Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.
"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.
L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.
Maître incontesté du fantastique et du thriller, Stephen King enchaîne les succès que les réalisateurs s'arrachent pour porter à l'écran. Avec Fenêtre secrète, David Koepp s'attaque à l'un des récits les plus controversés de l'auteur, réalisant une adaptation peut-être un peu trop fidèle ?
Présenté au Festival International du Film de Berlin en 2017, Logan concentre de nombreux espoirs. A la fois d'être un grand film crépusculaire et d'être une consécration pour le genre du super-héros. Sa bande annonce finale tend à rassurer, montrant de magnifiques images et une intensité folle.
Parce qu'il ne faut pas perdre de vue que l'oeuvre de Stephen King portée à l'écran peut aboutir aussi bien à des chefs d'oeuvre qu'à d'infâmes nanars, penchons-nous sur un film unanimement reconnu comme l'un des plus mauvais films fantastiques des années 2000. Et pourtant, Dreamcatcher avait pour lui un casting reconnu et surtout un roman au potentiel hautement cinégénique.
Corniche Kennedy raconte l'histoire d'un groupe d'adolescents qui défient la loi de la gravité en sautant du haut de ladite corniche dans les calanques de Marseille. Avec ce film, Dominique Cabrera livre un portrait plein de justesse d'une jeunesse indocile irradiée de soleil.
Ben Affleck revient avec une nouvelle adaptation d'un roman de Dennis Lehane, Live By Night. L'occasion de voir le Bruce Wayne de D.C Comics s'inspirer du mythe scorsesien et emballer une ode au gangstérisme en pleine Prohibition, hyper ambitieuse et classieuse.
François Cluzet, Denis Podalydès et Sami Bouajila sont à l'affiche dans ce premier long métrage d'espionnage, froid et grinçant, épuré et maîtrisé. Après 11.6 ou Ne le dis à personne, qui a valu à l'acteur sexagénaire un césar, est-il encore bon de s'enfermer dans un énième film d'espionnage qui malgré un construction impeccable et un réalisation irréprochable aurait gagné à être plus sanguin...
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »