Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.
"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.
L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.
On s'étonnera peut-être de retrouver Stéphane Brizé à l'origine d'un film en costumes qu'il a mis cinq ans à faire éclore. Pourtant, c'est bien le réalisateur de La loi du marché, qui s'engage aux côtés d'une femme écrasée par la vie mais qui ne perd pas la foi en elle dans une adaptation austère mais belle d'Une vie de Maupassant.
Swagger, le deuxième long-métrage d'Olivier Babinet est un film hybride mêlant sans complexe différentes influences venant indistinctement de la fiction ou du documentaire. Le résultat est une œuvre poétique et politique au contenu exigeant.
Ce que l’on retiendra de Premier Contact, c’est assurément le design oblong de ses OVNIS, mais son scénario plein de surprises va assurément aussi faire beaucoup parler de lui. Tous ces choix d’écriture et de mise en scène sont-ils pertinents et surtout forment-ils un tout assez cohérent pour entrer au panthéon de la science-fiction ?
L'Homme le plus dangereux du monde, de Jack Lee Thompson, avec Gregory Peck, sort en DVD. C'est l'occasion de redécouvrir ce film d'espionnage cynique et mouvementé, injustement oublié de nos jours.
La chaîne Showtime a diffusé une courte vidéo sur les coulisses du tournage de la saison 3 de la série Twin Peaks. Ces premières images de la nouvelle saison du programme culte des années 1990 risquent de faire saliver bon nombre de fans qui commencent à trouver le temps long. Le grand retour de Twin Peaks est prévu pour le printemps ou l’été 2017 en exclusivité sur la chaîne américaine Showtime.
En 3 films à peine, Rebecca Zlotowski s'impose comme une figure importante du nouveau cinéma français. Sans concession et extrêmement robuste , son cinéma interpelle , et son dernier film, Planetarium est une réussite esthétique aussi bien que poétique.
Scénarisée par J.K Rowling et réalisée par David Yates, cette nouvelle extension de l'univers d'Harry Potter n'est pas sans défauts, mais tient la majeure partie de ses promesses ce qui, pour un blockbuster d'aujourd'hui, est déjà beaucoup.
A l'occasion de la rétrospective consacrée à Joseph Losey sur OCS, revenons sur Eva, un drame étrangement désincarné qui met en scène une histoire d'amour masochiste et destructrice entre une femme fatale vénale et oisive, et un homme rongé par la culpabilité condamné à s'enliser dans une spirale de déchéance infernale.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »