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Vendredi 13 : Tournage imminent pour la licence phare des années 1980 sous la direction de Breck Eisner

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Les fans d’horreur et de films de genre attendent la période d’Halloween chaque année avec impatience. 2017 pourrait être un excellent cru et permettre aux trentenaires de savourer de délicieuses madeleines de Proust. De nombreuses licences phares horrifiques seront en effet de retour lors de cette célébration populaire américaine: Saw, Chucky, Cloverfield, Insidious ou bien encore Hellraiser notamment. L’un des plus increvables boogeyman (croque-mitaine) du cinéma Hollywoodien, Jason Voorhees, sera également de la partie pour terrifier les citoyens américains qui joueront à se faire peur dans les salles obscures lors du week-end d’Halloween cette année.

Peu d’éléments avaient encore filtré sur cette cuvée 2017 de la franchise Vendredi 13. Le film était entouré de nombreux mystères (serait-ce un reboot ou une préquelle ?) et de plusieurs rumeurs ces derniers mois (le film fut un temps envisagé comme un found footage ou un projet sur les origines de Jason). Ces indications et ces revirements, peu rassurants pour les fans de la saga, pouvaient laisser augurer le pire. Le prochain Vendredi 13 semblait glisser vers la mauvaise pente et se diriger tout droit vers une phase de développement maudite (development hell). En ce début d’année 2017, des nouvelles rassurantes viennent d’être communiquées par la production sur le nouveau volet de la saga Friday the 13th. A l’approche du début du tournage imminent, plusieurs éléments ont en effet filtré dans de nombreux médias américains. Les scénaristes et l’équipe du film devront concocter un nouvel épisode de qualité afin de ne pas livrer uniquement un film commercial et de piètre qualité. Il ne faudra pas reproduire les erreurs du reboot de 2009 et du très décevant Freddy vs Jason de Ronny Yu. Les spectateurs risquent en effet d’être assez exigeants pour le grand retour de la licence horrifique majeure de la Paramount.

Le mystère et les zones d’ombre qui entourent le grand retour de Jason Voorhees aux abords du camp de Crystal Lake se dissipent de plus en plus. De nouvelles informations ont filtré sur le prochain volet de la saga Vendredi 13.

Ce futur long-métrage n’est pas anodin pour l’ensemble de la franchise. Il constituera en effet le treizième film mettant en scène la croisade sanglante de Jason Voorhees. La version 2017 de Vendredi 13 sera réalisée par Breck Eisner (The Crazies, Sahara). Le travail d’écriture du scénario du film a été confié à Aaron Guzikowski (Prisoners, Papillon). La société de Michael Bay, Platinum Dunes, déjà impliquée sur le reboot de Marcus Nispel en 2009, produira ce long-métrage en association avec la Paramount.

Les meurtres devraient se dérouler aux alentours du jeudi 12 octobre et du samedi 14 octobre

La date de sortie du film est fixée aux USA pour le vendredi 13 octobre 2017. Ce nouvel opus de la franchise qui met en scène le tueur au masque de hockey devrait sortir sur les écrans en France dès le 18 octobre 2017.

D’après des informations de Bloody Disgusting, le tournage de ce nouveau long-métrage de la franchise Friday the 13th devrait débuter le 19 mars prochain et durer jusqu’au 4 mai 2017 à Conyers, dans l’état de Géorgie. Les étapes de pré-production auraient déjà débuté dans cette ville selon des informations de fridaythe13thfranchise.com. Un autre opus de la saga Vendredi 13 avait déjà été tourné non loin de là. Les équipes du film Friday the 13th Part VI s’étaient installées dans la ville de Covington à l’époque.

De nouvelles informations en provenance des Etats-Unis

La rédaction de Bloody Disgusting vient donc de dévoiler et de relayer les annonces de casting pour ce prochain blockbuster horrifique. L’équipe du film serait à la recherche de deux jeunes jumeaux pour interpréter le rôle de Jason Voorhees dans sa jeunesse. Les spéculations vont bon train pour éclaircir le mystère autour de ces deux acteurs recherchés. Est-ce tout simplement pour incarner le même rôle de Jason pour anticiper les restrictions et les limites horaires liées à la présence d’enfants et de jeunes adultes sur un plateau de tournage ? De nombreux fans ou certains sites dédiés à l’univers de la franchise Vendredi 13 échafaudent des théories sur ces deux jeunes acteurs recherchés pour le tournage du film par les responsables du casting. Jason aurait sans doute pu avoir un frère jumeau ! Cet élément relève plus de la rumeur mais pourrait apporter des perspectives intéressantes sur l’univers et la mythologie de la saga.

 

Tel père, tel fils ?

Une partie importante du film devrait être consacrée aux origines de l’histoire de Jason. Le scénario pourrait notamment s’intéresser à ses parents. Bloody Disgusting a eu connaissance d’une autre annonce de casting pour le prochain Vendredi 13 qui confirme ce marqueur fort. La production recherche un acteur pour incarner le rôle du père de Jason, Elias Voorhees. Ce personnage majeur et emblématique serait une grande première dans toute la franchise au cinéma. Elias Voorhees devrait marquer ce nouveau film de son empreinte. Il pourrait être à l’origine du Mal qui anime Jason dans chaque nouvel opus. Elias Voorhees a déjà été aperçu dans des comics américains mais jamais encore dans un long-métrage.

Il devrait être dépeint dans ce prochain film sous les traits d’un père monstrueux qui terrorise son foyer par des actes de maltraitance. Il représenterait une menace pour son épouse Pamela et son fils Jason. L’annonce de casting décrit Elias Voorhees comme un garde forestier qui travaille aux alentours du camp de Crystal Lake. D’après des révélations de Bloody Disgusting, Elias percevrait la méchanceté et la perversité de Jason, son rejeton, et les ravages que cela causerait sur Pamela, sa compagne. Elias Voorhees les abandonnerait tout en gardant son emploi dans les environs.

 

Dans les précédents films, Jason était un enfant handicapé, assez innocent, souffrant de malformations. Il périssait par noyade, victime indirecte de la négligence d’une jeunesse débauchée qui privilégiait une pause cigarette, une prise massive de drogue ou une partie de jambes en l’air plutôt que d’assurer la surveillance de l’espace de baignade du camp d’été de Crystal Lake. Le twist final du tout premier Vendredi 13 de 1980 avait posé les bases de la saga. Pamela Voorhees était la véritable tueuse du tout premier opus de Sean S. Cunningham. Elle vengeait la mort par noyade de son fils en assassinant les jeunes présents au camp de vacances aux abords du lac. La mort de Pamela Voorhees, décapitée par une animatrice de colonie de vacances, est à l’origine de la résurrection de Jason et de son inépuisable soif de vengeance.

 

L’annonce détaillée de l’agence de casting pour le rôle d’Elias Voorhees suggère donc pour ce tout nouveau film que le Mal ou qu’un genre de malédiction ou de mauvais esprit habiterait Jason depuis sa naissance. Le scénario du film risque donc de séduire les fans hardcore de l’univers du camp de vacances de Crystal Lake et du tueur qui ne quitte presque jamais sa terrible machette. La cuvée 2017 de Vendredi 13 sera donc composée de plusieurs séquences à des périodes de temps différentes.

A anniversaire exceptionnel, scénario exceptionnel pour le 13ème Vendredi 13 de la saga

Les origines du Mal qui sommeille en Jason pourraient être dévoilées à l’occasion de ce film. Une tentative d’explication, digne des meilleures séries Z italiennes des années 1970, pourrait être apportée par les scénaristes pour justifier la résurrection de Jason dans chaque film. Ce personnage de colosse zombifié quasi indestructible qui s’apparente presque aux golems de l’Antiquité a marqué durablement les films d’horreur des années 1980 et le genre du slasher.

Le scénario se précise donc de plus en plus pour ce nouveau volet de la franchise. A l’occasion du treizième film de la saga Vendredi 13, la production chercherait notamment à revenir sur les origines et à explorer la genèse du personnage de Jason Voorhees et de son entourage.

L’adaptation de Breck Eisner pourrait donc s’apparenter aux récentes relectures d’Halloween par Rob Zombie qui s’était attaché à la jeunesse et à l’adolescence de Michael Myers. Le résultat final fut assez décevant même si, comme pour le cas du Daredevil maudit de Mark Steven Johnson, la version director’s cut et avec un montage différent apporte un meilleur équilibre aux reboots de Rob Zombie.

 

Jason Voorhees : le Père Fouettard des camps d’été

La violence brute de Jason et de sa mère a fait un nombre colossal de victimes (plus d’une centaine…) parmi la jeunesse américaine sur l’ensemble des différents films de la saga Vendredi 13. La plupart des longs-métrages de la franchise ont été copieusement censurés et édulcorés pour leur sortie en salles. Les cas les plus frappants concernent la séquence où une malheureuse jeune femme reçoit un coup de hache en plein visage, la scène du meurtre de Kevin Bacon allongé sur son lit (deux saynètes issues du tout premier film) ou la fin particulièrement douloureuse et atroce d’un jeune homme, littéralement coupé en deux à la machette, alors qu’il se déplaçait sur ses deux mains, les pieds en l’air et la tête à l’envers (l’épisode 3). Ces scènes d’une violence graphique extrême ont été raccourcies et remontées.

La version 2017 devrait être vraisemblablement classée R aux Etats-Unis permettant au réalisateur et aux équipes chargées des effets spéciaux de réserver quelques séquences gores et, malheureusement pour les féministes, autoriser quelques scènes de nudité gratuites au détriment des scream queens.

Le cinéaste Breck Eisner (The Crazies) aura la lourde tâche d’apporter une vision nouvelle à la franchise Vendredi 13. Il aura une mission difficile à relever, raconter les origines du personnage mythique de Jason Voorhees sans calquer son projet sur une pâle copie de la version d’Halloween de Rob Zombie. Les fans nostalgiques de la saga espèrent découvrir un long-métrage horrifique de bonne facture, inventif, efficace et qui ne cède pas à la facilité. La plupart des Vendredi 13 ont débouché sur des films frustrants, qui paraissent très datés aujourd’hui. Ils accumulent de nombreux clichés sur la jeunesse et transformeraient presque Jason en Père Fouettard moralisateur et conservateur incitant la jeunesse américaine à ne pas se droguer et à ne pas consommer avant le mariage. Reste le charisme indéniable et l’effroi provoqué par le croque-mitaine qui inondent l’écran à chacune de ses apparitions. L’aspect machiavélique et la mise en scène des meurtres des malheureux adolescents qui ont croisé la route du tueur au masque de hockey ont terrifié une génération entière de cinéphiles mordus d’horreur.

Les rumeurs enterrées

La rédaction de Coming Soon avait déjà dévoilé les propos du producteur Brad Fuller, il y a quelques mois. Il était revenu sur les ambitions du projet de ce prochain Vendredi 13 et avait donné quelques pistes concernant le scénario.

On reviendra sur les origines, mais ce seront des origines que personne n’a encore vues. Pamela [Voorhees, la mère de Jason] sera toujours là bien sûr, mais ce sera un peu différent de ce qu’on connaît déjà.

Des rumeurs évoquaient également la possibilité que ce prochain Vendredi 13 soit un film entièrement en found footage comme Le Projet Blair Witch ou REC. Cette piste a donc été définitivement abandonnée par Breck Eisner.

Vendredi 13 : Quésaco ?

Pour les non-initiés à l’univers de la saga Friday the 13th, Jason Voorhees est réellement revenu d’entre les morts à partir du second film. Il était affublé alors d’un superbe sac à patate (véridique !) que n’aurait pas renié Elephant Man. Le célèbre masque de hockey a été introduit à partir du troisième film de la franchise. Dans le cinquième long-métrage, les bandes sur le masque ne sont plus rouges mais bleues pour un twist final resté célèbre. Jason X se déroulant dans l’espace, Jason Voorhees subit une séance de « tuning » assez incroyable avec un look futuriste et assez robotisé du masque du croque-mitaine tristement célèbre qui a fait les belles heures des studios Paramount et New Line.

La musique stridente et terriblement angoissante de Harry Manfredini avec le thème musical culte de Vendredi 13 a participé au succès et à la légende de la franchise.

Les acteurs ayant incarné le colosse et la force brute maléfique Jason Voorhees restent célèbres auprès des fans et dans de nombreux festivals ou lors des conventions sur le thème des films d’horreur et du cinéma fantastique. Kane Hodder a enfilé le costume pour les épisodes 7, 8, 9 et 10. Richard Brooker est le premier à avoir réellement porté le masque de hockey dans l’épisode 3. Ted White a beaucoup souffert face à la résistance et à la colère du jeune Tommy Jarvis (le comédien Corey Feldman). Derek Mears est le dernier à avoir interprété le rôle de Jason dans le film de Marcus Nispel.

Les dynamiques de la terreur à Crystal Lake et de la franchise relancées grâce à un jeu vidéo

Un jeu vidéo, basé sur la franchise Vendredi 13, est prévu pour l’année 2017 sur PC, Xbox One et PS4. Ce titre multijoueur en ligne permettra aux joueurs de revivre l’ambiance des films. Friday the 13th, the video game a été développé par IllFonic et Gun Media. Le jeu a bénéficié d’une campagne de financement participatif sur la toile. Afin d’assurer le fan service, Kane Hodder (l’interprète de Jason dans quatre films) et Tom Savini (le génie des effets spéciaux qui a notamment travaillé sur le tout premier film de 1980) se sont impliqués dans la conception et le design du jeu.

La concomitance de la sortie du jeu à quelques mois d’intervalle seulement de l’arrivée au cinéma d’un film de la licence Vendredi 13 risque de mobiliser les fans et les geeks dans les salles obscures. Si le film de Breck Eisner s’avérait de bonne facture, la franchise Vendredi 13 pourrait revenir en odeur de sainteté à Hollywood dans les années à venir. Les campeurs et les vacanciers américains sont dorénavant prévenus.

The man behind the Mask

Selon des informations de fridaythe13franchise.com, Platinum Dunes aurait confié à la société Legacy Effects tout le travail des accessoires, des effets spéciaux ainsi que la mission périlleuse, car attendue avec beaucoup d’attention par les fans hardcore, de la conception du masque de Jason Voorhees. Selon les premières informations en provenance des Etats-Unis, le design pourrait ressembler à celui utilisé pour la toute première fois dans Friday the 13th : Part 3. Cet équipement de sport était amené au camp de vacances de Crystal Lake par un jeune américain farceur du nom de Shelly. Ce masque de gardien de hockey des années 1980 est resté le symbole de Jason Voorhees à travers tous les films, à la manière du chapeau et des griffes pour Freddy Krueger, du masque blanc de Michael Myers ou du visage atroce reconstitué en peau humaine de Leatherface

Legacy Effects est une société très réputée à Hollywood. Leurs équipes ont notamment travaillé sur les films Shutter Island, Iron Man II, Thor, The Hunger Games, World War Z, Godzilla, The Revenant et Power Rangers.

Vendredi 13 : Le carton d’Halloween au box-office américain pour 2017 ?

Le 13ème volet de la saga culte de la Paramount devrait donc sortir le Vendredi 13 Octobre 2017.

Le tout nouveau film de Breck Eisner va éveiller la curiosité des fans de pop-corn movies et de films fantastiques en apportant un éclairage nouveau sur les origines de Jason et sur la mythologie de la franchise Friday the 13th.

Les studios Paramount pourraient marquer un retour fracassant de la franchise au box -office avec une sortie programmée bien en amont d’Halloween. Les cinéphiles américains mordus d’horreur et en quête de grands frissons et de montagnes russes dans les salles obscures devraient donc disposer de quatre belles semaines d’exploitation du film pour avoir la chance de le découvrir dans un multiplexe. La production devrait donc être quasi assurée de rentrer dans ses frais. Les derniers longs-métrages de la franchise remontent déjà à 2009 pour la version de Marcus Nispel et à 2003 pour l’affrontement improbable entre Freddy et Jason sous la direction de Ronny Yu.

La concurrence risque d’être particulièrement rude et intraitable face à Jason et ses vieux os… Insidious Chapitre 4, Saw Legacy, Jeepers Creepers 3 Cathedral et Cloverfield Anthology Movie débarquent effectivement en salles à la même période. La poupée Brave Gars Chucky et le cénobite Pinhead inciteront également les jeunes à passer Halloween chez eux, devant leurs écrans de télévision, avec une sortie en direct-to-video pour The Cult of Chucky et pour Hellraiser Judgment.

 

Les chiffres de la saga Vendredi 13 (Source : jpbox-office.com)

  1. Vendredi 13 de Sean S. Cunningham en 1980 – 39 754 601 $ de recettes aux USA – 603 008 entrées en France
  2. Vendredi 13 – Chapitre 2 : le tueur du vendredi de Steve Miner en 1981 – 21 722 776 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  3. Vendredi 13 – Chapitre 3 : Meurtres en 3 Dimensions de Steve Miner en 1982 – 34 581 519 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  4. Vendredi 13 – Chapitre 4 : chapitre final de Joseph Zito en 1984 – 32 980 880 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  5. Vendredi 13 – Chapitre 5 : Une nouvelle terreur de Danny Steinmann en 1985 – 21 930 418 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  6. Vendredi 13 – Chapitre 6 : Jason le mort vivant de Tom McLoughlin en 1986 – 19 472 057 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  7. Vendredi 13 – Chapitre 7 : Un nouveau défi de John Carl Buechler en 1988 – 19 170 001 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  8. Vendredi 13 – Chapitre 8 : L’ultime retour – 14 343 976 $ de recettes aux USA – ce film n’est pas sorti dans les salles en France
  9. Vendredi 13 – Chapitre 9 : Jason va en Enfer de Adam Marcus en 1993 – 15 935 068 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  10. Jason X de Jim Isaac en 2001 – 12 610 731 $ de recettes aux USA – 79 712 entrées en France
  11. Freddy contre Jason de Ronny Yu en 2003 – 82 556 855 $ de recettes aux USA – 343 349 entrées en France
  12. Vendredi 13 de Marcus Nispel en 2009 – 64 997 188 $ de recettes aux USA – 129 477 entrées en France
  13. Vendredi 13 de Breck Eisner en 2017

 

Et les mistrals gagnants, un film d’Anne-Dauphine Julliand : Critique

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Mélancolie douce et ode à la vie, avec Et les Mistrals gagnants, premier documentaire d’Anne-Dauphine Julliand

Synopsis : Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual ont entre six et neuf ans. Ils vivent dans l’instant. Avec humour et surtout l’énergie optimiste de l’enfance, ils nous prennent par la main, nous entraînent dans leur monde et nous font partager leurs jeux, leurs joies, leurs rires, leurs rêves, leur maladie. Avec beaucoup de sérénité et d’amour ces cinq petits bouts d’Homme nous montrent le chemin du bonheur. Un film à hauteur d’enfant, sur la vie tout simplement.

« Le temps est assassin et emporte avec lui
Les rires des enfants et les mistral gagnants
Et les mistral gagnants… »

Jamais des paroles de chansons n’auront pu si bien correspondre aux propos tenus dans un documentaire. La chanson de Renaud résonne en nous, chacun ayant sa propre signification des « mistrals  gagnants ».
Avec le documentaire d’Anne-Dauphine Julliand, les mistrals gagnants prennent cette forme douloureuse et difficilement tarissable qu’est celle de la maladie infantile. Cette maladie avec laquelle on nait, et non pas celle qui nous attrape au cours de notre vie.
Ils sont âgés de maximum 9 ans, et sont pourtant d’infatigables guerriers, grandissant en avance sur leur temps.
Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual sont des bouts de choux, des bambins, des chérubins, et ont pourtant bien plus soufferts que la plupart d’entre nous. Ils sont venus au monde avec la maladie, et ne cesseront de tout faire pour s’accommoder à cette dernière. Chacun s’en accapare de façon différente : Camille fait tout de suite exploser sa colère et ne cesse de prouver la rage qui sommeille en lui. Imad, quant à lui, fait dans la patience. Charles, Ambre ou Tugdual sont beaucoup plus sereins, ne l’omettant jamais, cependant.

La caméra de la réalisatrice est l’œil que nous portons sur eux. Un oeil bienveillant, mais dans lequel s’immisce la douleur. Aux rires viennent se mêler les larmes. Les séquences de fou rire, de plaisirs innocents précèdent les piqûres ou les poses de sonde, en vue d’une dialyse.
Anne-Dauphine Julliand ne sombre jamais dans quelconque voyeurisme. Elle offre aux spectateurs des tranches de vie dont on ressort difficilement indemnes. On s’attache, énormément,  on se prend d’affection, et on ne souhaite plus les lâcher. Impossible de ne pas sourire, voire rire, souvent de manière niaise mais émerveillée, devant tous ces petits faits du quotidien (notamment la séquence de la balançoire ou celle d’une partie de Dobble endiablée).

« Quand on est malade, ça n’empêche pas d’être heureux. »

Voguant entre de nombreuses valeurs de plan, la réalisatrice impose des moments intimes, mais également des instants de fuite, de relâchement, le but n’étant pas d’oppresser les enfants, mais bien de leur céder la place. Ils nous prennent par la main, nous guident, cela pour notre plus grand plaisir.
Il faut savoir que Et les mistrals gagnants est tourné à une seule caméra. Ainsi, les enfants peuvent sortir du champ selon leurs désirs. Il était important pour la réalisatrice de ne leur imposer aucune contrainte.

Toutefois, on regrettera cette dimension larmoyante, à laquelle contribue la musique extra-diégétique, nous enivrant de mélancolie.
Aussi, Et les mistrals gagnants est porteur d’un nombre important de questions et de réflexions. Autour du film gravite ce sujet sensible et non moins tabou qu’est la mort. Alors que chez les adultes, aborder cette question conduit souvent à bon nombre d’interdits et de paroles prohibées, les enfants parviennent davantage à la prendre en considération. Derrière leur maladie se cache une issue qu’ils savent fatale. Ainsi, des remarques anodines tel que « Il n’y a que quand je serai mort que je ne serai plus malade» sont remplies d’insouciance chez eux, mais s’avèrent bouleversantes pour nous. Sont également traités, même si plus en surface, la question des services hospitaliers, du rôle du parent dans la prise en charge de l’enfant et de la maladie. Mais attention, cela ne fait pas de Et les mistrals gagnants un film superficiel !

Et outre le film en lui même, Et les mistrals gagnants est la preuve que le crowfunding peut être porteur de projets qui méritent toute notre attention. 93 000 euros récoltés sur les 50 000 espérer, plus de 1757 donateurs. Une vraie belle réussite pour un film qui vaut plus que le coup d’œil et qui nous permet d’apprécier toujours un peu plus la vie.

Enfin, se termine la séance. Après un générique comme partie constituante du film, qui nous offre les images supplémentaires que l’on attend de peur de ne pas être rassasié, on s’interroge : « Que sont devenus ces enfants ? », « Imad a-t-il pu avoir sa greffe ? ». Et les réponses nous sont apportées : Imad a bénéficié d’une greffe de rein grâce à son père, Ambre continue le théâtre, Charles est rentré chez lui. Vint ensuite de plus triste nouvelle : peu après le tournage, Camille s’en est allé. Les mistrals gagnants ont emporté avec eux les rires d’un enfant.

Et les mistrals gagnants : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=Fd8X4n_Ki0E

Et les mistrals gagnants : Fiche technique

Réalisateur : Anne-Dauphine Julliand
Scénario : Anne-Dauphine Julliand
Photographie : Katell Djian, Isabelle Razavet, Laurent Brunet, Alexis Kavyrchine, Matthieu Fabbri
Montage : Lilian Corbeille
Musique : Rob
Producteurs : Edouard de Vesinne
Sociétés de production : Incognita Films
Distribution (France) : Nour Films
Durée : 79 minutes
Genre : Documentaire
Date de sortie : 1er février 2017

France – 2017

Le Cercle – Rings, un film de F. Javier Gutiérrez : Critique

Après les quatre opus (deux japonais et deux américains, sans parler du prequel et des 8 dérivés) sortis entre 1998 et 2005, la saga horrifique Le Cercle – Rings refait vainement surface sur un cahier des charges teen contemporain en référence à Don’t Breath.

Synopsis : Une jeune femme s’inquiète pour son petit ami lorsqu’ il commence à s’intéresser aux mystères entourant une vidéo censée tuer celui qui la regarde 7 jours après l’avoir visionnée. Elle se sacrifie pour le sauver et fait alors une terrifiante découverte : il y a « un film dans le film » que personne n’avait encore vu…

Revenir d’entre les morts

Le remake américain sorti en 2002 avec Naomi Watts avait permis au scénario de Hideo Nakata (sur une adaptation du roman de Kōji Suzuki, l’équivalent japonais de Stephen King), de trouver un très large public pour ne pas dire devenir de notoriété publique avec un box office international de 250 millions. Un nouveau mythe cinématographique, comme le furent Nosferatu, Dracula, Freddy Krueger, Jason Voorhees, Michael Myers…? Sadako Yamamura, alias Samara Morgan outre Atlantique, est tirée d’une véritable légende qui aurait vraisemblablement existé. Il faut savoir que la culture japonaise est nettement plus poussée concernant l’au-delà. Une véritable mythologie/ croyance autour d’esprits vengeurs (appelés « Onryō ») subsiste au même titre que n’importe quelle religion. L’écrivain japonais se serait inspiré de deux Onryō très connus dans la littérature et théâtre japonais (kabuki): Okiku, une femme assassinée et jetée dans un puits par un samouraï dont elle avait repoussé les avances, et Oiwa, jeune femme empoisonnée par une crème défigurante envoyée par une autre femme qui avait des vues sur son mari. Ce dernier avait ordonné son exécution à la simple vue de celle-ci, mais elle mourra par accident avant. On se demande si le réalisateur espagnol, F. Javier Gutiérrez, a bien vraiment assimilé les différentes interprétations de ce personnage et sa mythologie, tant la mise (au poker) est sur un message méta-assourdissant, l’âme qui rejoint un autre corps après la mort. Plutôt que de tisser intelligemment les ficelles d’une version qui aurait pu être remarquable, il (ou les producteurs!) choisit d’accorder toute l’importance du divertissement sur la (con)quête de Julia pour sauver son petit ami Holt à l’ère d’internet où les écrans sont partout. La surprise est certainement la participation de Vincent D’Onofrio qui, pour jouer un aveugle, aurait demandé les conseils de son ami Charlie Cox (Daredevil). Malheureusement, les séquences sombrent rapidement dans une réplique insignifiante de Don’t Breath du jeune génie uruguayen Fede Alvarez qui n’a que deux longs métrages à son actif ! On apprécie également la présence furtive en introduction de Lizzie Brocheré (American Horror Story: Coven, The Strain, Falling Water).

Mais les plaisirs tournent court, car malgré une photographie pimpante et un soin en demi-teinte apporté aux effets spéciaux (la sortie de la télé aurait pu être améliorée en post-production), l’intrigue est rapidement noyée dans une peinture déjà-vue hollywoodienne sur fond de romantic story. En effet, quoi de plus neuf que de décrire la lutte vaine pour sa propre survie à coup de montage effréné et de jump scares mal aboutis? La mise en abyme du « film dans le film » n’a aucune profondeur et encore moins de légitimité lorsque le récit enchaîne paramnésie cinématographique et bien-pensance américaine en terme de divertissement facile. L’horreur a, ces dernières années, perdu ses lettres de noblesse avec des films pop corn n’attirant que de jeunes spectateurs naïfs. Dans le noirUnfriended, OuijaFriend Request sans oublier de citer le sequel inutile Blair Witch l’année dernière… L’intention première, étant de calquer un succès sur de nouvelles technologies avancées dont témoignent les années 2010, dépasse le stade du « défi relevé » que moyennement. L’écriture est avortée, la photographie est surestimée et le montage désordonné. Seul le premier film énoncé précédemment se démarque par un réel amour pour le genre et un hommage à moitié soigné. Si nous arrêtions de considérer le divertissement comme un produit éphémère et consommable, nous arriverions peut-être à accoucher d’un peu plus de talent. Retournons sur « l’original » de Gore Verbinski, visionnaire, dont on pourra très prochainement apprécier A Cure For Life, le 17 février sur nos écrans plutôt que de s’attarder sur cet ersatz stérile. Ou mieux encore sur l’anthentique de Nakata! Une étoile et demi pour ne s’être qu’à moitié ennuyé. Instants Vidéo Gags promotionnels ? Mieux vaut en rire non?

Vain et mal amené, ce troisième film US se veut renouveler le mythe, mais n’y apporte absolument rien d’efficace, si ce n’est la performance de Vincent D’Onofrio…

Le Cercle – Rings : Bande Annonce

Le Cercle – Rings : Fiche Technique

Réalisation : F. Javier GutiérrezLe-Cercle-Rings-affiche-paramount-picture
Scénario : David Loucka, Jacob Estes et Akiva Goldsman
Interprétation : Matilda Lutz (Julia), Alex Roe (Holt), Johnny Galecki (Gabriel), Vincent D’Onofrio (Burke), Aimee Teegarden (Skye), Bonnie Morgan (Samara)…
Photographie : Sharone Meir
Montage : Steve Mirkovich, Jeremiah O’Driscoll
Musique : Matthew Margeson
Producteurs : Christopher Bender, Neal Edelstein, Ehren Kruger, Roy Lee, Mike Macari, Laurie MacDonald, Walter F. Parkes, Amy Sayres, J.C. Spink
Productions : Macari/Edelstein, Parkes+MacDonald Image Nation, Vertigo Entertainment, Waddieish Claretrap
Distribution : Paramount Pictures
Durée :  102 minutes
Genre : Horreur
Date de sortie : 1er février 2017

États-Unis – 2017

Raid dingue, un film de Dany Boon : critique

Montrant davantage de sobriété tant dans le traitement de l’humour que de la conduite de son récit, Raid dingue, le dernier né de Dany Boon est pourtant pavé de maladresses. En résulte donc un film français loin d’être dingue plutôt qu’une comédie d’action réussie.

Synopsis : Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle est d’un point de vue purement policier sympathique mais totalement nulle. Dotée pourtant de réelles compétences, sa maladresse fait d’elle une menace pour les criminels, le grand public et ses collègues. Acceptée au centre de formation du RAID pour des raisons obscures et politiques, elle se retrouve alors dans les pattes de l’agent Eugène Froissard (dit Poissard), le plus misogyne des agents du RAID. Ce duo improbable se voit chargé d’arrêter le redoutable Gang des Léopards, responsable de gros braquages dans les rues de la capitale.

Bienvenue chez les machos! 

Dany Boon fait sans conteste parti des artistes français les plus décriés. Génie de l’humour et roi du box-office français pour les uns, symbole de la comédie populaire et du divertissement neuneu pour les autres, ses diverses réalisations n’ont pas laissé le public indifférent. Et ce pour diverses raisons, les principales étant une certaine efficacité dans le côté gagesque des personnages, et bien évidemment leurs colossaux succès dans les salles de cinéma. Profitant aussi de budgets de plus en plus considérables, surtout dans le paysage cinématographique français (rappelons que Supercondriaque a bénéficié d’un budget d’environ 31 millions d’euros), Boon se laisse aller à de multiples délires visuels, parfois très bien exploités pour illustrer son propos. On peut facilement faire la fine bouche devant ses œuvres, force est de reconnaître que le ch’ti sait y faire avec une caméra, montrant une réalisation impeccable ou encore rendant assez palpitant quelques séquences d’action. On se souvient notamment de la course poursuite sur autoroute dans Rien à Déclarer à bord d’une 2CV tombant en morceaux, ou encore du sauvetage final de Supercondriaque en pleine zone de guerre avec fusillades et pyrotechnies à la clé. Et ce modeste côté actionner se retrouve complètement dans RAID Dingue, sa dernière réalisation.

Car Dany Boon s’essaye cette fois à la comédie d’action, genre prolifique aux États Unis mais plutôt rare chez nous, à l’exception par exemple de quelques Belmondo fleurant bon les seventies, et qui sert pleinement de référence ici.  Pour illustrer l’arrivée de cette gaffeuse pistonnée (Alice Pol) dans l’univers très masculin et testostéroné du RAID, outre un budget encore plus colossal (plus de 34 millions d’euros), il s’est entouré de certains membres pour documenter son histoire, notamment les trois seules femmes de France faisant parties de cette unité, et a véritablement filmé au sein des locaux officiels. Ce souci d’authenticité favorise l’immersion et fait plonger avec facilité le spectateur au cœur du récit. Et pour mener ce dernier, Boon fait preuve d’une sobriété qu’on ne lui connaissait guère (sauf peut-être à l’instar de son premier film, La Maison du Bonheur). Avec une mise en scène toujours aussi lisible, renforcé par une lumière et un étalonnage des couleurs bien géré, il met de côté les gags en rafale pour davantage se concentrer sur des aspects plus dramatiques, voulant démontrer le quotidien parfois difficile de ces hommes dont la bravoure n’est plus à prouver. Mais si l’on salue l’idée, le rendu n’est en définitive pas du meilleur acabit.

Car le problème est bien là : Dany Boon n’est pas à l’aise lorsqu’il s’éloigne des sentiers battus. Le film s’évertue par exemple à faire un parallèle avec la triste actualité de nombreuses grandes villes d’Europe, à savoir les attentats terroristes, accompagné d’un regard plutôt incisif sur l’inappropriée omniprésence des journalistes pour couvrir ces événements. Cette tentative reste malgré tout maladroite car traitée à travers des séquences à peine survolées, rapidement expédiées. L’intensité dramatique n’ayant jamais le temps de s’installer, l’impact est quasi nul. Il en est de même pour le personnage qu’interprète Boon : en retrait par rapport à ses précédentes réalisations, son ton volontairement grave et surjoué à certains moments ne convainc pas. Ce n’était pas l’objectif du film dira-t-on, car RAID Dingue est avant tout une comédie. Mais là encore, bien qu’amoindries, les différentes parties comiques ne sont pas très originales. Les situations sont soit vues et revues (on aura encore droit à la sempiternelle séquence d’entrainement aux allures de clipshow enchaînant les gags prémâchés sur fond de musique pop) soit manquent relativement de folie.

Cette folie montre quand même ses bribes lorsque le personnage de Johanna Pasquali débarque à l’écran. Car là est le véritable argument du film : Alice Pol ! Si les instants drôles l’entourant ne sont pas tous réussis, ce personnage doux rêveur dégage une telle sympathie qu’il est difficile de résister. Emplie de charme, d’une grande naïveté et bêtise, mais également d’une détermination sans borne et un caractère passionné, elle incarne une Pierre Richard au féminin assez irrésistible. Folie qu’on retrouve également chez Yvan Attal dans un rôle à contre-emploi. Jouant le bad guy avec un accent russe à couper au couteau, il est à l’origine des principales scènes drôles du film, à l’image de celle des travestis, qui, si elle ne brille pas par sa subtilité, a le mérite de déclencher quelques rires.

Ces deux personnages, si l’on ajoute une réalisation maitrisée et également une ou deux scènes d’action réussies bien que trop timides, demeurent les principaux points forts du film. Pour le reste, RAID Dingue ne marquera pas les annales de la comédie française, et ne réconciliera pas les détracteurs de l’acteur-réalisateur.

Raid dingue : Bande-annonce

Raid dingue : Fiche technique

Réalisation : Dany Boon
Scénario : Sarah Kaminsky et Dany Boon
Interprétation : Alice Pol (Johanna Pasquali), Dany Boon (Eugène Froissard), Michel Blanc (Jacques Pasquali), Yvan Attal (Viktor), Sabine Azéma (Marie-Caroline Dubarry), Patrick Mille (Edouard Dubarry), François Levantal (Patrick Legrand), Florent Peyre (Olivier Lopez)…
Photographie : Denis Roudan
Montage : Elodie Codaccioni
Son : Lucien Balibar, Guillaume Bouchateau, Thomas Gauder
Producteurs : Jérôme Seydoux, Dany Boon, Patrick Quinet, Eric Hubert, Romain Le Grand, Vivien Aslanian
Sociétés de production : Pathé, Les Production du Ch’timi, TF1 Films Production, Artemis Productions
Distribution (France) : Pathé Distribution
Durée : 105 minutes
Genre : Comédie, Action
Date de sortie : 1er février 2017

France – 2016

American Honey, un film d’Andrea Arnold : Critique

Auréolée du Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, American Honey est une œuvre aussi atypique que marquante. Filmé en caméra à l’épaule, le long-métrage immortalise les pérégrinations d’un groupe de jeunes marginaux dans une Amérique sinistrée. Une ode à la liberté poétique et déjantée qui capture la modernité et la sauvagerie d’une époque singulière.

Synopsis : Star, une adolescente défavorisée habituée du système D, subsiste en vivant de petits larcins. Un jour, elle tombe sur Jake et sa bande, un groupe de jeunes libres et sans attaches qui sillonnent le pays en faisant du porte-à-porte pour gagner leur croûte. Attirée par leur mode de vie, elle décide d’embarquer avec eux pour un road-trip mouvementé riche en émotions à travers une Amérique aride et sinistrée.

Un récit initiatique du XXIème siècle 

American Honey, c’est avant tout une œuvre électrisante et forte qui marque les esprits durablement. Mais pourquoi ce film a-t-il un tel impact sur le public ? Sans doute parce qu’Andrea Arnold est parvenue à retracer l’errance d’une jeunesse aussi trash que désœuvrée qui n’a rien à perdre. Sans attache, en perpétuel mouvement, ces jeunes partagent tout et ne possèdent rien, ils vivent au jour le jour dans un joyeux n’importe quoi improvisé et profitent à fond du moment présent. Entre cuites, beuveries, feux de camp, rituels sauvages, flirts enfiévrés et sensations fortes, ces héros modernes brûlent leurs ailes sans peur du lendemain, comme si rien n’avait d’importance. Projetée dans cet univers à la fois violent et merveilleusement débridé, Star va découvrir ses limites et se forger une expérience de vie significative qui va influer sur sa construction et son évolution identitaires. A travers les différentes étapes de ce road-trip qui oscille entre onirisme et réalité crue, l’héroïne grandit, change : en ce sens, on peut envisager American Honey comme un récit d’apprentissage contemporain. Mais le film peut également être perçu comme une sorte d’anti-conte de fées où l’espoir n’existe plus. A ce titre, lorsqu’un routier demande à la jeune Star quels sont ses rêves d’avenir, elle est prise de court et avoue que personne ne lui avait jamais posé la question. Plus tard, Jake aura la même réaction. Preuve que ces jeunes, totalement ancrés dans l’air du temps, ne se projettent plus : ils se contentent de survivre dans l’instant. Cette culture de l’instantané, la réalisatrice la capture à la perfection grâce à des dialogues majoritairement improvisés, des acteurs pour la plupart amateurs et un style naturel et survolté tantôt nerveux tantôt contemplatif où sa caméra d’épaule suit le mouvement bordélique et désorganisé de ce groupe de marginaux barrés mais attachants.

Splendeur et misère d’une Amérique à deux vitesses

La réalisatrice Andrea Arnold est britannique, et pourtant, avec American Honey, elle a réussi à s’approprier l’essence même des Etats-Unis, en ayant d’abord l’idée de reprendre les codes d’un genre cinématographique typiquement américain : le road-movie. Son film, c’est l’Amérique. L’Amérique des grands espaces avec ses vallées, ses déserts, ses rivières, ses dunes, ses plaines et ses champs à perte de vue. L’Amérique urbaine avec ses buildings, ses autoroutes, ses parkings, ses supermarchés, ses Burger King et ses Taco Bell. L’Amérique profonde aussi, avec sa country, ses rednecks et ses cowboys. L’Amérique des inégalités, avec d’un côté les pauvres et les laissés pour compte qui vivent dans des caravanes en bord de route avec leurs chiens et leurs parents drogués ou alcooliques ; et les riches de l’autre, reclus dans leurs pavillons cossus, retranchés dans leurs banlieues résidentielles. C’est l’Amérique de Kim Kardashian. C’est l’Amérique de Bruce Springsteen. C’est l’Amérique du rap et du hip-hop. C’est l’Amérique capitaliste. D’ailleurs, à travers le personnage de Krystal, sorte de patronne auto-proclamée motivée uniquement par la course au profit et le plaisir de dominer, on peut y voir la métaphore d’un système économique autoritaire et oppressant qui glorifie la performance, la win et qui bannit la lose, qui humilie ses perdants. Affublée d’un bikini aux couleurs du drapeau confédéré, cette figure tyrannique, qui se revendique comme une « Américaine pur sucre », est donc le symbole de cette Amérique liberticide que tous cherchent à fuir mais dont chacun dépend à cause de l’argent, nerf de la guerre. Mais la puissance du long-métrage réside dans son énergie et dans la force de vie qui en émane à chaque instant. Malgré les galères, malgré les malheurs, les personnages fourmillent, s’agitent et évoluent au milieu d’une faune colorée et variée (ours, loups, chiens, écureuils, papillons de nuit, araignées etc) dont se dégage une impression d’agitation constante : les héros ne sont pas statiques, ils bougent, ils se déplacent, ils s’accrochent. En ce sens, il jaillit d’American Honey une forme d’optimisme brut et instinctif, un cri de lutte qui nous entraîne et qui nous fait sentir libre et invincible, galvanisés par les rythmes tribaux et primaires d’une bande originale viscéralement brute mais tellement cathartique. Bizarrement, malgré son message désenchanté, le film n’est jamais déprimant. La cinéaste brosse le portrait sauvage d’une époque singulière avec une rage primitive portée par l’énergie d’une jeunesse en roue libre qui garde les poings levés, prête à combattre. On se dit que tout n’est pas perdu et qu’American Honey est l’exutoire dont on avait besoin.

D’amour et d’eau fraîche

La cinéaste n’oublie pas d’introduire dans son film un ingrédient romanesque qui vient pimenter l’intrigue, à savoir une histoire d’amour explosive et torturée entre Star la nouvelle recrue et Jake le mentor du groupe. Cette love story enflammée s’impose comme un ressort scénaristique habile et fin, qui met en lumière un malaise symptomatique de cette jeunesse sans filet. Habitués à grandir comme des herbes folles, sans amour ni réelle éducation, Star et ses compagnons d’infortune n’ont pas de pudeur, pas de gêne, pas de barrières. Ils font tout ensemble : ils urinent dans les champs en rang d’oignon, se promènent à moitié nus, couchent les uns avec les autres, et ainsi de suite. Star va même plus loin en se mettant en danger avec des inconnus et en vendant ses charmes, comme si elle n’avait aucun respect pour son corps, aucune valeur. Mais alors, qu’en est-il des sentiments authentiques ? C’est là que le bât blesse. Ces personnages ne savent pas comment aimer, ne savent pas gérer ce qu’ils éprouvent. Ils n’ont jamais appris à communiquer, à s’exprimer, ni même à s’ouvrir. Star et Jake sont amoureux mais ignorent comment s’y prendre, et c’est cette dimension si particulière qui rend leur relation déchirante et complexe, mais surtout très belle. On est emporté par leur fougue et leur passion, et frustré par leur incapacité à se comprendre mutuellement. Cette romance chaotique, vouée à l’échec (ou non ?) correspond bien à l’esprit d’American Honey : une fuite en avant sans but, dont on ne connait pas l’issue. D’ailleurs, on peut juste déplorer la fin ouverte qui nous laisse dans le doute, même si on peut l’interpréter comme une sorte de libération et de renaissance pour l’héroïne, qui, après un baptême du feu haut en couleurs, prend conscience de son existence propre. Mais que fera-t-elle ensuite ? Les paris sont ouverts et Andrea Arnold laisse libre cours à notre imagination. Le film s’achève comme il a commencé : freestyle, dans le mépris des règles et des traditions.

En conclusion, American Honey est une œuvre authentique et peu ordinaire qui ne manquera pas de s’imposer comme le film de toute une génération en perte de repères et en quête de liberté : c’est le témoignage d’une époque. Avec ce cri du cœur, Andrea Arnold bouleverse sans jamais toucher au pathos, et c’est cette énergie, ce dynamisme qui font de son film un objet cinématographique étincelant et indomptable qui marque les esprits et qui fait réfléchir. En somme, la cinéaste nous offre un voyage unique et nous emporte dans une frénésie aussi bordélique que joyeuse qui ne laissera sûrement personne indifférent.

American Honey : Bande-annonce

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American Honey : Fiche Technique

Titre original : American Honey
Réalisation : Andrea Arnold
Scénario : Andrea Arnold
Interprétation : Sasha Lane (Star) ; Shia LaBeouf (Jake) ; Riley Keough (Krystal) ; McCaul Lombardi (Corey) ; Arielle Holmes (Pagan)…
Image : Robbie Ryan
Décor : Kelly McGehee
Costumes : Alex Bovaird
Montage: Joe Bini
Sociétés de production :  Parts and Labor, Protagonist Pictures, Pulse Films
Producteurs :   Thomas Benski, Lars Knudsen, Jay Van Hoy, Lucas Ochoa, Pouya Shahbazian, Alice Weinberg
Distributeurs : A24 ; Focus Features
Genres : Road-movie, drame
Date de sortie en France : 8 février 2017
Durée:  163 min

Royaume-Uni – Etats-Unis – 2016

Un jour dans la vie de Billy Lynn, un film d’Ang Lee : Critique

Il semble bien que personne en France n’aura l’occasion de voir Un jour dans la vie de Billy Lynn dans le format 120 images/secondes, en plus du 4K et de la 3D, dans lequel Ang Lee a conçu son nouveau film. Il est d’autant plus dommage de constater que cette vaine révolution technologique se soit faite aux dépens d’une écriture qui aurait rendue pertinent ce drame intimiste.

Synopsis : En 2004, un jeune soldat américain dont l’action en Irak a été filmée et diffusée sur Youtube, est mandaté par le gouvernement pour parader en tant que héros national. C’est à ce titre qu’il est invité, avec son bataillon, à participer à un événement sportif dans son Texas natal. Mais, après ce spectacle, ils devront retourner au front. 

American heroes

Cette notion de héros militaire est depuis plusieurs années au cœur de la plupart des films de guerre américains (on peut considérer que Clint Eastwood lancé le mouvement avec son diptyque Mémoires de nos pères/ Lettres d’Iwo Jima), mais Ang Lee détourne la sempiternelle question des valeurs nécessaires à l’obtention de ce statut pour se concentrer sur celle du rapport que la société civile entretient avec ces vétérans. Pour cela, l’ancien réalisateur de Tigre et Dragon et du Secret de Brokeback Mountain adapte un roman de Ben Fountain, intitulé « Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn » et lui-même inspiré par un spectacle patriotard auquel a assisté l’auteur. Une pure fiction basée, non pas sur une histoire vraie, mais sur une anecdote vraie donc. Peut-être est-ce là le défaut dont vont découler tous ceux qui feront de cette adaptation un scénario bancal. Et pourtant, l’idée d’affronter des jeunes hommes brisés par un conflit aussi absurde que meurtrier à l’insouciance d’une société superficielle avait de quoi offrir une attaque brutale contre le militarisme américain, et en particulier celui qui animait le pays sous l’ère Bush. Toutefois, que le récit n’aille pas jusqu’au bout de sa démonstration mortifère, et que s’y voient greffées des sous-intrigues à unique fin pathos, ont le résultat paradoxal d’en saborder la portée dramatique.

Le film nous fait donc suivre une journée de Billy Lynn et des membres de son régiment d’infanterie alors qu’ils sont exploités comme de vulgaires produits publicitaires pro-militaristes dans le cadre de la mi-temps d’un match de football à Dallas. Parce que réduire la narration à ces quelques heures aurait été trop limité, Ang Lee n’hésite pas à multiplier les flashbacks renvoyant à l’entrainement et à la guerre. Des scènes de guerre qui d’ailleurs sont fort réussies grâce à leur mise en scène immersive, et qui semblent justifier à elles-seules l’énorme dispositif technologique mis à profit. Le but avoué de ces nombreux passages est en fait d’appuyer le drame vécu par Billy lors de la perte de son sergent dont il était très proche. Si proche qu’elle en vient à s’habiller d’une dimension crypto-gay loin d’être indispensable au propos. Que celui-ci soit de plus interprété par un acteur aussi peu attachant que Vin Diesel enterre définitivement la part tragique de cette relation prématurément brisée. Autre choix de casting qui n’aide en rien cette sensiblerie larmoyante : Kirsten Stewart en sœur handicapée. Loin d’être aussi insupportablement apathique que dans Personal Shopper, la jeune actrice participe pour beaucoup à la peinture surabondamment misérabiliste servant de background familial à ce pauvre Billy.

En plongeant un soldat traumatisé en plein cirque médiatique, Ang Lee dévoile les contradictions de cette société américaine qui préfère regarder des matchs de foot et des concerts de Beyoncé qu’ouvrir les yeux sur le calvaire des jeunes qu’elle envoie au casse-pipe. Un propos malheureusement sapé par une écriture qui s’égare maladroitement.

Fort heureusement, ces deux pistes de lecture malhabiles ne sont pas le cœur du récit. Ils ne font en fait, comme le flirt avec la pom-pom girl, que le parasiter. Les coulisses du show sont en revanche passionnantes. Parce qu’elles sont filmées avec le même procédé immersif que les scènes de guerre, elles servent parfaitement le propos en jouant sur le parallèle entre une surmédiatisation oppressante et le syndrome post-traumatique propre aux survivants de la guerre. De là surgit une question qui fait froid dans le dos : ces personnages ont-ils davantage perdu leur humanité lorsqu’ils se sont vus transformés en machines à tuer ou en icônes de la pop-culture ? Entre le cynisme que dégage le personnage de Steve Martin et la superficialité incarnée par celui de Chris Tucker (deux acteurs de talent trop rares soit dit en passant), Un jour dans la vie de Billy Lynn s’avère particulièrement belliqueux à l’égard de la relation d’une Amérique va-t’en-guerre et tape-à-l’œil à l’égard  de cette jeunesse qu’elle n’hésite pas à sacrifier sur l’autel d’un interventionnisme intéressé. Ce discours ouvertement antimilitariste est toutefois difficile à valider tant Ang Lee prend soin à sacraliser ces jeunes soldats et s’applique à filmer leurs interprètes en gros plans. Leur excellent jeu permet ainsi de rendre palpable leurs troubles et leurs doutes… qui convergeront vers une détermination enjouée de retourner sur le champ de bataille.

Le drame, aussi bien psychologique que politique, de voir des jeunes soldats retourner vers un massacre annoncé perdra donc, dans les dernières minutes, tout son mordant qui représentait pourtant ce que le film avait jusque-là de meilleur. C’est là qu’une histoire vraie, qui aurait permis de nous annoncer leur destin tragique, aurait pu permettre à Ang Lee de retomber sur ses pieds. Au lieu de cela, sa façon de jongler, dans un scénario bavard et maladroitement tire-larme, entre antimilitarisme primaire et patriotisme immature fait s’effondrer ses velléités de mettre en place un pamphlet contre le détournement de l’industrie du spectacle au profit d’une propagande militariste et gouvernementale. Un semi-échec vis-à-vis d’un sujet au fort potentiel, d’autant plus regrettable que les meilleures idées de la réalisation semblent avoir été uniquement pensées pour être mises au profit de ces fameux moyens techniques dont on ne profitera jamais.

Un jour dans la vie de Billy Lynn : Bande-annonce

Un jour dans la vie de Billy Lynn : Fiche technique

Titre orignal : Billy Lynn’s Long Halftime Walk
Réalisation : Ang Lee
Scénario : Jean-Christophe Castelli, d’après le roman « Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn » de Ben Fountain
Interprétation : Joe Alwyn (Billy Lynn), Kristen Stewart (Kathryn Lynn), Vin Diesel (Shroom),  Garrett Hedlund (Dime), Steve Martin (Norm Oglesby), Chris Tucker (Albert)…
Photographie : John Toll
Montage : Tim Squyres
Direction artistique : Mark Friedberg
Décors : Kim Jennings, Thomas Minton, Aziz Rafiq, Gregory S. Hooper
Musique : Jeff Danna, Mychael Danna
Producteurs : Marc Platt, Ang Lee, Rhodri Thomas et Stephen Cornwell
Productions : Studio 8, LStar Capital, Film4 Productions, Bona Film Group, The Ink Factory, Marc Platt Productions et TriStar Productions
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Durée : 113 minutes
Genre : Drame, guerre
Date de sortie : 1er février 2017

États-Unis/Grande-Bretagne/Chine – 2016

 

13 Reasons Why : La nouvelle série Netflix produite par Selena Gomez

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Une voix d’outre-tombe nous entraîne dans 13 Reasons Why, la nouvelle série-frisson de Netflix produite par Selena Gomez !

13 Reasons Why (Treize raisons en VF) de Jay Asher, c’est le best-seller pour jeunes adultes qui a inspiré Tom Carthy. Le réalisateur, qui avait eu un Oscar pour son long métrage Spotlight en 2016 dans la catégorie meilleur film, a décidé d’adapter ce roman dramatique en série sur Netflix. A la production, ce n’est autre que Selena Gomez en charge du projet, la jeune chanteuse et actrice l’a annoncé il y a quelque jours via son instagram en nous dévoilant une bande-annonce de la série.

Rappelons que la jeune femme est la personnalité la plus suivie sur instagram avec 108 millions d’abonnés et, qu’après sa longue absence sur les réseaux sociaux, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe auprès de ses «selenators», ravis de la voir faire son grand retour et d’annoncer un projet d’une telle envergure. Projet qu’on a, nous aussi, hâte de découvrir.

Il faut savoir que la jeune femme avait déjà été co-productrice de la série de Disney Les sorciers de Waverly Place, qui a lancé sa carrière. Le projet de 13 Reasons Why devait être au début un film, puis finalement, Selena Gomez a laissé Netflix s’en charger sous forme d’une série de 13 épisodes. Loin d’être seule à porter ce projet, la chanteuse est accompagnée par sa mère Mandy Teefey, par Kristel Laiblin et par la société Anonymous Content. Concernant le pilote, c’est à Brian Yorkey, également showruner sur 13 Reasons Why, que l’on doit le scénario.

D’après le trailer dévoilé ce 25 janvier, 13 Reasons Why raconte l’histoire d’une jeune lycéenne, Hannah Baker (joué par Katherine Landford) conduite à se suicider à cause de treize de ses camarades. Au travers d’enregistrements sur lesquels raisonnent la voix de la défunte, elle dénonce ceux qui l’ont poussée à mettre fin à ses jours. L’intrigue commence quand un lycéen découvre ces cassettes dans un carton à son nom, déposé au pied de sa porte. Le jeune homme (joué par Dylan Minnette vu dans Chair de Poule), ancien camarade de classe et amoureux d’Hannah, sera chargé de transmettre les enregistrements aux coupables.

C’est dans cet univers scolaire mais néanmoins obscur que la série prend place et nous révèle, au fil des épisodes, le passé et la personnalité de l’absente. Dans la bande-annonce, derrière une musique aux sonorités pop et mystérieuses à la fois, les voix de Selena Gomez (pour le thème musical) et des personnages s’entrecroisent tandis que la jeune Hannah nous invite : «Si vous voulez connaître la vérité, il suffit juste d’appuyer sur le bouton lecture». Affaire à suivre donc le 31 mars prochain sur Netflix.

Depuis l’annonce de la série par Selena Gomez – qui affirme avoir été beaucoup aidé par sa maman dans le projet après avoir découvert le roman en 2009 – une communauté d’internautes s’est engagée contre les suicides d’adolescents et le harcèlement scolaire qui est encore beaucoup trop présent de nos jours.

 

Denis Villeneuve va réaliser la prochaine adaptation de Dune

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Après Dune de David Lynch en 1984, Denis Villeneuve va réaliser la prochaine adaptation de la célèbre saga de science-fiction sur grand écran. 

Denis Villeneuve va réaliser Dune. Le cinéaste canadien, finaliste aux Oscars dans la catégorie meilleure réalisation a brillé en décembre 2016 avec le somptueux Premier Contact. Déjà attendu fin 2017 avec la suite de Blade Runner, Villeneuve s’attaque désormais à l’adaptation de la saga littéraire de Frank Herbert. Publié en 1965, Dune est aujourd’hui le roman de science-fiction le plus vendu au monde. Il est le premier pilier d’une œuvre de 6 romans, intitulé le Cycle de Dune. Le roman trace une fresque politique qui se déroule sur la planète d’Arrakis. L’intrigue se déroule autour de l’Épice, une mystérieuse substance convoitée dans tout l’univers. Dune est une œuvre riche et complexe. L’adapter sur grand écran représente un vrai défi.

Dune a connu une première adaptation au cinéma en 1984 par David Lynch. Le film a été un échec commercial et critique. Plus tard, l’œuvre d’Herbert a aussi été adaptée par deux séries télés en 2000 et en 2003. Alejandro Jodorowsky a tenté de l’adapter dans les années 70. Salvador Dali devait incarner la rôle de l’empereur et Pink Floyd devait composer la musique. Le projet n’a jamais abouti mais a mené au documentaire Jodorowsky’s Dune, qui retrace la production dantesque et chaotique du film.

Si c’est un projet pharaonique qui attend Denis Villeneuve, le réalisateur est soutenu par Brian Herbert, fils de l’auteur.

« C’est officiel : Legendary Pictures a confié au très talentueux Denis Villeneuve la réalisation d’une nouvelle saga Dune »

Brian Herbert a également a répondu sur Facebook à un fan inquiet de l’adaptation d’un de ses livres favoris « Je comprends vos craintes. Dans le cas présent, cependant, je suis convaincu que tout sera mis en œuvre pour rendre justice à l’héritage de Frank Herbert ».

Les premiers éléments d’information indiquent que l’adaptation devrait se décliner sous plusieurs films au cinéma, mais également à la télévision.

 

Splinter Cell : l’adaptation du jeu vidéo avec Tom Hardy avance bien…

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Après Assassin’s Creed, la firme Ubisoft continue sa politique d’adaptation au cinéma puisque Splinter Cell, l’un des jeux phares du groupe est en bonne voie de finalisation, qui plus est avec Tom Hardy en tête d’affiche. 

Interrogé par Collider, le producteur Basil Iwanyk a accepté de dévoiler quelques infos sur le projet qui sera une adaptation directe du jeu-vidéo, lui-même inspiré des écrits d’un maître de l’espionnage, Tom Clancy.

« Nous avons un scénario. Il est un peu long, mais c’est le meilleur que nous ayons eu. (…) Nous allons déterminer où réaliser les coupes, puis nous l’enverrons à Tom Hardy. Cette version tient compte de notes qu’il nous a soumises. Il recevra ce scénario dans quelques semaines, et on espère commencer avant la fin de l’année ».

Iwanyk a par ailleurs rappelé que Tom Hardy était le choix idéal : l’acteur britannique qu’on a pu voir dans Inception est en effet un vrai gamer dans l’âme, connaissant des gens du milieu, et mieux encore, des membres des forces spéciales (qui seront d’ailleurs sans doute impliqués sur le projet en tant que consultants). Un véritable atout dans cette production classifiée PG-13  qui aura pour objectif de brasser un large public afin de faire connaître davantage la licence à travers le monde ; un peu comme l’a fait tout récemment Assassin’s Creed (de Justin Kurzel) dont les faibles scores au box-office n’ont d’ailleurs pas entaché la motivation des studios à continuer l’aventure :

« Le succès financier d’Assassin’s Creed est encore en devenir car nous vivons dans un monde international; c’est toujours en cours… »

Des propos qui prouvent en substance que les têtes pensantes d’Ubisoft fondent de grands espoirs dans l’exploitation de leur dernier-né sur le territoire chinois, devenu depuis le succès surprise de Warcraft, un territoire majeur question rentabilité. A cela, Iwanyk, décidément intarissable ajoute :

« Le défi de rendre Splinter Cell intéressant était que nous n’avions pas ce background [des jeux Assassin’s Creed], et donc, pas à respecter une identité. Cela nous a permis de créer notre monde et de détailler les personnages. Il s’agira plus d’un film d’action badass avec Tom Hardy que d’une adaptation de jeu vidéo ».

A l’en croire, il semblerait ainsi que l’on s’oriente davantage vers un film d’espionnage punchy qu’une vraie adaptation telle que l’on pourrait l’espérer. Un choix audacieux que l’on espère voire couronné de succès, car en plus de Splinter Cell, Ubisoft entend aussi adapter son récent best-seller The Division, avec Jake Gyllenhaal et Jessica Chastain dans les rôles principaux. Autant dire donc que la firme de divertissement n’a pas le droit à l’erreur, tout comme Doug Liman, qui a été nommé réalisateur. Pour les néophytes, Splinter Cell est avec le plus récent Assassin’s Creed, l’un des jeux phares de la firme française Ubisoft. On y incarne Sam Fisher, un ex-membre des NAVY Seals qui officie pour le compte d’une entité ultra-secrète de la CIA, Echelon 3. Rompu à toutes les méthodes de camouflage et d’infiltration, l’agent est envoyé au gré de ses nombreuses itérations vidéoludiques aux quatre coins du monde afin de prévenir conflits et autres problèmes liant des nations étrangères. Autant dire un rôle tout indiqué pour Tom Hardy, qui avec sa condition physique et son charisme n’aura aucun mal à enfiler le treillis noir caractéristique de l’espion et son cynisme légendaire.

Affaire à suivre donc !

Festival de Cannes 2017 : Pedro Almodóvar, Président du Jury de la 70e édition

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Après George Miller, c’est un autre visionnaire du cinéma qui tiendra la Présidence du Festival de Cannes 2017, Pedro Almodóvar.

Après avoir présenté six films sur la Croisette, Pedro Almodóvar a été invité par Pierre Lescure, Président du Festival, et Thierry Frémaux, Délégué général, pour tenir la Présidence du Jury de la 70e édition du Festival de Cannes. Le réalisateur espagnol s’est dit « très heureux […] reconnaissant et honoré » de tenir cette responsabilité, un an après avoir présenté Julieta en compétition officielle, mais reparti bredouille de la Croisette.

« Pour sa 70e édition, le Festival de Cannes est heureux d’accueillir un artiste unique qui jouit d’une immense popularité. Son œuvre s’est déjà inscrite pour toujours dans l’histoire du cinéma. Une longue fidélité unit Pedro Almodóvar au Festival, dont il a été membre du Jury en 1992 sous la présidence de Gérard Depardieu », ont déclaré Pierre Lescure et Thierry Frémaux.

Il fallait de la modestie et de l’humilité pour accepter une telle fonction, surtout pour celui à qui la Palme d’Or a toujours échappé. Nombreux sont ceux qui se sont indignés que Tout sur ma mère, Volver ou La Piel que Habito ne soient repartis qu’avec des prix secondaires. Pedro Almodóvar se contentera d’avoir un prix de la mise en scène (Tout sur ma mère), un prix du scénario et de voir ses actrices -les femmes de sa vie, comme il aime à le répéter- être saluées par un prix collectif d’interprétation féminine pour Volver. Pour les critiques, ce n’est pas assez, tant le cinéaste espagnol s’est imposé comme une figure incontournable du cinéma européen. Pedro Almodóvar fut même l’icône de l’affiche de la soixantième édition du festival. Tenir la Présidence du Jury est la preuve que le cinéaste n’en tient finalement pas rigueur à l’organisation du Festival de Cannes.

Le Festival de Cannes se déroulera du mercredi 17 au dimanche 28 mai 2017. La Sélection officielle et la composition du Jury seront dévoilées à la mi-avril.

Le tournage du remake US du film Intouchables vient de commencer

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L’adaptation américaine du succès français Intouchables vient de débuter. Pour lancer le tournage, Kevin Hart a dévoilé une première photo sur Instagram.

Le tournage du remake US d’Intouchables vient enfin de commencer. Kevin Hart et Bryan Cranston, connu pour son rôle du personnage Heisenberg  dans la série télé culte Breaking Bad, reprendront respectivement les rôles d’Omar Sy et de François Cluzet. La pré-production aura été chaotique. Tom Shadyac (Professeur Foldingue) devait réaliser le film avant d’être remplacé par Paul Feig (Ghostbusters). Le remake est désormais entre les mains de Neil Burger le réalisateur de Limitless et Divergente. Colin Firth avait été également confirmé pour jouer le rôle de François Cluzet, avant d’être remplacé. Dans le premier rôle féminin on retrouve Nicole Kidman à l’affiche du film Lion réalisé par Garth Davis, qui sortira en France le 22 février prochain.

Jim Carrey avait été approché mais avait refusé et avait déclaré «  je n’ai pas envie de le souiller par ma présence. Intouchables mérite tout le succès qu’il a eu ». Kevin Hart, l’interprète du personnage d’Omar Sy a déclaré en 2014 « Revisiter Intouchables représenté un vrai défi. Son succès en salle, l’engouement qu’il a généré… Nous abordons donc ce remake très sérieusement. Je vais donc plonger au cœur du scénario et faire un appel à un coach pour me préparer pour le rôle afin d’offrir quelque chose de différent, de ce que j’ai pu offrir jusque là. » Il veut néanmoins rassurer les spectateurs français « On ne veut pas perdre ce qui fait le cœur du film. Même si c’est notre vision de l’histoire, on ne veut clairement pas trop la modifier.

L’acteur a posté une première photo de son personnage sur Instagram.

« 1er jour de tournage d’Intouchables. Je suis très excité à l’idée de jouer ce personnage. Il se sent prisonnier car il juge que le système, en plus de le retenir, ne lui donne pas sa vraie chance. Apprendre à se soucier des autres et de leurs besoins va le faire changer. J’ai hâte que vous fassiez connaissance avec ‘Dell Enorme big up à Omar Sy qui était absolument incroyable dans l’original. Je vais faire en sorte que tu sois fier, mec. Je suis un grand fan. »

L’adaptation américaine du film d’Olivier Nakache et Eric Toledano n’a pas encore de date de sortie précise, mais devrait arriver sur vos écrans fin 2017/début 2018.

Prix Lumières 2017 : Elle rafle les principaux trophées

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Tout juste nommé à onze reprises aux prochains César, Elle se voit plébiscité par la presse étrangère lors de la traditionnelle cérémonie des Lumières. La confirmation que le film est le grand favori des César et qu’Isabelle Huppert n’est plus qu’à une marche d’être honorée par les Oscars.

Depuis 1996, les Prix Lumières récompensent les meilleurs films français ou francophones de l’année écoulée selon un jury composé exclusivement de représentants de la presse étrangère (une centaine de membres pour vingt pays). La cérémonie est considérée comme un avant-goût des César. Et cette année, c’est Elle qui a fait la différence et a tout raflé puisqu’il a été sacré meilleur film, Paul Verhoeven a obtenu la distinction de meilleur réalisateur et Isabelle Huppert a à nouveau été saluée pour sa performance. Jean-Paul Léaud a été récompensé du prix du meilleur acteur pour son interprétation du Roi Soleil mourant dans La Mort de Louis XIV. Divines, l’autre outsider aux César, a également été distingué en recevant les statuettes de meilleure révélation féminine et meilleur premier film. Frantz de François Ozon, également nommé à onze reprises aux César, Victoria ou Ma Loute sont cependant repartis bredouille de la cérémonie. L’Académie des Lumières a rendu un hommage spécial à l’actrice Marion Cotillard et au délégué général du Festival de Cannes Thierry Frémaux pour leur contribution au rayonnement mondial du cinéma français.

L’an passé, Mustang était reparti avec les statuettes du meilleur film et du meilleur premier film.

Le palmarès des Prix Lumières 2017 :

Meilleur film : Elle de Paul Verhoeven

Meilleur réalisateur : Paul Verhoeven pour Elle

Meilleure actrice : Isabelle Huppert dans Elle

Meilleur acteur : Jean-Pierre Léaud dans La Mort de Louis XIV

Meilleur scénario : Céline Sciamma pour Ma vie de Courgette

Meilleure image : Jonathan Ricquebourg pour La Mort de Louis XIV

Meilleure révélation masculine : Damien Bonnard dans Rester Vertical

Meilleure révélation féminine : Oulaya Amamra et Déborah Lukumuena dans Divines

Meilleur premier film : Divines de Houda Benyamina

Meilleur film francophone : Hedi, un vent de liberté de Mohammed Ben Attia

Meilleur film d’animation : Ma vie de Courgette de Claude Barras

Meilleur documentaire : Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier

Meilleure musique : Ibrahim Maalouf pour Dans les forêts de Sibérie

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