Departure, un film de Andrew Steggall : Critique

Departure, cet amas de poésie récompensé six fois par différents festivals. Ce drame familial signé Andrew Steggall, nous plonge au cœur du rêve lyrique d’un adolescent, en quête de soi.

Synopsis : Des vacances familiales au cœur du sud de la France, jusqu’ici tout semble idyllique, et pourtant… Lorsqu’une mère et un fils affrontent chacun leurs désirs, alors, tout peut basculer.

Une histoire à double visage

« Hugo a dû attendre que sa mère meure pour vivre son véritable amour. » Departure

Departure est un portrait mélancolique d’une famille déchirée par la vie. Ce n’est pas une histoire maternelle, relatant avec émois la séparation de ce lien. C’est simplement la chronique de deux individus qui tentent de faire face à leurs désirs. departure-juliet-stevensonElliot (Alex Lawther) est un adolescent rêveur, qui découvre avec précocité et maladresse, son homosexualité. Beatrice, sa mère (Juliet Stevenson), essaye quant à elle de faire face au sentiment de désespoir survenu par l’annonce d’un divorce. Deux histoires si différentes, et pourtant étroitement liées.

Le fil conducteur de ce film se situe dans le personnage de Clément (Phénix Brossard). Cet adolescent mystérieux, qui entre peu à peu dans l’intimité familiale, provoque la discorde de cette dernière. Une question se pose alors : comment faire face aux désirs très humains lorsque l’interdit est pourtant si grand ? Amour ou simple tentation, quoi qu’il en soit le changement est profond. Unis par les liens du sang, Elliot et Beatrice sont également liés par un important sentiment de solitude. Ce dernier se ressent à travers un besoin grandissant d’amour et de reconnaissance.

Une ode à l’amour

 » Le désir de quoi ? Comme l’eau coule entre les doigts. » Departure

Departure est un film mêlant subtilité et délicatesse. C’est en séjournant dans une maison de campagne (celle du film) que Andrew Steggall a eu l’idée du scénario. Departure n’est donc pas simplement une fiction, mais une œuvre trèsdeparture-alex-lawther-phenix-brossard personnelle. C’est une ode à l’amour qui dépeint avec sincérité et émotion le fait de grandir. Elliot, 15 ans, prend conscience de ses nouveaux désirs et de sa singularité sexuelle. Ce personnage ne ressemble en rien à l’archétype de l’adolescent que nous pouvons rencontrer dans les Teen movie, souvent représentés de manière neutre. Elliot est quant à lui un jeune homme épineux. Précoce, il porte un regard mature sur l’amour. Son orientation sexuelle, encore très questionnée au sein de notre société, est pour ce jeune homme entièrement acceptée. Ainsi, loin d’être taboue, la sexualité y est représentée de manière privée et personnelle.

Departure est une histoire universelle. Le désir d’être humain. Le besoin d’être aimé. Essayer d’être heureux. Ces pensées particulièrement significatives sont omniprésentes. Elles construisent toute la trame de l’histoire et apportent une moralité au film : apporter une signification à la recherche de l’amour. 

« L’adieu du poète à son enfance »

Departure, signifie le départ. Ce dernier a alors une double signification. Tout d’abord il s’agit de l’éloignement de cette famille face à leur maison de vacances. En effet, la base du scénario se construit autour du déménagement, occasionné par la vente de la demeure. Cette dernière a une dimension symbolique pour Beatrice et Elliot, puisqu’elle représente une grande partie de leurs souvenirs. Deuxièmement, il s’agit de l’adieu du poète à son enfance. Une grande partie du film est construite autour du songe de ce jeune homme rêveur. Que ce soit à travers des rêves érotiques ou passionnels, Elliot mixe les histoires de sa tête avec les événements de son enfance et adolescence. Departure se dessine, alors, comme un poème.

La nature poétique est une partie intégrante du film. Les images, imprégnées par la thématique de l’imaginaire, doivent être perçues comme le reflet de la pensée d’Elliot. L’expérience cinématographique n’est possible qu’en associant la réalisation artistique à la dimension morale.  La scène finale est sans doute la plus emblématique. En mêlant les chimères d’Elliot à l’opéra Rusalka, Andrew Steggall a souhaité se référer à « l’histoire d’une nymphe qui aspire à devenir humaine. » Véritable source de bonheur visuel et auditif, cette séquence témoigne d’une importante symbolique et résume parfaitement la prouesse cinématographique de cette œuvre : 

« Ce désir ardent de devenir un être de chair et de sang, que l’on peut toucher, serrer dans ses bras, embrasser, c’est ce que Béatrice et Elliot partagent vraiment ». Andrew Steggall

Departure : Bande Annonce

Fiche technique : Departure

Réalisateur : Andrew Steggall
Acteurs : Alex Lawther, Phénix Brossard, Juliet Stevenson
Durée : 109 minutes
Date de sortie : 31 mai 2017

Royaume-Uni – 2015

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