Comme chaque année à Toulouse, l’association Séquence Court-Métrage organise un festival afin de diffuser le plus largement possible l’art du format court. Durant ces quelques jours, le public a l’occasion de découvrir des court-métrages venus du monde entier, certains, déjà reconnus et primés, d’autres ne font que débuter mais sont pleins de promesses. À travers sa sélection de 130 films sur les 1300 reçus par les organisateurs, l’équipe de Séquence propose des thèmes aussi riches que variés et des techniques aussi originales que surprenantes pour divertir son public.
De l’animation à la fiction, le format court se renouvelle et ne fait que marquer de plus en plus les esprits avec une originalité et une technique assez incroyable. La programmation a su saisir ses qualités pour faire du Festival Séquence Court Métrage quelque chose de singulier. Ajoutant aux cinq compétitions, des séances spéciales telles que comédies musicales, humour et même une nuit entière consacrée aux courts avec pour thème l’amour, le festival propose une variété de découvertes qui ne peut que séduire le public et en sortir quelques uns de leur zone de confort. Captivés ou non par les projections, les spectateurs en sortent forcément enrichis de cette expérience qui intrigue ou passionne. Au total, 32 pays étaient représentés, ce qui donne un aperçu de la diversité des programmes ; aussi bien sur le fond que sur la forme.
En plein mois de novembre et alors que l’hiver commence à se faire sentir, l’équipe de Séquence choisit de placer sa soirée d’ouverture sous le thème de la plage. Avec des projections qui font honneur au sujet, le public découvre ou redécouvre un court métrage de François Ozon par exemple : Une robe d’été qui montrait déjà toute l’étendue du talent du réalisateur pour saisir les images et parler de sexualité dans les années 1990. De films d’animation étonnants aux fictions dont les images sont captivantes, les court-métrages font parler. Épatants de technique mais aussi de qualité, certains animés convainquent par la réussite de leur dessins pendant que d’autres laissent perplexes sur leur sens, que l’on trouverait sans doute après plusieurs visionnages. Le message n’est pas toujours clair et c’est en cela toute la difficulté des court-métrages qui ont un temps réduit pour dire ce qu’un long peut prendre le temps de développer. Cette exigence, elle est aussi dans les choix esthétiques des metteurs en scène qui doivent se montrer bien plus rigoureux sur ce type de création pour toucher le spectateur. Beaucoup sont d’ailleurs bien plus dans la contemplation que dans le dialogue et, lorsqu’à ce moment là, cela reste efficace, on saisit alors l’ampleur du talent d’un cinéaste. La soirée d’ouverture exploite alors le court sous toutes ses formes et propose plusieurs styles qui ont chacun leur propos à tenir. Des premiers pas d’Oulaya Amamra (Divines) dans Belle Gueule, à La révolution des crabes qui finit la soirée en beauté, la programmation séduit par ses images et son humour pour cette première soirée.
Du côté de la compétition…
Tout au long de l’année, l’association a proposé des soirées de présélection où étaient présentés 21 films. Il ne restait alors plus qu’au jury d’élire le grand vainqueur parmi les six finalistes. Et c’est la réalisation de Matthieu Vigneau qui a été primée : court métrage noir et blanc qui interpelle et attise la curiosité du spectateur. L’oeuvre a semblé conquérir le coeur du jury composé de professionnels du cinéma. Parfois insaisissable, parfois comique par son décalage, En Cordée a autant de qualités scénaristiques que de mystères dans sa réalisation. Le public a, quant à lui, choisit un film aux abords plus politiques avec Kapitalistis, dénonçant le capitalisme de Noël de manière décalée et humoristique. L’accent belge est à son meilleur jour dans ce court-métrage qui divertit gentiment en plaçant tout de mêmes quelques doux messages provocateurs. Côté compétition internationale, c’est Timecode qui l’emporte. Palme d’or du Festival de Cannes en 2016, revoir ce court métrage ne fait que confirmer la poésie qui s’en émane malgré un cadre qui n’apparaît pourtant pas comme facilitateur. Le court-métrage espagnol de Juanjo Gimenez Pena convainc par ses pas de danse divins, ses suggestions habiles et la tendresse qu’il parvient à faire passer à travers simplement des post-it et des caméras de surveillance.
L’animation a également brillé pendant ce festival et offrait beaucoup de magie au jeune public comme aux plus grands, qui se laissaient facilement emportés par des histoires loufoques parfois, mais souvent très jolies. En parlant des plus jeunes, Séquence Court Métrage organisait également une compétition Collèges/Lycées pour laquelle des classes ont réalisés des films à l’aide de professionnels. Les deux vainqueurs pour cette catégorie montrent la grande surprise quant à la qualité des œuvres présentées. Un film d’animation totalement envoûtant pour le collège et un court-métrage à la qualité cinématographique quasiment irréprochable sur le thème de l’homophobie pour le lycée. À l’image du Festival en entier, ces deux réalisations étaient étonnantes mais surtout ravissantes.
Le palmarès : 
Compétition Française Prix du Jury : En Cordée, réalisé par Matthieu Vigneau
Compétition Française, Prix du Public : Kapitalistis, réalisé par Pablo Muñoz Gomez
Compétitions Internationales : Timecode, réalisé par Juanjo Giménez Peña
Compétition Animation 1ers films : Des résidus analytiques, réalisé par Jon Boutin
Prix des Collèges/Lycées : Le Secret (collège) / Under Pressure (lycée)

Une semaine après avoir diffusé le tout dernier épisode de la magnifique série 





Tous les personnages du film présentent d’ailleurs cette façade de glace nordique, impassible, illisible. Les voix ne sont que murmures, et tout est incroyablement effacé, de manière presque fascinante, sauf bien sûr les fantaisies de Thelma à propos d’Anja, enveloppées là d’une couleur chaude et d’une musique caressante.
Cette semaine chez CineseriesMag, on a décidé de faire un jeu. Le principe est de changer nos habitudes. Les films ont donc été attribués « au hasard » à une plume et si possible en éloignant chaque critique de son univers habituel. En quelque sorte, nous avons décidé que le film ne fait pas le critique. Et c’est aussi un peu, tiens tiens, le sujet du dernier film en date d’Yvan Attal, Le Brio. Dans le film, Neïla se demande si l’habit fait ou non le moine au cours d’un des tours du concours d’éloquence auquel elle est inscrite pour sa « fac de fachos » (en apparence), Assas. Le jeu du film, est de tenter de déconstruire les clichés. Comment ? A coup de mots, et d’une petite dose (mais quand même!) de bons sentiments. Si le film donc ne fait pas le critique, et que le cinéphile peut tout autant s’extasier avec Justice League, Faute d’amour ou encore Jalouse pour prétendre aimer le cinéma, le critique peut-il faire le film ? Non, nous ne tentons pas de raviver ici la vieille polémique sur le critique aigri car il n’a pas pu faire de film/ou autre oeuvre d’art et passe donc sa vie à critiquer (le terme est ici forcément négatif et sans nuance) l’œuvre d’un autre (et le plus souvent s’il vous plait, un génie incompris). Ici, nous nous demandons plutôt si le critique peut faire la réputation du film. Là encore Le Brio se prête assez facilement à la réponse, ou du moins au questionnement, puisqu’il est partout (sans chercher à parodier le titre du
Un contrat rempli d’abord en apparence grâce à celle que la presse qualifie d’ores et déjà de « révélation » (mais la semaine dernière c’était la
non pas celle qu’on attend, mais plutôt son père, oui le père de la femme d’Yvan Attal qui est une actrice. Serge nous prouve donc dans une image d’archive, la force du mot qui va véhiculer l’idée. Au final, Le Brio vaudra quelques mauvais jeux de mots aux critiques sur sa mise en scène réalisée « avec brio ». Ici, on est plus nuancés sur cette mise en scène : il y a quelques belles idées, notamment dans le métro, sinon c’est l’opposition classique entre le vieux solitaire qui mange seul et la jeune fille aimée qui s’amuse avec ses amis. Puis il y a les scènes de « foule » où Neïla fait entendre sa voix, promet de dire la vérité, même si celle-ci n’existe finalement que le temps qu’elle parle. Au final, Le Brio est ivre de mots, tente sans cesse de faire évoluer ses personnages, de les sortir des sentiers battus, quitte à forcer le trait. Pierre est ainsi dans les mots de Neïla un cynique qui a trop de mots, de passions. Le Brio lui aussi est un produit un peu trop beau, un poil trop calibré pour nous convaincre complètement.
Dès le départ, Mundruczó plante le contexte particulièrement dur dans lequel va se dérouler son histoire. L’ouverture du film est certainement la séquence la plus réussie, et la plus impressionnante du film. Nous suivons un groupe de migrants à leur arrivée en Hongrie qui commence à se faire prendre en chasse par les autorités. Ce long plan-séquence résume à lui tout seul la situation actuelle que l’on retrouve en Europe, et la difficile condition de migrants. L’un d’eux, le jeune Aryan, se fait tirer dessus et se découvre la capacité de léviter. La mise en scène de Mundruczó va alors s’envoler en compagnie du jeune homme afin d’en mettre plein les yeux aux spectateurs, incorporant avec aisance son imagerie fantastique dans un récit des plus réalistes. Malheureusement malgré ce départ saisissant, le reste de l’affaire ne sera pas aussi reluisant. En effet, Mundruczó va accumuler de nombreux faux pas et cela va clairement atténuer le message de son entreprise.

