"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.
Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.
La Corse, une oasis au milieu de la Méditerranée ou une forteresse aux secrets bien gardés ? Après un procès sous tension dans "La Fille au bracelet", Stéphane Demoustier amarre sur la célèbre île de Beauté afin d’approfondir son étude de l’enfermement. À mi-chemin entre le film policier et le film de prison, "Borgo" oppose la culture des continentaux à celle des insulaires, tout en laissant le mystère planer autour d’une affaire de moralité.
En panne sèche ? Venez déguster la tarte à la rhubarbe de Francis Galluppi en attendant de repartir. "The Last Stop In Yuma County" possède un large choix d’ingrédients tout droit sortis des seventies pour que l’on passe un bon moment en compagnie d’individus, dont il sera compliqué d’anticiper les actions. Ce sur point, le suspense gagne à être au sommet de ses atouts, car le reste du programme sent parfois le réchauffé.
Il n'existe plus vraiment de secrets de nos jours, à l'heure de numérique, notamment sur les plateformes de vente entre particuliers. Il s'agit de la couverture parfaite pour les arnaques... et les meutres. Dark Market nous met ainsi en garde sur l'abus de notre outil du quotidien, le téléphone portable, mais également sur un mode de consommation qui bouleverse les interactions sociales. Nous sommes à un clic des bons plans, mais malheureusement pour les protagonistes de cette intrigue viscérale, ils se révèlent généralement foireux.
Le festival CLap 2024 du Cinéma Latino-Américain de Paris propose 14 films provenant de neuf pays d'Amérique latine : un choix cinématographique exigeant pour la deuxième édition de ce jeune festival remarqué et remarquable !
Quand bien même la condition de la femme en terre israélienne est de moins en moins ambiguë, il reste encore du chemin à parcourir avant de rééquilibrer le rapport de force, toujours dicté par la culture du patriarcat. Maya Dreifuss ne cache donc pas son envie d’en étudier les contours dans ce "Highway 65", une route circulaire, qui ramène les personnages vers ce point de rupture qu’ils ont trop longtemps esquivé.
Autrefois basé à Cognac et Beaune, le célèbre festival du film policier et du polar a trouvé refuge plus au nord de l'hexagone, dans la Marne. En attendant de pouvoir caresser les palmiers de la Croisette ou de fouler les fameuses planches de Deauville, Reims, la cité des rois et du champagne, nous accueille pour son 4e printemps des festivaliers mordus de polars et thrillers en tout genre.
Il y a quelque chose, dans cette sélection 2024 de Gérardmer, qui rappelle Une saison en enfer, ce long poème en prose de Rimbaud : quelque chose de la quête désespérée, jusqu’au bout des ténèbres, d’une charité perdue : n’y a-t-il pas une espèce de solidarité autour du diable parmi les enfants d’Evil Lurks, d’un amour sacrificiel entre le croque-mort et sa morte-vivante dans The Funéral, d’un respect et d’une reconnaissance fondamentale entre Sara et le loup-garou dans Resvurgis, et d’un dévouement généreux à un projet plus grand que soi dans The Seeding ?
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »