Accueil Blog Page 661

Colonia, un film de Florian Gallenberger : Critique

Le sujet de Colonia s’annonçait passionnant. Il prend place aux prémices du régime de Pinochet, un des régimes totalitaires les plus opaques de l’Histoire, qui a vu un nombre important de disparitions inexpliquées et qui a permis à un ancien nazi d’exprimer, en toute impunité, sa folie en s’érigeant gourou d’une secte où il a pu torturer hommes, femmes et enfants.

Synopsis : Chili, 1973. Le Général Pinochet s’empare du pouvoir par la force. Les opposants au coup d’Etat descendent dans la rue. Parmi les manifestants, un jeune couple, Daniel photographe et son ami Lena. Daniel est arrêté par la nouvelle police politique. Il est conduit dans un camp secret, caché dans un lieu reculé au sein d’une secte dirigée par un ancien nazi. Une prison dont personne n’est jamais sorti. Pour retrouver son amant, Lena va pourtant rentrer dans la Colonia Dignidad.

Romance encadrée

On avait là les bases d’une histoire tragique, malheureusement authentique, et globalement méconnue qui voyait en Florian Gallenberger, le cinéaste idéal pour lui faire honneur. Il s’est déjà illustré dans le récit tiré de faits réels, avec son réussi mais académique John Rabe en 2009. Et surtout, voulant suivre ici le destin d’un couple au sein de Colonia Dignidad, le lieu de la secte dirigée par Paul Schäfer, l’ancien nazi, il renoue avec son premier film Schatten der Zeit (qui n’est jamais sorti en France), où il s’attardait sur des émois amoureux contrariés par la politique d’un pays. Chose qui fait écho avec l’histoire de Colonia. Tout pouvait laisser penser que, dans la réunion de ces deux styles qu’il affectionne tant, on y trouverait son film ultime. Pourtant la vérité est ici plus complexe et les attentes généralement déçues.

L’approche choisie par Gallenberger se montre très vite handicapante, s’intéressant plus aux péripéties traversées par le couple pris au milieu d’un coup d’état, ce qui a pour cause de délaisser tout ce qui touche aux faits réels. Il use des rouages classiques du thriller romanesque pour chercher l’efficacité du divertissement au détriment de la rigueur du sujet, se laissait volontairement aller au caricatural lorsqu’il s’intéresse à la vie au sein de la secte et surtout au culte mené par Schäfer. Aspect qui est accentué par la prestation outrancière de Michael Nyqvist. Il ne cherche pas les nuances de son personnage et fait un travail de surface. Déjà l’écriture ne s’intéresse jamais à l’étude du mal dont il est capable mais en plus c’est une figure de gourou démoniaque et excentrique comme on en voit souvent. Il est abordé de manière peu originale et même s’il était peut-être vraiment comme ça dans la vraie vie, son traitement ne permet pas de le rendre intéressant. On souligne cependant la bonne idée qu’a eu le cinéaste dans sa façon de suggérer ses crimes avec pudeur, particulièrement en ce qui concerne la pédophilie. Il évoque les penchants du personnage au sein d’une séquence assez glaçante par son regard froid et très détaché mais qui est minutieusement travaillé pour que l’on comprenne sans que ça devienne trop explicite. La scène n’en est que plus malsaine. On regrettera quand même que tout ne soit pas du même niveau, la mise en scène de Florian Gallenberger étant trop superficielle par moments qu’il peine à établir des fulgurances. On pense par exemple à un passage de réunion d’hommes autour d’une femme, qui sont là pour la juger. Le propos est extrêmement fort mais  la séquence est filmée de manière tout aussi détachée que le reste ce qui la rend presque anecdotique. Accentuer la tension et avoir une mise en scène plus crue lors de ce passage aurait vraiment pu aboutir à un moment anxiogène marquant.

C’est principalement ce que l’on peut reprocher au film, sa manière de se construire sur des demi-mesures. Chaque bonne idée étant contrebalancée par un défaut qui vient  l’amoindrir. C’est le résultat d’une démarche hésitante qui veut offrir une vision réaliste de ce qu’était la vie à Colonia Dignidad tout en édulcorant le propos en plaçant les enjeux au niveau du couple. Un couple qui est finement écrit et attachant surtout grâce aux prestations impeccables de Emma Watson, qui crève littéralement l’écran, et de Daniel Brühl, très en forme. Mais plus que ça, c’est l’alchimie évidente que partagent les deux acteurs qui les rend authentiques, on croit en leur histoire et on a envie de les voir s’en sortir. Ils ont beau être sacrifiés sur l’autel du suspense dans un climax bien trop facile et expédié, prenant la forme d’une banale course-poursuite, ils sauvent l’ensemble par leur présence. La manière dont se conclut le récit reste pourtant difficile à avaler, utilisant un élément exposé dans le prologue sans subtilité, le tout apparaît comme un setup/payoff (présenter un élément anodin qui est voué à jouer un rôle plus tard dans l’intrigue) grossier qui vient faire un pied de nez aux intentions de réalisation qui avaient jusqu’ici régi le film. Dans sa quasi-globalité, le tout est monté de manière à être très posé pour avoir un regard clair et précis sur les événements, notamment dans le prologue qui illustre les violences militaires sur la population. Une fois à Colonia, Gallenberger pousse ça encore plus loin dans un montage totalement mécanique et segmenté en jour – le film présente une pancarte lorsque que l’on change de jour pour montrer le temps que les protagonistes ont passé dans le camp. C’est un moyen assez habile de nous plonger dans la routine très disciplinaire de la secte, de vraiment nous immerger avec les personnages et d’accentuer la redondance de cette vie. Une bonne idée qui sera reniée dans un dernier tiers qui cède à la grandiloquence avec un montage plus sensationnaliste et dénué de toute tension, la fuite des protagonistes étant trop fonctionnelle dans ses mécaniques qu’on ne s’y intéresse pas vraiment.

Colonia est un film qui pouvait prétendre à beaucoup mais qui se contente au final du minimum. On est assurément devant un divertissement plaisant à suivre mais aussi indéniablement décevant dans son absence d’ambitions. La partie romanesque prend trop les devants sur l’Histoire, et même si elle dispose de bons moments de suspense, elle discrédite l’horreur qu’était cette secte et les agissements de Paul Schäfer par son approche trop caricatural des faits réels. Pourtant par sa pudeur et l’intelligence de son montage durant la majeure partie du récit, le film trouve une forme de justesse et met en lumière une réalité effrayante bien trop méconnue. La mise en scène impersonnelle ne lui rend pas particulièrement honneur mais à le mérite de l’illustrer lorsqu’il ne tombe pas dans le classicisme du thriller mais on peut malgré tout compter sur la présence de Emma Watson et Daniel Brühl pour maintenir l’intérêt du spectateur.

Colonia : Bande annonce

Colonia : Fiche technique

Réalisation : Florian Gallenberger
Scénario : Florian Gallenberger et Torsten Wenzel
Interprétation: Emma Watson (Lena), Daniel Brühl (Daniel), Michael Nyqvist (Paul Schäfer), Julian Ovenden (Roman), …
Image : Kolja Brandt
Montage: Hansjörg Weißbrich
Musique: André Dziezuk
Costumes : Nicole Fischnaller
Décor : Agostina De Francesco
Producteur : Benjamin Herrmann, Christian Becker, James Spring et Nicolas Steil
Société de production : Iris Productions, Majestic Filmproduktion et Rat Pack Filmproduktion
Distributeur : Rezo Films
Durée : 110 minutes
Genre: Drame
Date de sortie : 20 juillet 2016

Allemagne – 2016

Retrospective David Fincher : Alien³, critique du film

Quel regret que David Fincher n’ait pas eu les coudées franches, car son talent aurait pu être bien mieux mis à profit s’il n’avait pas subit des conditions de production déplorables et avait pu pleinement disposer de ce scénario riche en puissance évocatrice.

Synopsis : Après le carnage sur LV-426, Ripley atterrit sur Fiorina 161, une petite planète balayée par des vents violents reconvertie en pénitencier puis abandonnée par la compagnie Weyland-Yutani. Comprenant que le crash de son vaisseau est lié à l’éclosion d’un xénomorphe, Ripley va mobiliser les quelques détenus pour combattre cette nouvelle menace, mais ceux-ci sont dépourvus d’armes.

Un projet difficile à mettre en place et qui continue à diviser

Rarement un film aura généré un tel désaccord vis-à-vis de ses suites que l’a fait Alien (1979, Ridley Scott). Bien qu’il soit adoré par beaucoup de fans, qui y voient un sommet du cinéma d’action, Aliens, le retour (1986, James Cameron) s’est vu reprocher par d’autres de bafouer la mythologie de la créature redoutable imaginé par H.R. Giger en en livrant une armada facilement pulvérisables mais finalement uniquement supérieurs aux humains par leur nombre. Il semble que ce soit pour se réconcilier avec ces spectateurs qui pensent que « trop d’aliens tue l’alien » que les scénaristes / producteurs de ces deux films aient lancé le chantier d’un troisième opus qui reprenne les codes du premier. La conception du scénario n’aura toutefois pas été de tout repos puisque ce n’est qu’après le rejet de trois autres versions qu’il fut finalement adopté. Allait alors se poser, pour les décideurs de la Fox, la délicate question du recrutement du réalisateur. Désireux de garder la mainmise sur la production, leur choix s’est porté sur un jeune homme, âgé de moins de trente ans et n’ayant pas de véritable expérience sur des longs-métrages puisque n’ayant jusque-là travaillé que sur des clips et des publicités. Le tournage débuta donc alors que le scénario n’avait même pas encore été bouclé sans compter qu’entre David Fincher et les producteurs, la collaboration aura été chaotique. Quand ces derniers ont décidé de retourner la fin, privant ainsi le réalisateur de son final cut, ils l’ont poussé à claquer la porte avant la fin du montage et même à renier le film. Fincher refusa en effet, lors de la sortie en 2004 d’une version longue (de 30 minutes supplémentaires… un surplus de dialogues inutiles diront ses détracteurs), de participer aux bonus du DVD.

Bien plus qu’un simple film d’horreur claustrophobique

Conçu comme un survival en huis-clos où un petit groupe d’humains est confronté à un monstre à priori invincible, il semble que la structure de cet Alien³ soit strictement la même que celle du film de Ridley Scott, à la différence notable qu’il en élimine la place centrale donnée à la technologie futuriste, ce qui le rend peut-être plus réaliste. Mieux que ça, il en reprend deux thématiques sous-jacentes que le film de James Cameron avait, pour sa part, quelque peu délaissé : La figure démoniaque donnée à la célèbre créature toute lovecraftienne et l’imagerie de la maternité inhérente à son modus operandi. C’est en donnant une place centrale à la religion dans le mode de vie, et donc dans les dialogues, des détenus, que la représentation diabolique du xénomorphe, qualifié notamment de « dragon », est prégnante. En cela, Alien³ s’apparente à un thriller métaphysique plus profond qu’il n’y parait.

Ripley en revanche, qui formait à la fin du second film un schéma de famille recomposée avec Hicks et Newt, est à nouveau seule et se retrouve à présent, d’abord victime d’une tentative de viol, puis « enceinte » d’un embryon d’alien. Commence alors pour elle un drame psychologique qui va la conduire à s’émanciper de son statut de victime et de « tentatrice » pour mieux se réaffirmer en femme forte. C’est dans cette allégorie de la place de la femme dans la société, et son choix ou non à disposer de son corps, que ce scénario se révèle donc le plus subtil. Mais il est surtout, pour le jeune David Fincher, l’occasion d’en faire émerger une profonde noirceur qui, dans un jusqu’au-boutisme qui est la marque d’un futur grand cinéaste, atteindra son apothéose dans sa conclusion, quand bien même celle-ci a déplu au studio jugeant, pour des raisons sûrement plus commerciales qu’idéologiques, inacceptable de faire de leur héroïne une figure christique prête à accepter de se sacrifier pour le salut des autres.

Des débuts plus que prometteurs

Sur la forme aussi, Alien³ apparaît comme la matrice de ce qui fera par la suite la patte plastique de son réalisateur : Une image sombre, uniquement illuminée par un filtre chromatique ocre/sépia qui appuie l’atmosphère sordide. Fincher, qui démontrera également son goût pour les microcosmes masculins, réussit à offrir à Sigourney Weaver une variation très passionnante de son rôle. Rasée à ras, l’actrice-star de la franchise livre une prestation remarquable qui la rend plus iconique que jamais. A ses côtés, parmi les détenus, on retiendra surtout la présence de Charles Dance qui, comme à son habitude, fait preuve d’un charisme et d’un flegme qui imposent le respect. Le reste du casting fut également bien choisi, composé de vraies « gueules » (dont l’excellent Pete Postlethwaite), qui participe à l’ambiance poissarde de ce pénitencier. Ce film a également été le premier à avoir l’occasion de représenter l’Alien via des images numériques. Comme souvent, ces effets spéciaux révolutionnaires à l’époque (comme le laisse à penser leur nomination à l’Oscar) sont vite devenus désuets, mais n’enlèvent en rien à l’angoisse que la mise en scène fait doucement monter crescendo, jouant, comme Ridley Scott 13 ans plus tôt, sur le hors champ. Des effets qui s’avéreront particulièrement efficaces dans une impressionnante scène de course-poursuite, filmée entièrement depuis le point de vue de la bête, au risque d’y perdre beaucoup en lisibilité. Mais là où le film initial donnait la part belle à de splendides décors au visuel organique, ici tout est métallique. Cette esthétique un peu trop léchée se fait ressentir jusque dans le développement presque automatique de ce thriller, dont la seconde moitié se retrouve assez pauvre en émotions, se limitant à un jeu de massacre dont les victimes sont trop peu attachantes pour vraiment nous faire vibrer.

Parce qu’il a été rattrapé par un scénario déshumanisé, David Fincher finit malheureusement par déposséder son premier film de l’extrême sensibilité qu’il avait pourtant réussi à en faire ressortir. Début de la fin d’une saga légendaire pour les uns, retour aux sources louables pour les autres, Alien³ mérite en tous cas d’être réhabilité par sa version longue qui en offre une vision bien plus proche de celle de son réalisateur.

Alien³: Bande-annonce (VO)

Alien³ : Fiche technique

Réalisation : David Fincher
Scénario : Walter Hill, David Giler et Larry Ferguson
Interprétation : Sigourney Weaver (Ellen Ripley), Charles Dance (Clemens),  Charles S. Dutton(Dillon), Pete Postlethwaite (David), Lance Henriksen (Bishop)…
Photographie : Alex Thomson
Montage : Terry Rawlings
Superviseur des effets visuels : Richard Edlund
Décors : Norman Reynolds
Costumes : David Perry et Bob Ringwood
Musique : Elliot Goldenthal
Producteurs : Gordon Carroll, David Giler, Walter Hill, Ezra Swerdlow
Sociétés de production : 20th Century Fox
Budget: 50 M $
Durée : 114 minutes en version cinéma / 144 minutes en version longue
Genre : Science-Fiction, Horreur
Date de sortie : 26 août 1992

Etats-Unis – 1992

Nouvelle bande annonce pour le remake des Sept Mercenaires

0

The Magnificent Seven : Nouvelle bande annonce avec un Denzel Washington en meneur d’hommes

Annoncé par la Columbia il y a maintenant quatre ans de cela, le remake des Sept Mercenaires se voit enfin devenir une réalité. Après avoir longtemps été proposé à Tom Cruise et Russell Crowe, c’est finalement à Chris Pratt et Denzel Washington qu’il reviendra de rendosser les célèbres rôles tenus à l’époque par Steve McQueen et Charles Bronson dans le film original de John Sturges, datant de 1960. Enfin, pas tellement original puisque ce long métrage était déjà un remake explicite des Sept Samouraïs d’Akira Kurosawa, chef d’œuvre inégalé du cinéma japonais et référence esthétique pour le réalisateur nippon. La production a donc confié la direction de cette nouvelle adaptation à Antoine Fuqua (Training Day, Equalizer) et le scénario au duo John Lee Hancock (Dans l’ombre de Mary, la promesse de Walt Disney)/Nic Pizzolatto (showrunner de la divine série True Detective). Il y sera également l’occasion d’ouïr la dernière composition de James Horner, décédé l’été dernier après un crash d’avion.

Trois mois se sont écoulés depuis le premier trailer et Columbia revient à la charge pour promouvoir son film qui, mine de rien, sera dans toutes les salles obscures dans deux mois jour pour jour (23 septembre aux États Unis/28 septembre en France). On y voit alors Denzel Washington en chef de groupe, recrutant un à un ses équipiers pour venir en aide au personnage de Haley Bennett et de sa ville, sous le joug de Bartholomew Bogue (Peter Sarsgaard), un industriel avide et corrompu. Malgré un visuel plutôt classieux, on espère que cette nouvelle adaptation jouera la carte de la nouveauté et de la créativité, pour affirmer son identité cinématographique. Malheureusement, quand on connaît la politique interne de Sony/Columbia, on est en droit d’émettre quelques doutes.

 

Pour rappel, l’histoire se place dans la ville de Rose Creek, sous la domination mortelle de l’industriel Bartholomew Bogue (Peter Sarsgaard), les habitants emploient sept bandits, chasseurs de primes, joueurs et mercenaires – Sam Chisolm (Denzel Washington), Josh Farraday (Chris Pratt), Goodnight Robicheaux (Ethan Hawke), Jack Horne (Vincent D’Onofrio), Rocks Billy (Byung-Hun Lee), Vasquez (Manuel Garcia-Rulfo) et Red Harvest (Martin Sensmeier). Les sept mercenaires devront se battre pour plus que l’argent cette fois-ci….

Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) : Bande-annonce

TCM CINÉMA PROGRAMME : Diamants sur Canapé, un film de Blake Edwards : Critique

La rencontre entre Audrey Hepburn et Blake Edwards ne pouvait aboutir qu’à une œuvre dont le charme semble aussi éternel qu’un diamant, mais dont il serait dommage d’oublier le sous-texte subversif.

A retrouver sur TCM Cinéma et TCM à la demande à partir du 30 juillet 2016

Synopsis : Alors qu’il  s’installe dans un appartement New-Yorkais huppé, Paul Varjak se fascine pour sa belle voisine, Holly Golightly, une jeune femme charmante et mondaine mais entourée d’une aura de mystère. Tandis que leur carapace respective va s’effriter, au gré de révélations sur leur passé et de prises de conscience sur leur comportement futile, leur relation amicale va se muer en passion.

Le glamour à la fois décalé et mélancolique

Même si Truman Capote, l’auteur de la nouvelle homonyme publiée en 1958 dont le scénario est adapté, avait insisté pour que le rôle de Holly soit tenu par Marilyn Monroe, le recul qu’on a aujourd’hui sur le choix des producteurs de faire appel à Audrey Hepburn, devenue une star oscarisée grâce à Vacances Romaines huit ans plus tôt, rend indéniable qu’il a énormément contribué à l’aura du film. D’abord parce que c’est l’actrice qui a fait embaucher Blake Edwards, plutôt que John Frankenheimer un temps envisagé mais dont elle n’avait « pas entendu parler ». Mais surtout parce que c’est immanquablement la rencontre improbable entre la fragilité que dégage naturellement la belle Audrey et le sens du burlesque propre à Edwards qui fit de Breakfast at Tiffany’s un renouveau dans le domaine de la comédie romantique. Dès la scène d’ouverture, qui a donné son titre au film puisqu’on y voit Holly, vêtue de la célèbre petite robe noire créée pour l’occasion par Givenchy (un autre choix fort profitable de Hepburn), déjeuner face à la vitrine du joaillier de la 5ème rue de New-York, le personnage apparait comme détaché des réalités du commun des mortels, du fait de sa solitude et de la façon dont on devine chez elle une envie, presque sexuelle, de franchir le pas pour pénétrer dans cette boutique, fruit de tous ses fantasmes.

Un classique d’une étonnante modernité

C’est le développement de ces deux thématiques présentes dès l’incipit qui a permis au long-métrage d’être, plus qu’une screwball comedy narrant une banale histoire d’amour, un reflet délicieusement amer du modèle américain et de l’expectative difficile de voir s’y former un couple sain, selon la définition puritaine du concept marital. Le besoin d’argent, plutôt que celui de combler un quelconque manque affectif pourtant bien présent, est le seul point commun qui semble lier les deux protagonistes. En devenant le voisin et en observant le comportement volage de la ravissante Holly, Paul va ainsi remettre en question son propre de mode de vie, celui d’un artiste sans inspiration dont l’unique ressource pécuniaire lui vient de sa riche maitresse. En un mot, quoique jamais assumé dans le film, un gigolo. On pourra regretter que, face au charisme magnétique de sa partenaire, George Peppard ne réussisse pas à faire rayonner son personnage comme l’aurait fait un Cary Grant ou un Gregory Peck. Ceci-dit, le rapport de force entre les deux personnages, qui semble –artificialité assumée oblige– dépendre directement du charisme de leur interprète, ne fait finalement que conforter la volonté avérée d’inverser le schéma classique, et un peu niais, du genre qui avait habitué le public de l’époque à voir une belle jouvencelle s’émanciper au contact d’une figure masculine forte.

Dans la conception du personnage de Holly –qui malgré ce (faux) nom n’a rien d’une sainte–,  Diamants sur Canapé propose une vision de la femme, libérée tant financièrement que sexuellement mais n’apparaissant jamais comme grossière, qui, à sa sortie en 1961, bafouait les standards hollywoodiens et qui, avec plus d’un demi-siècle de recul, mérite parfaitement le qualificatif de « proto-féministe ». Il ne serait même pas de trop que d’affirmer que ce petit bout de femme ait été implicitement un des modèles fondateurs à toute cette génération de femmes qui ont fait des années 60 un tournant dans la lutte pour leur émancipation dans la société phallocrate d’après-guerre. Sur la forme, c’est également grâce au choix d’Audrey Hepburn plutôt que de Marilyn Monroe, de l’élégance plutôt que du sex-appeal, que le film gagne dans sa volonté de renouveler la place de la femme dans l’imagerie et la narration classiques de la comédie romantique. A l’inverse des figures tutélaires américaines du genre, en tête desquelles trônait New-York-Miami (1934), c’est à présent à travers le regard de l’Homme, naïf et honnête à son égard, que l’on observe les failles de cette Femme moderne, dissimulant sa détresse intérieure derrière ses mensonges et son extravagance. La mise en scène est en cela brillante qu’elle appuie merveilleusement l’enfermement dans lequel Paul reproche à Holly de se mettre elle-même, la filmant régulièrement en intérieur, ou en surcadrage à travers une vitrine, une cage d’escaliers ou bien encore une fenêtre. Que ce ne soit pas le cas lors de la célèbre scène chantée participe d’ailleurs à en faire un passage d’une bouleversante sincérité, un moment d’évasion vis-à-vis des conventions superficielles de cette société dont elle et le public avaient tant besoin.

Capote-Edwards-Hepburn, le trio gagnant… transformé en quatuor légendaire par Mancini

De l’aveu du réalisateur, la scène dans laquelle Holly organise une fête chez elle lui a inspiré le point de départ de son célèbre The Party qu’il réalisera sept ans plus tard. Il est certain que, dans sa filmographie, Breakfast at Tiffany’s apparait comme sa première réalisation s’écartant de la mécanique du slapstick au profit d’une sophistication better than life d’une qualité telle qu’elle reste encore aujourd’hui un modèle incontournable. Certains automatismes qualifiables de cartoonesques restent pourtant présents dans son film, dont le plus flagrant est irrémédiablement cet improbable personnage de Mickey Rooney grotesquement grimé en voisin japonais acariâtre. Car la part de drame socio-psychologique que le scénario tire du roman n’est pas uniquement drapée par la sensualité rayonnante de son actrice, il est également allégé par la fantaisie surréaliste et la tonalité jazzy de cette réalisation qui en firent l’un des tout premiers « films pop ». Selon la légende hollywoodienne, c’est parce que les agents d’Audrey Hepburn refusèrent de voir leur protégée prêter ses traits à une call-girl délurée que, dans un premier temps ils l’empêchèrent de lire le texte original, et que dans un second temps, ils insistèrent auprès de Blake Edwards pour que son film puisse être qualifié de burlesque et en aucun cas de provocateur. C’est d’ailleurs dans ce sens, tout en légèreté, que va la bande-annonce si-dessous. La moindre charge érotique étant de toute façon rendue inenvisageable par le code Hays encore en vigueur, il a fallu au réalisateur faire preuve d’une délicatesse extrême qui, encore une fois, va atteindre son moment de grâce dans la fameuse scène où il fit chanter à la douce Audrey, peu sûre d’elle, la splendide chanson Moon River, composée pour l’occasion par Henry Mancini, dans ce petit timbre de voix qui, à lui-seul, a pleinement mérité sa place dans la légende du 7ème art.

Diamants sur Canapé : Bande-annonce (VO)

Diamants sur Canapé : Fiche technique

Titre original : Breakfast at Tiffany’s
Réalisation : Blake Edwards
Scénario : George Axelrod d’après la nouvelle Breakfast at Tiffany’s de Truman Capote
Interprétation : Audrey Hepburn (Holly Golightly), George Peppard (Paul Varjak), Patricia Neal (Mme Failenson), Mickey Rooney (M. Yunioshi), Jose Luis de Villalonga (José da Silva Pereira)…
Image : Franz Planer
Montage : Howard A. Smith
Musique : Henry Mancini
Direction artistique : Roland Anderson
Costumes : Edith Head, Hubert de Givenchy
Décors : Sam Comer, Ray Moyer
Production : Martin Jurow, Richard Shepherd
Société de production : Jurow-Shepherd, Paramount Pictures
Budget : 2 500 000 $
Société de distribution : Splendor Films
Récompenses : Oscars 1962 de la Meilleure musique originale à Henry Mancini et de la Meilleure chanson originale pour Moon River écrite par Johnny Mercer et composée par Henry Mancini
Genre : Comédie romantique, comédie dramatique
Durée : 113 minutes
Date de sortie : 17 janvier 1962

Etats-Unis – 1961

 

BoJack Horseman : la saison 3 disponible sur Netflix le 22 Juillet

0

BoJack Horseman débarque le 22 Juillet sur vos écrans pour une saison 3

BoJack Horseman, la série d’animation décalée ciblant un public mature, fait son grand retour dès le 22 Juillet dans 12 nouveaux épisodes pour le plus grand bonheur des abonnés Netflix.

Lors de cette troisième saison, BoJack Horseman, star has-been d’une sitcom des années 80 (Horsin’ Around), sera confronté à des problèmes d’héritage. Son horizon professionnel à Hollywood va néanmoins s’éclaircir. Son rôle pour son grand retour sur les écrans dans un biopic lui a valu d’obtenir une place de choix dans la course aux Oscars.

BoJack sera confronté à des choix cornéliens : tiraillé entre l’image qu’il souhaite laisser à ses admirateurs et celle qu’il renvoie à ses proches.

BoJack Horseman est un argument de choc pour le catalogue de Netflix en cette période estivale avec l’arrivée de la saison 3 dès le 22 Juillet. Ce programme décalé est un bon moyen d’occuper les quelques rares soirées pluvieuses de cet été !

La série animée a été créée par Raphael Bob-Waksberg. Le design de la série a été le fruit du travail de l’artiste Lisa Hanawalt. L’animation a été confiée au studio Shadow Machine basé à Los Angeles.

Le casting vocal de BoJack Horseman réunit des actrices et des acteurs prestigieux pour le plus grand bonheur des amateurs de séries en version originale : Will Arnett (Arrested Development, Up All Night) dans le rôle de Bojack Horseman, Aaron Paul (Breaking Bad) dans le rôle de Todd Chavez, Amy Sedaris (Chef, Unbreakable Kimmy Schmidt) dans le rôle Princesse Carolyn, Alison Brie (Mad Men, Community) dans le rôle de Diane Nguyen ou bien encore Paul F. Tompkins (There Will Be Blood, Bajillion Dollar Properties)  dans le rôle de Mr Peanutbutter.

Will Arnett et Aaron Paul sont producteurs exécutifs de la série.

Les douze nouveaux épisodes de la saison 3 de la série animée BoJack Horseman seront donc disponibles dès le 22 Juillet sur la plateforme Netflix.

 

 

 

Retrospective David Fincher: le mastermind d’Hollywood

0

Il a relooké le thriller avec Seven, offert à Brad Pitt ses rôles les plus marquants avec Fight Club et Benjamin Button et transformé Daniel Craig en infatigable reporter dans Millenium. Forcément, il ne pouvait que nous plaire. Focus sur l’âme la plus tourmentée d’Hollywood : David Fincher.

Des cheveux poivres et sels, une paire de lunettes cerclant des yeux fins et calculateur et un ton froid : rencontrer David Fincher est toujours une petite déconvenue en soi. Il faut dire que sous cet apparat de banquier scrupuleux se cache l’un des cinéastes les plus lucides et caustiques de son temps. Une image forcément triviale quand on la compare à sa réputation (monstrueuse), mais une image avant tout. Car David Fincher, outre d’en faire, les contrôle. Notamment la sienne. Pas question donc de le parquer dans une case, comme le font tous les journalistes. La seule image qu’on pourra tirer de l’américain sera celle qu’il veut bien laisser transparaitre : celle d’un homme secret, lucide mais surtout modeste.

Un désir palpable.

Issu d’une mère psychiatre et d’un père bourlinguant pour le compte de Life Magazine, le petit David nait en 1962. La même année que la crise des missiles de Cuba. Contraint de suivre son père, David voit du pays dès son plus jeune âge. Le Colorado d’abord. La Californie ensuite. Et finalement l’Oregon. Déplacé, déphasé, la jeunesse du réalisateur n’est donc pas aussi idyllique que pourrait l’être celle des enfants de son âge. Heureusement, et ce sans doute pour sortir de sa torpeur, il sait raconter des histoires. Mieux encore : il les filme. Dès 1970, et après le visionnage de Butch Cassidy et le Kid – de son aveu, l’un de ses films préférés-, il emprunte la caméra 8MM de son père et s’improvise réalisateur. «A star is born» comme diraient les américains. Délaissant alors les salles de cours pour celles obscures, le cinéaste en herbe commence à comprendre que sa voie est (presque) toute tracée. Ne reste qu’à faire ses preuves.
Et c’est sur les films de John Korty que le natif de Denver s’illustre. Technicien à tout faire, Fincher écume alors les plateaux de tournages, trouvant toujours une occasion de faire montre de ses capacités, que ça soit pour fignoler des décors, corriger des maquettes ou même aider au montage. Des efforts titanesques loin s’en faut, qui finissent par payer, puisque en 1980 (il a alors 18 ans), Fincher est embauché par I.L.M, la société d’effets spéciaux de George Lucas.
Au sein d’ILM, il vit un rêve éveillé : le voilà lui, le garçon du Colorado, qui travaille sur Le Retour du Jedi (1983) et Indiana Jones et le Temple Maudit (1984). De solides références, qui une fois couchées sur papier, le convaincront de tracer sa voie. Tout seul. Et c’est paradoxalement dans le milieu de la télévision (plus précisément la publicité) qu’il fait son trou. D’abord un spot de sensibilisation contre le cancer pour le compte de l’American Cancer Society, puis succès aidant, une flopée de pubs pour les plus grandes marques de l’époque : Pepsi, Levi’s, Nike ou encore Sony. De quoi l’imposer aux yeux de figures de la musique, comme le réalisateur ultime pour leur clip. Les Gipsy King (Bamboleo), les Stones (Love is Strong), Madonna, Aerosmith, Billy Idol, et même Michael Jackson, tous succombent au talent de Fincher qui se retrouve rapidement propulsé tête de gondole de la réalisation de clips outre-Atlantique. Mais le crédo de Fincher, ça n’est pas la musique, c’est le grand écran. Et après avoir vaillamment fait ses armes, le temps est venu pour lui de se frotter au cinéma avec un grand C.

Des débuts difficile.

Comble de l’audace, il choisit pour ses débuts, la grande porte. Sous la houlette de la Fox, il est ainsi chargé de mettre en boite Alien 3. Faisant fi de la pression que de passer après Ridley Scott et James Cameron, Fincher n’en démord pas. : il souhaite arriver à livrer sa version du monstre crée par H. R. Giger. Manque de pot, de nombreux désaccords entre les studios et lui émaillent le tournage et le montage. De son aveu sacrifiée, la fin du film est ainsi retournée, ce qui ne manque pas de le voir fustiger la Fox et carrément renier son travail. Et le résultat dans tout ça?  Son film, poisseux et froid en diable, mais surtout fauché, sera à la lisière de l’expérience schizophrène : il aura pu tâter les rouages d’un gros studio et confirmer son talent naissant, mais se sera surtout brûlé les ailes, quitte à faire naitre en lui un sentiment de véhémence particulièrement puissant. Plus qu’un film, Alien 3 sera alors une leçon pour l’américain. Dorénavant, son avenir se fera au détriment des studios, qu’il juge responsables de cette douloureuse expérience. Malin, il décide donc de viser moins haut pour son prochain film. Décliné par David Cronenberg, il se jette sur un scénario intitulé Se7en. Le pitch ? Deux inspecteurs que tout oppose, l’un vieux briscard aux portes de la retraite et l’autre, jeune et téméraire, se lancent sur la piste d’un serial killer adepte des méfaits calqués sur les 7 péchés capitaux. A la fois sordide et maitrisé, le film impressionne. Rugueux, haletant, poisseux, Se7en est autant un moyen pour le cinéaste de réinventer le genre, que de coucher tout son pessimisme sur l’écran. A l’arrivée, le film est un carton. Succès critique et public, Se7en se paie le luxe d’influer carrément sur les thrillers post 1995, qui conserveront, sans doute pour obtenir le même succès, cette veine noirâtre et malsaine.

Mais Fincher n’a pas le temps de se soucier du courant qu’il a généré. Courtisé de toute part, le cinéaste est en effet déjà affairé sur son nouveau projet, rendu diablement plus facile à financer depuis lors : The Game. Conçu comme un gigantesque puzzle que résout un Michael Douglas imbu de sa personne en milliardaire prétentieux et arrogant, le film est la preuve que le plus grand terrain de jeu du cinéaste demeure encore notre cerveau. Labyrinthique, nébuleux, le long-métrage éblouit encore tant par sa maitrise que son propos (subtil reflet de la vacuité de notre société où se côtoient métaphores et autres symbolisme) et semble affirmer le penchant qu’à Fincher à dessouder la société. Une manie qu’il prendra le soin d’amplifier pour ce que le grand public considère comme son indétrônable chef d’œuvre : Fight Club. Libre adaptation du roman éponyme de Chuck Palahniuk, Fight Club se veut comme un profond réquisitoire envers la société de consommation et le diktat qu’elle assène sur nos vies. La réalité est cela dit tout autre : Fincher tire à boulet rouge sur le milieu qui l’a engendré, la publicité, et se complait à perturber son spectateur, comme pour mieux l’éloigner du dénouement final, devenu référence obligée sitôt qu’on évoque les twist au cinéma. Du génie cérébral, Fincher se mue en manipulateur de renom. Un double statut qui n’efface pourtant pas l’échec rencontré en salle par le film, et qui le contraint d’accepter ce que l’on appelle dans le milieu, un film de commande : Panic Room. Récit d’enfermement doublé d’une prouesse visuelle, le film, bien qu’aidé par un casting poids-lourd (Jodie Foster, Kristen Stewart, Forrest Whitaker, Jared Leto), peine à convaincre par l’usage excessif de la forme, réduisant bien vite le fond à un huis-clos tout ce qu’il y a de plus banal. Cela dit, même si le fond peut faire défaut, le génie visuel de Fincher s’affirme et on sent l’influence de la publicité chez le cinéaste, qui n’aura de cesse de briser les murs (littéralement) pour faire s’engouffrer la caméra dans des recoins littéralement impossibles. On notera d’ailleurs que cette volonté de s’engouffrer partout le narguera. De 2002 à 2007, il tente sans succès de lever plusieurs projets : un film sur des skaters qu’il ne fera que produire (Les Seigneurs de Dogtown) et le 3ème volet de Mission Impossible, duquel il choisira de s’éloigner après qu’il ait affronté le refus de Tom Cruise de modifier des éléments du scénario. La frustration aidant, Fincher reviendra avec l’un des films les plus intéressants et anecdotiques de sa filmographie : Zodiac. Consacré au célèbre tueur de Californie ayant sévi dans les 60’s/70’s, le film est voulu comme une immense chasse à l’homme. Enquête, jeux de pistes : tout le film respire l’aura de Fincher, qui avec ce film, fait montre d’un talent d’archiviste hors du commun tout en faisant état d’une obsession pour les cadres. Tour à tour sépia, bleu métalliques ou verdâtres, ses images épousent à la perfection cette enquête poissarde et interminable, duquel, comble de l’audace, nous ne verrons jamais la fin, Fincher laissant le spectateur en sursis à l’instar de son personnage principal. Une prouesse qui sera d’ailleurs décisive pour le natif du Colorado, puisque son film est sélectionné au Festival de Cannes, au sein de la Compétition Officielle. S’il ne repartira pas avec avec la célèbre Palme, la victoire reste néanmoins totale pour lui: il a acquis la reconnaissance du milieu.

Fincher au sommet.

Désormais au sein du gotha de la profession, il peut alors se tourner vers des projets plus atypiques. Il faudra ainsi seulement attendre un an avant de le voir arpenter à nouveau, un plateau de tournage. Retrouvant Brad Pitt pour l’occasion, il décide d’adapter la nouvelle de Francis Scott Fitzgerald, L’Etrange Histoire de Benjamin Button. Ou comment voir un homme (Brad Pitt) naitre dans le corps d’un vieillard et vivre sa vie à l’envers. Autant histoire d’amour que portrait sans far d’une génération, de Pearl Harbour à l’ouragan Katrina, le film épouse encore une fois le crédo du cinéaste : visuellement magnifique et thématiquement riche. Suffisamment en tout cas pour attirer l’oeil de l’Académie des Oscars qui en fait rapidement l’un de ses favoris pour la cérémonie 2010. Nommé 13 fois, le film ne récoltera pourtant que 3 statuettes dites « techniques ». Autant dire une sacrée déception pour Fincher, qui pour la première fois concourrait à la meilleure réalisation. Mais ça serait mal le connaitre que de penser que cet échec le mettra à genoux. Mieux encore, ça va le motiver davantage. Et un an après, le voilà qui dégaine The Social Network. Narrant la fondation du réseau social Facebook par l’entremise de Mark Zuckerberg (Jesse Eisenberg) et Eduardo Saverin (Andrew Garfield), The Social Network ausculte une génération mal dans sa peau. En quête d’identité et gangrenée par l’idée d’un monde malléable et docile, la jeunesse américaine dépeinte dans le long-métrage inquiète autant qu’elle ne fascine et laisse à penser que Fincher, sans doute loin de sa zone de confort, s’est assagi. Là encore, difficile d’être encore plus à coté de la plaque. Car avant d’être un film sur Facebook, ce qu’il se défend d’avoir fait, The Social Network est un film sur Mark Zuckerberg. Autant salop au cœur de pierre que gueule d’ange, le personnage campé par Jesse Eisenberg est pour ainsi dire terrifiant et le traitement réservé par le cinéaste ne change guère le moyen de le considérer. Pour autant, force est d’admettre que le film jouit d’une indéniable maitrise. Là encore nommé à de nombreuses reprises aux Oscars, le long-métrage échouera à décrocher la statuette suprême mais se rattrapera avec le scénario d’Aaron Sorkin (Steve Jobs) et la musique de Trent Reznor et Atticus Ross, qui sauront, par leur composition, rendre compte de l’aspect 2.0 et pressée des jeunes filmés sous nos yeux. Une collaboration fructueuse qui se perpétuera sur Millénium, le nouveau projet du cinéaste, qui délocalise ses équipe en Scandinavie pour mettre en boite le récit tortueux et sordide imaginé par Stieg Larsson.

Emmenant Daniel Craig et Rooney Mara dans ses valises, le réalisateur adapte avec un fétichisme rare les tribulations de Mikael Blomqvist, un journaliste suédois mis sur la paille après un procès, et qui sous l’impulsion d’un oligarque vieillissant, se retrouve à enquêter sur la disparition d’une jeune femme tout en traquant un serial killer. Un sacré programme en somme. Heureusement, le réalisateur n’a pas perdu la main. Sombre, angoissant, quasi claustrophobe, son récit haletant est à l’image de Se7en : un nouveau jalon dans le genre du thriller. A cela près que le succès, bien que tiré d’un best-seller, soit moindre qu’escompté. D’une trilogie initialement envisagée, les studios tablent finalement pour un seul film. De quoi ronger son frein en beauté. Mais qu’importe, Fincher, lui, est déjà loin. Car le voilà prêt à à l’instar de ses pairs, à se lancer dans le bain de la télévision. Il est en effet la caution créative de la première série Netflix : House of Cards. Mettant en scène Kevin Spacey, en vieux politicien qui se rêve à hériter du poste suprême américain, la série confirme que le réalisateur n’a pas perdu son mordant, et ce, tout support confondu. Noire, moralement douteuse, ambiguë et maitrisée, la série devient rapidement un énorme succès, quitte à plaire à l’actuel président Barack Obama, qui loue l’aspect tortueux de la série mais déplore sa faculté à imaginer une intrigue aussi dynamique.
Une petite incartade qui aura eu le mérite de le faire accepter l’échec de son nouveau projet d’envergure : l’adaptation du classique de Jules Vernes, 20 000 Lieues sous les Mers. Trop cher, casting majoritairement européen (il voulait Vincent Cassel dans le rôle du Capitaine Némo), les majors refusent en bloc le projet, tant et si bien, qu’il décide, sans doute pour ne pas perdre la main, de se tourner, une fois de plus, vers l’adaptation d’un roman très en vogue aux Etats-Unis : Gone Girl. Ou l’historie d’un couple, en apparence normal, qui vole en éclat le jour où Mme disparait et que M. est désigné comme suspect n°1. Satire du mariage et des médias, le film se présente alors comme une dénonciation de l’hypocrisie d’une société américaine idolâtrant les apparences. Casting aux petits oignons (Ben Affleck remonte la pente après des années de disette et Rosamund Pike impressionne par sa froideur), réalisation tortueuse et twists à foison, le film permet à Fincher de nous balader et de nous manipuler comme il le fait si bien et laisse transparaitre, pour quiconque ne le connait pas, que son crédo, c’est l’association des images et de la pensée. Brain and pictures en somme. Pas compliqué alors de comprendre pourquoi, à défaut de le considérer comme un cinéaste de génie, la profession le préfère esthète. Car en plus de toucher nos yeux, Fincher touche nos cerveaux. Tout le timing d’un artiste en somme.

La vie est belge, un film de Vincent Bal : Critique

Synopsis : La fanfare flamande Sainte-Cécile et la fanfare wallonne En Avant sont toutes deux sélectionnées pour représenter la Belgique à la grande finale européenne.

Mais quand le soliste de Sainte-Cécile s’éteint brusquement sur le podium, Elke, la fille du chef d’orchestre flamand, a une idée pour sauver la finale: engager Hugues, le fabuleux trompettiste de leur concurrent wallon… 

La visite de la fanfare

Habitué aux excentricités de nos cinéastes d’Outre-Quiévrain en matière de comédies, depuis le film fondateur d’un certain nouveau cinéma belge, C’est arrivé près de chez nous de Rémy Belvaux et André Bonzel en 1992, en passant par le cultissime Dikkenek d’Olivier van Hoofstadt en 2006, jusqu’au récentes comédies noires de Félix van Groeningen (La merditude des choses, 2009), ou de Vincent Lannoo (Au nom du fils, 2014), le cinéphile trépigne à l’annonce de chaque nouvelle sortie du même acabit.

Son attente est « récompensée » par un feel good movie, plus sérieux qu’il n’en a l’air. « Récompensée » est un bien grand qualificatif, car La Vie est belge du cinéaste Vincent Bal (initialement Brabançonne dans la version de travail, du titre de l’hymne de la Belgique) n’atteint pas le niveau de férocité des films sus-cités, et vaut surtout par la fraîcheur qu’il amène par les temps troubles qui nous plombent actuellement.

L’histoire est celle d’un concours entre deux fanfares, l’une wallonne, l’autre flamande, pour représenter le plat pays afin de ravir le titre de meilleure fanfare européenne. Le cinéaste Vincent Bal opte pour une comédie musicale, mais avec des tubes 100% belges en guise de support, l’occasion de vérifier une fois de plus si besoin est, que la variétoche flamande est un… concept. Les deux fanfares finissent bien sûr ex-aequo, et l’Europe va accueillir deux Belgique, allégorie politique s’il en est…

La fanfare flamande Sainte-Cécile est menée par Elke (Amaryllis Uitterlinden), la fille du chef d’orchestre, et la fiancée du fils de Byl, son employeur en même temps que le sponsor principal de la formation. Autant dire une carriériste qui n’inspire pas la sympathie de prime abord.

De son côté, la fanfare wallonne En Avant est dirigée par Michel (Marc Weiss), frère du soliste trompettiste Hughes (Arthur Dupont, remarqué tout récemment dans l’Outsider), plus attiré par le jazz que par les fanfaronnades municipales. Avec sa bouille échevelée d’adolescent, l’acteur français imprime un côté plus artiste, plus bricoleur aussi, à sa fanfare.

Le ressort comique du film s’appuie sur l’étalage des clichés sur ce petit pays déchiré par une barrière linguistique totalement virtuelle in fine, car tous les flamands parlent en flamand et les wallons en français, sans que cela ne gêne en rien leur compréhension mutuelle. Des clichés qui sont égrenés, l’air de rien, par les membres de la fanfare : la rigueur des flamands, leur sens des affaires et du commerce, d’un coté; de l’autre le romantisme des wallons, leur manque de self control, leur paresse et leur retard, tout est à l’avenant. Mais le cinéaste ne se prive pas non plus d’un vrai comique de situation, tel que dans cette scène d’enterrement ou dans cette autre où le personnage d’Arthur Dupont massacre joyeusement Plastic Bertrand, ou encore d’un comique de répétition (« Oh, oh, j’ai des soucis » répétera à l’envi Andries, interprété par l’excellent Tom Audenaert, une sorte de mix plutôt drôle de Benny Hill et de Mr Bean ), il ne se prive de rien, et au contraire use de tout un tas d’artifices pour essayer de hisser son film à la hauteur de ses prédécesseurs qu’hélas les moyens mis en œuvre ne permettent pas toujours d’atteindre : scénario assez simple, acteurs sans charisme, et une  partie musicale risquée puisque seule la moitié des chansons intéressera des francophones, l’autre moitié des néérlandophones, le tout présentant un intérêt proche de zéro pour le reste du monde…

Avec ce thème de la fanfare, La vie est belge aurait pu être rapprochée de films comme Les Virtuoses (Brassed off) de Mark Herman en 1997, ou La visite de la fanfare d’ Eran Kolirin dix ans après, mais ces films ont un ancrage social fort que le cinéaste belge a remplacé ici par une  sentimentalité un peu naïve (le jazz, l’histoire d’amour etc.) et qui ne prête pas à conséquence.

Paradoxalement, le film plait grâce à ses défauts mêmes : la légèreté, les bons sentiments, les morceaux de Lio, d’Arno, de Pierre Rapsat, et d’autres. Quelques bonnes idées de cinéma émaillent le film, comme par exemple celle de choisir un chauffeur de taxi, dont le nom, Nazir, a une consonance étrangère, pour faire le pont, voire la paix entre ces deux « peuples ».

Mais La Vie est belge ne rejoindra pas le panthéon des must-see des comédies belges, même si ce sentiment de bien-être qu’il a procuré à ses spectateurs n’est pas à mépriser, et permet qu’on ne le balance pas directement aux oubliettes. Le cinéma est aussi divertissement, et comme disait George Cukor : « Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même »…

La vie est belge : Bande annonce

La vie est belge : Fiche technique

Titre original : La vie est belge
Réalisateur : Vincent Bal
Scénario : Pierre de Clercq, Vincent Bal
Interprétation : Amaryllis Uitterlinden (Elke), Arthur Dupont (Hugues), Marc Weiss (Michel), Erika Sainte (Sandrine), Philippe Résimont (Damien), Frederik Haugness (Urbain), Claudine Pelletier (Arlette), Joël Delsaut (Bernard), Fabrice Boutique (Nazir), Jos Verbist (Jozef), Tom Audenaert (Andries), David Cantens (Renaat), Michel van Dousselaere (Byl), Liesa Naert (Tine), Veerle Eyckermans (Brigitte)…
Musique : Steve Willaert
Photographie : Danny Elsen
Montage : Philippe Ravoet
Producteurs : Peter Bouckaert, Coproducteurs : Jani Thiltges, Diana Elbaum, Sébastien Delloye, Producteur exécutif : Nathalie Van Schelvergem
Maisons de production : Entre Chien et Loup, Eyeworks Film & TV Drama, Samsa Film
Distribution (France) : Paradis Films
Durée : 100 min.
Genre : Comédie musicale
Date de sortie : 13 Juillet 2016
Belgique – 2014

Emmy Awards 2016 : Les nominations enfin dévoilées par l’Académie

0

La liste des nominés pour la 68ème édition des Emmy Awards enfin rendue publique

L’Académie des arts et des sciences de la télévision a dévoilé la liste des nominés pour la 68ème édition des Emmy Awards.

La cérémonie, que de nombreux passionnés de séries du monde entier attendent avec impatience, se déroulera le dimanche 18 Septembre 2016 à Los Angeles. Les Emmy Awards seront retransmis sur ABC aux Etats-Unis. Jimmy Kimmel, le présentateur vedette du late night show de cette chaîne, sera le maître de cérémonie.

Le trône de fer tu récompenseras…

L’année dernière la série Game Of Thrones avait récolté douze récompenses. Cette année, la série obtient un chiffre impressionnant de vingt-trois nominations. Une moisson de trophées pourrait donc couronner une nouvelle fois la série en Septembre prochain.

D’autres séries affichent un nombre record de nominations pour l’édition 2016: Veep (17) et American Crime Story (22).

La révélation de cette liste fait chaque année de nombreux déçus. Des séries américaines remarquées, avec un succès populaire important et qui sortent des sentiers battus, ne sont pas nominées, ni inclues dans la liste finale pour l’obtention du Emmy. Cette année, les grands absents de ce catalogue de programmes télévisés que l’on ne retrouvera pas primés sont Orange is the new black, The Leftovers, Sense 8 ou bien encore Daredevil.

Un peu d’humour au milieu de cette compétition acharnée

Certains prennent cette compétition et cette course infernale aux trophées avec humour comme l’acteur Bruce Campbell. Il avait joué dans des spots pour soutenir sa candidature et encourager les membres de l’Académie à le nommer pour son rôle de Ash Williams dans la série Ash vs Evil Dead. Les fans de la série et de la trilogie Evil Dead développées par Sam Raimi seront tristes d’apprendre que Bruce Campbell n’a pas été retenu au final.

Voici la liste non exhaustive des nominations pour la 68ème édition des Emmy Awards : (la liste complète est à retrouver sur le site Imdb)

Emmy Awards 2016 : Les Nominations

Meilleur drame:

Better Call Saul (AMC)
Homeland (Showtime)
House of Cards (Netflix)
Mr Robot (USA)

Meilleur acteur dans une série dramatique:

Bob Odenkirk – Better Call Saul
Kyle Chandler – Bloodline
Kevin Spacey – House of Cards
Rami Malek – Mr. Robot
Liev Schreiber – Ray Donovan
Matthew Rhys – The Americans

Meilleure actrice dans une série dramatique:

Taraji P. Henson – Empire
Claire Danes – Homeland
Robin Wright – House of Cards
Tatiana Maslany – Orphan Black
Keri Russell – The Americans

Meilleure comédie:

Black-ish (ABC)
Master of None (Netflix)
Modern Family (ABC)
Transparent (Amzon)
Veep (HBO)

Meilleure actrice dans une série comique:

Tracee Ellis Ross – Black-ish
Laurie Metcalf – Getting On
Lily Tomlin – Grace And Frankie
Amy Schumer – Inside Amy Schumer
Ellie Kemper – Unbreakable Kimmy Schmidt
Julia Louis-Dreyfus – Veep

Meilleur acteur dans une série comique:

Anthony Anderson – Black-ish
Aziz Ansari – Master Of None
William H. Macy – Shameless
Thomas Middleditch – Silicon Valley
Will Forte – The Last Man On Earth
Jeffrey Tambor –Transparent

Meilleur second rôle masculin dans une comédie:

Louie Anderson – Baskets
Andre Braugher – Brooklyn Nine-Nine
Keegan-Michael Key – Key & Peele
Ty Burrell – Modern Family
Tituss Burgess – Unbreakable
Kimmy Schmidt Matt Walsh – Veep

Meilleur second rôle féminin dans une comédie:

Niecy Nash – Getting On
Allison Janney – Bonnie Mom
Kate McKinnon – Saturday Night Live
Gaby Hoffmann – Transparent
Judith Light – Transparent
Anna Chlumsky – Veep

Meilleur second rôle masculin dans un drame:

Jonathan Banks – Better Call Saul
Ben Mendelsohn – Bloodline
Peter Dinklage – Game Of Thrones
Kit Harington – Game Of Thrones
Michael Kelly – House of Cards
Jon Voight – Ray Donovan

Meilleur second rôle féminin dans un drame:

Maggie Smith – Downton Abbey
Lena Headey – Game Of Thrones
Emilia Clarke – Game Of Thrones
Maisie Williams – Game Of Thrones
Maura Tierney – The Affair
Constance Zimmer – UnREAL

Meilleur mini-série:

American Crime (ABC)
American Crime Story (FX)
Fargo (Showtime & Netflix)
Roots (History Channel)
The Night Manager (BBC)

Meilleur téléfilm:

A Very Murray Christmas (Netflix)
All the Way (HBO)
Confirmation (HBO)
Luther (BBC)
Sherlock : L’effroyable mariée (BBC)

Meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm:

Kirsten Dunst – Fargo
Felicity Huffman – American Crime
Audra McDonald – Lady Day at Emerson’s Bar & Grill
Sarah Paulson – American Crime Story
Kerry Washington – Confirmation

Meilleur acteur dans une mini-série ou un téléfilm: 

Bryan Cranston – All the Way
Benedict Cumberbatch – Sherlock : l’effroyable mariée
Idris Elba – Luther
Cuba Gooding Jr. – American Crime Story
Tom Hiddleston – The Night Manager
Courtney B. Vance – American Crime Story

Meilleure actrice dans un second rôle dans une mini-série ou un téléfilm: 

Kathy Bates – American Horror Story : Hotel
Olivia Colman – The Night Manager
Regina King – American Crime
Melissa Leo – All the Way
Sarah Paulson – American Horror Story : Hotel
Jean Smart – Fargo

Meilleur acteur dans un second rôle dans une mini-série ou un téléfilm:

Sterling K. Brown – American Crime Story
Hugh Laurie – The Night Manager
Jesse Plemons – Fargo
David Schwimmer – American Crime Story
John Travolta – American Crime Story
Bokeem Woodbine – Fargo

Meilleur acteur guest-star dans une comédie:

Larry David – Saturday Night Live
Peter MacNicol – Veep
Tracy Morgan – Saturday Night Live
Martin Mull – Veep
Bob Newhart – The Big Bang Theory
Bradley Whitford – Transparent

Meilleure actrice guest-star dans une comédie:

Christine Baranski – The Big Bang Theory
Tina Fey – Saturday Night Live
Melora Hardin – Transparent
Melissa McCarthy – Saturday Night Live
Laurie Metcalf – The Big Bang Theory
Amy Poehler – Saturday Night Live
Amy Schumer – Saturday Night Live

Meilleur acteur guest-star dans une série dramatique:

Mahershala Ali – House of Cards
Hank Azaria – Ray Donovan
Reg E. Cathey – House of Cards
Michael J. Fox – The Good Wife
Paul Sparks – House of Cards
Max von Sydow – Game of Thrones

Meilleure actrice guest-star dans une série dramatique:

Ellen Burstyn – House of Cards
Allison Janney – Masters of Sex
Margo Martindale – The Americans
Laurie Metcalf – Horace and Pete
Molly Parker –House of Cards
Carrie Preston – The Good Wife

 

Le Monde de Dory bat un nouveau record au box office américain

0

Le Monde de Dory : Le long métrage Pixar devient le plus gros succès aux États Unis pour un film d’animation

Quelques semaines après s’être hissé en tête du box office américain et s’être adjugé le meilleur démarrage de tous les temps pour un cartoon, Le Monde de Dory vient de s’octroyer un nouveau record sur le sol nord-américain. En effet, le dernier long métrage Pixar, suite du célèbre et génial Monde de Némo, vient de réaliser le plus gros chiffre d’affaire de tous les temps pour un film d’animation au box-office US. Toujours projeté dans plus de 3500 cinémas américains (un excellent ratio de diffusion), le long métrage continue toujours sa razzia commerciale et devrait continuer de squatter les hautes places du box office durant plus d’un mois.

Avec plus de 11 millions de dollars en ce cinquième week-end d’exploitation, voyant l’arrivée du S.O.S. Fantômes féminin en seconde position, Le Monde de Dory culmine à plus de 445 millions de dollars de recettes et rentre dans l’histoire comme étant le film d’animation le plus prolifique de l’histoire, sur le sol américain. Il dépasse alors le score de Shrek 2, établie à un peu plus de 441 millions de dollars, qui était en place depuis 2004. De plus, en ce mercredi, il vient d’entrer dans le top 10 des plus gros succès de tous les temps au box office américain, s’adjugeant les 448 millions de The Dark Knight Rises de Christopher Nolan.

Cependant, malgré cette véritable rafle commerciale américaine, son score international est à la peine, accusant un certain échec en Chine et en France où il n’a pas atteint la barre des 3 millions de spectateurs, soit à peine le tiers du premier opus. Avec un peu plus de 723 millions de dollars de recettes, le film rembourse sans peine son colossal budget de production de 200 millions de dollars, qui doit être le double avec le budget promotionnel. Disney/Pixar doit donc beaucoup sur son résultat à domicile qui plafonne bien au delà des espérances du studio. Enfin, Jim Morris, le président du studio, avait annoncé vouloir arrêter les suites, peut-être que ce résultat de haute volée lui fera malheureusement changer d’avis.

Le monde de Dory : Bande-annonce

Alien 5 : Sigourney Weaver confirme son intérêt pour le projet de Neill Blomkamp

0

Sigourney Weaver évoque de nouveau son rêve de travailler aux côtés du cinéaste Neill Blomkamp.

 

L’actrice américaine a fait des révélations sur le prochain opus de la franchise Alien lors d’un entretien accordé à Entertainment Weekly. Les xénomorphes n’ont qu’à bien se tenir ! Le projet du réalisateur sud-africain Neill Blomkamp (Elysium, District 9), d’adapter la saga Alien dans un nouvel épisode avec les personnages de Ripley et Hicks, pourrait donc bel et bien se concrétiser.

Sigourney Weaver a confirmé son intention de participer à ce projet, le cinquième volet de la saga Alien, réalisé par Neill Blomkamp. Les cinéphiles qui ont vu Chappie se souviennent que Weaver et Blomkamp avaient déjà travaillé ensemble.

« C’est une histoire formidable et c’est très satisfaisant pour moi d’offrir une fin à cette femme… Le scénario contient tellement d’éléments originaux, mais rend vraiment justice à ce que j’appellerais les besoins vitaux d’un Alien. C’est un hommage à l’immense travail accompli par les autres réalisateurs, dans un sens, mais il part dans une toute autre direction. J’espère qu’on va pouvoir le faire. »

Ce long-métrage sera la dernière participation de Sigourney Weaver à la saga Alien et pourrait bien être la toute dernière aventure du lieutenant Ellen Ripley.

Ce nouveau film sera une suite directe du cultissime Aliens, le retour, réalisé par James Cameron en 1986. Le caporal Hicks et la jeune enfant Newt avaient réussi à survivre à l’invasion Alien à la fin du film aux côtés de Ripley et étaient parvenus à quitter la planète LV-4-26. Le long-métrage de Neill Blomkamp n’intégrera pas les événements et les évolutions scénaristiques des films Alien 3 et Alien Resurrection. Alien 5 développera donc une trame annexe. Les cinéphiles déçus du sort réservé à Ellen Ripley par David Fincher et Jean-Pierre Jeunet dans le troisième et le quatrième volet attendent avec impatience ce projet du réalisateur sud-africain.

Cette nouvelle temporalité surprenante pourrait plaire aux mordus de la saga qui s’étaient plongés dans le jeu vidéo Alien : Isolation, mélange d’infiltration et de survie. Le joueur incarnait Amanda Ripley, la fille de Ellen Ripley, qui partait sur les traces de sa mère disparue suite à la découverte de la boîte noire du vaisseau spatial le Nostromo (théâtre de l’intrigue de Alien, le huitième passager). Un niveau bonus du jeu permettait de revivre les scènes finales du tout premier film, réalisé par Ridley Scott, en choisissant d’incarner les avatars de Ellen Ripley (Sigourney Weaver), Dallas (Tom Skerritt), Lambert (Veronica Cartwright), Brett (Harry Dean Stanton) ou bien encore Parker (Yaphet Kotto).

Alien 5 pourrait voir le jour en 2018. Les amateurs de science-fiction et d’horreur vont donc devoir attendre encore de longs mois pour découvrir ce nouveau volet de la saga culte Alien dans les salles obscures. Reste à espérer que le calendrier chargé de Neill Blomkamp et Sigourney Weaver ne vienne pas mettre fin à ce projet qui tient de plus en plus à cœur à l’actrice américaine.

« La Fox nous a demandé d’attendre afin que Ridley puisse tourner sa suite de Prometheus. C’est vraiment regrettable, parce que notre film serait déjà terminé sans cela. Maintenant nous devons attendre qu’il ait terminé, j’ai deux Avatar et Neill doit préparer The Gone World. Donc il faudra voir ce qui se passe quand ces projets seront terminés. »

De nouvelles informations pourraient été communiquées sur Alien 5 le week-end prochain lors d’une célèbre manifestation culturelle et populaire aux USA. Les fans du monde entier de la saga vont en effet suivre avec intérêt l’hommage rendu au film  Aliens, le retour lors du Comic-Con 2016, qui se déroulera du 21 au 24 Juillet à San Diego. Une conférence, qui s’annonce d’ores et déjà culte, sera organisée pour célébrer les 30 ans du film avec un casting impressionnant de stars pour le plus grand bonheur de tous les festivaliers présents : James Cameron, Sigourney Weaver, Michael Biehn, Bill Paxton, Lance Henriksen, Paul Reiser et Carrie Henn participeront à ce débat lors du Comic-Con à San Diego.

Alien : Covenant, la suite de Prometheus et nouveau film de Ridley Scott, sortira le 04 août 2017 aux USA.

 

Independance Day : Resurgence, un film de Roland Emmerich : Critique

Après 20 ans d’attente, le roi du destruction porn revient (enfin) poutrer de l’alien. Cependant, pas de quoi se réjouir : c’est toujours aussi niais et ça a le chic pour être encore moins bien que le film de 1996.

Synopsis : Nous avons toujours su qu’ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d’un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Mais rien ne peut nous préparer à la force de frappe sans précédent des aliens. Seule l’ingéniosité et le courage de quelques hommes & femmes peuvent sauver l’humanité de l’extinction.

Le retour du fils prodige.

Sept ans que ça le courait le Roland. Sept ans où le bougre germanique aura patiemment essaimé les genres, passant du drame historique teinté de secrets (Anonymous) au pamphlet pro-gay (Stonewall) pour se racheter une conduite et surtout se faire désirer. Car, on ne va pas se mentir, le crédo de celui qu’on appelle « Le Petit Spielberg de Sindelfingen », c’est pas le tricot, mais la destruction de masse. Du genre de celle qui égratigne les immeubles et fait des milliards de morts, tout en faisant fi de quelconques règles de physique. Et pour un peu qu’on accepte de se prendre au jeu, on doit bien reconnaitre un certain talent au bonhomme. Celui de captiver. Pour autant, c’était loin d’être gagné à l’époque. En 1996, les railleries étaient ainsi légion pour cet énergumène d’outre-Rhin, qui s’était fait le pari de venir dézinguer du petit homme vert au pays de l’Oncle Sam. Vingt ans après, même rengaine ? Ses terrains de jeux  (l’ère glaciaire dans Le Jour d’Après, une prophétie maya dans 2012) ont évolué (encore que) mais le réalisateur qu’il est, a pris de la bouteille. Fini les projets incendiaires d’antan et place au cinéma engagé. Un cinéma, qui au vu de son pedigree de pyromane, doit bien se voir payer par un asservissement tout ce qu’il y a de plus normal outre-Atlantique : le business. C’est donc vers son succès le plus emblématique que l’allemand s’est tourné : Independance Day. Et aussi improbable que cela puisse paraître, mais on se devait de saluer l’effort de ce revival mâtiné d’impératifs commerciaux, car de toute sa filmographie, ce ballet réactionnaire ou E.T se prend une mandale à bon coups d’ogive nucléaire était bien la seule oeuvre a mériter les honneurs d’une suite (encore que).

Independance Day : Répugnance. 

Nous voilà donc 20 ans après. L’humanité a compté ses morts. Mais elle s’est surtout tenue prête. De concert avec Jeff Goldblum, propulsé chef du Earth Space Defense, un organisme inter-étatique visant à la protection de notre bonne vieille Terre face à l’envahisseur alien, le monde s’est unifié sous une seule et même bannière. Patatras, à peine le temps de souffler et d’exhumer quelques vieux acteurs et punch-line de la naphtaline que la menace alien resurgit. Résurgence, vous comprenez. Et place donc au naufrage. Car si le Titanic a eu les honneurs de couler avec un orchestre, nul doute que ce Resurgence entraînera par le fond qu’une masse de rires hilares venant d’une audience mortifiée devant autant de niaiseries. Au fond, difficile de leur reprocher. En 1996, l’explosion de la Maison Blanche était un must. Le son, le décor, les effets spéciaux, tout respirait le vrai.  A tel point qu’on se prenait presque d’affection au pauvre contribuable qui devrait éponger ce foutoir. En 2016, dans une industrie ayant transformé la destruction comme un passage obligé, difficile de feindre la surprise quand l’Empire State Building ou le Burj Khalifa (tout du moins leur copies en 3D) se font pulvériser. Un sentiment de redite, de déjà-vu qui amplifie malheureusement tous les travers du film. Car si le premier, régressif et réactionnaire en diable, avait su fonctionner et se hisser jusqu’à cet éden lucratif, c’était sans aucun doute pour la naïveté qu’il véhiculait. Des Etats-Unis égoïstes, une flopée de trompettes et de jingles héroïques, manquait plus que l’encart nous incitant à rejoindre les rangs pour se croire dans Starship Troopers. Et, de manière ironique, c’est précisément cette fougue et ce je-m’en-foutisme ambiant, ayant irrigué plus que de raison l’oeuvre, qui rendaient le tout sympathique. Fatalement, après 20 ans et une mutation radicale de l’industrie dans lequel le film s’insère, il était ainsi difficile d’espérer quoique ce soit. Tout au plus un divertissement bête et méchant comme le fut son aîné. Mais ça sera malheureusement trop demander au réalisateur allemand. Enquillant les passages obligés, les redites (tout le film est voulu comme une update du premier) et les fautes de goûts manifestes, le métrage ne peut assister qu’invariablement à sa propre perte. On passera ainsi sur le casting littéralement aux fraises (mais que diable est venu faire Charlotte Gainsbourg ?!), les effets spéciaux omniprésents nous faisant regretter les maquettes de jadis, le scénario ubuesque et la gestion du rythme tout bonnement catastrophique, là ou le premier excellait par sa puissance narrative à galvaniser le spectateur. Du reste, on ne pourra qu’être sidéré de voir Emmerich, pourtant crédité d’un budget titanesque, réitérer sans gêne la recette du premier film, sans pour autant la soumettre à évolution, et à minima en limiter le discours égoïste et réactionnaire, qui dans ces temps troublés, nous ramènent 100 ans en arrière, en plein impérialisme américain. Evidemment, certains se diront que tirer à boulet rouge sur un film dont le scénario n’a jamais été sa priorité, c’est petit, mais quand on assiste pantois à la destruction en plein vol de l’artificier ayant réussi à créer ce qu’on appelle le divertissement pop-corn, permettez nous de jouer les mauvaises langues. Car plus qu’un simple ratage, cet Independance Day : Resurgence est la preuve que le blockbuster bourrin, fleuron des 90’s, est bel et bien un genre en voie de disparition.

Casting au fraise, 3D raté, scénario crétin : Independance Day : Resurgence accumule les poncifs du mauvais divertissement estival à une telle vitesse que jamais une fin n’aura eu si bon gout. Mais outre d’être un ratage historique, le film d’Emmerich marquera une époque : celle de la fin du blockbuster bourrin et ouvertement con. RIP.

Independance Day : Resurgence – Bande-annonce VOST

Independance Day – Resurgence : Fiche Technique

Titre original : Independence Day: Resurgence
Titre de travail : ID Forever (Part 1)
Réalisation : Roland Emmerich
Scénario : Carter Blanchard, Dean Devlin et Roland Emmerich
Casting : Liam Hemsworth (Jake Morrison), Jessie Usher (Dylan Dubrow), Jeff Goldblum (David Levinson), Bill Pullman (Thomas J Whitmore), Charlotte Gainsbourg (Dr Catherine Marceaux), Sela Ward (la Présidente des États-Unis Elizabeth Lanford), William Fitchner (le général Adams), Vivicia Fox (Jasmine Dubrow), Maika Monroe (Patricia Whitmore), Judd Hirsch (Julius Levinson)
Costumes : Lisy Christl
Photographie : Markus Förderer
Montage : Adam Wolfe
Musique : Harald Kloser et Thomas Wander
Production : Dean Devlin, Roland Emmerich et Harald Kloser
Sociétés de production : Centropolis Entertainment, TSG Entertainment et Electric Entertainment
Société de distribution : 20th Century Fox
Budget de production : 200 000 000 $
Langue originale : anglais
Genre : science-fiction, fantastique, catastrophe
Date de sortie : 20 juillet 2016

Etats-Unis – 2016

« Bastille Day » déprogrammé des salles françaises !

0

Bastille Day : Suite aux tragiques évènements de Nice, le film est retiré des salles obscures

L’Histoire semble se répéter. Inlassablement. Bastille Day, thriller d’action avec Idris Elba en tête d’affiche, s’est vu ainsi déprogrammé des cinémas français suite à sa trop grande proximité avec les attentats du 14 juillet, perpétrés à Nice, sur la Promenade des Anglais. Dans un tweet affolant de froideur, François Clerc, chef de la distribution chez StudioCanal, a en effet annoncé sa volonté de retirer le film des salles, invoquant le respect des victimes, touchées de près ou de loin par l’attaque dans la soirée de la fête nationale.

Made in France, Salafistes, la liste des longs métrages censurés ou déprogrammés en France suite à des actes terroristes commencent irrémédiablement à s’allonger. Déjà reporté suite aux événements du 13 novembre en plein Paris, Bastille Day, outre sa qualité, semble maudit et subit une nouvelle fois la volonté terroriste de susciter la peur. Pourtant, un compromis avait semble t-il été trouvé ce vendredi. En effet, François Clerc avait déclaré que la liberté de diffuser ou non le long-métrage était de l’unique responsabilité des exploitants de salles. Cette déclaration avait pour but de susciter l’autonomie pour des distributeurs pouvant être éloignés géographiquement et pour qui la situation ne sous entendait aucune gêne éthique.

Mais en ce samedi 16 juillet, StudioCanal a changé son fusil d’épaule et à ordonner l’arrêt total et immédiat de la distribution du film en salles. Cette annonce fait suite à celle de l’état islamique, revendiquant l’attentat de Nice qui a causé la mort de 84 personnes, dont 10 enfants. Malgré l’évident respect aux victimes de cette attaque, nous somme en droit de nous interroger quand à l’efficacité et à l’image que reflète cette déclaration. Plutôt que de démontrer une révolte ou un pur déni des menaces, cela représente plus le cuisant échec de la culture française à faire face à une menace terroriste plus que floue. On incite tout de même nos lecteurs à ne pas délaisser le cinéma et à ne pas hésiter à voir le maximum de films possibles.

 

Pour rappel, Bastille Day narre les péripéties de Michael Mason, un pickpocket américain, devient l’homme le plus recherché par la CIA à Paris lorsqu’il vole ce qu’il croyait être un simple sac. Sean Briar, l’agent chargé de l’enquête, se rend rapidement compte que Michael n’est qu’un pion dans le vaste complot qui se prépare, et il le recrute pour remonter jusqu’à la source. Commence alors une course contre la montre, où les deux hommes vont devoir faire équipe pour déjouer les plans d’une puissante organisation dont ils sont désormais les cibles…