Gore Verbinski convoque voyages dans le temps, IA malveillante et équipe de bras cassés pour radiographier notre addiction au numérique. "Good Luck, Have Fun, Don't Die" est un film généreux et inventif, hanté par l'ombre des Daniels, et qui bute, comme nous tous, sur l'incapacité à vraiment se déconnecter.
Avec "Juste une illusion", Toledano et Nakache replongent dans les années 80 pour raconter l’éveil amoureux de Vincent, 13 ans, au cœur d’une famille juive et arabe haute en couleur. Entre les disputes des parents, les maladresses du grand frère et les premiers élans du jeune adolescent, le film explore avec humour et tendresse ce moment fragile où l’on croit déjà comprendre la vie. Porté par une mise en scène vibrante, une direction d’acteurs impeccable et une reconstitution délicieusement vintage, le récit mêle questionnements intimes, enjeux sociaux et nostalgie lumineuse. Une comédie dramatique généreuse, où chaque émotion sonne juste et où l’on se reconnaît, quel que soit notre âge.
Adapté du roman de Sayaka Murata, "La Fille du konbini" suit Nozomi, jeune femme en pleine reconstruction après avoir fui la toxicité du monde corporate. Refuge dans une supérette, camaraderie inattendue et redécouverte des plaisirs simples : Yûho Ishibashi filme avec une infinie délicatesse cette parenthèse suspendue où l'immobilité apparente cache une lente remontée à la surface. Un rejet en douceur des injonctions à l'ambition, porté par la retenue naturaliste d'Erika Karata.
Comment le canadien Christophe Duguay parvient-il à redonner corps à l'histoire bouleversante de Joseph Joffo, ce jeune juif contraint de fuir la barbarie nazie avec son frère, 40 ans après la première adaptation cinématographique effectuée par Jacques Doillon?
Fort d'un succès international retentissant et adoubé par Stephen King lui-même, Chambre 1408 n'en reste pas moins qu'une adaptation insipide et paresseuse de l'oeuvre du romancier.
La La Land, le nouveau film de Damien Chazelle, qui a déjà raflé 7 Golden Globes et part favori pour les Oscars, il est le film événement de ce début d'année 2017. Est-il à la hauteur de son succès et des retours dithyrambiques ou rejoint-il la catégorie des œuvres surestimées ?
Alors qu'il atteint un box-office américain digne d'une superproduction et un nombre record de récompenses à l'international, le film de Barry Jenkins s'impose comme un phénomène destiné à devenir, sur le long-terme, une référence incontournable. Comment est-il parvenu à un tel statut malgré son postulat qui aurait pu le limiter à un public restreint?
Co-écrit avec Gustave Kervern et inspiré du roman de Jean Teulé ainsi que de la vie d'Hélène Jégado, Fleur de Tonnerre est un film porté par une actrice : Déborah François, mais moins par ses seconds rôles tous peu incarnés et plutôt fades. Petite déception pour ce qui aurait facilement pu être une fresque passionante. Le film est en salles depuis le 18 janvier
Maître incontesté du fantastique et du thriller, Stephen King enchaîne les succès que les réalisateurs s'arrachent pour porter à l'écran. Avec Fenêtre secrète, David Koepp s'attaque à l'un des récits les plus controversés de l'auteur, réalisant une adaptation peut-être un peu trop fidèle ?
À travers un trait simple et des mots d’une précision désarmante, "La Garde" racontent un système de santé en tension permanente. Entre conquêtes passées et fragilités présentes, c’est toute une vision du soin qui se dévoile.
Dans les plis du temps, entre deux fractures intimes, "Jusqu’à la nuit tombée" explore les états d'âme d’un homme qui cherche à comprendre et à réparer, quitte à s’égarer.
Dans "Les Voyageurs de la Porte Dorée", paru aux éditions Delcourt, Flore Talamon et Bruno Loth inventent un dispositif narratif aussi simple qu’efficace : faire parler les objets pour redonner chair à l’histoire des migrations. Une traversée sensible, entre transmission et introspection, où le passé s’invite dans le présent avec une étonnante justesse.
Avec "l’Encyclopédie des patrimoines de l’Amérique française", le patrimoine est une matière vivante, mouvante, où se croisent mémoire, langue, paysages, techniques, rites, saveurs ou encore combats collectifs. Ce livre foisonnant, paru aux PUR, constitue surtout une manière très juste de rappeler qu’une civilisation se conçoit autant dans ses vieilles pierres que dans ses chansons, ses noms de lieux ou sa manière de faire lever une pâte et mûrir un fromage.