Il y a quelques jours, on vous parlait de Cannes Sountrack Award, l’évènement musical de la Croisette. Hier, les membres du jury se sont réunis afin de nommer le lauréat 2017 : Oneohtrix Point Never, un musicien expérimental.
L’exploration technique et artistique aura une nouvelle fois séduit le jury de Cannes Soundtrack. En 2016, Cliff Martinez avait remporté l’Award grâce à sa B.O électro dansThe Neon Demon. Visuellement proche de cette œuvre, Good Time, le thriller névrosé des frères Safdie, s’est imposé hier, comme le coup de coeur musical de l’année.
Synthétique et vintage, la musique de Daniel Lopatin alias Onehtrix Point Never est considérée comme « un miroir craquelé qui reflèterait les sons du passé ». Cet artiste est avant tout un créateur, qui puise son inspiration dans la simplicité des choses. Son pseudonyme, il le doit à une station de rock commercial du Massachusetts. Influencé par Julia Kristeva, Stanley Kubrick, et les cassettes de jazz-fusion qu’écoutait son père en voiture, Onehtrix Point Never est un artiste éclectique, à l’univers contemporain.
Ce musicien expérimental nous livre, au côté de l’icône rock par excellence, Iggy Pop, un duo virevoltant. La main sur le synthétiseur et la décomposition musicale commence. Dynamique, électrique et envoûtante, la bande-originale de Good Time provoque tout comme ce film, une profonde montée d’adrénaline.
La modernité musicale de Onehtrix Point Never a aujourd’hui un prix.
The Pure And The Damned: Bande-Originale de Good Time
Dans le cadre du Short Film Corner, le marché du court-métrage à Cannes, nous avons rencontré un jeune réalisateur dont le court-métrage expérimental, EndFinity, montre un univers visuel qui semble déjà bien marqué.
CineSeriesMag : Alors, Monsieur Gams, qu’est-ce qui vous amène dans cette belle ville de Cannes ?
Nuwan Gams : Je suis venu pour accompagner mon film EndFinity, qui a été pris au Short Film Corner, et c’était surtout l’occasion de voir découvrir l’ambiance de ce fameux Festival. Et même, pourquoi pas, rencontrer d’autres producteurs et réalisateurs pour me faire quelques contacts. C’est la première fois que je le fais, donc j’étais curieux en plus de vouloir présenter mon travail.
CineSeriesMag : Est-ce que, à quelques heures de la clôture, on peut dire que vous êtes satisfait ? Est-ce que vous avez l’impression que des gens influents ont vu et apprécié votre travail ?
Nuwan Gams : Non, pas du tout ! Peut-être que ça aura son effet après coup, mais pour l’instant j’ai juste l’impression de n’être qu’un parmi les plus de deux mille films sur le marché. Ce n’est pas facile de se démarquer, surtout qu’EndFinity reste un film un peu spécial. En plus d’être court, c’est très expérimental donc difficilement accessible. Je ne me fais pas d’idée, je sais que je n’ai pas créé le buzz à Cannes. On a quand même parlé avec quelques producteurs et créateurs mais rien de bien concret, ça reste du réseautage, mais c’est comme ça que ça marche.
CineSeriesMag : Du coup, dites-nous quelques mots de votre film en lui-même, pour essayer de le vendre à nos lecteurs qui l’auraient raté à Cannes.
Nuwan Gams : EndFinity, je ne le définis pas comme un film mais plus comme une expérience parce qu’il s’agit de mettre en scène des sentiments qui prennent corps. Le point de départ c’est Wendy, qui passe ses journées dans son appartement et dont les souffrances se matérialisent autour d’elle jusqu’à ce que son lieu de vie devienne un piège.
CineSeriesMag : On peut parler d’ « expérience sensorielle ». Vous avez eu des influences pour vous pousser dans cette voie ?
Nuwan Gams : Oui, clairement. Mes deux cinéastes fétiches sont David Fincher et John Carpenter. J’aime la façon qu’ils ont de nous plonger dans une atmosphère dès qu’on lance un de leurs films. Carpenter, il fait en plus la musique de ses films donc c’est tout un univers qu’il se crée. C’était ça qui me plaisait : Faire plus que des images et du son, créer une ambiance. Et d’ailleurs, ce que j’aime avec Carpenter, c’est que quand on réentend sa musique, on repense aux films. La vraie maitrise c’est de rendre les deux indissociables.
CineSeriesMag : Vous signez aussi la musique de vos réalisations ?
Nuwan Gams : Je compose tout le temps, pour ne rien perdre de mon emprise sur ce que je filme. Je veux que ça apporte une certaine cohérence, une « patte », à mes œuvres. Parfois les pitchs de mes films, je les écris même parce que j’ai d’abord l’ambiance musicale dans la tête. C’est aussi possible dans l’autre sens, comme pour EndFinity justement.
CineSeriesMag : Comment vous êtes-vous lancé dans l’aventure EndFinity?
Nuwan Gams : Je n’aime pas rester inactif, mais je ne suis pas scénariste, je pense que ça se voit. Du coup j’avais envie depuis un certain temps de filmer, mettre en scène des émotions et éviter de passer par les dialogues pour les faire ressentir. Et puis, ça me parle cette thématique de la violence qu’on intériorise et des ressentiments qu’on ne peut pas exprimer. Je l’avais affleuré dans Fallen (que j’avais fait au cours de mes études) mais je voulais le faire mieux, en y mettant plus de moyens, du coup j’ai pris un crédit pour assurer un minimum de qualité et réussir à intriguer ceux qui le verraient.
CineSeriesMag: Justement, parmi ce qui nous a le plus troublé, il y a ce plan de fin, en travelling arrière sur un œil qui revient sur Wendy ?
Nuwan Gams : Il a été un peu compliqué à faire ce plan, parce que, tel je l’avais imaginé, il aurait fallu le filmer à la grue, mais c’était hors de nos moyens. L’idée, c’était d’ouvrir en très gros plan, en mode macro, puis reculer, s’éloigner de son corps jusqu’à faire une boucle sur son œil et recommencer jusqu’à justifier le titre qui évoque une « fin infinie ». Je n’ai pu le faire qu’une seule fois en plusieurs fois, parce que faire des découpages, ça ne marchait pas. J’espère qu’on ressent quand même l’idée que cette femme est condamnée à revivre son calvaire.
CineSeriesMag : Et ce visuel très froid qui se dégage du court-métrage, c’est le résultat de la post-production ?
Nuwan Gams : Tout est réel, et c’est justement cette envie de faire du SFX, plutôt que du VFX, qui m’a couté un bras ! L’envie de base étant de rendre physiques des notions abstraites, et il n’y a rien de moins physique que des images numériques. Le plus cher ça a par exemple été de fabriquer un faux mur, pour ne pas trop endommager l’appartement qui nous servait de décors avec du faux sang. On a d’ailleurs bien fait d’en prévoir un deuxième puisque la première prise n’avait pas été une réussite. Si j’avais pu me le permettre, on en aurait même fait d’autres, un peu comme Kubrick et son plan de l’ascenseur dansShining, jusqu’à ce que j’obtienne l’écoulement que je voulais. Le plan sous l’eau est vraiment sous l’eau, le plan à travers une serrure est vraiment à travers une serrure… tout est vrai.
CineSeriesMag : Vous étiez combien sur ce gros chantier ?
Nuwan Gams : Une quinzaine, avec les comédiens. Une équipe assez réduite mais juste ce qu’il fallait pour réussir à tourner sur deux jours. Ce qui manquait le plus c’était un chef décorateur, mais je n’en ai pas dans mes contacts, il a donc fallu que tout le monde soit un peu multitâche pour déplacer les éléments de décor. Le fameux mur, c’est mon chef opérateur qui l’a préparé par exemple. Avec des professionnels en déco, on aurait pu prendre le temps de faire quelques prises de plus, mais là c’était un cercle d’amis, les deux acteurs aussi, donc ce n’est pas eux qui m’ont couté cher et ils se sont même donné à fond pour mener à bien le projet, et je les en remercie parce que le fait qu’on ait dû chercher des astuces, ça nous a apporté à tous.
CineSeriesMag : Et, après Cannes, à quoi ressembleront vos prochains projets ?
Nuwan Gams : Dès je rentre à Paris, j’essaierai d’achever la préparation d’un petit court-métrage de tension horrifique. Ça s’appellerait Gouttes –c’était « LA goutte » à l’origine, mais ça évoquait la maladie, donc on l’a mis au pluriel. Il est déjà bien entamé avec un bon dossier artistique autour du scénario, et on vient de profiter d’avoir pris du recul pour s’interroger sur le nombre de caméras à placer et l’ajout d’une séquence qui ajouterait en cohérence. C’est un court-métrage auquel je tiens puisqu’il ouvrirait vers un univers que j’ai développé où, pour faire simple, sont mêlé vivants et non-vivants dans un ensemble à la fois fantastique et réel. Ce sont les gars de Moody Productions qui me suivent qui m’ont poussé à faire, comme ça, une sorte de teasing en me disant que ça marcherait très bien en unitaire. Après, je ne peux pas encore trop en dire sur ce vers quoi ça a vocation à aboutir si ça marche. Et puis, il y a d’autres projets plus lointains que j’espère voir produits…
Comme une réponse au feel-good chamarré et glamour qui a fait le succès de La La Land, Patti Cake$ vient nous rappeler que la musique, et par extension la comédie musicale, a aussi vocation à venir s’enraciner dans des réalités socialement moins reluisantes. Une claque!
Synopsis : Patricia Dombrowski, alias Patti Cake$, a 23 ans. Elle rêve de devenir la star du hip-hop, rencontrer O-Z, son dieu du rap et surtout fuir sa petite ville du New Jersey et son job de serveuse dans un bar miteux. Elle doit cependant s’occuper de Nana, sa grand-mère qu’elle adore, et de Barb, sa mère, une chanteuse ratée et totalement instable. Un soir, au cours d’un « battle » sur un parking, elle révèle tout son talent de slammeuse. Elle s’embarque alors dans une aventure musicale avec Jheri, son meilleur ami et Basterd, un musicien mutique et asocial.
Il ne faut plus de quelques plans pour ne pas se douter que Geremy Jasper a été un clippeur avant de se lancer dans la réalisation de son premier long-métrage. En cela, commencer son ouvrage par une scène onirique musicale risque de lui être attirer les foudres des nombreux spectateurs réfractaires à l’imagerie du hip-hop qui sortiront de son film avant même que ne soient posées les bases de la peinture sociale qui en fera le sel. Parce qu’il se situe dans les quartiers les moins glamours du New-Jersey, Patti Cake$ renoue avec la part de réalisme sociétal que la comédie musicale américaine a souvent eu tendance à délaisser ces dernières années (depuis Fame en 1980, il n’aura fallu compter que sur des biopics de rappeurs façon 8 Mile ou Straight Outta Compton). Entre son job de serveuse sans avenir et le poids des frais médicaux de sa grand-mère, Patricia ne semble pas disposée à s’en sortir. Même la façon qu’elle a de se réfugier dans ses rêves de rappeuse est rattrapée par l’image qu’elle a de sa mère, chanteuse ratée, devenue alcoolique dépravée. Le constat est d’une noirceur incontestable.
Le film pourrait donc être hautement déprimant s’il n’était pas porté par Danielle Macdonald, qui apporte toute son énergie au projet. Ses talents d’actrice mais aussi de slammeuse se mêlent pour donner au personnage de Patti cette force d’aller de l’avant. Dans la façon, pourtant relativement linéaire et prévisible, dont il est construit Patti Cake$ ne se transformera jamais en conte de fées qui verrait la jeune fille atteindre le statut de star et épouser son idole, mais il s’agit d’un combat intérieur qui la mène à dépasser ses propres complexes et à s’assumer telle qu’elle est. Et rien que pour ça, il s’inscrit comme un film important dans l’actuelle Amérique dont une partie donne trop souvent l’impression de se laisser mourir. Si on devait lui reprocher quelque chose, sans doute serait-ce la bienveillance avec laquelle Jasper filme ses personnages, réussissant à leur donner un charme qui n’est pourtant pas évident et ne rendant pas forcément tangible leur caractère asocial, ce qui peut ramener sa mise en scène vers cette forme de délicatesse qu’il semblait pourtant vouloir éviter en filmant le tout avec une photographie cradingue. Immanquablement, c’est la puissance de ses interprètes qui ramène chaque fois l’ensemble vers les limites sensibles entre drame social et comédie trash tout en assurant la qualité des scènes chantées. Assurément, le nom de Danielle Macdonald est un de ceux que l’on retiendra de cette Quinzaine des Réalisateurs !
[QUINZAINE DES REALISATEURS] Patti Cake$
Un film de Geremy Jasper
Avec Danielle Macdonald, Bridget Everett, Siddharth Dhananjay
Distributeur : Diaphana
Durée : 108 minutes
Genre : Comédie musicale
Date de sortie : 30 août 2017
Présidé par Cristian Mungiu (réalisateur de Baccalauréat), le jury de la Cinéfondation et des courts métrages a dévoilé son palmarès.
Et les primés sont :
Premier Prix : Paul est là de Valentina Maurel (INSAS, Belgique)
Synopsis : Paul est là. Comme un retour en arrière, comme un fantôme qui sonne à la porte. Jeanne doit l’héberger, le laisser s’installer quelques jours. Il est là, mais ni Jeanne ni lui ne savent très bien pourquoi.
Deuxième Prix : Heyvan (AniMal) de Bahram & Bahman Ark (Iranian National School of Cinema, Iran)
Synopsis : Un homme qui souhaite traverser la frontière chasse un bélier et décide de s’enfuir déguisé en cet animal.
Troisième Prix : Deux égarés sont morts de Tommaso Usberti (La Fémis, France)
Synopsis : Dans un paysage sauvage, Vera et Matteo vivent leur premier rendez-vous d’amour. Le père de la fille les surprend…
Créée en 1998, la Cinéfondation a pour objectif de préparer une nouvelle génération de cinéastes et de dénicher de nouveaux talents. Les prix ont été remis lors d’une cérémonie salle Buñuel, suivie de la projection des films primés. Cette année le jury présidé par «l’examinateur rêvé pour faire passer le bac du Festival !» selon Gilles Jacob, était composé de Clotilde Hesme, Athina Rachel Tsangari, Barry Jenkins et Eric Khoo.
Les trois gagnants de cette compétition ont été sélectionnés parmi 2 600 candidats en provenance de 626 écoles de cinéma. Les gagnants des courts primés reçoivent respectivement pour le premier prix 15 000 €, et l’assurance que son premier long métrage sera présenté au Festival de Cannes, le deuxième 11 250 € et le troisième 7 500 €.
Les films primés de cette année seront projetés au Cinéma du Panthéon le 30 mai à 19 heures et la totalité de la Sélection sera reprise à la Cinémathèque française les 31 mai et 1er juin.
A travers six récits ayant pour particularité de se dérouler dans un taxi, Stephan Komandarev dresse un portrait critique de la société bulgare actuelle.
Synopsis : Lors d’un rendez-vous avec son banquier, le propriétaire d’une petite entreprise, qui fait le taxi pour joindre les deux bouts, découvre que le pot-de-vin qu’il aura à payer pour obtenir un prêt a doublé. Le conseil d’éthique qui a examiné sa plainte pour chantage demande maintenant sa part. Ne sachant plus à quel saint se vouer, ce propriétaire tue le banquier et se suicide. Cet incident suscite un débat national à la radio sur le désespoir qui règne dans la société civile. Entre-temps, cinq chauffeurs de taxi et leurs passagers se déplacent dans la nuit, chacun dans l’espoir de trouver un chemin plus clair pour aller de l’avant.
D’une droiture et d’une éthique remarquable, un honnête père de famille chauffeur de taxi est poussé à bout par la corruption bulgare et pète littéralement les plombs en assassinant un banquier avant de se tuer. Cette tragédie est le point de départ d’une vraie situation de crise sociale en Bulgarie. Le réalisateur Stephan Komandarev explique que la genèse du film a été entreprise lorsqu’il a appris lors d’une course en taxi que son chauffeur était un ancien professeur en physique nucléaire et que celui-ci n’avait pas eu d’autres choix que d’exercer cette activité pour survivre. Car il n’y a bien que le tourisme qui semble faire tourner un tant-soi peu la mécanique du pays. Directions est donc un film choral avec pour point commun, l’habitacle d’un taxi. Mais sur le plan formel, le film va encore plus loin puisque chacun des six récits est tourné comme un plan-séquence dont la maîtrise est à saluer pour un cinéma bulgare que l’on n’a pas l’habitude de voir aussi audacieux. Comme tout film à sketchs, certains manquent d’impact par rapport à d’autres plus impliqués, plus drôles, plus bouleversants. Le passé communiste, la religion, l’émigration des cerveaux, l’absence d’avenir pour les jeunes générations ou la corruption, tout ce qui semble avoir contribué aux inégalités sociales et à la faillite de la Bulgarie en prennent ainsi pour leur grade. Stephan Komandarev donne une matière incroyable et honnête à la compréhension de la réalité bulgare actuelle. Et en soi, le cinéaste offre un certain regard d’une honorable qualité.
[UN CERTAIN REGARD] Directions
Un film de Stephan Komandarev
Avec Vassil Vassilev, Assen Blatechki, Troyan Gogov
Distributeur : /
Durée : 1h43
Genre : Drame
Date de sortie : /
Découvrez le palmarès complet des partenaires de la sélection Quinzaine des Réalisateurs 2017.
La Quinzaine des Réalisateurs n’est pas une section compétitive. Néanmoins les partenaires de la sélection peuvent remettre des prix. Ainsi, Claire Denis et Philippe Garrel ont obtenu ex-æquo l’honorable Prix SACD pour leurs films respectifs, Un beau soleil intérieur & L’Amant d’un jour. Porteur d’une très bonne réception lors de sa projection, The Rider de Chloé Zhao remporte quant à lui le Prix Art Cinema Award. La cinéaste chinoise était présente pour la deuxième fois à la Quinzaine après avoir présenté Les chansons que mes frères m’ont apprises en 2015.
Palmarès complet des partenaires de la Quinzaine des Réalisateurs 2017 :
Prix SACD ex-æquo: Un beau soleil intérieur de Claire Denis et L’Amant d’un Jour de Philippe Garrel
Label Europa Cinema : A Ciambra de Jonas Carpignano
Prix Art Cinema Award : The Rider de Chloé Zhao
Prix Illy du court métrage : Retour à Genoa City de Benoit Grimalt
En 2016, c’est L’Effet aquatique de Sólveig Anspach et Divines de Houda Benyamina qui avait été distingué.
Comme en réponse à une sélection officielle trop prude, la Quinzaine des réalisateurs nous offre un nouveau film audacieux, soit 90 minutes de plan-séquence dans un New-York en feu et à sang.
Synopsis : En sortant du métro pour aller chez sa grand-mère avec son petit-ami, Lucy se retrouve dans les rues de Buschwick un quartier de Brooklyn, plongé dans un véritable bain de sang. Dans un contexte de séparatisme vis-à-vis de l’Union, les milices texanes envahissent New York pour en faire leur base d’opérations sur la Côte Est et s’en servir d’outil de négociations. Face à ce chaos, Lucy se réfugie dans le sous-sol de Stupe, un robuste vétéran. Ce dernier l’aide à traverser, à contrecœur, les quelques blocs de Bushwick la séparant de la maison de sa grand-mère – en supposant que celle-ci existe toujours.
Qui n’a jamais rêvé de voir Brittany Snow (Pitch Perfect 1 & 2, The Hit Girls…) et Dave Bautista (Spectre, Les Gardiens de la Galaxie vol.1 & vol.2…) faire équipe dans un monde contemporain à ce point en proie au chaos que l’adjectif « post-apocalyptique » serait approprié ? Cette recette improbable – et pourtant tellement dans l’air du temps – Cary Murnion et Jonathan Milott, les réalisateurs du déjà très surprenant Cooties (qui suivaient des enseignants survivre à des enfants assoiffés de sang), l’ont fait pour nous ! Il leur aura toutefois fallu plusieurs années de durs labeurs – et le soutien financier de Netflix – pour y arriver. Dès les premières minutes, leur goût pour faire surgir dans le cadre les éléments les plus improbables ainsi que la maîtrise de leur plan séquence se font ressentir.. C’est l’alliance de ces deux éléments qui fera de leur film un petit divertissement efficace en jonglant constamment entre le champs et le hors-champ afin d’être violent, sans être extrême. Sans jamais atteindre la fluidité d’un Birdman, puisque les coupes du montage restent franchement visibles, le pouvoir d’immersion quasiment vidéoludique de leur dispositif va se maintenir jusque dans les dernières minutes, à un moment où notre attention ne sera plus du tout sur les mouvements de caméra. Notre attention ira en réalité se porter sur la façon dont le charme virginal de Brittany Snow forme une alchimie cinégénique parfaite avec le physique ultra-viril de Bautista, faisant d’eux un duo assez archétypal mais dont la relation est suffisamment bien écrite pour les amener vers une conclusion pleine d’émotions. Le fait qu’il s’agisse en réalité de cinq plans séquence d’une durée de 15 à 30 minutes est déjà un petit exploit en soi, et qu’on le remarque à peine est la preuve de la maestria de l’ouvrage. Le discours politique n’est pas non plus à négliger puisqu’il s’agit ni plus ni moins que d’une extrapolation de l’ultra-violence vers laquelle semble nous mener le populisme identitaire, car là où tout réalisateur américain aurait posé comme antagonistes des envahisseurs étrangers, il s’agit ici d’une nouvelle guerre de Sécession, ce qui apparaît comme un scénario plus redoutable encore. Film d’action pour midinettes, exercice de style prémonitoire ou simplement buddy-movie survitaminé, Bushwick est un long-métrage qui maîtrise ses partis-pris formels et ne devrait avoir aucun mal à trouver son public. Pour nous, à Cannes, c’est surtout une preuve de plus que les sélectionneurs de la Quinzaine des Réalisateurs peuvent aisément nous surprendre.
[QUINZAINE DES REALISATEURS] Bushwick
Un film de Cary Murnion et Jonathan Milott
Avec David Bautista et Brittany Snow
Distributeur : Netflix
Durée : 94 minutes
Genre : Action
Date de sortie : Prochainement sur Netflix
A la fois tragédie, film de procès et revenge movie, In The Fade joue avec tous les codes pour exploiter à fond les émotions de son actrice principale. Diane Kruger est en effet de tous les plans, mais son personnage suit une voie trop prévisible pour être véritablement épatante.
Synopsis : La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe. Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance.
Quelle carrière incertaine que celle de Fatih Akin ! Depuis le succès de De l’autre Côté, il y a déjà dix ans, il était devenu difficile de prendre au sérieux cet allemand qui se présentait en porte-drapeau de la communauté turque en son pays. Le mauvais gout de Soul Kitchen et la lourdeur de The Cut nous avaient même laissé penser que nous ne réentendrons plus parler de lui. Et pourtant, son association avec Diane Kruger dans un thriller urbain lui permet de monter à nouveau les marches du tapis rouge et espérer prétendre au palmarès cannois. Contrairement aux films susnommés, l’héroïne n’est ici pas une expatriée turque, mais la femme de l’un d’eux. Le film commence d’ailleurs par leur mariage, tandis que lui est en prison. La suite sera –on ne spoile rien, c’est le postulat du film– la mort de ce mari et de leur fils puis le long travail de deuil de cette femme brisée. Le seul fait d’avoir fait de cet époux un turc rapidement disparu posait un trouble : Soit il rentrait dans une case caricaturale, voire raciste (ce que laissait craindre le fait qu’il apparaisse en prison), soit, à l’inverse, il devait apparaître comme la victime du racisme latent que chercherait à dénoncer son réalisateur. Sans surprise, c’est vers la seconde option que se tourne Akin, et pour qui en douterait avant même que ne soit donner l’identité des accusés, la veuve lâche un « Je suis sûr que ce sont des nazis ! » à peine significatif du peu de subtilité de ce discours politique binaire.
Ce n’est pourtant pas le pamphlet anti-nazis (et moins encore les invraisemblances de la sous-intrigue judiciaire) qui retiendra l’attention des spectateurs mais bien la performance de Diane Kruger. La belle allemande, découverte il y a une quinzaine d’années grâce à son mariage avec Guillaume Canet, semble vouloir rattraper la frustration de n’avoir encore gagné aucun prix alors qu’elle vient de dépasser les 40 ans. Tout est fait pour appuyer ses réactions, à commencer par ce plan en plongée sur son explosion lacrymal à l’annonce de la mort de son mari. Elle semble hurler sa volonté de chercher son prix, et Akin a décidé de l’y aider, en rédigeant son scénario de telle façon qu’elle ait à nous montrer toute la palette de jeu à sa disposition. Le thriller juridico-politique se transforme en film de démonstration. Fort heureusement, elle reste une bonne actrice, sans quoi les 90 minutes auraient été un vrai calvaire. Au lieu de quoi, et même si l’intrigue reste assez faible, la voir ainsi se transformer de femme endeuillée à vengeresse badass garde un minimum de charme… mais certainement pas assez pour justifier une nomination en Compétition du Festival de Cannes. Que Jérôme Seydoux apparaisse parmi les producteurs n’y ait certainement pas pour rien non plus.
[COMPÉTITION OFFICIELLE] In The Fade (Titre original : Aus dem Nichts)
Un film de Fatih Akin
Avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Johannes Krisch, Samia Chancrin, Numan Acar et Ulrich Tukur
Distributeur : Pathé Distribution
Genre : Thriller, Drame
Durée : 1h 46min
Date de sortie : Prochainement
Avec L’Amant Double, François Ozon renoue avec un cinéma fantasque audacieux et s’autorise une virée tortueuse dans le thriller paranoïaque érotico-fantastique.
Synopsis : Chloé, une jeune femme fragile, tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul. Quelques mois plus tard, ils s’installent ensemble, mais elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité.
L’ambiguïté a toujours été une récurrente chez François Ozon, tout comme son exploration du désir féminin. Dans sa filmographie, l’autre y est toujours apparu comme un objet de désir, de fascination ou de rejet qui permet de comprendre la nature humaine mais aussi de se comprendre soi-même. L’Amant Double se réapproprie ces thématiques mais les explore avec beaucoup plus d’audace, François Ozon n’hésitant pas à s’émanciper du formalisme de ses derniers films pour triturer les genres qui ont toujours parcouru la filmographie de ce cinéphile au grand cœur. Après son mélodrame Frantz, François Ozon passe de la Mostra de Venise à la prestigieuse compétition de Cannes. Si certaines voix pourraient trouver cela immérité tant le cinéaste est souvent taxé de formaliste présomptueux, il y a une certaine cohérence à voir le traitement de la femme et du thriller psychologique à tendance érotique en compétition, ces thèmes étant le créneau de la carrière du Président du Jury Pedro Almodóvar, notamment dans le somptueux La Piel que Habito.
Derrière ce qui semblait être un thriller prévisible aux allures de Faux Semblant de David Cronenberg se cache une approche bien plus tortueuse et psychanalytique. Plus l’étau se resserre, plus François Ozon semble également convoquer Hitchcock et Verhoeven dans son approche. Plus que la référence surlignée, le cinéaste assume et digère le parallèle (encore un reflet) avec ces puissants génies du cinéma bien que son approche semble rapidement tourner à l’exercice de style superficiel sans toutefois omettre le pouvoir de fascination de ces visions singulières. François Ozon s’égare dans certaines lourdeurs de mise en scène, à appuyer sur les reflets, les miroirs brisés, les escaliers en spirale. Néanmoins, l’attention n’est jamais portée au bon endroit et le cinéaste s’amuse à détourner le regard du spectateur dans ce dédale de faux semblants. Un séduisant jeu de charme et d’érotisme s’opère entre Jérémie Rennier et Marina Vacth. L’Amant Double ne réconciliera pas François Ozon et ses détracteurs néanmoins il offre suffisamment d’audace et de style pour marquer les esprits. Dans une compétition faible et sans surprise, L’Amant Double s’impose tout de même comme un outsider sérieux, marqué par sa singularité perverse. Loin de la Palme d’Or, le jury de Pedro Almodóvar pourrait tout de même bien l’honorer d’un Prix du Scénario ou de la Mise en Scène.
[COMPÉTITION OFFICIELLE] L’Amant Double
Un film de François Ozon
Avec Marine Vacth, Jérémie Renier, Jacqueline Bisset
Distributeur : Mars Films
Durée : 1h47
Genre : Thriller, Érotique
Date de sortie : 26 Mai 2017
Dans le film de Rungano Nyoni I Am Not a Witch, l’inhumanité de la situation est le fruit d’une telle bêtise qu’il est presque difficile de ne pas la trouver délirante. Et pourtant, la situation est d’une telle gravité que le seul fait d’en sourire donne un sentiment très perturbant. Pour reprendre la fameuse tagline de Fargo « Oserez-vous en rire? »
Synopsis : Après un incident banal survenu dans son village, une fillette de 8 ans, Shula, est accusée de sorcellerie. Après un rapide procès, elle est reconnue coupable et enfermée dans un camp de sorcières.
Au Tchad, l’image que l’on se fait des sorcières est aux antipodes du fantasme véhiculé en Occident (que l’on associe désormais volontiers à Emma Watson) car il s’agit bel et bien de créatures maléfiques, capables de voler, lire l’avenir et de bien d’autres diableries rigoureusement interdites par la loi qui prennent l’apparence de femmes faibles. D’une façon plus terre à terre, il s’agit d’un lointain héritage des traditions tribales permettant aux hommes d’asservir les femmes à un point assimilable à de l’esclavage en leur reprochant des maux purement surnaturels. C’est dans cette situation odieuse que se retrouve la jeune Shula, une fillette de 8 ans, contrainte d’être attachée et menacée d’être transformée en chèvre si elle tente de s’enfuir, suite à des accusations abracadabrantes.
Pour qui est conscient de la réalité de telles pratiques, il est difficile de rire de leur absurdité. C’est pourtant, semble-t-il, le parti-pris de Rungano Nyoni puisque le scénario de sa fable I Am Not a Witch joue constamment de ce décalage entre modernité et traditionalisme désuet, avec le caractère outrancièrement arriéré de ses personnages (en particulier dans le cas du haut fonctionnaire incarné par Henry Phiri, dont chaque réplique est véritablement cocasse) et surtout le grotesque de leurs comportements inhumainement rétrogrades. Ce ton léger, la faiblesse de l’intrigue vient l’appuyer puisqu’elle donne à l’ensemble l’allure d’une série de saynètes proches de gags. Et même si on va s’attacher à Shula au point de trouver les dernières minutes déchirantes, le ressenti à la sortie du film est celui d’un profond malaise à l’idée d’avoir entendu (et sans doute d’avoir alimenté) des rires dans la salle devant ces femmes traitées comme des animaux. On préférera penser qu’il s’agit là moins d’un réel mauvais goût que d’une pure maladresse de la part de la réalisatrice qui nous prouve pourtant sa bonne volonté à l’occasion de son premier long-métrage. Est-il également perçu ainsi en Afrique subsaharienne ou est-ce là-bas une comédie décomplexée dont seule notre culpabilité postcoloniale d’Européens nous empêche de pleinement profiter ? La question mérite d’être approfondie, mais il reste certain que Rungano Nyoni est un nom à noter car elle pourrait vite refaire parler d’elle.
Pure coïncidence, au même moment, les « Séances spéciales » de la Sélection officielle nous faisaient découvrir un long-métrage qui traite également de la privation de liberté mais dans une approche radicalement antithétique. 12 Jours de Raymond Depardon est en effet un documentaire sur les procédures judiciaires entourant des personnages incarcérés en hôpital psychiatrique. Non pas que leur situation soit comparable à celle des prétendues sorcières tchadiennes, mais le dispositif cinématographique est à mettre en parallèle, car ici tout est fait (plans d’extérieurs brumeux et musique larmoyante signée Alexandre Desplat) pour nous empêcher d’émettre le moindre rire devant les scènes dans lesquelles les malades font preuve de propos incohérents. Cette démarche qui fleure l’apitoiement est-elle plus pertinente que le décalage sarcastique de I Am Not a Witch pour dénoncer le mal-être de ceux qui subissent ces situations ? Le Festival de Cannes est aussi l’occasion de s’interroger sur de tels choix artistiques et moraux.
[COMPÉTITION OFFICIELLE] I Am Not a Witch
Un film de Rungano Nyoni
Avec Maggie Mulubwa, Henry B.J. Phiri, Travers Merrill
Distributeur : –
Durée : 1h30
Genre : Drame
Date de sortie : Prochainement
Sept minutes de standing ovation lors de sa présentation officielle, Sans Pitié est un polar qui se démarque par une énergie folle et un style maîtrisé.
Synopsis : Jae-ho, qui se rêve chef de gang, fait la loi en prison auprès des autres détenus. Mais son autorité est remise en cause à l’arrivée de Hyun-su, un nouveau venu.
Depuis quelques années, c’est une tradition pour le Festival de Cannes de mettre à l’honneur la Corée du Sud dans ses séances de minuit, véritables pépites pour les amateurs de cinéma de genre. En 2014, ils avaient pu voir The Target,Office avait été diffusé en 2015 et les festivaliers avaient pu voyager à bord du Dernier Train pour Busan en 2016. Coup double pour l’édition 2017 puisqu’elle avait également présenté il y a quelques jours The Villainess, série B survitaminée au croisement de Kill Bill et Old Boy. Avec Sans Pitié, son troisième long métrage, c’est un changement radical pour le cinéaste Sung-hyun Byun dont le dernier fait d’arme était d’avoir réalisé Watcha’ wearin’?, une comédie romantique torride introuvable en France. Le réalisateur sud-coréen ne cache pas son amour pour le cinéma de Quentin Tarantino et Martin Scorsese. Reservoir Dogs et Les Infiltrés semblent être ses plus grandes inspirations. Il faut dire que Sans Pitié reprend en partie la trame du film de Scorsese – lui-même remake du film hongkongais Infernal Affairs – mais en change considérablement les ressorts dramatiques. Il en conserve l’élément déclencheur du film, à savoir l’infiltration d’un policier dans un gang sud-coréen spécialiste du trafic de drogues et les multiples rebondissements qui vont en découler. De Reservoir Dogs, il garde le climat de suspicion et la relation paternaliste Mister White/Mister Orange avec ses personnages. Mais en se revendiquant clairement comme film d’action, Sans pitié lorgne davantage du côté du cinéma d’action hongkongais et de ses fusillades explosives. Toutes ces références ne pouvaient qu’annoncer un beau programme.
Et en ce sens, Sans Pitié réussit là où d’autres auraient très bien pu tomber dans la facilité et la référence lourdingue. La qualité de Sung-hyun Byun est qu’il s’impose comme un artisan pointilleux qui conserve l’ambiance nerveuse, sèche et élégante des films qui l’ont influencé pour mieux s’engager sur une voie singulière. Car le film se démarque par un refus catégorique du manichéisme. Les policiers ne sont pas gentils et les malfrats ne sont pas méchants et la réciproque ne vaut pas plus. Chacun a ses raisons (argent, ambition, etc.) pour exercer les sacrifices qu’il faut. Les deux personnages principaux semblent être dans un premier temps les archétypes du film noir mais ils progressent lentement vers un traitement plus subtil de leur caractère. Il est difficile de deviner les intentions des personnages, constamment tourmentés par leur volonté de s’en sortir et leurs suspicions réciproques. La manipulation narrative du récit renversera à plusieurs reprises le film avant de véritablement nous dévoiler la psyché des personnages. Mais outre sa narration retorse, c’est dans la mise en scène que le film est original, ainsi que son montage précis qui alterne les scènes d’actions et les séquences plus intimes entre les personnages. Il suffit de voir les séquences de règlement de comptes qui virent à l’anarchie total pour constater que la caméra effectue des mouvements audacieux et rarement vus dans des espaces aussi confinés.Sans Pitié est un film d’action d’une efficacité remarquable, respectueux des codes du polar noir, tout en lui apportant des nuances radicales. On perd sans doute la cohérence narrative en chemin mais au final, on conserve une énergie redoutable qui feront de Sans Pitié, une nouvelle référence du genre.
[SÉANCE DE MINUIT] Sans pitié (The Merciless (Bulhandang))
Un film de Sung-hyun Byun
Avec : Kyung-Gu Sol, Si-wan Yim, Kim Hie-won, Jeon Hye-Jin
Distributeur : ARP Sélection
Genre : Thriller
Durée : 2h00
Date de sortie : 28 juin 2017
Makala d’Emmanuel Gras a obtenu le Grand Prix Nespresso.
Le Festival touchant à sa fin, les premiers prix commencent à être décernés. A commencer par le jury de la Semaine de la Critique présidé par Kleber Mendonça Filho qui vient de livrer son palmarès. Et c’est Makala du Français Emmanuel Gras, qui suit le récit d’un jeune congolais qui souhaite offrir un avenir meilleur à sa famille, qui remporte le Grand Prix Nespresso, la plus haute distinction de la Semaine de la Critique. Le Brésilien Fellipe Gamarano Barbosa remporte deux distinctions pour Gabriel e a montanha de. Enfin, la révélation Léa Mysius décroche le Prix SACD avec Ava.
Grand Prix Nespresso : Makala de Emmanuel Gras
Prix Révélation France 4 : Gabriel e a montanha de Fellipe Gamarano Barbosa
Prix Découverte Leica Cine du court métrage : Los Desheredados de Laura Ferrés
Les partenaires de la Semaine de la Critique ont également remis les prix suivants : Prix Fondation Gan à la Diffusion pour Gabriel e a montanha de Fellipe Gamarano Barbosa, Prix SACD pour Ava de Léa Mysius et le Prix Canal + du Court Métrage pour Najpiękniejsze fajerwerki ever de Aleksandra Terpińska.
Pour rappel, Ava de Léa Mysius est prévu en salles le 21 juin 2017 et fort de ses deux récompenses, Gabriel e a montanha de Fellipe Gamarano Barbosa est attendu le 16 août prochain. Aucune date de sortie n’a encore été annoncée pour Makala.