Critiques films

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Dragons 3, l’épanouissement d’Harold

C'est le dernier acte d'une trilogie entamée il y a dix ans. Dragons 3 questionne à nouveau l'amitié et la place de l'homme dans la nature, mais affranchit cette fois ses deux principaux protagonistes, le jeune viking Harold et sa Furie nocturne, dans une trajectoire personnelle et familiale aux mimétismes troublants. Grâce à la technologie baptisée MoonRay, un écrin visuellement bluffant, aux détails saisissants, vient porter des enjeux pluriels tels que l'amour, l'identité et la quête de sécurité.

My Beautiful Boy, talent confirmé de Felix Van Groeningen pour les drames

Critique du film My Beautiful Boy de Felix Van Groeningen. Après Alabama Monroe, le réalisateur belge livre une histoire sensible sur les dangers de la drogue en mettant en scène un duo Carell/Chalamet sublime.

Sorry To Bother You, le brûlot politique et loufoque de Boots Riley

Marchant dans les pas de Donald Glover et de sa série Atlanta, le rappeur Boots Riley laisse tomber le micro pour la caméra et offrir avec Sorry to Bother You, un film tout aussi politique que loufoque. Le musicien y parle capitaliste, racisme et dérive politique en dépeignant un monde dystopique et absurde regorgeant d'idées quitte à donner l'impression d'un trop plein.

Un grand Voyage vers la nuit : la brillante leçon de cinéma du jeune Chinois Bi Gan

Hypnotique, éblouissant, le nouveau métrage de Bi Gan, Un grand Voyage vers la nuit, tend vers une sorte de cinéma total et méta qui mêle le son et la lumière, la 2D et le relief de la 3D, le fond et la forme, pour mettre en parallèle le rêve et la réalité, la mémoire et le cinéma.

High Society de Byeon Hyeok : Sexe, tableaux et vidéo

Un homme qui se lance en politique et sa femme, conservatrice d'une galerie d'art contemporain à Séoul, se brûlent les ailes dans leur ascension vers le pouvoir.

Les Fauves de Vincent Mariette, un désir inachevé

Quittant le burlesque et le cartoonesque « wes andersonien » de son premier film Tristesse Club, Vincent Mariette tente cette fois ci de s’infiltrer dans les méandres du fantastique et du mythe cinématographique. Les Fauves est un beau film, une intrusion du cinéma français dans les affres du fantastique, même si l'exercice de style s'avère parfois trop scolaire. Un peu inachevé, juvénile, mais qui démontre de belles idées.

La Mule de Clint Eastwood, l’adieu du super héros

Gran Torino avait des allures de passage de flambeau à la nouvelle génération, cosmopolite et méritante, mais La  Mule de Clint Eastwood, lui, s’inscrit comme une sorte d’adieu, un road movie funéraire, une oeuvre qui ne cesse de se questionner sur les choix de son personnage - de son acteur en somme - qui s’avère imbibé par les regrets et les remords sur les choix qu’il a pus faire dans sa vie.

Ulysse & Mona, le nouvel OVNI de Sebastien Betbeder

Figure hors-norme dans le cinéma français moderne, Sébastien Betbeder signe avec Ulysse & Mona, un sixième long-métrage qui s’inscrit dans la droite lignée de ses précédents OVNI.

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