Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Faisant preuve, une fois de plus, d'une grande intelligence et d'une grande subtilité, Sidney Lumet dresse le portrait d'un adolescent qui chercher à créer son propre chemin. Un grand film émouvant.
Remake en live-action décevant du dessin animé de 1967, le film pâtit d'une écriture maladroite qui ne parvient pas à trouver sa voie et justifier l'existence de ce projet. Malgré tout la mise en scène a ses fulgurances et offre une vraie prouesse technique même si le tout manque légèrement d'âme. Globalement ça se suit grâce à un casting vocal au top mais ça s'oublie très vite.
Il est très appréciable qu'un festival en France puisse nous faire découvrir une cinématographie émergente, qui plus est lorsque celle ci à quelque chose à dire sur notre état du monde. Puisse cette belle découverte bengalie nous permettre d'en explorer d'autres, en espérant une meilleure exposition prochaine.
Marie et les naufragés, le nouveau film de Sébastien Betbeder nage entre deux eaux, mais ni la veine mélancolique ni la veine de la comédie ne l'emporte, et malgré quelques bonnes idées de narration, l'ensemble ne décolle hélas jamais vraiment. Espérons que ce ne sera qu'un incident de parcours dans la carrière prometteuse du cinéaste.
Manu Payet confirme son talent pour se glisser dans des personnages attachants et pour donner un air malicieux à l'expression de leurs problèmes affectifs. Même s'il ne réussit pas se situer entre comédie familiale et drame social, ce second film de Cyril Gelblat profite d'une direction d'acteurs suffisamment adroite pour permettre au couple Payet/Lamy de multiplier les émotions avec une sincérité remarquable.
Les Visiteurs – La Révolution est un retour plutôt raté de nos deux aventuriers hors du temps. Ne se reposant que sur ses acquis, tant du niveau des gags que de certains aspects techniques comme la musique, le long métrage se révèle être paresseux, dont les seules innovations apportent certes une certaine cohérence à l’ensemble, notamment du point de vue historique et de la continuité de l’histoire originelle, mais entraînent le plus souvent l’ennui chez le spectateur.
Mené par une mise en scène virtuose à la photographie impeccable et une musique de Clint Mansell brillante, High-Rise est une très bonne réussite qui est soutenue par un excellent casting. Seul bémol, une narration qui cède parfois à la surenchère et à la facilité malgré une approche symbolique dense et aboutie.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.