Avec Passenger, André Øvredal revient à l’horreur d’exploitation pure, entre légende urbaine, présence démoniaque et frissons nocturnes sur les routes. Si son excellente scène d’ouverture et quelques morceaux de mise en scène rappellent son vrai savoir-faire, le film reste trop banal, trop calibré et trop pauvre dans ses personnages pour dépasser le rang de série B honnête.
Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Après Baron Noir et 3 longs-métrages, Ziad Doueiri revient au cinéma avec L'Insulte, un drame judiciaire qui nous plonge au coeur du Liban. Finement écrit et magistralement interprété, le scénario nous prouve que derrière une simple insulte peuvent se cacher des problématiques bien plus complexes.
Publié en 1985, le livre la Douleur est sans doute un des textes majeurs de Marguerite Duras quant à son lien étroit avec un pan important de la vie de l'auteure. L'adaptation cinématographique d'Emmanuel Finkiel est une réussite en partie due à un sens aigu du bon casting, avec notamment une Mélanie Thierry époustouflante, mais aussi grâce à une réalisation qui ne recherche ni les facilités, ni les difficultés.
Nous connaissons tous les effets néfastes de la cigarette. Il y a quelques années, Super Size Me nous démontrait les méfaits du fast food. Dans la même lignée, l'acteur australien Damon Gameau veut lancer un avertissement concernant le sucre présent dans les aliments transformés. Un sucre que nous ingérons en trop grande quantité, qui qui cause obligatoirement des effets désastreux.
À partir du seul rapport de police en Espagne faisant état d'un phénomène surnaturel, Paco Plaza offre une seconde jeunesse au film de possession. Faisant preuve d'un sens de la mise en scène des plus prononcés, le cinéaste ibérique dresse le portrait d'une jeune fille coincée entre deux âges et persécutée par un esprit malin.
Avec son dernier film Pentagon Papers, Steven Spielberg fédère autour de la liberté journalistique et de l’émancipation féminine dans la prise de position politique; sujets qui dominent une œuvre qui brille par son urgence esthétique. Il y a de la vie, de la vigueur, une flamme humaniste qui prend corps dans Pentagon Papers.
Le réalisateur Ferenc Török et son coscénariste Gábor T. Szántó qui a écrit la nouvelle, Homecoming, dont est tiré ce film, la Juste route, remettent l'accent sur les sombres à-côtés de la Shoah : la participation des hongrois à divers degrés à la déportation et à la spoliation des Juifs, suivie des remords ou de l'absence de remords chez les villageois concernés. En Noir & Blanc comme les archives de l'époque, le film est magnifique et édifiant.
Vos films préférés ont t-ils été nommés ? The Shape Of Water continue sa route vers le succès ? Get Out a t-il été oublié ? Brisons le suspense : les nominations aux Oscars 2018 sont là.
Le prochain projet de Gus Van Sant pourrait faire une apparition remarquée au prochain Festival de Cannes. Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot est un biopic sur le destin tragique du caricaturiste John Callahan. Joaquin Phoenix, Jonah Hill, Rooney Mara ou bien encore Jack Black composent le casting de cette fresque qui s’annonce poignante et émouvante.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.