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Valérian, Walk with me : les films à voir ce week-end du 29 juillet 2017

Chaque semaine, une dizaine de nouveaux titres se partagent l’affiche. Dur de s’y retrouver. Heureusement, CineSeriesMag fait le tri pour vous. Ce week-end, on vous conseille Valérian et Walk with me.

Vous ne pouviez pas passer à côté. Cette semaine marquait le retour de Luc Besson, réalisateur autant adoré que détesté, avec Valérian, tiré de la BD Valérian et Laureline. Comme d’habitude, le film suscite de nombreux commentaires sur la Toile, bon ou mauvais, tout en devenant le deuxième meilleur démarrage de l’année. Et on a plutôt aimé : malgré des défauts qu’on ne peut ignorer, Valérian est un spectacle à l’univers visuellement dingue, en plus d’être une belle tentative de blockbuster made in France.

Nous vous recommandons également Walk with me, ce film danois qui voit se rencontrer un soldat mutilé et une jeune ballerine. Leurs deux mondes opposés vont les aider à se reconstruire l’un et l’autre. Autre histoire d’amour, My cousin Rachel, avec Rachel Weisz, Sam Claflin et Iain Glein, cette adaptation de Daphne du Maurier est brillamment mise en scène, tout en suspense, dans une Angleterre rurale et mystérieuse. Ne loupez pas non plus le documentaire sur Peggy Guggenheim, la collectionneuse qui a révélé et sauvé une bonne partie de l’art moderne.

Si vous ne l’avez pas vu, vous pouvez profiter de la ressortie de Fight Club de David Fincher, film culte avec Brad Pitt, Edward Norton et Helena Bonham Carter et véritable pamphlet contre la société de consommation… à moins qu’il ne soit qu’une vaste mascarade qui ne peut que se contredire lui-même ? Faut-il arrêter de parler du Fight Club ?

Toujours à l’affiche

Sacré meilleur réalisateur à Venise, Amat Escalante nous revient avec La Région Sauvage, oscillant entre austérité documentaire et violence sèche. C’est également une œuvre où le fantastique côtoie le sexuel, donnant ainsi une puissance évocatrice qui rappelle Under the Skin de Jonathan Glazer. Sinon, vous pouvez toujours vous détendre avec les deux gros blockbusters américains de l’été, Dunkerque ou Baby Driver. Les deux jouent avec la temporalité : le premier en la modulant et en la fragmentant, le second en la rythmant grâce à la musique.

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Valérian et la Cité des mille planètes, un film de Luc Besson : Critique

Descendu par la critique américaine et divisant la française, Valérian et la cité des milles planètes est loin de convaincre tout le monde. Pourtant malgré de gros défauts, l’œuvre de Luc Besson est un spectacle visuel éblouissant et l’un des films français les plus ambitieux de tous les temps.

Valérian, Valérian, Valérian. Le prénom est cité dans toute la presse spécialisée depuis quelques jours. L’œuvre de Luc Besson serait un navet et l’un des plus grands ratages de la décennie. Il faut dire que le film était attendu au tournant. En un premier temps, il suffit de jeter un coup d’œil au cinéma français de science-fiction pour comprendre la rareté et l’ambition du projet. Avec ce film, Luc Besson a voulu adapter la bande-dessinée de ses rêves pour un budget de 180 millions d’euros, sans faire appel à aucun studio américain. En ce sens, cela se ressent tout au long du film, malgré un casting principal étranger, Valérian : la cité des mille planètes est bien un film français.  Pour le meilleur et pour le pire. On se plait même à repérer quelques têtes françaises dans des personnages secondaires comme Alain Chabat alias Bob le pirate. Cela peut expliquer l’agressivité  de l’opinion américaine sur le film qui pourrait craindre de perdre son monopole sur les grosses productions. En résulte une œuvre hybride, qui capture avec beauté l’imaginaire français de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières sans réussir à offrir une structure globale au film, comme le savent faire les blockbusters hollywoodiens.

valerian-et-la-citee-des-milles-plantes-film-creature-alienValérian : la cité des mille planètes mérite d’être vu rien que pour l’expérience visuelle qu’il propose.  L’oeuvre est sublime et offre des tableaux colorés et saisissants tout le long du film. Le film de Luc Besson est plus imaginatif que les blockbusters de ces dernières années. Tout au long du métrage, on redécouvre le fantastique bestiaire de la bande-dessinée qui rendrait jaloux le dernier Star Wars. Car si beaucoup s’amusent à crier au plagiat  de la saga de Georges Lucas, il est bon de rappeler que c’est bien la bande-dessinée française qui a inspiré en partie la franchise stellaire. Le vaisseau Alex rappelle de très près le design du Faucon Millenium. Sur ce niveau-là, tout est parfait. Valérian et la cité des mille planètes est une folie de création, ne s’épuisant jamais sur la longueur. La séquence de Big Market, une poursuite dans le plus grand marché de l’univers, fonctionnant sur trois niveaux de réalité, est une merveille. Au contraire des producteurs derrière les grosses franchises hollywoodiennes, on ressent que Luc Besson est un grand fan de l’univers au point d’en faire trop et de vouloir trop mettre de peur de pas assez. Dans ce sens, le réalisateur redoute tellement que le public ne le suive pas qu’il prend plusieurs scènes pour re-expliquer sans cesse les mêmes choses. Ce sentiment de prendre le spectateur par la main atteint son apogée lors de la confrontation finale avec le personnage du commandant Arün Filitt, où à force de flashback, le film nous explique ce qu’on a déjà compris depuis les vingts premières minutes.

valeriancitedesmilleplanetes-danedehaan-caradelevingne-critiqueCar si Valérian brille par son imagination, il souffre de sa narration. L’histoire pourtant très simple est servie par un scénario alambiqué et très brouillon. Beaucoup de passages du film sont des prétextes à de très belles séquences mais alourdissent le récit tant l’histoire et ses enjeux ont du mal à s’installer.  Le tout n’est pas servi par un casting parfait, Dane DeHaan n’est pas très convaincant dans le rôle de Valérian, faussant un air cool qu’il n’a visiblement pas. On pourrait blâmer Luc Besson pour le casting d’un acteur qui ne correspond visiblement pas au personnage qu’il a écrit maladroitement. Cependant Lauréline est le véritable personnage fort du film, drôle et intrépide, Cara Delevingne surprend et se démarque de tout le reste des acteurs. Le pourtant aguerri Clive Owen cabotine comme jamais et n’a pas l’air concerné une seule seconde par le film. La séquence de danse avec Rihanna est ridicule et bien que ne développant aucun personnage, Luc Besson décide de lui offrir tout un arc narratif en dix minutes. La deuxième partie du film est la plus pénible car elle le dirige dans un désastre narratif qui galère malgré les fulgurances créatives. Les dialogues, surtout entre le tandem du film, sont téléphonés et pas à la hauteur du spectacle offert. Luc Besson, à l’image de Georges Lucas, n’est finalement qu’un visionnaire en terme de création, mais dont les capacités d’auteur ne suivent pas.

Valérian et la cité des mille planètes reste un film à soutenir, le cinéma français ne s’aventurant jamais dans ces eaux-là. Bien qu’un régal pour les yeux, l’oeuvre ambitieuse de Besson souffre d’un scénario qui ne sait pas gérer son univers si fort et vaste. Mais c’est un vent d’air frais entre des grosses productions qui ne sont que des suites, des remakes ou des adaptations de comics de super-héros.

Valérian et la cité des mille planètes : Bande-annonce

Valérian : Fiche Technique

Réalisation : Luc Besson
Scénario : Luc Besson, d’après la série de bande dessinée Valerian et Laureline de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières
Casting : Dane DeHaan (Valerian), Cara Delevingne (Laureline), Clive Owen (Arun Filitt), Rihanna (Bubble), etc
Photographie : Thierry Arbogast
Musique : Alexandre Desplat
Montage : Julien Rey
Production : Luc Besson, Virginie Besson-Silla, Camille Coureau
Sociétés de production : EuropaCorp, Fundamental Films, Gulf  Film, River Road Entertainment. Co-produit par Grive Productions, Novo Pictures, Orange Studio, TF1 Films Production et Universum Film
Société de distribution France : Europacorp
Durée : 137 minutes
Date de sortie : 26 juillet 2017

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The Escape Artist, une mini-série de David Wolstencroft : Critique

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Retour sur une mini-série britannique judiciaire passionnante, The Escape Artist (Perfect Crime), créée par David Wolstencroft (Versailles, Spooks) avec les fantastiques David Tennant (bientôt de retour dans Broadchurch sur France 2) et Toby Kebbell.

Synopsis : Tout réussit à Will Burton : marié à la fabuleuse Kate et père d’un enfant, il est aussi un brillant avocat adoré par tous n’ayant pas l’habitude de perdre une affaire même face aux cas les plus désespérés. Il s’occupe alors du cas du jeune Liam Foyle, suspect d’un meurtre d’une violence inouïe. Sans surprise, Burton réussit à le libérer. Mais en sortant du procès, l’avocat refuse de serrer la main de son client. Ce simple geste va avoir des conséquences dramatiques sur la vie de Will…

the-escape-artist-perfect-crime-mini-serie-david-tennant-tobby-kebbel-critique-tv-showThe Escape Artist (il a été traduit sous le titre Perfect Crime en VF) est une mini-série diffusée en trois épisodes sur la BBC1. Elle ne vous dit rien ? Pourtant, un remake français pour TF1 est sorti en 2016, La Main du Mal, avec Grégory Fitoussi, Joey Starr, Mélanie Doutey et Elodie Frégé, qui reprennent respectivement les rôles tenus par David Tennant, Toby Kebbell, Sophie Okonedo et Ashley Jensen. On avait finalement très peu entendu parler de sa série d’origine ce qui est regrettable vu sa qualité.

Sur le papier, la série ne semble pas si originale dans le sens où on a déjà vu des films et des séries de thriller judiciaire avec des rebondissements qui clouent les spectateurs sur leur siège et surtout qui posent ces mêmes éternelles questions : est-ce que tout le monde mérite d’être défendu ? Peut-on faire justice soi-même ? Cela dit, on oublie très rapidement les autres connexions avec d’autres œuvres cinématographiques et télévisuelles : The Escape Artist  sait nous tenir en haleine jusqu’au bout grâce à un scénario très bien ficelé construit sur trois actes et une mise en scène efficace et soignée. Alors que les Américains n’auraient pas hésité à tirer douze saisons de vingt-cinq épisodes, les Britanniques ont tendance à être plus raisonnables : ce choix de livrer peu d’épisodes est finalement productif. En effet, les trois épisodes sont très rythmés et addictifs et les thèmes autour des limites de la loi et livrer sa justice quitte à enfreindre les règles, bien développés et pertinents. Si l’on n’est pas plus surpris par la critique d’une justice qui ne fait pas toujours bien son travail, en revanche, nous trouvons tout de même un regard pertinent et culturel sur la justice en Grande-Bretagne notamment en exploitant les différences entre les justices anglaise et écossaise.

Will Burton est un personnage de plus en plus attachant au fil des trois épisodes face au drame qui lui tombe dessus. Il s’éloigne de plus en plus de l’homme parfait et lisse en n’hésitant pas à se servir de ses connaissances sur le système judiciaire et de ses failles pour arriver à ses fins personnelles. Le duel David Tennant contre Toby Kebbell fonctionne du tonnerre, même si le personnage de Burton est davantage mis en avant : si cela aurait pu être un reproche, on comprend aisément les intentions des scénaristes. Cela est certainement un moyen pour montrer comment un homme a priori droit dans ses bottes peut basculer dans un autre camp. Surtout si rien ne nous explique la naissance et les raisons de la cruauté de Liam Foyle, on sait en revanche que cet homme est irrécupérable pour la société.

the-escape-artist-perfect-crime-mini-serie-judiciaire-britannique-david-tennantL’ancien Doctor Who est magistral en avocat parfait sur tous les points qui va descendre en Enfer et devoir remettre toute sa vie et son métier en question. Toby Kebbell (vu dans Quelques minutes après minuit et Black Mirror) est également impeccable dans le rôle du méchant qui cache pourtant bien son jeu en société. On regrettera peut-être le personnage tenu par Sophie Okonedo (pourtant très à l’aise dans son rôle d’avocate tenace) qui manque un peu d’épaisseur et aurait pu être un peu plus exploitée.

Après avoir tout vu, avec un peu de recul, on peut légitimement se demander si certains rebondissements tiennent vraiment debout mais peu importe : on y croit et on est surpris par ce que les scénaristes nous racontent du début jusqu’à la fin.

The Escape Artist : Trailer

The Escape Artist : Fiche Technique

Créée par David Wolstencroft
Casting : David Tennant, Toby Kebbell, Sophie Okonedo, Ashley Jensen
Genre : Drame judiciaire
Format : 57 minutes
Premier épisode : 29 octobre 2013
Chaîne d’origine : BBC1

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La Colle, un film d’Alexandre Castagnetti : Critique

Bien loin du navet que nous étions en droit d’attendre, La Colle se révèle être un divertissement récréatif, étonnamment ambitieux. Un constat qui restera malheureusement sur le papier, tant l’intégralité du long-métrage ne parvient jamais à suivre l’envie du réalisateur de sortir du lot.

Synopsis : Benjamin est un lycéen replié sur lui-même, en panne d’inspiration pour la bande-dessinée qu’il essaye de faire et secrètement amoureux de la belle Leïla. Mais un jour, par un concours de circonstances, il se retrouve bloqué malgré lui en colle, avec les pires élèves de l’établissement et sa bien-aimé. C’est alors qu’il se rend compte que son vœu, souhaité sur un site Internet – que Leïla et lui soient ensemble – l’oblige à revivre sa colle jusqu’à ce qu’il parvienne à sortir avec elle…

Alexandre Castagnetti : collé pour n’avoir fait que le strict minimum !

« Le cinéma français, c’est nul ». C’est la phrase que l’on entend à tout bout de champ dans la bouche des spectateurs ces dernières années, bien que certains semblent pourtant s’en sortir au box-office (Les Tuche, Camping…). En même temps, ces derniers ne sont pas à blâmer tant la réputation de nos films nationaux laissent à désirer, et ce depuis déjà bon nombre d’années. La faute revenant principalement à la qualité (très) douteuse de la comédie, genre populaire dans nos contrées qui fourmillent de titres infâmes (Les Nouvelles Aventures d’Aladin en est le parfait exemple) et influencent pour le coup l’avis général du public. Et avec des longs-métrages un brin paresseux (Mon Poussin) ou bien totalement insipides (Bad Buzz), il n’est pas étonnant de voir autant de haine envers notre cinéma national, qui regorge pourtant d’excellents représentants passant un peu trop souvent inaperçus. Et ce n’est malheureusement pas La Colle qui va arranger quoi que ce soit, malgré sa sympathie et son aspect récréatif.

Dès sa bande-annonce, le nouveau film d’Alexandre Castagnetti faisait peur. En suivant les mésaventures d’un lycéen de la banlieue parisienne (même si ce n’est pas précisé dans le scénario, cela coule de source), le réalisateur avait toutes ses chances de tomber dans les clichés inhérents de ce type de décor : voir à chaque fois des personnes d’origine maghrébine au langage très limité, se résumant à du rap, de l’agressivité et une grammaire au ras des pâquerettes. De constater que l’histoire se déroule toujours dans une école qui paraît désaffectée à cause d’un sérieux manque d’entretien et de murs tagués à foison. Bref, le genre de tableau qu’on nous sert sans arrêt et qui nous bourre le crâne avec des faux-semblants assez injustes. Et avec les personnages exagérément archétypaux que nous proposait La Colle, le film risquait, comme la plupart de ses aînés, de s’enliser dans les poncifs. Mais Castagnetti a réussi à contourner cela, par le biais de son concept et de ce qui semble être un amour pour la bande-dessinée (le cinéaste avait adapté Tamara en 2016, ce qui est sans doute un signe).

Sans jamais se vanter d’avoir eu une idée originale – le cinéma hollywoodien l’ayant déjà fait depuis belle lurette via des titres comme Un jour sans fin et le récent Edge of Tomorrow en termes de boucle temporelle, sans parler de Breakfast Club pour ce qui est « d’être collé » –, Alexandre Castagnetti fait dans la simplicité afin de divertir son public. Il prend son personnage principal, un lycéen paumé, geek et secrètement amoureux de la belle du moment, et lui fait affronter une faille spatio-temporelle qui va lui permettre au passage de s’affirmer. Une histoire simple, universelle et donc très accessible, servant avant tout de prétexte au réalisateur de mettre sur un piédestal son affection toute particulière à l’univers de la BD. Une passion qu’il transmet à son héros (dessinateur à ses heures perdues) et qu’il confère à son film via un découpage en chapitres, des situations rocambolesques (le coup du chihuahua qui ferait presque penser au lapin de Monthy Python – Sacré Graal !) et des personnages hauts en couleur (dont un concierge hippie). Justifiant ainsi leurs archétypes excessifs pour nous balancer en pleine face qu’il ne faut pas se fier aux apparences. D’ailleurs, le scénario fait la part belle à cette thématique en insistant bien sur le fait qu’une histoire n’est rien sans ses protagonistes secondaires. Leur offrant une certaine importance dans le récit et une histoire à chacun, qui casse l’image que l’on se fait d’eux au premier abord (le beau gosse de service faisant de la danse classique, la racaille étant agressive pour exister…). Rien qu’avec cela, on sent l’envie d’Alexandre Castagnetti de donner une petite leçon au spectateur par la voie du divertissement. Et quelque part, cela fait du bien de voir une comédie française porteuse d’un message, qu’il soit complexe ou, dans ce cas précis, simple mais efficace.

Il est cependant dommage que le long-métrage, dans son intégralité, ne suive pas l’ambition du réalisateur. La Colle se veut délirant avec ses situations loufoques ? Sur ce point là, le film n’est pas des plus généreux, ne provoquant pas le rire que nous étions en droit d’attendre. Le film propose même certaines idées qui auraient mérité d’être exploitées (le meilleur ami Noir, véritable décalage entre le milieu aisé d’où il vient et l’endroit où il étudie), en vain. Le surjeu des comédiens est pour le coup explicite ? Il n’empêche que, malgré leur plaisir visible de jouer dans un tel divertissement, cela reste un art dans lequel ils n’excellent pas vraiment, en en faisant des caisses pour pas grand-chose. Des personnages secondaires sur le devant de la scène ? Ils n’ont pas assez d’envergure pour passionner l’assistance. La mise en scène s’inspire ouvertement d’une bande-dessinée ? Vous n’aurez que quelques dessins s’incrustant dans le récit et deux petites scènes visuellement farfelues à vous mettre sous la dent. Pas de style ni de montage spécifiques (comme le procédé du split screen) qui auraient pu offrir bien plus de panache et de prestance à l’ensemble. En gros, le film ne va pratiquement jamais au bout de ses idées, et se contente du strict minimum pour amuser la galerie. Par manque de moyens ? De talents ? De réelles ambitions ? Difficile de choisir tant ces trois suggestions semblent plausibles.

C’est ainsi que se présente La Colle : une énième comédie française que l’on aurait pu voir comme un navet, mais qui cache son ambition de vouloir casser les clichés et de sortir du lot, sans vraiment y parvenir par pure fainéantise. On se contentera donc d’un divertissement sympathique et récréatif qui amusera le temps de son visionnage sans pour autant impressionner ni rester dans les mémoires. Cela reste bien meilleur que Bad Buzz et À bras ouverts, mais ce n’est pas encore suffisant pour prétendre au titre de meilleure comédie française de l’année 2017.

La Colle : Bande-annonce

La Colle : Fiche technique

Titre original : La Colle
Réalisation : Alexandre Castagnetti
Scénario : Alexandre Castagnetti et Christophe Turpin
Interprétation : Arthur Mazet (Benjamin), Karidja Touré (Leila), Thomas VDB (M. Dugon), Issa Doumbia (Jean-Edouard), Sonia Rolland (l’infirmière), Alexandre Achdjian (Max), Noémie Chicheporiche (Myriam), Najaa Bensaid (Fraîcheur)…
Photographie : Vincent Gallot
Décors: François Emmanuelli
Costumes : Isabelle Ntakabanyura
Montage : Olivier Michaut-Alchourroun
Producteurs : Eric Juhérian, Stéphane Quester, Mathias Rubin et Jérémie Vitard
Productions : Récifilms, Neuf Janvier Production, Nexus Factory, NJJ Entertainment, Umedia, CN7 Productions, OCS, Palatine Etoile 14, Indéfilms 5, Cinémage 11 et uFund
Distribution : Universal Pictures International
Durée : 91 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 19 juillet 2017

France – 2017

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Transfiguration, un film de Michael O’Shea : Critique

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Présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2016 et en compétition à Deauville la même année, Transfiguration est finalement passé inaperçu face à l’enthousiasme généré par la projection de GraveMais que vaut vraiment l’autre sensation horrifique de la Croisette ?

Synopsis : Queens, New York. Milo a 14 ans. Orphelin, son seul refuge est l’appartement qu’il partage avec son grand frère. Solitaire, il passe son temps à regarder des films de vampires. L’arrivée d’une nouvelle voisine fera naître en lui des sentiments nouveaux…

transfiguration-michael-o-shea-2017-affichePrétendant à la Caméra d’Or, la sélection du premier long métrage de Michael O’Shea à Un Certain Regard témoigne évidemment d’une proposition de cinéma nouvelle sur le mythe du vampire, pourtant en soi déjà un genre bien épuisé. Premier point, Transfiguration se déroule dans le ghetto new-yorkais où un jeune orphelin vit malgré lui avec sa nature de vampire. Dans cet environnement aux allures de The Wire, Michael O’Shea fait évoluer son personnage à travers les rues incertaines, les cages d’escalier et sa chambre où il passe le plus clair de son temps à étudier la condition des suceurs des sang. Plus loin, il va rencontrer une jeune fille, un peu superficielle et paumée dans ce monde où elle subit les violences de son grand-père et les abus de ses copains. C’est à cet instant précis que le film nous envoie son pathos au visage pour bien faire comprendre que c’est ce contexte qui favorise l’escalade de la violence. Dès lors, ce petit anti-héros victime du climat social dans lequel il vit comprend vite que seul l’amour pourra lui faire prendre conscience de l’absurdité de la violence. Difficile de faire plus moralisateur et caricatural.

Transfiguration ne va pas plus loin que le film hommage, incapable de flirter avec les les classiques du genre.

Transfiguration-michael-oshea-2017-cannesIl y a bien évidemment quelques bonnes idées dans la relecture du mythe du vampire, à commencer par le comportement froid et désincarné de cet adolescent, le fait qu’il puisse profiter du soleil ou de l’ail et soit insensible à la religion. Quoiqu’un peu suffisant, il est intéressant de voir Michael O’Shea à travers son protagoniste se moquer des nouveaux codes du vampire, loin de la créature agile et brillante que certains films ont pu oser représenter. Ce qui aurait pu faire de Transfiguration un bon film, c’est notamment son approche du vampire à travers le genre du drame social, tout en préservant son caractère indépendant avec une caméra au poing qui lui assure une immersion malsaine au sein de cet environnement dangereux. Mais en s’entêtant à développer une bluette de teen movie, Michael O’Shea se fait maladroit et n’arrive ni à exceller dans le film de vampire, ni le drame social, ni la comédie adolescente. Reste alors un cinéaste amoureux des vampires au point d’en faire des références à outrance. De Twilight à Nosferatu en passant par Morse ou des nanars sans noms, tout y passe. Il est à parier que Michael O’Shea pense avoir révolutionné le genre mais il n’atteint avec cette fable moderne qu’une représentation désincarnée et ennuyeuse de cette créature gothique qui ne cesse de fasciner depuis le roman de Bram Stoker.  Prétentieux, lourd et impersonnel, Transfiguration ne fera pas date. Dans le genre film de vampire indépendant, on lui préférera davantage A Girl Walks Home Alone at Night de Ana Lily Amirpour.

Transfiguration : Bande annonce VOST

Transfiguration : Fiche Technique

Titre original : The Transfiguration
Réalisation : Michael O’Shea
Scénario : Michael O’Shea
Interprétation : Eric Ruffin (Milo), Chloe Levine (Sophie), Larry Fessenden (Homme saoûl), Danny Flaherty (Mike)
Photographie : Sung Rae Cho
Montage : Kathryn J. Schubert
Musique : Margaret Chardiet
Costume : Samantha Hawkins
Décors : Danica Pantic
Producteurs : Susan Leber, Billy Mulligan, Daniel Hammond, Lauren McCarthy
Sociétés de Production : Transfiguration Productions LLC, Susie Q Productions
Distributeur : ARP Selection
Budget : /
Festival et Récompenses : Un Certain Regard au Festival de Cannes 2016, Compétition Internationale Festival Américain du Film de Deauville 2016, Compétition Internationale du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg 2016, Compétition Internationale du Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel 2016
Genre : Drame, horreur
Durée : 97 minutes
Date de sortie : 26 juillet 2017

États-Unis – 2016

 

Comic Con 2017 : Tous les trailers de vos séries préférées

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Découvrez les bandes-annonces de l’édition 2017 du Comic-Con de San Diego du côté des séries avec Stanger Things, The Defenders, Ghost Wars, Black Lightning, Vikings…

Clap de fin pour le San Diego Comic-Con International 2017. Riche en surprises, l’événement qui s’est tenu du 20 au 23 juillet 2017 a été l’occasion pour les cinéphiles et sériephiles d’avoir un aperçu de la saison 2017-2018 sur nos petits et grand écrans. Les fans de la grande messe dédiée à la culture pop ont pu découvrir les nouveaux trailers des séries de The Walking Dead à American Horror Story : Cult en passant par les super-héros de l’univers DC, Marvel, Netflix, des « sneak peak », et autres images inédites (« bloopers », etc.)

Ainsi, à l’occasion de cette mythique Convention Internationale, CineSeriesMag vous propose de découvrir toutes les nouvelles bandes-annonces dévoilées. Accrochez-vous, il y en a beaucoup.

Doctor Who – Christmas Special (BBC America) : Twice Upon a Time

BBC diffusera l’épisode spécial (Christmas Special) baptisé “Twice Upon a Time”. A la fin de l’épisode du 12ème Doctor, porté par l’acteur Peter Capaldi, le 13ème Doctor, sera incarné pour la première fois par une femme, Jodie Whittaker (Broadchurch).

Dirk Gently – Saison 2 (BBC America)

Une série adaptée des romans cultes de l’Anglais Douglas Adams (Le Guide du voyageur intergalactique), inspirés de scripts que l’auteur avait fait pour Doctor Who. Signés par Max Landis et le showrunner Robert Cooper la saison 2 de Dirk Gently’s Holistic Detective Agency suit les aventures de Samuel Barnett alias (Dirk Gently) et Elijah Wood (Todd Brotzman), son assistant, un groom solitaire, dans la peau de deux détectives holistiques. Un spectacle original, drôle, halluciné et très british mêlant à la fois des éléments surnaturels mystérieux et des concepts de science-fiction comme le voyage dans le temps.

Aux côtés de Elijah Wood et Samuel Barnett on retrouve Hannah Marks (Amanda Brotzman), Jade Eshete (Farah Black), Fiona Dourif, Jade Eshete, Mpho Koaho (Ken), Michael Eklund, Dustin Milligan, Miguel Sandoval, Neil Brown Jr., Richard Schiff et Kaitlyn Dever. La saison 2 introduit deux nouveaux acteurs Alan Tudyk (Mr. Priest) et Tyler Labine (Sherlock Hobbs).

La saison 2 de la série Dirk Gently’s Holistic Detective Agency est annoncée cet automne 2017, donc l’attente ne devrait pas être trop longue pour les fans du spectacle.

Arrow – Saison 6 (CW)

https://www.youtube.com/watch?v=DHZEeDEwRE0

La saison 6 arrive le 12 octobre prochain sur la chaîne câblée The CW, avec cette fois-ci dans le rôle du grand méchant, Michael Emerson, le fameux Ben Linus de la série Lost et Harold Finch dans Person of Interest.

Black Lightning – Saison 1 (CW)

https://www.youtube.com/watch?v=7dM8dI_-P9o

Attendu à la mi-saison sur CW, Black Lightning est le premier super-héros afro-américain de l’univers de DC Comics. Créé en 1977 par Tony Isabella et Trevor Von Eeden. Au casting de ce drame Cress Williams, China Anne McClain, Nafessa Williams et Christine Adams.

Synopsis : Jefferson Pierce, un ancien athlète Olympique qui est né avec la capacité de manipuler les champs électromagnétiques. Ce super-héros qui a raccroché son costume depuis plusieurs années, se voit dans l’obligation de ré-endosser son identité secrète lorsque sa fille et un de ses élèves se retrouvent en danger. Il redevient Black Lightning, un méta-humain qui contrôle les champs électro-magnétiques…

iZombie – Saison 4 (CW)

Vous pourrez retrouver Liv, la mangeuse de cerveau dans une saison 4 qui devrait débuter au printemps 2018.

DC’S Legends of Tomorrow – Saison 3 (CW)

https://www.youtube.com/watch?v=qwGNep39atY

Les fans du DCEU, pourront retrouver le 10 octobre 2017, la troisième saison sur la chaîne américaine CW.

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Suite de l’article bandes-annonces des séries à ne pas rater du Comic Con 2017 : Riverdale – Supergirl – Supernatural – The Flasch

Death House : Le film d’horreur indépendant s’apprête à sortir en salles cet automne !

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Le rêve de Gunnar Hansen, l’acteur légendaire de Massacre à la tronçonneuse pour son rôle de Leatherface dans le classique de Tobe Hooper, va devenir réalité. Le film d’horreur indépendant Death House, réalisé par Harrison Smith et basé sur les idées de Gunnar Hansen, va bien bénéficier d’une sortie en salles aux USA dès cet automne !

Le tueur au puzzle de la saga Saw peut donc trembler ! La belle surprise au box-office pour Halloween pourrait bien provenir d’un film d’horreur indépendant fait avec les tripes et avec beaucoup d’amour et de passion pour le cinéma de genre. Le réalisateur Harrison Smith (Camp Dread) a levé le voile cette semaine sur la date de sortie de Death House, ce film tant attendu par les mordus d’horreur depuis l’annonce du lancement du projet. La nouvelle a été dévoilée en exclusivité dans la nuit de mardi dans le cadre d’une interview du réalisateur B. Harrison Smith auprès de l’équipe de l’émission The Dorkening, diffusée sur Youtube.

Harrison Smith a confirmé à l’équipe du show The Dorkening que le long-métrage horrifique Death House allait sortir en salles aux USA… à l’automne prochain ! La date officielle sera communiquée dans les semaines à venir. Le suspense subsiste pour connaître l’ampleur de cette sortie. Death House va-t-il bénéficier d’une sortie limitée ou d’une exploitation royale en salles sur l’ensemble du territoire américain ?

Harrison Smith et Gunnar Hansen avaient l’ambition de créer une nouvelle franchise d’horreur avec Death House qui pourrait s’étendre sur six films. Les spectateurs suivront la plongée de deux agents du FBI (interprétés par Cortney Palm et Cody Longo) dans les entrailles d’une prison fédérale qui accueille les pires criminels de la planète au cœur de la zone 51. Les prisonniers les plus violents sont maintenus sous contrôle par l’intermédiaire d’un système de réalité virtuelle qui leur donne l’illusion d’étancher leur soif de meurtre et leur pulsion de mort. L’établissement pénitentiaire de haute sécurité abrite en son sein, en réalité, une porte sur l’Enfer. La plupart des prisonniers ne tarderont pas à créer une émeute… démoniaque !

Harrison Smith a rappelé dans l’émission The Dorkening que ni lui, ni Gunnar Hansen, ni l’équipe du film n’ont tenu à développer ce projet et à le décrire comme le Expendables de l’horreur depuis le début. Ils réfutent ce terme réducteur. Death House n’est pas un « monster mash-up », un film de monstres légendaires. Harrison Smith a tenu à expliquer que la perspective de voir Candyman affronter Freddy Krueger, Pinhead, Michael Myers, Leatherface et Jason Voorhees était insensée et stupide. Ce concept, déjà vu dans Freddy VS Jason ou récemment dans La Momie, aboutit à des œuvres insipides et ridicules.

Harrison Smith a voulu porter avec Death House un projet de bonne qualité avec un jeu d’acteur digne et un travail solide de la part de la production. Le réalisateur de Camp Dread a souhaité rendre un brillant hommage à Gunnar Hansen avec ce long-métrage et livrer un film de genre indépendant original avec des personnages inédits. L’inoubliable interprète de Leatherface, Gunnar Hansen, a été malheureusement emporté par un cancer en novembre 2015.

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Le casting fascinant relève presque du rêve pour les mordus d’horreur. Death House réunit les comédiens Kane Hodder (Vendredi 13 : VII, VIII, X), Tony Todd (Candyman), Dee Wallace (E.T., Hurlements), Barbara Crampton (Re-Animator, From Beyond), Debbie Rochon (Terror Firmer, Tromeo and Juliet), Adrienne Barbeau (The Fog, Creepshow), Bill Moseley (Massacre à la tronçonneuse 2, The Devil’s Rejects), Michael Berryman (La Colline à des yeux), Lloyd Kaufman (les studios Troma), Sid Haig (La maison des 1 000 morts, The Devil’s Rejects), Vernon Wells (Mad Max 2, Commando), Felissa Rose (Massacre au camp d’été), Kenny Ray Powell, Cody Longo, Cortney Palm et Sean Whalen (Twister, Le sous-sol de la peur).

Harrison Smith et les équipes de The Dorkening ont dévoilé que des contacts avaient bien eu lieu avec d’autres légendes de l’horreur mais que des problèmes de calendrier et des obligations de tournage avaient empêché les comédiens Robert Englund, Bruce Campbell et Bianca Bradey de rejoindre l’équipe de Death House. Ils pourraient participer en revanche aux suites éventuelles !

Death House a été dévoilé en avant-première dans le cadre d’une projection test en juin dernier au festival Scare-A-Con en présence du réalisateur Harrison Smith et de la comédienne Felissa Rose. Les spectateurs ayant assisté à cette séance ont massivement plébiscité le film. Ils étaient invités à remplir un questionnaire, à noter le film et à retranscrire honnêtement leurs avis. Une écrasante majorité d’avis positifs et de bonnes notes ont été récoltés. Harrison Smith a depuis tourné un autre film indépendant, une comédie intitulée Garlic and Gunpowder avec Vivica A. Fox, Michael Madsen, Lainie Kazan, Felissa Rose, Martin Kove, James Duval et Lindsay Hartley. Ce long-métrage a été présenté il y a quelques semaines à Los Angeles lors d’une soirée en avant-première.

La date définitive de la sortie de Death House va donc être communiquée dans les semaines à venir. Les fans d’horreur n’ont plus que quelques semaines à patienter pour découvrir ce film d’horreur indépendant aux USA. Les prochaines éditions du PIFFF ou de l’Étrange Festival pourraient réaliser un sacré coup en sélectionnant le long-métrage d’Harrison Smith dans leur programmation à la rentrée. L’équipe de Panic X Chroma pourrait également tenter de lancer une projection spéciale l’hiver prochain en présence du réalisateur.

Death House réalisé par Harrison Smith – Bande-annonce – VO :

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Grave cannibalise les DVD et Blu-ray chez Wild Side

Ce mercredi débarque en DVD et Blu-ray le film « événement » de 2017, Grave. Le conte horrifique de Julia Ducournau est pourtant loin d’être le choc vanté et vendu par la critique. Au programme : un rapport à la chair très inspiré ; une progression horrifique loin d’être claire ; un casting en demi-teinte ; et des animaux mal lotis.

Synopsis : Dans la famille de Justine, tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur aînée est également élève. Mais, à peine installées, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature.

Cronenberg-ien ou presque

Dans de nombreuses interviews, Julia Ducournau ne cesse de citer le cinéaste David Cronenberg comme inspiration. On pense alors au rapport à la chair de Grave. Gluante, meurtrie, saignante, dévorée, morte, vivante, sexualisée ou encore en mutation, le rapport à la chair du film de Ducournau doit beaucoup au cinéma de David Cronenberg, de Videodrome à La Mouche en passant par Existenz. Bien sûr, cette affiliation doit être relativisée. La cinéaste s’en inspire, mais ne cherche pas à produire des créatures de et dans la chair. Ainsi la représentation de la mutation de l’héroïne reste minimaliste. Certains la qualifieront de « réaliste »,  et citeront la justification du film : Justine a subi une crise d’allergie sans pareille.

Des justifications, voilà qui séparent bien les images de Ducournau des fantasmes Cronenberg-iens. La fin du film présente le cannibalisme tel un obscur mal familial, et expose une nouvelle mission à l’héroïne : trouver la solution en elle, en sa différence. L’anthropophagie est alors une maladie à soigner. En rationalisant tant bien que mal son horreur, Grave expose ses limites quant à son inspiration du cinéma de Cronenberg. Aussi, le long métrage perd son caractère fantastique, exposant alors des failles dans sa progression horrifique.

Ci-dessous, le thème principal du tragique Grave.

Horreur et Morale

Justine intègre la première année d’une école vétérinaire. Elle est végétarienne, présentée au début du film comme étant allergique à la viande. Lors d’une énième session de bizutage, l’héroïne doit manger un rein de lapin cru. Elle subit une grande crise (d’allergie, dira-t-on). Ensuite, elle a faim de viande. Elle goûte au poulet cru sous plastique de supermarché. Puis, à la chair humaine fraîche, et devient alors cannibale. Des questions se posent : pourquoi Justine passe t-elle rapidement et férocement de la chair de lapin et poulet morte à la viande vivante humaine ? Pourquoi ne goûte-t-elle pas à la chair vivante des chevaux, vaches, canins et autres de son école ?

Ne serait-ce pas ici une certaine leçon de morale qui nous serait assénée ? En dévorant la chair morte, tuée, abîmée, des animaux, l’humain pur (le végétarien) serait alors condamné à manger ses pairs. Voilà une théorie qui pourrait se tenir, quand bien même elle serait ridicule et contredite – inconsciemment – par les images du film.

La théorie ci-dessus, en différenciant l’animal de l’humain, implique l’existence de réflexion spéciste. Mais, évitons la mauvaise langue, et disons que cette théorie n’est en rien présente dans le film. Rappelons les grandes lignes du film : Justine est végétarienne et vierge ; sa sœur est libérée sexuellement et cannibale. En goûtant à la chair morte crue d’un lapin, Justine a petit à petit faim des hommes qui sont à la fois des sujets des désirs sexuels et des objets de désir cannibale. Une autre morale se dessine : en goûtant à la viande, les individus renient les plus grandes vertus morales (et religieuses). Mais, où passent les vaches, les chevaux, et les chiens vivants et décédés entre le goûter de viande blanche morte de supermarché à la « première fois » cannibale ?

Un casting animalier morbide

Au casting du film, on remarque certaines actrices (Garance Marillier, qui interprète Justine) et on en déplore d’autres (Ella Rumpf, qui prête ses traits à la sœur de la protagoniste, Alexia). Et il y a les autres, ceux présents pour la morale, et aussi pour rendre spectaculaire(ment dégoûtant) le rapport à la chair du film, et alors son horreur. Ceux qui seront rapidement oubliés d’ailleurs : les chiens, les vaches, les chevaux… Tous ces animaux traités dans l’école de Justine. Mais pas que… Il y a aussi le Golden Retriever de la famille, et le Berger Allemand d’Alexia. Que remarque-t-on ? Le premier est repoussé sans cesse par Justine ; le deuxième l’est aussi, et semble être constamment enfermé dans le petit logement de la sœur. À cause de Justine (et aussi d’Alexia, il faut le dire), le deuxième goûte au sang, à la chair humaine et doit alors être piqué. Il subit les pêchés des sœurs. Et quand est-il des autres animaux vivants présents dans l’école vétérinaire de Justine ?

On nous présente un cheval endormi, amené en salle d’opération. L’être est en mauvaise posture. Il est filmé de telle manière qu’il en ressort un regard humain (dominant) sur le cheval fragilisé (l’animal dominé). Plus tard, Alexia semble opérer une sorte de lavement à une vache. L’actrice se prête à l’exercice face à la caméra. Et seul l’arrière train de l’animal est dans le champ. Encore un animal présenté en mauvaise posture. Il y a aussi l’image – d’ailleurs étrange quant à sa place et signification dans le récit – d’un chien empaillé, les pattes à l’air. L’animal n’est plus juste un être vivant dominé par l’homme et son regard, ni un être soumis à l’action humaine (d’une actrice et de la production pour la mise en place d’une action gaguesque), il est vidé de toute vie et devient un objet décoratif. Ce dernier participe au spectacle de mauvais goût du film, tout en tendant à soutenir le penchant abstrait du show de Ducournau. Avant que certains ne s’empressent de dire que le regard de la végétarienne Justine est explicitement anti-spéciste, notamment dans la scène de préparation d’opération du cheval, notez que ce regard du personnage disparaît rapidement du récit, pour ne laisser que le flot d’images décrites ci-dessus.

Justine est sensible à la situation du cheval prêt à être opéré.

Le journaliste Camille Brunel note dans son écrit critique de Grave : « ce végétarisme est triplement bidon, la possibilité de l’existence d’un végétarisme fondé sur des convictions animalistes étant évacuée in extremis par le scénario – si twist il y a, c’est même celui-là : dans la famille de l’héroïne, on est végétariens pour éviter de se bouffer les uns les autres, rien d’autre. Les animaux ne comptent pas ». Il évoque aussi un commentaire de la réalisatrice : « Au festival de Strasbourg, ma voisine a demandé à Julia Ducournau si pour elle les animaux n’étaient qu’un décor. Non seulement sa réponse a été oui, mais elle a précisé aussitôt qu’elle en avait assez qu’on dise qu’elle avait réalisé un film végane, que pour elle, le végétarisme n’était qu’un outil scénaristique : pour que le cannibalisme soit le plus gore possible, autant qu’il tombe sur une fille qui était végétarienne, pour qu’on parte du plus loin possible. » Une grande question doit alors être posée : où sont la morale et l’éthique dans cette production cinématographique ?

DVD & Blu-ray

Le film possède une édition loin d’être au niveau du « choc » tant vanté par les critiques. Le long métrage est présenté avec une image et un son précis et soignés, mais les bonus manquent à l’appel. Pas de making-of en vue, mais deux scènes coupées et deux longues interviews : une de l’actrice Garance Marillier ; et une deuxième de la réalisatrice Julia Ducournau.

Bande-Annonce : Grave

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Format image : 2.40 16/9ème compatible 4/3 –

Format son : Français DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0 – Audiodescription

Sous-titres : Français pour Sourds & Malentendants

Durée : 1h35

Prix public indicatif : 19,99€ le DVD

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Format image : 2.40 – Résolution film : 1080 24p

Format son : Français DTS HD Master Audio 5.1 – Audiodescription

Sous-titres : Français pour Sourds & Malentendants

Durée : 1h38

Prix public indicatif : 24,99€ le Blu-ray Digipack

COMPLÉMENTS COMMUNS DVD & Blu-ray

– Entretien inédit avec Julia Ducournau (47’)

– Entretien inédit avec l’actrice principale Garance Marillier (47’ – exclusivité Blu-ray)

– 2 scènes coupées

Afin que le plus grand nombre puisse profiter de ce film, DVD & Blu-ray proposent tous deux le Sous-titrage pour Sourds & Malentendants et l’Audiodescription pour Aveugles et malvoyants.

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Interview de Lisa Ohlin pour son film Walk With Me

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Pour la sortie de son film Walk With Me, nous avons rencontré la réalisatrice Lisa Ohlin. Rencontre avec une femme pleine d’humanité.

I. Son œuvre

Walk With Me est né d’une de vos rencontres avec un soldat de retour de la guerre. Qu’a déclenché cette rencontre en vous ?

lisa-olhin-walk-with-meEn fait, j’ai d’abord lu que certains danseurs s’étaient portés volontaire pour travailler avec des soldats. Je n’osais pas aborder les soldats directement, ne sachant pas s’ils seraient totalement consternés par l’idée de faire un film sur leur traumatisme, alors j’ai abordé la danseuse en mentionnant mes idées. Elles m’ont présenté un soldat qui était disposé à partager son histoire avec moi. Il était tellement courageux et honnête quant à l’explosion, à travers une misère totale et à l’idée de se retrouver à nouveau. C’était profondément émouvant et je sentais que cette histoire n’avait jamais vraiment été racontée par les soldats de Dansih. Comment la guerre change-t-elle les jeunes hommes à l’intérieur?

Comment vous est venue l’idée de lier l’univers de la guerre à celui de la danse ?

Les deux mondes peuvent sembler très éloignés et opposés, mais ils ont beaucoup de points communs. Ils attirent tous deux les gens à un jeune âge de formation. Ils apprennent l’obéissance au groupe au-dessus de eux-mêmes, les rendant moins développés en tant qu’individus face à leurs pairs, créant un isolement et un lien fort au sein du groupe. Un soldat qui n’obéit pas aux ordres est un soldat mort et un danseur qui ne doit pas obéir aux ordres perdra son travail. Ils vivent avec des codes de comportement que le monde extérieur ne comprend pas. Ils ont tous deux mis des attentes physiques incroyablement élevées et exigent une ignorance de la douleur.

Comment s’est déroulé le casting du film ?

Cecilie Lassen a récemment été retirée en tant que danseuse en raison d’une blessure, lorsque je l’ai rencontrée la première fois. Un an et demi plus tard, alors que nous faisions le casting, je l’ai demandé et elle a fini par avoir des talents d’actrice incroyables.

Mikkel est l’une des grandes stars du Danemark. Au début je ne l’ai pas vu dans la partie. Cependant, une fois que je l’ai rencontré et j’ai vu son énorme énergie et son talent, il ne faisait aucun doute qu’il pourrait faire la part. Il s’est entraîné très fort, tous deux gagnant beaucoup de poids musculaire et apprenant à marcher comme s’il apprenait la difficulté d’équilibrer les prothèses.

Walk With Me est un film dramatique, qui aborde de nombreuses thématiques comme celles de la reconstruction humaine. Quel message souhaitiez-vous faire passer à travers votre œuvre ?

Comme dans tous mes films, je m’occupe du thème de la perte de l’identité et du voyage pour répondre à notre moi et le retour comme personne transformée. On ne peut pas devenir une personne différente, on apporte toujours notre vieil âme avec nous, mais on choisi de rester dans la douleur, l’amertume et le désir du passé; Ou d’oser faire face à la douleur et apprendre à accepter et à embrasser notre nouvelle identité. C’est un processus auquel nous sommes confrontés à plusieurs reprises dans la vie. Pour un jeune homme qui a aspiré à être perçu comme un héros par la société et qui finit par devenir un handicapé civil, le voyage est évidemment très difficile.

Je voulais également parler honnêtement des conséquences de la guerre pour les jeunes hommes. Nous voulons rarement entendre comment leurs âmes de plusieurs façons sont détruites, et l’armée attire encore beaucoup de jeunes hommes avec des attentes irréalistes et un déni de ce qui pourrait arriver. Les blessures ne sont pas toujours visibles : tant de jeunes hommes souffrent de dépression post-traumatique, devenant un danger pour eux-mêmes et pour les autres.

Walk With Me est un film sur l’Amour. Pensez-vous que la force de ce sentiment peut aider un être humain, tel que Thomas, à se reconstruire ?

Je pense que l’amour est essentiel pour l’impulsion et le courage afin de faire face à la douleur et au chagrin. Bien sûr, cela pourrait être l’amour de vous-même et la volonté de survivre, mais cela vous aide à être aimé par quelqu’un d’autre dans le voyage douloureux.

II. Son parcours

Parlez-nous de vous.

interview-lisa-ohlinJ’ai grandi avec mes parents entre les États-Unis, la France et la Suède. Mon imagination a été mon meilleur ami pendant tous les mouvements, créant une constante dans le chaos. D’abord, j’ai peint. Ensuite, j’ai appris le film à la fois de travailler mon chemin sur les ensembles, de la fabrication du café via le gestionnaire de localisation au premier AD, assistant éditeur et finalement directeur ; Ainsi que d’aller à l’Université de New York, en prenant un master en film.

Je suis également une mère célibataire de deux adolescents, pour le moment, en Suède. Et je suis une amoureuse des animaux avec trois chats et un chien. J’ai dirigé le cinéma et la télévision pendant vingt-cinq ans, à l’exception de quelques années où mes enfants étaient jeunes et j’ai travaillé comme commissaire au film au Swedish Film Institute.

Quelles sont vos influences artistiques ? (cinéma, musique, art…)

En provenance de l’art, la peinture est une source d’inspiration majeure pour moi. Les impressionnistes français, les expressionnistes russes, Edvard Much et Robert rauchenberg sont parmi mes favoris. Bien sûr, je regarde les peintres comme Johannes Vermeer pour étudier la lumière.

Cinématiquement, mes inspirations sont Godard, Fassbinder, Truffaut, Bergman, Gus van Sant, les premiers films de Leo Carax, Jane Campion, Kieslowsky et Ozu. Bien que j’admire de nombreux cinéastes plus récents, j’ai été formé par ces réalisateurs.

Je n’écoute pas beaucoup la musique car je préfère le silence. J’écoute les conversations des gens partout, dans le bus, dans les cafés. La vie des gens m’inspire.

Pourquoi la réalisation ?

Bien que j’aime la peinture, elle a attiré un public trop sélectif et supérieur. Je voulais parler à d’autres types de personnes au sujet des problèmes humains. Pendant que je peignais encore, j’ai eu la chance d’avoir un emploi de jour en tant qu’assistant de production dans une petite entreprise cinématographique. Cela m’a fait comprendre que le film était en train de peindre, mais incluait le dialogue. Alors, j’ai décidé d’aller à l’école de cinéma.

Avez-vous des projets en cours ?

Je travaille actuellement sur deux fonctionnalités américaines qui financent. Pendant ce temps, je ferai quelques épisodes d’une série de crimes en Suède. J’écris aussi un livre basé sur une série télévisée adorée co-écrite par moi-même et un collègue écrivain. Malheureusement, le projet a été rejeté par la télévision suédoise, mais je crois toujours en l’histoire.

Si vous deviez résumer votre univers en un mot, lequel serait-il ?

La passion.

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Downrange : le grand retour de Ryûhei Kitamura au cinéma !

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Le cinéaste japonais Ryûhei Kitamura est de retour avec un nouveau projet pour les besoins du septième art. Downrange s’annonce d’ores et déjà comme un film assez terrifiant et angoissant !

Ryûhei Kitamura (Versus, l’ultime guerrier, Azumi, Godzilla Final Wars, Midnight Meat Train) est de retour ! Le réalisateur japonais a terminé le montage de son nouveau film, Downrange, selon des informations de Mad Movies.

Le pitch s’annonce comme une bonne vieille recette des slashers traditionnels. Le véhicule d’un groupe de six étudiants va être victime d’une crevaison au beau milieu de nulle part. Malheureusement, ils vont être très rapidement la cible d’un mystérieux assaillant.

La rédaction de Mad Movies a relayé les propos de Ryûhei Kitamura sur ce futur long-métrage.

Même si j’ai déjà créé des films en décor unique, Downrange marque une évolution narrative pour moi, quelque chose où la terreur ambiante et étouffante sert de moteur à l’intrigue. On a confectionné une œuvre pleine d’angoisse et nous sommes très excités de la partager avec les fans d’horreur et de suspense du monde entier.

Le scénario a été co-écrit par Ryûhei Kitamura et Joey O’Bryan (Fulltime Killer, Triple Threat). Downrange a été entièrement tourné en anglais. Le casting réunit notamment les comédiens Jason Tobias (Bloodlines), Graham Skipper (Beyond the Gates), Alexa Yeames, Stephanie Pearson (Insidious : Chapître 2), Ikumi Yoshimatsu, Anthony Kiriew et Eric Matuschek.

Espérons donc que Ryûhei Kitamura n’a pas perdu la main et qu’il nous réserve de bien belles surprises dont lui seul a le secret avec Downrange. Aucune date de sortie aux USA ou en France n’a pour le moment été dévoilée.

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La Région Sauvage, un film d’Amat Escalante : Critique

Amat Escalante n’est pas un réalisateur qui a froid aux yeux. A l’image d’une certaine vague du cinéma mexicain qui voit en son sein, Michel Franco ou Carlos Reygadas, le cinéaste aiguise son style entre une forme documentariste austère et une violence visuelle sèche non loin d’une certaine  complaisance, à la fois esthétique et morale. Et La Région Sauvage continue le sillon tracé par Escalante, même si cette fois la violence du réel est suppléée par sa rencontre avec le fantastique, donnant alors une œuvre hybride et fascinante.

Pendant qu’Escalante nous décrit un quotidien morne et déliquescent, avec cette petite famille qui se liquéfie à cause des divers mensonges et d’une réalité sociale difficile, une cabane abandonnée au fin fond d’une forêt « originelle » cache en son antre une « chose » qui voit s’éclater toute forme de rationalité et qui va assouvir tous les plaisirs les plus primitifs: un alien, au graphisme tentaculaire, sorti d’une météorite venue s’écraser sur la Terre et qui fait l’amour comme personne. Comme un Dieu, dieu de la luxure, qui libère nos pulsions les plus enfouies. Dans sa manière de découper son film, La Région Sauvage ressemble un peu à Under the Skin. Les deux œuvres n’ont certes rien en commun dans leur sous-texte thématique même si elles placent la femme en leur épicentre, mais les réalisateurs ont la même approche quant à l’utilisation de la science-fiction : expliciter l’aspect fantastique et sa connotation sexuelle avec vigueur et violence dans une ambiance inquiète, tout en le catapultant dans un univers esthétique naturaliste flamboyant et documentariste.

La Région Sauvage n’est pas un film d’anticipation qui crée une mythologie, mais un film fantôme qui accroît son étrangeté tapie dans l’ombre, qui délite sa réalité pour mieux la contempler, et qui multiplie les scènes coup de poings pour démystifier leur vanité. Amat Escalante reste ancré dans le réel et n’écrit pas une œuvre de science-fiction à proprement parler. Le réalisateur mexicain garde un rapport très austère à sa description du quotidien : comme peut le faire un certain Michael Haneke. La Région sauvage est fait la plupart du temps de plans fixes, à la lumière naturaliste et sans aucun accompagnement sonore (ou presque). Le style est aride et assez opaque pour voir s’entretenir une certaine forme d’empathie pour ce qui se déroule à l’écran. C’est la limite du cinéma d’Amat Escalante, même si l’émotion lacrymale n’est pas du tout une volonté du mexicain, qui se veut plus nihiliste qu’autre chose. Qu’on se le dise, un cinéaste comme lui ou Carlos Reygadas sont des artistes qui aiment parler du Mexique et de ses dérives contemporaines. La beauté esthétique se fait sensorielle et aussi dérangeante. L’érotisme ésotérique du film est mélancolique (le chef op’ est celui de Lars Von Trier), démonstratif mais extrêmement froid dans sa mise en scène.

la-region-sauvage-film-Ruth-Jazmin-RamosTout comme dans Heli, la violence sociale et militariste ne peut être remplacée que par l’onde de choc qu’est le sexe, et le plaisir qui en découle. Et la Région Sauvage devient même la suite logique d’Heli, prend à bras le corps le thème de l’éveil sexuel et de l’acceptation de soi: la dernière scène nous montrait un couple en plein ébat sexuel, torride et libérateur. Sauf que là, les choses ont changé : le « couple » a grandi (ce n’est pas le même) et le rapport sexuel du couple est devenu une sorte de passage obligatoire, une action sans plaisir : tirer un petit coup devient aussi intéressant que se laver les dents ou faire la tambouille quotidienne pour les gamins. Cette misère des mœurs, agencée par l’âpreté journalière, entre le boulot et les gosses, peint avec férocité une société et une cellule familiale mexicaines qui marchent sur la tête et qui voient la femme être la victime de la pression contemporaine.

Comme dans l’œuvre de Jonathan Glazer, le fantastique est une métaphore de la réalité, celle d’une libération féminine dans un monde misogyne ou homophobe et qui aussi lie le sexe à la mort. Et même si le versant documentaire prend parfois le pas, Amat Escalante arrive à créer de réels personnages, notamment féminins, passionnants à regarder : comme cette femme addict, Veronica, au bord du précipice où le plaisir est aussi synonyme de mort; ou encore cette mère de famille qui tente de se retrouver en tant que femme. Alors qu’Heli était influencé par Larry Clark, La Région Sauvage se rapproche du Festin Nu de David Cronenberg et surtout de Possession de Andrzej Zulawski.

Car même si La Région Sauvage peut paraître parfois assez banal même si dénonciateur dans son écriture, avec ce trio amoureux, qui ne l’est pas réellement, où le mari trompe sa femme avec le frère de cette dernière, c’est bel et bien ce prisme surnaturel qui va irriguer toute la magie de La Région Sauvage. Car le drame social va basculer en enquête policière et en récit initiatique protéiforme. L’apparition de l’aspect fantastique permet à Amat Escalante de façonner des séquences marquantes, proche du Hentai (« Urotsukidoji »), et de mélanger le réel au mystique. Dans cette forêt, qui cache des partouzes d’animaux, la nature se fait plus foisonnante et dissimule aussi bien le plaisir que le mal incarné. La Région Sauvage est un film fort, frontal dans sa manière d’aborder ses sujets et qui détient une austérité un peu morne voyant s’immiscer en son antre une sexualité mortifère fascinante.

La Région Sauvage : Bande annonce

Synopsis : Alejandra vit avec son mari Angel et leurs deux enfants dans une petite ville du Mexique. Le couple, en pleine crise, fait la rencontre de Veronica, jeune fille sans attache, qui leur fait découvrir une cabane au milieu des bois. Là, vivent deux chercheurs et la mystérieuse créature qu’ils étudient et dont le pouvoir, source de plaisir et de destruction, est irrésistible…

La Région Sauvage : Fiche technique

Réalisation et scénario : Amat Escalante
Interprétation : Ruth Jazmin Ramos, Simone Bucio, Jesús Meza, Edén Villavicencio.
Image : Manuel Alberto Claro
Montage : Fernanda de la Peza
Décors : Daniela Schneider
Costume : Daniela Schneider
Producteur : Jaime Romandia et Amat Escalante
Société de production : Le Pacte
Distributeur : Le Pacte
Durée : 99 minutes
Genre : Drame, expérimental, hentai
Date de sortie : 19 juillet 2017

Nationalités mexicain, danois, français, allemand, norvégien, suisse

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Critique : Peggy Guggenheim, la collectionneuse, un film de Lisa Immordino Vreeland

Quarante ans après sa mort, la réalisatrice Lisa Immordino Vreeland revient sur la vie remarquable de Peggy Guggenheim, une légende artistique du XXe siècle.

Synopsis : Libre et avant-gardiste, Peggy Guggenheim a traversé les bouleversements du XXème siècle aux côtés d’artistes qu’elle a fait connaître mondialement. Elle a notamment révélé le talent de Jackson Pollock ou encore Max Ernst. Des entretiens inédits de Peggy Guggenheim ainsi que des témoignages d’artistes et de critiques d’arts mettent en lumière la vocation et la vie tumultueuse de cette grande collectionneuse et icône de l’art moderne.

Peggy Guggenheim, une avant-gardiste

Avis aux amateurs d’art, ce documentaire est fait pour vous. Du moderne au contemporain, ces deux périodes artistiques sont très largement mises en lumière à travers ce film, dédié à cette icône du XXe siècle.

peggy-guggenheim-la-collectionneuse-oeuvreCe documentaire est une biographie ouverte de Peggy Guggenheim. Construite en six parties, il s’agit d’une œuvre intégrale, sur la vie de cette artiste. Plus connue pour son musée, fondé sur le Grand Canal de Venise, que pour sa véritable personne, la vie de cette femme est aujourd’hui, quasi inexplorée. Ce documentaire permet ainsi, de reconsidérer l’artiste en tant que telle.

De son enfance, bercée par un univers familial richissime à son essor dans le monde artistique, Peggy Guggenheim a eu un parcours extraordinairement rare. Nous découvrons, grâce à de multiples témoignages, l’incroyable parcours de cette femme, décrite comme étant une autodidacte. Collectionneuse d’un genre nouveau, Peggy a consacré sa vie à l’amour de l’art. C’est auprès de Marcel Duchamp, pionnier dans l’art du XXe siècle, que cette femme s’est ouverte au monde abstrait. Ce documentaire, d’abord centré sur son parcours professionnel, insiste sur la dimension émotionnelle de son travail. Peggy Guggenheim a lutté, tout au long de sa vie, contre la vague de tristesse qui l’engouffrait. C’est le monde artistique qui a donc donné un sens à son existence.

L’histoire de cette femme est particulièrement touchante, dans le sens où elle est partie de rien pour arriver à un tout. Durant sa jeunesse, Peggy Guggenheim n’avait aucune réelle connaissance de l’art. C’est au fil de ses rencontres, de son acclimatation avec ce monde étranger, que l’artiste a compris que c’était à travers cette nouvelle passion, qu’elle pourrait être libre. Et justement, la liberté était à cette époque, plus que tout recherchée. On découvre durant ce documentaire, les blessures laissées par le totalitarisme, durant les années 1940. C’est justement pendant cette période de guerre que l’artiste a commencé à développer une incroyable collection. Elle a acquis au cours des années, une quantité impressionnante d’œuvres rares. À la fin de sa vie, le palmarès artistique de Peggy Guggenheim s’élève à 326 oeuvres d’art !

L’art et la sensualité : deux indissociables

« Si je devais compter mes relations, j’en mourrais. » Peggy Guggenheim.

Ce documentaire n’est pas uniquement dédié à l’incroyable collection de cette femme. C’est également un film personnel, intime et révélateur. Peggy Guggenheim aimait les artistes et ce film nous le montre bien. À travers son interview réalisée quelques temps avant sa mort, l’artiste se dévoile et révèle sa passion quasi obsessionnelle pour les hommes. De Max Ernst à Jackson Pollock, Peggy Guggenheim a fréquenté aussi bien professionnellement qu’intimement, de grands noms du monde artistique. Modèle de la femme libre, Peggy Guggenheim était sa propre création.

Ce documentaire est un voyage formateur, à travers l’incroyable parcours de cette icône féminine de l’art moderne.

Peggy Guggenheim, la collectionneuse : Fiche Technique

Titre original : Peggy Guggenheim
Réalisateur : Lisa Immordino Vreeland
Genre : Documentaire
Durée : 96 minutes
Distributeur Happiness Distribution / MK2 Distribution
Date de sortie : 26 juillet 2017
Nationalité : américain

Peggy Guggenheim, la collectionneuse : Bande-annonce

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