Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
Avant même sa sortie, Lion s’annonçait alors comme une œuvre forte, mais aussi comme le film calibré pour les Oscars. Ainsi on pouvait redouter un métrage larmoyant baignant dans le pathos et la facilité. Il n’en est rien. Lion est une œuvre sublime qui touche par sa sincérité et la magnifique odyssée qu’elle raconte.
Plutôt que faire un remake de son film culte de 1996, Danny Boyle a fait le choix de signer une oeuvre, chargée de mélancolie, sur le poids des années. Et si voir les personnages regretter de ne plus pouvoir revivre comme vingt ans plus tôt a l'effet pervers de rappeler aux spectateurs qu'ils ne verront pas une suite aussi folle que le premier film, c'est bien là le meilleur moyen de nous faire partager leur nostalgie d'un temps définitivement révolu.
Après l'amère déception de The Visit, que cherche à nous prouver Night Shyamalan? Qu'il est maître en puzzle bon marché, modestement égoïste à ne penser qu'à son plaisir de rétro-spectateur avant le nôtre? Avec Split qui se veut horriblement divertissant, le cinéaste s'embourbe de ce qu'il fait de mieux, noyer un faux poisson pour davantage de clichés rébarbatifs. Du moment qu'il comprend ce qu'il fait...
Malgré le talent évident de la réalisatrice Kelly Reichardt, et la force de son casting 5 étoiles, Certaines femmes ennuie. Par son approche trop mécanique, il tourne en rond pour n'être qu'un exercice de style joli mais qui sonne un peu creux.
Deux ans après Pas son genre, Lucas Belvaux est de retour sur grand écran avec Chez Nous, film contesté avant même sa sortie. Alors, coup de génie ou coup dans l'eau ? Chacun en tirera ses propres conclusions, mais impossible de nier le talent des acteurs qui composent le casting.
Gore Verbinski se venge de son expérience avec les gros studios dans A Cure for Life. Une oeuvre radicale et jusqu'au boutiste qui s'impose par sa mise en scène somptueuse et comme étant une adaptation indirecte du célèbre jeu vidéo BioShock.
Après le thriller (Ne Le Dis à Personne, Blood Ties) et le film générationnel (Les Petits Mouchoirs), Guillaume Canet, après sa première réalisation Mon Idole, revient à la comédie avec Rock'N roll, où le spectateur est plongé au plus près de sa crise de la quarantaine. Film nombriliste ou farce réussie?
Alibi.com est finalement une comédie à l'humour gras mais bien rythmée, qui malgré une formule bien trop classique, connaît quelques séquences inspirées.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.