Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
Le Champs-Elysées Film Festival 2020 a ouvert ses portes en ligne et en beauté. Jumbo de Zoé Wittock a été diffusé dès 20h30 (enfin presque !). On y découvre Noémie Merlant, presque un an après Cannes et Portrait de la jeune fille en feu. Cette fois, elle incarne Jeanne, une jeune femme dont l'amour pour un objet va bouleverser la vie. Une petite pépite poétique et visuellement magnifique. Le film sort en salles le 1er juillet 2020.
La Plateforme de Galder Gaztelu-Urrutia est un peu considéré comme le film sensation de cette dernière semaine, tout juste sorti sur Netflix. En cette période de confinement et de fermeture des salles de cinéma, l’oeuvre prend alors une toute autre résonance à défaut d’être de grande ampleur.
Avec Maya, sorti en 2018, Mia Hansen-Love partage de nouveau avec nous la destinée d'une jeune fille, mais sans en faire cette fois son héroïne principale. Sans être la "femme de l'ombre" de son héros, elle est un personnage à la fois indépendant et intimement lié au parcours de Gabriel. Un film solaire, malgré un sujet lourd de conséquences.
Avec son 3ème film, Brooklyn Secret, Isabel Sandoval s’intéresse au parcours d’une Philippine qui tente de trouver sa place aux Etats-Unis et plus globalement dans le monde. À la quête de papier s’en suit une quête identitaire jamais revancharde et d’une très belle subtilité.
La bonne Épouse de Martin Provost partait sur les chapeaux de roue pour s’enliser petit à petit dans une lourdeur qu’aucune de ses excellentes actrices n’arrive à sauver. Habitué pourtant de la thématique de la femme battante, le cinéaste a plutôt raté le coche en optant pour la comédie, pour cette histoire de révolution sexuelle en plein Mai 68.
La Communion de Jan Komasa est une très bonne surprise qui nous vient de Pologne. Le film est beau, intelligent. La tromperie au centre du dispositif génère autant une tension sourde qu’une certaine drôlerie qu’on ne s’attendait pas à trouver dans un film aussi dramatique
Monos est aussi déroutant qu’il est magnétique. C’est un peu comme si la bande de jeunes de Nocturama de Bertrand Bonello s’était réfugiée dans un camp d’entrainement guerrier et fut observée de près par la mise en scène sensorielle d’Andrea Arnold dans sa période American Honey ou Les Hauts du Hurlevent.
Coup de coeur des nombreux festivals où il est passé, The Climb de Michael Angelo Covino est l'histoire d'une bromance tumultueuse. Comédie culottée aussi ambitieuse que touchante. Une franche réussite.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.