Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Présenté à Cannes, marquant une entrée fracassante dans le monde du cinéma de Dylan Penn, « Flag Day » marque le sixième passage de Sean Penn derrière la caméra. Adapté des mémoires de la journaliste américaine Jennifer Vogel, le film est une œuvre pleine d'émotions mais ne parvenant à se défaire de quelques écueils.
Guermantes est peut-être le film le plus libre de Christophe Honoré. Pourtant, le réalisateur plaide pour la liberté dans nombre de ses films. Cette ode à la vie, aux comédiens et à la beauté du geste est véritablement belle ! D'aucuns pourront la trouver vide de sens, pourtant, elle comble le vide laissé par des mois sans culture, sans humains, sans rencontres. Les comédiens y sont les rois du monde, mais d'un monde qui ne les regarde plus. Heureusement, Christophe Honoré en créateur magnifique est là pour les observer, les aimer, les laisser vivre, sans chercher à les modeler. Après sa diffusion sur France 5, le film est à découvrir au cinéma depuis le 30 septembre 2021.
Projet étonnant à mi-chemin entre plusieurs genres, ce film, coécrit par un tandem de scénaristes français et porté par l’interprétation épatante de Matt Damon, se plaît à tromper les attentes du spectateur. S’il n’est pas dépourvu de faiblesses, il prouve en tout cas que McCarthy, six ans après l’Oscar remporté avec Spotlight, ne s’est pas reposé sur ses lauriers.
NTM est souvent associé aux seuls noms de JoeyStarr et Kool Shen, pourtant à l'origine, ils étaient 33 ! Suprêmes retranscrit cette fougue du groupe, l'esprit borderline du duo de rappeurs. Le tout est raconté avant la gloire ou du moins les premières grosses scènes. C'est au corps à corps que NTM se produit d'abord devant un public. Un biopic habité et punchy ! A découvrir en salles le 24 novembre prochain.
Les Intranquilles de Joachim Lafosse est un film faussement linéaire et convenu, et porte au contraire la marque de fabrique du cinéaste qui sait nager dans les eaux troubles, joliment, intensément.
First Cow de Kelly Reichardt représente une facette de plus dans l’œuvre versatile et magistrale de la cinéaste. Adapté du roman de son coscénariste Jon Raymond, le film aborde les thèmes récurrents de son cinéma, et sa passion inassouvie pour l’Amérique.
Trois ans après Galveston, Mélanie Laurent remet sa casquette de réalisatrice pour Le Bal des folles, une adaptation qui ne sera pas visible en salles mais directement sur la plateforme d'Amazon Prime. Dommage car cette fresque ambitieuse aurait mérité un déploiement sur grand écran.
François Ozon est un réalisateur prolifique. Ses œuvres sont donc parfois ratées, comme c'est le cas de Tout s'est bien passé. Dommage car cette adaptation du livre éponyme d’Emmanuèle Bernheim, publié en 2013 et dans lequel elle raconte comment elle a aidé son père à mourir, aurait pu être un bon film. En salles dès le 22 septembre.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.