Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.
"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Diane Kurys infiltre les coulisses du cinéma sans langue de bois au côté de Sylvie Testud. Arrête ton cinéma est une comédie barrée, flirtant parfois avec le mauvais goût, mais se rattrapant par un bon sens de la parodie et des actrices formidables. En salles le 13 janvier.
La police de caractère et les ballades inde de la sudéoise Fredrika Stahl participe à l'aspect naïf d'une pub ensoleillante. Son univers pop jazz mélancolique entre Lili Allen, Regina Spektor et le timbre de Cocorosie ou Agnes Obel ne convenait pas à l'éditeur à l'écoute de la première maquette, mais Cyril et Mélanie ont été étonnés de voir que sa musique collait parfaitement aux images.
le nouveau film de Noah Baumbach, Mistress America, est une comédie qui a tendance à écraser le sérieux qu'il veut lui donner. Le sujet plutôt délicat qui est l'inconfort des héroïnes est balayé par un rythme trop effervescent, et le jeu de Greta Gerwig qui frôle le cabotinage. Critique.
Mise en scène plus aboutie, plus profonde, auscultant sans mal la condition féminine et noire dans une société morcelée par de graves crises identitaires et idéologiques, Tarantino assure le show quand bien même son premier acte et par la suite des choses, son second, ne consiste qu’en de longues tirades scandées tour à tour par un casting décidément ravi d’être là.
Imparfait en raison de sa première heure laborieuse mais insoumis par son énergie et sa radicalité, Joy est un film dans la pure tradition du style de David O. Russell. Les acteurs y sont toujours aussi excellent mais le scénario patine un peu entre success story classique mais efficace et fresque familiale étouffante mais redondante.
Bien loin de la fable écolo tout belle et toute mignonne qu’elle aurait pu être à l’instar de Loup, le film de Jean-Jacques Annaud se présente comme une œuvre [...] majestueuse, à l’image des nombreux loups qui redonnent à leur cinéaste toutes ses lettres de noblesse.
Noir comme le souvenir d'un petit frère qui n'est jamais revenu d'un terrible enlèvement, The Beast, le nouveau film du belge Hans Herbots joue avec nos nerfs en misant sur une violence davantage psychologique que visuelle. Un thriller très efficace bien qu'austère, aussi sombre et désespéré que le livre dont il est issu : The treatment de la britannique Mo Hayder.
A peine j'ouvre les yeux est le premier film de Leyla Bouzid, réalisatrice franco-tunisienne. On y suit Farah dans son combat pour avoir le droit de chanter dans la Tunisie d'avant le printemps arabe. Ce film est le portrait de cette jeunesse tunisienne éprise de liberté.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.