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James Bond : Daniel Craig encore dans la course ?

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Alors que l’identité de son successeur tarde (encore) à se faire connaitre, il semblerait que Daniel Craig soit toujours l’homme de la situation sitôt qu’il est question de jouer à James Bond. La preuve : Sony aimerait s’arroger les services du blond de 48 ans pour deux nouveaux films de la saga et aurait pour ce faire aligné une juteuse somme d’argent sur la table. 

Luke Evans, Jamie Bell, Aidan Turner, Tom Hiddleston, Damian Lewis, Tom Hardy… Plus le temps passe et plus la liste des prétendants au smoking le plus prisé au monde s’alourdit. Rien d’étonnant à cela me direz-vous : James Bond étant une icône nationale outre-Manche, rien de plus normal que de voir les acteurs du monde entier tenter leur chance afin d’entrer dans la postérité. Mais dans l’équation, rapidement devenue insoluble, subsiste une variable : Daniel Craig. L’actuel locataire de l’Aston Martin DB5, bien que contractuellement lié à la saga pour encore un film, semble en effet partagé à l’idée de reprendre du service. En cause ? Une condition physique qui s’érode mais surtout une lassitude progressive acquise aux lendemains du tournage de Spectre, qui l’aura éloigné des siens pendant 8 mois. Un état de disette que compte bien stopper Sony, car si l’on se fie aux informations détenues par le média Radar Online (toujours très bien renseigné soit-dit en passant), la firme japonaise aurait proposé la coquette somme de 150 millions de dollars pour s’allouer les services de l’acteur pour deux nouveaux films de la saga. Un cachet en or qui le propulserait de très loin comme comédien le mieux payé de tous les temps pour un film, mais qui servirait avant tout à stabiliser le terrain, le temps que la production puisse lui trouver une relève :

« Les studios sont désespérés et cherchent par tous les moyens possibles à s’arroger les services de l’acteur le temps qu’ils lui castent un successeur plus jeune »

La source interne à la production rajoute par ailleurs que Craig est la clé de tout ce foutoir car sa présence serait qualifiée de providentiel :

« Daniel est, selon les directeurs de Sony, la clé pour une transition réussie. C’est pourquoi ils sont prêts à payer cette somme pour arriver à cela. Tout le monde sait à quel point les responsables l’adorent, et l’idée de le perdre, à un moment aussi crucial de la franchise, n’est pas une option »

Cela dit, malgré l’extreme générosité déployée par Sony, rien n’indique encore pour le moment si l’acteur va répondre par la positive. Au vu du récent Spectre, on l’espère de tout coeur, d’autant qu’une clause du contrat de Christoph Waltz, stipule très explicitement que l’acteur autrichien révélé par Quentin Tarantino serait de la partie pour les deux films si Craig venait à revenir. De quoi augurer un combat de titan entre l’espion charmeur et sa plus illustre némésis, Blofeld.

La bande-annonce de Spectre (actuellement dernière aventure avec Daniel Craig) : 

Deauville 2016 : The Free World (Compétition) Collide

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Compétition Officielle : The Free World, réalisé par Jason Lew.

Synopsis : Après avoir été relâché de prison pour un crime qu’il n’a pas commis, Mo est déterminé à s’adapter à la vie dehors. Lorsque son monde se heurte à celui de Doris, une mystérieuse femme au passé violent, il est décidé à risquer sa liberté retrouvée afin de la garder dans sa vie. 

Pour son premier long-métrage, Jason Lew ne fait pas les choses à moitié. Parcourant les festivals mondiaux, que ce soit Sundance ou Deauville , le réalisateur qui se dit amoureux de la France, a eu -de son aveu, l’occasion avec The Free World de prouver qu’il s’investit à fond dans ses projets, quitte à y déposer tout son être. Une démarche rare qui augurait en somme déjà du meilleur. Mais si le long-métrage du réalisateur américain peine à démarrer et à se trouver une réelle identité durant la première demi-heure, il est bon de s’accrocher pour au final découvrir un film saisissant par la forme, mais également captivant par le contenu. The Free World déstabilise et dérange par ses premières minutes tant l’immersion du spectateur dans le scénario est progressive et compliquée. Nos protagonistes se cherchent et l’intrigue tarde à se dévoiler. Jason Lew a des idées et sait où amener le spectateur, cependant on aurait pu préférer des issues moins complexes afin de ne pas s’enliser dans une brume que l’on peine à percer. La dimension amoureuse fait parfois ainsi du mal à la puissance narrative dramatique du film. Malgré tout, la fin nous procure d’intenses émotions dans lesquelles le bonheur se mêle à la déception et ou la tristesse se joint à la crainte. Mais outre plusieurs idées narratives, le réalisateur propose un vrai travail technique avec entre autres une photographie léchée (certaines scènes étant de réelles perles) et un travail sur la lumière parvenant à instaurer un microcosme glaçant, allant jusqu’à faire frémir le spectateur. Par ailleurs, nos deux protagonistes sont parfaitement incarnés et peuvent faire penser aux personnages de Midnight Special de Jeff Nichols, tant leurs attitudes sont caractéristiques, même si le jeu d’Elisabeth Moss présente quelques faiblesses et est légèrement ombragé par l’interprétation de Boyd Holbrook qui donne de sa personne comme jamais, ce qui fait de The Free World une histoire d’amour qui chavire dans le thriller.

Avant-première : Collide, réalisé par Eran Creevy.

Synopsis : Un jeune homme évolue au milieu d’un vaste réseau de trafic de drogue. Au volant de camions, il se retrouve vite impliqué dans une escroquerie et doit fuir en Allemagne, sur les gigantesques autoroutes du pays.

Collide se présente comme le blockbuster de cette nouvelle édition du festival. Ne pouvant que faire penser à Fast & Furious par son mélange de vitesse et trafic de drogue, le troisième long-métrage d’Eran Creevy que ce soit dans le scénario ou dans les moyens techniques mis en œuvre pour satisfaire le public, est un échec absolu. A ce titre, on notera la place des effets spéciaux, particulièrement laids et vulgaires et dont le réalisme fait peine à voir. Un constat cinglant auquel se joint un montage dépourvu de sens, où la même scène est montrée sous différents points de vue, histoire d’impressionner le spectateur et de mettre à contribution tous les effets pyrotechniques balancés lors des courses de voiture. De plus, on ne pourra que déplorer la présence d’un scénario empilant les clichés et poncifs inhérents au genre, quitte à utiliser kyrielle d’idées largement usitées ailleurs et qui flinguent notamment le twist, terriblement convenu et banal.
Enfin, on ne pourra qu’être exaspéré du casting. Anthony Hopkins ne semble plus savoir quoi faire de son temps et vend désormais son image dans des films ridicules et peu passionnants, quitte à se décrédibiliser toujours un peu plus. Malheureusement, Collide rafle également une autre légende en la personne de Sir Ben Kingsley, qui est ici au summum du grotesque puisque constamment sous drogue et grimé d’une paire de lunettes de soleil clouées sur le nez et d’un gros manteau de fourrure, rappelant par moments le stéréotype du baron de la drogue hollywoodien. On pourra toutefois relever un point positif à Collide : outre la prestation de Felicity Jones qui est tout à fait respectable, il s’agit de la bande-originale. Musiques de DJ mises à part, Eran Creevy est parvenu à faire d’excellentes associations musicales dans certaines scènes du film. De quoi apporter une touche de douceur au milieu de tous les carambolages et accidents de la route qui parsèment le film.

Le Teckel de Todd Solondz en compétition à Deauville

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Une vie de chien

Todd Solondz est un cinéaste américain apprécié en Europe. Dès 1995, il est récompensé d’un Prix du Jury au Festival de Deauville (Bienvenue dans l’âge ingrat). Trois ans plus tard, il obtient le Prix de la Critique au Festival de Cannes pour Happiness ; et en 2009, il repart de la Mostra avec le prix du meilleur scénario. Une jolie carrière qu’il a voulu étoffer encore davantage en présentant cette année, en compétition Le Teckel, film à sketches qui suit la vie d’un chien vagabondant de maîtres en maîtres. Amusé et désespéré, Todd Solondz signe avec ce film une comédie percutante et originale, et peut nourrir des ambitions de prix dans cette 42ème édition du festival.

Cocktail coloré de personnages burlesques ou éplorés, Le Teckel est un film grinçant sur le temps qui passe, une élégie délurée qui a pour seule constante ce chien, cette saucisse qui marque de sa présence quatre vies plus ou moins proches de la mort. C’est d’ailleurs cette mortalité qui ponctue le film : le premier personnage est un jeune enfant qui vient de guérir d’un cancer et qui reçoit un chien pour lui tenir compagnie; le dernier quant à lui est une vieille femme confrontée à tous ses regrets à laquelle il ne reste plus que ce chien qu’elle a nommé « cancer ». La quête d’un foyer entreprise par ce toutou alimente donc le film en individus déçus ou décevants, parfois les deux. Et avec ce pathétisme farceur, le réalisateur se régale des échecs et des solitudes pour mieux s’attaquer à une Amérique déboussolée.  Absence de jouissance et overdose de frustration, Todd Solondz filme une complainte qui réjouit le spectateur, osant les travellings scatophiles sur du Debussy et des attentats canins… Plus sardonique que le Au hasard Balthazar (1966), le réalisateur revendique tout de même l’influence de cet âne qui marqua de son empreinte les recherches narratives entreprises par Robert Bresson. L’anthropomorphisme est inévitable car, égocentré, l’homme se projette, humanise, stérilise, mais la bête, elle, traverse le film de sa vie d’animal, souvent avec indifférence ; contraste effarant avec l’agitation existentielle de l’homme.

Créatif et habile dans sa mise en scène, Le Teckel se pare d’une photographie pastel dans un décor qui sonne faux. Un écrin plastique génial renforcé par un sentiment cartoonesque, bien sûr dû à ce chien absurde, mais aussi aux gags et aux costumes. Et dans cet univers factice et ennuyeux, moqué par le cinéaste, ce dernier crée de l’émotion ou du rire, ironisant sur chaque mésaventure de ses personnages. Ambitieux et drolatique sur la forme, émouvant sur le fond, le dernier film de Todd Solondz est une vraie belle réussite.

Réalisé par Todd Solondz avec Zosia Mamet (de la série Girls), Julie Delpy, Danny DeVito,  Greta Gerwig, Kieran Culkin, Ellen Burstyn, Tracy Letts, Keaton Nigel Cooke…

Deauville 2016: Et la femme créa Hollywood de Julia et Clara Kuperberg

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Et la femme créa Hollywood: un doc incroyable sur ces femmes pionnières, une histoire souvent passée sous silence et pourtant, elles ont construit Hollywood

Déjà présentes à Deauville l’année dernière avec This is Orson Wells, Julia et Clara Kuperberg sont revenues pour cette 42ème édition avec un documentaire sur l’étonnant rôle de la femme dans la genèse d’Hollywood. Passionnées par le cinéma américain, les soeurs réalisatrices continuent d’explorer l’envers du décor d’une industrie frénétique . Il y a un an de cela nous étions charmés par La censure à Hollywood, excellente plongée dans les studios des années 40 et l’absurde application du Code Hays. Aujourd’hui nous mettons la main sur une vérité bien cachée depuis 80 ans : l’implication décisive de la femme dans la naissance du cinéma au début du XXème siècle !

Le premier constat est simple et percutant, le poids de la femme dans le milieu du 7ème art était bien supérieur en 1916 qu’en 2016. Cent ans de lutte, d’éducation, de réformes pour finalement réaliser que certains domaines sont aujourd’hui plus hermétiques à la parité qu’à une époque où les femmes ne pouvaient pas voter. Le plus dramatique étant que consciemment ou non, l’histoire a bien été réécrite. A l’aide de témoignages, d’archives, et d’un formidable travail de recherche Julia et Clara Kuperberg refont le siècle, élaborant une histoire du cinéma où la femme n’aurait pas été systématiquement relayée au rang de dactylo ou de pin-up. De l’injustement inconnue Alice Guy Blaché (contemporaine et inspiratrice de Méliès) qui produisit le premier film parlant, jusqu’à l’Oscar remporté par Kathryn Bigelow, c’est tout un art qui retrouve ses fondatrices. Chiffres, salaires, photos à l’appui, les réalisatrices déterrent deux décennies d’impulsions féminines qui paraissent presque anachroniques. Bien sûr tout est argumenté et analysé ;  au début du XXème siècle, travailler dans le « cinéma » n’est ni respectable ni rentable, rares sont ceux qui vont flairer si tôt son immense potentiel artistique et financier. Mais nombreuses sont celles qui vont profiter de cette curieuse désertion du patriarcat. Agiles de leurs mains, elles domptent rapidement la pellicule, monteuses, coupeuses elles accèdent rapidement à des postes plus créatifs ; de l’écriture à la réalisation, les femmes sont actrices devant et derrière la caméra. La situation perdure jusqu’à ce que l’argent tombe et que les salles se remplissent. Les hommes, dont certains ont tout perdu en 29, découvrent comme par magie une industrie qui va bouleverser l’art de se divertir et de s’enrichir. Tout amateur de cinéma ou d’histoire devrait voir ces 52 modestes minutes qui réhabilitent la femme dans son rôle de pionnière du 7ème art.  

Certain Women de Kelly Reichardt en compétition à Deauville

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 Visuellement beau, Certain Women souffre d’un manque de vie

Premier film en compétition vu cette semaine, Certain Women de Kelly Reichardt (Night Moves) est d’un ennui surprenant au vu de son casting pourtant alléchant, puisque mené par la très en vogue Kristen Stewart et l’excellente Laura Dern. La réalisatrice ne les utilise que trop peu et indépendamment, dans un film qu’elle divise en chapitres distincts.

Au cœur du Montana, trois femmes, trois destins qui se croisent. Celui d’une avocate qui intervient lors d’une prise d’otage orchestrée par l’un de ses clients, un homme mécontent persuadé d’avoir été lésé dans le jugement rendu. Celui d’une femme qui s’installe avec son mari dans une nouvelle maison et prend conscience du différend qui les sépare quand ils cherchent à persuader un vieil homme de vendre son stock de pierres. Celui, enfin, d’une ouvrière agricole qui se lie d’amitié avec une jeune avocate, laquelle se retrouve à devoir animer les ateliers d’aide juridique pour adultes.

Suivant le schéma toujours ardu du film choral, le film s’anime dans un triptyque dont on a du mal à saisir l’objet. Sans doute celui de la solitude, trop facilement mis en exergue par des plans fixes redondants, un silence agaçant, et un vide omniprésent. Et en jouant la carte de cette contemplation intime et sociale, Kelly Reichardt perd son spectateur quasi instantanément ; en cause la mollesse du scénario et l’inertie des personnages. Pire encore, en reliant maladroitement chacun de ses destins, la réalisatrice tisse un patchwork de dialogues évasifs et d’images creuses.

C’est d’autant plus regrettable que les intentions du film étaient bonnes. Féministe sans être militante, la réalisatrice dresse trois portraits singuliers, aucun ne correspondant à l’archétype souvent véhiculé de la femme moderne: indépendante, éduquée et urbaine.  Mais chacune y puisant un certain caractère, l’une est le patron de son mari, l’autre est une paysanne qui assiste à des cours du soir. A elles trois elles sont une multitude ; toutes subissent à un moment donné le poids de l’inégalité, que ce soit professionnellement, familialement ou sentimentalement parlant. Kelly Reichard dirige cela avec une certaine justesse et délicatesse, et s’offre parfois même le luxe de l’esthétisme dans le cadrage et l’éclairage.

Pourtant il est dur d’apprécier les qualités de ce film tant ses défauts le freinent… Certain Women est peut-être de ce genre qui se savoure après coup, une fois dépassé le cadre imposé, mais de la salle on en ressort atone.

Certain Women : Bande-annonce

Adapté du roman « Both Ways Is The Only Way I Want It » de Maile Meloy, réalisé par Kelly Reichardt (Wendy and Lucy, Meek’s Cutoff) avec Michelle Williams,  Kristen Stewart, Laura Dern, Jared Harris, René Auberjonois et Lily Gladstone.

Une Vie entre Deux Océans, un film de Derek Cianfrance : Critique

Trois ans après l’exceptionnel The Place Beyond The Pines, Derek Cianfrance livre une histoire d’amour déchirante de véracité, illustrée d’images envoûtantes avec le film Une Vie entre Deux Océans.

Synopsis : Tom Sherbourn est un ancien combattant ébranlé par la Première Guerre Mondiale. De retour en Australie et désireux de s’isoler après le conflit, il se propose d’être le nouveau gardien du phare de Janus, une petite île perdue entre deux océans. Avant son départ, il fait la connaissance d’Isabel, victime elle aussi de la guerre, qui insiste pour l’accompagner.

Seuls au monde

Une Vie entre deux Océans est l’adaptation cinématographique du premier roman de l’Australienne M.L. Stedman, qui a connu un succès international impressionnant. Publié aux États-Unis en juillet 2012, il a immédiatement conquis le public et la critique. Inscrit sur les listes de best-sellers du New York Times et de USA Today, le roman a par ailleurs été sacré « Meilleur livre du mois d’août 2012 ». Depuis, il a été traduit en 35 langues et Derek Cianfrance en a fait un film.

Le réalisateur de Blue Valentine (2010) et de The Place Beyond The Pines (2013) est un amateur de beau et ça se voit. Ses plans de toute beauté ainsi que sa maîtrise et son audace technique font de Derek Cianfrance un réalisateur à suivre, un conteur capable d’embellir une histoire par l’image et la finesse de ses propos.

Amour, toujours

Dans ce dernier film en date, on retrouve les thèmes chers au cinéaste, à savoir la relation parents-enfant, les retrouvailles ou encore l’identité, déjà présents dans les deux œuvres précédentes du réalisateur.

Dans Une Vie entre deux Océans, ce n’est pas tant la révélation qui compte que la trajectoire. Le couple de personnages se retrouve confronté au mensonge et à la vérité, capables l’un comme l’autre de souder et détruire leur relation. C’est une histoire de vies, une histoire de pardon.

Un jeu de piste aussi. Les événements s’enchaînent et le contrôle échappe peu à peu aux personnages qui possèdent la clé, sans toutefois savoir quelle porte ouvrir. 

C’est également par le travail exceptionnel de la photographie ; panoramas à couper le souffle, portraits aériens, et à ses plans séquences caractéristiques, que Derek Cianfrance laisse son empreinte. 

Derek Cianfrance a très bon goût et ne lésine pas sur les moyens pour faire ressortir le meilleur de ses œuvres. Pour cela, il s’entoure de qualité, à commencer par ses acteurs.

Il délaisse pour ce troisième long métrage depuis 2010, son acteur fétiche Ryan Gosling, pour offrir le rôle de Tom Sherbourn, un soldat profondément marqué par les horreurs de la guerre, au non moins talentueux Michael Fassbender. On découvre l’acteur dans un rôle peu bavard mais particulièrement poignant, des caractéristiques que l’on retrouvait déjà chez le personnage de Brandon dans Shame, que Michael Fassbender avait interprété en 2011.

Le premier rôle féminin est confié à la jeune et charmante Alicia Vikander, très remarquée en Gerda dans le très beau The Danish Girl de Tom Hooper, sorti en janvier dernier. C’est son rôle dans Royal Affair qui a séduit le réalisateur. L’actrice revêt à nouveau le costume d’époque et il faut bien admettre qu’il lui va à ravir.

Rachel Weisz que l’on a pu voir l’année dernière dans The Lobster et Youth, surprend à nouveau par sa performance.

Anecdote amusante : Les deux actrices ont toutes les deux donné la réplique à Matt Damon dans la saga Jason Bourne. C’était en 2012 pour Rachel Weisz et dans l’opus récemment sorti, en août 2016, pour Alicia Vikander.

Pour la Bande Originale, Cianfrance fait appel au très côté Alexandre Desplat qui signe une nouvelle composition aussi envoûtante que les images du film.

Le duo Alicia Vikander/Michael Fassbender (en couple dans la vie) impressionne par sa sincérité et sa complicité, donnant vie à un scénario troublant. La mise en scène sert un décor unique et la musique emporte le spectateur si toutefois, jusqu’à présent, il n’avait pas encore été transporté.

Une Vie entre Deux Océans : Bande Annonce

Une Vie entre Deux Océans : Fiche technique

Titre original : The Light Between Oceans
Réalisation : Derek Cianfrance
Scénario : Derek Cianfrance
Interprétation : Michael Fassbender, Alicia Vikander, Rachel Weisz, Anthony Hayes, Caren Pistorius, Leon Ford
Photographie : Adam Arkapaw
Musique : Alexandre Desplat
Costumes : Erin Benach
Récompense et Festival : Sélection officielle à la Mostra de Venise 2016
Durée : 133 minutes
Genre : Drame, Romance
Date de sortie : 5 octobre 2016

Etats-Unis-2016

Auteur : Yael Calvo

 

 

Mel Gibson : La Résurrection, son nouveau projet de réalisation sur la vie de Jésus

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Mel Gibson : Vers une Résurrection à Hollywood

Actuellement à l’affiche de Blood Father et à quelques semaines de la sortie de sa nouvelle réalisation (Tu ne tueras point, un biopic impressionnant sur la vie du soldat Desmond Doss), Mel Gibson a fait des révélations sur ses prochains projets cinématographiques auprès du site Internet The Christian Post. Après le succès retentissant de La Passion du Christ, Mel Gibson pourrait repasser derrière la caméra pour un nouveau long-métrage entièrement consacré à la vie de Jésus.

Le nom de ce nouveau projet, La Résurrection (The Resurrection), a été dévoilé par Mel Gibson.

Le scénariste et réalisateur Randall Wallace est associé à Mel Gibson pour l’écriture et la réalisation de ce nouveau projet cinématographique à connotation religieuse. Gibson est vraiment motivé par ce projet et ne tarit pas d’éloges sur son comparse de longue date :

Randall Wallace est l’homme de la situation. En plus d’être un brillant écrivain, c’est un grand réalisateur. Il a mis en scène « Nous étions soldats » et « Si le ciel existait ? »

 L’Evangile selon Saint-Gibson

Mel Gibson et Randall Wallace ont l’intention de porter à l’écran un projet ambitieux. Ce film ne sera pas une simple suite de La Passion du Christ. La résurrection de Jésus, fêtée traditionnellement à Pâques, sera au cœur de ce long-métrage. Trois jours après le calvaire et la crucifixion du messie, de nombreuses femmes et certains apôtres, venus embaumer son corps, découvrent le tombeau vide… Christ est ressuscité !

Ce nouveau projet de Mel Gibson et Randall Wallace risque de se rapprocher du film de Kevin Reynolds, sorti il y a quelques mois en France. La tâche ne sera pas aisée pour les deux hommes pour apporter une note d’originalité et pour tenter de se différencier de ce film qui partage un titre similaire et s’intéresse à la même section des Evangiles.

L’identité de l’acteur qui épousera les traits du Christ n’a pas encore été dévoilée. Jim Caviezel sera-t-il prêt à réendosser ce rôle ?

Le succès public du film La Passion du Christ fut colossal : 370 275 604 dollars de recette aux Etats-Unis, 1 762 563 entrées en France pour un total de plus de 600 Millions de dollars de recettes dans le monde ! Pourtant les polémiques liées au film ont entaché la carrière de Mel Gibson : l’extrême violence de certaines scènes de la Passion, l’accusation d’antisémitisme avec la lecture rigoriste et austère des Evangiles sur la trahison du peuple Juif envers le Christ, l’utilisation de l’araméen et du latin dans un pays ou les langues étrangères et les sous-titres refroidissent généralement le public au cinéma et dans les salles obscures américaines ou bien encore les déclarations chocs de Mel Gibson…

A noter qu’un biopic sur la vie de Marie-Madeleine serait en préparation. Le réalisateur Garth Davis (Lion) réunira Rooney Mara (Marie-Madeleine), Joaquin Phoenix (Jésus) et Tahar Rahim (Judas) dans cette production attendue pour 2017.

Le nouveau projet des frères Dardenne compromis ?

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Revirement spectaculaire et clarification pour le prochain film des frères Dardenne.

Alors que de nombreuses œuvres abordent depuis quelques années la délicate question du terrorisme comme Made In France, Les Cowboys, La Chute des Hommes, Bastille Day ou bien encore le documentaire Salafistes, Luc et Jean-Pierre Dardenne, lauréats de deux Palmes d’Or pour L’Enfant et Rosetta, devaient aborder ce sujet dans leur prochain projet cinématographique. La société de production des deux réalisateurs belges a publié un communiqué sur leur travail d’écriture pour un nouveau long-métrage avec une intrigue liée au terrorisme.

Les deux cinéastes avaient évoqué cette envie et cette thématique assez sensible pour cette possible future réalisation. Luc Dardenne s’était confié à des journalistes lors de la venue des deux réalisateurs dans le cadre d’un hommage qui leur était rendu au festival de Lima au Pérou au mois d’Août. Il avait annoncé vouloir « aborder un personnage fanatique, un personnage qui a un rapport avec le terrorisme. » Le calendrier de tournage était fixé pour la fin de l’année 2017.

Dans un message publié le lundi 29 Août sur les réseaux sociaux, les Films du Fleuve ont tenu à clarifier la situation sur ce film suite à l’emballement médiatique et sur la toile après l’annonce de ce projet à la mi-Août :

Suite à l’amplification sur les médias sociaux de l’information selon laquelle ils seraient en train de préparer un film sur le terrorisme, les frères Dardenne tiennent à dire que ce film n’est pas à l’ordre du jour.

L’avenir dira donc si ce film est bel et bien annulé ou si le tournage a été simplement décalé pour des raisons de calendrier chargé pour les deux cinéastes belges, Jean-Pierre et Luc Dardenne.

Leur prochain long-métrage, La Fille Inconnue avec Adèle Haenel, présenté au dernier Festival de Cannes, va sortir dans les salles françaises le 12 Octobre avec un nouveau montage suite aux nombreuses critiques et à l’accueil mitigé lors de la projection sur la Croisette.

Les frères Dardenne produiront le tout premier film de Yannick et Jérémie Rénier, Les Carnivores, une comédie dramatique avec Mélanie Thierry et Sara Forestier.

Un Petit boulot, un film de Pascal Chaumeil : Critique

Décédé pendant la post-production d’Un Petit boulot, son dernier film, Pascal Chaumeil a eu une courte mais marquante carrière en tant que réalisateur. Ayant débuté en 2010 avec le très sympathique L’Arnacœur, il avait fait son trou avec succès dans la comédie populaire française, proposant un film accessible mais aussi plus frais et original que la moyenne des comédies françaises.

Synopsis : Jacques vit dans une petite ville belge touchée par la fermeture de l’usine dans laquelle beaucoup d’habitants travaillaient. Séparé de sa copine et endetté, il est abordé par un malfrat local qui lui propose un contrat : tuer sa femme. Jacques accepte la proposition.

Bon ouvrage 

Même si son passage à l’étranger à moins fait parler de lui avec son A Long Way Down, il a su proposer des films à la qualité honnête et ce dernier film s’annonçait sous les meilleurs auspices. Scénarisé par Michel Blanc – l’acteur tient aussi un des rôles principaux – qui n’a plus rien à prouvé en terme de talent comique et accompagné d’un casting prometteur où Chaumeil signe sa deuxième collaboration avec Romain Duris, tout est réuni pour avoir un divertissement plus que convenable. Surtout que l’histoire est adapté d’un roman homonyme de Iain Levison et qui dispose d’un pitch peu banal dans les comédies populaires françaises, celui qui voit un ouvrier désespéré de trouver du travail au point de s’improviser tueur à gages.

Partant de là, le récit va évoluer dans une tonalité assez étrange qui n’est pas sans rappeler l’humour grinçant et très noir des films des frères Coen. Ici, on tourne au second degré des situations plutôt horribles pour imposer une immoralité de surface car même si le film est très drôle grâce à des péripéties vraiment hilarantes et des dialogues savoureux  -Michel Blanc est maître en la matière avec un style old school qui fait encore mouche-  il porte un regard très critique sur la société d’aujourd’hui. Il crée un décalage entre la légèreté du ton et la déshumanisation des personnages, ils sont ici presque tous éteins, des âmes errantes qui ne savent plus quoi faire de leurs vies. Et cela est bien retransmis par un casting impliqué notamment par la prestation stoïque et juste de Romain Duris qui est admirablement contrebalancé par l’énergie de Michel Blanc. Leur duo fonctionne à merveille et fait un parallèle judicieux entre la relation que peut avoir un petit patron avec son ouvrier. Le crime est traité comme une affaire presque banale, et même humaine. Là où la société mise sur le profit et l’image, où l’employé n’est qu’une veste d’entreprise pour promouvoir une marque, c’est en marge de celle-ci que l’humain peut enfin trouver sa place. C’est dans le crime que le personnage principal trouve sa noblesse et la solidarité, où les rapports sont respectueux et où les relations ont de la valeur. L’immoralité apparente du film, devient alors une moralité diffuse, elle fait son chemin avec finesse et se montre parfois incroyablement intelligente au détour de certaines séquences. Notamment une qui montre sans détour les ravages que la société fait sur un homme, lorsque celui-ci est prêt à mettre fin à ses jours à cause de la perspective de perdre son emploi. Une scène traitée avec détachement et tendresse, ce qui accentue encore plus toute sa force évocatrice. Qui est le monstre ? Le tueur à gages franc et qui essaye de bien faire et de soutenir ses amis ou la société froide et implacable qui broie les gens pour qu’il soit des outils formatés et malléables ?  L’outil de travail trouvant souvent son importance et une place symbolique dans le récit, aidant au portrait du personnage principal, véritable looser magnifique qui a un sens aigu de l’honnêteté et qui se montre minutieux avec ce qu’il entoure. Il comprend la valeur des choses et ne laisse rien au hasard, ce qui par moments le rend vraiment fascinant à suivre car il est le parfait exemple de cet outil crée par la société, c’est ce que la société lui a appris qui fait de lui un tueur aussi « efficace ». La fin trouve en cela un double sens plutôt habile et qui malgré sa légèreté, cache une noirceur assez inquiétante.

Ce ton léger qui vient accompagner un récit très noir permet vraiment à l’œuvre d’être une satire pertinente et efficace, c’est la grosse réussite de ce film. Mais à trop vouloir jouer sur les paradoxes, l’immoralité cache la morale, l’humour cache le drame, parfois le film se perd un peu dans ses propres mécaniques et à tendance à devenir un brin redondant dans son troisième acte. Surtout qu’il place en cours de route une romance assez accessoire et mal gérée qui vient handicaper la fluidité du récit. De plus le rythme est assez étrange, non seulement la manière dont le premier meurtre s’enchaîne est précipitée mais on a aussi l’impression que le film met un peu de temps à vraiment démarrer, ce qui nous laisse sur un entre-deux déplaisant, celui d’avoir l’impression que tout va trop vite tout en étant trop lent. Mais en dehors de ses vingt premières minutes en forme de faux départ et des vingt dernières un brin trop classique, le film est un vrai régal. De plus, l’ensemble est visuellement assez beau. Même si la réalisation est assez générique notamment avec une photographie fade et un montage qui ne prend pas de risque, la mise en scène est appliquée et à un certain savoir-faire. Le travail de Pascal Chaumeil est purement fonctionnel -pour ne pas dire impersonnel même- mais le tout reste bien emballé. C’est dynamique, simple et surtout Chaumeil soigne ses détails là où une autre comédie du genre n’aurait fait que le strict minimum. On sent qu’il prend son film au sérieux et qu’il entend bien livrer ce qu’il y a de mieux à son spectateur même si il le fait sans génie. On notera par contre l’excellent score musical qui, avec ses partitions minimalistes mais entraînantes, offre une certaine élégance au long métrage.

Un Petit boulot est une comédie réussie, qui sait se montrer populaire pour plaire à tous mais aussi exigeante par moments s’imposant comme une satire bien menée et pleine de doubles sens. C’est drôle, aussi léger que très noir dans son propos mais fait avec sérieux par un réalisateur consciencieux qui entendait bien livrer une copie appliquée et qui termine sa courte carrière sur une bonne note. C’est bien écrit, avec en prime des dialogues pinçant comme on les aime, et même si le tout s’embourbe dans quelques maladresses ici et là, il peut aussi s’appuyer sur un casting solide pour se sortir des mauvais pas. Une comédie française comme on aimerait en voir plus souvent car elle s’apparente à un vrai coup de fraîcheur dans un genre qui devient terriblement formaté. Comme ce qu’il dénonce, Un Petit boulot est l’humain qui se débat dans une société qui veut le plier à sa volonté.

Un petit boulot : Bande annonce

Un petit boulot : Fiche technique

Réalisation : Pascal Chaumeil
Scénario : Michel Blanc, d’après le roman homonyme de Iain Levison
Interprétation: Romain Duris (Jacques), Michel Blanc (Gardot), Alice Belaïdi (Anita), Alex Lutz (Brecht), Gustave Kervern (Tom),…
Image : Manuel Dacosse
Montage: Sylvie Landra
Musique: Mathieu Lamboley
Costumes : Bethsabée Dreyfus
Décor : Amanda Petrella
Producteur : Sidonie Dumas et Yann Arnaud
Société de production : Gaumont
Distributeur : Gaumont
Durée : 100 minutes
Genre: Action, Comédie
Date de sortie : 31 août 2016

France – 2016

Mechanic Resurrection, un film de Dennis Gansel : Critique

En bon donneur de torgnoles qu’il est, Jason Statham a cru bon de faire état de son talent de poutreur de méchants pour la belle Jessica Alba. Mais avec un script inexistant, une menace risible et un casting aux fraises, difficile de s’éprendre pour cette (involontaire) comédie de série B qui vire au nanar.

Synopsis : Arthur Bishop pensait qu’il avait mis son passé de tueur à gages derrière lui. Il coule maintenant des jours heureux avec sa compagne dans l’anonymat. Mais quand son plus redoutable ennemi enlève sa femme, il est obligé de parcourir le monde pour remplir trois assassinats impossibles. Et comme toujours, il doit faire en sorte que ses exécutions ressemblent à des accidents. Une course contre la montre sans relâche s’engage.

Il est de ce monde, des addictions qui nous dépassent. Les pizzas hawaïennes, Pokemon Go, le tuning ou encore, et c’est là que ça nous intéresse, le besoin qu’à Jason Statham de donner des tatanes. Qu’il soit chauffeur, ex-barbouze, taulard, ou homme respectable, l’ex-plongeur officiel de sa Majesté aura passé une bonne partie de sa carrière à s’improviser boxeur en herbe, quitte à transformer sa filmographie en une gigantesque suite de coup de poings, plaquages et autres jets de violence ininterrompus. Fatalement, le voir donc s’approprier l’habit d’un tueur à gages sans scrupules ne pouvait guère nous impressionner. Cela dit, ce qui pouvait nous surprendre, c’était de le revoir fièrement arborer les habits de ce tueur porté sur la musique classique et les plans sans accrocs, alors que sa première aventure, sobrement appelé Le Flingueur (2011) dans l’Hexagone (The Mechanic dans la langue de Shakespeare) n’avait pour ainsi dire pas vraiment touché dans le mille. Pour autant, passé la surprise, si ce n’est l’incompréhension que de donner une suite au long-métrage susvisé, qu’on qualifiera sans problème ici de « petit » film dans la longue liste des Jason Statham’s movies (certains diront même la Stathamxploitation), on n’osait pas trop assumer le fait que les nouvelles aventures de ce soldat burné et pas trop adepte de la bienséance nous séduise. Et ce autant pour le nawak planant autour de son intrigue trop cliché pour être vrai que pour le bestiaire de vieux briscard qu’il renferme (Michelle Yeoh et Tommy Lee Jones en tête). Mais comme le dit si bien l’expression, l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Un Hitman du pauvre.

Terré dans l’anonymat des suites de sa prétendue mort, Arthur Bishop a laissé derrière lui les plans bien rodés et les morts accidentelles dont il s’était fait l’artisan. Mais l’appel du devoir revient au galop le jour où sa compagne du jour, campée par la revenante Jessica Alba, se fait kidnapper par un obscur ennemi, ayant vraisemblablement une dent contre l’Expendable chauve. Le voilà alors contraint de procéder à trois meurtres maquillés en accident, s’il veut revoir sa dulcinée. Autant dire une mission limpide pour le britannique, qui s’il n’a rien perdu de son charisme d’arracheur de dents, semble accuser le coup d’une certaine lassitude à jouer les tueurs à la manque. Ne serait-ce que dans l’introduction, supposée se passer à Rio mais qu’on pressent sans trop se mouiller, se dérouler dans un obscur studio bulgare pour cause de fonds verts omniprésents, on sent que la lassitude a gagné toute l’équipe.  Ce n’est pas faute cela dit d’avoir voulu y déroger en rameutant l’un des espoirs du cinéma allemand, le dénommé Denis Ganssel, auquel on doit le reconnu La Vague. Mais à l’instar des gros majors draguant désespérément des cinéastes auteurs, la mécanique est parfois difficile à mettre en branle si bien que le film se paie une identité dualiste pour ne pas dire schizophrène entre un cahier des charges préétabli et un réalisateur carrément aux fraises et n’ayant aucune emprise sur son projet. Et ce clivage se révèle être bien plus présent qu’escompté. Entre une intrigue pour le moins absurde car jouant des poncifs inhérent au genre, un méchant aux intentions caricaturales et jouant des mécaniques à en faire pâlir Christoph Waltz, et une plante verte, pardon Jessica Alba, supposée être une ex-soldat et ne sachant pas se battre, le film multiplie les invraisemblances quitte à transformer Statham, pourtant aussi appréciable et charismatique qu’une endive au gruyère, en homme providentiel. Ne reste alors qu’une esthétique de série B et une intrigue délibérément voulue comme mondiale, comme pour mieux révéler son criant manque de génie, pour pouvoir un tant soit peu apprécier cette bouillie qu’on croirait tout droit sortie des studios Asylum.

Outre son caractère dispensable, ce Mechanic Resurrection multiplie les bévues à une telle vitesse qu’on a bien du mal à trouver ne serait-ce qu’une qualité pour le réhabiliter. Raté, crétin et hautement indigeste, nul doute que ce nanar sonnera le glas de la carrière de tueur à gage de Statham. Mais qu’importe, il y aura toujours une profession où le bougre pourra passer son temps à poutrer du vilain. Il suffit d’être patient. 

Mechanic Resurrection : Bande-Annonce

Mechanic Resurrection : Fiche Technique

Titre original : Mechanic: Resurrection
Réalisation : Dennis Gansel
Scénario : Philip Shelby et Tony Mosher
Interprétation : Jason Statham (Arthur Bishop), Jessica Alba (Gina), Tommy Lee Jones (Max Adams), Michelle Yeoh (Mae), Sam Hazeldine (Craine)…
Direction artistique : Sebastian T. Krawinkel
Décors : Aaron Haye
Costumes : Preeyanan Suwannathda
Montage : Ueli Christen
Musique : Mark Isham
Photographie : Daniel Gottschalk
Production : Robert Chartoff, Frank DeMartini et David Winkler
Sociétés de production : Chartoff-Winkler Productions, Davis-Films et Millennium Films
Sociétés de distribution : Lionsgate / Summit Entertainment (États-Unis), Metropolitan Filmexport (France)
Budget : NC
Langue originale : anglais
Genre : action
Durée : 99min
Date de sortie : 31 Aout 2016

Etats-Unis/France – 2016

War Dogs, un film de Todd Phillips : Critique

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Construit comme un buddy-movie rigolo, War Dogs ne réussit jamais à être la satire acide des ressorts du militarisme économique (ou de l’économie militariste, c’est selon) qu’il voudrait être, mais n’en reste pas moins une agréable comédie de potes.

Synopsis : En pleine guerre d’Irak, David, un jeune masseur sans le sou, se fait embrigader par son ami d’enfance Éphraïm pour profiter d’offres mises en ligne par le Pentagone. Le marché de la vente d’armes militaires se révèle rapidement lucratif, permettant les deux magouilleurs en herbe de mener la belle vie, mais lorsqu’un contrat de 300 millions de dollars s’offre à eux, les choses vont leur échapper.

Chronique d’une économie flinguée

Si Todd Phillips a accepté de réaliser ce film de commande proposé par le producteur Mark Gordon (Il faut sauver le soldat Ryan, Steve Jobs), c’est assurément pour que son nom ne reste pas éternellement accolé au souvenir déçu de l’avoir vu incapable de renouveler l’astucieux concept narratif de Very Bad Trip, cette trilogie qui aurait tout gagner à s’arrêter dès la fin de son premier opus. Mais passer de la comédie grasse au pamphlet politique n’est pas chose aisée, le réalisateur a alors fait le choix de diluer le discours contenu dans le scénario sur les dérives de l’économie de la guerre entre les mains d’une administration incompétente dans une fable comique. L’idée est en fait des plus simples : surfer sur la mode de ces longs-métrages (The Big Short et Le loup de Wall Street en tête) qui ont réussi à nous éclairer sur le monde de la finance, tout en s’amusant des névroses de ceux qui la font, pour s’attaquer à un autre aspect propre à l’identité capitalistique américaine, celui du culte des armes et leur commerce international, que nous avait déjà brillamment décrypter Andrew Niccol dans Lord of War. Après tout, Adam McKay, qui venait lui aussi de la comédie légère, nous a surpris neuf mois plus tôt en tirant habilement parti de son label « histoire vraie », alors pourquoi ce War Dogs n’en ferait-il pas autant ?

La réponse à cette question pourrait être un certain manque de talent. Si l’on compare aux films susnommés de Scorcese ou de Niccol, alors il apparait comme évident que la réalisation de Phillips ne profite d’aucune fulgurance, d’aucune scène qui restera véritablement mémorable. Mais le véritable frein à la réussite du film est en fait à chercher du côté de son manque d’ambition. A trop se focaliser sur la relation entretenue entre David et Éphraïm, le scénario ne fera finalement qu’effleurer les sujets qu’il prétend dénoncer. Il ne faudra compter que sur l’omniprésente voix-off du premier et les quelques explications techniques donné par le second pour évoquer les réels enjeux d’un récit qui nous apparait comme anecdotique, et dont le seul twist final (fort mal exploité soit dit en passant) n’est pas suffisant pour qualifier ce qui l’a précédé de thriller politique.

Fort heureusement, l’alchimie entre Miles Teller (Whiplash, Les 4 fantastiques) et Jonah Hill (Le stratège, 21 Jump Street) fonctionne suffisamment pour rendre leur duo attachant et nous donner envie de les suivre dans leurs aventures. Tout l’humour du film repose d’ailleurs, non pas sur d’improbables gags lourdingues, mais uniquement sur la performance survoltée de Jonah Hill. Très en forme, l’acteur livre là une prestation en roue libre, parfois à la limite du cabotinage mais qui alimente intelligemment l’ambiguïté morale de son personnage. Miles Teller apparait à l’inverse bien plus en retrait, mais c’est justement sa justesse face aux situations surréalistes auxquelles il est confronté qui vient chaque fois nous rappeler que nous sommes face à une histoire vraie, et que le rire ou l’exaltation font place à la sidération. En cela, le film est une réussite, même si ce qu’il dit de cette réalité n’apporte rien à son éclaircissement.

Le fait que le personnage d’Ephraim soit fan de Scarface participe évidemment à sa caractérisation quelque peu caricaturale, mais elle est symptomatique de cette obsession malsaine pour la quête d’argent qui sclérose l’American way of life. Emportées par cette frénésie capitaliste, les petites magouilles prennent une dimension disproportionnée et incontrôlable… un schéma scénaristique de rise and fall bien connu qui semble justement calqué sur celui du film culte de Brian de Palma. Ce sont la faille administrative d’où nait cette magouille et les liens étroits entre la politique étrangère américaine et la vente d’armes à l’internationale que War Dogs s’était pourtant donné le défi de dénoncer. Mais ces pistes, sans être complètement passés à la trappe, ne resteront qu’un simple contexte aux péripéties vécues par ses personnages. Loin d’exploiter toute sa potentielle irrévérence à l’égard des institutions politiques, le film profite malgré tout de la bonne rythmique qu’y injecte Todd Phillips (grâce à l’emploi habile de musiques entraînantes) et de la présence d’un excellent duo d’acteurs qui en font un sympathique divertissement. On ne peut tout de même pas s’empêcher de penser que, entre les mains d’un réalisateur habitué à dézinguer les revers du rêve américain, tel que David O. Russel (Les rois du désert, Joy…) ou, mieux encore, les frères Coen, l’exploitation cinématographique de l’histoire de d’Éphraïm Diveroli et David Packouz aurait pu être méchamment cinglante. Dommage.

War Dogs : Bande-annonce

War Dogs : Fiche technique

Réalisation : Todd Phillips
Scénario : Jason Smilovic, Todd Phillips et Stephen Chin, d’après l’article Arms and the Dudes de Guy Lawson paru dans le magazine Rolling Stone
Interprétation : Miles Teller (David Packouz), Jonah Hill (Efraim Diveroli), Ana de Armas (Iz), Kevin Pollak (Ralph Slutsky), Bradley Cooper (Henry Girard)…
Photographie : Lawrence Sher
Musique : Cliff Martinez
Montage : Jeff Groth
Décors : Danielle Berman
Directeur artistique : Jonathan Carlos et Jay Pelissier
Costumes : Michael Kaplan
Production : Scott Budnick, Bradley Cooper, Mark Gordon, Todd Phillips et Bryan Zuriff
Sociétés de production : Green Hat Films, The Mark Gordon Company et RatPac-Dune Entertainment
Budget : 40 millions de $
Festival et récompense : Selection au Festival de Deauville
Société de distribution : Warner Bros.
Genre : comédie dramatique, thriller, biopic
Durée : 114 minutes
Date de sortie : 14 septembre 2016

Etats-Unis – 2016

 

Sortie DVD/BLU RAY le 6 septembre du film Les Ardennes de Robin Pront

On ne choisit pas sa famille : tel pourrait être le credo de ce règlement de compte glacial et morbide entre deux frères 

Un cambriolage tourne mal. Dave (Jeroen Perceval) arrive à s’enfuir mais laisse son frère Kenneth (Kévin Janssens) derrière lui. Quatre ans plus tard, à sa sortie de prison, Kenneth, au tempérament violent, souhaite reprendre sa vie là où il l’avait laissée et est plus que jamais déterminé à reconquérir sa petite amie Sylvie (Veerle Baetens). Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’entre-temps, Dave et Sylvie sont tombés amoureux et mènent désormais une vie rangée ensemble. Avouer la vérité à Kenneth pourrait rapidement tourner au drame…

Petit bijou cinématographique en provenance du plat pays

Les Ardennes belges étaient le lieu préféré de ces deux frères lorsqu’ils étaient enfants : synonyme de joie et de parties de foot endiablées, ils étaient au plus fort de leur complicité. Ce temps paraît bien loin, leur relation ne se résumant maintenant qu’à des tentatives de méfaits et d’un grand manque de communication. Les Ardennes seront finalement le lieu de leur confrontation.

Cette fraternité ainsi que l’imbroglio amoureux de ces derniers avec Sylvie constituent le cœur même du long métrage. D’apparence classique, cette histoire d’amour n’en devient que plus dramatique grâce à une atmosphère pesante, où tous les personnages, débordant de rage face un contexte social et familial des plus désespérés, sont prêts à exploser. Cette tension palpable montera d’un cran lors de la dernière demi-heure, où l’ambiance froide et austère vire rapidement au glauque, au cœur de la forêt ardennaise, renforcé par l’apparition de deux nouveaux personnages des plus sombres et inquiétants (formidables Jan Bijvoet et Sam Louwyck !).

Pour un premier film, on peut affirmer que Robin Pront frappe fort ! Son sens de l’esthétique, accompagné de sa direction d’acteurs et de leur impeccable interprétation, renvoie directement aux débuts cinématographiques des frères Coen ou de David Michôd. Sa mise en scène est très appliquée et soignée, avec un souci très prononcé du cadrage et conjugué à une bonne gestion de la lumière. Si l’on regrette certaines maladresses tels que l’expédition de quelques personnages (notamment la mère des deux frères), on ne peut nier que Les Ardennes est un polar noir réussi.

 

Panne sèche au niveau des bonus

Pas de quoi s’extasier au niveau des bonus cependant. Tout juste aurons-nous droit à un entretien anecdotique du réalisateur, passant en revue très rapidement (8 min !) la conception du film (la rencontre avec les acteurs, l’adaptation de la pièce de théâtre initiale, le rôle de la musique…). On aurait davantage préféré que cette interview soit plus explicite et détaillée, en montrant en parallèle des images du tournage plutôt que des extraits du film. Vient s’ajouter à cela la bande-annonce officielle du film…et c’est tout !

Recap DVD/Blu-Ray

Caractéristiques techniques du DVD :

Image: 2.35 (16/9 compatible 4/3)

Audio: Néerlandais et Français Dolby Digital 5.1 et Stéréo

Sous-titres: Français

Durée du film: 1h29

Bonus du DVD : Entretien avec Robin Pront (8 min) – Bande Annonce

Caractéristiques techniques du Blu-ray :

Image : 2.35 (16/9 compatible 4/3)

Audio: Néerlandais et Français DTS-HD Master Audio 2.0 et 5.1

Sous-titres : Français

Durée du film : 1h33

Bonus du Blu-ray : Entretien avec Robin Pront (8 min) – Bande Annonce

Les Ardennes : Bande-Annonce