Cinéma

Lydia et le vaisseau des tempêtes : les constellations embrumées

"Lydia et le vaisseau des tempêtes", nouveau film d'animation québécois, adapte librement les romans d'Yves Meynard. Entre mers de brume et astromagie, Lydia y affronte le deuil et l'apprentissage pour retrouver son frère disparu, dans une belle aventure familiale attachante.

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

Still Life de Jia Zhangke : drames humains et destructions matérielles

Présenté à Venise en 2006, Still Life est reparti avec un Lion d'Or. Jia Zhangke a reçu cette récompense des mains de la présidente de la 63e édition de la Mostra, Catherine Deneuve. Le film, qui résonne comme un documentaire autour de la construction du barrage des Trois Gorges, est une fiction ancrée dans le réel. Une fiction autour de l'argent roi où s'écrivent deux destinées qui ne se croisent jamais. Deux histoires d'amour contrariées qui s'étiolent en même temps que des villages menacent d'être submergés et des bâtiments sont détruits à l'écran. Une histoire de la Chine autant qu'une fiction sans illusion sur l'amour.

Le Bal des folles : le féminin sous le regard de Mélanie Laurent

Trois ans après Galveston, Mélanie Laurent remet sa casquette de réalisatrice pour Le Bal des folles, une adaptation qui ne sera pas visible en salles mais directement sur la plateforme d'Amazon Prime. Dommage car cette fresque ambitieuse aurait mérité un déploiement sur grand écran.

Tout s’est bien passé : le nouveau film de François Ozon

François Ozon est un réalisateur prolifique. Ses œuvres sont donc parfois ratées, comme c'est le cas de Tout s'est bien passé. Dommage car cette adaptation du livre éponyme d’Emmanuèle Bernheim, publié en 2013 et dans lequel elle raconte comment elle a aidé son père à mourir, aurait pu être un bon film. En salles dès le 22 septembre.

L’homme qui penche : poésie du rien, du tout…

Hommage en mots et en images à Thierry Metz, poète contemporain, manœuvre puis ouvrier agricole, mort à 40 ans, auteur d’une œuvre exceptionnelle. Vagabondage à la Pessoa, prose poétique ou haïkus, son voyage intérieur est accueilli et recueilli dans un film déroutant aux limites du documentaire.

Sans toit ni loi, le film qui brise les 4 murs

La frontière entre fiction et documentaire n'a jamais été aussi poreuse à l'écran. Film d'enquête, de fiction, de personnes et de personnages, Sans toit ni loi brocarde qu'une jeune clocharde morte dans un champ en plein hiver n'est pas un sujet.

L’Origine du monde de Laurent Lafitte : le grand malaise

On pourrait croire à son générique un poil décalé que L'Origine du monde (première réalisation du souvent drôle Laurent Lafitte) va être une comédie au-dessus du lot. Mais, très vite, dès la scène d'ouverture en vérité, on tombe dans les habitudes et les aléas de l'humour potache. Si bien que l'irrévérence laisse place au déjà-vu. On l'avait diagnostiqué il y a quelques mois, la comédie française n'a pas terminé de s'embourgeoiser...

Les amours d’Anaïs de Charline Bourgeois-Taquet : un conte d’été sur les traces de Rohmer

Les Amours d’Anaïs de Charline Bourgeois-Taquet est presque une rom-com, une comédie romantique, une appellation qui n’est pourtant pas à la hauteur de ce que ce film aurait pu être si la cinéaste avait trouvé un équilibre entre la tornade du début, et le côté intimiste de la fin. Son casting impeccable joue cependant beaucoup en sa faveur.

Les sorcières d’Akelarre de Pablo Agüero : un entre-deux fascinant, entre réalité et démystification

Akelarre: terme basque pour "le pré du bouc", donnant Aqualarre en catallan, signifiant "réunion de sorciers" ou le sabbat. 1609, Pays Basque, le juge Pierre de Rosteguy de Lancre est sommé de mener un lourd combat contre les sorcières. Toute femme est suspicieuse et c’est avec acharnement qu’il tente de leur faire dire consciemment ou pas ce qu’elles font pendant les Sabbats. Ana, Maria, Olaia, Maider, Oneka et Katalin, des tisserandes et une fille de noble qui les côtoie se retrouvent alors malgré elles en prison à être interrogées sur leurs pratiques magiques. Les filles comprennent rapidement que même si elles sont innocentes, il faudra donner au juge ce qu’il voudra.

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« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules. - Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »

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