Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Hedi est à l'image du printemps arabe tunisien : une révolution enthousiaste mais difficile à mener jusqu'au bout. Coutumes et peur de se lancer dans la vie maintiennent longtemps Hedi, trentenaire chamboulé, au sol, les ailes comme coupées. Il croise des femmes, toutes différentes, qui ont une influence très pesante ou sont un vent de liberté sur son existence. Un film intéressant , mais pas complètement abouti, de Mohamed Ben Attia à découvrir en salles le 28 décembre.
Ballerina, joli film d'animation, ravira toute la famille grâce à ses personnages drôles et attachants, son histoire bien ficelée, son univers atypique et son message intelligent. Une belle réussite qui allie efficacement divertissement, humour, légèreté, aventure et culture.
Jim Jarmusch nous revient avec une oeuvre qui signe un retour à l'esprit de béatitude artistique qui marquait ses premières réalisations indépendantes au début des années 80. Parfaitement maîtrisé de bout en bout, Paterson apparaît comme l'aboutissement du travail d'un cinéaste qui n'a jamais voulu faire comme les autres. Que du bonheur.
Ubisoft tient à s'assurer de la pérennité de leurs adaptations en chapeautant eux-mêmes la production de cet Assassin's Creed. Que peut-on donc espérer d'un tel projet ? Un film visuellement fou et en accord avec les jeux ou un produit mercantile destiné simplement à vendre et à étendre une marque ?
À l'occasion de sa sortie dans les bacs, la rédaction de Cineseries-mag revient sur Peter et Elliott le Dragon, un remake enchanteur qui flirte avec savoir-faire du côté d'E.T. et consorts.
Personal Shopper, prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, n'évite pas les maladresses mais s'impose comme une oeuvre fascinante et dense, habitée par la formidable Kristen Stewart.
Si Hugo Gélin avait convaincu avec Comme des frères, en est-il de même pour Demain tout commence ? Avec Omar Sy dans le rôle titre, cette nouvelle comédie dramatique parvient-elle à tirer son épingle du jeu ?
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.