Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Céder ou « ne pas céder sur son désir ». Résister ou capituler c’est la formule de Lacan, l’éthique de la psychanalyse, mise en scène dans un film bancal et masqué de Sébastien Bailly « Comme une actrice », réfléchissant cet obscur acteur de nos vies, le lancinant désir et ses visages-fables.
Il existe des blessures qui ne peuvent pas cicatriser. Sarah Polley prend le temps de débattre sur plusieurs formes d’injustices que le patriarcat a réussi à institutionnaliser dans une communauté mennonite. Les femmes muselées qui la composent vont toutefois élever leur voix, en rêvant d’une réconciliation universelle, tandis que d’autres cauchemardent à l’idée de résister, de fuir ou encore de pardonner à leurs bourreaux.
A mon seul désir est le 3e film réalisé par Lucie Borleteau. Après Fidelio, l'odyssée d'Alice en 2014, la réalisatrice parle de nouveau du corps des femmes, de leur désir, de liberté aussi, dans un conte aux accents érotiques qu'elle a voulu léger et joyeux (et un peu romantique!). Une utopie de puissance féminine qui se regarde comme une nouvelle odyssée du féminin, un regard qui ose. Au cinéma le 5 avril 2023.
Après Le diable s’habille en Prada ou encore Crazy Ex-Girlfriend, la réalisatrice Alice Brosh McKenna revient sur Netflix avec une comédie romantique - qui a pointé le bout de son nez pile-poil quelques jours avant la Saint-Valentin - mettant en scène un couple habitué des histoires d’amour sur grand écran : Reese Witherspoon (Debbie) et Ashton Kutcher (Peter). Tous les ingrédients sont réunis pour un téléfilm d’amour réconfortant réussi, mais qu’en est-il dans les faits ?
Quand un réalisateur mythique s’attelle à l’adaptation d’une nouvelle policière sombre et pessimiste, il produit un polar désabusé annonciateur de ce qu’allait être la décennie suivante au cinéma.
Désirant faire à la fois un film nostalgique personnel (à l'instar de Licorice Pizza et Armageddon Time) et une lettre d'amour au cinéma (tels Babylon et The Fabelmans), Sam Mendes se montre un chouïa boulimique. Empire of Light veut traiter tellement de sujets qu'il en devient artificiel et sans émotion.
Adonis Creed est de retour, et cette fois, Rocky n'est pas là. Signe de cette prise d'indépendance de cette franchise spin-off, c'est Michael B. Jordan lui-même qui se charge de la réalisation. Et pour un premier film, l'acteur s'en sort avec les honneurs.
Genki Kawamura adapte son propre roman pour N’oublie pas les fleurs, ce film tout en délicatesse, qui traite de la mémoire et de l’oubli, ainsi que des souvenirs sur lesquels notre cerveau règne en maître, au détriment de nos sentiments…
« - Viens, viens, Telpochtli ! C’est ton jour, c’est ta fête !
- De qui parle-t-elle ? Qui est ce Telpochtli ?
- Cela veut dire le Jeune, padre. C’est l’un des noms du Miroir qui Fume.
- Le Miroir qui Fume ? Qu’est-ce que cela ?
- L’un des anciens dieux, padre. Le plus terrible de tous, Tezcatlipoca, le Seigneur du Proche et du Lointain, l’Ennemi des Deux côtés. C’est sa fête aujourd’hui. »
« Il a produit de sa poche gauche un paquet de Soleil Levant. Ce que le ravitaillement nous réserve de temps à autre, ce sont des Milan d’or, et pour ce qui est de ces Soleil Levant, à cause de la présence de feuilles de grande renouée, je ne pourrais affirmer qu’elles sont bonnes, avec la meilleure volonté du monde ; cependant, une bouffée de leur fumée me procure une sensation de nicotine jusqu’au bout des doigts et un agréable fourmillement gagne tout mon corps. C’est bien là la plus grande jouissance du fumeur. Je sais comment m’en procurer. Il suffit de bourrer de riz perlé un paquet vide de ces Soleil Levant puis d’aller se tenir devant le débit de tabac du coin, d’attendre le moment où les passants ont disparu pour mettre prestement le paquet sous le nez de la buraliste. La seconde d’après le riz a été escamoté au profit de tabac. »
« - MONSIEUR FELIX !!
- Sonia. Quel soulagement de vous voir… J’ai appris que vous aviez perdu votre appartement… Je me suis fait tant de souci ! Vous avez trouvé quelqu’un pour vous accueillir ?
- Oui… VOUS DEVEZ NOUS AIDER, MONSIEUR FELIX !
- C’est trop tard, Sonia… Ce n’est plus en mon pouvoir… Je vous avais dit d’écrire une lettre
- Faites-moi rencontrer les Oracles !!
- Comment ça, les Oracles ?
- Je sais que vous les connaissez ! Ils peuvent réintégrer mon dossier !
- Les Oracles ne s’occupent pas de cas individuels… Et vous avez été radiée de tout, je ne pense pas qu’ils…
- Mais j’ai changé !! Je me suis levée !
- Vous êtes resplendissante, Sonia. »
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.