Reims Polar 2024 : ouverture (LaRoy)

Autrefois basé à Cognac et Beaune, le célèbre festival du film policier et du polar a trouvé refuge plus au nord de l’hexagone, dans la Marne. En attendant de pouvoir caresser les palmiers de la Croisette ou de fouler les fameuses planches de Deauville, Reims, la cité des rois et du champagne, accueille pour son 4e printemps (malgré une 1ère édition numérique) des festivaliers mordus de polars et thrillers en tout genre.

Et il y a bien des couronnes à distribuer parmi les films présentés à Reims Polar, du 9 au 14 avril. Au terme des cinq jours dédiés à la gloire des films noirs à l’italienne, des seconds souffles pour les films restaurés et bien évidemment du cinéma de Claude Chabrol (La Cérémonie, Inspecteur Lavardin, …), tous les spectateurs seront sollicités. Jury, critique, la police et le public, tous ont une voix qui porte, tous ont une voix qui est amenée à résonner au-delà de ces cinq jours d’enquêtes sur la toile du 7e art.

Et pour l’ouverture des festivités (ou des hostilités, à vous de voir), quoi de mieux que de démarrer avec la dernière grande sensation du festival de Deauville, triplement auréolée (prix de la critique, du public, et du Grand Prix). Nous vous avions déjà exprimé tout notre amour de LaRoy à ce moment-là, mais à maintenant une semaine de sa sortie en salle, il fallait bien entendu en remettre une couche.

Après un court-métrage remarqué pour son irrévérence Coenienne en 2013 (Penny Dreadful), suivi d’une truculente comédie policière sur la Côte d’Azur (The Ambassador), Shane Atkinson a scénarisé un feel-good movie à base de Pom-pom ladies du troisième âge pour Netflix avant de se lancer dans son premier long-métrage. Et rares sont ces premières œuvres dont l’humour décapant est brillamment servi par une mise en scène et des dialogues tarantinesques. Le décor nous renvoie à l’âge d’or du western, traditionnel ou spaghetti. Tout un cortège de comédiens, aussi performants les uns que les autres, assurent également le spectacle et peuplent la petite ville fictive du Texas qu’est LaRoy.

Tout le monde cherche à élever son niveau de vie et à quitter ce bled paumé où les commerçants bradent continuellement leurs articles et où il semble difficile de s’aimer, avant ou après le mariage. La vie est assez impitoyable pour Ray, incarné avec justesse par un John Magaro (First Cow, Showing Up, Past Lives). Heureusement que l’énergumène en tenue de cow-boy, Skip (Steve Zahn), qui l’accompagne, peut l’aider à surmonter ses envies de meurtre, notamment contre lui-même. Car LaRoy constitue avant tout un road-movie sur une étonnante amitié, qui pousse les personnages à la faute. Certains ne s’en relèveront pas, mais on se garde d’en dévoiler davantage. Shane Atkinson sait largement de quoi sont faits les cinéphiles pour que son menu, subtilement épicé, nous appâte. Et malgré des ficelles scénaristiques tentaculaires, force est de constater que le cinéaste californien réussit pratiquement tout ce qu’il entreprend (en 22 jours de tournage seulement) dans une histoire très resserrée mais rarement surchargée de bonnes intentions, avec une telle fluidité que nous ne voyons jamais le temps passé dans ce désert inhospitalier.

Rendez-vous tout le long de cette semaine pour tirer le meilleur des sensations fortes de chaque sélection, renouvelée et revisitée.

Bande-annonce : LaRoy

Fiche Technique : LaRoy

Réalisation et Scénario : Shane Atkinson
Production : Sébastien Aubert, Jeremie Guiraud, John Magaro & Caddy Vanasirikul
Image : Mingjue Hu
Montage : Sebastian Mialik
Musique : Rim Laurens, Delphine Malaussena & Clément Peiffer
Pays de production : États-Unis
Année de production : 2023
Distribution France : ARP Sélection
Genre : Comédie, Policier, Thriller
Durée : 1h52
Date de sortie : 17 avril 2024

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Jérémy Chommanivong
Jérémy Chommanivonghttps://www.lemagducine.fr/
Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

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