Entre romance et lutte des classes, Claude Autant-Lara réalise une adaptation minutieuse du roman grandiose de Stendhal, axée sur les passions consumées et le repentir.
Si sa durée et son rythme peuvent représenter une épreuve exigeante pour le public d’aujourd’hui, "Kwaïdan" n’a en revanche rien perdu de sa poésie et de son enchantement des sens. Une œuvre inclassable et envoûtante.
Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.
Dès les premiers plans de son film Alberto Rodriguez entend nous plonger dans ce monde hors du monde, où une nature peu accueillante laisse place à des paysages surnaturels. Le marais du Guadalquivir est une étape entre la terre et le fleuve, à l'image de l'état de cette Espagne post-franquiste qui tente de retrouver les pieds sur terre après avoir été submergée par la vague dictatoriale.
La guerre ne rend pas les hommes plus nobles, elle en fait des chiens. Terrence Malick confronte les deux extrêmes. La richesse de la vie d’un côté, la violence de la mort de l’autre. Les soldats s’en sortiront peut-être saufs, mais aucun d'eux ne pourra revenir du conflit sain d'esprit.
Le Juge Fayard dit le shériff est avant tout le portrait d’un homme. Dès les premières images, nous voyons un personnage qui avance droit devant lui, sans s’arrêter, sans faiblir, certain de ce qu’il fait parce qu’il n’agit que selon sa conception de la justice.
Réalisé en 1962 par Karel Zeman, Le Baron de Crac est un film d'animation exceptionnel associant les gravures de Gustave Doré, les effets spéciaux et les personnages réels, et qui a influencé les plus grands cinéastes : Spielberg, Georges Lucas et Terry Gilliam.
Alien, le huitième passager ouvre sur une pensée métaphysique encore aujourd’hui ardemment rejetée. S’il marque les esprits, c’est qu’il remet indéniablement sur la table la question de la suprématie des espèces au travers de l’Univers ; évoque aussi la destinée de l’homme sur sa planète mère.
Durant 24H, on va suivre Vinz (Vincent Cassel), Hubert (Hubert Koundé) et Saïd (Saïd Taghmaoui), trois jeunes vivant dans une cité de la banlieue Parisienne. On les retrouve après une nuit d'émeutes. Leur ami Abdel Ichah est entre la vie et la mort, hospitalisé suite à une interpellation musclée. Ils représentent la génération "black-blanc-beur", celle de la France multiculturelle, censée être celle d'un pays en pleine évolution, dont le point d'orgue sera la coupe du monde de football de 1998.
Le parcours convenu de son personnage et la sous-exploitation des personnages secondaires empêchent de développer le potentiel émotionnel de cette histoire de rupture filiale et d’émancipation artistique, deux thématiques éminemment autobiographiques. Et pourtant, le long-métrage est filmé et interprété avec un tel panache que, à défaut de nous émouvoir, il reste une réussit formelle au pouvoir immersif imparable.
La virtuosité du film repose comme souvent sur les performances des acteurs qui parviennent à faire évoluer des personnages au départ assez caricaturaux vers une caractérisation beaucoup plus floue, où se mélangent désirs, ambition, vénalité et amour. Le couple Devos/Cassel s’est bien trouvé.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »