Présenté dans la sélection Un Certain Regard, Tesnota – Une vie à l’étroit de Kantemir Balagov est-il le premier choc cannois ?
Synopsis : 1998, Nalchik, Nord Caucase, Russie. Ilana, 24 ans, travaille dans le garage de son père pour l’aider à joindre les deux bouts. Un soir, la famille et les amis se réunissent pour célébrer les fiançailles de son jeune frère David. Dans la nuit, David et sa fiancée sont kidnappés et une rançon réclamée. Au sein de cette communauté juive repliée sur elle-même, appeler la police est exclu. Comment faire pour réunir la somme nécessaire et sauver David ? Ilana et ses parents, chacun à leur façon, iront au bout de leur choix, au risque de bouleverser l’équilibre familial.
Âgé d’à peine 21 ans, le cinéaste russe Kantemir Balagov est propulsé dans la prestigieuse section Un Certain Regard et interroge la question des liens familiaux dans une communauté juive du Nord de la Russie. Tiré d’un fait divers ayant eu lieu en 1989, Tesnota – Une vie à l’étroit retrace l’enlèvement d’un jeune couple juif dont la rançon exigée dépasse les attentes de la communauté. La famille doit trouver une solution, mais à court terme, seule un sacrifice pourra permettre de les sauver. Mais à quel prix ? Derrière ce drame se cache Ilana, une jeune femme serviable qui semble constamment enfermée dans un moule, que ce soit par l’autorité immuable de sa famille, les blagues puériles de son copain (qui l’enferme dans le coffre de sa voiture) et des traditions juives. Dans une première partie intimiste, Tesnota s’attache à décrire la vie de la communauté juive et son adaptation à la vie russe à la manière d’un documentaire avant d’être bouleversé par l’enlèvement des deux fiancés. Sommé de trouver le montant de la rançon au plus vite, la famille n’hésite pas à organiser les prémices d’un mariage forcé pour Ilana. Un sacrifice bouleversant qui ne pourra que faire exploser cette famille dans une région où les communautés gardent en mémoire les tensions passées. C’est là que Tesnota prend un virage politique inattendu en décrivant avec recul et subtilité, l’antisémitisme et l’emprise religieuse de la région, avant de projeter une séquence choc enregistrée sur un VHS où l’on voit frontalement des soldats égorgés. Un moment particulièrement éprouvant qui pourrait bien créer la polémique à Cannes, le « jewish snuff movie » n’étant pas spécialement avec le meurtre juif un genre prisé sur la Croisette. Quoiqu’il en soit, le cinéaste n’a pas su conserver la tenue et le discours politique entamé pour conserver son approche dénonciatrice. Il préfère se resserrer autour de l’intrigue familiale dont les tensions accentuent encore plus le sentiment d’enfermement de la nouvelle génération. Kantemir Balagov s’approprie avec efficacité les codes du drame européen lourd et accentue l’oppression prégnante en tournant en 1.33 pour ne jamais laisser de marge de manœuvre à son personnage. En ce sens, le cinéaste trouve la scène de fin idéale, qui renvoie bien évidemment au titre facultatif français du film. Implacable et durablement inscrit dans nos esprits, Tesnota – Une vie à l’étroit ne réalise pas le sans-faute mais offre une vision particulièrement bouleversante et dénonciatrice des communautés russes bloquées dans leurs traditions. Un premier essai qui est d’autant plus remarquable qu’il est réalisé par un cinéaste de 21 ans. Kantemir Balagov est à suivre de très près.
[UN CERTAIN REGARD] Tesnota – Une vie à l’étroit (Closeness)
Un film de Kantemir Balagov
Avec Darya Zhovner, Veniamin Kats, Olga Dragunova, Atrem Tsypin
Distributeur : ARP Sélection
Genre : Drame
Durée : 1h 58min
Date de sortie : Prochainement
Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !
"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.
Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.
« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !
Entre romance et lutte des classes, Claude Autant-Lara réalise une adaptation minutieuse du roman grandiose de Stendhal, axée sur les passions consumées et le repentir.
Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.
Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.
On l'attendait depuis trois ans ! "L'Odyssée" débarque cette semaine sur nos écrans. Une épopée mythologique sensationnelle qui redore enfin le blason du péplum. Délaissant le pouvoir des dieux au profit des tourments d'un homme, Ulysse, incarné par Matt Damon, Christopher Nolan représente le retour à Ithaque comme un labyrinthe mental inextricable.
Cinéphile assidu accro au café.
Traîne dans les cinémas d'art et d'essai de Paris. Mange dans les food trucks entre deux films. Prend plaisir à débattre dans les bars des alentours de Notre-Dame.
Outre son activité sur le site, Kévin est régisseur sur les plateaux de cinéma.
Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !
"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.