Tout le monde connaît les effets nocifs de la cigarette ou de l’excès de graisses, mais que savez-vous des méfaits du sucre ? C’est ce que Damon Gameau nous permet d’appréhender avec son documentaire Sugarland.
Synopsis : Damon Gameau, jeune Australien qui mène une vie particulièrement saine, décide de démontrer les effets nocifs du sucre en mangeant, pendant soixante jours, l’équivalent de quarante cuillères à café de sucre (ce qui correspond à la moyenne en Australie), le tout dans des aliments transformés.
En 2004, Morgan Spurlock avait marqué les esprits avec son documentaire Super Size Me, où il se nourrissait exclusivement chez une certaine firme de fast food pendant un mois, au risque de mettre fortement à mal sa santé.

Dans Sugarland, Damon Gameau, acteur que l’on a pu voir dans le film The Tracker ou la série Secrets & Lies, décide donc de s’attaquer au sucre. Il faut préciser que, avant de commencer l’expérience, le jeune homme vivait une vie particulièrement saine, surveillait son alimentation, éliminait tout sucre ajouté, privilégiait la nourriture naturelle (et non les aliments transformés) et pratiquait beaucoup d’exercice.
Son documentaire se divise en trois parties. Dans un premier temps, nous assistons à une introduction qui a tout du cours magistral mené à toute allure. Hugh Jackman intervient pour nous présenter un condensé de l’histoire du sucre, puis l’excellent acteur et écrivain britannique Stephen Fry nous explique quels sont les différents types de sucre.
Le film se permet aussi une très éclairante digression historique : entre les années 50 et les années 70, deux écoles scientifiques débattaient pour savoir ce qui était le plus nocif pour la santé, entre les graisses et le sucre. Seulement, à partir du milieu des années 70, les graisses seules ont été désignées comme responsables aussi bien du surpoids que les maladies cardio-vasculaires. Grâce à un puissant travail de lobbying, le sucre a été totalement exonéré de toute responsabilité. Ainsi, le seul régime sain est devenu celui pauvre en graisse.
La vérité est, une fois de plus, bien plus complexe. Ainsi, nous apprenons qu’il existe différentes catégories de calories. Le nouveau régime alimentaire de Damon Gameau contient exactement le même nombre de calories que l’ancien, seulement l’équilibre entre les différents apports caloriques est complètement chamboulé. De plus, le corps n’est pas conçu pour faire face à un afflux massif de saccharose, qui se transforme en graisse en provoque vite du surpoids. En un mois, Damon Gameau a pris plus de 5 kilos et 7 cm de tour de taille.
Mais, et c’est ce qui est le plus surprenant, les effets du sucre ne sont pas nocifs que pour le corps. Ils le sont aussi sur l’esprit. Sautes d’humeur, baisse de la concentration, effets de manque, c’est toute la personnalité qui est affectée par l’apport excessif en saccharose.

Sugarland nous montre tout cela avec des animations certes éclairantes, mais pas toujours très esthétiques, voire même parfois d’un goût douteux. Parfois, certaines explications sont très rapides, trop même. Mais l’ensemble parvient quand même à être instructif.
Les deux autres parties de Sugarland nous permettent de mieux cerner les méfaits du sucre. Pour cela, Damon Gameau va se transporter, d’abord en plein territoire aborigène, puis aux États-Unis.
Chez les Aborigènes, l’acteur se rend dans un village de 400 âmes qui a consommé, pour la seule année 2014, 40 000 litres de soda.
Aux États-Unis, il se rend dans le Kentucky, où sévit une boisson produite par Pepsie, le Mountain Dew. Damon Gameau va suivre les pas d’un dentiste itinérant qui se rend auprès de la population la plus pauvre de l’état, là où les méfaits de cette boisson (et, par extension, de tous les sodas) sont les plus flagrants. Le spectateur va donc y rencontrer un jeune homme de 17 ans qui boit, en moyenne, une douzaine de cannettes par jour. Il nous explique que les mamans mettent du soda dans les biberons de leurs enfants dès le plus jeune âge.
Les deux exemples marquent des temps forts du film. Plus que les explications savantes et les animations douteuses, la rencontre avec ces personnes qui souffrent des mauvais effets du sucre est frappante. On y comprend les dangers du sucre, mais aussi la nécessité de mettre en place une politique éducative efficace. Damon Gameau a réussi à retrouver des spots américains des années 50 qui incitaient les spectateurs à ne pas consommer de confitures ou de sodas.
C’est sûrement cette volonté éducative qui a incité l’acteur à faire son film. Et si Sugarland nous apparaît parfois bancal, avec des partis-pris de mise en scène plutôt douteux, si les explications scientifiques sont parfois trop rapides, il faut dire que l’ensemble tient quand même la route et que, lorsque l’on a fini le film, les rencontres avec les victimes du sucre nous ont marqués.
Sugarland : bande-annonce
Sugarland : fiche technique
Titre original : That sugar film
Scénario et réalisation : Damon Gameau
Interprétation : Damon Gameau, Hugh Jackman, Stephen Fry, Kyan Khojandi (voix off française)
Musique : Judd Overton
Montage : Jane Usher
Production : Damon Gameau, Nick Batzias, Rory Williamson
Société de productions : Madman Production Company
Société de distribution : Tanzi Distribution
Genre : documentaire
Durée : 101 minutes
Date de sortie en France : 24 janvier 2018
Australie-2014
Paco Plaza est surtout connu pour Rec, réalisé avec son comparse Jaume Balaguero. Le film avait redonné une seconde jeunesse au genre du Found Footage, en nous proposant une œuvre particulièrement immersive et nerveuse, très vite devenue l’un des films cultes des années 2000, engendrant 3 suites dont 2 réalisées par Paco Plaza. Le cinéaste hispanique était depuis resté assez timide, du moins sur le territoire français. Le voici donc de retour, avec semble-t-il, le même objectif qu’il s’était fixé avec Rec, redonner une certaine vitalité à un genre qui a beaucoup souffert de productions somme toute lamentables, empilant les effets putassiers et consorts qui font la norme de la plupart des productions américaines « grand public », comme c’est le cas pour
À l’instar de


Il n’est donc pas étonnant que cette question juive hante la Hongrie, et les cinéastes apportent une pierre essentielle à l’édifice du souvenir. Ainsi, La juste Route, qui est un très beau métrage en noir et blanc hyper-contrasté, prend le spectateur à la gorge dès les premières images. Nous sommes en août 1945, et l’image brûlée traduit parfaitement la sorte de désolation qui frappe le pays. Un mariage se prépare, mais aucune joie n’est palpable, les mariés manquent d’enthousiasme, les villageois qui sont littéralement écrasés par la chaleur semblent très éprouvés par la fin d’une occupation allemande que remplace immédiatement l’omniprésence de soldats russes goguenards dans le village. Seul le Secrétaire de Mairie, Szentes István (Péter Rudolf) se pavane comme un coq d’un point à l’autre du village, et il est vrai que le cinéaste n’a pas lésiné pour nous le rendre antipathique dès ses premières apparitions.
Les deux hommes sont deux Juifs qu’on dit revenus de déportation. La nouvelle est rapidement répandue, et engendre le chaos parmi des habitants qui ont beaucoup à se reprocher, et la majeure partie du film suit leur cavalcade de poules sans têtes courant çà et là pour cacher, sauver, voler, détruire des preuves, ou encore noyer un semblant de culpabilité dans des litres d’alcool. Ce sentiment de sournoiserie est encore exacerbé par des plans entrevus par l’interstice des portes et des clôtures en bois, comme si chacun épiait son voisin et que la confiance avait définitivement disparu du village. L’affolement général est de plus entrecoupé de scènes avec les deux hommes en noir, un père et son fils marchant extrêmement dignement derrière la charrette d’un autre père et d’un autre fils qui a pris en charge leurs mystérieux bagages, sur une route que chacun redoute qu’elle ne finisse devant « sa » maison. La mise en scène est précise, et le montage terriblement efficace.
Mais avant tout, ce film qui se termine de la plus poignante des façons, est un besoin pour le réalisateur et son coscénariste Gábor T. Szántó (auteur de la nouvelle Homecoming à la base de ce film), un écrivain qui se définit comme « le dernier des écrivains juifs hongrois », de dire cette période de collaborationisme de la Hongrie et de certains Hongrois, de ne pas laisser tomber dans l’oubli la spoliation à laquelle les Juifs qui sont revenus d’Auschwitz-Birkenau ont dû faire face, alors même que des statues ou des plaques à l’effigie du sinistre Miklós Horthy, le Pétain hongrois, l’allié d’Hitler, ont été érigées récemment à Budapest et dans d’autres villes du pays…
Une maladie épouvantable risque de plomber la relation amoureuse entre deux adolescents très lisses… cela ne vous rappelle rien ? Non, nous ne parlons pas de
La Canadienne Stella Meghie ne propose aucune idée de mise en scène (même si on ne s’attendait pas spécialement à en voir). On ne peut pas totalement la blâmer : elle n’est certainement qu’un pantin comme (hélas) pas mal de réalisateurs employés pour ce type de grandes productions inintéressantes. Pour combler ce vide, on a préféré miser sur des décors très blancs et bling-bling (même technique pour
Phineas Taylor Barnum (1810-1891) est un modeste fils de fermier, devenu un célèbre entrepreneur de spectacles à New-York. A la fois mystificateur et véritable homme d’affaires, il suscite la curiosité du public en présentant des objets et des animaux rares, venus notamment d’Afrique et d’Europe. Son goût de la démesure et de l’excentricité est bien dépeint dans le film à travers la découverte de son fameux musée des merveilles, abritant notamment guillotine, éléphant et girafe. Barnum étend également cette approche aux humains avec le « Freak Show », ou l’exposition d’hommes et de femmes dotés de caractéristiques physiques extraordinaires. Dans The Greatest Showman, l’équipe du cirque comporte ainsi une chanteuse barbue, un géant, un nain, un homme recouvert de tatouages et de nombreux acrobates.
Le personnage du businessman se développe de façon assez intéressante dans le film. Parti de rien, son désir le plus profond est de réussir dans la société, de devenir quelqu’un. Par la même occasion, il cherche à prendre sa revanche sur son beau-père, qui n’a jamais eu aucune estime à son égard, et à réaliser la promesse d’une vie extraordinaire faite à sa femme Charity. Mais quelles prises de risques et quels prix sont acceptables pour y parvenir ? Tel Icare, en cherchant à atteindre les étoiles, l’ambitieux showman se brûlera les ailes. Son histoire personnelle délivre ainsi une des morales du film : vivre le bonheur que l’on possède sans se perdre dans une périlleuse et incertaine folie des grandeurs. En Barnum, Hugh Jackman est tout à fait convaincant. Depuis les Misérables, ses talents de chanteur et de danseur n’étaient plus à démontrer. Il parvient aussi à donner du charisme et de l’humanité à son protagoniste. Il est ainsi bien appréciable de retrouver l’acteur dans un premier rôle de comédie, moins dramatique que le récent Logan.
Au-delà du respect des différences, the Greatest Showman invite à franchir et s’affranchir des barrières sociales. M. Carlyle, auteur de théâtre originaire d’un milieu aisé, se laisse ainsi convaincre par Barnum de s’associer à son cirque. Délivré du carcan familial, il profite alors d’une toute nouvelle liberté. L’amour permet également de transcender les classes sociales pour ces deux personnages principaux. Sur ce point encore, rien de très novateur, mais un beau rappel en musique.

