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Que valent les séries Breeders, Amazing Stories, Little Fires Everywhere, Vagrant Queen ?

Pour cette fournée des séries, au programme, Devs, un techno-thriller produit par FX (Disney) à l’esthétique avant-gardiste d’Alex Garland critique les apprentis-sorciers de l’algorithme. Little Fires Everywhere dépeint le racisme ordinaire dans l’Amérique des années 90 ; Breeders est une comédie sur la parentalité à l’humour britannique dévastateur, Amazing Stories, une anthologie SF fort peu surprenante, produite par Spielberg pour Apple TV+. Nous terminons cette sélection avec Vagrant Queen, la fiction SyFy, qui nous embarque dans un space opera au look coloré et au charme rétro.

DEVS : un indie Westworld sombre et intime

Après Ex-Machina, le réalisateur Alex Garland se lance dans une série à l’ambiance très feutrée et indie.

Dans un futur proche où la technologie est au cœur de notre quotidien, Sergueï (Karl Glusman) et Lily (Sonoya MIzuno) sont un couple mixte travaillant tous deux dans une prestigieuse firme de développeurs. Sergueï est repéré et engagé pour travailler sur un nouveau projet très secret appelé DEVS. Très vite, les conditions de travail particulièrement confidentielles place Sergueï et ses origines russes au cœur des suspicions de son nouveau patron, interprété par Nick Offerman (Parks and Recreation). Mais le véritable mystère débute lorsque Sergueï se suicide dans des circonstances mystérieuses. Lily devient alors personnage principal en enquêtant sur le projet DEVS, qu’elle soupçonne d’être à l’origine de la mort de son petit-ami.

Un premier épisode qui laisse le spectateur en haleine face à un thriller de science-fiction très poreux. La série se fait d’autant plus sombre avec un climat musical et une esthétique proche du film Under the Skin. En un seul épisode, le spectateur peut s’avérer confus et perdu. Il faudra plusieurs épisodes pour que l’ambiance inquiétante cède au rythme volontairement lent de la série. Ce qui retient principalement l’attention reste le coté science-fiction du projet DEVS ou la révélation d’un code capable de prédire l’avenir. Pour ré-hausser l’intrigue, la focalisation sur le personnage de Lily offre également une nouvelle dynamique à l’histoire.

Cette mini-série très spéciale est encore en cours de diffusion et donc à suivre avec patience et témérité. Elle pourrait certainement plaire aux fans de Westworld et autres amateurs du genre de séries de science-fiction intrigantes.

La série DEVS est diffusée depuis le 5 mars sur la plateforme Hulu.

3.5

Céline Lacroix 

Little Fires Everywhere : Au cœur du racisme invisible des banlieues américaines 

Little Fires Everywhere, la nouvelle série Hulu adaptée du best seller de Celeste Ng, met en scène deux femmes, Elena Richardson (Reese Whitherspoon), journaliste à succès et mère de quatre enfants, et Mia Warren (Kerry Washington), mère célibataire afro-américaine qui s’installe avec sa fille, Pearl, dans le quartier résidentiel de Cleveland durant les années 90.

Un drame familial aux notes de romances adolescentes, qui aborde de manière légère mais profonde différents thèmes comme la maternité, le racisme et les différences culturelles en Amérique. Le choix de Reese Whitherspoon pour ce rôle de mère control-freak rappelle sans conteste celui qu’elle interprète dans Big Little Lies, mais cette fois, son personnage s’adapte et s’avère plus humain face à celui de Kerry Washington, qui détonne clairement avec son rôle de Scandal, en s’affichant enfin au naturel.

En seulement trois premiers épisodes, la série installe une ambiance de conflit entre les deux mères que tout semble opposer. Mia et sa fille Pearl semblent ne pas avoir d’attaches et vivre au jour le jour, tandis que le problème d’Elena réside dans son besoin de contrôle permanent sur tout : son poids, le planning de ses enfants, sa consommation d’alcool, mais surtout sur sa fille rebelle.

La véritable intrigue apparaît à la fin de l’épisode 2 avec le personnage de Bebe, une immigrée chinoise et collègue de Mia, qui souffre de l’absence de sa fille, May Lin. L’an passé, vivant dans la précarité, elle dû abandonner sa fille à une station de pompiers. Quand Mia découvre que May Lin a été adoptée par la meilleure amie d’Elena, elle ne peut s’empêcher de dévoiler la vérité. L’histoire va se transformer en un scandale qui va diviser la communauté locale, et faire s’affronter les deux mères.

Une histoire très touchante qui languit beaucoup mais qui mérite d’être regarder plus sérieusement qu’une simple série d’ados à la 13 reasons Why.

Little Fires Everywhere est diffusé sur Hulu depuis le 17 mars aux États-Unis.

4

Céline LACROIX   

Breeders, ou les joies de la parentalité

Paul et sa femme Ally constituent le couple moyen par excellence. Bon travail, bon logement, amour : apparemment, ils ont tout pour mener une vie de rêve.

Oui, mais voilà, il y a forcément un problème. Paul et Ally ont… des enfants !

Deux enfants.

L’action du pilote de la série britannique Breeders se déroule en une nuit. Une de ces nuits que tous les parents ont dû connaître, ou au moins redouter : la nuit où les enfants refusent de dormir. Avec un très bon sens de l’observation, l’épisode va décrire ces situations très quotidiennes : les excuses que l’on se donne pour ne pas avoir à se lever une troisième fois, les histoires que l’on raconte pour la énième fois tout en dormant à moitié sur le lit de la petite dernière, la gestion de la panique irrationnelle du garçon, etc.

Pendant cette nuit, le brave Paul repense aux étapes de sa parentalité, depuis la décision de faire des enfants jusqu’à la naissance de la petite dernière.

Ce pilote est franchement drôle. Jouant sur le rythme, la qualité des dialogues et des situations très finement observées, Breeders parvient à nous faire passer un excellent moment. Seul éventuel bémol : le spectateur comprend aisément que ce pilote de 26 minutes se contente uniquement de poser le décor. L’action principale de la série n’a pas encore commencé, donc finalement, pour le moment, on ne sait pas trop quelle direction prendra la suite.

Breeders, une série britannique de Chris Addison, Simon Blackwell & Martin Freeman, avec Martin Freeman (vu dans Fargo et Sherlock), Daisy Haggard… disponible sur MyCanal.

3.5

Hervé Aubert

Amazing stories : une ouverture en demi-teinte

C’est la déception qui ressort de ce premier épisode. Certes, ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas une réussite non plus. La réalisation, l’écriture, l’interprétation, rien ne parvient véritablement à nous attacher à ce que l’on voit à l’écran.

Amazing stories est une série « anthologique », c’est-à-dire que chaque épisode est indépendant, avec ses propres personnages, sa propre histoire, etc. Ainsi donc, le relatif échec de ce pilote n’engage en rien la qualité de la suite, mais c’est indubitablement un départ en demi-teinte.

La Cave (tel est le titre de ce pilote) prend un point de départ déjà vu et revu, et il n’apporte pas grand-chose à ce sujet ; du coup, l’action est prévisible du début à la fin.

Deux frères retapent une vieille maison. L’aîné est un homme sérieux, rangé, marié et venant d’adopter une petite fille. Le cadet, Sam, est plus préoccupé par les profils de jeunes femmes sur des sites de rencontres. Cependant, la femme dont il va faire la connaissance habite… en 1919, un siècle plus tôt.

La qualité visuelle du pilote est indéniable, et l’interprétation est plutôt bonne. C’est un plaisir de retrouver Victoria Pedretti, que l’on avait vu dans The Haunting of Hill House, et même Sasha Alexander (NCIS). Mais cela ne rattrape pas un scénario qui se partage entre stéréotypes et prévisibilité. Surtout, jamais l’émotion ne décolle vraiment, ce qui est un comble pour une histoire qui prétend jouer sur l’émotion, justement.

Espérons que les autres épisodes relèvent le niveau.

Amazing Stories 2020 « Histoires Fantastiques« est diffusé depuis 6 mars sur Apple TV +.

2.5

Hervé Aubert

Vagrant Queen : humour, fluo et aventures intergalactiques

Synopsis : la princesse Elida se doit de fuir sa planète d’origine après la révolte, après qu’un coup d’état ait conduit à la mort de ses parents. Après avoir passé une partie de sa vie à fuir dans des coins reculés de la galaxie, Isaac parvient à la retrouver et lui apprend que sa mère est toujours vivante. Elida décide donc de rentrer sur sa terre natale, afin de libérer sa mère du malveillant Lazaro.

Avec une équipe de production (autrices et réalisatrices) essentiellement féminine, ce premier épisode de la série Vagrant Queen diffusée sur SYFY (adaptée des comics de Magdalene Visaggio et Jason Smith) nous plonge dans un univers space opera, inspiré par Star Trek. Une toile de fond colorée et fluo nous rappelle aussi l’ambiance visuelle des Gardiens de la Galaxie. Malgré la qualité des costumes, le début de l’épisode est illustré par des effets spéciaux bâclés… notamment pendant les scènes de combat, néanmoins cela reste assez raccord avec l’esprit « second degré » de la série. Reste une photographie soignée, et des lumières qui mettent en évidence un univers rétro-futuriste assumé. Les looks et costumes sont réussis !

L’actrice Adriyan Rae porte le rôle principal d’Elida qui, malgré sa lignée royale, fait partie des « charognards » (des voleurs qui revendent leur butin au plus offrant), mais elle se sent lassée de cette vie dans laquelle elle fuit son passé. Fugitive et recherchée par la République, elle est poursuivie sur la planète Xija.

Frais, décalé, un peu ado-friendly, tout est mis en place pour plaire à la cible des 15-25 un peu geek et adeptes des séries SF. Si la photographie futuriste peut nous faire penser à Altered Carbon, l’ensemble reste bien plus édulcoré et manque un peu de consistance. Les dialogues sont teintés d’humour, les nombreux personnages apportent de la complexité à l’histoire malgré des aspects un peu stéréotypés chez certains d’entre eux. 

3

Fred Jadeau

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