Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Blida-Joinville, 1953. Frantz Fanon fait de l'hôpital psychiatrique un laboratoire de décolonisation. Zahzah filme cette révolution à hauteur d'homme : plans serrés sur des mains qui tremblent, silences chargés, rituels du café transformés en actes politiques. Un cinéma de la sobriété radicale, où la folie devient langage et l'asile, miroir craquelé du colonialisme.
Caleb Landry-Jones vole le film à Dracula, à Besson, et même à Bela Lugosi. C'est la réussite du film de Besson écrasé par ailleurs sous une musique intrusive et des effets tapageurs. La folie romantique du mythe, noyée sous les effets spéciaux, ressurgit quand il ose enfin lâcher prise.
Dans "Naïs", Marcel Pagnol réinvente la nouvelle sombre de Zola en une œuvre lumineuse et poignante. Sur fond de Provence ensoleillée, l’amour devient un acte de résistance sociale. Grâce à Fernandel, Jacqueline Bouvier et Raymond Pellegrin, ce drame romantique explore les thèmes de l’émancipation, du déterminisme et de la tendresse silencieuse. À redécouvrir en salle dans une version restaurée en 4K.
Danny et Michael Philippou les jumeaux australiens de Talk To Me ( carton au box office)signe un second film ahurissant d’excès et de sang, une sorte de hors-piste sensoriel et fou, brutale et oppressante. L'incarnation post-moderne du livre Freudien Deuil et Mélancolie.
Œuvre singulière de Marcel Pagnol, "Cigalon" raconte l’histoire d’un cuisinier orgueilleux refusant de servir ses clients dans un petit village provençal. Portée par l’exubérance d’Alexandre Arnaudy, cette comédie restaurée en 4K mêle humour grinçant, joutes verbales et satire des travers humains. Un délice à (re)découvrir en salle.
Film de Noël méconnu de Marcel Pagnol, "Merlusse" explore la solitude et la bienveillance dans un internat marseillais vidé pour les fêtes. Entre huis clos intimiste, dialogues ciselés et chaleur humaine, Pagnol livre un hommage touchant aux figures éducatives de l’ombre. Restauré en 4K, ce récit sobre et profond mérite une nouvelle attention.
Dans le dernier volet de la trilogie d’Oslo, "Désir", Dag Johan Haugerud poursuit avec délice et subtile ironie sa réflexion passionnante sur les ambiguïtés du désir et de l’amour. Surtout ici, il explore avec délicatesse des hommes "post #MeToo" en quête d’eux-mêmes, refusant les étiquettes simplistes.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »