Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.
Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.
Troisième film en compétition au Festival de Deauville 2023, The sweet east trace le parcours initiatique, sous la forme d'un conte fantastique, d'une lycéenne en quête d'aventures. A l'image d'Alice aux pays des merveilles, la jeune fille rencontre au fil de son voyage des personnes atypiques et un monde américain moins visible et plus authentique. Le premier long-métrage de Sean Price Williams nous propose ainsi une belle virée au coeur de l'Amérique profonde.
Premier film de la réalisatrice d'origine coréenne Céline Song, Past lives relate la relation complexe de deux amis d'enfance qui se retrouvent et se redécouvrent au fil des années, entre Séoul et New-York. Un drame romantique, personnel et touchant, mêlant passé et avenir, Asie et Occident, croyances et réalités.
Avec I.S.S., la réalisatrice américaine Gabriela Cowperthwaite quitte l'univers du documentaire et signe un thriller glaçant disséquant l'âme humaine. Sur un fond tragiquement plausible de nouvelle guerre mondiale, elle brosse dans un huis clos poignant les portraits d'astronautes confrontés à des ordres fatidiques, aux peurs les plus intimes et à l'imminence de leur mort. Prisonniers dans une station en chute libre, l'humanité part à la dérive...
De plus en plus investi dans des œuvres aux messages universels, qui célèbrent à la fois la tolérance et l’inclusion, Pixar frappe en plein cœur cette année en présentant comme film de clôture Elémentaire.
Le plus embarrassant dans la lecture d'une notice sur le suspense, c'est la seconde relecture. Hypnotic gâche toute éventualité de faire de son sujet un point fort au service de ses personnages, qui luttent désespérément pour exister.
L’éducation sentimentale va de pair avec l’éducation sexuelle. Malheureusement, de nombreuses jeunes filles sont brusquement jetées dans l’eau afin qu’elles explorent leur sexualité, c’est pourquoi Creatura en fait l’exégèse.
D'Hitchcock aux films de série B, Dans la Toile est un film hommage, qui au delà des œuvres dont il s'inspire, honore les cinéastes incompris dont la seule ambition est celle de créer.
Le tout dernier film présenté en compétition sent le vieux bois, celui qui a longtemps séché sous un ciel couvert et en manque d’éclaircies. The Old Oak cherche à en apporter avec autant de d’innocence que de bienveillance.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.