuler ses deux casquettes, celle de soldat et de père de famille. Le film met en place une interrogation morale qui dépasse la seule intériorité de cet homme pour aller questionner le bien-fondé même de cette guerre. L’absence de parti-pris vis-à-vis des règles déontologiques sera tout de même contrebalancée par la mise en place d’une indéfectible empathie envers le personnage de Claus.

Reconnu pour l’austérité naturaliste de sa mise en scène, le réalisateur nous livre, dans la première partie de son film, une vision saisissante des vastes plaines afghanes –en réalité filmées en Turquie. Débutant son récit par une scène assez violente, il nous plonge aussitôt dans un état de pression qui n’est pas sans rappeler son précédent film Hijacking, déjà porté par l’excellent Pilou Asbæk. Une tension qui va toutefois vite redescendre, sacrifiée sur l’autel du minimalisme. Ce choix ne permet en effet pas de rendre état d’actes de guerre plus spectaculaires que celui dans lequel un taliban –le seul que l’on verra d’ailleurs à l’écran– se fait descendre à distance, une exécution filmée de façon à nous prendre aux tripes. A noter également, la maitrise du mixage son dans cette mise en scène immersive. Cette recherche de réalisme et d’humanisation des enjeux militaires est prolongée via l’alternance avec des passages consacrés aux difficultés de la femme de Claus pour élever seule leurs trois enfants. Des scènes qui s’avèrent pertinentes dans le parallèle qui y est fait entre l’immaturité de ce fils perturbé au point de s’exprimer grâce à la violence gratuite et l’absurdité intrinsèque aux efforts vains de la mission de pacification dans laquelle s’est embrigadé son père. Venant clore cette première partie à la précision quasi-documentaire, la brutale scène de la fusillade apparait comme une surprise, tant pour les soldats que pour les spectateurs. De ce fait, cette rupture de rythme incongrue se révèle être un effet de mise en scène ingénieux qui sera accentué par le passage à un montage  bien plus découpé que les plans séquences qui l’ont précédé, et par l’emploi d’un hors-champ oppressant, qui nous font parfaitement partager la désorientation de notre héros dans ce bourbier.

La seconde partie du film se voudra plus austère encore, limitant quasiment l’action à deux décors : le foyer et le tribunal. Toutefois, c’est dans cette partie que le réalisateur va s’avérer le plus maladroit. D’abord avec l’utilisation soudaine de la musique dans les dernières minutes ; celle-ci ayant été jusque-là totalement absente, son apparition donne à la conclusion une impression d’effet larmoyant de mauvais gout. Mais le plus gros souci que Tobias Lindholm rencontre dans ce qui apparait alors comme un thriller judiciaire est de rendre compte, comme il avait pu le faire dans sa peinture des champs de bataille, de la tension psychologique à laquelle est soumis son personnage. Celle-ci en est réduite à des gros plans sur les regards que s’échangent les personnages lors du procès et bien sûr quelques dialogues entre Claus et sa femme. On pourrait alors affirmer que la mise en scène de Lindholm trouve ses limites dès l’instant où la caméra embarquée n’est plus de rigueur. Si encore ces scènes de tribunal ne souffraient pas d’un manque de d’intensité, cette partie aurait pu se suffire à elle-même pour appuyer le propos moral du scénario. Mais ce qui l’a précédé pose obligatoirement le public dans une position de défense de Claus alors que l’inextricable ambiguïté déontologique à laquelle sont confrontés les juges aurait été plus intéressante à explorer que la seule peur de l’accusé d’être à nouveau séparé des siens. La façon dont est construit le récit nuit par conséquence à la portée de son propre discours.

La réalisation âpre et immersive de Tobias Lindholm a beau être source d’une peinture remarquable d’un conflit armé qui semble irrésoluble, A War souffre d’un manque de maitrise lors des scènes plus intimistes et des joutes verbales entre juristes. Or, ces deux éléments auraient pu en faire un plaidoyer efficace contre les contradictions de ce que l’on attend des soldats qui y sont envoyés, et les conséquences psychologiques que cela a sur eux à long terme.

A war : Bande-annonce

A War : Fiche technique

Titre original : Krigen
Réalisation : Tobias Lindholm
Scénario : Tobias Lindholm
Interprétation : Pilou Asbæk (Claus Michael Pedersen), Tuva Novotny (Maria Pedersen), Dar Salim (Najib Bisma), Søren Malling (Martin R. Olsen), Charlotte Munck (Lisbeth Danning), Dulfi Al-Jabouri ( Lutfi Hassan)…
Photographie : Magnus Nordenhof Jønck
Montage : Adam Nielsen
Direction artistique : Burak Yerlikaya
Producteurs : Rene Ezra, Tomas Radoor
Société de production : Nordisk Film
Récompenses : Nomination à l’Oscar 2016 du meilleur film étranger
Distribution (France) : StudioCanal
Durée : 114 minutes
Genre : Guerre, drame
Date de sortie : 1er juin 2016

Danemark  – 2015

The Door, un film de Johannes Roberts : Critique

Sorti dans une indifférence polie en mars dernier outre-Atlantique,  The Door (ou The Other Side of the Door en version original), nouvelle production horrifique issue du surdoué français Alexandre Aja, se voit offrir une sortie en salles françaises retardée et limitée, témoignant du désintérêt du projet aux yeux du public.

Synopsis: Une famille américaine mène une paisible existence en Inde jusqu’à ce qu’un accident tragique prenne la vie de leur jeune fils. La mère, inconsolable, apprend qu’un rituel antique peut lui permettre de lui faire un dernier adieu. Elle voyage alors jusqu’à un ancien temple, où se trouve une porte qui sépare le monde des vivants et celui des morts. Mais quand elle désobéit à l’avertissement sacré de ne jamais ouvrir cette porte, elle bouleverse alors l’équilibre entre les deux mondes.

Horreur mou

Si la promotion pouvait laisser entrevoir un exercice de style au minimum intéressant à défaut d’être utile, la 20th Century Fox, désireuse de remplir ses caisses à coup de petites productions horrifiques, en a décidé autrement. Il en résulte une énième tribulation cinématographique surnaturelle d’un vide abyssal, où même les rares qualités proposées se voient balayées par une succession de clichés plus insultants et plus incohérents les uns que les autres. Ainsi le résultat, qu’il soit pour les néophytes ou pour les aficionados du cinéma de genre, ne pourra qu’être décevant, surtout face à l’affirmation d’ambitions nouvelles de la part des producteurs pour ce type de productions horrifiques.

Le premier paradoxe de The Door tient ainsi dans la mise en scène. On ressent les efforts de Johannes Roberts, réalisateur britannique de série Z (les sympathiques F et Storage 24), que de vouloir respecter au mieux son spectateur. En effet, peu d’effets clinquants ou de jumpscares sont contenus au sein du métrage,  démontrant de la même sorte une volonté évidente de Roberts de miser sur une ambiance poisseuse et austère. Cependant, à trop vouloir croire en son faible talent, le metteur en scène se fourvoie sans cesse et plonge le spectateur dans une léthargie désagréable, ne daignant élever les enjeux de son film qu’après trois et (très) longs quarts d’heure. Et quand bien même la tension devrait aller crescendo au fur et à mesure des scènes, le manque d’ambiance sonore et la paresse de la mise en scène nivelle le film vers des tréfonds que nul ne pourra apprécier. Ce faisant, et ce malgré la photographie soignée de Maxime Alexandre (l’ensemble de la filmographie d’Alexandra Aja, The Voices) et l’effort apporté à la colorimétrie de l’image, The Door n’arrive pas à sortir du lot, la faute à une réalisation indolente et une ambiance pas aussi prenante et angoissante qu’elle ne pourrait l’être. Il en résulte donc une première grande frustration pour le spectateur qui, malheureusement, ne sera pas rattrapée par le scénario.

 

Tout adepte du cinéma de genre vous certifiera qu’en dehors d’une mise en scène de qualité, une production horrifique a un besoin vital de symbolisme narratif. Elle ne doit donc pas être le lieu de répit d’un scénariste apathique mais au contraire le genre de médiation entre un sujet sérieux et un traitement oppressant. Pourtant, tout semble formaté dans ce produit peu inspiré, où Johannes Roberts recopie les meilleurs idées des chefs d’œuvres du genre (le plus visible restant Simetierre). On assiste alors à un banal film de possession comme Hollywood nous en sort tous les mois malgré l’idée intéressant d’exporter les lieux de l’action sur le sous continent indien. Néanmoins, force est de constater que le studio et le réalisateur peinent à utiliser convenablement toutes les ressources qui leurs sont proposées et consternent presque par leur constante incapacité à doser les éléments horrifiques. Avec un pays aussi coloré que l’Inde, pourquoi choisir immuablement de tourner de nuit ? Avec une créature plutôt réussie (sorte de Ganesh zombiesque), pourquoi montrer constamment la carcasse putréfiée et possédée de l’enfant ? Autant de choix étranges qui nous font perpétuellement douter sur les capacité de l’équipe technique à emballer un projet alléchant et à soigner un long métrage qui n’avait pas nécessairement besoin de coups de génies depuis l’arrière de la caméra.

Rétrospectivement à la carrière d’Alexandre Aja, fils d’Alexandre Arcady et surdoué français de la caméra, on peut se rendre compte d’un nouveau paradoxe. Si le bonhomme fournit un travail souvent conséquent pour produire ou filmer des productions horrifiques de qualité (les géniaux Haute Tension et La Colline à des Yeux), on observe également une tendance à produire des films de qualité variable mais formellement en deçà des attentes (2e sous sol, Pyramide). En enchaînant les deux très mauvaises productions que sont Pyramide et donc The Door, il convient de se poser une question légitime : Alejandre Aja ne deviendrait-il pas le Luc Besson du cinéma de genre ? Si dans un premier temps on répondra par la négative à la question, de part le travail et la qualité généralement positive de sa filmographie personnelle, on nuancera la réponse en soulignant l’investissement de plus en plus superficiel du bonhomme à des productions horrifiques toutes plus oubliables les unes que les autres.

The Door manque malheureusement le coche et ne sort donc pas du lot des milliers de productions horrifiques pullulant dans les cinéma depuis ces quinze dernières années. Si l’évident respect de Johannes Roberts pour son spectateur et la présence des équipes d’Alexandre Aja lui permet d’être en somme tout à fait regardable, la paresse de la mise en scène et le vide abyssale de son récit enterre définitivement toutes ambitions extérieures à celle commerciale de la Fox. Un long métrage sous forme de sonnette d’alarme à notre Alexandre Aja national, à qui l’on souhaite que son prochain film, The 9th Life of Louis Drax, soit d’une qualité bien supérieur à The Door, un film déjà oublié par son public.

The Door : Bande-annonce

The Door : Fiche Technique

Titre original : The Other Side of the Door
Réalisation : Johannes Roberts
Scénario : Johannes Roberts et Ernest Riera
Interprétation: Sarah Wayne Callies (Maria), Jeremy Sisto (Michael), Javier Botet (Myrtu), Sofia Rosinsky (Lucy), Logan Creran (Oliver), Suchitra Pillai-Malik (Piki)
Décors : Fran Cooper et Agnes Goveas
Costumes : Divya Gambhir et Nidhi Gambhir
Montage : Baxter
Musique : Joseph Bishara
Production : Alexandra Aja, Rory Aitken et Ben Pugh
Sociétés de production : 42, Kriti Productions et TSG Entertainment
Sociétés de distribution : 20th Century Fox
Langue : Anglais
Durée : 96 minutes
Genre : Horreur
Dates de sortie : 1 Juin 2016

Royaume-Uni, Inde – 2015

4ème édition du Nollywood Week Film Festival à Paris du 02 au 05 juin 2016

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Tous les amoureux du cinéma Nigérian peuvent se donner rendez-vous au cinéma L’Arlequin, à Paris,  pour la 4ème édition du Nollywood Week Film Festival.

 

Une quinzaine de films Africains seront en compétition. Grande nouveauté cette année, le festival s’ouvre aux courts-métrages.

Le 25 Mai, lors d’une conférence de presse, Serge Noukoué, directeur du festival, avait annoncé que de nombreuses masterclass, des rencontres et des discussions avec des acteurs et des réalisateurs seraient proposées aux spectateurs et aux festivaliers. La chanteuse Angélique Kidjo est la marraine du festival cette année.

Ce festival permet de faire découvrir au public français une sélection des meilleures productions cinématographiques du Nigeria. Nollywood est l’appellation qui a été attribuée à l’industrie du cinéma du Nigéria, comme c’est le cas pour Hollywood à l’Amérique, ou Bollywood à l’Inde.

« Les films Nollywood sont aussi un moyen de créer plus de liens entre la France et le Nigéria. » Serge Noukoué

Nollywood Week Film Festival
Du Jeudi 02  Juin au Dimanche 05 Juin 2016
Au Cinéma L’Arlequin :
76 rue de Rennes dans le VIème arrondissement de Paris
Tarifs : 9€ la séance
Un pass est disponible pour l’intégralité du festival, des conférences, des masterclass au tarif de 35 €

http://www.nollywoodweek.com/fr/

 

 

Programme du Festival :

 

FILM D’OUVERTURE

The CEO
Cinq cadres africains d’une multinationale de télécommunications sont réunis dans une belle station balnéaire aux alentours de Lagos au Nigeria à l’occasion d’un séminaire qui doit déboucher sur la nomination du nouveau PDG. Les choses prennent une tournure inattendue et les cadres disparaissent mystérieusement un à un…
Genre : Thriller
Réalisation : Kunle Afolayan
Avec : Lala Akindoju, Hilda Dokubo, Aurélie Eliam, Jimmy Jean-Louis, Angélique Kidjo, Wale Ojo, Peter King Nzioki, Fatym Layachi, Nico Panagiotopoulos
Production : Golden Effects
Année : 2016
Pays : Nigeria
Langues : Anglais, Français, Swahili, Yoruba, Chinoise et Arabe – VOSTF
Durée : 105 min

SELECTION DE COURTS-METRAGES

The Good Son
Lors d’une réunion de famille traditionnelle un jeune homme nigérian se retrouve obligé de faire face à une situation qu’il avait jusque là réussi à garder secret.
Réalisation : Tomisin Adepeju
Avec :  Gbolahan Obisesan, Grace Fitzgerald, Tomi Ogunjobi, Alex Akexander, Femi Ogunjobi, Mabinty Kamara
Année : 2014
Pays : Nigeria
Langue : Anglais – VOSTF
Durée : 14 min
The Encounter
En 1967 pendant la guerre civile du Nigeria, le prisonnier Ifeajuna est convoqué par le général Emeka pour une dernière conversation, une dernière rencontre. Basé sur le récit, The Encounter, de l’historien Henry Onyema.
Réalisation : Tolu Ajayi
Avec :  Amarachukwu Onoh et Gregory Ojefua
Année : 2015
Pays : Nigeria
Langue : Anglais – VOSTF
Durée : 22 min
Prey
Une jeune femme de retour d’une sortie nocturne est traquée par un psychopathe dans un parking.
Réalisation : Sunny King
Avec : O.C. Ukeje
Année : 2015
Pays : Royaume-Uni
Langue : Anglais – VOSTF
Durée : 13 min

 

Keko
Basé sur des faits réels, un ex–soldat souffrant de stress post-traumatique rentre chez lui avec une intention bien précise.
Réalisation : Kingsley Oboro
Avec : Sunny Dales Emokpaire, Sotonye Hart, Gifty Asante
Année : 2015
Pays : Nigeria et Ghana
Langue : Anglais – VOSTF
Durée : 28 min
Hex
Cinq jeunes se retrouvent impliqués dans un accident qui va revenir les hanter une année après les faits. Le terme « hex » signifie maudire, ensorceler ou jeter un sort sur quelque chose ou quelqu’un.
Réalisation : Clarence Peters
Avec : NANCY ISIME, SCARLET SHOTADE, ROSELINE AFIJE, AYOOLA AYOOLA, KUNLE REMI
Année : 2015
Pays : Nigeria
Langue : Anglais – VOSTF
Durée : 26 min
Ireti
Une femme d’âge moyen en proie à la dépression fait une rencontre inhabituelle dans sa cellule de prison, celle-ci va changer sa vie pour toujours.
Réalisation : Tope Oshin
Avec : Anne Njemanze
Année : 2015
Pays : Nigeria
Langue : Anglais – VOSTF
Durée : 11 min
Joy
Une femme nigériane vivant en Amérique, lutte pour convaincre son mari traditionaliste de ne pas circoncire leur fille de dix ans.
Réalisation : Solomon Onita Jr.
Avec : Sope Aluko et Bayo Akinfemi
Année : 2015
Pays : États-Unis
Langue : Anglais – VOSTF
Durée : 15 min

SELECTION DE LONGS-METRAGES

Fifty
Elles sont quatre, elles sont belles, elles sont accomplies, alors qu’elles entrent dans la cinquantaine, elles ne sont pas au bout de leurs surprises.
Genre : Drame
Réalisation : Biyi Bandele
Avec : Ireti Doyle, Nse Ikpe-Etim, Dakore Egbuson & Omoni Oboli
Production : EbonyLife Films
Année : 2015
Pays : Nigeria
Langue : Anglais – VOSTF
Durée : 101 min

Falling
Un jeune couple récemment marié va se retrouver face au plus grand des défis.
Genre : Drame
Réalisation : Niyi Akinmolayan
Avec : Desmond Elliot, Adesua Etomi, Kofi Adjorlorlo, Blossom Chukwujekwu
Production : Closer Pictures
Année : 2015
Pays : Nigeria
Langue : Anglais – VOSTF
Durée : 97 min
Lunch Time Heroes
Banke Adewumi, une apprentie-enseignante qui vient de terminer ses études, se retrouve en stage dans une école privée. Elle y apprendra une leçon qu’elle n’oubliera jamais.
Genre : Comedie Familiale
Réalisation : Seyi Babatope
Avec : Diana Yekini, Dakore Akande, Odenike Odetola & Omoni Oboli
Production : FilmOne Production
Année : 2015
Pays : Nigeria
Langue : Anglais – VOSTF
Durée : 87 min
Taxi Driver (Oko Ashewo)
Taxi Driver emmène le spectateur pour une virée nocturne haute en couleur au coeur de Lagos. Le tout à travers l’oeil d’Adigun, un nouvel arrivant dans cette ville.
Genre : Thriller
Réalisation : Daniel Emeke Oriahi
Avec : Femi Jacobs, Ijeoma Grace Agu, Odunlade Adekola
Production : FilmOne Production
Année : 2015
Pays : Nigeria
Langue : Pidgin – Anglais – VOSTF
Durée : 93 min
The First Lady
Une prostituée craignant pour sa vie se fait un ami improbable. Bientôt, ils se rendent compte qu’ils ont besoin l’un de l’autre pour survivre.
Genre : Comédie
Réalisation : Omoni Oboli
Avec : Omoni Oboli, Alexx Ekubo, Yvonne Jegede, Chinedu Ikedieze
Production :  Dioni Visions Entertainment
Année : 2015
Pays : Nigeria
Langue : Pidgin – VOSTF
Durée : 100 min
Gbomo Gbomo Express
Trois kidnapeurs amateurs se retrouvent dans l’obligation de changer de stratagème après avoir kidnappé par mégarde le Directeur d’une maison de disque avec sa compagne.
Genre : Thriller/Comedie
Réalisation : Walter Taylaur
Avec : Ramsey Nouah, Osas Ighodaro Ajibade, Gideon Okeke, Blossom Chukwujekwu, Kiki Omeili, Gbenro Ajibade, Alexx Ekubo, Kenneth Okolie, Shaffy Bello-Akinrimisi
Production : Waltbanger101 Productions Ltd
Année : 2015
Pays : Nigeria
Langue : Anglais et Pidgin – VOSTF
Durée : 97 min
Stalker
Kaylah Lawal, une styliste à succès, craint pour sa vie une nuit et est sauvée in-extremis par Michael qui se trouve au bon endroit au bon moment. Après cette nuit, la vie de Kaylah tourne lentement au cauchemar.
Genre : Thriller
Réalisateur : Moses « Sneeze » Inwang
Avec : Jim Iyke, Nse Ikpe Etim, Caroline Danjuma, Emen Inwang, Ayo Makun, Anthony Monjaro
Production : SNEEZE FILMS/KINETIC MEDIA
Année : 2016
Pays : Nigeria
Langue : Anglais – VOSTF
Durée : 104 min

Gomorra : Les saisons 3 et 4 confirmées après le lancement de la saison 2 en Italie 

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Gomorra Saison 2 : La Mafia Napolitaine détrone Game Of Thrones en Italie

Diffusée depuis le 10 Mai 2016 en Italie sur la chaîne Sky Atlantic, la saison 2 de la série Gomorra, librement adaptée du livre du journaliste Roberto Saviano et du film de Matteo Garone, bat tous les records.

La première saison diffusée au printemps 2014 avait permis à la chaîne Sky 1 de réaliser de très belles audiences : 700 000 spectateurs étaient présents, en moyenne, derrière leur poste de télévision (sur un total de 4,7 millions d’abonnés).

Les premiers épisodes de la saison  2, diffusés le 10 Mai 2016 en Italie, ont battu les précédents records en réunissant 1,1 million de spectateurs.

La réussite et les qualités indéniables de la série italienne, qui retrace les mésaventures de mafieux napolitains, ont permis de faire plus d’audience et de battre la série Game Of Thrones, Il Trono Di Spade, dans la langue de Dante. Ce programme italien apparaît comme un succès miraculeux et presque inespéré pour la vieille Europe à l’heure où les séries US dominent et écrasent le marché des fictions pour le petit écran (Game Of Thrones, The Walking Dead) et avec certaines réussites indéniables sur les mêmes thématiques que Gomorra (Breaking Bad, The Wire ou la saga des Sopranos).

La série a même pu bénéficier en Italie d’une soirée de lancement prestigieuse en avant-première dans le magnifique cadre du Teatro Dell’ Opera à Rome, en présence de Roberto Saviano, toujours sous bonne escorte policière, suite aux nombreuses menaces de mort qui pèsent sur lui, depuis la parution du livre en Italie en 2006.

Le succès de la série Gomorra dépasse largement le cadre des frontières italiennes. La saison 2 a déjà été prévendue dans près de 130 pays. Canal + pourrait regagner un certain nombre d’abonnés en annonçant dans les mois qui viennent la diffusion de la saison 2 sur son antenne à la rentrée 2016. La chaîne française cryptée avait en effet diffusé l’intégralité de la saison 1, tout comme Arte, plus récemment. Au grand dam des fans français, aucune annonce concrète des deux chaînes n’a été officialisée concernant la diffusion éventuelle de la saison 2 de Gomorra en France.

La bande-annonce coup de poing pour le lancement de la saison 2 en Italie tient toutes ses promesses. Cette nouvelle vague d’épisodes est bien la suite directe des événements de la saison 1. Le clan Savastano, Ciro Di Marzio et Salvatore Conte sont toujours au cœur de l’intrigue.

Après le plébiscite des spectateurs italiens avec des audiences records pour la saison 2 de Gomorra, la production a confirmé que la série allait être reconduite.  Les saisons 3 et 4 sont en cours d’écriture et sont assurées de voir le jour.  

L’Origine de la violence, un film d’Elie Chouraqui : Critique

Synopsis : Lors d’un voyage en Allemagne, un jeune professeur, Nathan Fabre, découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie. De retour en France, le souvenir de cette photographie ne cesse de l’obséder. Face au silence de son père, il décide alors de se pencher sur l’histoire de sa propre famille. Les secrets qu’il y découvre bouleversent son existence. À l’issue de sa quête, Nathan comprendra que le passé, même enfoui au plus profond des mémoires, finit toujours par ressurgir…

Un drame familial et historique sans réelle tension

La déportation et les camps de concentration ne sont pas des sujets anodins dans le monde du cinéma. De nombreux réalisateurs s’y sont frottés, transposant pour la plupart du temps des films bouleversant de justesse, d’un réalisme minimaliste notable, mais surtout d’un point de vue particulier. Que ce soit La Liste de Schindler de Spielberg et sa portée universaliste, Amen de Costa Gavras et la Shoah vu du côté allemand, ou encore La Vie est belle de Roberto Benigni et sa drôlerie douce-amère, tous ont su par leur point de vue particulier se démarquer les uns des autres pour décrire cette sombre période de l’Histoire. Même Le Fils de Saul de Laslo Nemez, Grand Prix du Festival de Cannes 2015 et Oscar 2016 du Meilleur Film Etranger, et de surcroît véritable coup de poing à l’estomac, a réussi son pari, par son audace à ne quasiment rien montrer au premier plan et pourtant à capter toute la monstruosité se proliférant au cœur même des camps.

Face à ces nombreux exemples et ce sujet fort, on ne peut reprocher à Elie Chouraqui sa volonté de proposer sa vision des camps. L’adaptation du livre L’Origine de la violence de Fabrice Humbert, qui a collaboré à l’écriture du scénario, était donc l’occasion pour lui de s’y attarder. Et d’entrée de jeu, il souhaite appliquer à son drame une atmosphère oppressante : voix off inquiétante, générique en caractères rouge sang, notes de musiques ponctuelles et stressantes, désaturation des couleurs… Malheureusement, cela ne durera que les cinq premières minutes du film. En effet, ce dernier est principalement plombé par une extrême banalité et une absence totale de point de vue dans la conduite de son récit. Cela se reflète principalement à deux niveaux :

Dans son scénario tout d’abord. Chouraqui transpose directement le livre caractérisé par la fameuse thématique de la petite histoire dans la grande, à travers la recherche menée par le héros des origines de sa famille, ayant pour point de départ la déportation. En effet, sa quête de vérité et sa soif de réponse constituent l’enjeu principal du long métrage. La résolution de ce drame familial est sensée maintenir l’intérêt du spectateur tout au long du film. Sauf que le récit est malmené par le piège de la prévisibilité. Les raisons mêmes de ce drame sont facilement identifiables dès la moitié du long métrage, entraînant ainsi toute annihilation de l’impact dramatique qu’auraient dû produire ces révélations. Cette banalité du dénouement et du récit en général n’est en rien aidé par ses personnages. Parfois inutiles (la petite amie du personnage principal, jouée par Miriam Stein, ravissante au demeurant mais totalement anecdotique), parfois en sur-jeu constant (César Chouraqui), ils sont globalement monolithiques et inintéressants à suivre. Mention spéciale à Stanley Weber, qui est pourtant le héros : ne donnant jamais suffisamment de corps à son personnage, ne lui procurant aucune réelle tension ou de moment où son mal-être explose, le spectateur est donc en constante distance avec ce dernier, n’éprouve aucune empathie, et n’a cure par le fait de découvrir le mal être du héros, et l’origine de sa violence, enfouie, intérieure. Seuls Richard Berry et Michel Bouquet, brillants par leur sobriété, s’en tirent avec les honneurs.

Dans sa réalisation ensuite. D’un académisme ronflant, aucune idée de mise en scène ne vient alimenter les 110 minutes proposées par le long métrage, que ce soit pour les deux parties décrites. Celle contemporaine ressemble à n’importe quel autre film lambda et ne dispose pas d’une réelle identité, tandis que celle historique jouant avant tout sur des images et ambiance froides. Si la reconstitution des décors et des costumes se révèle intéressante, il n’en est pas de même concernant la musique. Totalement inadaptée par moments (l’utilisation surabondante de la Cinquième Symphonie de Beethoven par exemple dénature tout impact dramatique), aucun thème ou partition ne ressort.

L’Origine de la violence ne sert ainsi pas son sujet, aussi fort soit-il, avec un véritable point de vue ou de vraies ambitions scénaristiques et de réalisation. Il se révèle même être extrêmement banal, ne faisant que recycler un drame familial déjà vu mille fois et en mieux (Un secret de Claude Miller), là où un véritable point de vue affirmé aurait bonifié à la fois la grande et la petite histoire.

L’Origine de la violence : Bande-annonce

L’Origine de la violence : Fiche technique

Réalisation : Elie Chouraqui
Scénario : Elie Chouraqui, Fabrice Humbert, d’après son ouvrage L’origine de la violence
Interprétation : Stanley Weber (Nathan Fabre), Cesar Chouraqui (David Wagner -1937) – Adrien Fabre (1962)), Richard Berry (Adrien Fabre- 2014), Michel Bouqet (Marcel Fabre), Miriam Stein (Gabi), Catherine Sami (Clémentine Fabre), Romaine Cochet (Virginie), Christine Citti (Marguerite Fabre)…
Photographie : Dominique Gentil
Montage : Lorenzo Fanfani
Musique : Cyril Etienne des Rosaies, Romain Poncet
Producteurs : Elie Chouraqui, Alfred Hürmer, Charlie Farnel, Christian Reitz, Alexandre Chouraqui
Sociétés de production : L’Origine Production, Integral Film
Distribution (France) : Paradis Films
Durée : 110 minutes
Genre : Drame
Date de sortie : 25 mai 2016

France – 2016

 

Simon Pegg et Mike Myers à l’affiche du thriller Terminal

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Les deux acteurs, rendus célèbres pour leurs interprétations dans de nombreuses comédies, ont rejoint l’équipe du film Terminal.

 

Vaughn Stein réalisera ce film noir qui retrace les mésaventures de deux tueurs à gages dans une mission suicide, pour le compte d’un mystérieux employeur, mais avec un gros chèque à la clé.  Sur leur route, ils feront la rencontre d’une femme qui pourrait bien avoir un lien insoupçonné avec leur objectif. 

Le long métrage est produit par David Barron, Molly Hassell, Arianne Fraser, Tom Ackerley, Josey McNamara et  Sophia Kerr.

Simon Pegg et Mike Myers seront présents  dans ce thriller aux côtés de Max Irons (The Riot Club), Dexter Fletcher (Arnaques, crimes et botanique, Kick-Ass) et Margot Robbie (Le loup de Wall Street, Suite Française, et interprète d’Harley Quinn dans le très attendu Suicide Squad).

Simon Pegg sera à l’affiche du prochain Star Trek sans limites et présent dans un prochain film de Steven Spielberg (Ready Player One). Mike Myers va lui créer une série pour le compte de HBO. Des rumeurs annoncent même le grand retour de son espion déjanté.

Les fans des deux comédiens les retrouveront donc avec bonheur après la veine policière et d’action qu’ils avaient empruntés, non sans humour, dans Mission Impossible Rogue Nation ou bien encore Austin Powers.

La sortie de Terminal est prévue pour 2016. Le tournage du film a débuté en Hongrie.

Poesia Sin Fin, un film d’Alejandro Jodorowsky : Critique

Si la poésie est un acte, le plus beau d’entre eux est certainement de rendre hommage, dans une verve aussi touchante que déjantée, à la liberté, à l’amour, à la créativité… en un mot, à la vie.

Synopsis : Dans la capitale chilienne des années 1940 et 50, Alejandro Jodorowsky refuse de suivre la voie des études de médecine que lui a tracée son père en se décidant de devenir poète. Un choix qui lui fait acquérir énormément de maturité et le mène à côtoyer les libres penseurs locaux. C’est pour lui le début d’une vie  de bohème faite d’expérimentations artistiques dans une totale liberté que seule la montée du fascisme semble pouvoir réfréner.

L’art de la nostalgie fantasmatique

Le film commence sur le quai d’un port. Celui de Tocopilla, une ville que Jaime, Sara et leur fils Alejandro sont contraints de quitter. C’était aussi ainsi que se terminait La Danza de la Realidad (2013), qui marquait la première pièce de la fresque autobiographique, faisant office d’œuvre testamentaire, d’Alejandro Jodorowsky. On retrouve donc les trois mêmes personnages là où on les avait laissés : La famille a ouvert une nouvelle boutique de vêtements à Santiago, la mère continue à ne s’exprimer que comme une cantatrice à la voix chaude et réconfortante alors que le père devient de plus en plus difficile à vivre, à moins que ce ne soit la maturité acquise par son fils qui lui permette de davantage s’en rendre compte. Car il est important de préciser que tout le film s’articule autour du point de vue du jeune Alejandro, ou, pour être exact, des souvenirs qu’en a gardés le réalisateur 70 ans plus tard. D’un pareil procédé scénaristique, le public n’ayant pas vu le film précédent, et même ne connaissant pas du tout l’œuvre baroque de Jodorowsky, pourrait craindre un film teinté de mélancolie, et donc probablement un peu terne. Ce serait oublier que l’on a affaire au réalisateur de El Topo et de La Montagne Sacrée, autrement dit au dernier grand maitre du cinéma surréaliste en activité.

Celui-ci a toutefois appris, depuis ses réalisations dadaïstes des années 70-80, et probablement grâce à son travail dans la bande dessinée, à construire des trames narratives linéaires et cohérentes, sans pour autant rien perdre de cette extravagance qui rend son cinéma unique au monde. Pour ceux qui, en revanche, ont vu La Danza de la Realidad, ils retrouveront ce même dispositif esthétique hallucinogène consistant à invoquer des images purement oniriques pour représenter les souvenirs les plus radieux comme les plus dramatiques de cette jeunesse virevoltante. Une recette à ce point fellinienne (avec des éléments visuels similaires : Les femmes plantureuses, les freaks et l’univers du cirque…) que le précédent film apparaissait comme une variation chilienne d’Amarcord –une comparaison glorieuse qui permettra aux retardataires de visualiser de quoi il s’agit. L’effet de surprise n’étant plus là et la fantaisie candide propre à l’enfance n’étant plus de mise, on peut affirmer que le récit de l’adolescence de Jodorowsky est bien moins poétique que le précédent opus, au sens où il fait appel à une imagination moins foisonnante.  Quand bien même les moyens mis en place par le réalisateur pour nous perdre dans la distinction entre fiction et réalité dans l’illustration de ses mémoires font de ce film une œuvre visuellement éblouissante et forte en puissance symbolique, c’est sans doute moins dans sa forme que dans son contenu qu’il faut aller chercher la poésie annoncée par le titre.

L’éveil à une passion pour cet art littéraire et la transformation de ce talent encore balbutiant en une philosophie de vie en marge du système sont les deux enjeux majeurs de ce scénario, qui en cela nous plonge avec maestria au cœur de la création artistique. En prônant la liberté d’exprimer son goût pour le lyrisme à travers son mode de vie, la démarche du cinéaste multitâche n’est pas gratuite. Il trace ainsi un pont entre celui qu’il fut, celui qu’il est et ceux que ses héritiers sont destinés à devenir. Le fait d’avoir offert son propre rôle à son fils Adan -par ailleurs compositeur de l’excellente bande-originale -, et que son frère ainé, Brontis, reprend celui du père (de son grand-père qu’il n’a jamais connu donc), confirme que le besoin de se confier du patriarche ne peut se faire sans passer par une entreprise familiale. Une dimension qui ajoute à l’émotion que peut susciter ce scénario, qui trouvera son paroxysme dans la scène finale où, dans leur rôle respectif, les deux frères et leur père sont tous trois réunis pour déclamer leur amour à ce grand-père débonnaire qu’il avait autrefois fallu fuir. Un passage de flambeau parental tout simplement bouleversant qui, dans la façon avec laquelle il fait écho à l’ouverture, illustre également la rupture entre l’enfant  et l’adulte qu’a su devenir Alejandro au gré de ses rencontres et de son besoin de s’émanciper à travers sa créativité sans limite.

A défaut d’être « sans fin », la poésie est, dans la réalisation et dans la vie de Jodorowsky, omniprésente. Il nous le prouve dans cette façon qu’il a de se raconter sans hésiter une seule seconde à faire des choix audacieux, que ce soit dans le casting, les costumes ou encore les décors, et de faire preuve d’une inventivité hors-pair pour compenser un budget réduit (en partie obtenu grâce au financement participatif). Ce mélange de minimalisme imposé par les moyens et d’extravagance permise par le jusqu’au-boutisme de l’équipe artistique produit une impression de théâtralité  assumée et tout à fait agréable. L’apport de la photographie de Christopher Doyle (qui, après avoir officié des années pour Wong Kar-Wai, a accumulé les collaborations avec Shyamalan, Jarmusch, Van Sant…) est un élément de plus dans la qualité esthétique de cet ouvrage de bout en bout insolite qui aboutit à un spectacle qui trouve malicieusement un équilibre entre ses outrances étonnantes et ses magnificences métaphoriques parfois capilotractées. Après cet opus qui parvient à justifier la source de sa volonté d’imposer son style, on attend de Jodorowsky qu’il nous livre sa suite ne serait-ce que pour profiter de sa vision du Paris des années 50-60.

Fruit d’un poète visuel inspiré, Poesia Sin Fin risque de paraître difficile d’accès pour le grand public asservi par une industrie cinématographique formatée dans laquelle la notion de créativité semble être devenue un tabou. Pour quiconque se targue en revanche d’un semblant de fibre artistique, il ne fait nul doute que la détermination d’Alejandro Jodorowsky pour exprimer son talent a vocation à devenir un modèle.

Poesia Sin Fin : Bande-annonce

Poesia Sin Fin : Fiche technique

Réalisation : Alejandro Jodorowsky
Scénario : Alejandro Jodorowsky
Interprétation : Adan Jodorowsky (Alejandro adolescent), Jeremias Herskowitz (Alejandro enfant), Brontis Jodorowsky (Jaime Jodorowsky), Pamela Flores (Sara Jodorowsky), Leandro Taub (Enrique Lihn), Alexandro Jodorowsky (narrateur / lui-même)…
Photographie : Christopher Doyle
Montage : Maryline Monthieux
Musique : Adan Jodorowsky
Costumes : Pascale Montandon-Jodorowsky
Producteurs : Asai Takashi, Xavier Guerrero Yamamoto
Budget : 3 Millions d’€
Distribution (France) : Le Pacte
Récompense : Prix du Public à l’Etrange Festival 2016
Durée : 127 minutes
Genre : Biographie, comédie dramatique, fantastique
Date de sortie : le 5 octobre 2016

Chili / France / Japon – 2016

Le jeu vidéo Mirror’s Edge va être adapté en série télévisée

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Le jeu vidéo Mirror’s Edge bientôt sur votre écran de télévision

 

Le studio Electronic Arts s’est lancé dans un pari ambitieux avec le projet d’une adaptation de l’un de ses titres d’action dans un programme pour le petit écran. L’abandon de la 3D au profit de véritables comédiens a été confirmé.

La série sera produite par les studios Endemol Shine à qui l’on doit de nombreuses émissions de télé-réalité. La branche d’Endemol, responsable des programmes scénarisés, déjà à l’œuvre pour Kingdom et Hell on Wheels, sera aux commandes de ce projet d’adaptation d’une œuvre vidéo-ludique phare des studios Electronic Arts.

La saga Mirror’s Edge permet aux joueurs de vivre les aventures de Faith, une messagère employée en toute illégalité pour convoyer des informations et des objets clés en se déplaçant sur les toits d’une ville où les dérives sécuritaires de l’Etat oppressent les citoyens. L’héroïne du jeu se déplace de toit en toit en effectuant des cascades à couper le souffle avec une dextérité et une habileté impressionnantes telle une Yamakasi (film d’Ariel Zeitoun en 2001). Faith est experte dans l’art du déplacement aussi appelé parkour ou freerun.

Reste à savoir si la vue interne du jeu, comparable à celle des First Person Shooter (FPS) populaires comme Call Of Duty, Counter Strike ou Medal Of Honor, sera respectée et utilisée dans la série tout au long des épisodes avec une caméra immersive. Ce procédé longtemps employé dans les slashers et les films d’horreur des années 80 pour montrer le regard et le point de vue des serials killers et des monstres, a été remis au gout du jour par des films récents et très inventifs (Hardcore Henry, Pandemic, une courte séquence dans Doom). Ce dispositif beaucoup plus immersif est légèrement différent du procédé du found footage, basé sur un enregistrement récupéré (Projet blair witch, Cloverfield,  REC, V/H/S).

Peu de détails ont été communiqués à l’heure actuelle sur la série concernant le casting, le cadre ou les lieux de tournage. La seule certitude concerne le personnage central qui sera incarné par une femme. Mirror’s Edge pourrait être l’une des premières séries occidentales avec une actrice asiatique dans le rôle titre.

L’univers futuriste, les scènes d’action, les cascades, la mise en scène impressionnante lors des affrontements avec les forces de sécurité et l’adaptation d’une licence qui a séduit les joueurs du monde entier sont autant d’ingrédients qui pourraient faire de Mirror’s Edge une des séries les plus attendues de 2017.

Le tout premier opus de la saga vidéo-ludique était sorti en 2008. L’univers du jeu, son immersion, son aspect visuel, sa sensation de liberté totale et son cocktail de cascades à couper le souffle et d’action frénétique ont permis au jeu d’atteindre un statut culte tout en offrant aux joueurs une expérience innovante, immersive et haletante.

Endemol pourrait ainsi à travers cette licence dépoussiérer les séries d’action et s’inscrire dans la lignée des réussites récentes et « claques » visuelles et immersives précédemment évoquées comme REC et Hardcore Henry. L’utilisation et la démocratisation de la vue interne et de caméras immersives pourraient à terme bouleverser l’industrie du cinéma et des séries avec l’arrivée prochaine des casques de réalité virtuelle ou augmentée.

En attendant la série, les fans de l’univers pourront découvrir Mirror’s Edge : Catalyst  au mois de Juin 2016 sur PC et les consoles de nouvelle génération. De nombreuses révélations sur le passé de l’héroïne Faith, une intrigue politique et encore plus de liberté avec un monde ouvert attendent les joueurs pour de nouvelles courses intenses de freerun. Le succès éventuel de ce nouveau titre pourrait servir de tremplin à ce projet de série télévisée. Electronic Arts a d’ailleurs dévoilé une nouvelle bande-annonce pour Mirror’s Edge : Catalyst.

Scorpion saison 2, une série de Nick Santora : critique

Synopsis : l’équipe Scorpion,  constituée de quatre génies, d’une mère de famille et d’un agent de la Sécurité Intérieure, est séparée et son chef, Walter O’Brien, est soigné pour un traumatisme suite à son accident de voiture. Mais la Sécurité Intérieure va à nouveau faire appel à eux.

Retour sans surprise de l’équipe de génies

Le succès de la première saison de Scorpion, qui avait enregistré entre 9 et 13 millions de téléspectateurs aux États-Unis, a incité les producteurs de la chaîne CBS de commander 24 épisodes supplémentaires.

Cette deuxième saison reprend exactement la même formule, sans le moindre changement, mais en exagérant un peu les qualités ou les défauts des premiers épisodes.

Ainsi, la série est toujours atteinte d’un manque flagrant de réalisme. On sauve un barrage qui menace de s’écrouler, on envoie un missile nucléaire dans le tunnel d’une mine, on infiltre même la fameuse Zone 51. Les scénaristes sont visiblement animés d’une intention d’en faire toujours plus. Certes, cela permet d’avoir un rythme soutenu et de l’action en permanence, mais en contrepartie on s’éloigne de plus en plus de tout souci réaliste. Même les « explications » scientifiques sont de plus en plus extravagantes et bâclées.

Et si les scénarios se veulent de plus en plus grandioses, les moyens mis en œuvre, hélas, ne suivent pas. Les trucages sont franchement mauvais. Pour simuler un tremblement de terre, on se contente de faire bouger la caméra. La série veut se donner l’apparence d’un divertissement à grand spectacle mais le résultat à l’écran n’y est pas.

C’est l’intérêt porté aux personnages qui peut sauver la saison. Si Walter paraît de plus en plus insupportable dans son arrogance et si Happy semble rester statique, c’est surtout Sylvester qui gagne en charisme. Son rôle auprès de la sœur de Walter, les nombreuses occasions qu’il a de se surpasser, que ce soit en prison ou dans un immeuble en flammes, tout cela permet de développer son personnage.

La saison est aussi sauvée par l’apparition de deux personnages secondaires récurrents, deux paumés sympathiques : Ray, un petit malfrat roi de la débrouille, et un prétendu avocat au nom improbable.

En conclusion, cette saison 2 de Scorpion confirme l’identité de la série : des improbabilités de plus en plus énormes, des solutions tirées par les cheveux, mais des personnages sympathiques et attachants qui sauvent l’ensemble du naufrage, si l’on est bienveillant.

Scorpion saison 2 : bande Annonce

Scorpion saison 2 : Fiche Technique

Créateur : Nick Santora
Réalisateurs : Sam Hill, Mal Damski, Omar Madha, Sylvain White, Bobby Roth, etc.
Scénaristes : Nick Santora, Nicholas Wootton, Rob Pearlstein, Paul Grellong…
Interprètes : Elyes Gabel (Walter O’Brien), Katharine McPhee (Paige), Eddie Kaye Thomas (Toby), Jadyn Wong (Happy), Ari Stidham (Sylvester), Robert Patrick (Cabe).
Photographie : Ken Glassing, Robert LaBonge, David J. Miller, Gyula Pados
Montage : Eric Seaburn, Anthony Miller, J.J. Geiger, Christopher Petrus
Musique : Tony Morales, Brian Tyler
Producteurs : Scott Manson, Troy Craig Poon, Don Tardino, Marco Black
Sociétés de production : K/O Paper Products, Blackjack Productions, Perfect Storm Entertainment, SB Films, CBS Television Studios
Diffusion : CBS
Format : 24 épisodes de 40 minutes (sauf un épisode de 80 minutes)

Etats-Unis- 2015

Mary J. Blige rejoint le casting du film Mudbound 

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La chanteuse de soul Mary J. Blige sera à l’affiche d’un film engagé Mudbound, adapté du roman éponyme de Hillary Jordan.

 

Mudbound  va plonger les spectateurs dans une fresque historique et sociale dans le Mississippi rural juste après la Seconde Guerre Mondiale. Deux soldats, de retour du front, vont devoir faire face au racisme de la société américaine de l’époque et s’adapter à leur nouvelle vie, en travaillant la terre.

Mudbound sera réalisé par Dee Rees (Pariah). Le casting du film réunit Mary J. Blige aux côtés de Jason Mitchell (N.W.A Straight Outta Compton), Jason Clarke (Terminator Genisys), Garrett Hedlund (Pan, Sur la route) et Carey Mulligan (Les suffragettes, Une éducation). Le tournage devrait commencer à la Nouvelle-Orléans dans les mois qui viennent. Virgil Williams (Criminal Minds) a écrit le scénario et a basé son travail sur le roman de Hillary Jordan, publié en 2008.

Cassian Elwes, Charles King, Kim Roth, Sally Jo et Carl Effenson et Tim Zajaros sont les producteurs du film.

Mary J. Blige a vendu plus de 50 millions d’albums à travers le monde. La chanteuse a déjà effectué au cours de sa carrière des apparitions remarquées au cinéma ou à la télévision dans le film de Tyler Perry en 2009, I Can Do Bad All by Myself, dans les films Black Nativity, Prison Song, Rock Forever ainsi que dans un épisode de la série Empire.

La polémique sur le racisme à Hollywood avait été vive il y a quelques mois, suite au boycott de nombreux acteurs afro-américains (Will Smith notamment) lors de la dernière cérémonie des Oscars, dont Chris Rock était le maître de cérémonie, en février 2016. Cette vague de protestations était intervenue pour dénoncer le manque de nomination d’actrices et d’acteurs issus de la diversité et de la pluralité de la société américaine. Mudbound risque de s’inscrire dans la lignée des œuvres poignantes portées récemment à l’écran sur le difficile combat pour l’égalité de la communauté Afro-américaine au sein de la société américaine (Twelve Years a Slave, La couleur des sentiments, Le majordome).

Les grands studios Hollywoodiens tentent d’inverser cette mauvaise image et de faire oublier cette polémique. Dernier exemple en date, les studios Marvel-Disney ont annoncé que l’équipe du film Black Panther, dédié au super héros entrevu dans Captain America : Civil War, serait composé à 90% d’actrices et d’acteurs noirs.

The 100 saison 3, une série de Jason Rothenberg : Critique

Synopsis : Trois mois se sont écoulés depuis que nos héros ont tué les habitants du Mont Weather et libéré leurs amis. Alors que Clarke est recherchée par les natifs, la prenant pour Wanheda, la commandante de la mort, le camp Jaha s’est beaucoup développé, et renommé Arkadia. Bellamy recherche, avec son équipe, Clarke qui s’est exilée, mais aussi des survivants d’autres arches. Des tensions commencent à apparaitre entre Octavia et Lincoln, et pendant ce temps, Murphy, qui s’était enfermé dans un bunker, retrouve Thelonius qui a enfin trouvé la Cité des Lumières…

 « We Are The 100 »

Comme la saison précédente, The 100 saison 3 se construit en deux intrigues parallèles, la première partie voit monter en puissance Pike en prenant la direction d’Arkadia dans le but de vaincre les natifs de la Terre. De son côté, Clarke essaye de dissuader Lexa d’entrer en guerre, pendant que Jaha et A.L.I.E. réfléchissent au meilleur moyen de recruter tout le monde dans la cité de la lumière, devenant l’ultime menace à combattre à la fin de la saison.
Une fois encore, nous sommes entrainés dans une histoire plus adulte où les enfants agissent en prenant leurs propres décisions. La saison 3 confirme cette maturité à travers des storylines bien plus sombres où nos héros font face à des épreuves encore plus difficiles. La guerre et les tensions entre le peuple du Ciel et les natifs de la Terre n’ont jamais été autant au cœur de l’intrigue. De plus, les scénaristes ont pris le risque d’éliminer des personnages principaux, aimés du public, entrainant la mort de deux d’entre eux. Nous regrettons la polémique autour de la mort de Lexa qui entache cette saison exceptionnelle. En effet, il peut sembler cruel d’avoir tué ce personnage au moment où Clarke et Lexa arrivent enfin à s’avouer leur amour, après s’être apprivoisées pendant quelques épisodes. Cependant, malgré la colère des fans et en particulier celle de la communauté LGBT plus ou moins justifiée, le décès de l’ancienne commandante aurait pu être néfaste à la qualité des histoires, notamment pour le personnage de Clarke, mais les showrunners nous ont prouvé le contraire, en faisant avancer notre récit sur l’Histoire des commandants et l’influence de La Flamme qu’A.L.I.E. veut récupérer. Ils sont parvenus à tourner leurs scénarios en fonction du planning de l’actrice Alycia Debnam-Caray, régulière dans la série Fear The Walking Dead.

Le scénario est assez bien ficelé dans son ensemble. Nous semblons dépaysés lors des deux premiers épisodes puisque nous découvrons de nouveaux peuples sans connaître réellement les connexions avec celui de Lexa. Toutefois, on arrive à voir où les scénaristes veulent en venir par la suite, en réussissant à créer différentes intrigues complexes, mais fluides dans la compréhension de l’histoire globale.
Ainsi, cette troisième saison se renforce dans sa dramaturgie, dans sa mythologie en rejoignant les croyances des natifs à la science d’A.L.I.E. connectée au peuple du Ciel, à l’origine de la destruction du monde 100 ans plus tôt. Par conséquent, il est assez ingénieux de voir que toutes ces intrigues que l’on suit sont liées les unes aux autres.

Le succès de cette série se place dans l’évolution et l’approfondissement de ses personnages. De ce fait, la saison 3 se consacre d’avantage sur des rôles trop secondaires lors des saisons précédentes.
Alors que Clarke, Octavia, et Bellamy ont suffisamment fait leurs preuves, ce sont désormais Jasper, Murphy, Raven et Monty qui deviennent les vedettes du show, avec un développement constant tout le long de la saison. Ils nous surprennent assez dans leurs décisions, notamment Monty qui assume ses choix, difficiles pour la plupart, et arrive à faire ce qui est juste pour sauver ses amis, quitte à tuer sa mère possédée par A.L.I.E., quant à Raven, nous pouvons féliciter son interprète Lindsey Morgan qui a réussi à parfaitement reproduire le caractère de l’intelligence artificielle pendant plusieurs épisodes. Auparavant, Raven était trop assimilée à sa romance avec Finn, ou trop en retrait par rapport au reste du casting. Les autres protagonistes qui feront tout pour la sauver nous prouvent qu’elle est aussi essentielle, particulièrement lors du final où elle aura son rôle à jouer pour aider Clarke à détruire la cité des Lumières.

Le début de saison s’est éparpillé sur plusieurs storylines, permettant aux spectateurs de se familiariser à l’univers, mais les circonstances qui rapprochent nos héros nous affirme que l’histoire reste focalisée sur les 100.  Thelonius et A.L.I.E. réussissent à prendre le contrôle d’Arkadia, et d’un grand nombre de natifs, ce sont donc nos jeunes héros qui doivent chercher le remplaçant de Lexa, le nouveau commandant pour affronter l’intelligence artificielle.
Ils mettent leurs différents de côtés, et s’unissent pour arrêter leur ennemi, malgré certains conflits internes au sein du groupe.

Justement, par rapport aux défaillances de la saison, Clarke continue son ascension d’héroïne forte cherchant à trouver les meilleures solutions pour garantir la paix, alors que Bellamy et Octavia sont deux personnages en perdition.

La plupart semble évoluer, mais Bellamy, aveuglé par la peur et la haine de Pike contre les natifs, n’a fait que des mauvais choix jusqu’à la mort de Lincoln, dont il est en partie responsable, entrainant un faussé entre les deux frère et sœur.
Ces conséquences entrainent Octavia dans une spirale infernale en voulant se venger de Pike. Ces erreurs montrent leur humanité, qu’ils ne sont pas invincibles.
Clarke a peut-être beaucoup de mal à surmonter son génocide au Mont Weather, mais Bellamy n’arrive plus à distinguer le bien du mal, mais il essayera de corriger ses erreurs auprès de ses amis en les aidant à stopper A.L.I.E.
Monty reste l’atout majeur de cette saison, à l’écoute des autres, il sera un soutient moral important pour Jasper qui ne se remet pas de la mort de Maya, ou même pour Octavia, tiraillée entre le peuple du Ciel et les natifs, alors qu’il lui rappelle qu’elle est bien plus que ça, qu’ils font avant tout parti de leur propre communauté des 100.

Cette saison 3 frôle la perfection, à un détail près, le final est légèrement en deçà de ce que la série nous a proposé jusqu’à présent. Tous les indices nous laissaient croire depuis longtemps que Clarke serait « l’élue » qui prendrait La Flamme pour se rendre dans la cité des Lumières pour vaincre A.L.I.E. et son programme. Cela nous permet de revoir une dernière fois Lexa, afin d’apporter un véritable adieu aux fans du couple (même si ces quelques scènes sont assez minimes face à l’ampleur du season finale).
On pourrait reprocher à Jason Rothenberg d’avoir réitéré le choix qui s’impose à Clarke de devoir actionner le levier pour détruire A.L.I.E. qui avait comme unique but de protéger le peuple de l’Apocalypse nucléaire qui approche. Le parallèle à la situation de Clarke et Bellamy au Mont Weather à la fin de la saison 2 est un peu gros et exagéré.
Néanmoins, l’idée de l’intelligence artificielle a bien été exploitée depuis le début. Les scénaristes ont voulu clore ce chapitre sans gros cliffhanger comme la saison précédente. Seulement, en dehors de la futur fin du monde, d’Octavia quittant ses amis après avoir assassiné Pike, nous n’avons pas énormément d’informations sur ce que nous réserve la prochaine saison. On imagine Abby, Marcus et Thelonius rassembler leurs forces pour reconstruire Arkadia et trouver un terrain d’entente avec les natifs pour trouver la solution face à l’attaque nucléaire à venir.

Une saison riche en rebondissement, haletante à chaque épisode,  qui nous donne envie de toujours revenir pour voir la suite. Nous ne sommes pas inquiets à l’idée de retrouver cette même dynamique et cette qualité d’écriture dans la saison 4 qui sera diffusée à partir de janvier 2017.

La troisième saison de The 100 a réuni, en moyenne, 1,3 millions de téléspectateurs et un taux de 0,48 sur les 18/49 ans.

The 100 saison 3 : Bande-annonce

The 100 saison 3 : Fiche Technique

Créateurs : Jason Rothenberg, Kass Morgan
Interprétation : Eliza Taylor-Cotter (Clarke), Bob Morley (Bellamy), Paige Turco (Abby), Marie Avgeropoulos (Octavia), Devon Bostick (Jasper), Christopher Larkin (Monty), Lindsey Morgan (Raven), Ricky Wittle (Lincoln), Richard Harmon (Murphy), Isaiah Washington (Thelonius), Henry Ian Cusick (Marcus)
Producteurs : Matthew Miller, Jason Rothenberg, Bharat Nalluri, Leslie Morgenstein, Gina Girolamo
Société de production : Bonanza Productions Inc., Alloy Entertainment, Warner Bros. Television, CBS Television Studios
Format : 16 épisodes de 42 minutes
Genre : dramatique, science-fiction
Diffusion : The CW
Etats-Unis – 2014