Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Hommage en mots et en images à Thierry Metz, poète contemporain, manœuvre puis ouvrier agricole, mort à 40 ans, auteur d’une œuvre exceptionnelle. Vagabondage à la Pessoa, prose poétique ou haïkus, son voyage intérieur est accueilli et recueilli dans un film déroutant aux limites du documentaire.
On pourrait croire à son générique un poil décalé que L'Origine du monde (première réalisation du souvent drôle Laurent Lafitte) va être une comédie au-dessus du lot. Mais, très vite, dès la scène d'ouverture en vérité, on tombe dans les habitudes et les aléas de l'humour potache. Si bien que l'irrévérence laisse place au déjà-vu. On l'avait diagnostiqué il y a quelques mois, la comédie française n'a pas terminé de s'embourgeoiser...
Les Amours d’Anaïs de Charline Bourgeois-Taquet est presque une rom-com, une comédie romantique, une appellation qui n’est pourtant pas à la hauteur de ce que ce film aurait pu être si la cinéaste avait trouvé un équilibre entre la tornade du début, et le côté intimiste de la fin. Son casting impeccable joue cependant beaucoup en sa faveur.
Akelarre: terme basque pour "le pré du bouc", donnant Aqualarre en catallan, signifiant "réunion de sorciers" ou le sabbat.
1609, Pays Basque, le juge Pierre de Rosteguy de Lancre est sommé de mener un lourd combat contre les sorcières. Toute femme est suspicieuse et c’est avec acharnement qu’il tente de leur faire dire consciemment ou pas ce qu’elles font pendant les Sabbats. Ana, Maria, Olaia, Maider, Oneka et Katalin, des tisserandes et une fille de noble qui les côtoie se retrouvent alors malgré elles en prison à être interrogées sur leurs pratiques magiques. Les filles comprennent rapidement que même si elles sont innocentes, il faudra donner au juge ce qu’il voudra.
Tout comme Lady Sings the Blues ou le tout récent Billie Holiday, une affaire d’État portés respectivement par Diana Ross et Andra Day, Respect raconte la destinée tourmentée d’Aretha Franklin. Hélas, en obéissant aux conventions étriquées du biopic musical, Liesl Tommy émousse les aspérités de cette femme hantée depuis l'enfance par un traumatisme indélébile. Il y a ici trop peu d’idées de mise en scène pour donner un quelconque relief à l’ensemble.
Trente-six ans après le Dune de David Lynch, le réalisateur canadien révèle sa version cinématographique du chef-d’œuvre de Frank Herbert. Le film adopte une atmosphère noire, solennelle et mystique, qui tranche nettement avec la vision un peu kitch et excentrique de la première adaptation.
Qu’on se le dise, Shang-Chi et La Légende des Dix Anneaux ne va pas révolutionner l’univers Marvel. Mais dans un sens, ce n’est pas ce qu’on lui demande et le film arrive avec fraicheur à sortir un peu des sentiers battus de l’écurie cinématographique.
Hubert Viel propose avec son troisième long métrage, Louloute, un retour aux sources du mal-être pour tenter de l'éradiquer. Une femme en crise revisite son enfance et décide de n'en garder que les jours heureux. Son personnage d'enfant plane alors dans un entre deux qui permet la rencontre fragile entre le soi enfant et l'adulte qu'on est devenu. Le réalisateur laisse libre court à l'imaginaire tout en encrant son récit dans un réel social et politique au cœur des années 80.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.