Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
"Niki" est le premier film réalisé par l'actrice Céline Sallette (Infiniti, Les Algues vertes). Une œuvre de transformation, de regards et d'émancipation par l'art que l'actrice Charlotte Le Bon sublime. Céline Sallette (accompagnée de Samuel Doux pour l'écriture du scénario) raconte Niki avant Niki de Saint Phalle, tout le trajet intérieur et artistique de celle que l'art a sauvé.
Avec "Tunnel to Summer", Tomohisa Taguchi offre une romance douce-amère entre deux lycéens égarés et endeuillés. Une oeuvre composée de scènes du quotidien, rythmées par des rencontres hasardeuses et des découvertes prédestinées. Malheureusement, son récit convenu, souffrant d'un manque d'ampleur, et son esthétique classique peinent à émouvoir. Aussi, ce film d'animation en mal de maturité s'adresse plutôt à un public adolescent. Adapté du light novel Natsu e no Tunnel, Sayonara no Deguchi écrit par Mei Hachimoku puis d'un manga, Tunnel to Summer a reçu le Prix Paul Grimault au Festival d'Annecy 2023.
Et si Michel Franco n’était pas le misanthrope qu’on veut nous faire croire ? "Memory", un film délicat sur la mémoire, l’identité et l’amour, montre qu’il sait aussi être empathique, sans tomber dans la banalité.
Vivre sans prétention et mourir avec discernement. Tel est le programme ambigu de "Greenhouse", un thriller qui dévoile toute sa malice une fois le point de non-retour atteint. À travers les yeux d’une mère en quête de rédemption, Lee Sol-hui nous présente des protagonistes dont l’humanité est à examiner. Chacun tient un rôle précis et chacune de leur solitude alimente ainsi une spirale vicieuse assez redoutable et inévitable.
Dans un geste de cinéma tendu, incandescent et passionné, Agathe Riedinger convoque et affronte dos à dos la violence fascinante des réseaux sociaux et de la télé-réalité et nos propres clichés sur l'aliénation et bêtise de ces milieux. Son Diamant Brut fait figure de film révélation où la sincérité des rêves transcende la vanité des époques.
Pour la troisième fois dans sa riche et diverse filmographie documentaire, Nicolas Philibert se penche, avec « Averroès et Rosa Parks », sur le monde de la psychiatrie. En résulte un documentaire captivant, qui s’ouvre sur un clin d’œil visuel à « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (1975).
Le duo de réalisateurs à l’origine du retour de la mythique saga "Scream", avec les épisodes cinq et six, a passé la main sur le prochain pour nous livrer cette petite série B à la proposition plutôt originale dans le domaine rebattu du film de vampires. Ludiques et mystérieuses, les prémisses de "Abigail" nous amusent et nous intriguent. En mixant plusieurs influences du fantastique ainsi que différents genres, leur film parvient à nous captiver la plupart du temps. Mais plus il avance et plus la menace est claire, plus le long-métrage rentre dans le rang du banal et de l’attendu quitte à même traîner en longueur dans un final à rallonge inutile et fatiguant. On passe tout de même un moment sympathique si on aime les effusions gores à la fois excessives et grand-guignolesques mais rigolotes et qu’on n’attend pas forcément le grand frisson, tout cela restant parfaitement distrayant dans le genre.
Marcello Mio : Une fable plutôt pâlotte sur l’absence du père, doublée d’un questionnement sur l’identité des acteurs, et notamment des « népo-acteurs » lestés d’héritage.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.