Cinéma

Leaving Las Vegas : le pacte des naufragés

Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

The Third Murder de Kore-Eda Hirokazu : Mensonges et vérités

Le onzième long métrage du japonais Kore-Eda Hirokazu, plus sombre que les précédents, marque un vrai tournant dans son oeuvre. Mi-Policier, mi-film de procès, le film en réalité se situe sur un terrain beaucoup plus intimiste, et tente d'interroger les vérités d'un homme insondable et mystérieux qui est accusé d'un meurtre.

James Cameron aurait pu transformer la franchise Jurassic Park en Aliens ou Carnosaur

Le cinéaste américain James Cameron vient de révéler qu’il aurait pu obtenir les droits d’adaptation du roman de Michael Crichton, Jurassic Park, avant Steven Spielberg. Le réalisateur d’Aliens, le retour et de Terminator 2, Le Jugement dernier avait l’intention de transformer le film en une œuvre très sombre, gore à souhait et destinée à un public adulte, digne de Carnosaur ou du jeu vidéo Dino Crisis ! L’histoire en a décidé autrement…

L’Île aux chiens de Wes Anderson, un film qui ne manque pas de mordant

Nouvelle fantaisie en stop motion de Wes Anderson, L'Île aux chiens est une fable socio-politique aussi irrésistiblement drôle que touchante qui saura parler aux petits et grands. Un cinéma fantasque et inventif comme on en voit peu.

Don’t worry, he won’t get far on foot : l’insoutenable légèreté de l’être

Dans cette adaptation de Don't Worry he Won't get Far on Foot, l'autobiographie du cartooniste américain John Callahan, Gus van Sant tente de réinventer les codes du biopic au fil d'un récit éclaté, à l'image de son personnage.

Abracadabra de Pablo Berger : Magic in the Sunlight

Abracadabra, le nouveau film de Pablo Berger, est une bonne surprise précédée d'une mauvaise presse. Burlesque, loufoque, il n'en est pas moins une réflexion sérieuse sur le machisme et l'emprise des hommes sur les femmes qui n'ont qu'une envie, celle de se libérer...

Mobile Homes de Vladimir de Fontenay : un rêve américain accidenté

Avec Mobile Homes, Vladimir de Fontenay s'immisce dans la veine du cinéma indépendant américain et parle de cette Amérique des laissés pour compte, d’une nation bancale dont les habitants mis de côté par le système ne peuvent avoir confiance qu’en eux-mêmes. Sans jamais être à la hauteur des références telles que Andrea Arnold ou Jeremy Saulnier, Mobile Homes porte les stigmates inhérents au genre mais n'en reste pas moins un joli petit film qui parle d'une fuite en avant et de ce combat face aux choix qui façonnent notre vie.

La Mort de Staline : une histoire drôle – Critique

Entre comédie (très) noire et drame humain à grande échelle, Armando Iannucci joue avec les registres pour emmener le film historique sur le terrain de la comédie grotesque. Essai pas forcément transformé, mais lui au moins essaye de faire autre chose qu'un biopic pompeux.

Série Noire, sommet du film noir à la française par Alain Corneau

Avec un tel titre, il est facile de rapprocher Série Noire, d'Alain Corneau, du genre du film noir, d'autant plus que l'on sait le cinéaste fasciné par le polar à l'américaine. Et son film est une formidable adaptation du genre aux réalités de la France de cette fin d'années 70, avec un casting éblouissant.

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.

« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.