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Sortie DVD & Blu-Ray : La La Land de Damien Chazelle

Sortie en coffret DVD & Blu-ray de La La Land, la comédie musicale chef d’œuvre de ce début d’année signée Damien Chazelle, également réalisateur de Whiplash.

Synopsis : Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

La La Land est incontestablement le chef d’œuvre ce début d’année. Après avoir raflé 6 Oscars dont celui du Meilleur Réalisateur et de la Meilleure Actrice, cette comédie n’a pas fini de faire parler d’elle. Véritable coup de cœur de la presse internationale et du public, sa sortie en DVD est l’occasion rêvée de chantonner à nouveau City Of Stars ou Another Day of Sun, les chanson phares du film
La La Land est un film complet, un film enivrant, un film envoutant. À travers de remarquables musiques, des séquences de danses magnifiées (notamment la fameuse séquence d’ouverture sur l’autoroute) et son ton enchanteur, La La Land est une leçon de vie, mais également une leçon de cinéma. Impossible de rester indifférent à la vision de ce film, impossible de dissimuler le sourire qui vient se greffer sur notre visage, impossible de ne pas être captivé par autant de magie. La La Land est un conte moderne qui emporte avec lui le spectateur. Au romantisme se mêle une mélancolie aux reflets de nostalgie mais qui ne sombre jamais dans aucun pathos.
Ryan Gosling et Emma Stone sont flamboyants, leur duo provoque ce petit quelque chose de magique qui nous met du baume au cœur, magnifiquement dirigé par un metteur en scène qui sait orchestrer chacune des séquences à la perfection. Et que ce soit John Legend (pour sa première au cinéma !) ou J.K. Simmons, tout est fait pour que le film reste gravé dans notre mémoire. Une chose est sûre, on parlera encore de ce délice qu’est La La Land pendant de (très) nombreuses années.
Après Whiplash, Damien Chazelle marque de nouveau un grand, voire énorme, coup, lui qui n’est pourtant âgé que de 32 ans.
N’hésitez plus, et laissez vous emporter…

La La Land : Bande-annonce

La La Land : Sortie le 25 mai en Blu-Ray, DVD, édition limitée et 4K et à partir du 1er juin en VOD.

Caractéristiques Techniques DVD

Langues : Français, Anglais, Audiodescription
Sous-titres : Français, Sourds et malentendants
Son : Dolby Digital 2.0 et 5.1
Image : 16/9 – 2.55
Durée : 123 minutes

BONUS :
Commentaires audio
La La Land enchante Paris
La La World : le phénomène autour du monde
À la découverte de La La Land
La musique – Galerie d’affiches

sortiefilm-La-La-Land-Bluray-4K-National-Packshot-3DCaractéristiques Techniques BLU-RAY

Langues : Français, Anglais, Audiodescription
Sous-titres : Français, Sourds et malentendants
Son : DTS X
Image : 1080p – Full HD – 16/9 – 2.55
Durée : 128 minutes

BONUS :
Commentaires audio
La La Land enchante Paris
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À la découverte de La La Land
La musique – Galerie d’affiches

À savoir que le film est également disponible en Blu-Ray 4K Ultra HD.

La La Land : Fiche technique

Réalisation et scénario : Damien Chazelle
Interprétation : Ryan Gosling (Sebastian), Emma Stone (Mia Dolan), John Legend (Keith), Finn Wittrock (Greg), J. K. Simmons (Boss),…
Image : Linus Sandgren
Montage : Tom Cross
Musique : Justin Hurwitz
Décors : David Wasco
Costumes : Mary Zophres
Producteur : Fred Berger, Gary Gilbert, Jordan Horowitz et Marc Platt
Société de production : Black Label Media, Gilbert Films, Impostor Pictures et Marc Platt Productions
Distributeur : SND
Durée : 128 minutes
Genre : Comédie musicale
Date de sortie : 25 janvier 2017

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Musique du film La La Land

Critique : L’amant double, un film de François Ozon

Comme son titre l’indique, le nouveau film de François Ozon, L’Amant double, évoque à nouveau la duplicité trouble de l’être humain, (« il n’y a pas de monstres, il n’y a que des êtres humains », fait-il dire à un de ses personnages). Allant de plus en plus loin dans la provocation, le cinéaste a peut-être fait le pas de trop.

Synopsis : Chloé, une jeune femme fragile, tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul. Quelques mois plus tard, ils s’installent ensemble, mais elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité…

Sex is comedy

A peine son dernier film, Frantz, digéré, voilà que le prolixe François Ozon tente de nous retourner le cerveau avec un film vendu comme un thriller érotique et qui de fait, recèle quelques moments de suspense, et beaucoup d’autres de sexe.

Ce n’est certes pas le début de L’Amant double qui va nous effrayer, avec la mise en place de la relation entre Chloé (Marine Vacth) , une jeune et jolie femme vaguement dépressive, et son psy Paul Meyer (Jérémie Rénier). En effet, Chloé se plaint de douleurs insupportables au ventre, et sa gynécologue, dans le cabinet de laquelle s’est d’ailleurs tenu en séquence d’ouverture du film un examen médical d’anthologie, annonciateur de l’état d’esprit d’Ozon pour le film, sa gynécologue donc, à force d’impuissance à identifier son problème, l’envoie consulter un psychiatre. Ozon s’amuse avec son thème dans ces premières minutes extraites de plusieurs séances, en utilisant des split-screens représentant deux fois la même scène, des jeux de miroir où reflets et sujets se répondent, et toute sorte de trouvailles plus ou moins inspirées pour jouer avec l’idée d’une identité double. Est-ce Paul ou Chloé, qu’on voit démultipliée dans des miroirs à facettes, qui est l’amant (ou la maîtresse) double ? Est-ce que ce qu’on voit est réalité ou fantasme, nul ne le sait, et pour cela, on peut dire qu’Ozon respecte le cahier des charges du film à mystères.

l-amant-double-francois-ozon-film-review-cannes 2017-selection-officielle-photo2Au fur et à mesure que le film se déroule, ce mystère s’épaissit, se dissipe, se renforce à nouveau, avec des twists plus ou moins d’envergure. Marina Vacth est impeccable dans le rôle de cette jeune femme névrosée, dont les douleurs abdominales sont le curseur qui mesure son bien-être ou plutôt son mal-être mental. Jérémie Rénier est parfait dans le rôle du psychiatre inquiétant à qui on ne confierait même pas son chaton, mais qui va bien sûr attirer la jeune Chloé en un rien de temps. Myriam Boyer excelle dans le personnage de la voisine du nouveau couple formé assez rapidement par Paul et sa patiente Chloé, une voisine à la Rosemary’s baby, avec son petit sourire ambigu en coin qui présage d’inquiétants évènements. Pour le côté thriller, le spectateur est donc servi, même s’il ne faut pas être trop trop regardant en terme de scenario, mais pour le côté érotique, il repassera…

L’Amant double est en effet affublé d’un défaut que d’aucuns pourraient qualifier de force, c’est qu’il est incroyablement froid. Même la chaleur boisée et années 30 du très bel immeuble Mallet-Stevens qui sert de décor à plusieurs séquences du film est anéantie par une mise en scène trop épurée, voire clinique, une ambiance impersonnelle et glaciale censée répliquer les sentiments de la protagoniste (il est question de frigidité dans le film). Alors, les scènes sexuelles les plus audacieuses peuvent s’enchaîner, la salle entière ne peut que rester de marbre dans un tel contexte. La surenchère que propose Ozon dans le domaine peut paraître du coup très incongrue, et peut dérouter le spectateur.

Sélectionné au dernier Festival de Cannes, L’Amant double en est reparti bredouille, signe peut-être de sa relative faiblesse. Soucieux d’aller de plus en plus loin dans l’exploration de son sujet, celui du désir féminin, récemment évoqué dans Jeune et jolie avec la même Marine Vlacth, il semblerait que le cinéaste en ait fait trop, au risque de passer pour un vulgaire racoleur.

Même si on ne peut nier à Ozon une mise en scène très soignée, servant ses thématiques de prédilection (Je est un autre, ce genre de choses) avec beaucoup d’adresse, on reste quelque peu sur sa faim avec L’Amant double. In fine, le film prometteur au début se délite en cours de route à force de scènes caricaturales et d’explications pas très crédibles, l’éloignant définitivement des maîtres du thriller psychologique tels que Hitchcock dont il est flagrant que le cinéaste se réclame. Une livraison mitigée donc pour ce cru 2017, mais qui ne présage en rien de l’évolution du cinéma de François Ozon qui ne manque certainement pas d’imagination.

L’Amant Double : bande annonce

L’Amant double : Fiche technique

Scénario et réalisation : François Ozon
Interprètes : Marine Vacth (Chloé), Jérémie Rénier (Paul), Myriam Boyer (Rose), Jacqueline Bisset (Mme Schenker).
Photographie : Manuel Dacosse
Montage : Laure Gardette
Musique : Philippe Rombi
Producteur : Eric et Nicolas Altmayer
Sociétés de production : Mandarin cinema, Scope Pictures
Société de distribution : Mars Distribution
Genre: thriller
Durée : 110 minutes
Date de sortie : 26 mai 2017

France-Belgique- 2017

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La Grande Muraille en DVD & Blu-Ray depuis le 15 mai

Moins une grande épopée médiévale qu’une série B explosive dopée aux effets spéciaux, La Grande Muraille, coproduction sino-américaine de Zhang Yimou, devrait divertir les amateurs du genre, mais laisser sur le banc les inconditionnels de l’œuvre du réalisateur.

Synopsis : Entre le courage et l’effroi, l’humanité et la monstruosité, il existe une frontière qui ne doit en aucun cas céder. William Garin, un mercenaire emprisonné dans les geôles de la Grande Muraille de Chine, découvre la fonction secrète de la plus colossale des merveilles du monde. L’édifice tremble sous les attaques incessantes de créatures monstrueuses, dont l’acharnement n’a d’égal que leur soif d’anéantir l’espèce humaine dans sa totalité. Il rejoint alors ses geôliers, une faction d’élite de l’armée chinoise, dans un ultime affrontement pour la survie de l’humanité. C’est en combattant cette force incommensurable qu’il trouvera sa véritable vocation : l’héroïsme.

Des monstres, des batailles et Matt Damon

La Grande Muraille raconte l’ultime combat qu’une faction armée d’élite livre au nom de l’humanité sur les remparts de la muraille la plus célèbre du monde. Mais de quoi les hommes, lors de sa conception, voulaient ils se protéger ? C’est du moins ce postulat de base que nous présentaient les premières bandes annonces, et qui laissaient planer le doute quant à l’identité de la menace, renforcée par l’immensité de la muraille. Les spéculations des spectateurs allaient donc bon train, et gage était donné à Zhang Yimou de nous délivrer une grande épopée médiévale dont lui seul a le secret.

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C’est malheureusement dans un style hollywoodien le plus pur que le réalisateur repasse derrière la caméra avec ce nouveau long-métrage. Et ce n’est pas le style où il est le plus à l’aise. Délaissant les aventures dont le lyrisme et la poésie offraient des images somptueuses dans ses précédentes réalisations en Asie (Hero, Le secret des Poignards Volants, La Cité Interdite), il s’enferme ici dans une narration prévisible et filme sans génie une aventure d’un style parfois douteux, à la frontière du kitsch nanardesque (la scène des ballons vaut son pesant de ridicule !)  dans un maelström d’effets visuels pour la plupart terminés à la va-vite. C’est bien simple, certains plans des batailles, à l’instar de beaucoup de passages de Warcraft-Le Commencement, ne semblent être qu’au stade de la pré-production.

Toutefois, La Grande Muraille, par son rythme soutenu, devrait contenter les afficionados en manque de sensations fortes. Par ses scènes d’action souvent jouissives, parfois récréatives, et la stylisation de ses ralentis, le film ne manque pas de souffle épique. Malgré leur monolithisme, les acteurs principaux, Matt Damon et Pedro Pascal, croient en leurs personnages, et de leur duo se dégage une certaine alchimie. Et on ne va pas bouder son plaisir à retrouver certains des acteurs les plus populaires de la scène hongkongaise, Andy Lau en tête !

Des bonus anecdotiques

Les bonus s’avèrent malheureusement pour la plupart décevants. Prenant la forme de mini-featurettes au caractère promotionnelle d’une durée de moyenne de 3 minutes montre en main, elles ne laissent pas le temps de s’imprégner du tournage et de l’implication des équipes artistiques et techniques pour cette production sino-américaine au budget conséquent (plus de 135 millions de dollars, un record pour le cinéma asiatique). Tout juste se confondent elles en banalités et politesses (« c’est le plus grand film auquel j’ai jamais participé », « j’ai toujours voulu travailler avec Zhang Yimou, c’est un réalisateur que j’admire »). Les scènes coupées et allongées sont également sans grand intérêt. Le bonus le plus intéressant reste Homme contre Monstre, un focus sur les moments d’action du film, qui montre la vision qu’a voulu retransmettre le réalisateur durant les trois grandes batailles et leur préparation.

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Caractéristiques techniques du DVD :

Image : 16/9 2.40:1 Anamorphic widescreen / Durée : 1h39

Audio : Français, Anglais, Allemand, Espagnol, Italien, Turc Dolby Digital 5.1

Sous-titres : Anglais (sourds et malentendants), Français, Espagnol, Allemand, Italien, Portugais, Néerlandais.

Caractéristiques techniques du Blu-ray™:

Image : 16/9 2.40:1 Letterbox / Durée : 1h43 env

Audio : Français, Anglais, Allemand Dolby Atmos, Espagnol, Italien Dolby Digital 5.1

Sous-titres : Anglais (sourds et malentendants), Français, Espagnol, Allemand, Italien, Portugais, Néerlandais

Caractéristiques techniques du Blu-ray™ 3D:

Image : 16/9 2.40:1 Letterbox / Durée : 1h43 env

Audio : Français, Anglais, Allemand Dolby Atmos, Espagnol, Italien Dolby Digital 5.1

Sous-titres : Anglais (sourds et malentendants), Français, Espagnol, Allemand, Italien, Portugais, Néerlandais.

Caractéristiques techniques du Blu-ray™ 4K UHD:

Image : 16/9 2.40:1 Letterbox / Durée : 1h43 env

Audio : Français et Anglais Dolby Atmos, Brésilien, Tchèque, Espagnol, Polonais Dolby Digital 5.1

Sous-titres : Français et Anglais (sourds et malentendants), Brésilien, Tchèque, Danois, Néerlandais, Finnois, Grec, espagnol, Norvégien, Polonais, Suédois

Bonus DVD et Blu-ray™ : Scènes coupées et en versions longues (6,50min) • Matt Damon en Chine (3min) • Travailler avec le réalisateur Zhang Yimou (3min)• Les effets visuels (3min) • Homme contre Monstre (10 min) • Armes de Guerre (3min)• La conception d’un univers spectaculaire (3min)

Interview Andrew Steggall pour son film Departure

Andrew Steggall est le réalisateur du film aux six récompenses : Departure. Pour la sortie nationale de son premier long-métrage, empli de poésie, nous avons rencontré ce nouvel espoir du cinéma britannique.

Departure : une mélancolie familiale 

« C’est l’adieu du poète à son enfance. »

Departure est un film très personnel abordant de nombreuses thématiques autour de l’adolescence. Cette période fugitive est un sujet souvent exploré au cinéma, quel message souhaitiez-vous faire passer à travers cette œuvre ? 

andrew-steggall-alex-lawther-departure-interviewJe ne pense pas avoir de message. Je pense que chaque histoire est personnelle et idiosyncratique et donc quelque chose de nouveau et différent peut être perçu dans chaque film et par chaque spectateur. Si je devais dire quelque chose, peut-être que grandir c’est être assez courageux pour confronter la complexité et devenir plus empathique.

Departure c’est également un drame autour du lien du sang entre une mère et son fils. Pourquoi avoir choisi cette thématique ? Comment qualifierez-vous l’évolution de cette relation maternelle ?

L’histoire d’amour est centrale dans le film. Chacun des deux personnages apprend qu’ils partagent plus pour l’un et l’autre que ce qu’ils pensent. « L’acte d’amour » à la fin du film est « réservé/discret ». Ce n’est pas passionné mais c’est optimiste et c’est une réflexion de leur croissance en tant que personne. C’est ce qu’ils reconnaissent dans chacun d’entre eux, un besoin d’être aimé et qu’ils sont des êtres sexuels complexes et faillibles.

Departure parle de l’homosexualité, des relations familiales… Ce sont des messages forts et quelque peu tabous. A-t-on déjà comparé votre univers cinématographique à celui de Xavier Dolan ?

Je ne pense pas qu’il y ait quoique ce soit de tabou dans le film. La sexualité des personnages est privée, personnelle et pas vraiment quelque chose de transgressif. Ce sont des gens qui luttent vraiment avec des échecs pour communiquer honnêtement entre eux. «  Ils sont en quête de devenir plus en contact avec leurs désirs très humains et reconnaissant. » Xavier Dolan est brillant quand il est brillant.  Je serai ravi d’être comparé à lui.

L’esthétisme est particulièrement présent au sein de votre film. Quel message souhaitiez-vous faire passer à travers cette atmosphère poétique ? Était-ce une façon de dédramatiser la période de l’adolescence ?  

Je pense que la nature poétique du film est une réflexion du fait que c’est une manière, une adaptation ou une réalisation cinématique des idées que le personnage d’un adolescent, Elliot, décrit dans son carnet. Nous sommes en quête de sa version de la réalité et c’est un poète…les cartes postales et les citations sur son mur sont mixées avec les histoires dans sa tête et les évènements de son enfance et adolescence dans un genre de poème ou de rêve … appelé Departure. C’est l’adieu du poète à son enfance.

Departure a reçu de nombreuses récompenses dans de nombreux festivals, comment expliqueriez-vous ce succès ?

Je pense que quand les gens se reconnaissent dans les personnages, « ils ont une chaude réponse » au film. Souvent les jeunes personnages principaux à « l’âge moyen » sont dans les films, plutôt neutres et plaisants. Elliot est plus épineux et difficile. Mais si vous reconnaissez sa précocité et sa maladresse, alors vous tendez à le trouver assez drôle et vous pouvez voir l’ironie dans sa façon de se comporter. Je pense peut-être que certains spectateurs apprécient aussi le tempo et l’introspection du film.

Au détour d’une passion

« Xavier Dolan est brillant quand il est brillant.  Je serai ravi d’être comparé à lui. »

Un mot sur votre parcours ? andrew-steggall-departure

J’ai débuté comme acteur et ensuite directeur de théâtre et opéra avant de devenir réalisateur. Je pense que j’ai apporté avec moi un intérêt pour la performance et l’histoire par-dessus tout. Je ne suis pas sûr que j’aie une carrière. Je continue juste de faire ce que j’aime.

Quels sont vos influences à la fois cinématographiques et artistiques ?

J’ai plusieurs influences cinématographiques, musicales, artistiques et littéraires. Les films de Tarkovski, la musique de Purcell, les peintures de Victor Hugo et les écrits de Hesse.

Travaillez-vous actuellement sur un projet ?

Je travaille sur quelques idées pour des films. Un se déroule à Paris et parle du langage. Un autre se déroule au Royaume Uni et parle d’amour…

Departure, un film de Andrew Steggall : Critique

Departure, cet amas de poésie récompensé six fois par différents festivals. Ce drame familial signé Andrew Steggall, nous plonge au cœur du rêve lyrique d’un adolescent, en quête de soi.

Synopsis : Des vacances familiales au cœur du sud de la France, jusqu’ici tout semble idyllique, et pourtant… Lorsqu’une mère et un fils affrontent chacun leurs désirs, alors, tout peut basculer.

Une histoire à double visage

« Hugo a dû attendre que sa mère meure pour vivre son véritable amour. » Departure

Departure est un portrait mélancolique d’une famille déchirée par la vie. Ce n’est pas une histoire maternelle, relatant avec émois la séparation de ce lien. C’est simplement la chronique de deux individus qui tentent de faire face à leurs désirs. departure-juliet-stevensonElliot (Alex Lawther) est un adolescent rêveur, qui découvre avec précocité et maladresse, son homosexualité. Beatrice, sa mère (Juliet Stevenson), essaye quant à elle de faire face au sentiment de désespoir survenu par l’annonce d’un divorce. Deux histoires si différentes, et pourtant étroitement liées.

Le fil conducteur de ce film se situe dans le personnage de Clément (Phénix Brossard). Cet adolescent mystérieux, qui entre peu à peu dans l’intimité familiale, provoque la discorde de cette dernière. Une question se pose alors : comment faire face aux désirs très humains lorsque l’interdit est pourtant si grand ? Amour ou simple tentation, quoi qu’il en soit le changement est profond. Unis par les liens du sang, Elliot et Beatrice sont également liés par un important sentiment de solitude. Ce dernier se ressent à travers un besoin grandissant d’amour et de reconnaissance.

Une ode à l’amour

 » Le désir de quoi ? Comme l’eau coule entre les doigts. » Departure

Departure est un film mêlant subtilité et délicatesse. C’est en séjournant dans une maison de campagne (celle du film) que Andrew Steggall a eu l’idée du scénario. Departure n’est donc pas simplement une fiction, mais une œuvre trèsdeparture-alex-lawther-phenix-brossard personnelle. C’est une ode à l’amour qui dépeint avec sincérité et émotion le fait de grandir. Elliot, 15 ans, prend conscience de ses nouveaux désirs et de sa singularité sexuelle. Ce personnage ne ressemble en rien à l’archétype de l’adolescent que nous pouvons rencontrer dans les Teen movie, souvent représentés de manière neutre. Elliot est quant à lui un jeune homme épineux. Précoce, il porte un regard mature sur l’amour. Son orientation sexuelle, encore très questionnée au sein de notre société, est pour ce jeune homme entièrement acceptée. Ainsi, loin d’être taboue, la sexualité y est représentée de manière privée et personnelle.

Departure est une histoire universelle. Le désir d’être humain. Le besoin d’être aimé. Essayer d’être heureux. Ces pensées particulièrement significatives sont omniprésentes. Elles construisent toute la trame de l’histoire et apportent une moralité au film : apporter une signification à la recherche de l’amour. 

« L’adieu du poète à son enfance »

Departure, signifie le départ. Ce dernier a alors une double signification. Tout d’abord il s’agit de l’éloignement de cette famille face à leur maison de vacances. En effet, la base du scénario se construit autour du déménagement, occasionné par la vente de la demeure. Cette dernière a une dimension symbolique pour Beatrice et Elliot, puisqu’elle représente une grande partie de leurs souvenirs. Deuxièmement, il s’agit de l’adieu du poète à son enfance. Une grande partie du film est construite autour du songe de ce jeune homme rêveur. Que ce soit à travers des rêves érotiques ou passionnels, Elliot mixe les histoires de sa tête avec les événements de son enfance et adolescence. Departure se dessine, alors, comme un poème.

La nature poétique est une partie intégrante du film. Les images, imprégnées par la thématique de l’imaginaire, doivent être perçues comme le reflet de la pensée d’Elliot. L’expérience cinématographique n’est possible qu’en associant la réalisation artistique à la dimension morale.  La scène finale est sans doute la plus emblématique. En mêlant les chimères d’Elliot à l’opéra Rusalka, Andrew Steggall a souhaité se référer à « l’histoire d’une nymphe qui aspire à devenir humaine. » Véritable source de bonheur visuel et auditif, cette séquence témoigne d’une importante symbolique et résume parfaitement la prouesse cinématographique de cette œuvre : 

« Ce désir ardent de devenir un être de chair et de sang, que l’on peut toucher, serrer dans ses bras, embrasser, c’est ce que Béatrice et Elliot partagent vraiment ». Andrew Steggall

Departure : Bande Annonce

Fiche technique : Departure

Réalisateur : Andrew Steggall
Acteurs : Alex Lawther, Phénix Brossard, Juliet Stevenson
Durée : 109 minutes
Date de sortie : 31 mai 2017

Royaume-Uni – 2015

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Cannes 2017 : Palme d’Or pour The Square

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Fin du suspense et Palme d’Or pour The Square du suédois Ruben Östlund.

Festival-Cannes-2016-Palme-OrAu terme de la cérémonie de clôture présentée par Monica Bellucci, le Président du Jury Pedro Almodovar et son jury composé de Maren Ade, Jessica Chastain, Fan Bingbing, Agnès Jaoui, Park Chan-wook, Will Smith, Paolo Sorrentino et Gabriel Yared ont révélé leur palmarès. Fin d’un suspense insoutenable, parmi les dix-neuf films en compétition, c’est The Square de Ruben Östlund qui a remporté la prestigieuse Palme d’Or. Le film suit la crise existentielle d’un conservateur de musée. Cela faisait 25 ans que la Suède n’avait pas remporté une Palme d’Or, la dernière fois c’était en 1992 pour Les Meilleures Intentions de Bille August.

Egalement distingué au palmarès, You Were Never Really Here de Lynne Ramsay qui obtient deux prix, l’un pour le scénario et l’autre pour le Prix d’Interprétation Masculine pour Joaquin Phoenix. Diane Kruger remporte le Prix d’Interprétation féminine pour In The Fade. 120 battements par minutes obtient le Grand Prix du Jury et Les Proies est honoré du Prix de la Mise en Scène. Un Prix Spécial a également été attribuée à Nicole Kidman.

Le Palmarès complet du Festival de Cannes 2017 :

Palme d’Or : The Square de Ruben Östlund

Grand Prix du Jury : 120 battements par minute de Robin Campillo

Prix du Jury : Sans Amour (Loveless) de Andreï Zviaguintsev

Prix de la Mise en Scène : Les Proies de Sofia Coppola

Prix du Scénario ex-æquo : Mise à Mort du Cerf Sacré de Yorgos Lanthimos & You Were Never Really Here de Lynne Ramsay

Prix d’Interprétation Féminine : Diane Kruger pour In The Fade de Fatih Akin

Prix d’Interprétation Masculine : Joaquin Phoenix pour You Were Never Really Here de Lynne Ramsay

Prix Spécial du 70ème anniversaire du Festival de Cannes : Nicole Kidman 

Caméra d’Or : Jeune Femme de Leonor Seraille

Palme d’Or du Court Métrage : Xiao Cheng Er Yue de Yang Qiu

Mention Spéciale du Court Métrage : Katto de Teppo Airaksinen

Pour rappel, notre rédaction vous avait concocté sa liste des incontournables de cette 70ème édition du Festival de Cannes.

Les autres palmarès : Un Certain Regard, la Quinzaine des Réalisateurs, La Semaine de la Critique, la Cinefondation et la presse internationale (FIPRESCI)

Cannes 2017 : D’Après une Histoire Vraie, Polanski prétentieux et poussif à l’excès

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Roman Polanski se vautre complètement avec l’adaptation de D’Après une Histoire Vraie de Delphine de Vigan, thriller psychologique – drôle malgré lui – qui s’impose comme un Misery pour Les Nuls.

Synopsis : Delphine est l’auteur d’un roman intime et consacré à sa mère devenu best-seller. Déjà éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, Delphine est bientôt tourmentée par des lettres anonymes l’accusant d’avoir livré sa famille en pâture au public. La romancière est en panne, tétanisée à l’idée de devoir se remettre à écrire. Son chemin croise alors celui de Elle. La jeune femme est séduisante, intelligente, intuitive. Elle comprend Delphine mieux que personne. Delphine s’attache à Elle, se confie, s’abandonne. Alors qu’Elle s’installe à demeure chez la romancière, leur amitié prend une tournure inquiétante. Est-elle venue combler un vide ou lui voler sa vie ?

D-Apres-une-histoire-vraie-polanski-green-seigner-cannes-2017L’auteure Delphine est confrontée au syndrome de la page blanche. Lorsqu’elle fait la rencontre d’Elle lors d’une séance de signature de son ouvrage, elle va trouver en cette admiratrice un alter ego indispensable à sa créativité. A moins que cela ne soit l’inverse. Avec cette trame dont on vous taira les principaux mystères, il ne faut que quelques minutes au spectateur pour comprendre où le scénario souhaite l’emmener. Dès lors, D’Après une Histoire Vraie déroule son intrigue à un rythme de croisière sans surprise et prévisible jusqu’à son dénouement. Il est difficile de nier le matériau formidable écrit par Delphine de Vigan (récompensé en 2015 par le Prix Renaudot et Le prix Goncourt des lycéens) car, à l’issue de la projection, une seule chose s’impose : le traitement expéditif, sans tension ni angoisse, de Roman Polanski transforme ce roman troublant en une adaptation d’une linéarité et d’un ridicule confondants. En conférence de presse, le cinéaste a souvent rappelé le manque de préparation de son tournage (neuf mois se sont écoulés entre la première écriture du scénario et le montage final) et des répétitions avec ses acteurs. Ceci explique définitivement cela. Car le surjeu d’Emmanuel Seigner (triste après sa bonne prestation dans La Vénus à la Fourrure) et le minimum syndical d’Eva Green n’aident pas non plus le film à ce niveau. Il y avait matière à traiter leur confrontation sous le signe d’une relation érotique de plus en plus toxique. Mais Roman Polanski n’en fait rien et traite la chose de la manière la plus impersonnelle possible.

A aucun moment, on ne sent que le cinéaste s’approprie le récit, tout juste tente-t-il un parallèle avec sa propre carrière, Delphine étant confrontée au manque d’inspiration et lynchée médiatiquement sur les réseaux sociaux. Un propos vaniteux et présomptueux qui fait du film un exutoire pathétique pour ceux en proie aux affres de la création et frustrés par les critiques, donc autocentré sur les problèmes de l’élite artistique parisienne. Et ce n’est pas la lourdeur du montage ou le score musical d’Alexandre Desplant qui pèse sur chaque scène jusqu’à l’overdose qui vont arranger les choses. Plus tôt dans la compétition, François Ozon explorait les tourments psychologiques de son personnage dans L‘Amant Double avec beaucoup plus d’audace et faisait preuve de créativité dans sa mise en scène pour appuyer et confondre les attentes du spectateur. Ici, Roman Polanski est en mode automatique, soit le même mode utilisé pour les téléfilms diffusés les dimanches après-midi sur les chaînes hertziennes.

Roman Polanski n’est que l’ombre de lui-même avec cette adaptation fade et sans conviction qui tente de renouer avec la dimension psychologique de ses plus grands films (Le Locataire, Rosemary’s Baby). Certains avaient imaginé que la polémique Roman Polanski aux Césars avait été la raison pour laquelle son nouveau film était hors compétition. Il semblerait que la raison soit autrement plus simple puisqu’il était peu probable que Thierry Frémaux se permette de refuser la montée des marches à celui qui a obtenu la Palme d’Or pour Le Pianiste. Mais la qualité paresseuse du film ne pouvait pas lui laisser espérer mieux qu’une projection en marge de toute compétition, et c’est très légitimement à cette place qu’il a été envoyé. D’Après une Histoire Vraie est assurément ce qui nous a été montré de plus mauvais dans la sélection. Triste accueil pour un cinéaste accompli et généralement plus inventif. 

[HORS COMPÉTITION] D’Après une Histoire Vraie

Un film de Roman Polanski
Avec : Emmanuelle Seigner, Eva Green, Vincent Perez
Distributeur : Mars Films
Genre : Drame
Durée : 1h 50min
Date de sortie : 1 novembre 2017

France – 2017

D’Après une Histoire Vraie : Interview

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Cannes 2017 : Nos films incontournables, toutes sélections confondues

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Quelques heures avant le tant-attendu palmarès du Festival de Cannes 2017, voici les incontournables des différentes sections du festival choisis par nos deux rédacteurs présents à Cannes.

Dix jours de festivités cannoises remarquables avec son lot de découvertes et de déception mais d’ici quelques heures, le Président du Jury Pedro Almodóvar et son jury remettront la prestigieuse Palme d’Or. Les rumeurs vont bon train mais nos rédacteurs envoyés spéciaux à Cannes ont décidé de vous livrer, après avoir visionné une cinquantaine films des différentes sélections, leur sélection des meilleurs films de la 70ème édition du Festival de Cannes.

Compétition officielle :

The Square de Ruben Östlund

En apportant son lot de cynisme et de séquences jubilatoires et absurdes, The Square est une satire réjouissante sur le monde de l’art et s’inscrit dans la continuité de Toni Erdmann qui avait régalé la Croisette l’an passé. Peut-être que le jury n’oubliera pas de citer à son palmarès une farce aussi drôle et cynique, contrairement au précédent jury. Ce serait mérité tant Ruben Östlund s’impose aujourd’hui comme l’auteur suédois le plus intéressant et accompli.

You Were Never Really Here de Lynne Ramsay

En s’appropriant un matériau d’une simplicité évidente, Lynne Ramsay évite l’écueil du thriller vu et usé jusqu’à la moelle pour le réinventer en permanence, de la mise en scène sophistiquée à son propos d’une profondeur remarquable en passant par une représentation de la violence comme on n’en avait jamais vu. Pas de doute, You Were Never Really Here est d’une puissance et d’une maîtrise à toute épreuve.

Le Jour d’Après de Hong Sang-Soo

C’est sans doute dans sa façon de jouer avec cette empathie sans jamais être larmoyant, plus que dans l’écriture de ses dialogues (magnifiques mais dont la finalité est un peu facile, au point de ne pas se suffire à eux-mêmes), que Hong Sang-Soo se révèle être un petit malin. HSS signe très certainement l’un de ses films les plus profonds car l’un des plus délicats, preuve qu’il faut peu de moyens pour être un grand cinéaste.

Faute d’Amour (Loveless) de Andrey Zvyagintsev

Sans rien apporter de neuf à la vaste thématique des familles dysfonctionnelles, Loveless parvient néanmoins par son habileté à constamment nous laisser dans l’attente et le doute. Cette oeuvre qui ne fera pas date n’a pas de quoi bouleverser la compétition, mais reste au moins un film astucieux et qu’on se le dise, plutôt bien mené.

Un Certain Regard :

Un Homme Intègre de Mohammad Rasoulof

Un homme intègre agit comme une représentation dure et réaliste mais surtout comme un formidable pamphlet contre la corruption qui gangrène l’Iran et dont les esprits les plus talentueux se battent avec force et détermination pour dire la vérité sur un pays encore loin d’être fidèle aux Droits de l’Homme. Un homme intègre est une oeuvre politique bouleversante qui a remporté à juste titre le Grand Prix Un Certain Regard.

Tesnota – Une Vie à l’étroit de Kantemir Balagov

Implacable et durablement inscrit dans nos esprits, Tesnota – Une vie à l’étroit ne réalise pas le sans-faute mais offre une vision particulièrement bouleversante et dénonciatrice des communautés russes bloquées dans leurs traditions. Un premier essai qui est d’autant plus remarquable qu’il est réalisé par un cinéaste de 21 ans. Kantemir Balagov est à suivre de très près. 

Hors Compétition, Séances Spéciales :

Promised Land d’Eugene Jarecki

Derrière des milliers d’heures de rushs captées, Eugene Jarecki en a gardé le meilleur pour construire un récit qui évoque le passé, le présent, la politique et la culture de la figure d’Elvis Presley au sein de la première puissance mondiale que le documentariste juge comme étant devenu un empire. Un travail titanesque qui fait de Promised Land un très grand documentaire et déjà un incontournable de cette année. Nul doute qu’il continue sa route jusqu’aux prochains Oscars.

Sans Pitié de Sung-hyun Byun

Sans Pitié est un film d’action d’une efficacité remarquable, respectueux des codes du polar noir, tout en lui apportant des nuances radicales. On perd sans doute la cohérence narrative en chemin mais au final, on conserve une énergie redoutable qui propulse Sans Pitié en nouvelle référence du genre.

Quinzaine des Réalisateurs :

Un beau soleil intérieur de Claire Denis 

On ne pourra plus dire de Claire Denis que son cinéma est sec et dépressif. Avec Un beau soleil intérieur, elle signe une comédie romantique écrite avec un sens des dialogues exceptionnel et portée par un casting quatre étoiles. On peut le dire : La Quinzaine des Réalisateurs commence très bien.

L’Amant d’un Jour de Philippe Garrel 

Initiée en 2013 avec La Jalousie et poursuivie L’Ombre des femmes, la trilogie des tourments amoureux de Philippe Garrel se clôt en noir et blanc avec L’Amant d’un jour, nouvelle représentation juste et sensible des affres de l’amour […] Toujours est-il que si le propos reste le même, Philippe Garrel est de ces cinéastes qui peuvent se vanter de saisir des thématiques maintes fois évoquées mais qui arrivent à toujours à nous toucher au plus profond de nous-mêmes.

The Florida Project de Sean Baker 

La bonne idée de Sean Baker de braquer sa caméra sur Moonee, Scooty et Jancey, plutôt que sur les adultes et leurs difficultés respectives, lui permet de tirer profit de leur énergie juvénile pour bâtir un film à 300 à l’heure, toujours léger et faussement déconnecté de la gravité des réalités sociales en toile de fond.

Nothingwood de Sonia Kronlund

On pourrait croire qu’il s’agit d’un pur personnage de comédie, entre Borat et Steven Seagal, mais non, Salim Shaheen est bien réel et Nothingwood, le film qui lui est consacré, est un documentaire. Parce qu’il alimente l’imaginaire de tout un pays en proie à la guerre, ce frétillant bisseux est l’incarnation de ce que le cinéma a de meilleur […] Le cinéma est avant tout une machine à rêves et il est important d’avoir des gens qui l’alimentent !

Semaine de la Critique :

La familia de Gustavo Rondón Córdova

Autant dans sa mise en scène que dans sa narration, La familia n’entend pas révolutionner le cinéma et se repose sur des facilités scénaristiques préétablies. Mais ce premier long métrage a pour mérite de montrer le reflet d’un pays qui tente de se sortir de son climat brutal. Avec son approche juste et humaine d’une relation père/fils, La familia est un film qui saisit l’essence du climat fiévreux qui règne au Venezuela.

Cannes 2017 : The Rider a bien mérité son Art Cinema Award

The Rider, c’est l’histoire d’un rêve de western qui prend fin brutalement, une réalité qu’il faut apprendre à accepter pour ne pas sombrer dans une frustration autodestructrice. En un mot, c’est l’Histoire des Etats-Unis.

Synopsis : Après avoir survécu à une blessure à la tête qui faillit lui être fatale, un jeune cowboy entreprend la quête d’une nouvelle identité et découvre ce que cela signifie d’être un homme au cœur de l’Amérique.

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Deux ans après le très beau Les Chansons que mes frères m’ont apprises, Chloé Zhao nous confirme son talent pour dépeindre l’Amérique rurale avec un charme passéiste que l’on ne trouve plus facilement de la part de ses compatriotes. Il semble d’ailleurs évident que ce regard qu’elle porte sur les États-Unis modernes, elle le tient du fait d’être elle-même une immigrée ayant passé ses premières années en Chine et installée à New-York depuis une douzaine d’années. Son second long-métrage est beaucoup moins autobiographique que le premier mais tout aussi mélancolique, puisqu’il s’agit de l’introspection d’un jeune homme ayant consacré sa vie au rodéo mais désormais interdit de monter à cheval. La rupture est brutale, et on imagine sans peine la dure remise en question que doit traverser ce pauvre Brady alors qu’il vient de se retrouver privé de la passion qui avait, jusque-là, orienté toute sa vie. L’interprétation de Brady Jandreau l’impose comme l’une des révélations de ce Festival, même si le fait de jouer un rôle très proche de ce qu’il est vraiment (à savoir un as du rodéo blessé à la tête) compromet l’idée de le revoir prêter ses traits à d’autres personnages.

L’usage des panoramas majestueux filmés en plein cœur de la réserve indienne de de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud, nous renvoie rapidement dans cet imaginaire propre aux westerns et nous rappelle que le fait d’être un cow-boy reste, en 2017, le destin concret de quelques habitants de ces terres reculées. Plus qu’une  chronique sur le mode de vie en ces lieux où le temps semble s’être arrêté, le propos de Chloé Zhao se veut plus universel, voire politique. Dans une Amérique qui ne rêve que de retrouver sa gloire passée, le fait de montrer que ce jeune homme qui incarnait parfaitement l’image du mâle alpha dans le fantasme westernien puisse être réduit à un être fragile, est magnifiquement symbolique (notons d’ailleurs que le film a été tourné alors que la campagne présidentielle était encore en cours). La contrainte de passer à autre chose que reproduire indéfiniment ce que faisaient nos aïeux remet-elle en cause notre identité ? Cette problématique dépasse de très loin le seul anachronisme inhérent aux ranchs américains. Chloé Zhao, sans chercher à prendre parti à travers un pamphlet pompeux, réussit à poser les bases de cette vaste question à travers un long-métrage dont la sincérité est allée jusqu’à faire jouer la petite sœur autiste de son acteur/personnage principal. Même si ce rôle secondaire, tout comme d’autres sous-intrigues, ne paraissent pas alimenter de façon constructive le scénario, le fait de savoir qu’il s’agit d’éléments réellement issus de la vie de Brady et de sa famille apporte au film ce charme naturaliste auquel il est difficile de résister.

[QUINZAINE DES RÉALISATEURS] The Rider

Un film de Chloé Zhao
Avec Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau…
Distributeur :
Durée : 105 minutes
Genre : Western, drame
Date de sortie : Prochainement

États-Unis – 2017

The Rider : Interview de Chloé Zhao

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Yojimbo et Sanjuro, le diptyque culte de Kurosawa en DVD & Blu-Ray

Wild Side continue sa collection dédiée au génial réalisateur japonais Akira Kurosawa en sortant, le 25 janvier dernier, deux coffrets consacrés au diptyque Yojimbo et Sanjuro.

Un cycle dédié aux productions Toho réalisées par Akira Kurosawa devait obligatoirement passer par le diptyque formé par Yojimbo et Sanjuro. D’abord parce que les films font partie des plus grands succès de la célèbre firme japonaise, ensuite parce qu’ils sont très représentatifs du travail du cinéaste à cette époque.

En ce début des années 60, Kurosawa est un des cinéastes les plus reconnus au monde. Avec ses films comme Les 7 Samouraïs, le réalisateur se permet à la fois de faire une relecture moderne et réaliste des films de sabre et d’en respecter l’essence. C’est ce chemin qu’il va suivre à nouveau avec Yojimbo (d’abord sorti en France sous le titre Le Garde du corps). Adaptation des films de gangsters tout autant que film de samouraïs, Yojimbo se permet de jeter un œil ironique sur le Japon. Mélange d’humour grinçant, de scènes émouvantes et de suspense, le film montre la maîtrise du cinéaste et de toute son équipe, qui réussit là un des sommets du genre.

Kurosawa enchaînera avec sa suite, Sanjuro, qui perd son côté sarcastique. L’humour et l’action sont toujours présents et le réalisateur nous offre ici un spectacle de toute beauté, une fois de plus.

Les deux films sont présentés dans deux superbes coffrets DVD + Blu-Ray, avec un livret passionnant. Ce nouveau support rend hommage au sublime travail sur l’image de Kurosawa.

Yojimbo : bande-annonce

Yojimbo : caractéristiques DVD :

yojimbo-actu-dvd-akira-kurosawa-toshiro-mifune

Master restauré HD
Noir et blanc
Format image : 2.35, 16/9 compatible 4/3
Format son : Japonais DTS & Dolby Digital Mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h46

Caractéristiques Blu-Ray :

Master restauré HD
Noir & blanc
Format image : 2.35
Résolution film : 1080 24p
Format son : Japonais DTS Master Audio mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h50

Sanjuro : bande-annonce

Sanjuro : caractéristiques DVD :

sanjuro-akira-kurosawa-toshiro-mifune-actu-dvd

Master restauré HD
Noir et blanc
Format image : 2.35, 16/9 compatible 4/3
Format son : Japonais DTS & Dolby Digital Mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h31

Caractéristiques Blu-Ray :

Master restauré HD
Noir & blanc
Format image : 2.35
Résolution film : 1080 24p
Format son : Japonais DTS Master Audio mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h35

Cannes 2017 : Les premières récompenses avant le palmarès

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Alors que le palmarès cannois se fait plus que désirer et qu’aucun pronostique ne permet à l’heure actuelle de donner un véritable favori pour la Palme d’Or, plusieurs prix viennent déjà d’être remis : Naomi Kawase, Robin Campillo, Agnès Varda, Taylor Sheridan… sont les premiers lauréats de ce 70e Festival de Cannes.

Le Grand Prix FIPRESCI est un prix de la presse internationale, composé d’environ 300 critiques à travers le monde. Cette année, ils ont récompensé 120 battements par minute de Robin Campillo. Dans la sélection Un Certain Regard, c’est Tesnota – Une vie à l’étroit qui a obtenu le prix. Enfin, A Fabrica de Nada de Pedro Pinho dans la section Quinzaine des Réalisateurs a été salué. L’an passé, c’est Toni Erdmann qui avait reçu ce prix dans la compétition officielle.

Le film de Robin Campillo a également obtenu la Queer Palm, un prix LGBT qui salue le traitement des thématiques altersexuelles (homosexuelles, bisexuelles ou transsexuelles) dans les films des différentes sections cannoises.

Le jury œcuménique a quant à lui tenu à récompenser Vers La Lumière de Naomi Kawase. Pour rappel le jury œcuménique est composé de chrétiens engagés dans le monde du cinéma (journalistes, réalisateurs, enseignants).

Le jury de journalistes de Cannes Soundtrack a récompensé Oneohtrix Point Never pour la B.O du film des frères Safdie, Good Time (Daniel Lopatin).

Plus anecdotique, la désormais très célèbre Palme Dog a été décerné au chien  Bruno, le chien de The Meyerowitz Stories, de Noah Baumbach  pour sa performance canine.

Le jury de L’œil d’or, le prix du documentaire présidé par Sandrine Bonnaire récompense Agnes Varda et JR pour leur film Visages Villages.

Cannes 2017 : Grand Prix Un Certain Regard pour Un Homme Intègre

Le film distribué par ARP conte l’histoire de Reza, installé en pleine nature avec sa femme et son fils. Il mène une vie retirée et se consacre à l’élevage de poissons d’eau douce. Une compagnie privée qui a des visées sur son terrain est prête à tout pour le contraindre à vendre. Mais peut-on lutter contre la corruption sans se salir les mains ?

Prix de la Meilleure interprétation pour l’actrice italienne Jasmine Trinca pour Fortunata

Prix de la Poésie du Cinéma pour le film d’ouverture Barbara de Matthieu Amalric

Prix de la Mise en Scène pour Wind River de Taylor Sheridan

Prix du Jury pour Les Filles d’Avril de Michel Franco

Et pour finir les notes données par la presse aux films en compétition par Screen.

La cérémonie de clôture du Festival de Cannes sera diffusée sur Canal+ et sur Dailymotion dès 19h ce dimanche 28 mai.

Peut-être que demain soir, certains de ses titres de la compétition officielle se retrouveront également dans le palmarès du jury présidé par Pedro Almodóvar.

Cannes 2017 : You Were Never Really Here, on la tient notre Palme d’Or !

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Le Festival de Cannes a décidé de nous mettre KO pour son dernier jour de la compétition. You Were Never Really Here est une magistrale leçon de cinéma et un thriller radical qu’on imagine pas repartir sans la Palme d’Or.

Synopsis : La fille d’un sénateur disparaît. Joe, un vétéran brutal et torturé, se lance à sa recherche. Confronté à un déferlement de vengeance et de corruption, il est entraîné malgré lui dans une spirale de violence…

You-Were-Never-Really-Here-Joaquin-Phoenix-film-festival-cannes2017Adapté d’une nouvelle de Jonathan Ames, You Were Never Really Here est le second film de Lynne Ramsay à être présent en compétition officielle, six ans après We Need to Talk About Kevin. Il semblerait que l’ombre de Martin Scorsese plane sur cette 70ème édition du Festival de Cannes. Déjà cité dans le Good Time des Frères Safdie, il est évident que You Were Never Really Here ne peut cacher ses similitudes narratives avec le Taxi Driver de Marty. Mais c’est bien le seul point commun qui les liera tant Lynne Ramsay revisite avec une singularité évidente le mythe du vengeur urbain, sous couvert d’une puissance conceptuelle inédite.

Avec sa barbe touffue, son air enragé à fleur de peau, et sa ressemblance troublante avec Mel Gibson, Joaquin Phoenix offre une performance remarquable en vétéran suicidaire à la carrure de molosse. Il incarne avec force ce personnage de Joe, pur produit de la folie des hommes. On ne l’avait jamais vu aussi émouvant et désespéré. Le montage du film est une merveille de découpages et de choix d’angles qui redéfinissent la représentation de la violence à l’écran. L’horreur se lit plus sur les visages qu’elle n’affronte frontalement et crûment nos rétines. Le traumatisme du personnage de Joe est représenté à travers des hallucinations, des cauchemars et des retours difficiles à la réalité. Dans certaines scènes, Lynne Ramsay entraîne son personnage dans des séquences oniriques symboliques qui nous rappellent aux grandes heures du sous-estimé Only God Forgives de Nicolas Winding Refn, qui avait aussi pour lui une volonté de renouveler la vision de la violence. Mais sous couvert de traiter ce récit somme toute linéaire, Lynne Ramsay explore en filigrane les fondements de la société américaine bâtie sur une violence inavouable mais acceptée. Dans une scène où Joaquin Phoenix a un ultime élan de compassion pour un homme à l’agonie qu’il vient froidement d’abattre, la cinéaste écossaise représente la compréhension d’une génération envers leurs aïeuls. On se rappelle que dans son précédent film, Lynne Ramsay faisait du lien maternel son sujet principal, elle en conserve ici la substance d’émotion nécessaire qui raccroche le personnage de Joaquin Phoenix à sa mère et, de fait, à ce qui lui reste d’humanité. C’est un lien dont il va devoir difficilement hériter lorsque, face à un déchaînement de violence, il ne lui restera plus qu’à se lancer dans une ultime quête pour sauver une jeune fille, trop tôt pervertie, qui semble être la seule raison de faire prospérer ce monde en déliquescence avec l’espoir de le rendre un peu plus meilleur.

En s’appropriant un matériau d’une simplicité évidente, Lynne Ramsay évite l’écueil du thriller vu et usé jusqu’à la moelle pour le réinventer en permanence, de la mise en scène sophistiquée à son propos d’une profondeur remarquable en passant par une représentation de la violence comme on n’en avait jamais vu. Pas de doute, You Were Never Really Here est d’une puissance et d’une maîtrise à toute épreuve. Il ne reste plus qu’à attendre dimanche pour voir si le jury de Pedro Almodóvar sera séduit par l’idée de faire de Lynne Ramsay, la seconde réalisatrice à obtenir la Palme d’Or.

[COMPÉTITION OFFICIELLE] You Were Never Really Here

Un film de Lynne Ramsay
Avec : Joaquin Phoenix, Ekaterina Samsonov, Alessandro Nivola, Alex Manette, John Doman
Distributeur : SND
Genre : Thriller, Drame
Durée : 1h 35
Date de sortie : Prochainement

Royaume-Uni – 2017

You Were Never Really Here : Bande-annonce

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