Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
Depuis le 2 avril, Netflix nous propose de voir Concrete cowboy, un drame social construit sur un système de références renvoyant au western, et interprété, entre autres, par Idris Elba. Un film un peu déséquilibré, qui fait des propositions intéressantes mais, hélas, ne sort pas des sentiers battus.
Madame Claude avait été interprétée par Françoise Fabian en 1977. Cette fois, c'est Karole Rocher qui s'y colle, voix off omniprésente à l'appui. Le biopic reste classique, mais claque grâce à un casting au top. A voir sur Netflix, la sortie en salles ayant été finalement abandonnée par la production.
La Voix humaine est un court-métrage réalisé par Pedro Almodovar en langue anglaise. Par un langage aussi universel qu'Almodovarien, le réalisateur décrit la courte période d'enfermement d'une femme au bord de la crise de nerfs. Interprété par Tilda Swinton, ce personnage féminin rejoint la longue liste des femmes empêchées qui se rebellent, femmes que le réalisateur affectionne. Librement inspirée de la pièce de théâtre de Jean Cocteau, La Voix humaine est à découvrir en VOD depuis le 19 mars.
Petite fille est un très beau documentaire, qui suit le parcours de la jeune Sasha et dans le même temps, de sa famille. La jeune fille le dira avec ses propres mots, à l’une de ses thérapeutes : « je suis né garçon mais je suis une fille ». Traitant alors de la dysphorie de genre, le documentaire ne s’intéressera pas au pourquoi, mais portera son regard sur le comment et le parcours que cela peut occasionner. Notamment autour des notions que sont l’acceptation et la tolérance de l’autre.
Slalom de Charlène Favier sortira en salles quand les cinéma seront de nouveaux ouverts. Présenté en avant-première avec la 25e heure et le cinéma le Méliès à Montreuil, le film est un petit bouleversement. Commencé en 2015 mais achevé après les révélations #metoo, le film est un écho maitrisé et équilibré à ce mouvement. Charlène Favier a fait de son film-pansement, un film universel qui va droit au cœur. L'équilibre et la force se jouent dans l'écriture des personnages, mais aussi dans une mise en scène joueuse, tendue et travaillée qui fait de Slalom plus qu'un film coup de poing, mais plutôt une véritable œuvre de cinéma.
Disponible sur Amazon Prime Video depuis le 5 mars, Un Prince à New York 2 nous propose une suite au célèbre premier volet éponyme (1988) dans lequel Eddie Murphy interprétait Akeem, un prince africain venu chercher l'amour de sa vie dans le Queens, quartier pauvre de New York. La suite est simple : n'ayant engendré que des filles, Akeem découvre qu'il a un fils illégitime né aux Etats-Unis et décide de le trouver pour le faire asseoir sur le trône, la loi de Zamunda (son pays natal) stipulant que l'héritier doit être de sexe masculin. Mais une fois arrivé dans le Queens, le monarque africain découvre que son fils et sa mère n'ont pas reçu l'éducation raffinée attendue d'un prince : la cohabitation au palais royal de Zamunda s'annonce cocasse...
I Care a lot, dès ses premières secondes, se coince maladroitement dans un discours stéréotypé sur la société capitaliste, discours qui se veut vindicatif, nébuleux mais qui s’avère surtout éculé : « il y a les lions et les agneaux, les prédateurs et les proies ». Cependant, on connaît déjà la recette et cette fois-ci, elle laisse non pas un arrière-goût acide ou sulfureux mais une petite trace mollement acidulée.
Western atypique dont l’action est située dans une période historique tourmentée où le futur s’invite déjà dans un passé qui ne passe pas, l’œuvre est d’une sobriété émouvante. Elle assume ses choix narratifs originaux et finit de convaincre grâce à son casting et à ses qualités esthétiques indéniables. Une vraie bonne surprise.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.