"Lydia et le vaisseau des tempêtes", nouveau film d'animation québécois, adapte librement les romans d'Yves Meynard. Entre mers de brume et astromagie, Lydia y affronte le deuil et l'apprentissage pour retrouver son frère disparu, dans une belle aventure familiale attachante.
Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
Entre un scénario à la fois pompeux et incohérent, des invraisemblances à la pelle et des ruptures de ton et de style mal maîtrisées, il n’y a pas grand-chose à sauver du film, si ce n’est une prémisse intrigante et la prestation sobre de Clooney. Une nouvelle baisse de régime dans la filmographie de ce dernier qui, l’air de rien, n’a plus dirigé un vrai bon film depuis près de dix ans.
Mank n’est ni un biopic ni le simple récit de la genèse d’un chef-d’œuvre de cinéma. Fincher ne mâche pas la besogne aux spectateurs, il n’est en rien didactique. Le film est davantage une plongée dans une ambiance d’époque, un récit enlevé et qui assume son caractère littéraire et créatif, qu’une histoire bien cadrée qui s’embarrasse d’une mise en contexte. Ce parti pris est particulièrement risqué car même le cinéphile devra s’accrocher pour tout saisir dans ce film compliqué… dont la compréhension s’avère néanmoins indispensable pour ne pas décrocher totalement.
Film incompris et donc largement sous-estimé, L'Exorciste 2 : L'Hérétique est une oeuvre intelligente sur la rédemption. Usant de symboles (la nuée de criquets, l'Afrique) et s'éloignant nettement du film original de Friedkin, le cinéaste britannique John Boorman signe un film dense, qui peut paraître déroutant.
Alors que le monde subissait un confinement quasi-généralisé, l'année 2020 a également vu émerger outre Atlantique une nouvelle tendance esthétique où de jeunes gens revendiquent leur goût pour les vêtements rétro, les pensionnats et les campus néo-gothique. Leurs références vont de la littérature classique au cinéma mainstream, mais marquent une opposition avec l'image "cool" prônée par les géants de la tech. En conclusion de notre dossier sur "l'école au cinéma", nous avons essayé de faire un peu le tri dans tout cela afin de comprendre ce que représente véritablement le Dark Academia.
Que vous ayez lu ou non le chef d’œuvre de Steinbeck, embarquez sur les routes de l'Oklahoma en compagnie de Tom Joad et de sa famille. Une plongée magnifiquement mise en scène par John Ford dans la misère des années 30.
Singulièrement néoréaliste, Le Sel de la terre (1954) pousse le cinéma engagé à son meilleur, en mêlant lutte des classes, conflit racial et avancées féministes.
Police d'Anne Fontaine en voulant faire un pas de côté, passe complètement à côté de son sujet. Il ne se passe pas grand chose en termes d'action, mais ce qui se joue dans les sentiments et l'enjeu politique n'est pas traité non plus. Dommage, car l'idée était bonne de mêler costumes civils et costumes de flics dans un mouvement contestataire. Le film est sorti en salles en 2020 et a été vu pendant le confinement grâce à l'excellent travail de La 25e heure.
L'enfance d'Ivan repose sur une opposition entre rêves et réalités, opposition qui permet de mettre en évidence les potentiels de l'enfance gâchés par la Guerre. Dans un contexte de cinéma du Dégel, et quelques années après Quand passent les cigognes, rarement la guerre n'avait été présentée dans le cinéma soviétique comme une telle catastrophe, aussi bien pour des individus que pour tout un peuple.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »