"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?
Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.
Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.
Certes, Unfriended innove par son procédé narratif, puisque l'ensemble du film se déroule sur un écran d'ordinateur. Mais est-ce suffisant pour retenir l'attention du spectateur et fournir un spectacle à la hauteur ?
Première réalisation de polar pour Jalil Lespert. Le réalisateur se prend malheureusement les pieds dans le tapis et donne naissance à un film au rythme défaillant, tantôt trépidant, tantôt paresseux. Si le casting apparait comme parfait sur le papier, il est en réalité bien inégal, tant certains acteurs oeuvrent dans une certaine fausseté.
Asghar Fahradi perpétue dans le genre qui est le sien, celui qui consiste à mêler le réalisme social à une histoire de couple. Comment parvient-il alors à exploiter ses excellents acteurs pour dépeindre la situation de son pays sans risquer le courroux de la lourde censure qui a déjà fait taire plus d'un cinéaste iranien?
L'Histoire de l'Amour est la nouvelle oeuvre de Radu Mihaileanu, auteur de La Source des Femmes et Le Concert, une adaptation qui sonnait pour lui comme une évidence. Ainsi, le long métrage est digne de l’auteur, à la fois tragique et drôle, bouleversant et pathétique. Malgré ses lourdeurs, L’Histoire de l’Amour est le successeur d’un genre cinématographique absent des productions françaises : la fresque romanesque.
The Mirror est un film en found-footage sur le thème d'un miroir diabolique, matière de départ intéressante qu'Edward Boase ne parvient jamais à sublimer, donnant finalement naissance à un objet cinématographique mineur, pauvre et très décevant...
Très remarqué lors de la Mostra de Venise 2015, Abluka est un film turc dont on ne peut nier le jusqu'au-boutisme du réalisateur. Mais sa façon de noyer un discours politique dans une narration qui jongle entre onirisme et paranoïa aboutit-elle à un résultat concret?
Pour sa première fois derrière la caméra, il est dommageable de s'apercevoir que Jerome Commandeur rate le coche en nous proposant une comédie manquant de finesse et d'originalité.
De la science-fiction en France et avec un budget loin de celui des blockbusters hollywoodiens... cette seule idée a de quoi faire jaser. Et pourtant, l'assurance avec laquelle Benes a mis au point son récit, en mêlant émotions et action brute à une production design insolite mais réaliste, fait de son film une bonne surprise. Inutile alors d'être un pur amateur du genre pour y voir un espoir de renouveau du cinéma français.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »